Guide pour l'action : Dispositif de reconnaissance des engagements volontaires pour la stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020
Auteur moral
France. Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie
;France. Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
Auteur secondaire
Résumé
Ce Guide est conçu pour aider tous les acteurs, quels que soient leur statut, taille, domaine d'activité et niveau d'expertise vis-à-vis de la biodiversité, à construire leur projet d'engagement volontaire. Vous y trouverez des recommandations méthodologiques pour construire votre projet, des propositions de pistes d'actions et des conseils pour soumettre votre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la stratégie nationale.
Editeur
MEDDE-DGALN
Descripteur Urbamet
protection de la nature
;stratégie
;évaluation
Descripteur écoplanete
biodiversité
;projet
;stratégie nationale pour la biodiversité
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
2
un guide pour agir
en faveur de la biodiversité et contribuer
à la mise en oeuvre de la SNB 2011-202
un guide pour agir
La stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020, engagement de la France auprès
de la convention sur la diversité biologique, met en place un cadre cohérent pour que tous les
acteurs, publics et privés, aux différents niveaux territoriaux et dans tous les secteurs d?ac-
tivité, puissent agir en faveur de la biodiversité sur une base volontaire, en assumant leurs
responsabilités.
Pour aider à la mise en mouvement de
tous les acteurs de la société, un dispositif de
mobilisation inédit est associé à la stratégie na-
tionale pour la biodiversité. Celui-ci s?articule en
deux temps.
Le premier est celui de « l?adhésion » :
toute personne morale peut signer le texte d?ad-
hésion à la stratégie nationale. Ce faisant, l?orga-
nisme témoigne de son intérêt pour la biodiversité
et du fait qu?il partage les principes et objectifs de
la stratégie.
Une fois adhérent, l?organisme est invité
à s?engager dans l?action, sur la base des objec-
tifs de la stratégie : il s?agit de « l?engagement
volontaire». Peut être considéré comme un en-
gagement volontaire tout projet en faveur de la
biodiversité qui s?inscrit au coeur de l?activité de
l?organisme, va au-delà du simple respect de la
législation, et contient un ensemble d?actions co-
hérentes et significatives. Ce projet peut être sou-
mis à « reconnaissance SNB » dans le cadre de
l?appel à reconnaissance lancé par le ministère
du Développement durable. Cette reconnaissan-
ce offre à tout projet un gage de qualité et une
visibilité d?envergure nationale.
Ce Guide est conçu pour aider tous les acteurs,
quels que soient leur statut, taille, domaine d?ac-
tivité et niveau d?expertise vis-à-vis de la biodi-
versité, à construire leur projet d?engagement vo-
lontaire. Vous y trouverez des recommandations
méthodologiques pour construire votre projet, des
propositions de pistes d?actions et des conseils
pour soumettre votre projet dans le cadre du dis-
positif de reconnaissance de la stratégie natio-
nale.
http://www.cbd.int/
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
3
Comprendre la biodiversité et ses enjeux pour le bien-être des sociétés humai-
nes afin de mieux cerner les raisons d?agir et de s?engager.
Construire un projet d?engagement volontaire de qualité pour agir en faveur de
la biodiversité.
Vous trouverez dans ce chapitre tous les éléments pour élaborer votre « enga-
gement volontaire », soit un ensemble de recommandations méthodologiques
pour impliquer votre structure dans une démarche biodiversité et construire un
programme d?actions. Une boîte à idées associée à ce chapitre recense, pour
chaque objectif de la stratégie nationale pour la biodiversité, des exemples
d?actions déjà réalisées. Une belle base pour vous inspirer et vous permettre
de vous lancer dans l?action !
Des conseils pour présenter son projet d?engagement volontaire et optimiser
ses chances d?être reconnu dans le cadre de l?appel à reconnaissance lancé
par la stratégie nationale pour la biodiversité.
chapitre i
la biodiversité et ses enjeux
chapitre i p. 4
chapitre ii
agir en faveur de la biodiversité
chapitre ii p. 22
chapitre iii
s?engager auprès de la stratégie nationale pour
la biodiversité
chapitre iii p. 73
un guide pour agir
en faveur de la biodiversité et contribuer
à la mise en oeuvre de la SNB 2011-202
un guide pour agir
annexes annexes p. 101
chapitre i
la biodiversité et ses enjeux
chapitre i
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Moineaux domestiques (Passer domesticus) en zone urbanisée
La présence des moineaux en ouverture du premier chapitre de ce guide est un clin d?oeil à
la SNB 2004-2010 qui avait choisi cet oiseau comme emblème. Elle attire l?attention sur le
fait que la biodiversité n?est pas qu?une histoire d?espèces remarquables mais concernent
l?ensemble des formes vivantes, y compris les plus ordinaires.
4
5
L?objectif de ce premier chapitre est de vous faire découvrir la
biodiversité : sa beauté, ses enjeux et les raisons de la préserver. il est
également l?occasion de vous présenter la stratégie nationale pour la
biodiversité 2011-2020, cadre d?action partagé pour agir et s?engager
ensemble pour la biodiversité.
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p 6. La biodiversité : le tour de la question
p. 6 Qu?est-ce que la biodiversité ?
p. 8 Comment se porte la biodiversité ?
p. 11 Pourquoi agir ?
p 15. La snB, un cadre pour agir et s?engager
p. 15 La SNB 2011-2020 : 1 ambition et 6 grands défis à relever ensemble
p. 19 Tous concernés
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-20206
Biodiversité, le mot est récent. Forgé et
utilisé par la communauté scientifique au tournant
des décennies 1980-1990, il s?est néanmoins très
rapidement diffusé auprès du grand public, mon-
trant que les enjeux intéressent et concernent de
manière croissante l?opinion publique. Souvent
réduite au seul intérêt porté à la sauvegarde des
espèces menacées, la biodiversité est en réalité
une notion riche et passionnante au regard de la
profondeur des défis qu?elle lance pour le déve-
loppement durable des sociétés humaines.
La biodiversité
Le tour de la question
Qu?est-ce que la biodiversité ?
La première dimension à prendre en compte
est celle des interactions. Les organismes vi-
vants établissent entre eux des rapports divers :
coopération, compétition, prédation, parasitisme,
etc., et c?est dans ce maillage complexe d?échan-
ges que chaque organisme puise les ressources
nécessaires à son existence. À ce titre, la biodi-
versité compose ce que beaucoup appellent un «
tissu vivant » où les espèces, à l?instar de fils de
coton, ne se tiennent que par l?entrecroisement
serré avec d?autres espèces.
décryptage autour de trois questions
pour mieux comprendre les enjeux
avant de se lancer dans l?action :
Qu?est-ce que la biodiversité ?
Comment se porte la biodiversité ?
Pourquoi est-il nécessaire d?agir ?
&
voir glossaire
L?élément de définition le plus simple
invite à considérer la biodiversité comme la di-
versité des formes vivantes de la Terre. Palette
d?espèces animales et végétales, multiplicité des
gènes qui créent à l?intérieur des espèces les
caractéristiques de chaque individu, mais aussi
variété des paysages et des écosystèmes dans
lesquels vivent les espèces, la biodiversité s?ap-
parente à un grand répertoire de la nature, de «
Algue » à « Zèbre » !
Pour autant, si l?on parvenait à recenser les in-
nombrables formes du vivant, nous n?aurions
qu?une image très parcellaire de la biodiversité.
En effet, la biodiversité est plus que la somme
des entités qui la composent. A minima, deux
autres dimensions sont à prendre en compte pour
comprendre ce qu?est la biodiversité.
7
La reproduction du Maculinéa :
reflet de la richesse et de la fragilité des interactions
Le Maculinéa est un papillon présent dans quelques zones humides françaises. Son cycle de repro-
duction est complexe et requiert deux hôtes : l?un végétal, l?autre animal. D?abord la femelle Maculinéa
pond sur une plante-hôte (une pimprenelle ou une gentiane). Après éclosion, la chenille vit trois semai-
nes dans la plante, puis se laisse choir sur le sol. Elle est alors prise en main par un second hôte : une
fourmi rouge ! La larve est accueillie pendant dix mois dans la fourmilière, non pas en guise de festin
mais au contraire pour y être nourrie. Parvenue à maturité, la chenille se mue en papillon et rejoint l?air
libre. Le cycle du Maculinéa témoigne de la richesse des coopérations qui se tissent dans la nature.
Il témoigne aussi de leur fragilité car le Maculinéa est aujourd?hui menacé, notamment en raison des
atteintes portées à son habitat naturel via la fauche des plantes hôtes. Modifier un seul « maillon »
peut entraîner des conséquences sur toute la chaîne des interactions permettant le développement
de ce papillon.
La seconde dimension à prendre en compte
est celle du perpétuel changement. Le tissu que
compose la biodiversité est le fruit de 4 milliards
d?années d?histoire de la vie sur Terre. Au cours
de la longue évolution du monde, des espèces se
sont relayées, certaines ont disparu et d?autres
sont apparues. La biodiversité d?aujourd?hui n?est
plus celle d?hier et sera encore différente de-
main.
La spéciation est en biologie le proces-
sus évolutif par lequel de nouvelles es-
pèces vivantes apparaissent. Le cas
du moustique Culex pipiens molestus
est un exemple de spéciation amusant.
Avec l?apparition des réseaux du métro
londonien, cette espèce a trouvé un ter-
rain fertile (chaleur et nourriture) pour se
développer. Peu à peu les moustiques
vivant sous terre n?ont plus eu de contact
avec leurs congénères restés à l?air libre.
Et arriva ce qui devait arriver : le mousti-
que du métro de Londres s?est tellement
spécialisé et différencié de sa population
d?origine qu?il est devenu une espèce à
part entière, différente du Culex pipiens
molestus et incapable de se reproduire
avec lui.
Le phénomène de spéciation,
moteur de changement et de
diversité
Pour eN Savoir PluS
sur le Maculinéa et les actions
entreprises pour le protéger .
&
voir glossaire
En échangeant et se relayant, les espèces assu-
rent le fonctionnement et le renouvellement de
processus écologiques essentiels tel l?échange
d?oxygène, de carbone et d?azote, qui participent
à l?équilibre de notre atmosphère. Ce fonctionne-
ment écologique, basé sur l?interdépendance des
espèces, assure une production finie de ressour-
ces indispensables à l?existence de chaque es-
pèce, dont l?espèce humaine.
Diversité, échange, évolution? la biodiversité
c?est l?épopée de la vie sur notre planète. Il reste
encore beaucoup de choses à comprendre au su-
jet de la biodiversité. Certaines conclusions des
sciences sont néanmoins formelles : si la vie sur
Terre s?est maintenue jusqu?alors, c?est grâce à
sa capacité à se diversifier, soit à produire des
formes de vie différentes. En produisant des indi-
vidus, espèces ou communautés d?espèces aux
facultés d?adaptation très diverses, la vie s?est
dotée de plusieurs options pour faire face à des
changements planétaires comme les change-
ments climatiques.
http://maculinea.pnaopie.fr/
http://maculinea.pnaopie.fr/
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-20208
Les crises biologiques
Au cours de sa longue Histoire, la vie sur
Terre a connu 5 grandes crises biologi-
ques, soit des phénomènes d?extinction
massive des espèces. Ces crises n?ont
pas fait disparaître toute la vie sur Terre.
Des espèces ont disparu mais d?autres,
mieux armées pour résister aux chan-
gements, ont résisté et se sont dévelop-
pées. C?est ainsi que la dernière crise qui
a vu l?extinction des dinosaures a laissé
la place aux mammifères (dont l?humain)
qui étaient alors bien moins représentés
sur Terre qu?aujourd?hui. Les origines
précises de ces crises restent parfois
mal connues : collision avec des météo-
rites, augmentation du niveau des mers,
augmentation rapide des températures,
etc. Contrairement à ce que l?on pourrait
croire, ces crises n?ont pas forcément
été fulgurantes : elles se sont parfois éti-
rées sur quelques millions d?années. La
sixième crise que la vie sur Terre connaît
actuellement est quant à elle bien plus
rapide et violente que les précédentes.
Comment se porte la biodiversité ?
&
voir glossaire
Tirée par des logiques globales de pro-
duction et de consommation peu sensibles à leurs
impacts sur le vivant, notre empreinte écologi-
que dépasse les capacités de régénération de la
planète. Nombre de nos activités contribuent à
accélérer ce que les experts ont identifié comme
les 5 grands facteurs qui expliquent le phé-
nomène d?appauvrissement de la biodiversité
(cf. Focus suivant).
Depuis plusieurs décennies, les obser-
vations et les modélisations scientifiques mon-
trent que la biodiversité connaît un phénomène
d?érosion inquiétant. Ce phénomène s?observe
principalement au regard de l?accélération du
taux d?extinction des espèces. L?extinction des
espèces est un processus naturel : les commu-
nautés d?animaux et de plantes vivent et meurent
et il est normal que certaines s?éteignent. Mais les
espèces disparaissent aujourd?hui à un rythme
de 100 à 1000 fois supérieur au rythme d?extinc-
tion naturelle. Pour une partie de la communauté
scientifique, la Terre traverserait ainsi sa sixième
crise biologique qui présente, par rapport aux
précédentes qui étaient dues à des accidents cli-
matiques ou astronomiques, la particularité iné-
dite d?être due à l?impact d?une seule espèce sur
l?ensemble de la biosphère : l?Homo sapiens.
comment sommes-nous devenus responsa
bles de l?érosion de la biodiversité ?
Apparue il y a 200 000 ans, l?espèce hu-
maine ne s?est inscrite que très récemment dans
la longue Histoire de la vie sur Terre. Espèce par-
mi tant d?autres, nous avons cependant fortement
modifié notre environnement. L?humain, tour à
tour cueilleur, chasseur, pêcheur, cultivateur, bâ-
tisseur, a trouvé dans les ressources terrestres
et marines les moyens de sa subsistance et le
substrat pour fonder une civilisation complexe.
Ce faisant, nous avons modelé notre environ-
nement, créé de nouvelles interactions et avons
ainsi participé à faire évoluer le vivant. Loin d?être
néfaste, le changement est un principe moteur de
la biodiversité. Cependant, la trajectoire montre
que notre modèle de développement actuel tend
à appauvrir et uniformiser la biodiversité plutôt
que de l?enrichir et la diversifier.
&
voir glossaire
Pour eN Savoir PluS
Visionnez la vidéo d?universcien-
ce tV sur les crises biologiques.
http://www.youtube.com/watch?v=2jfE9TX3nTY&-feature=plcp&context=C4b4fcdcVDvjVQa1PpcFOA2ub3cPiH1-EEM9vrOEXcaDAsY4z72oQ%3D
http://www.youtube.com/watch?v=2jfE9TX3nTY&-feature=plcp&context=C4b4fcdcVDvjVQa1PpcFOA2ub3cPiH1-EEM9vrOEXcaDAsY4z72oQ%3D
9
&
voir glossaire
Focus sur Les Facteurs
responsables de l?appauvrissement
de la biodiversité
La disparition, la simplification et la fragmenta-
tion progressive des espaces naturels au profit
des villes, des infrastructures de transports et
des surfaces destinées à la production sont la
première cause de déclin de la biodiversité. Les
espèces, végétales et animales, ont de moins en
moins d?espaces pour vivre. Elles ont également
plus de difficultés à circuler or, nombre d?espèces
ont besoin de se déplacer pour accomplir leur cy-
cle de vie et échanger avec d?autres espèces.
la dégradation des habitats naturels
Les clés pour réduire la pression sur les habitats
naturels:
- La promotion d?un aménagement des territoires qui
préserve les espaces naturels et recrée des réseaux
écologiques
- La maîtrise de l?étalement urbain et de la consomma-
tion du foncier
- Le développement raisonné et une gestion durable
des infrastructures de transports
- La diffusion des pratiques agricoles qui favorisent
l?hétérogénéité du paysage
- L?évitement ou la réduction des impacts dus à l?ex-
ploitation et aux usages des habitats naturels
Une situation de surexploitation intervient quand
le rythme auquel est prélevée une ressource ne
lui permet pas de se renouveler. L?exemple de
la surpêche de certaines espèces de poissons
illustre bien cette problématique. Au-delà des
espèces, animales ou végétales, le phénomène
de surexploitation peut affecter de manière plus
générale des écosystèmes entiers à l?image des
forêts tropicales menacées par la surexploitation
de certaines essences de bois.
Les clés pour tendre vers une exploitation durable
des ressources:
- La diffusion de pratiques durables dans les secteurs
de l?agriculture, la pêche, et de l?exploitation des
ressources forestières
- Une meilleure connaissance des seuils au-delà
desquels une espèce est surexploitée
- La promotion d?une consommation et d?une produc-
tion durable
- La lutte contre les pratiques illégales comme le
braconnage
Altérant la qualité des eaux, de l?air et du sol, les
pollutions dégradent les milieux naturels et me-
nacent directement les espèces et leur capacité
d?évolution. Les pollutions peuvent être multiples:
chimiques, organiques, sonores, lumineuses, gé-
nétiques, etc. Leurs sources sont également va-
riées: rejets industriels et urbains, activités agri-
coles et d?élevage, rejets des eaux domestiques
non traitées.
Les clés pour réduire les pollutions:
- Une meilleure maîtrise des rejets polluants par les
industries
- La promotion de pratiques agricoles visant à se
passer des pesticides
- La réduction des pollutions domestiques
- Une plus grande sécurisation des transports de ma-
tériaux polluants (les hydrocarbures par exemple)
Focus sur Les Facteurs
la surexploitation des ressources naturelles renouvelables
les pollutions
10
Les invasions biologiques constituent une pres-
sion de plus en plus prégnante sur la biodiver-
sité. Les espèces dites « invasives » sont des
espèces introduites, volontairement ou non, par
les humains dans des milieux dont elles ne sont
pas originaires. C?est ainsi que, libérées de leurs
prédateurs naturels, des espèces parviennent à
coloniser des écosystèmes entiers. Les espèces
exotiques envahissantes constituent une menace
majeure dans les milieux insulaires où les équili-
bres biologiques locaux sont fragiles. A ce titre, la
lutte contre les espèces exotiques envahissantes
constitue un défi majeur en outre-mer.
Les clés pour endiguer la diffusion des espèces
exotiques envahissantes :
- L?adoption de plans de lutte contre les espèces exo-
tiques envahissantes
- L?utilisation d?espèces indigènes dans l?aménage-
ment des espaces verts
- Le retrait des espèces exotiques
- Une meilleure coopération internationale pour limiter
l?importation (intentionnelle ou accidentelle) d?espèces
Le changement climatique est une pression dite
« indirecte » pour la biodiversité mais néanmoins
majeure. Nombre d?espèces sont vulnérables
face au réchauffement mondial. Certaines ont
déjà vu leur aire de répartition diminuer. C?est no-
tamment le cas des coraux en outre-mer et de
certains papillons qui ont disparu de certaines ré-
gions d?Europe. À l?avenir, bien d?autres espèces
devront migrer ou seront vouées à disparaître.
Au-delà de cette typologie, il s?agit de
garder en tête que les menaces qui
s?exercent sur la biodiversité sont sou-
vent incluses dans des cascades d?ef-
fets et interagissent entre elles. Ce tris-
te effet cocktail est mis en avant dans
une étude du CNRS sur les causes
de la disparition des abeilles . Pertur-
bées dans leur cycle par la diffusion de
pesticides, les abeilles sont devenues
plus sensibles au Nosema ceranae,
un champignon qui parasite leur intes-
tin. Alors que les abeilles résistent bien
lorsqu?elles ne sont pas exposées aux
pesticides, le champignon leur est fa-
tal en cas d?exposition aux pesticides.
L?eFFet cocktaiL
des pressions
Un effet synergique
et dévastateur pour
les abeilles existe
donc entre les fac-
teurs «polluant » et
« parasitisme ».
L?eFFet cocktaiL
les espèces exotiques envahissantes
le changement climatique
Focus sur Les Facteurs
responsables de l?appauvrissement
de la biodiversité
Focus sur Les Facteurs
http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/nicolas_blot.htm
http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/nicolas_blot.htm
11
Pourquoi agir ?
Que risquons-nous au regard du phéno-
mène d?érosion et d?uniformisation de la biodiver-
sité ? Que la vie sur Terre disparaisse ? La pers-
pective semble lointaine? mais, si la fin de la vie
sur notre planète n?est pas pour demain, d?autres
conséquences sérieuses pour les humains et leur
cadre de vie sont à prévoir dans un avenir pro-
che. Certaines se font déjà sentir même si nous
n?en apprécions pas encore la pleine mesure.
L?International institute for environnement and
development a publié en 2008 un rapport établis-
sant le lien entre la diminution de la biodiversité
d?une part et l?augmentation de la pauvreté et la
dégradation des conditions de santé d?autre part.
Cette alerte de la communauté internationale met
en évidence le caractère stratégique que revêt la
prise en compte de la biodiversité pour le présent
et le futur des sociétés humaines.
&
voir glossaire
vertir, nous inspirer ou contempler? Et tout porte
à croire que la viabilité et le futur de nos sociétés
dépendent de la qualité des liens que l?humain
aura su développer avec son environnement.
Un regard hâtif sur l?Histoire des humains peut
nous laisser croire qu?agir pour préserver la bio-
diversité est un enjeu de second plan. À bien
des égards, les évolutions technologiques et les
progrès de la chimie de synthèse tendent à nous
faire croire que nous sommes devenus indépen-
dants de la nature et que nous pouvons nous en
passer. Dans cette optique, s?attacher à préser-
ver la biodiversité relèverait d?un attachement à
un patrimoine qui a accompagné le développe-
ment d?une partie de l?aventure humaine mais qui
ne saurait aujourd?hui constituer une priorité po-
litique face aux objectifs de croissance économi-
que ou de réduction des inégalités sociales. Cette
vision est, dans les faits, erronée. Nos relations
à la nature sont plus complexes : humains et na-
ture restent liés par des liens d?interdépendance
forts. La biodiversité d?hier et d?aujourd?hui nous
permet de nous nourrir, nous vêtir, nous déplacer,
nous abriter mais aussi nous promener, nous di-
Croire que l?on peut se passer de la biodiversité,
c?est réduire ce qu?elle nous apporte aux seuls
biens tels que la nourriture ou les matériaux de
construction qu?elle nous offre. En réalité, le vi-
vant nous rend une myriade de services dont,
souvent, nous ne prenons pas conscience. Ces
services, ce sont ceux rendus par les écosystè-
mes, autrement dit les « services écosystémi-
ques ». Une forêt, une prairie ou encore un bras
de mer constituent, par leur seul fonctionnement,
une richesse inestimable pour les hommes. Les
études sur l?évaluation des écosystèmes pour le
millénaire lancées par les Nations-Unies depuis
2005 ont recensé une quarantaine de services
écosystémiques, regroupés en 4 catégories (Cf.
Focus pages suivantes).
http://pubs.iied.org/pdfs/17034FIIED.pdf
http://pubs.iied.org/pdfs/17034FIIED.pdf
http://www.maweb.org/fr/Index.aspx
http://www.maweb.org/fr/Index.aspx
http://www.maweb.org/fr/Index.aspx
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202012
Au cours de ces dernières années, il semble que
nous prenions davantage conscience des en-
jeux de la biodiversité. En témoignent des mobi-
lisations croissantes en France, en Europe et à
l?étranger. Une part du chemin reste cependant à
faire et il importe que nous prenions nos respon-
sabilités individuellement et collectivement.
Laisser la biodiversité s?appauvrir risque aussi
de nous couper d?une certaine forme de pro-
grès. Nombre d?innovations passées dans notre
quotidien, telles que l?aspirine, ont été inspirées
par l?observation, la compréhension et l?imitation
des structures ou modes de fonctionnement du
vivant. Ce vaste champ du biomimétisme ou de
la bioinspiration est un soutien majeur pour la re-
cherche. Véritable « bibliothèque d?idées », la na-
ture constitue un potentiel qui peut nous conduire
à développer des technologies plus durables ou
des remèdes pour des maladies aujourd?hui in-
curables.
innover pour le développement
durable & par la nature:
l?exemple du shinkansen
L?aérodynamique doit beaucoup à l?étude
du vivant. Au Japon, un train à grande vi-
tesse, le Shinkansen, relie les villes d?Osa-
ka et Hakata, en traversant de nombreux
tunnels. Or, dans les tunnels, l?air est
comprimé donc sa résistance augmente.
Comment perdre le moins d?énergie possi-
ble ? Les ingénieurs se sont tournés vers
un champion de la transition rapide entre
deux milieux de densités différentes, le
martin-pêcheur. Ils ont ainsi imité la forme
de son bec et de sa tête pour un résultat
étonnant : avec une consommation élec-
trique de -15%, le train à grande vitesse a
gagné 10% de vitesse.
Pour eN Savoir PluS Sur
le BiomiméTiSme
consultez l?ouvrage de référence Biomimi-
cry: innovation inspired by Nature de Janine
Benyus disponible en français aux editions
de la rue de l?echiquier.
Accès à des ressources vitales, fourniture de
services inestimables, support à l?innovation?
la biodiversité est une condition au bien-être des
humains sur la Terre. À l?heure où nos sociétés
sont confrontées à des défis économiques et so-
ciaux importants, continuer à mésestimer les ap-
ports de la biodiversité et faire peser sur elle des
pressions constitue un danger réel. Mais, au-delà
de la multitude de services rendus, la beauté et
la richesse des dynamiques d?interactions à l?oeu-
vre dans le monde vivant rappelle à l?humain qu?il
fait partie d?une communauté de destin avec les
autres êtres vivants de la planète. In fine, le de-
voir de préserver la biodiversité relève aussi de
considérations d?ordre moral dans lesquelles la
notion de solidarité entre l?humain et toutes les
autres formes du vivant prend tout son sens.
C?est d?ailleurs dans ce sens que des chercheurs
ont défini le concept de solidarité écologique et
que certaines institutions, tels les Parcs naturels
nationaux, développent leurs actions en faveur
de la biodiversité.
Pour eN Savoir PluS Sur la
SolidariTé éCologiQue
consultez l?article La solidarité écologique : un nou-
veau concept pour une gestion intégrée des parcs
nationaux et territoires et rendez-vous sur le site des
parcs nationaux.
&
voir glossaire
http://www.ruedelechiquier.net/les-collections?view=bibliotheque&id_collection=6
http://www.ruedelechiquier.net/les-collections?view=bibliotheque&id_collection=6
http://www.nss-journal.org/index.php?option=com_article&access=standard&Itemid=129&url=/articles/nss/abs/2010/04/nss10406/nss10406.html
http://www.nss-journal.org/index.php?option=com_article&access=standard&Itemid=129&url=/articles/nss/abs/2010/04/nss10406/nss10406.html
http://www.nss-journal.org/index.php?option=com_article&access=standard&Itemid=129&url=/articles/nss/abs/2010/04/nss10406/nss10406.html
http://www.parcsnationaux.fr/Chercher-Etudier-Agir/Etudes/Etude-Solidarite-Ecologique
http://www.parcsnationaux.fr/Chercher-Etudier-Agir/Etudes/Etude-Solidarite-Ecologique
13
voir glossaire
Focus sur
les services écosystémiques
Focus sur
Ce type de services regroupe les processus qui canalisent certains phénomènes naturels et ont un
impact positif sur le bien-être humain. Parmi ces nombreux bénéfices sont notamment inclus :
La protection contre les tempêtes, inondations et maîtrise des crues.
Ex: une forêt à proximité d?une commune diminue l?intensité des vents et réduit les crues protégeant
ainsi les habitations humaines.
La purification de l?eau.
Ex: les plantes et micro-organismes des milieux naturels (forêt, prairie, etc.) dans lesquels s?écoule
l?eau participent à sa dépollution naturelle.
La régulation des maladies humaines, animales et végétales.
Ex: des écosystèmes diversifiés constituent des barrières naturelles qui « ralentissent » la diffusion des
pathogènes qui sont susceptibles d?entraîner la diffusion rapide de maladies pour l?humain, la faune et
la flore. C?est ce qu?on appelle l?effet de «dilution ».
sécuriser l?accès aux ressources :
un enjeu stratégique pour les entreprises
Nombre d?entreprises développent des activités qui sont liées, directement ou indirectement,
à la disponibilité des ressources naturelles. Elles sont donc dépendantes des services d?ap-
provisionnement rendus par les écosystèmes. Maîtriser l?usage de ses ressources sans les
surexploiter et veiller à la bonne santé des écosystèmes qui les produisent constitue un enjeu
stratégique pour ces entreprises. A contrario, la dégradation des écosystèmes dégradés pré-
sente un risque : la raréfaction des ressources entraînant une hausse de leur prix, voire une
remise en cause plus profonde des activités en cas de pénurie.
tirer avantage des services de régulation :
l?exemple de la ville de new-York
Ces services désignent la production par les écosystèmes de biens commercialisables par l?hu-
main: existence de terre fertile propice à l?activité agricole, fourniture d?eau potable, de matériaux de
construction, de molécules naturelles utiles à l?élaboration de médicaments, etc.
les services d?approvisionnement
les services de régulation
Pour eN Savoir PluS
consultez les Actes du colloque Biodiversité
et Santé co-organisé par les associations
humanité et biodiversité et santé environ-
nement France.
L?agglomération de New York est alimentée
en eau potable par le bassin versant Catskill-
Delaware, un ensemble de 5 000 kilomètres
carrés de vallées cultivées et de montagnes
couvertes de forêts, parcourues par un réseau
de rivières. A cause de la dégradation de cet-
te ressource, la ville de New York a envisagé
dans les années 1990 la construction d?une
usine de traitement de l?eau au coût estimé
de 8 milliards de dollars. Après réflexion et
concertation, les autorités se sont engagées
dans une autre voie : investir dans la restau-
ration et de protection du bassin versant ca-
pable de garantir durablement la qualité de
l?eau. Ce choix qui a permis d?économiser 7
milliards de dollars a été suivi par d?autres
grandes villes telles Munich ou Calcutta.
14
les services supports
vtvvUn article publié en 2008 par la Société nationale d?horticulture de France montre que la
Ce sont tous les bénéfices immatériels que l?être humain tire de la nature en termes de plaisir, d?esthé-
tisme, d?identité, de loisirs, etc.
Ce sont tous les services qui sont nécessaires pour la production de tous les autres services écosys-
témiques. Ces services sont différents des trois premières catégories de services, par le fait que leurs
effets sur les humains sont, soit indirects, soit apparaissent sur des longues périodes de temps.
les services culturels et sociaux
Dégrader la biodiversité, c?est
perdre la qualité de ces servi-
ces dont les économistes ont,
ces dernières années, prouvé
l?importance pour l?économie
mondiale. Si nous n?agissons
pas, il nous faudra à l?avenir
investir lourdement dans des
technologies coûteuses pour
tenter, sans aucune garantie de
résultats, de remplacer des ser-
vices essentiels que nous offre
la nature.
présence d?espace verts dans les villes rend
ces dernières plus attractives, à la fois en ter-
mes de fréquentation touristique mais aussi
en termes d?implantation de commerces et
d?industries. Par ailleurs, la nature en ville
augmente la valeur de la propriété. En effet,
les habitants sont prêts à payer pour les avan-
tages d?une nature limitrophe, qu?ils considè-
rent comme offrant des avantages récréatifs,
une protection contre les regards indiscrets et
une meilleure valeur esthétique. Ces conclu-
sions révèlent l?attachement des citoyens aux
services culturels et sociaux rendus par la bio-
diversité.
vous pouvez consulter les ouvrage suivants:
- Services compris, le tome 3 de la collection « La biodiver-
sité à travers des exemples ».
- le Rapport biodiversité sur l?approche économique de la
biodiversité et des services liés aux écosystèmes, à dé-
couvrir sur le site du conseil d?analyse stratégique.
Pour eN Savoir PluS Sur
l?aPProChe éCoNomiQue de la BiodiverSiTé
Focus sur
les services écosystémiques
Focus sur
http://www.entreprisesdupaysage.org/base-documentaire/environnement/79-bienfaits-des-plantes/
http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-biodiversite-a-travers-des,27213.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-biodiversite-a-travers-des,27213.html
http://www.teebweb.org/
http://www.strategie.gouv.fr/content/rapport-biodiversite-%C2%AB-l%E2%80%99approche-economique-de-la-biodiversite-et-des-services-lies-aux-eco#les-ressources
http://www.strategie.gouv.fr/content/rapport-biodiversite-%C2%AB-l%E2%80%99approche-economique-de-la-biodiversite-et-des-services-lies-aux-eco#les-ressources
http://www.strategie.gouv.fr/content/rapport-biodiversite-%C2%AB-l%E2%80%99approche-economique-de-la-biodiversite-et-des-services-lies-aux-eco#les-ressources
15
Depuis 1992 et le Sommet de Rio organi-
sé sous l?égide de l?ONU, la biodiversité est deve-
nue une préoccupation mondiale. La convention
sur la diversité biologique (CDB) qui en est issue
demande à tous les pays qui l?ont ratifiée d?éla-
borer des stratégies, plans ou programmes na-
tionaux tendant à assurer la conservation et l?uti-
lisation durable de la biodiversité. C?est dans ce
cadre que la France a adopté sa première SNB
pour la période 2004-2010. Appelée à être mise
en oeuvre par les services de l?État, celle-ci a eu
peu d?incidence sur les acteurs de la société qui,
de leur côté, ont développé une multitude d?initia-
tives.
La snB
un cadre pour agir et s?engager
la SNB 2011-2020 :
Si elle a largement contribué à faire
émerger la biodiversité comme un enjeu pour la
société française, la première SNB, adoptée en
2004, a failli dans la poursuite de son objectif :
stopper la perte de biodiversité à l?horizon 2010.
Le diagnostic établi en préalable de la révision de
la SNB a pointé la nécessité de motiver et d?im-
pliquer les différents acteurs.
Partant d?une vision qui fait de la biodiversité et
des ressources naturelles l?un des fondements
du bien-être humain, la SNB 2011-2020 s?est
fixé l?ambition de préserver, restaurer mais aussi
renforcer et valoriser notre patrimoine écologique
sur l?ensemble du territoire. Inversant la logique,
la SNB 2011-2020 ne vise donc plus seulement
à éviter les pressions sur la biodiversité pour la
protéger, mais soutient toute initiative susceptible
de l?enrichir de manière directe ou indirecte (via
la sensibilisation d?autres acteurs par exemple)
en mettant en avant la notion de recapitalisation
écologique.
La SNB invite tous les acteurs de la société à
contribuer à cette ambition. À cette fin, 6 orien-
tations stratégiques ont été définies. Elles consti-
tuent des lignes directrices, à partir desquelles
les efforts des acteurs de la société doivent être
concentrés, pour, qu?à l?échelle du pays, des ré-
sultats tangibles puissent être observés. Parce
que la biodiversité est une préoccupation collec-
tive, chacune des 6 orientations stratégiques est
susceptible d?être appropriée par tout type d?or-
ganisme.
Une rapide présentation des orientations straté-
giques vous est proposé dans le Focus suivant.
L?esprit de chaque orientation est décrit ainsi
qu?une liste de quelques grands chantiers à me-
ner.
La SNB 2011-2020 a été pensée dans un esprit
différent. Consciente que, face à l?érosion de la
biodiversité, l?une des clés de la réussite réside
dans la mobilisation de l?ensemble de la société
et l?action collective, la SNB 2011-2020 vise à
être mise en oeuvre non seulement par l?État mais
aussi par tous les acteurs : collectivités territoria-
les, acteurs économiques, acteurs de la recher-
che, représentants de la société civile.
1 ambition et 6 grands défis
à relever ensemble
http://www.cbd.int/
http://www.cbd.int/
C?est mettre en oeuvre des initiatives de sen-
sibilisation, de communication, d?éducation et de par-
ticipation du public pour développer chez les français
une « culture de la nature » qui soit à la fois le fruit d?un
socle de connaissances et d?un ensemble de valeurs
liées au vivant. Cette culture émergera à condition
que deux cibles prioritaires soient convaincues : les
citoyens et les décideurs publics et privés.
susciter l?envie d?agir pour la
biodiversité
orieNTaTioN STraTégiQue
- Tous les organismes impliqués dans la transmission
de la culture, des sciences et de l?information (écoles,
médias, centres sociaux, bibliothèques, etc.) sont en-
couragés à développer des actions visant à sensibiliser
le plus grand nombre aux enjeux de la biodiversité.
- Entreprises, syndicats et associations doivent encou-
rager la mobilisation au sein de leurs organisations et
accompagner leurs salariés, membres ou adhérents
vers des comportements plus vertueux.
- Les collectivités ont également un rôle important à
jouer pour mobiliser leurs agents en interne mais
aussi l?ensemble des acteurs d?un territoire, dont les
citoyens.
Quelques grands
chantiers à mener
- Tous les organismes ayant une prise sur la consom-
mation ou la gestion du foncier (collectivités, organisa-
tions agricoles, entreprises des secteurs des infrastruc-
tures de transport, de l?industrie ou de la construction)
doivent mieux prendre en compte les dynamiques du
vivant dans leurs pratiques d?aménagement du terri-
toire.
- Les associations et établissement publics dédiées à
la protection de la nature sont invités à pérenniser leurs
actions dans le temps et de développer des partena-
riats avec de nouveaux acteurs (entreprises, collecti-
vités, etc.) pour les impliquer dans la préservation des
espèces et des espaces.
- Les acteurs du monde agricole (exploitants, selec-
tionneurs) sont aussi appelés à inscrire leurs actions
dans la durée avec comme objectif de promouvoir la
diversité génétique des espèces domestiques.
- La recherche publique et privée ainsi que les organis-
mes spécialisés dans l?innovation et le génie écologi-
que doivent promouvoir et développer des techniques
qui permettent de restaurer les écosystèmes et d?utili-
ser leurs fonctions tout en les respectant.
Dans l?objectif de maintenir la capacité de la
biodiversité à évoluer, il est question de veiller sur l?état
de conservation de toutes les formes du vivant, notam-
ment par des actions visant à maintenir, renforcer ou
restaurer la diversité des espèces et la qualité des
écosystèmes. Il s?agit aussi de permettre aux espèces
de se déplacer via la construction d?une infrastructure
écologique sur le territoire français. À ce titre, la mise
en oeuvre Trame verte et bleue est un enjeu clé.
préserver le vivant et sa
capacité à évoluer
orieNTaTioN STraTégiQue B
Quelques grands
chantiers à mener
a
Focus sur
les orientations stratégiques
Focus sur
16
17
- Les entreprises doivent chercher à mieux compren-
dre les interactions de leurs activités avec le monde
vivant et viser à une meilleure intégration de la biodi-
versité dans les prises de décision.
- Aux côtés des entreprises, les acteurs de la recher-
che et de l?innovation sont appelés à miser plus large-
ment sur la biodiversité comme source de nouvelles
technologies et support d?activités durables.
- Les professionnels de la formation ainsi que ceux
de la recherche et de l?expertise peuvent utilement
concentrer leurs efforts pour fournir des outils de sen-
sibilisation et d?aide à la décision aux décideurs publics
et privés.
- Les collectivités d?outre-mer sont invitées à investir
dans la préservation de la biodiversité comme un axe
majeur de coopération régionale et un élément essen-
tiel pour le développement endogène de leur territoire.
Au même titre que les capitaux humain, fi-
nancier ou social, la nature doit être valorisée en tant
que capital oeuvrant à la production de richesses, ma-
térielles et immatérielles, pour les humains. Ce capital
écologique, source de mieux-être pour l?humanité, doit
être pris en compte et reconnu dans les décisions éco-
nomiques. Source d?innovations, il est également un
élément sur lequel il faut parier pour le développement
durable de nos sociétés, notamment en outre-mer où il
constitue une force pour le développement endogène
des territoires.
investir dans un bien commun,
le capital écologique
orieNTaTioN STraTégiQue C
Quelques grands
chantiers à mener
- L?ensemble des acteurs économiques et les collectivi-
tés doivent veiller à réduire les pressions (dégradation
des habitats naturels, surexploitation des ressources,
rejets de polluants, diffusion d?espèces exotiques en-
vahissantes, contribution au réchauffement climatique)
que peuvent faire peser leurs activités sur la biodiver-
sité.
- Les acteurs concernés par l?usage des ressources
naturelles vivantes (industriels, agriculteurs, pêcheurs,
chasseurs, forestiers) doivent s?engager et promouvoir
un usage et une gestion durable de ces mêmes res-
sources.
- Les acteurs de la recherche et les entreprises s?inté-
ressant à la bioprospection à l?étranger doivent s?enga-
ger pour un partage des avantages de leurs activités
en lien avec l?utilisation de la biodiversité avec les po-
pulations locales.
Il s?agit de maîtriser les pressions que font pe-
ser nos activités sur le vivant et d?utiliser les ressources
naturelles de façon à assurer leur renouvellement. Les
acteurs qui tirent des avantages ou des bénéfices de
l?utilisation de la biodiversité doivent favoriser l?émer-
gence d?une solidarité entre les différentes échelles de
territoire qui permet le partage des avantages entre les
acteurs tirant un bénéfice des services écosystémi-
ques et les acteurs contribuant à maintenir ces mêmes
services.
Quelques grands
chantiers à mener
assurer un usge durable et
équitable de la biodiversité
orieNTaTioN STraTégiQue d
Focus sur
les orientations stratégiques
Focus sur
18
Le monde vivant et ses dynamiques ne
connaissent pas les frontières administratives, ni cel-
les induites par les différents secteurs d?activité de
notre économie. Dans un esprit de décloisonnement,
un double effort doit être fourni pour : assurer que
l?ensemble des choix présidant aux politiques et pro-
jets publics ou privés oeuvrent pour le renouvellement
des ressources et la pérennité du fonctionnement des
écosystèmes d?une part, et garantir la cohérence de
ces choix aux différentes échelles, du local ou global,
d?autre part.
assurer la cohérence des
politiques et l?efficacité de
l?action
orieNTaTioN STraTégiQue
- Les décideurs publics et privés doivent prendre les
choix les plus susceptibles de réduire les pressions
que peuvent faire peser les différentes politiques et
projets de leurs organisations.
- Les collectivités sont invitées à s?engager avec l?Etat
pour la cohérence des politiques publiques par la bon-
ne articulation des politiques publiques nationales, ré-
gionales, départementales et locales, notamment dans
le contexte de territorialisation de la SNB et l?élabora-
tion ou la révision des stratégies régionales et locales
pour la biodiversité. Leur engagement doit également
les porter à établir de nouveaux liens entre les territoi-
res dans un esprit de solidarité écologique.
- Les acteurs de la recherche peuvent contribuer à
la cohérence des politiques et l?efficacité des actions
en établissant des méthodes et outils (par exemple la
mise au point d?analyse de cycle de vie intégrant la bio-
diversité) permettant une évaluation environnementale
rigoureuse et un meilleur arbitrage des choix de déve-
loppement.
Quelques grands
chantiers à mener
- Les acteurs de la connaissance et de la recherche
(publique et privée) doivent s?impliquer dans des efforts
communs visant à renforcer les savoirs fondamentaux
et pluridisciplinaires sur la biodiversité.
- Les acteurs porteurs de connaissances sur la biodi-
versité doivent s?engager dans la constitution d?un ré-
seau d?expertise au sujet de la biodiversité pour aider
les décideurs à faire les choix les plus instruits au re-
gard des enjeux de préservation de la biodiversité.
- Les acteurs de la formation initiale et continue sont
appelés à renforcer la place accordée à la biodiversité
et ses enjeux dans leur offre.
Il s?agit d?approfondir nos connaissances fon-
damentales sur la biodiversité. Cet effort, qui gagne à
s?appuyer sur une coordination renforcée des organis-
mes-sources de la connaissance, doit également être
tourné vers la société afin de nous préparer à mieux
répondre aux enjeux à venir. Les connaissances pro-
duites doivent également pouvoir être mobilisées dans
le cadre d?une expertise destinée à éclairer les prises
de décisions. Elles gagnent également à être introdui-
tes dans toutes les formations (initiales et continues)
pour permettre à tous de mieux comprendre les enjeux
de la biodiversité.
développer, partager et
valoriser les connaissances
orieNTaTioN STraTégiQue F
Quelques grands
chantiers à mener
e
&
voir glossaire
&
voir glossaire
Focus sur
les orientations stratégiques
Focus sur
19
&
voir glossaire
notre organisme ne s?est jamais engagé en fa-
veur de la biodiversité : pouvons-nous quand
même nous engager auprès de la snB ?
La SNB veut faire de la biodiversité un
enjeu de société. L?implication des organismes
qui n?ont jamais agi en faveur de la biodiversité
est donc bienvenue et est même encouragée.
Pas besoin d?être un expert de la question pour
démarrer des actions qui auront des impacts po-
sitifs sur la biodiversité. Les acteurs les plus néo-
phytes gagnent à s?engager à la hauteur de ce
qu?ils saisissent des enjeux, en se lançant dans
l?action, ils renforceront leur expertise sur le su-
jet et pourront développer par la suite des projets
plus ambitieux.
Le chapitre II du présent Guide et sa boî-
te à idées vous aideront à construire pas à pas
votre propre initiative. Pour réaliser le premier
pas: n?hésitez pas à vous entourer ! De nombreux
acteurs peuvent vous aider, qu?il s?agisse de vos
propres réseaux (fédérations professionnelles ou
associations thématiques) ou associations spé-
cialisées dans la protection de la nature présen-
tes dans toutes les régions françaises.
notre organisme dispose de moyens limités :
la snB est-elle faite pour nous ?
Agir en faveur de la biodiversité n?est
pas forcément une affaire de moyens financiers,
techniques et humains. Parfois les initiatives les
plus susceptibles de produire des effets résident
dans des actions simples mais bien pensées. Le
moteur d?un engagement à la SNB réside avant
tout dans l?envie et la volonté de préserver et de
valoriser le vivant.
Afin de suppléer un éventuel manque de
moyens: n?hésitez pas à co-porter votre engage-
ment avec d?autres acteurs ou à établir des par-
tenariats. Cela présente l?avantage de mutualiser
les moyens pour porter des projets ambitieux tout
en relativisant l?investissement de votre organis-
me.
Tous concernés
Outil original de mobilisation, la SNB 2011-2020 invite tous les acteurs de la société à se
penser comme des contributeurs de sa mise en oeuvre. Au regard de leur statut, domaines d?activité
et taille, tous les acteurs ne sont pas confrontés aux mêmes problématiques lorsqu?ils se posent la
question « en quoi peut consister notre action en faveur de la biodiversité et notre contribution à la
SNB ?». Les cinq cas qui suivent essayent d?apporter des éléments de réponse aux questions que
se posent le plus fréquemment les acteurs au sujet de leur capacité à agir pour la biodiversité et à
contribuer à la SNB.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202020
Les activités de notre organisme sont décon-
nectées du monde vivant mais je souhaite
quand même agir, que faire ?
Certains organismes développent des
activités qui n?ont pas de prise directe avec la
biodiversité, c?est du moins ce qu?ils croient ! Car
dans la mesure où l?humain dépend de manière
intrinsèque du vivant, toutes les activités qu?il dé-
veloppe en dépendent également.
Même pour les organismes éloignés du
vivant, entreprendre une initiative en faveur de
la biodiversité est toujours possible. Proposer
une alimentation issue de l?agriculture biologique
locale, préférer l?achat de fournitures de bureau
issues de filières durables, engager ses collabo-
rateurs dans une démarche de sensibilisation et
d?action en faveur de la biodiversité, entretenir les
espaces verts attenants à son organisme ou re-
nouveler leur composition, etc. constituent autant
de pistes permettant à ces organismes de s?en-
gager de manière concrète.
La biodiversité constitue le coeur de métier
des activités de notre organisme, que pou-
vons-nous faire de plus pour contribuer à la
snB ?
Plusieurs organismes, notamment les
associations de protection de l?environnement et
certains établissements publics, ont la biodiver-
sité comme coeur de métier. Tout en s?inscrivant
dans la continuité de leurs actions, il s?agit pour
eux de se servir de la SNB et de ses 20 objectifs
afin d?améliorer l?efficacité de leurs actions et de
réfléchir sur de nouvelles façons de développer
leurs activités.
Ainsi les objectifs de l?orientation straté-
gique A « Susciter l?envie d?agir », peuvent être
l?occasion pour une association de protection de
l?environnement d?établir dans quelle mesure elle
peut accompagner le changement des acteurs
avec lesquels elle n?a pas encore eu l?occasion
de travailler.
nous avons déjà engagé des actions en fa-
veur de la biodiversité, en quoi peut consister
notre contribution à la snB ?
Beaucoup d?acteurs ont déjà engagé des
actions en faveur de la biodiversité. C?est le cas
de nombreuses collectivités, entreprises, asso-
ciations, etc. Ces actions font parfois l?objet de
stratégies très développées.
Pour ces acteurs, contribuer à l?élan
national en faveur de la biodiversité, ce n?est
pas remettre en cause tout ce qui a été mené
jusqu?alors. Au contraire, il s?agit de s?appuyer
sur ce qui a été fait afin de s?inscrire dans une
démarche de continuité et de progression.
Le principe de l?engagement pour ces
acteurs qui agissent déjà en faveur de la biodi-
versité est donc de définir comment les actions
mises en oeuvre peuvent être rendues congruen-
tes avec les objectifs de la SNB et de profiter de
cet exercice pour donner davantage d?ambition
à l?existant et prévoir l?étape suivante dans une
perspective d?amélioration continue.
notre organisation est une tête de réseau sans
liens directs avec des activités qui impactent
la biodiversité, comment l?engager auprès de
la snB ?
Dans la mesure où leurs activités n?ont
pas de liens directs avec la biodiversité, les têtes
de réseaux peuvent avoir du mal à imaginer com-
ment s?engager auprès de la SNB. Leur rôle est
néanmoins essentiel pour la diffusion de messa-
ges et l?accompagnement au changement d?ac-
teurs dont les impacts sur la biodiversité sont plus
directs. Les têtes de réseaux ont également un
rôle à jouer dans la multiplication des bonnes ini-
tiatives : elles constituent ainsi un acteur clé dans
l?ambition générale de la SNB de faire de la biodi-
versité un enjeu partagé.
Les têtes de réseaux peuvent ainsi
contribuer utilement à l?orientation stratégique A
« Susciter l?envie d?agir ». Cet effort mené sur la
sensibilisation, soutenu d?une montée en compé-
tence au sujet de la biodiversité peut constituer le
terreau d?un projet d?engagement à part entière
pour ce type d?acteur.
chapitre ii
agir en faveur de la biodiversité
chapitre ii
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Mangrove en Nouvelle-Calédonie.
La mangrove est un écosystème de marais maritime que l?on trouve dans les Outre-mer français. Elle est
l?un des écosystèmes les plus productifs en biomasse de la planète. La dégradation rapide de certaines
mangroves est devenue préoccupante en raison de la perte de biodiversité qu?elle implique mais aussi
parce que les mangroves assurent des services majeurs pour les populations vivant sur les côtes (produc-
tion de ressources, protection dans les cyclones et tsunamis, etc.).
21
22
L?objectif du second chapitre de ce guide est de faciliter l?engagement des ac-
teurs en faveur de la biodiversité dans le cadre défini par la SNB. Vous y trouverez
conseils, informations et témoignages d?acteurs qui vous aideront à définir et construi-
re le projet en faveur de la biodiversité que vous pourrez soumettre à « reconnaissance
snB ».
Les conseils livrés dans ce chapitre s?adressent à tous, aussi bien aux organismes qui
souhaitent initier leurs premières actions en faveur de la biodiversité qu?à ceux déjà
engagés. Les premiers y trouveront tous les éléments pouvant les aider à développer
pas à pas leurs initiatives. Les seconds y trouveront certainement matière à réflexion
pour approfondir ou améliorer leurs initiatives actuelles.
p 24. Mode d?eMpLoi du chapitre ii
p 25. rePère 1. impulser la dynamique
p. 25 impliquez les personnes de votre organisme : des décideurs jusqu?à la base
p. 27 informez-vous
p.28 Faites-vous aider
p 32 . rePère 2. dresser son état des lieux biodiversité
p. 33 Identifiez les enjeux liés à la préservation, la restauration et la valorisation de la
biodiversité dans le cadre de vos activités
p. 40 hiérarchisez vos enjeux
p 46. rePère 3. Définir la stratégie d?action de son organisme
p. 46 Construisez un programme d?actions
p. 52 Définissez une démarche intégrée et transversale au profit de la biodiversité
p 55. rePère 4. s?organiser pour assurer la mise en oeuvre
de son projet
p. 55 développez une ingénierie de projet grâce à des moyens adaptés
p. 58 Prenez les dispositions nécessaires en termes d?évaluation
p 63. rePère 5. partager autour de son initiative
p. 63 impliquez vos parties prenantes externes
p. 66 misez sur les partenariats et les projets co-portés
p. 67 Partagez vos expériences
23
Le chapitre ii est composé de deux outils: le premier a été conçu pour
vous accompagner pas à pas dans l?élaboration de votre projet, le second pour-
suit un objectif plus précis, il vous aide à construire le programme d?action de
votre projet.
Mode d?eMpLoi
du chapitre ii
Mode d?eMpLoi
O
L?objectif de ces cinq repères est de proposer
une démarche à suivre à tous les organismes
souhaitant s?engager. Ces repères sont l?occa-
sion d?aborder des éléments de méthode sur des
points clés de gouvernance (pilotage, concerta-
tion, participation, évaluation, etc.); ils contribue-
ront à faire de votre initiative un succès.
Au fil des repères méthodologiques, vous retrou-
verez les symboles suivants :
La boîte à idées est un outil résolument tourné
vers l?action et qui se présente sous la forme
d?une base de données en ligne accessible de-
puis le site Internet du ministère de l?Ecologie.
Pour chacun des vingt objectifs de la SNB, elle
propose une sélection d?informations répartie sur
trois niveaux :
Les grands cadres d?action
Les pistes pour l?action
Les exemples d?actions déjà réalisées
La Boîte à idées
pour construire son programme d?actions
La Boîte à idées X
Les 5 repères MéthodoLogiQues
pour construire sa démarche en faveur de la biodiversité
Les 5 repères MéthodoLogiQues
La clé à molette vous indique ressour-
ces ou informations pratiques sur les-
quelles vous pouvez vous appuyer pour
construire votre projet.
Le drapeau a pour objectif d?attirer votre
attention sur un conseil qui vise à vous
simplifier la vie ou vous mettre en garde
contre certaines idées reçues.
Les bulles signalent les retours d?expé-
riences qui émaillent le texte de ce se-
cond chapitre. Ils mettent en évidence la
façon dont tel ou tel projet a su apporter
des réponses intelligentes aux questions
soulevées dans le repère méthodologi-
que auxquels ils se rapportent.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202024
Le point de départ de votre projet en fa-
veur de la biodiversité réside sûrement dans une
envie d?agir partagée par quelques personnes
de votre organisme. Une première étape peut
consister à transformer cette envie en une vérita-
ble dynamique d?engagement. Pour cela, il s?agit
impliquez les personnes de votre organisme :
des décideurs jusqu?à la base
La prise en compte et la valorisation de
la biodiversité impliquent parfois des choix politi-
ques et l?adoption de nouvelles manières de faire,
qui sont susceptibles de bousculer les pratiques
habituelles des organismes. Cette nouveauté, qui
implique des efforts pour changer, peut se heurter
à des réticences. Pour se prémunir contre cette
menace sur la viabilité de votre projet, deux défis
doivent être très tôt relevés :
- l?implication des décideurs de votre organisme
- l?implication du plus grand nombre de person
nes de votre organisme
de l?implication des décideurs de
l?organisme?
d?assurer la mobilisation de l?ensemble de votre
organisme. Cette phase d?impulsion doit aussi
être le moment de s?informer au sujet de la bio-
diversité et des initiatives existantes dans votre
secteur d?activité ou sur votre territoire.
À l?occasion de l?Année internationale pour
la biodiversité, NatureParif - l?Agence régio-
nale pour la nature et la biodiversité en Ile-
de-France et le Comité français de l?UICN
(Union internationale pour la conservation
de la nature) ont organisé conjointement un
colloque intitulé Biodiversité, les mots pour
convaincre. Les Actes de ce colloque se
présentent sous la forme d?un guide pratique
pour convaincre: un élu, un chef d?entreprise,
un responsable administratif ou un rédacteur
en chef. Pour chaque profil à convaincre
sont identifiés obstacles à surmonter et ar-
guments à développer.
Biodiversité :
les mots pour convaincre !
impulser la dynamique
Qu?il s?agisse des élus pour les collectivités, des
PDG ou chefs d?entreprises, des directeurs gé-
néraux pour les administrations publiques ou des
conseils d?administration pour les associations
et fondations, il est essentiel que le plus haut ni-
veau hiérarchique de votre organisme participe
à l?élaboration du projet et le soutienne dans la
durée. C?est à cette condition que votre projet bé-
néficiera d?un portage politique fort. Cette volonté
politique doit pouvoir s?observer au lancement du
projet mais également en continu, tout au long
de la vie du projet. Elle est nécessaire pour ap-
puyer solidement les choix stratégiques et dres-
ser un programme d?actions assorti de moyens
adéquats.
Pour les grands organismes, il s?agit de manière
plus générale qu?un maximum de personnels en
situation d?encadrement participent au projet et le
soutiennent.
http://www.natureparif.fr/fr/documentation/cat_view/61-documentation-au-public/108-colloques-actes-et-bilans
http://www.natureparif.fr/fr/documentation/cat_view/61-documentation-au-public/108-colloques-actes-et-bilans
25
Le Réseau régional des gestionnaires de
Languedoc-Roussillon a publié en 2010
un document de référence à destination
des élus locaux Les espaces naturels
protégés : une chance pour le dévelop-
pement de nos territoires. Ce guide a
pour vocation de mettre en lumière, au-
delà des objectifs de conservation et de
protection de la biodiversité, les apports
sociaux et économiques des espaces na-
turels protégés, apports souvent moins
connus ou reconnus.
un guide pour convaincre
les élus
Pour assurer la mobilisation des décideurs de vo-
tre organisme, ces derniers doivent être convain-
cus par le projet et plus généralement par la
nécessité d?agir pour la biodiversité. Pour cela,
mener des actions de sensibilisation, formation et
d?accompagnement au changement à leur égard
est primordial.
Au-delà de l?implication des décideurs, il s?agit
également que les acteurs qui forment la base la
plus large de votre organisme - agents, salariés
ou encore adhérents - soient concernés par la
biodiversité et par votre projet d?engagement. Un
travail d?information, de sensibilisation et de for-
mation est également à mener auprès d?eux.
En toute logique, les efforts doivent en priorité être
concentrés sur les personnes les plus suscepti-
bles d?être impactées par le projet dans leurs ac-
tivités quotidiennes. Mais la démarche doit sur le
long terme s?appliquer à tous afin qu?une culture
commune autour de la biodiversité puisse émer-
ger au sein de votre organisme. La constitution
de cette dernière aidera, en outre, à pérenniser
votre démarche en faveur de la biodiversité en
la rendant plus résistante aux changements d?ef-
fectifs.
Pour impliquer davantage la base de votre orga-
nisme dans votre projet, il est conseillé de mettre
en place des mécanismes de concertation l?invi-
tant à s?exprimer lors des phases clés du projet
comme le choix des grands objectifs ou la défini-
tion du programme d?actions.
L?association Humanité et biodiversité
et l?INRA (Institut national de recherche
agronomique) ont coproduit un film in-
titulé La biodiversité, des clés pour un
débat. En 22 minutes, des personnes
venues de tous horizons apportent les
éléments de débat : Pourquoi est-ce
important ? Qui est concerné ? Quelles
perspectives d?action ? Pas de leçon
donnée, mais un appel à la réflexion et
à l?engagement de toute la société. Un
bon support pour initier une réflexion au
sein de votre organisme !
Biodiversité :
des clés pour un débat
? à celle du plus grand nombre autour
de la biodiversité et du projet
http://www.espaces-naturels.info/node/1080/actu.
http://www.espaces-naturels.info/node/1080/actu.
http://www.espaces-naturels.info/node/1080/actu.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202026
informez-vous
Tout sur l?environnement est un portail qui rassemble plus de 50 000 liens vers les informa-
tions gratuites et disponibles en ligne sur les sites et portails des services publics.
NatureParif publie régulièrement de nombreux retours d?actions issus des collectivités.
Espaces Naturels est une revue de référence destinée aux acteurs de la gestion des ter-
ritoires et des paysages. Tout organisme peut néanmoins y trouver des informations sus-
ceptibles de l?intéresser. Les auteurs y présentent, évaluent et discutent les expériences et
savoir-faire issus des territoires et portent à la connaissance des intéressés les actualités,
recherches, textes et initiatives dans ces domaines.
Quelques sites internet utiles pour s?informer sur la biodiversité
et les actions menées pour la préserver
S?il est capital que vous vous rensei-
gniez sur les dynamiques qui existent
dans votre secteur d?activité et sur vo-
tre territoire, il s?agit toutefois de garder
en tête que votre engagement doit être
le fruit d?une réflexion propre de votre
organisme. Répéter une action entre-
prise ailleurs et par un autre acteur alors
qu?elle ne répond pas à vos enjeux, im-
pacts, besoins et potentialités, n?a bien
entendu pas de sens et peut être contre-
productif. L?expérience des autres doit
être envisagée comme une source d?ins-
piration, mais, votre engagement doit se
construire en fonction de vos activités et
de votre contexte.
inspirez-vous sans
nécessairement copier !O
Les mobilisations en faveur de la biodi-
versité sont de plus en plus nombreuses. Sur vo-
tre territoire ou dans votre domaine d?activité, des
projets en faveur de la biodiversité ont sûrement
déjà été initiés. Il convient de les repérer pour s?en
inspirer ou pour en rejoindre la dynamique. Pour
connaître les initiatives à l?oeuvre sur votre terri-
toire, n?hésitez pas à vous informer auprès des
collectivités : conseils régionaux ou départemen-
taux, mairies, parcs naturels régionaux et des ad-
ministrations compétentes en matière d?environ-
nement telles les Directions de l?environnement,
de l?aménagement et du logement (DREAL). Les
nombreuses associations de protection de l?envi-
ronnement d?envergure nationale ou locale et les
nombreux organismes gestionnaires d?espaces
naturels peuvent également vous renseigner.
De manière plus générale, cette phase d?infor-
mation doit également vous permettre de vous
plonger dans la littérature existante en matière de
biodiversité. De nombreux guides pédagogiques
ou techniques concernant une variété de types
d?acteurs, secteurs d?activités ou milieux naturels
ont été publiés au cours des dernières années, ils
sont susceptibles de vous aider à mieux appré-
hender la question de la biodiversité.
http://www.toutsurlenvironnement.fr/
http://www.natureparif.fr
http://www.espaces-naturels.info/
27
Faites-vous aider
De nombreux bureaux d?études et asso-
ciations, nationales ou locales, présents sur tout le
territoire peuvent vous accompagner tout au long
de la construction de votre projet en vous aidant
notamment à conduire votre état des lieux, mieux
cerner vos enjeux et élaborer votre programme
d?actions. Les solliciter dès les premières phases
de votre projet est utile et vous permettra d?éviter
certains écueils, de surmonter des obstacles?
bref, de vous faire gagner en pertinence et en ef-
ficacité !
La France abrite un réseau dense et actif
d?associations de protection de la nature.
Ces associations souvent partenaires des
services de l?Etat et des collectivités territo-
riales dans la gestion des espaces naturels,
constituent une source de compétences
naturalistes et d?expertise environnemen-
tale précieuses. Dans ce riche vivier, il est
possible de distinguer des associations à
représentation nationale (Comité français
de l?UICN, WWF France, Fondation Nico-
las Hulot, Humanité et biodiversité) et les
réseaux d?associations à représentation lo-
cale (France nature environnement), Ligue
de protection des oiseaux, les centres per-
manents d?initiatives pour l?environnement,
Réserves naturelles de France, Les conser-
vatoires d?espaces naturels, fédération des
conservatoires botaniques nationaux.
Zoom sur le tissu associatif
Mairie Conseils est un site d?information pour les élus des communes et intercommu-
nalités. S?il n?y a pas d?entrée spécifique « biodiversité », vous y trouverez de nombreux
conseils et échanges d?expérience sur la préservation de la nature dans la rubrique «
développement durable ».
La plate-forme mondiale « Entreprises et biodiversité » de la convention sur la diversité
biologique (CDB) est une plate-forme qui vise à promouvoir les initiatives prises par les
entreprises qui soutiennent la conservation de la nature et l?utilisation durable des res-
sources naturelles et des services écosystémiques (sites en langue anglaise).
Dans un esprit similaire, le World business council for sustainable development (WBCSD)
est une coalition de 190 compagnies internationales unies par un engagement commun
de développement durable. De nombreuses informations par secteurs d?activités sont en
ligne sur cette plateforme.
Les sites des associations Orée et Entreprises pour l?environnement proposent égale-
ment de nombreuses ressources pour les entreprises qui souhaitent s?engager pour la
biodiversité.
http://www.uicn.fr/
http://www.uicn.fr/
http://www.wwf.fr/
http://www.fondation-nature-homme.org/
http://www.fondation-nature-homme.org/
http://www.humanite-biodiversite.fr/
http://www.fne.asso.fr/
http://www.lpo.fr/
http://www.lpo.fr/
http://www.cpie.fr/
http://www.cpie.fr/
http://www.reserves-naturelles.org/
http://www.enf-conservatoires.org/
http://www.enf-conservatoires.org/
http://www.fcbn.fr/
http://www.fcbn.fr/
http://www.localtis.fr/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/Page/MCAccueil
http://www.cbd.int/business/
http://www.cbd.int/business/
http://www.wbcsd.org/home.aspx
http://www.oree.org/
http://www.epe-asso.org/
mobiliser les élus des petites communes rurales : retour
d?expérience du CPie (Centre permanent d?initiatives
pour l?environnement) du val d?authie sur la démarche
des atlas de la biodiversité communale (aBC)
La principale difficulté rencontrée a été le
financement du projet puisque des communes ru-
rales de quelques centaines d?habitants pouvaient
difficilement s?impliquer financièrement. Le CPIE
Val d?Authie et la DREAL du Nord-Pas-de-Calais
ont donc sollicité un financement européen (FE-
DER) avec le CPIE en tant que porteur de projet.
Pour ces communes rurales, l?accompa-
gnement par le CPIE lié à la recherche de finan-
cements et au montage du dossier, a été le fac-
teur déclencheur du « passage à l?acte » pour les
élus. En effet, 2 des communes accompagnées
n?ont pas d?agents pouvant prendre en charge
cette ingénierie de projet qui a permis l?utilisa-
tion de fonds européens (FEDER) sur ces com-
munes. Cette ingénierie de projet devrait pouvoir
être mieux prise en compte et intégrée dans les
futurs projets car la recherche de financements
est un préalable indispensable à leur mise en oeu-
vre. Or, l?absence de technicien, notamment dans
le domaine de l?environnement, dans les petites
communes les pénalise pour la mise en oeuvre de
projets.
Au final, le travail conduit avec les 3 com-
munes permet à chacune d?entre elles de dispo-
ser d?un atlas de sa biodiversité dont elle pourra
tenir tenir compte en amont de tous ses projets
structurants. Cet atlas lui permettra également de
pouvoir gérer la biodiversité de façon plus favo-
rable ou encore de pouvoir la valoriser en com-
municant sur ses richesses naturelles. Toutes ses
actions seront définies et travaillées en concerta-
tion entre les élus de la commune et le CPIE pour
aboutir à un plan d?action concerté en faveur de la
biodiversité.
La démarche ABC lancée à l?initiative
du ministère chargé de l?écologie a pour objectif
de sensibiliser et mobiliser durablement les élus
locaux, les acteurs socio-économiques et les ci-
toyens à la préservation de la biodiversité via la
réalisation d?un inventaire précis et cartographié
des habitats, de la faune et de la flore, un At-
las de la biodiversité, élaboré avec l?appui d?une
équipe d?experts pluridisciplinaires.
Après avoir pris connaissance du projet
des Atlas de la Biodiversité Communale via la
DREAL (Direction régionale de l?environnement,
de l?aménagement et du logement) du Nord-Pas-
de-Calais, le CPIE Val d?Authie a informé 3 com-
munes de son territoire de l?existence de ce projet
et leur a proposé d?éventuellement les accompa-
gner dans leur démarche. Fin 2010, le CPIE Val
d?Authie s?est finalement vu confier par la DREAL
l?accompagnement de ces 3 communes : Auxi le
Château, Buire au Bois et Willencourt pour la réa-
lisation de leur ABC.
Le CPIE Val d?Authie a pu mobiliser ces 3 com-
munes rurales sur ce projet grâce à plusieurs fac-
teurs cumulés :
- Son implantation locale permettant de bien
connaître les attentes et les besoins des élus
locaux
- La présentation de la démarche et de ses
avantages aux maires de chaque commune
- L?accompagnement des communes dans
leur candidature à la démarche ABC
- La recherche de financements et le montage
du dossier pour la phase d?inventaires.
retour
d?expérience
Contact: celine.fontaine@cpie-authie.org
Photo: Inventaire ornitologique d?une commune.
28
29
mobiliser les salariés et s?engager avec eux pour la biodi-
versité : idée alsace et la journée «mon entreprise s?en-
gage pour la biodiversité, j?y participe».
retour
d?expérience
Idée Alsace est un réseau d?entreprises
alsaciennes (120 entreprises, soit 20 000 sala-
riés) engagées dans le développement durable.
Il se veut un laboratoire permanent d?expérimen-
tation de démarches de développement durable,
pour la performance des entreprises et celle du
territoire.
Lors de leur adhésion, les entreprises si-
gnent une Charte d?Engagement qui les oblige à
une amélioration continue de leurs pratiques. Cet
effort d?amélioration est mesuré par une Visite
d?Habilitation reconduite tous les 3 ans, qui per-
met de réaliser un diagnostic complet sur toutes
les thématiques de développement durable : éco-
nomique, sociale, sociétale, environnementale, et
de gouvernance. Pour aider les entreprises dans
cette démarche de progrès, Idée Alsace leur pro-
pose : formations, accompagnements collectifs et
partage d?expériences.
En 2011, la biodiversité fait l?objet d?un
focus particulier au sein d?Idée Alsace avec pour
ambition d?amener les entreprises à intégrer ce
sujet, pourtant loin de leurs préoccupations quoti-
diennes. En début d?année, un rendez-vous stra-
tégie a été organisé à destination des dirigeants
des entreprises membres sur le thème « Biodi-
versité et Entreprise », avec intervention d?ex-
perts scientifiques et économistes.
L?action «Mon entreprise s?engage pour
la biodiversité, j?y participe» a permis de faire le
lien avec les salariés. L?objectif était que chaque
entreprise prenne un engagement en faveur de
la biodiversité en concertation avec ses salariés.
29 entreprises ont participé. C?est ainsi que 650
salariés ont été sensibilisés à la préservation de
la biodiversité autour des enjeux du territoire al-
sacien et des rôles possibles d?une entreprise et
de ses salariés.
Dans chaque entreprise participant à
l?événement, Idée Alsace, avec l?appui d?ECO-
conseillers en formation, est intervenue lors d?une
journée dédiée pour sensibiliser les salariés sous
forme d?un atelier participatif ; puis étaient propo-
sés 5 engagements concrets possibles pour leur
entreprise :
- Protection d?un espace naturel alsacien par la
participation à l?acquisition d?une parcelle de ter-
rain géré par le Conservatoire des Sites Alsa-
ciens.
L?équipe d?Idées Alsace au salon Pollutec 2011 présentant
le prix reçu pour l?action «Mon entreprise s?engage pour la
biodiversité, j?y participe».
30
retour
d?expérience
- Partenariat avec une association locale de pré-
servation de l?environnement sous différentes for-
mes.
- Travail sur travail sur l?aménagement du site de
l?entreprise : plantation de vergers, mare, prairie
fleurie, ruches, etc.
- Participation de l?entreprise et des salariés à un
chantier nature à proximité du site.
- Promotion des circuits locaux par la mise en
place de la livraison de paniers de légumes.
L?entreprise a décidé avec ses salariés, souvent
par un vote, de l?engagement qu?elle prendrait.
Enfin, symboliquement, une plantation d?arbus-
tes d?essences locales, réalisée par les salariés
et le dirigeant, a clôturé la journée.
L?objectif global de cette action inter-en-
treprises était de favoriser la compréhension du
concept de biodiversité au sein des entreprises.
Elle a été un moyen pour sensibiliser les salariés
aux enjeux globaux mais aussi et surtout locaux
en matière de biodiversité. Les salariés ont été
très réceptifs, beaucoup ont également posé des
questions sur leur impact en dehors de leur en-
treprise : comment dois-je jardiner, quels produits
me faut-il privilégier dans mes achats quotidiens,
etc? Au-delà de salariés, ce sont donc des ci-
toyens qui ont également été sensibilisés. Quant
aux dirigeants, ils ont reconnu avoir évolué sur
leur perception de cet enjeu pour l?entreprise.
L?action se prolonge aujourd?hui par la mise en
place d?un accompagnement collectif sur le thè-
me de la biodiversité, destiné à l?ensemble des
entreprises membres.
Action menée avec les salariés dans le cadre de l?opération « Mon entreprise s?engage pour la Biodiversité, j?y participe»,
Contact: geraldine.gies@ideealsace.com
31
dresser son état des lieux
biodiversité
La réalisation d?un état des lieux en ma-
tière de biodiversité est un moment clé pour un
organisme qui souhaite s?engager. Moment de
réflexion, l?état des lieux doit permettre à votre or-
ganisme de questionner ses activités afin d?iden-
tifier ses enjeux par rapport à la préservation et à
la valorisation de la biodiversité.
Dresser son état des lieux en matière de biodiver-
sité, ce n?est pas obligatoirement dresser un dia-
gnostic exhaustif sur l?état de la biodiversité sur
un territoire donné. Ainsi, tout organisme, quels
que soient ses moyens, son niveau de compé-
tence sur le sujet de la biodiversité ou la nature
des rapports (directs ou indirects) qui le relie au
monde vivant, peut s?engager dans un état des
lieux.
La qualité de votre état des lieux conditionne
grandement la valeur globale de votre engage-
ment. Il s?agit ainsi de prendre le temps néces-
saire à sa réalisation et d?y allouer des moyens
adéquats. Pour le dresser, n?hésitez pas à vous
entourer de personnes compétentes : associa-
tions ou bureaux d?études.
réaliser un état des lieux en matière de biodiversité,
c?est à la portée de tous !O
un état des lieux en matière de biodiversité ce n?est pas (qu?) une histoire de moyens.
De toute évidence, plus il mobilise d?investissements humain, technique et financier, plus un état
des lieux est susceptible d?aboutir à une vision précise des enjeux. Cependant, un bon état des
lieux peut également se faire sur la base d?une économie de moyens importante. Pour les petits
organismes, un simple dialogue nourri entre les personnes de l?organisme (et, éventuellement,
enrichi de l?intervention d?un professionnel) sur leurs activités peut permettre d?alimenter une
réflexion pertinente au sujet de la biodiversité.
réaliser un état des lieux en matière de biodiversité n?est pas réservé aux acteurs dont
les activités ont un lien direct avec la nature.
Pour certains organismes, un état des lieux cherchant à établir les enjeux prioritaires en matière
de valorisation de la biodiversité peut s?accompagner d?un diagnostic concret de l?état de la
biodiversité sur un territoire donné. Pour un agriculteur, par exemple, disposer d?un état de la
biodiversité sur une parcelle peut s?avérer essentiel. D?autres organismes, nombreux, ne sont
cependant pas concernés par ce type de diagnostic. Cela ne les empêche pas de mener une
réflexion en interne sur leurs impacts et les actions favorables à mener pour la biodiversité.
Pour ces organismes, il s?agit de chercher comment leurs activités peuvent de manière indirecte
oeuvrer en faveur de la biodiversité, par exemple en sensibilisant leurs membres, adhérents,
collaborateurs, partenaires ou fournisseurs et en les incitant à agir.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202032
réaliser un état des lieux en matière de biodiversité n?est pas réservé qu?aux organis-
mes experts sur le sujet de la biodiversité.
Parce que les activités humaines sont liées de mille façons au monde du vivant, la réalisation
d?un état des lieux peut conduire un organisme à des niveaux de questionnements très fins
qui sous-tendent une certaine expertise sur la biodiversité. Les organismes débutants, ou ne
disposant pas d?une telle expertise, peuvent néanmoins se lancer eux aussi dans un état
des lieux. À hauteur de leurs compétences et savoirs, ils établiront pour eux-mêmes leurs
enjeux. Et, c?est en se lançant dans l?action qu?elles acquerront une expertise susceptible de
les mener à l?avenir vers un questionnement plus détaillé sur les liens entre leurs activités
et la biodiversité. Dans le sens inverse, la réalisation d?un état des lieux n?est pas réservée
qu?aux débutants. La tenue d?un regard critique sur ses propres activités est toujours utile,
même pour des organismes qui ont intégré la biodiversité comme un axe structurant de leur
politique.
Si tous les organismes peuvent participer
à la préservation et à la valorisation de la biodi-
versité, chacune peut le faire de manière différen-
te en fonction de ses activités. Pour comprendre
comment agir, il convient d?identifier les enjeux
propres à son organisme. Plusieurs pistes vous
sont ci-après livrées pour mener à bien ce travail
d?identification des enjeux:
- Cerner le contexte législatif et réglementaire
- Diagnostiquer la biodiversité présente sur le
territoire de ses activités
- Comprendre les liens d?interdépendance
entre les activités de son organisme et la
biodiversité
- Questionner ses activités à l?aune des diffé
rents défis posés par la SNB
En fonction de l?identité de votre organisme, cer-
taines de ces pistes trouveront un écho particu-
lier, d?autres se révèleront inadaptées. Il s?agit
donc de ne retenir et de vous inspirer que de ce
qui est pertinent pour votre organisme.
Identifiez les enjeux liés à la préservation, la restauration et la
valorisation de la biodiversité dans le cadre de vos activités
cerner le contexte législatif et
réglementaire
Le corpus légal et réglementaire constitue une
première base qui peut vous aider à définir vos
enjeux. Certaines activités sont de plus en plus
régies par des exigences légales en matière de
biodiversité. Les identifier et les comprendre peu-
vent vous permettre de faire un premier audit de
vos activités. La partie réglementaire d?un état
des lieux doit se faire en fonction de la nature des
activités exercées par l?organisme et la localisa-
tion de ces mêmes activités. Cette partie de l?état
des lieux peut être relativement facile à réaliser et
utile pour les organismes dont les activités sont
clairement encadrées par des textes précis. Elle
peut s?avérer plus complexe dans des cas où les
sources du Droit sont plus diffuses. L?intérêt n?est
donc pas obligatoirement de tendre vers l?ex-
haustivité mais de repérer les exigences clés et
d?identifier les incidences qu?elles peuvent avoir
sur les territoires de vos activités.
Au terme de ce travail d?identification de la règle-
mentation deux cas de figure :
Vos activités ne sont pas en règle avec la loi:
votre volonté d?engagement en faveur de la biodi-
versité doit alors se concentrer en priorité sur une
mise en conformité de vos activités.
33
La réglementation française en matière de
biodiversité se comprend dans le contexte
plus général du droit de l?environnement. Ra-
pide panorama des principaux textes qui en-
cadrent la préservation de la biodiversité en
France :
La charte de l?environnement donne une
valeur constitutionnelle à la préservation de
l?environnement et reconnaît le patrimoine na-
turel comme notre patrimoine commun. Elle
considère notamment que la diversité biolo-
gique, l?épanouissement de la personne et le
progrès des sociétés humaines sont affectés
par certains modes de consommation ou de
production et par l?exploitation excessive des
ressources naturelles. Elle proclame aussi le
droit de chacun à vivre dans un environne-
ment équilibré et respectueux de la santé.
La convention internationale sur la di-
versité biologique (cdB) engage la France
auprès de la communauté internationale. Elle
n?est pas traduite dans le Droit français mais
ses deux protocoles: le Protocole de Cartha-
gène sur la prévention des risques biotechno-
logiques et le Protocole de Nagoya sur l?accès
et le partage des avantages découlant de l?uti-
lisation des ressources génétiques vont pour
leur part entraîner des obligations réglemen-
taires.
Quelques repères : la réglementation française sur la biodiversité
Les Directives communautaires telles la Di-
rective cadre sur l?eau, la Directive « habitats
faune, flore», la Directive « oiseaux» ou la di-
rective-cadre stratégie milieu marin sont les
principaux textes qui engagent la France sur
la préservation de la biodiversité auprès de
ses partenaires de l?Union européenne. Elles
sont traduites dans le Code de l?environne-
ment français.
Le Code de l?environnement constitue la
principale source du Droit français de l?en-
vironnement. En fonction de vos activités,
d?autres Codes contiennent des dispositions
particulières en matière d?environnement et
de protection de la nature: Code général des
collectivités territoriales, Code de l?urbanisme,
Code minier, etc.
Les lois Grenelle I et Grenelle II sont les
dernières lois à avoir été codifiées dans le
Code de l?environnement. Elles renforcent les
dispositions existantes et fixent de nouvelles
exigences que tout acteur souhaitant s?enga-
ger pour la biodiversité est appelé à prendre
en compte.
Pour eN Savoir PluS
Sur la règlemeNTaTioN
consultez le site internet de Légifrance, le
service public de la diffusion du droit par
l?internet et reportez-vous aux nombreuses
études existantes par secteurs ou types de
milieux.
Vos activités sont déjà en règle avec la loi : il
peut alors être pertinent de déterminer de quelle
manière votre organisme pourrait s?engager de
manière à aller au-delà de ce qu?on attend de lui
au niveau réglementaire et élargir ainsi sa res-
ponsabilité sociétale. Dans ce cadre, les entrepri-
ses peuvent notamment s?engager pour anticiper
la réglementation, voire la faire avancer en inno-
vant. Ce faisant, les entreprises sont notamment
susceptibles de mieux se préparer à tirer avan-
tage de l?évolution des marchés.
Le dispositif de reconnais-
sance de la SNB accorde une
importance particulière à l?ad-
ditionnalité des projets. Ainsi,
O
toute initiative visant simplement à met-
tre en conformité un organisme au re-
gard des exigences réglementaires est
utile mais ne saurait être « reconnue »
comme un engagement à la SNB.
http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Charte-de-l-environnement-de-2004
http://www.cbd.int/convention/
http://www.cbd.int/convention/
http://bch.cbd.int/protocol/
http://bch.cbd.int/protocol/
http://bch.cbd.int/protocol/
http://www.cbd.int/abs/
http://europa.eu/-legislation_summaries/agriculture/environment/l28002b_fr.htm
http://europa.eu/-legislation_summaries/agriculture/environment/l28002b_fr.htm
http://europa.eu/legislation_summaries/environment/nature_and_biodiversity/l28076_fr.htm,
http://europa.eu/legislation_summaries/environment/nature_and_biodiversity/l28076_fr.htm,
http://europa.eu/legislation_summaries/other/l28046_fr.htm
http://eurlex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:-164:0019:0040:FR:PDF
http://eurlex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:-164:0019:0040:FR:PDF
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006074220&dateTexte=20110329
http://www.legrenelle-environnement.fr/Loi-Grenelle-1,74.html
http://www.legrenelle-environnement.fr/-Loi-Grenelle-2-.html
http://www.legifrance.gouv.fr/
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202034
Pour les organismes dont les activités sont étroi-
tement liées à l?exploitation de ressources natu-
relles ou sont territorialisées de manière forte, la
tenue d?un état des lieux peut conduire à la réali-
sation d?un diagnostic de la biodiversité présente
sur les lieux d?activités (parcelle, sites, territoire).
Ce diagnostic vise à mieux comprendre l?écolo-
gie, les dynamiques et les enjeux de préservation
qui sont propres aux lieux de vos activités.
Il s?agit dans un premier temps de recueillir les
informations vous permettant de caractériser la
biodiversité qui vous entoure, puis en fonction du
contenu de ces informations, de les compléter par
des inventaires et études nécessaires à la réali-
sation d?un diagnostic complet.
diagnostiquer la biodiversité présente
sur le territoire de ses activités
Le site Internet de l?Inventaire national du
patrimoine naturel (INPN) est un outil pré-
cieux pour la connaissance et la gestion
du vivant. Il met en ligne les informations
relatives au patrimoine naturel en France
(espèces végétales, espèces animales,
milieux naturels et patrimoine géologi-
que) et son évolution récente à partir des
données disponibles au Muséum national
d?histoire naturelle et du réseau de ses
organismes partenaires.
Plusieurs collectivités se sont aujourd?hui
dotées d?observatoires locaux de la bio-
diversité. Observatoires régionaux, dé-
partementaux ou communaux constituent
des mines d?informations sur la biodiver-
sité des territoires souvent accessibles
par Internet. Les collectivités ont égale-
ment dressé nombre de diagnostics ter-
ritoriaux de développement durable et
d?inventaires biodiversité au cours de ces
dernières années. Ce sont là des sources
d?informations importantes à utiliser.
où récupérer les informations
existantes sur la biodiversité
présente sur mes lieux
d?activité ?
La réalisation d?un tel diagnostic doit vous condui-
re à mieux connaître les milieux naturels dans
lesquels s?inscrivent vos actions et à en compren-
dre les enjeux : ces milieux sont-ils en bon état
de conservation ? Abritent-ils des espèces mena-
cées ? En somme, l?objectif est de dresser « l?état
de santé » de la biodiversité avec laquelle vous
êtes en interaction. Pour certains organismes, ce
seul travail permettra d?enclencher un programme
d?actions autour de mesures correctives visant à
remédier à un mauvais état de la biodiversité.
Remarque importante : caractériser la biodiver-
sité présente sur une parcelle, un site ou un ter-
ritoire est une étape importante mais il faut tou-
jours garder à l?esprit que le vivant s?inscrit dans
des dynamiques d?échanges larges qui ignorent
les frontières tracées par l?humain. Ainsi, pour
bien appréhender les enjeux de la biodiversité
sur un territoire, il s?agit souvent de replacer les
réflexions à des échelles qui considèrent les in-
teractions de la biodiversité (à l?échelle d?un éco-
système par exemple ou d?un bassin versant).
Les Directions régionales de l?environ-
nement, de l?aménagement et du loge-
ment (DREAL) et les associations lo-
cales de protection de l?environnement
peuvent également mettre à votre dis-
position des informations qui vous per-
mettent de mieux comprendre les en-
jeux « biodiversité » du territoire dans
lequel vous développez vos activités.
http://inpn.mnhn.fr/accueil/index
http://inpn.mnhn.fr/accueil/index
35
L?Indicateur de biodiversité des exploitations (IBEA) :
l?IBEA a été créé par l?association France nature envi-
ronnement (FNE), en partenariat avec l?enseignement
agricole et la recherche. C?est un outil pédagogique
pour les lycées agricoles qui évalue l?impact des pra-
tiques agricoles sur la biodiversité. La fédération a
également publié un rapport sur les espaces de na-
ture dans les exploitations agricoles (haies, mares,
bosquets...).
La méthode « Intégrer la biodiversité dans les sys-
tèmes d?exploitations agricoles » (IBIS) propose une
démarche cadrée, des repères et des clés de raison-
nement, à destination des agents du développement
agricole amenés à conseiller les agriculteurs sur la
gestion de la biodiversité.
Le Diagnostic DIALECTE développé par l?association
Solagro est un outil de diagnostic agro-environnemen-
tal d?exploitation agricole qui permet une évaluation
simple et globale des impacts - positifs et négatifs - de
l?exploitation sur son environnement.
L?indicateur de durabilité des exploitations agrico-
les (IDEA) est un outil de diagnostic plus global sur
le développement durable des exploitations (il ne
concerne pas spécifiquement les questions de biodi-
versité même s?il les aborde). Il intègre une échelle
agro-écologique, une échelle socio-territoriale et une
échelle économique pour apprécier, à l?aide d?indica-
teurs chiffrés, les forces et les faiblesses du système
de production, et identifier des voies d?amélioration
vers plus de durabilité.
outils de diagnostic à
disposition du monde agricole
C?est en diagnostiquant la biodiversité présente
sur les lieux de leurs activités que les agricutleurs
peuvent le plus utilement dresser leurs enjeux.
Plusieurs outils permettent aujourd?hui aux agri-
culteurs de dresser leur état des lieux biodiver-
sité.
http://www.fne.asso.fr/fr/nos-dossiers/Agriculture/presentation.html
http://www.scribd.com/doc/48746230/Diagnostic-d-Exploitation-IBIS
http://www.scribd.com/doc/48746230/Diagnostic-d-Exploitation-IBIS
http://www.solagro.org/site/255.html
http://www.idea.portea.fr/
http://www.idea.portea.fr/
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202036
comprendre les liens d?interdépen-
dance entre les activités de son orga-
nisme et la biodiversité
Pour bien comprendre les relations d?impacts et
de dépendance de ses activités, il s?agit de se po-
ser les bonnes questions et de tenter d?y apporter
des réponses satisfaisantes. Cela peut s?avérer
complexe, notamment pour les organismes qui
ont peu d?expérience en matière de biodiversité
ou pour les grands organismes (grandes entre-
prises, collectivités) dont les liens à la biodiversité
sont complexes car multiples. Vous faire aider par
un professionnel (bureau d?études ou association)
peut considérablement enrichir votre démarche.
Un état des lieux ambitieux doit engager
votre organisme sur la voie de la compréhension
des rapports multiples qui relient ses activités au
monde vivant. Comprendre les liens d?interdé-
pendance entre les activités de son organisme et
la biodiversité, c?est mesurer des liens d?impacts
et de dépendance.
Mesurer les liens d?impacts de ses activités
sur la biodiversité, c?est chercher à identifier com-
ment vos activités influent sur l?état du vivant.
On parle souvent d?impacts « négatifs » dès lors
qu?une activité tend à dégrader la biodiversité ou
d?impacts « positifs » lorsque les activités tendent
au contraire à la protéger et à la valoriser. Dans
les faits, la différence entre impacts négatifs et
positifs est souvent moins nette. Il s?agit surtout
de chercher dans quelle mesure l?influence des
activités est soutenable ou non au regard de la
résilience des milieux impactés.
Mesurer les liens de dépendance de ses ac-
tivités à la biodiversité, c?est mesurer dans quelle
mesure les activités de son organisme sont tribu-
taires du monde vivant. L?enjeu de l?accès à des
ressources naturelles et à des matières premiè-
res constitue souvent la face la plus visible des
liens de dépendance des activités humaines à la
biodiversité (ex: la nécessité pour une entreprise
de cosmétologie d?avoir accès à une espèce vé-
gétale dont elle a besoin pour la fabrication de
ses produits). La prise en compte des services
rendus par les écosystèmes indique que cette
dépendance est en réalité plus complexe et par-
fois mésestimée (ex: une collectivité qui bénéficie
d?une protection contre les inondations grâce aux
services de régulation que lui offre une zone hu-
mide avoisinante).
Les six questions suivantes devraient vous per-
mettre d?entrer dans un processus d?auto-éva-
luation des liens d?impacts et de dépendance de
votre organisme à la biodiversité. En tentant d?y
apporter des éléments de réponses, vous com-
mencerez peut-être à identifier quelques enjeux
pour votre organisme.
QueSTioN 1.
Vos activités ont-elles une incidence né-
gative sur la biodiversité ? si oui, comment
pensez-vous que les activités de votre orga-
nisme participent aux grandes pressions sur
la biodiversité (destruction et dégradation
des habitats naturels, surexploitation des res-
sources, pollutions, espèces envahissantes,
changement climatique) ? des actions sont-
elles engagées pour corriger ces impacts ?
QueSTioN 2.
en considérant une sphère plus large des
responsabilités, votre organisme a-t-il un im-
pact indirect négatif sur la biodiversité, notam-
ment via ses relations avec d?autres acteurs
(fournisseurs, partenaires, clients, etc.) ?
37
EBE Vie est un outil Internet simple et
pratique conçu par le ministère de l?Eco-
logie pour permettre aux entreprises,
quelle que soit leur taille, de mesurer les
impacts positifs ou négatifs de leurs ac-
tivités sur la biodiversité, leurs liens de
dépendance avec les services rendus
par les écosystèmes ainsi que les ris-
ques et opportunités qui en découlent.
L?atout de cet outil est qu?il permet d?éta-
blir pour chaque fonction de votre orga-
nisme (finances, ressources humaines,
marketing, etc.) le niveau de sensibilité/
vulnérabilité à la biodiversité ainsi que
le niveau d?impact. Tourné vers la pra-
tique, cet outil vous propose quelques
pistes pour construire un programme
d?actions.
L?Evaluation des services rendus par
les écosystèmes aux entreprises (ESR)
est un outil qui permet aux entreprises
de comprendre et de mettre en éviden-
ce les interactions entre l?évolution des
écosystèmes qui les entourent et la réa-
lisation de leurs objectifs économiques.
L?ESR est donc un outil au service de
la stratégie d?entreprise, qui complète
Quelques outils pour vous permettre d?aller plus loin dans
la définition de vos liens d?interdépendance
à la biodiversité
QueSTioN 3.
Votre activité a-t-elle un impact positif di-
rect ou indirect sur la biodiversité (par exem-
ple en incitant d?autres acteurs à agir) ? si oui,
dans quelle mesure peut-elle renforcer cet im-
pact positif ?
QueSTioN 4.
La viabilité des activités de votre organis-
me dépend-elle du vivant, de sa richesse et de
son fonctionnement ? Quelles activités sont
concernées et dans quelle mesure ?
utilement les systèmes de management
environnementaux existants.
L?Indicateur d?Interdépendance de l?En-
treprise à la Biodiversité (IIEB) a été dé-
veloppé par un groupe de travail Orée
- Institut français de la biodiversité (IFB,
structure désormais intégrée dans la
Fondation pour la biodiversité) regrou-
pant des entreprises, des collectivités
et des représentants des milieux as-
sociatifs, scientifiques et universitaires.
De manière simple et adaptable à tous
types d?organisations, il s?agit d?appré-
hender les interactions de l?activité avec
la biodiversité et les enjeux stratégiques
qui en découlent. L?outil est présenté
dans le guide Intégrer la biodiversité
dans la stratégie des entreprises, il est
illustré par 24 retours d?expérience d?en-
treprises et de collectivités.
QueSTioN 5.
L?accès à des ressources naturelles est-
il clé pour vos activités ? La dégradation des
services écosystémiques, ou leur maintien en
bonne santé, peuvent-ils avoir une incidence
sur vos activités ?
QueSTioN 6.
avez-vous été confrontés à des questionne-
ments de vos clients, fournisseurs, adminis-
trés ou d?associations sur votre activité et ses
rapports à l?environnement ?
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Evaluez-l-interdependance-de-votre.html
http://pdf.wri.org/corporate_ecosystem_services_review_fr.pdf
http://pdf.wri.org/corporate_ecosystem_services_review_fr.pdf
http://www.oree.org/indicateur-iieb.html
http://www.oree.org/indicateur-iieb.html
http://www.oree.org/guide-biodiversite-entreprises.html
http://www.oree.org/guide-biodiversite-entreprises.html
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202038
orieNTaTioN STraTégiQue a :
susciter l?envie d?agir pour la biodiversité
Comment notre organisme peut-il rendre
d?autres acteurs plus convaincus et impliqués
dans la préservation de la biodiversité ?
orieNTaTioN STraTégiQue B :
préserver le vivant et sa capacité à évo-
luer
Comment notre organisme peut-il amélio-
rer l?état de la biodiversité et lui permettre d?évo-
luer : espèces, habitats, nature, services rendus
par les écosystèmes pour l?homme ?
orieNTaTioN STraTégiQue C :
investir dans un bien commun, le capital
écologique
Comment notre organisme peut-il partici-
per à une recapitalisation écologique du
territoire ?
Questionner ses activités à l?aune des
différents défis posés par la SNB
orieNTaTioN STraTégiQue d :
assurer un usage durable et équitable de
la biodiversité
Comment notre organisme peut-il s?as-
surer davantage que ses pressions ou prélève-
ments sur la biodiversité permettent un accès
durable aux ressources ?
orieNTaTioN STraTégiQue e :
assurer la cohérence des politiques et
l?efficacité des actions
Comment notre organisme peut-il amé-
liorer l?efficacité de sa politique ou de sa stratégie
(en cohérence avec ce qui a été fait jusqu?alors par
notre propre organisme mais aussi par d?autres
acteurs) pour mieux protéger la biodiversité ?
orieNTaTioN STraTégiQue F:
développer, partager et valoriser les
connaissances
Comment notre organisme peut-il parti-
ciper, par la recherche, l?expertise, la formation,
l?information à ce que la société prenne conscien-
ce des liens qui la relient au vivant ?
Parce que la SNB constitue un cadre d?actions
partagé par l?ensemble des acteurs de la société,
une façon utile et pragmatique de réaliser ou de
compléter son état des lieux en matière de bio-
diversité peut consister à réfléchir à mettre ses
activités au défi des 6 orientations stratégiques
de la SNB.
Cette façon de construire un état des lieux vise
à identifier dans quelle mesure vos activités peu-
vent contribuer à la réalisation des défis de la
SNB. En tentant de répondre à une ou plusieurs
des 6 grandes questions posées par les orienta-
tions de la SNB, tout organisme, quels que soient
son domaine d?activité, sa taille, ses compéten-
ces, peut identifier de manière pragmatique quel-
ques enjeux clés qui la concernent.
39
hiérarchisez vos enjeux
Le travail de questionnement de vos
activités au regard des enjeux de préservation
et de valorisation de la biodiversité a peut-être
conduit votre organisme à identifier une somme
importante de leviers d?action. Cela est potentiel-
lement vrai pour les organismes de grande taille.
Or, s?engager sur tous les domaines à la fois peut
s?avérer complexe. Il convient ainsi de hiérarchi-
ser vos enjeux.
La façon dont vous définissez le degré de priorité
accordé à chacun de vos enjeux appartient à vo-
tre organisme. Il est cependant recommandé aux
organismes de faire ce choix en prenant en consi-
dération la combinaison de trois grands critères :
les effets escomptés sur la biodiversité, la faisa-
bilité, la minimisation des risques et l?optimisation
des opportunités.
Valoriser les enjeux qui pourront avoir
les meilleurs effets sur la conservation et la
valorisation de la biodiversité.
En toute logique, il s?agit d?accorder la priorité aux
enjeux qui peuvent se prêter aux actions les plus
efficaces pour préserver la biodiversité. Si elle
coule de source, cette question peut être délicate
à trancher pour les organismes dont les activités
ont des liens multiples avec la biodiversité. Pri-
vilégier tel ou tel type d?action implique donc un
parti pris que votre organisme doit être en mesure
de justifier, notamment en se raccrochant aux ré-
sultats de son état des lieux « biodiversité ».
Valoriser les enjeux qui pourront se prê-
ter à la mise en oeuvre effective d?actions
Parmi la totalité de ses enjeux, votre organisme
identifiera sûrement ceux susceptibles de se prê-
ter plus facilement à une déclinaison en actions.
D?autres enjeux vous paraîtront en revanche bé-
néficier d?une marge de manoeuvre plus faible.
Sans renoncer à un certain degré d?ambition,
votre organisme doit donner la priorité aux en-
jeux les plus aptes à être transformés en actions
concrètes et dotés d?une forte probabilité de réus-
site.
Valoriser les enjeux qui vous permettront
de tirer avantage de votre engagement en
faveur de la biodiversité.
À chaque enjeu peut être rattachée une somme
de risques et d?opportunités. Les risques sont tou-
tes les complications auxquelles s?expose votre
organisme s?il n?agit pas davantage en faveur de
la biodiversité. Les opportunités sont au contraire
toutes les occasions d?action qui permettent d?en-
visager la valorisation, la protection et la restau-
ration de la biodiversité comme un atout de dé-
veloppement pour votre organisme. Les enjeux
auxquels votre organisme peut donner la priorité
sont ceux qui permettent au mieux de minimiser
les risques et d?optimiser les opportunités.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202040
Les risques et opportunités liés à la
disponibilité des ressources et des
services écosystémiques.
Pour tous les acteurs économiques, la
maîtrise des coûts de processus de pro-
duction est conditionnée par la disponibi-
lité et les coûts des matières premières.
Réduire la consommation des ressources
et gérer de manière écologique les espa-
ces qui les fournissent peut s?avérer avan-
tageux.
Pour les collectivités, la dégradation des
milieux naturels peut impliquer des dé-
penses coûteuses. C?est notamment le
cas pour les politiques de l?eau. A contra-
rio, miser sur les services rendus par les
écosystèmes tels que l?épuration naturelle
de l?eau peut s?avérer une solution per-
mettant des économies substantielles et
une gestion durable de la ressource sur
le long terme.
Les risques et opportunités réglemen-
taires et financiers.
La mise en place progressive d?amendes,
droits d?usage, d?autorisations d?exploi-
ter, constituent un risque pour les orga-
nismes qui ne se décident pas à monter
risques et opportunités en matière de biodiversité :
quelques exemples
en puissance sur la thématique biodiver-
sité. L?anticipation de la réglementation
vous permet au contraire d?avoir un train
d?avance. Agir en faveur de la biodiversité
peut également vous permettre d?accéder
à des sources de financement nouvelles
(accès à certains crédits bancaires, sub-
ventions publiques, etc.)
Les risques d?image et de réputation.
Pour les acteurs privés, l?absence de prise
en compte de la biodiversité peut fermer
la porte de certains marchés émergents
et peser de manière négative sur les liens
avec les clients de plus en plus sensibili-
sés aux enjeux écologiques. A contrario,
les initiatives prises en faveur de la biodi-
versité montrent les valeurs et l?engage-
ment citoyen de votre organisme.
Pour les collectivités, mener une politique
en faveur de la biodiversité, ou au contrai-
re la laisser se dégrader, a une incidence
directe sur la perception de la qualité de
leur cadre de vie par vos administrés.
41
Dresser un diagnostic agro-écologique et redéfinir son
modèle d?exploitation : M.Guillemaut, agriculteur-éleveur
et la démarche vivaTerr.
conduit à réduire de plus de moitié l?utilisation d?in-
trants (produits phytopharmaceutiques, engrais,
?), sans pour autant avoir diminué son niveau de
production. Ses revenus ont rapidement augmen-
té. La deuxième étape, initiée l?année dernière et
en cours de développement, consiste à optimiser
la production de services écosystémiques, afin de
travailler vraiment au sein des écosystèmes, avec
la biodiversité.
Selon cet agriculteur engagé « Mon
entreprise est un élément indispensable aux
fonctionnalités écologiques du territoire, et ma
responsabilité n?est pas seulement agricole. L?in-
térêt du diagnostic réalisé a été de partir de l?ex-
ploitation dans son ensemble, et de s?interroger
conjointement sur les dimensions économiques,
agronomiques, écologiques et sociales. Chaque
réflexion au sujet de la biodiversité et de l?agricul-
ture gagnerait à prendre en compte ces quatre di-
mensions. La démarche que j?ai suivie m?a permis
d?analyser l?ensemble des interrelations avec le
milieu vivant dont je suis intimement dépendant.
Le travail en groupe, avec d?autres agriculteurs
convaincus que l?avenir de l?agriculture passera
par l?écologie, est aussi un élément déterminant.
Nous avons une communauté de destin et une
communauté d?intérêt avec l?ensemble des espè-
ces vivantes d?un territoire, humaine et non-hu-
maine. Humanité et biodiversité ne peuvent être
séparées, et l?agriculture est le meilleur signe de
cette synthèse. Je suis convaincu que nous pou-
vons montrer la voie. »
Monsieur Guillemaut est agriculteur-éle-
veur en Bretagne sur une surface de 78 ha. Il
a longtemps pratiqué une agriculture classique,
considérant que son métier consistait à produire
des biens alimentaires exclusivement. Cepen-
dant, il a progressivement pris conscience de la
dimension beaucoup plus globale et systémique
de son activité, qui pouvait avoir des impacts
? positifs ou négatifs ? sur l?ensemble du territoi-
re. Il a donc commencé à réfléchir sur son modèle
d?exploitation.
Pour mener à bien son diagnostic, il a sol-
licité les conseils d?une entreprise indépendante
spécialisée en agri-écologie qui lui a proposé de
suivre le programme ViVaTerr ® pour « Vies, Va-
leurs, et Territoires ». Le diagnostic compris dans
ce programme a été réalisé par un binôme ingé-
nieur agronome-ingénieur écologue en trois axes
: une étude agricole (analyse des pratiques et des
démarches de l?exploitation, intrants), une étude
écologique (analyse spatiale et fonctionnelle, re-
pérage des trames vertes et bleues, etc.), et une
étude socio-économique (fondée sur l?évaluation
et la valorisation des services écologiques). Cette
démarche permet ainsi d?évaluer les enjeux en
termes de préservation de la biodiversité, tout en
gardant en objectif les performances économi-
ques et sociales de l?agriculteur.
Ce travail lui a permis d?analyser le fonc-
tionnement de son activité, intégré dans une ma-
trice plus globale qu?est le territoire. Les premiè-
res actions initiées sur l?axe agronomique l?ont
retour
d?expérience
Contact: pat@dervenn.com
Opération diagnostic dans une exploitation agricole.
42
La Ville de Blanquefort en Gironde (14
500 habitants) a sollicité le Conseil Architecture
Urbanisme et Environnement (CAUE) de la Gi-
ronde afin d?élaborer ensemble un cadre « nature
et paysage » pour la stratégie municipale de dé-
veloppement territorial. Ce travail partenarial a
permis d?identifier les continuités écologiques et
paysagères (trames vertes et bleues à l?échelle
des grands paysages comme à celle des espa-
ces de proximité) à préserver, le maillage à éta-
blir entre elles notamment en milieu urbain, les
menaces et opportunités les concernant ainsi que
des actions à mener, tant en matière de planifica-
tion que de projets opérationnels.
Affirmer la place primordiale de la nature
et du paysage dans le projet territorial d?une com-
mune nécessite, au préalable, de les connaître. A
partir d?un travail de terrain et d?une vue aérienne
de la commune, l?ingénieur écologue et le paysa-
giste-urbaniste du CAUE ont repéré, avec les élus
et les services municipaux, 7 grandes continuités
naturelles et paysagères (le fleuve, les jalles, les
coteaux, les marais, etc.) ainsi que des continui-
tés à l?intérieur du tissu urbain, pour donner une
limite à long terme à la nappe urbaine.
Une fois ces trames vertes et bleues re-
portées sur une carte, les discussions ont permis
d?identifier des discontinuités actuelles ou à venir
(en fonction des projets envisagés) qui altèrent la
trame et/ou la lisibilité paysagère (zones urbaines,
zones d?agriculture intensive, routes, ouvrages
hydrauliques autorisés ou non, etc.). Il s?agissait
non pas de sanctuariser systématiquement ces
espaces, mais de leur donner un usage, d?encou-
rager une démarche de projet. La dernière partie
de cette étude partenariale a consisté à détermi-
ner des actions de préservation, de restauration
et de gestion des continuités biologiques et des
structures paysagères en les inscrivant dans une
véritable logique de projet de territoire : mobili-
sation des outils réglementaires et contractuels
adaptés (zonages au PLU en cours de révision,
outils de maîtrise foncière tels les PPEANP, etc.)
et mise en oeuvre de projets structurants (plan de
gestion des espaces naturels, reconquête des
sections artificialisées, sentiers de randonnée,
référentiel paysager, etc.).
Fonder le projet de territoire sur la nature et le paysage : le diagnostic
territorial de la ville de Blanquefort.
retour
d?expérience
Vue aérienne de Blanquefort , au premier plan la ferme
urbaine Ornon.
43
retour
d?expérience
Sortie nature dans les marais de Blanquefort .
Le travail partenarial mené avec les ex-
perts du CAUE a permis d?élaborer une stratégie
territoriale, formalisée dans un document large-
ment diffusé, tant en interne à la Mairie qu?auprès
des partenaires de la commune en matière
d?aménagement du territoire (Agence d?urbanis-
me, Communauté urbaine de Bordeaux, équipes
d?aménagement du centre-ville, etc.), d?ailleurs
associés tout au long de l?étude à travers le comi-
té de pilotage. Mais il a aussi permis une véritable
acculturation des élus et services municipaux aux
thématiques de la nature et du paysage, grâce
au choix d?une démarche partenariale plutôt que
d?une logique d?étude par des experts extérieurs.
As
so
ci
at
io
n
M
ed
ul
i N
at
ur
e
Contact: virginie.lannes@ville-blanquefort.fr
44
etablir une vision du territoire avec les acteurs lo-
caux : l?état des lieux de la région auvergne
proche « espèces », 8 groupes de travail ont
été créés (1.flore, 2. champignons et lichens,
3.avifaune, 4.insectes et autres invertébrés,
5.Faune aquatique, 6. Mammifères hors chirop-
tères, 7.Chiroptères, 8.amphibiens et reptiles, 9.
Espèces domestiques et cultivées) et 5 autres
pour l?approche « milieux » (1.forêt, 2.lacs, ma-
rais, tourbières, 3. cours d?eau, 4. milieux ouverts
(cultures, prairies, landes, rochers), 5.milieux ur-
bains). Pour chaque groupe de travail, un pilote
choisi parmi le tissu associatif ou les établisse-
ments publics a été choisi pour réaliser l?état des
lieux. En plus de ces 14 groupes de travail, des
réunions transversales ont été tenues pour per-
mettre l?échange entre les différents pilotes et va-
lider les méthodes utilisées.
Cette organisation a demandé un tra-
vail important d?animation et de coordination à la
Région Auvergne, travail dont elle aurait pu être
allégée en confiant la totalité du diagnostic à un
bureau d?étude. Mais la concertation a relevé d?un
choix assumé : celui de s?appuyer sur les com-
pétences des partenaires associatifs ou publics
et de créer une vision partagée du territoire entre
les acteurs. La démarche a d?ailleurs été payante
puisque des synergies nouvelles ont été créées
entre les différents partenaires : alors que cer-
taines associations avaient tendance à travailler
de façon isolée, de nouvelles coopérations ont
émergé et dynamisent aujourd?hui le territoire.
L?état des lieux à finalement permis à la Région
Auvergne d?adopter sa Stratégie régionale pour la
biodiversité en 2010 avec une meilleure connais-
sance de l?état de conservation, des menaces et
des tendances liés à la biodiversité.
Depuis le Grenelle de l?Environnement,
le territoire régional est devenue l?échelle de ré-
férence pour la détermination de mesures adap-
tées au territoire. De nouvelles compétences
comme la gestion des réserves naturelles régio-
nales ont été reconnues aux Régions. C?est dans
ce contexte que le Conseil régional d?Auvergne a
décidé en 2009 de lancer son état des lieux biodi-
versité, un projet qu?il a co-porté avec la Direction
régionale de l?Environnement, de l?Aménagement
et du Logement (DREAL).
L?état des lieux s?est développé autour
d?une triple approche : les espèces, les milieux,
les paysages. L?objectif était pour chacun de
ces trois objets de mieux connaître la situation
et d?évaluer les enjeux en termes de protection.
La partie « paysage » a été confiée à un bureau
d?étude qui a identifié 9 régions naturelles selon
des caractéristiques de relief, de climat, de vé-
gétation et de géologie. Chacune de ces régions
naturelles constitue une entité hybride qui mixe
les contours « naturels » et les contours adminis-
tratifs (frontières des Pays ou des Parcs naturels
régionaux). Les 9 régions naturelles définissent
ainsi un nouveau découpage territorial, à la fois
pratique et opérationnel pour les collectivités et
permettant une meilleure compréhension des en-
jeux de biodiversité.
Pour les approches « espèces » et « mi-
lieux » de son état des lieux, le Conseil Régio-
nal a préféré s?appuyer sur les compétences de
ses partenaires plutôt que sur un bureau d?étude.
Cet aspect très largement concerté donne au
projet son originalité. Pour les besoins de l?ap-
retour
d?expérience
Contact: f.semiond@cr-auvergne.fr
45
définir la stratégie d?action
de son organisme
Un programme d?actions constitue le
coeur d?un projet d?engagement à la SNB : il ex-
prime ce que votre organisme s?engage à réaliser
pour la protection et la valorisation de la biodiver-
sité dans le cadre de ses activités.
Construisez un programme d?actions
La définition d?une démarche intégrée
et transversale au profit de la biodiversité :
cette option s?adresse davantage à des grands
organismes, des organismes particulièrement
dépendants de la biodiversité dans leurs activi-
tés ou à des organismes déjà engagés en faveur
de la biodiversité. Moins que dans la réalisation
d?un programme, l?enjeu réside dans l?évolution
en profondeur d?un organisme dans son mode
d?organisation et dans le déploiement de ses ac-
tivités.
Ces deux « options » ne sont bien sûr en aucun
cas exclusives l?une de l?autre et tout organisme
est invité à mener de front ce double effort. Dans
les faits cependant, certains acteurs peuvent être
plus à l?aise en s?engageant d?abord autour d?un
programme d?actions pragmatique qui conduira
par suite l?organisme à développer une vision in-
tégrée et transversale. Pour d?autres, notamment
les acteurs déjà engagés en faveur de la biodi-
versité, le programme d?actions sera au contraire
pensé comme la déclinaison d?une démarche
globale pensée en amont.
Tout projet d?engagement gagne à s?ap-
puyer sur la définition d?une stratégie d?action.
Cette dernière ne doit pas être envisagée, notam-
ment par les petits organismes, comme quelque
chose d?effrayant ou de décourageant car trop dif-
ficile à établir. Définir sa stratégie d?action, c?est
simplement se donner quelques grandes orien-
tations et inscrire sa volonté d?agir dans un cadre
cohérent. Les quelques conseils qui suivent vous
permettront de la définir assez facilement.
Suivant la taille, les moyens ou le degré de com-
pétence de votre organisme sur la biodiversité,
deux « options » vous permettent de définir la
stratégie d?action de votre projet :
La construction d?un programme d?ac-
tions: cette option « opérationnelle » s?adresse
à tous et notamment aux petits organismes ou
à ceux qui s?engagent pour la première fois en
faveur de la biodiversité. Elle vise à l?atteinte de
quelques objectifs par la réalisation de plusieurs
actions concrètes planifiées dans le temps.
La construction de votre programme d?actions
peut se faire en trois étapes :
- Définir les grands objectifs du projet.
- Décomposer les grands objectifs en
sous-objectifs et en actions.
- Planifier la mise en oeuvre.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202046
Déterminer le ou les grands objectifs de son pro-
jet, c?est donner à ces enjeux une réponse posi-
tive qui projette votre organisme dans une dyna-
mique visant à le rendre plus performant vis-à-vis
des questions de protection et de valorisation de
la biodiversité et plus à même de tirer avantage
des risques et opportunités liés à ces mêmes en-
jeux.
Pour vous aider dans cet exercice de traduction
de vos enjeux en grands objectifs, vous pouvez
vous rapporter à la liste des 20 objectifs de la SNB
(Cf. liste page suivante). Leurs intitulés présen-
tent une réponse aux principaux enjeux auxquels
peuvent être confrontés les différents acteurs de
la société en matière de biodiversité.
Définir les grands objectifs du projet
Les objectifs d?un projet expriment ce qu?un or-
ganisme veut faire. C?est autour de leur définition
que la stratégie d?action d?un organisme prend
forme concrètement. Il existe plusieurs niveaux
d?objectifs. La gestion de projet classique distin-
gue en général les grands objectifs (souvent ap-
pelés objectifs « stratégiques ») et des sous-ob-
jectifs (souvent appelés objectifs « intermédiaires
» et « opérationnels »).
Pour construire un projet, il est souvent conseillé
de s?intéresser d?abord à la définition des grands
objectifs car ces derniers donnent les orienta-
tions de fond. En pratique, les sous-objectifs sont
parfois identifiés en premier car ils sont davan-
tage tournés vers l?action et les problématiques
de terrain. Toutefois, repérer les grands objectifs
d?un projet est une étape importante qui confère
à votre projet cohérence et stabilité. En effet, si
les objectifs intermédiaires ou opérationnels sont
amenés à évoluer au cours de la mise en oeuvre
de votre initiative, les grands objectifs demeurent
des orientations pérennes.
Pour définir vos grands objectifs, il s?agit de vous
appuyer sur les conclusions de votre état des
lieux « biodiversité ». Ce dernier a normalement
conduit votre organisme à établir une liste hiérar-
chisée des enjeux de préservation et de valorisa-
tion qui se posent dans le cadre de vos activités
biodiversité. Corollairement à ces enjeux, votre
organisme a également pu identifier les risques
auxquels il s?expose en continuant à ne pas agir
en faveur de la biodiversité et les opportunités
que lui offre une action en faveur de la biodiver-
sité.
47
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202048
« Planter des arbres », « installer des ruches », ces actions sont très utiles pour
verdir les villes ou sauver les abeilles, toutefois ces actions peuvent parfois être mal
adaptées à la situation. A titre d?exemple, installer une ruche et favoriser l?installation
d?abeilles peut perturber les autres pollinisateurs sauvages. Dans le même esprit,
boiser un espace peut provoquer la disparition d?espèces peu communes et inféo-
dées à des milieux plus ouverts. Gardez en tête que les actions que vous propo-
sez doivent être cohérentes au regard de vos objectifs et adaptées au contexte. Le
meilleur moyen d?éviter ces pièges est de se faire conseiller par des acteurs reconnus
(associations, bureaux d?études, chercheurs). Le recours à une aide extérieure est
particulièrement important pour les actions de grande envergure ou impliquant une
modification directe de l?écosystème via des travaux de génie écologique ou la mise
en place d?aménagements pour l?accueil de la biodiversité.
Méfiez-vous des solutions clés en main et des
actions qui constituent de fausses bonnes idées !O
Pour eN Savoir +
pour en savoir plus, consul-
tez l?article Faut-il favoriser
l?Abeille domestique Apis
mellifera en ville et dans les
écosystèmes naturels ? pu-
blié dans la revue Le héron.
une contribution qui ques-
tionne la pertinence de l?ins-
tallation de ruchers sans
diagnostic préalable pour
préserver la biodiversité.
décomposez les grands objectifs en
sous-objectifs? et les sous-objectifs
en actions !
Pour chacun des grands objectifs de votre projet,
un ou plusieurs sous-objectifs doivent être déter-
minés. Pour les définir il faut tenter de répondre
à une question simple : « quelles sont les étapes
qui peuvent engager notre organisme dans la
réalisation de ces grands objectifs ? »
Dans cette optique, les sous-objectifs sont com-
me les différents chantiers à mener qui, addition-
nés, tendent à répondre aux grands objectifs. En
s?appuyant sur son état des lieux et en faisant
preuve de créativité, ce travail de décomposition
des grands objectifs en sous-objectifs peut se
faire relativement facilement.
Les sous-objectifs doivent ensuite être déclinés
en une ou plusieurs actions. Les actions peu-
vent être d?envergure très diverses. Il importe
cependant qu?elles soient pertinentes au regard
du sous-objectif auquel elles se rapportent. Pour
dresser la liste des actions de votre projet, il est
utile de se renseigner sur les bonnes pratiques
menées par d?autres acteurs dans votre secteur
d?activité. Pour vous inspirer, vous pouvez égale-
ment vous reporter à la boîte à idées du présent
Guide.
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
49
attention à ne pas trans-
former votre feuille de
route en oeillères !
Dresser une feuille de route est sou-
vent rassurant car elle donne l?im-
pression d?une action bien maîtrisée.
Cependant, n?oubliez pas que vous
apprendrez toujours en marchant et
que vos sous-objectifs et, de manière
plus générale, la façon dont vous vou-
lez mettre en oeuvre vos actions vont
évoluer. Il s?agit de rester ouvert à ces
changements qui, loin de remettre en
cause votre projet, peuvent au contrai-
re l?enrichir.
Planifier l?action
Pour donner de la lisibilité à un projet, il peut être
utile d?en dresser la feuille de route. Pensée en re-
gard de la manière dont votre organisme souhaite
s?organiser pour assurer la mise en oeuvre de son
projet (Cf. Repère 4) cette feuille de route hiérar-
chise grands objectifs, sous-objectifs et actions
prévues. La feuille de route de votre projet doit
apporter des éléments de planification pour cha-
cune de vos actions : but à atteindre, éléments de
calendrier, acteurs impliqués, évaluation prévue,
moyens et ressources alloués...
L?entreprise X est une entreprise fictive créée
uniquement pour illustrer comment un organisme
peut assez simplement construire un programme
d?actions qui soit utile à la biodiversité.
L?entreprise X est située en Dordogne. Elle pos-
sède et gère deux campings. Elle emploie une
cinquantaine de salariés. Le travail d?état des
lieux préalable qu?elle a mené en se documentant
autour de quelques références sur la biodiversité
et, en se rapprochant d?une association locale
de protection de la nature (l?association Y), lui a
permis de comprendre que son activité avait des
impacts non négligeables en matière de biodiver-
sité (consommation d?espace, gestion d?espaces
verts, émission de pollutions) et que la pérennité
de son activité dépendait aussi de la biodiversité
(les campeurs sont attachés à la qualité du pay-
sage et à la nature qui environne le camping). Sur
la base de ces quelques conclusions, l?entreprise
O
cas pratiQue :
l?entreprise X et la définition de sa feuille de route
cas pratiQue :
X a décidé de se fixer deux grands objectifs en
se rapportant aux objectifs de la stratégie natio-
nale pour la biodiversité qu?elle a précisés pour
les rendre plus adaptés à son cas :
Maîtriser les pressions sur la biodiversité
en réduisant nos impacts via une gestion écolo-
gique de nos espaces verts et le contrôle de nos
pollutions lumineuses.
Faire émerger, enrichir et partager une
culture de la nature, notamment en sensibilisant
notre clientèle aux enjeux de la biodiversité et à
la beauté de la nature.
A partir de ces quelques conclusions l?entreprise
X a dressé la feuille de route suivante :
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202050
51
Au-delà de la construction d?un program-
me d?actions dédié, votre projet d?engagement
volontaire pour la SNB peut conduire votre orga-
nisme à adopter une démarche qui vise à intégrer
la biodiversité de manière transversale dans l?en-
semble de ses politiques ou activités sectorielles
ainsi que dans son modèle d?organisation. Cela
vaut essentiellement pour des organismes dont
les liens d?interdépendance à la biodiversité sont
multiples et forts comme les grandes entreprises
ou les collectivités.
Définissez une démarche intégrée et transversale
au profit de la biodiversité
agendas 21 locaux et biodiversité
Outil majeur pour le développement durable
des territoires, les Agendas 21 locaux consti-
tuent un engagement fort des collectivités.
Le cadre de référence national des Agendas
reconnaît parmi ses 5 finalités essentielles «
la préservation de la biodiversité, protection
des milieux et des ressources ». À ce titre, le
projet d?engagement SNB d?une collectivité
peut tout à fait consister dans l?approfondis-
sement des dispositions prises en matière
de biodiversité dans son Agenda 21.
entreprises et démarche de développe-
ment durable certifié
- Les normes ISO de l?Agence française
de normalisation (AFNOR) attestent de la
mise en oeuvre de démarche durable par
les entreprises. Si la prise en compte des
enjeux de la biodiversité n?est pas à ce jour
un pré-requis obligatoire dans l?obtention de
ces certifications, les entreprises sont inci-
tées à l?intégrer de manière volontaire dans
leur démarche. Parmi les normes existantes,
c?est aujourd?hui la norme ISO 26 000 sur
la responsabilité sociétale des entreprises et
la norme environnement ISO 14001 sur la
mise en oeuvre d?un Système de manage-
ment environnemental (SME) qui permettent
d?intégrer au mieux les questions spécifiques
à la biodiversité.
- L?Agence de l?environnement et de la
maîtrise de l?énergie (ADEME) a également
élaboré la méthode DIESE (Démarche in-
tégrée environnement sécurité entreprise)
pour réaliser un état des lieux ou mettre en
place un système de management dans les
domaines environnement, santé ou sécurité
au travail qui prend en compte les enjeux de
la biodiversité.
L?intégration de l?enjeu biodiversité, par-delà
l?adoption d?un seul programme d?actions, est
susceptible de conférer une valeur ajoutée certai-
ne à votre projet dans la mesure où elle autorise
l?adoption de vrais projets d?entreprise et de pro-
jets de développement territorial pensés autour
de la biodiversité.
Pour s?engager dans ce sens, il s?agit de faire
vivre les objectifs stratégiques définis au cours
de votre état des lieux dans les différents servi-
ces de votre organisme. Cela implique un travail
important en termes de dialogue et d?accompa-
gnement entre l?équipe en charge de la définition
de vos grandes orientations et les services. Dans
le concret, ce travail d?échanges en interne doit
aboutir à l?adoption, service par service, d?ob-
jectifs intermédiaires qui traduisent les objectifs
généraux de votre organisme dans la réalité des
missions de chaque service.
Un bon moyen pour les collectivités et entrepri-
ses de tendre vers cet objectif d?intégration de la
biodiversité est de renforcer la place faite aux
enjeux de la biodiversité dans des dispositifs
transversaux tels les Agendas 21 locaux ou les
Systèmes de management environnemental.
Pour eN Savoir PluS Sur
leS ageNdaS 21 loCaux
rendez-vous sur le site internet du mi-
nistère de l?écologie.
http://www.afnor.org/
http://www.afnor.org/profils/centre-d-interet/environnement
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?sort=-1&cid=96&m=3&id=61653&ref=&nocache=yes&p1=111
http://www.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.developpement-durable.gouv.fr/
52
adopter une démarche intégrée et transversale en incluant
les enjeux de la biodiversité dès la phase de conception
d?un produit ? egis eau et l?éco-cavalier.
Le produit final participe au maintien de la biodi-
versité et au bon fonctionnement des écosystè-
mes en remplissant certaines fonctions écologi-
ques essentielles (nurserie, continuité, etc.), tout
en assurant la stabilité de la canalisation sur le
fond.
Le processus d?éco-conception présenté
ici illustre les possibilités d?actions synergiques
entre équipes de compétences différentes pour
agir en faveur de la biodiversité. Si cette réalisa-
tion témoigne de la possibilité technique d?une
telle action, y compris dans le cadre d?un projet
d?infrastructure lourde, il est nécessaire d?insister
sur l?importance d?un rapprochement des équipes
et de la confrontation des différents enjeux dès le
démarrage du projet. Trop souvent, les réflexions
environnementales interviennent à un stade où
l?état d?avancement du projet ne permet plus que
des adaptations « à la marge ». L?éco-conception
écologique d?un projet dès sa base au travers
d?une démarche transversale et intégrée est ainsi
la clé d?une véritable action en faveur de la biodi-
versité.
Traversant le lagon de Mayotte, aire
marine protégée, le projet de doublement de
la conduite d?alimentation en eau potable entre
Grande Terre et Petite Terre a été conçu pour
minimiser l?impact sur l?écosystème corallien et
assurer une non-perte globale de biodiversité. En
premier lieu, un tracé de moindre impact a été
défini sur la base de la sensibilité des différents
habitats marins. En second lieu, le projet a expé-
rimenté une innovation particulière en faveur de
la biodiversité : l?éco-cavalier. Dépassant l?unique
fonction de lestage de conduite sous-marine as-
sociée aux cavaliers traditionnels, les éco-cava-
liers sont conçus de sorte à créer de nouveaux
habitats marins artificiels, ciblant l?accueil d?espè-
ces marines locales.
Le processus d?éco-conception de
l?ouvrage a ainsi structuré la démarche environ-
nementale du projet, selon 4 étapes : la définition
des habitats et de leur sensibilité, la caractérisa-
tion de leurs fonctions écologiques principales, la
détermination des éléments de mimétisme pour
« reproduire » certains habitats dans l?ouvrage et
enfin, la conception de ce dernier en conciliant
objectifs écologiques et faisabilité technico-éco-
nomique.
Dans le cadre de cette dernière étape,
le rapprochement d?équipes d?écologues et d?in-
génieurs en génie civil maritime a permis de
confronter deux visions complémentaires du pro-
jet afin d?aboutir à la proposition d?un ouvrage
fonctionnel et intégré. Six modèles ont ainsi été
étudiés en fonction des potentialités écologiques
et techniques à promouvoir localement, et conçus
de sorte à optimiser les étapes de fabrication et
d?en maîtriser les coûts. Un total de 206 modules
de lestage a été fabriqué en série industrielle et
utilisé dans le cadre du projet.
retour
d?expérience
L?éco-cavalier.
Contact: martin.perrot@egis.fr
La Ville de Montpellier a élaboré son
référentiel en aménagement urbain dénommé
AURA (Améliorer l?Urbanisme par un Référentiel
d?Aménagement), composé d?une grille compre-
nant 30 indicateurs et d?objectifs chiffrés, afin
de construire des écoquartiers confortables et
agréables à vivre et de participer efficacement à
la réduction des consommations énergétiques,
des émissions de gaz à effet de serre, de pré-
server la ressource en eau et d?assurer le confort
d?été sans climatisation, sujets particulièrement
sensibles en climat méditerranéen. Ce référentiel
a été conçu de manière concertée et partagée
avec l?ensemble des partenaires de la Ville et a
pour principale ambition d?offrir à l?ensemble des
acteurs de l?urbanisme et de l?aménagement les
outils pour construire la ville durable de demain.
Dans cet outil d?aménagement, le thème de la
biodiversité est traité de manière à la fois explicite
mais aussi transversal.
Un indicateur spécifique «biodiversité»
permet en effet de traiter la thématique de ma-
nière très explicite. L?indicateur, abordé à travers
le nombre d?espèces par hectare, favorise le
développement de milieux floristiques riches via
le choix d?une palette variée de végétaux, cohé-
rente avec les écosystèmes environnants, le tout
associé à une stratégie de gestion différenciée
(sans intrants chimiques) des « délaissés » (pré-
servation de milieux végétaux spontanés parfois
jugés indésirables mais qui accueillent en général
une biodiversité supérieure).
Le thème de la biodiversité est également
présent de manière sous-jacente dans un ensem-
ble de 6 indicateurs ayant traits aux espaces verts
qui favorisent la présence de la nature en ville ou
à la gestion de le ressource en eau, qui loin d?être
une contrainte permet de contenir strictement la
palette végétale aux espèces adaptées au climat
méditerranéen et à ses spécificités de sol et de
pluviométrie. Cela est indispensable pour rester
cohérent avec les écosystèmes environnants et
participe ainsi au maintien de la biodiversité et
même à son accroissement.
Le référentiel AURA a permis de trans-
poser l?ensemble des exigences de la Ville et
de sa Direction Paysage et Biodiversité au sein
des opérations d?urbanisme publiques. Nombre
d?entre-elles se disposent aujourd?hui dans leur
périmètre d?un espace de nature d?envergure,
propice au développement de corridors écologi-
ques favorables à la biodiversité. Mais l?AURA
va plus loin puisqu?il intègre, à l?échelle de l?îlot,
ces mêmes contraintes aux promoteurs immobi-
liers dans leurs opérations de logements privées.
Cette transposition du savoir-faire municipal au
sein des parcs et jardins privés répond avant tout
à une logique de bon sens avec le recours aux
plantes vivaces indigènes ou adaptées au cli-
mat méditerranéen, à des modes d?intervention
permettant de préserver la flore spontanée, à la
création de jardins secs économes en eau ou en-
core à la demande de nature en ville exprimée
par les habitants.
intégrer la préservation de la biodiversité dans l?aménage-
ment des villes : la ville de montpellier et son référentiel
aura.
retour
d?expérience
Contact: yann.rabusson@ville-montpellier.fr
Cyclistes derrière les coquelicots du nouveau quartier.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202054
S?organiser pour assurer la mise
en oeuvre de son projet
développez une ingénierie de projet grâce à
des moyens adaptés
Pour éventuellement amortir l?effort financier de
votre organisme sur le projet, pensez à vous as-
socier à d?autres acteurs. Cela présente le grand
avantage de mettre en commun les moyens !
En raison de la remise en cause de cer-
tains pans des activités de l?organisme et
des investissements supplémentaires qu?il
requiert, le projet en faveur de la biodiver-
sité de votre organisme peut être perçu par
certaines personnes comme un surcoût.
Agir implique effectivement des dépen-
ses (financières mais aussi en termes de
temps), mais il s?agit de valoriser les re-
tours sur investissement, même si ceux-ci
s?inscrivent sur le long terme ou ne sont
pas forcément chiffrables immédiatement :
économie d?échelle sur le long terme, pé-
rennisation de l?activité, maintien des ser-
vices rendus par les écosystèmes, gain en
termes d?image, etc.
La biodiversité, un surcoût ?
Décider de moyens financiers
suffisants
Tout projet d?engagement doit prévoir
l?adoption des dispositions nécessaires pour
assurer la bonne mise en oeuvre des actions et
l?atteinte des objectifs. Cela nécessite de faire
reposer la volonté d?agir de votre structure sur
une ingénierie solide prévoyant la mobilisation de
moyens adaptés. L?élaboration d?un système de
suivi et d?évaluation constitue également un enjeu
clé pour orienter votre organisme vers la recher-
che de résultats et d?effets positifs sur la biodiver-
sité.
Qu?ils soient financiers ou humains, la
mise en oeuvre de votre projet d?engagement
nécessite des moyens. Dans une logique de fai-
sabilité de votre initiative, il s?agit de mettre en
cohérence les objectifs poursuivis avec les inves-
tissements prévus. Prévoir et définir l?allocation
des moyens est donc un moment stratégique
dans l?élaboration de votre projet dans la mesure
où cela définit en grande part le niveau d?ambition
de votre engagement.
En matière de préservation et de protection de
la biodiversité, il est possible de faire beaucoup
avec peu. Nombre de réalisations ambitieuses
peuvent être menées en faisant une économie
de moyens financiers. Il reste cependant capital
que votre projet s?appuie sur une allocation de
ressources financières suffisantes à son bon dé-
roulement. De là dépend une grande partie de la
crédibilité d?un projet.
O
55
organiser les ressources humaines
pour piloter le projet
Cette mission d?animation et de suivi requiert
qu?un ou plusieurs chefs de projets soient dési-
gnés. Des moyens humains, techniques ou finan-
ciers doivent être mis à disposition de votre chef
de projet pour qu?il puisse assurer sa mission
convenablement. Votre chef de projet doit aussi
bénéficier du support d?un référent en charge de
suivre son travail et de prendre des décisions né-
cessaires qui feront évoluer le projet au cours de
sa mise en oeuvre. Plus le référent de votre chef
de projet occupe une place clé dans la hiérarchie
de votre organisme, plus votre projet fera montre
de la qualité de son portage politique.
La réalisation des actions du projet.
Au-delà du chef de projet en charge de l?anima-
tion et du suivi, la mise en oeuvre de votre projet
peut être amenée à mobiliser un ensemble plus
ou moins important d?individus au sein de votre
organisme. Cela est notamment le cas pour des
projets qui reposent sur la modification de prati-
ques ou méthodes de travail dans certains ser-
vices. Les individus qui sont appelés à changer
la façon de faire leur métier doivent être identi-
fiés dès la construction du programme d?actions
en vue d?être informés, écoutés et formés en
amont.
L?évaluation des actions.
L?évaluation participe activement au pilotage de
votre projet car elle permet de le faire évoluer et
de l?améliorer en continu. A ce titre, des temps
forts de l?évaluation doivent être déterminés en
amont et l?ensemble des individus impliqués iden-
tifié. Les personnes impliquées dans l?évaluation
sont de deux types :
- Les participants à l?évaluation, par exemple les
individus en charge de la mise en oeuvre des ac-
tions auprès desquels il faudra s?entretenir pour
apprécier la mise en oeuvre du projet.
- Les responsables de l?évaluation en charge de
collecter et d?analyser les informations nécessai-
res à l?évaluation. Dans le cas de projets portés
par de petits organismes, l?évaluateur du projet
peut être le chef de projet. Dans d?autres cas,
l?évaluation sera assurée par d?autres individus,
éventuellement extérieurs à votre organisme (un
prestataire par exemple). Dans ce cas il s?agit de
bien articuler les relations entre le chef de projet
et les responsables de l?évaluation afin que votre
système d?évaluation soit utile au pilotage de vo-
tre projet.
L?organisation en interne autour de votre projet
doit être clairement formalisée pour assurer un
bon pilotage de celui-ci. Il s?agit de reconnaître
à chaque personne ses responsabilités dans les
différentes tâches associées au bon déroulé du
projet. Cet enjeu d?organisation est tout aussi
important pour les grands organismes dont les
projets impliquent la participation et le travail en
synergie de plusieurs services, que pour les plus
petits organismes où une même personne peut
être amenée à assumer plusieurs tâches.
Il faut associer des ressources humaines aux tâ-
ches suivantes :
L?élaboration du projet.
L?élaboration de votre projet doit impliquer le plus
grand nombre d?individus possible au sein de vo-
tre organisme. Le plus haut niveau hiérarchique,
ainsi que les principaux personnels encadrants
sont appelés à jouer un rôle actif, par exemple
en présidant les réunions du groupe chargé de
l?élaboration du projet. Le projet doit aussi être
présenté dans les principales instances de votre
organisation et qui doivent se l?approprier (comité
de direction, conseils d?administration, etc.)
Les collaborateurs de votre organisation (agents,
salariés, adhérents, etc.) doivent aussi être mobi-
lisés dans l?élaboration du projet : des efforts de
communication interne sont à mener pour expli-
quer la démarche initiée au sein de votre orga-
nisme. Des processus de participation (enquête
interne, débats, boîte à idées du projet) sont à
mettre en place en vue de la co-production du
projet de votre organisme avec ses collabora-
teurs.
L?animation et le suivi du projet.
Dans sa phase d?élaboration et encore plus lors
de sa mise en oeuvre, votre projet nécessite de
s?appuyer sur des ressources humaines en char-
ge de son animation et de son suivi. Une équipe
doit être chargée de faire vivre le projet tant en
interne (auprès des différents services et collabo-
rateurs associés dans votre organisme) qu?en ex-
terne (auprès des parties prenantes extérieures à
votre organisme).
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202056
La gestion des enjeux de biodiversité implique souvent la participation d?acteurs pluriels,
qu?ils soient internes à votre organisme ou externes (parties prenantes). Ces acteurs ont
un rôle important à jouer dans le pilotage de votre programme d?actions et plus généra-
lement dans la mise en oeuvre de votre projet. Les plus motivés constituent des forces
motrices pour le projet tandis que les plus réfractaires peuvent au contraire menacer sa
mise en oeuvre. Autant que possible, il s?agit donc d?identifier les postures des person-
nes impliquées dans votre projet ; l?objectif étant de repérer les blocages éventuels pour
mieux les anticiper et les lever par la sensibilisation, le dialogue ou la formation.
Sachez identifier les menaces et les opportuni-
tés liées au pilotage de votre projetO
Selon la nature de votre projet, le pilotage de
ce dernier peut impliquer que votre organis-
me gagne en compétences techniques, par
exemple sur les outils et méthodes adaptés
à la gestion de l?environnement. Plusieurs
organismes peuvent vous aider :
- L?Atelier technique des espaces natu-
rels (ATEN) a pour mission de contribuer à
la sauvegarde des espaces et du patrimoine
naturels, par la mise en réseau et la profes-
sionnalisation des acteurs. L?ATEN capitali-
se les savoirs et les échanges d?expériences
: guides méthodologiques, logiciels, échan-
ges techniques préparent les gestionnaires
à travailler par objectifs et à suivre (tableaux
de bord) les indicateurs pertinents pour éva-
luer l?exécution des programmes, la pertinen-
ce des projets et leur impact sur le territoire.
L?ATEN assure également un programme de
formation initiale et continue dans le cadre
duquel plus d?une centaine de sessions sont
programmées chaque année et publiées sur
Les réseaux pour vous aider à renforcer les
compétences techniques de votre organisme
le site internet. Si l?ATEN propose ses ser-
vices en priorité aux organismes qui sont
membres de son réseau, de nombreuses
ressources sont accessibles à tous en ligne
sur leur site Internet.
- De manière générale, les associations
de protection de la nature et gestionnai-
res d?espaces naturels peuvent également
vous aider à monter en compétence pour
mieux piloter votre projet.
Pour davantage d?informations et de
conseils sur le pilotage de votre projet,
n?hésitez pas à consulter la boîte à idées
du Guide et notamment son entrée sur l?ob-
jectif n°9 de la SNB « Développer et péren-
niser les moyens financiers et humains en
faveur de la biodiversité ». Vous y trouve-
rez certainement des repères et exemples
d?actions susceptibles de vous aider à vous
organiser autour de votre projet.
57
Prenez les dispositions nécessaires en termes
d?évaluation
Un dispositif d?évaluation ambitieux doit conduire votre organisme à mesurer et apprécier son initiative
selon deux niveaux : un niveau stratégique qui considère votre projet dans sa globalité et un niveau
plus opérationnel qui s?intéresse de manière plus spécifique au suivi de votre programme d?actions.
comprendre les deux niveaux de l?évaluation de votre initiative
Concernant le suivi de la mise en oeuvre de vo-
tre programme d?actions (niveau opérationnel de
l?évaluation), les clés de succès résident princi-
palement dans l?organisation de votre pilotage et
les rapports entre le chef de projet et le reste des
personnes impliquées dans la mise en oeuvre de
votre programme d?actions, ainsi que dans la te-
nue d?un tableau de bord ou de tout autre docu-
ment (par exemple le renseignement d?une série
Niveau de l?évaluaTioN Ce Que l?oN CherChe
à meSurer ou aPPréCier
la méThode eT leS
ouTilS aSSoCiéS
Stratégique
Opérationnel
Les principaux résultats
et impacts de votre projet
La mise en oeuvre
du programme d?actions
La définition de critères
et d?indicateurs
Un tableau de bord
de suivi des actions
leS deux Niveaux de l?évaluaTioN
L?exercice d?évaluation de votre initiative
en faveur de la biodiversité est essentiel pour vous
assurer que vous êtes sur la bonne voie et éven-
tuellement enclencher une dynamique d?améliora-
tion en continu. Une définition simple consiste à
considérer l?évaluation comme un double travail
de fiches techniques détaillant les éléments as-
sociés à la mise en oeuvre de chaque action de
votre programme).
La série de conseils et de recommandations qui
suit dans ce présent Guide concerne davantage
le niveau stratégique de l?évaluation, soit la me-
sure et l?appréciation des résultats et impacts de
votre projet.
de questionnement, de recherche et analyse de
l?information dont l?objectif est double : mesurer
la mise en oeuvre de votre programme d?actions
et apprécier la qualité globale du projet et de sa
mise en oeuvre.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202058
Souvent l?évaluation d?un projet est envisa-
gée comme une tâche à réaliser à la fin d?un
programme d?actions, comme une sorte de bi-
lan visant à établir si l?organisme a réussi ou
échoué dans son entreprise d?atteindre des
objectifs qu?il s?était fixés. En réalité, l?évalua-
tion peut être menée à tout moment d?un pro-
jet : en amont, pendant et après la mise en
oeuvre des actions.
- En amont de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : une évaluation peut être
menée pour vérifier la solidité d?un program-
me d?actions. Est-il pertinent compte-tenu des
enjeux révélés dans le diagnostic initial ? Les
moyens prévus pour la mise en oeuvre sont-
ils cohérents au regard des ambitions fixées ?
Se poser ce type de questions préalables peut
s?avérer utile dans le cadre de grands projets.
Les temps de l?évaluation
Votre méthode d?évaluation doit être définie en même temps que vous construisez votre programme
d?actions, notamment lorsque vous précisez les buts à atteindre pour chaque action. Cet alignement
entre le tempo de la construction du programme d?actions et celui de l?élaboration de la méthode d?éva-
luation est logique. En effet, tout résultat attendu par vos actions doit, dans l?idéal, pouvoir être mesuré
et la mise en oeuvre de toute action doit également pouvoir être appréciée.
Définir les premiers éléments de sa méthode d?évaluation autour de quelques
critères
- Au cours de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : l?évaluation peut mesurer
progressivement l?atteinte des objectifs. Elle
autorise également à se prononcer plus pré-
cisément sur la validité des actions et la façon
dont elles sont menées: tout se passe-t-il com-
me prévu ? Les actions entreprises permettent-
elles d?avancer sur la poursuite des objectifs ?
Dans cette phase intermédiaire, l?évaluation
est active : elle peut permettre de rectifier le tir
et de faire évoluer le projet en cours.
- Au terme de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : l?évaluation permet de tirer
un bilan complet du projet. Elle vérifie ainsi
si les effets obtenus peuvent être considérés
comme positifs et si les objectifs ont bien été
atteints. Au-delà, elle permet également de ti-
rer des enseignements sur la mise en oeuvre
du programme.
Le critère d?efficacité
Ce critère est certainement le plus important car
il s?intéresse aux effets propres de votre projet au
regard des objectifs fixés. Il pose la question :
« Notre projet et l?ensemble des actions qui le
compose produisent-ils des effets qui rapprochent
notre organismes des objectifs qu?il s?est fixés ?
». Ainsi, il s?agit de savoir si vos actions ont un
impact que l?on peut considérer comme positif sur
la biodiversité. Ces impacts peuvent être directs
(c?est-à-dire qu?ils concernent, par exemple, l?état
de conservation d?une espèce ou d?un milieu) ou
indirects (s?ils concernent par exemple la sensibi-
lisation ou l?accompagnement aux changements
de personnes au sujet des enjeux de la biodiver-
sité). Evaluer son initiative au regard du critère
d?efficacité est particulièrement utile au cours de
La première étape pour définir votre méthode
d?évaluation consiste à déterminer les critères de
l?évaluation, soit les différentes questions dont les
réponses apportées par un travail de collecte et
d?analyse de données, vous permettront de vous
prononcer sur la qualité de votre projet. Plusieurs
méthodes promues par différentes institutions
(notamment le Conseil supérieur d?évaluation) ont
permis de définir des jeux de critères d?évaluation
transposables à une variété de situations. Parmi
ces critères, 5 sont pertinents pour l?évaluation de
projets conduits en faveur de la biodiversité. Ces
cinq grands critères vous sont donnés à titre indi-
catif mais libre à vous d?écarter ceux qui ne vous
conviennent pas ou de définir les vôtres !
59
Dans son article de référence intitulé L?analyse stratégique de la gestion environnemen-
tale : un cadre théorique pour penser l?efficacité en matière d?environnement, Laurent
Mermet développe un paragraphe sur l?évaluation des politiques environnementales. Il
met en évidence la nécessité de prendre en compte deux faces indissociables de l?ac-
tion des organismes dans le travail d?évaluation : la gestion intentionnelle et la gestion
effective. La gestion effective, ce sont toutes les actions déployées par un organisme
pour protéger ou préserver un objet environnemental, en d?autres termes: il s?agit des
actions de votre projet. La gestion intentionnelle renvoie à toutes les autres actions,
extérieures à votre projet, qui affectent positivement ou négativement le même objet en-
vironnemental. Ces actions qui relèvent de la gestion intentionnelle peuvent être le fait
d?autres acteurs mais également de votre propre organisme. Pour Mermet, la focalisa-
tion du travail d?évaluation sur les seules actions de la gestion effective peut constituer
un biais susceptible de fausser ou de limiter les apports de l?évaluation. Cet article est
donc un appel à voir plus loin et adopter une approche plus globale de l?évaluation.
evaluation des impacts de la gestion effective et de la
gestion intentionnelle de l?environnement
Le critère de pertinence
Ce critère pose la question « En quoi notre projet
constitue-t-il une réponse adaptée aux enjeux qui
lient notre organisme à la biodiversité ? ». Liée
aux conclusions de votre état des lieux « biodi-
versité », l?utilisation de ce critère permet notam-
ment de vérifier que vos actions s?inscrivent bel
et bien au coeur des activités de votre organisme.
Ce critère est surtout utile pour une évaluation en
amont de la mise en oeuvre des actions de votre
projet.
Le critère de cohérence
Ce critère invite à considérer la question « no-
tre projet repose-t-il sur une stratégie d?actions
solide ? ». Il cherche ainsi à tester la solidité du
projet en mesurant l?adéquation entre les grands
objectifs, les sous-objectifs et les actions avec
les moyens et ressources humaines et financiè-
res qui leur sont associés. Ce critère est surtout
utile pour une évaluation en amont de la mise en
oeuvre des actions, mais aussi au cours de leur
mise en oeuvre dans le cas où votre projet serait
amené à évoluer dans une perspective d?amélio-
ration continue.
la mise en oeuvre des actions pour juger des ré-
sultats de chaque action. Il est également utile de
prendre en compte ce critère lors d?une évalua-
tion plus globale du projet au terme de la mise en
oeuvre des actions.
L?utilité
Ce critère pose la question : « En dehors des im-
pacts sur la préservation de la biodiversité, quels
sont les apports connexes de notre projet ? ». Il
entend ainsi établir, au-delà des effets sur la bio-
diversité, l?ensemble des retombées positives de
votre projet. Celles-ci peuvent être nombreuses
et se révéler dans le temps alors que votre orga-
nisme ne les avait pas prévues : économies réa-
lisées, nouvelles méthodes de travail adoptées,
nouvelles relations entre acteurs créées, dyna-
misation du territoire, etc. Ce critère est surtout
utile pour une évaluation en cours mais surtout au
terme de la mise en oeuvre des actions de votre
projet dans la mesure où une prise de recul est
souvent nécessaire pour apprécier les apports
connexes d?un projet.
Le critère d?efficience
Ce critère interroge le projet de la manière sui-
vante : « Quelle analyse tirer des résultats obte-
nus au vu de l?importance des moyens humains
ou financiers mobilisés ? ». Sorte de bilan, le cri-
tère d?efficience cherche à apprécier la viabilité du
projet en analysant les coûts et les apports, maté-
riels ou immatériels, à longs ou à courts termes,
de votre projet. Dans cette perspective, le critère
d?efficience intervient surtout dans l?évaluation de
votre projet au terme de votre programme d?ac-
tion.
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202060
préciser sa méthode en déterminant
l?organisation et les outils de
l?évaluation
Construire et renseigner un indicateur tech-
nique pour évaluer les impacts sur la biodi-
versité n?est pas une opération simple. Pour
vous aider dans cette tâche, appuyez-vous
sur des méthodes de construction d?indi-
cateurs existantes et faites-vous aider par
des professionnels reconnus (associations,
organismes de recherche, bureaux d?étu-
des).
Les indicateurs techniques
de biodiversité
Pour eN Savoir PluS Sur
leS iNdiCaTeurS de BiodiverSiTé
consultez le guide à l?usage des utilisateurs
d?indicateurs de biodiversité du conseil
consultatif des académies des sciences
européennes et reportez-vous aux travaux
de l?observatoire national de la biodiversité.
Un système d?évaluation s?appuie nécessaire-
ment sur un travail de recherche, de traitement
et d?analyse de l?information. Pour apprécier les
effets de votre programme d?actions ainsi que la
qualité globale de votre projet et de sa mise en
oeuvre sur la base des critères que vous avez
définis, il s?agit en effet de disposer de données
qualitatives et quantitatives qui sont à récupérer
sur le terrain puis de les analyser. Cela implique
de préciser la méthode d?évaluation en se ques-
tionnant sur les données qui constitueront la base
de travail de l?évaluation et en réfléchissant à l?or-
ganisation à adopter pour recueillir et traiter ces
mêmes informations :
- De quelles informations aurons-nous be-
soin pour mesurer les résultats et apprécier
la mise en oeuvre ?
- Comment récupérer ces informations ? Qui
les collectera ? Qui les analysera ?
Concernant les outils, la définition et le renseigne-
ment d?indicateurs techniques est parfois néces-
saire. Ceci est notamment le cas pour apprécier
les améliorations d?un projet souhaitant apporter
des améliorations sur l?état de conservation de la
biodiversité (par exemple : un projet visant à res-
taurer un écosystème ou à protéger une espèce
menacée). Néanmoins, nombre de projets peu-
vent faire reposer leur système d?évaluation sur
des outils très simples. Par exemple, s?entretenir
avec les personnes chargées de réaliser le pro-
gramme d?actions en recueillant leurs avis, atten-
tes et difficultés peut permettre d?évaluer la mise
en oeuvre du programme. De même pour mesu-
rer les effets d?actions ayant un impact indirect
sur la préservation de la biodiversité - comme la
sensibilisation d?autres acteurs, un dialogue avec
le public cible de votre action peut vous permettre
d?évaluer si votre initiative produit, ou non, des
effets positifs.
http://www.leopoldina.org/fileadmin/user_upload/Politik/-Empfehlungen/EASAC/EASAC_Statement_Biodiversityindicator_2005.pdf
http://www.leopoldina.org/fileadmin/user_upload/Politik/-Empfehlungen/EASAC/EASAC_Statement_Biodiversityindicator_2005.pdf
http://www.naturefrance.fr/onb
61
Profiter de l?évaluation pour faire vivre
le projet
Trop souvent, l?évaluation est considérée comme
une tâche à réaliser dans les derniers temps d?un
projet. Or, par les retours de terrain qu?il permet, le
dispositif de suivi et d?évaluation peut contribuer
à faire vivre le projet, à optimiser ses chances de
produire des résultats positifs et à l?améliorer en
continu. Ainsi, le suivi et l?évaluation gagnent à
être envisagés comme un outil au service du bon
pilotage de votre projet.
Pour profiter des apports du suivi et de l?évalua-
tion, deux précautions simples d?organisation
sont à observer :
Fixer les moments forts du dispositif de
suivi et d?évaluation: produire un suivi et une
évaluation quotidienne de votre projet serait idéal
mais difficilement tenable ! Il s?agit donc de déter-
miner des moments forts, en essayant de poser
les jalons d?un suivi et d?une évaluation régulière.
Faut-il évaluer tous les mois, trimestres, semes-
tres ? A vous de faire le choix selon les différents
paramètres de votre projet (sa durée globale, les
éléments de calendrier propres à votre program-
me d?actions, etc.).
prévoir les échanges entre les person-
nes en charge du suivi et de l?évaluation et
celles en charge du pilotage général du pro-
jet : dans le cas des grands organismes où les
tâches de suivi et d?évaluation sont réalisées par
des personnes différentes de celles en charge du
pilotage général du projet ou de son animation, il
est capital de prévoir des moments de restitution
et de discussion à propos des retours d?informa-
tion émanant du terrain.
L?évaluation peut également consti-
tuer un moyen privilégié pour mobi-
liser vos parties prenantes. D?une
part, parce que les résultats d?une
évaluation permettent de faire un
point sur le projet. Ils autorisent ainsi
à rendre compte et à communiquer
auprès de vos parties prenantes.
D?autre part, il est également possi-
ble de co-produire l?évaluation. On
parle d?évaluation partagée. Cela
présente de nombreux avantages
dont la création d?un consensus sur
les résultats attendus d?un projet et
la mise en commun des moyens
pour assurer la collecte et l?analyse
des informations de terrain.
utilisez l?évaluation
pour mobiliser les
parties prenantes du
projet
O
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202062
Partager autour de son initiative
À l?intérieur comme à l?extérieur de vo-
tre organisme, votre initiative gagne à s?appuyer
sur l?implication d?un maximum de personnes et
d?acteurs. Partager son projet avec le plus grand
nombre, tant dans les phases de conception de
votre projet, de mise en oeuvre des actions ou
d?évaluation, présente de nombreux avantages.
Cela permet notamment aux petits organismes
impliquez vos parties prenantes externes
disposant des moyens ou d?une expertise limités
sur la biodiversité de mutualiser les ressources
et les compétences. Pour les grands organismes
ou ceux dont les activités impliquent un dialogue
régulier avec des parties prenantes, associer
d?autres acteurs constitue une chance mais aussi
un défi pour faire de la biodiversité un enjeu par-
tagé à l?échelle de la société.
Une partie prenante est un acteur concerné ou
intéressé par un projet mené par un autre ac-
teur. On parle de parties prenantes «internes»
lorsque l?acteur concerné fait partie de l?orga-
nisme ou « externes » lorsqu?elle appartient à
un autre organisme. Salariés, agents, citoyens,
associations, clients, fournisseurs? cette
Qu?est-ce qu?une partie prenante ?
en quoi l?implication des parties
prenantes est-elle importante ?
définition simple cache une diversité d?ac-
teurs importante.
En quoi l?implication des parties prenantes
est-elle importante ?
Dans bien des cas, l?implication des parties
prenantes est un élément clé de la réussite
d?un projet en faveur de la biodiversité. Les
orientations que votre organisme prend
pour conserver et valoriser la biodiversité
peuvent en effet avoir des conséquences
importantes pour l?activité d?autres ac-
teurs.
Ex.: le projet d?une collectivité pour un aména-
gement du territoire durable incluant les enjeux
de biodiversité peut avoir des conséquences
importantes sur la manière dont les acteurs
socio-économiques locaux (agriculteurs, pay-
sagistes, promoteurs) développent leurs activi-
tés. Si ces derniers ne sont pas impliqués d?une
manière ou d?une autre à votre démarche, votre
projet risque de se heurter à des réticences qui
pourront bloquer les phases de mise en oeuvre.
A contrario, une bonne implication des parties
prenantes peut permettre d?enrichir un projet et
de démultiplier ses effets positifs.
Parce que la biodiversité constitue à la
fois un bien commun et que les questions de sa
préservation dépassent bien souvent le cadre des
activités d?un seul acteur, l?implication des parties
prenantes d?un organisme est un enjeu important.
Celui-ci concerne d?une manière particulière les
grands organismes ou ceux dont le métier invite à
développer des liens nombreux et réguliers avec
d?autres organismes (comme les collectivités par
exemple). Pour les organismes disposant de fai-
bles moyens ou étant isolés dans leurs activités,
l?implication des parties prenantes n?est pas né-
cessairement un élément clé de la qualité d?un
projet d?engagement volontaire à la SNB.
O
63
Au niveau national, le ministère de l?Eco-
logie promeut un modèle de gouvernance
issu du Grenelle de l?Environnement qui
permet l?expression de ses principales par-
ties prenantes. Ce modèle de gouvernance
vise à l?expression et à la représentation
équilibrée dans les instances de décisions
de l?ensemble des acteurs impliqués dans
la gestion de l?environnement et du déve-
loppement durable. Les acteurs sont ainsi
répartis au sein de différents collèges. En
fonction des dossiers, le nombre et l?inti-
tulé des collèges varient pour s?adapter au
contexte. En règle générale, le modèle de
gouvernance Grenelle reconnait 6 collè-
ges:
- L?Etat, ses services déconcentrés et éta-
blissements publics.
- Les collectivités territoriales et leurs élus.
- Les représentants des entreprises et du
monde agricole, de la pêche, des forêts et
de la chasse.
- Les organisations syndicales de salariés.
- Les associations et fondations de la pro-
tection de l?environnement.
- Les scientifiques et personnalités quali-
fiés.
Ce modèle, à adapter évidemment aux
réalités de votre contexte et de votre pro-
jet, peut constituer un cadre susceptible
de vous inspirer dans l?identification de vos
parties prenantes et dans les dispositions
prises par votre organisme pour faire parti-
ciper ses parties prenantes externes à son
projet.
Le modèle de gouvernance
issu du grenelle
environnement
Identifier les parties prenantes de son projet
Il s?agit d?abord de repérer les acteurs
concernés et ceux potentiellement intéressés par
votre projet.
Les acteurs concernés sont ceux dont les
activités seront directement ou indirectement
impactées par les orientations et les actions de
votre projet. Pour les identifier, posez-vous les
questions : « auprès de qui notre projet aura-t-il
des conséquences, économiques ou sociales par
exemple ? » ou « quels acteurs pourraient être
appelés à changer ses pratiques au regard de no-
tre projet ? ».
Les acteurs potentiellement intéressés
constituent un ensemble d?organismes qui peut
être différent. S?ils ne sont pas impactés par vo-
tre projet, les thèmes développés dans ce der-
nier les intéressent compte-tenu par exemple de
leur implication sur ces mêmes thèmes. Pour les
identifier posez-vous la question « quelles sont
les organismes non-impactés par notre projet qui
pourraient, à l?aune des problématiques au coeur
de leurs activités, être amenés à prendre position
(positivement ou négativement) à l?égard de notre
projet ? ». Sur les projets concernant la préserva-
tion de la biodiversité, les associations de protec-
tion de la nature et les établissements publics dé-
diés à la gestion de l?environnement constituent
la majorité des acteurs potentiellement intéressés
par votre projet.
Le nombre de parties prenantes de vo-
tre projet peut être potentiellement très important.
Dans ce cas, il s?agit de prioriser en repérant les
acteurs dont l?implication est la plus capitale. Afin
d?identifier les personnes à impliquer en priorité,
votre organisme gagne à se poser les questions
suivantes : Quels acteurs peuvent être le plus né-
gativement impactés du point de vue économique
ou social par notre projet ? Quels acteurs peuvent
s?opposer le plus fortement à notre projet et être
préjudiciables à la réalisation de nos actions ? Au
contraire, quels acteurs sont susceptibles de dé-
fendre et d?appuyer notre projet et de faciliter la
mise en oeuvre de nos actions ? Cette série de
questions doit in fine vous permettre de porter un
regard sur les jeux d?acteurs en présence, d?iden-
tifier les blocages éventuels et les leviers sur les-
quels vous pouvez vous appuyer.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202064
nouer le dialogue avec les parties
prenantes externes de son organisme
Le dialogue avec les parties prenantes
est un processus qui doit accompagner votre pro-
jet dans toute sa durée et pas seulement une fois
que les décisions sont prises et que votre projet
attend d?être mis en oeuvre. Instaurer le dialogue
tôt et le rendre durable en instaurant des rapports
de confiance et de respect est une condition im-
portante pour assurer à votre projet les meilleures
chances d?être mis en oeuvre de manière optima-
le.
L?information et la transparence sont
deux préalables nécessaires à l?existence d?un
dialogue constructif avec vos parties prenantes.
Il s?agit en effet de tenir informée chacune de vos
parties prenantes, selon des formats adaptés qui
rendent les intentions de votre initiative claires et
accessibles à tous.
Au-delà de cet effort d?information, de vé-
ritables dispositions peuvent être prises par vo-
tre organisme pour assurer une participation des
parties prenantes externes à votre projet. Deux
options, pour faire participer les parties prenantes
à votre projet :
La mise en place de mécanismes de
consultation et de concertation.
Cette option est celle qui permet la participation la
moins forte des parties prenantes à votre projet.
Elle est néanmoins adaptée pour faire participer
des acteurs pour qui la mobilisation est rendue
difficile dans la durée, comme les habitants d?une
Développée depuis les années 1990 par le groupe de Recherche en gestion sur les territoires
et l?environnement, l?ASGE est un cadre d?analyse qui tente de replacer et de comprendre
toute situation de gestion environnementale dans une lecture des systèmes d?actions régis
par des jeux d?acteurs complexes et parfois contradictoires. Les principes de l?ASGE peut
ainsi être mobilisé par tout acteurs désireux de mieux appréhender les relations entre acteurs
et ainsi mieux gérer les relations avec les parties prenantes. Les principes de l?ASGE ont
récemment été résumés dans un article rédigé sous la direction de Laurent Mermet et intitulé
L?analyse stratégique de la gestion environnementale: un cadre théorique pour penser l?effi-
cacité en matière d?environnement.
L?analyse stratégique de la gestion de l?environnement (asge) :
un cadre théorique éclairant pour décrypter les jeux d?acteurs en
oeuvre dans les questions de gestion de l?environnement
commune par exemple. Au regard de la co-pro-
duction, les mécanismes de consultation et de
concertation présentent l?avantage d?être une for-
mule souple : il est en effet possible de consul-
ter ou d?engager une concertation à des phases
précises de la vie de votre projet alors que la co-
production vous engage dans la durée. En revan-
che, le degré de solidarité atteint avec vos parties
prenantes est plus faible. Ces dernières peuvent
donc se désolidariser plus facilement de vos ini-
tiatives. Si elles présentent des caractéristiques
communes, consultation et concertation visent
des objectifs sensiblement différents et renvoient
à des techniques plurielles.
- La consultation : l?objectif est de recueillir les
avis, les attentes des parties prenantes. Elle doit
être réalisée très en amont afin de rendre comp-
te le plus tôt possible de ces attentes pour que
le projet puisse évoluer en fonction de celles-ci.
D?autres consultations peuvent être réalisées
au cours du projet pour vérifier certains choix ou
orientations. Ces consultations peuvent prendre
forme grâce à des outils divers : enquête, forum,
etc.
- La concertation : elle vise à associer de ma-
nière active les parties prenantes, à travers des
débats, rencontres, échanges d?arguments et de
points de vue. Elle a pour finalité la recherche de
compromis entre intérêts parfois contradictoires,
d?améliorer le projet ou de faire émerger de nou-
velles propositions.
http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1156
http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1156
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
65
L?instauration d?une dynamique de co-construction.
La participation des parties prenantes
au pilotage du projet doit se faire sur la base
d?une confiance établie entre les acteurs. Cel-
le-ci se forge au fur et à mesure des échan-
ges. Prendre le temps du dialogue et déployer
des moyens en termes d?animation est donc
capital.
La participation est aussi une dyna-
mique qui s?entretient dans la durée. Certains
acteurs peuvent se démobiliser et votre propre
organisme peut s?essouffler dans la mesure où
faire participer demande du temps. Pour éviter
cela, l?évaluation et la communication autour
des apports de la participation des acteurs à
votre projet, et plus généralement la commu-
Quelques conseils pour la mise en place d?un pilotage multi-
acteurs de votre projet en faveur de la biodiversitéO
misez sur les partenariats et les projets co-portés
nication sur les avancées du projet, peuvent
être des pistes pour maintenir l?intérêt de tous
les acteurs. Des événements pour le maintien
d?une dynamique positive peuvent être organi-
sés lors de moments clés du projet.
La participation des acteurs au pilotage
peut conduire à l?expression de positions et
d?avis contradictoires sur les orientations à
donner au projet. Pour sortir au mieux de ces
situations délicates, il convient de définir en
amont des règles claires de participation et
de prises de décision. Votre organisme pourra
ainsi rendre des arbitrages de manière trans-
parente.
La co-construction, c?est l?élaboration et la mise
en oeuvre du projet en impliquant le plus grand
nombre d?acteurs à toutes les étapes d?un projet.
Elle les associe aux choix, à la définition des en-
jeux, à l?élaboration d?un projet, dans sa gestion
et son évaluation. Cette option présente un grand
degré de solidarité entre votre organisme et ses
parties prenantes et sécurise pour ainsi dire votre
projet dans la mesure où, plus une action est col-
lectivement pensée, plus elle est susceptible de
lever les blocages potentiellement liés à sa mise
en oeuvre. La co-construction est néanmoins une
démarche exigeante qui implique la mise en pla-
ce d?une véritable gouvernance partagée via la
participation des parties prenantes aux différen-
tes phases de votre projet.
Au-delà des dynamiques de participation
des parties prenantes, la mise en place de par-
tenariats, qu?ils reposent ou non sur des bases
contractuelles, et de projets co-portés dans le
cadre de l?appel à reconnaissance lancé par la
SNB, permettent la réalisation d?actions dont la
valeur dépasse souvent celles d?acteurs dont les
actions sont isolées.
En plus de conférer à votre projet une plus-va-
lue certaine, les partenariats et co-portage ont
l?avantage de permettre la mise en commun des
moyens humains, financiers ou techniques et
ainsi de relativiser l?investissement concédé par
votre organisme.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202066
Le dispositif de reconnaissance des projets adossé à la SNB a mis au point un pro-
cédé unique pour encourager la mobilisation collective des acteurs : le co-portage des
projets d?engagement volontaire. En comparaison avec un partenariat, le co-portage
présente un degré de solidarité plus forte entre les acteurs associés dans le projet.
Aux yeux du dispositif de reconnaissance, les co-porteurs sont en effet considérés
comme un groupement et engagent leurs responsabilités sur l?ensemble du projet.
co-porter un projet dans le cadre de l?appel à
reconnaissance de la snB
Partagez vos expériences
Le partage des expériences issues de
votre projet au sein même de votre organisme et,
au-delà, auprès d?autres acteurs est un excellent
exercice qui permet de vous améliorer et de per-
mettre aux autres de s?améliorer. Des moments
d?échanges et de réflexion mobilisant les princi-
pales conclusions de l?évaluation de votre pro-
gramme gagnent ainsi à être mis en place. Ce
faisant, le dialogue établi donnera peut-être à vo-
tre organisme de nouvelles clés pour progresser
au sujet de la conservation et de la valorisation de
la biodiversité dans ses activités.
Les expériences issues de votre pro-
jet gagnent d?abord à être partagées
en interne, entre les différentes per-
sonnes mobilisées sur le projet et le
reste de votre organisme. Ensuite, il
s?agit d?échanger avec tous les ac-
teurs auprès desquels vous pourrez
apprendre mutuellement : parties
prenantes, partenaires, fédération,
réseaux professionnels, associa-
tions, etc. Organisation de groupes
d?échanges ou de séminaires de
restitution, mise en place d?outils
d?échanges multimédia, etc. : les
moyens de partager ses expériences
sont nombreux.
Identifiez auprès de qui
et comment partager
vos expériences ?O
67
Le groupe de travail « Collectivi-
tés et biodiversité » du Comité français
de l?UICN (Union internationale pour la
conservation de la nature) constitue une
plate-forme d?échange et de concertation
unique sur la biodiversité, regroupant les
collectivités françaises volontaires (ré-
gions, départements, intercommunalités,
villes?), leurs associations, ainsi que les
membres du réseau français de l?UICN
(représentants des ministères, établisse-
ments publics, ONG?), soit actuellement
plus de 90 organismes.
Le concours « Capitale française de
la biodiversité de NatureParif » organisé
par NatureParif pour toute commune de
plus de 2000 habitants constitue un évé-
nement majeur pour les collectivités dési-
reuses de partager leurs initiatives.
Le Comité 21 est un réseau d?ac-
teurs engagés dans la mise en oeuvre
opérationnelle du développement dura-
ble. Il a pour mission de créer les condi-
tions d?échange et de partenariat entre
ses adhérents issus de tous secteurs afin
qu?ils s?approprient et mettent en oeuvre,
ensemble, le développement durable à
l?échelle d?un territoire. Composé de qua-
tre collèges, il réunit les parties prenantes
concernées en France : entreprises (mul-
tinationales et PME), collectivités (des
communes aux régions), associations
(d?environnement, de développement, de
solidarité locale, de défense des droits
humains?), institutions, établissements
Quelques enceintes dans lesquelles il vous est
possible d?échanger au niveau national au
sujet de la biodiversité :
d?enseignement supérieur et médias. Ce
réseau de plus de 470 adhérents fonde
son action sur le partenariat pluri-acteurs
et sur l?action concrète.
Le Groupe de travail «Economie et
biodiversité » de l?association Orée réu-
nit une trentaine d?entreprises (de tailles
et secteurs diversifiés), collectivités et
associations autour de la problématique
« Comment intégrer la biodiversité dans
les stratégies des acteurs économiques
? ». L?association Orée est également co-
organisatrice du concours « Entreprises
et environnement » qui chaque année
distingue les entreprises engagées pour
faire évoluer les modes de consomma-
tion et de production dans le sens du
développement durable, notamment au
regard des enjeux de la biodiversité.
La commission biodiversité de l?as-
sociation Entreprises pour l?Environne-
ment (EPE) est une enceinte ouverte aux
acteurs économiques pour échanger sur
les méthodes, outils, indicateurs et par-
tenariats qui permettent aux entreprises
d?améliorer leurs actions en faveur de la
biodiversité.
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.natureparif.fr/fr/concours2012
http://www.natureparif.fr/fr/concours2012
http://www.comite21.org/
http://www.oree.org/extranet/groupe_travail/groupe-de-travail-entreprises-et-biodiversite.html
http://www.oree.org/extranet/groupe_travail/groupe-de-travail-entreprises-et-biodiversite.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prix-Entreprises-et-Environnement,27930.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prix-Entreprises-et-Environnement,27930.html
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
68
Conduire le changement avec ses parties prenantes in-
ternes et externes : le Pacte Botanic.
Les collaborateurs ont dû d?abord être for-
més pour savoir conseiller les clients qui étaient
demandeurs de solutions écologiques. 30.000h
de formations ont été réalisées en 3 ans, soit plus
de 50h par magasin (en moyenne) pour initier
les conseillers à cette nouvelle façon de jardiner.
Pour cette formation, Botanic s?est associé à l?un
des acteur pionnier du jardinage écologique : le
centre Terre Vivante.
Pour mobiliser les clients, des ateliers pé-
dagogiques sur le jardinage écologique ont éga-
lement été mis en place dans tous les magasins
avec les thèmes suivants : le compostage, le po-
tager bio, les prairies fleuries, comment accueillir
les auxiliaires, le soin des plantes par les plantes
? Un guide éco-jardinier gratuit de 48 pages a
été édité pour présenter les gestes et produits es-
sentiels pour jardiner écologique.
Le travail réalisé a eu également un ef-
fet vertueux sur les fournisseurs de Botanic qui
s?engagent davantage pour le développement de
nouvelles solutions écologiques, telles la mise au
point de gamme de terreaux avec des engrais or-
ganiques exclusivement, la mise au point de pots
biodégradables pour remplacer les pots en po-
lyéthylène ou polypropylène, le développement
de nouvelles gammes de prairies fleuries spécia-
les biodiversité ou nectarifère, de semences bio,
l?augmentation dans le choix des nichoirs et abris
à auxiliaires.
Contact: sdhallu@botanic.com
Botanic est une enseigne de jardinerie
qui compte aujourd?hui 59 magasins en France
et 5 en Italie. Son action en faveur de la biodi-
versité prend forme suite à une étude que la so-
ciété a commandée sur les pesticides autorisés
en jardinage amateur. Les résultats de l?étude ont
été sans appel puisque sur 135 matières actives
autorisées en jardinage amateur à l?époque, 97
se sont révélées toxiques ou nocives pour la san-
té et 25 nocives pour l?environnement. Botanic a
donc décidé de ne plus cautionner le commerce
des produits en les supprimant de ses rayons :
c?est le Pacte Botanic.
Cette démarche a été progressive pour
entraîner l?ensemble des parties prenantes dans
ce changement : les équipes en premier, sans
qui rien n?était possible; les clients ensuite, très
réceptifs à la démarche mais avec une forte de-
mande de conseils et de pédagogie; les fournis-
seurs enfin, qui ont pour la plupart su relever le
défi.
Il a fallu 3 ans pour arriver à retirer dans
l?ensemble des magasins Botanic tous les pesti-
cides et engrais chimiques de synthèse, et propo-
ser au même moment, des solutions alternatives
naturelles et écologiques. Mais le jardinage éco-
logique ne se résume pas à remplacer un trai-
tement chimique par un traitement naturel. C?est
une autre philosophie et d?autres pratiques de jar-
dinage que l?entreprise a proposé à ses clients.
retour
d?expérience
69
Consciente qu?une eau saine commence
par une terre saine et que l?exploitation de l?eau
est inséparable de la gestion de son environne-
ment immédiat, la société Nestlé Waters France
s?est dès les années 1990 tournée vers des me-
sures de la qualité de l écosysteme autour de ses
sources de Vittel, Contrex et Hépar. C?est dans ce
cadre qu?est né le projet Agrivair.
Le point de départ du projet Agrivair
consiste dans une volonté de réduire le taux de
nitrates dans les sols. C?est ainsi que Nestlé Wa-
ters France c?est tourné vers les parties prenantes
du monde agricole de son territoire. L?enjeu était
de promouvoir une agriculture durable, basée no-
tamment sur un objectif « zéro phytosanitaires »,
sur l?ensemble de l?impluvium (zone d?infiltration
des eaux qui alimente l?aquifère donnant naissan-
ce aux eaux minérales, soit 10 000 hectares) des
sources Vittel, Contrex et Hépar.
Les travaux de recherche et d?expertise
de l?Institut national de recherche en agronomie
(INRA), soutenus par Nestlé Waters France ont
permis l?élaboration d?un cahier des charges per-
mettant aux agriculteurs de s?engager dans le
projet. Agrivair se présente aujourd?hui comme
une filiale de Nestlé Waters France dont l?un des
objectifs est d?accompagner techniquement les
exploitants agricoles dans leur changement de
pratiques.
Au-delà du partenariat entre la société
Nestlé Waters France et les agriculteurs, le projet
implique également les collectivités, industriels
et résidents du domaine d?intervention du projet
Agrivair. C?est donc vers une mobilisation large
de ses parties prenantes que Nestlé Waters Fran-
ce s?est orientée. Des actions de sensibilisation
(réalisation d?un jardin pédagogique sur les pra-
tiques écologiques de jardinage) ont notamment
été conduites à l?égard des jardiniers amateurs
pour les inciter à diminuer leur utilisation de pro-
duits phytosanitaires.
Cette initiative partenariale de préser-
vation de l?eau et du développement durable du
territoire a conduit aujourd?hui, à une restauration
de la qualité des écosystèmes locaux, avec une
richesse en termes de biodiversité équivalente à
celle de certains espaces protégés. On commen-
ce à estimer à la fois le bien-être apporté par la
biodiversité et les coûts de sa préservation, pour
qu?à terme les acteurs publics et privés le prennent
en charge. Cette politique ouvre de nombreuses
perspectives de développement économique lo-
cal par la valorisation du « capital naturel » qu?est
le territoire et son écosystème ainsi protégés :
agriculture et agro-alimentaire propre et respon-
sable, filières d?éco-construction, gestion durable
de l?eau. Mais au-delà, cette politique crée de la
valeur sur tout le territoire d?émergence, car in
fine c?est bien l?écosystème, et la biodiversité qui
le conditionne, qui se trouvent préservés.
mobiliser ses parties prenantes autour d?un projet de
développement économique local fort de la préser-
vation de la biodiversité : Nestlé Waters France et la
filière Agrivair.
retour
d?expérience
70
renforcer une politique de préservation de la biodi-
versité autour de partenariats inscrits dans la durée :
la politique partenariale de Cemex.
la compréhension des enjeux territoriaux liés à la
biodiversité.
Fort de ce premier engagement, CEMEX s?est
naturellement tourné vers un partenaire d?enver-
gure nationale pour poursuivre son action. En
2012, une convention de partenariat avec Huma-
nité et Biodiversité a été signée, notamment pour
renforcer l?analyse des liens entre biodiversité
et responsabilité sociétale des entreprises. En
2003, CEMEX et la LPO avaient déjàvv signé un
partenariat national renouvelé annuellement qui
s?appuie sur 2 volets distincts :
? Un plan d?action : par ses connaissances de
terrain, la LPO accompagne CEMEX dans la ges-
tion environnementale de ses sites d?exploitation.
Au travers d?échanges réguliers, les deux parte-
naires partagent également leur compréhension
des sujets d?actualité ayant trait à la biodiversité.
? Un mécénat : CEMEX soutient des program-
mes de préservation des espaces et des espèces
gérés par la LPO, soit 31 programmes soutenus
depuis 9 ans.
Cette politique de partenariat et de
concertation menée par CEMEX à tous les ni-
veaux de l?entreprise, du local au national, per-
met de garantir une prise en compte permanente
de la biodiversité dans les activités de CEMEX,
et constitue une véritable source d?amélioration
continue. Ainsi, le rapprochement du monde in-
dustriel avec celui des associations de protection
de la nature, s?il paraît délicat au premier abord,
est un lien constructif lorsqu?il est bâti sur le long
terme et dans le cadre de relations de transpa-
rence et de confiance.
En France, CEMEX est un des leaders
du béton prêt à l?emploi et des granulats. En co-
hérence avec sa mission de satisfaire les besoins
de ses clients, CEMEX concilie ses impératifs
économiques avec ses ambitions environnemen-
tales et sociétales dans sa politique développe-
ment durable.
Depuis plus de 20 ans, CEMEX déve-
loppe de nombreux partenariats sur ses sites de
carrière avec des associations locales de protec-
tion de la nature (FRAPNA, SEPANSO, GONm,
ANVL, LPO?). Ces partenariats locaux ont pour
objet d?accompagner l?entreprise dans la gestion
de la biodiversité de ses carrières, dans la sen-
sibilisation de son personnel de terrain, de met-
tre en oeuvre des suivis écologiques réguliers,
d?apporter conseils et expertises pour le réamé-
nagement écologique des sites exploités. A titre
d?exemple, l?Ecopôle du Forez, situé en bord de
Loire, est un réaménagement exemplaire inscrit
dans le réseau NATURA 2000 qui accueille cha-
que année plusieurs milliers de visiteurs. Il est le
fruit d?un travail mené en collaboration entre CE-
MEX et la FRAPNA Loire.
Afin de fédérer l?ensemble de ses par-
tenaires, CEMEX crée dès 1995 le Collectif des
Associations Partenaires (CAP). Composé de
22 associations naturalistes en 2012, le CAP a
pour but d?approfondir et mutualiser les réflexions
environnementales engagées sur le terrain et au
niveau national par l?entreprise. Chaque année,
CEMEX organise un séminaire des membres du
CAP ; l?occasion d?avoir de nombreux échanges
et notamment de faire le bilan des partenariats
engagés et de partager les bonnes pratiques et
retour
d?expérience
Contact: Contact: johanna.moreau@cemex.com
Photo de groupe du Collectif des Associations Partenaires de CEMEX
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71
retour
d?expérience
Présent sur l?ensemble du territoire, GrDF
(Gaz réseau Distribution France) est le principal
distributeur de gaz naturel en France. L?écoute,
le dialogue et la co-construction sont une dimen-
sion essentielle de son action au quotidien et de
sa mission de service public. Etroitement liée à sa
politique de développement durable, sa politique
de partenariat s?inscrit dans ces logiques. Elle a
été pensée de façon à renforcer les liens avec
les collectivités territoriales tout en agissant sur
des sujets d?intérêt général : préservation de la
biodiversité, prévention de la précarité énergéti-
que, insertion? dans une logique de création de
valeur partagée.
Ainsi, concernant la biodiversité, GrDF
s?est engagé aux côtés de la Fédération Natio-
nale des Jardins Familiaux et Collectifs pour
l?implantation de jardins partagés qui réinstallent
de la nature en ville, tout en retissant du lien so-
cial. GrDF soutient l?action du Réseau Cocagne
pour la création d?exploitations maraîchères bio-
logiques et d?emplois d?insertion professionnelle.
GrDF est également partenaire de Natureparif
pour l?organisation du concours « Capitale fran-
çaise de la biodiversité » et de l?Union Nationale
de l?Apiculture Française, dans le cadre du pro-
gramme « Abeille sentinelle de l?environnement »,
pour l?installation de ruchers dans différents sites
de l?entreprise en France, et du Muséum National
d?Histoire Naturelle dans le cadre d?un partenariat
scientifique sur la prise en compte de la biodiver-
sité lors des travaux sur le réseau de distribution
de gaz naturel.
Outre leur ancrage territorial et leur inté-
rêt en matière de biodiversité, ces partenariats ont
été choisis pour leur résonance avec les valeurs
de l?entreprise. Cette corrélation entre actions et
valeurs permet aux partenariats d?être mieux ap-
propriés par les salariés et de donner du sens aux
actions concrètes mises en oeuvre sur le terrain.
GrDF conçoit son engagement dans la durée et
proscrit les partenariats qui ne sont que ponc-
tuels. Les conventions de partenariat, signées
initialement pour 3 ans, ont toutes été renouve-
lées pour 3 nouvelles années en 2011. Objectif :
mener des actions pérennes, donc plus utiles à la
société, et donner au partenaire de la visibilité sur
le soutien dont il peut bénéficier. Les projets sont
co-construits dans une logique d?amélioration
continue. Une approche qui est aussi un gage de
la confiance des partenaires.
Ancrés dans les activités de l?entreprise,
la plupart des partenariats s?inscrivent dans l?offre
proposée aux collectivités locales dans une logi-
que de création de valeur partagée. GrDF pro-
meut une approche globale des projets et tra-
vaille sur l?aménagement durable et le cadre de
vie des habitants dans toutes ses dimensions :
efficacité énergétique, énergies renouvelables,
mobilité, biodiversité, lutte contre la précarité
énergétique, vivre-ensemble? autant de para-
mètres qui viennent enrichir l?offre de services
liée à l?activité gazière traditionnelle.
GrDF crée aussi de la valeur en « croi-
sant » ses différents partenariats et en mettant
en relation des acteurs qui ne se seraient peut-
être pas rencontrés autrement. Il s?agit de créer
de nouvelles synergies et opportunités d?actions
qui répondent mieux aux attentes des différentes
parties prenantes. GrDF joue ainsi un rôle d?in-
tégrateur et d?ensemblier auprès des collectivités
locales et des territoires et de ses partenaires.
frederique.le-monnier@grdf.fr
renforcer une politique de préservation de la biodi-
versité autour de partenariats inscrits dans la durée : la
politique partenariale de grdF
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GrDF participe aux APIdays, journées nationales des partenaires
«Abeille, sentinelle de l?environnement».
http://www.jardins-familiaux.asso.fr/
http://www.jardins-familiaux.asso.fr/
http://www.reseaucocagne.asso.fr/
http://www.unaf-apiculture.info/
http://www.unaf-apiculture.info/
http://www.abeillesentinelle.net/
http://www.abeillesentinelle.net/
chapitre iii
s?engager auprès de la stratégie
nationale pour la biodiversité
chapitre iii
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Diatomées marines récoltées au cours de l?expédition Tara Océans.
Les diatomées sont des microalgues unicellulaires planctoniques invisibles à l?oeil nu mais présentes dans
tous les milieux aquatiques. Elles sont un constituant majeur du phytoplancton et jouent donc un rôle
primordial dans la vie des écosystèmes marins, à l?origine des réseaux alimentaires de nombreuses es-
pèces. Environ 100 000 espèces sont répertoriées, mais elles pourraient être bien plus nombreuses. Les
diatomées témoignent de l?infinie richesse du vivant dont l?oeil humain ne peut voir qu?une partie infime.
72
73
L?objectif de ce dernier chapitre est de vous aider à déposer un projet
dans le cadre de l?appel à reconnaissance de la snB. pour optimiser les chan-
ces de voir votre initiative reconnue par les instances de la snB, deux outils
ont été développés :
- les 5 fiches d?auto-évaluation de votre projet
- le plan de rédaction de la synthèse de votre projet.
en amont de la présentation de ces deux outils, un décryptage sur le
dispositif d?engagement et son fonctionnement vous est proposé dans les
doubles pages qui suivent.
p 75. décryptage sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la snB.
p 79. s?auto-évaluer :
notre projet peut-il être reconnu par la snB ?
p. 80 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°1 : notre projet inscrit-il notre organisme
dans une démarche de réflexion au sujet de la biodiversité ?
p. 82 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°2 : notre projet s?appuie-t-il sur un
programme d?actions qui répond aux objectifs de la SNB ?
p. 84 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°3 : notre projet présente-t-il une plus-value
pour la biodiversité au regard de la SNB ?
p. 86 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°4 : notre projet implique-t-il notre
organisme de manière suffisante ?
p. 88 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°5 : notre projet repose-t-il sur un travail
collectif et partagé ?
p 90. présenter notre projet
p. 91 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 1 : notre organisme et la biodiversité
p. 93 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 2 : notre état des lieux
p. 95 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 3 : les grandes lignes de notre projet
d?engagement
p. 97 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 4 : retour sur l?élaboration de notre projet
d?engagement
p. 99 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 5 : vers la mise en oeuvre de notre projet :
moyens, suivi et évaluation .
74
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
La mise en valeur de l?existant dans les projets d?engagement volontaire.
Si la SNB souhaite mobiliser les acteurs en les incitant à développer des actions nouvelles,
la valorisation des initiatives jusqu?alors menées par les acteurs de la société, est un enjeu
important. Pour les acteurs déjà engagés en faveur de la biodiversité, la mise au point d?un
projet d?engagement à la SNB doit être l?occasion d?approfondir la politique qu?ils menée
jusqu?à ce jour. De manière plus générale, les projets d?engagement gagnent à s?appuyer
sur des cadres et dispositifs d?action existants. Pour vous renseigner sur les cadres et
dispositifs d?actions sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour développer ou enrichir
votre démarche, reportez-vous à la boîte à idées (lien vers la boîte à idées) et ses repères
pour l?action.
Laisser la biodiversité s?appauvrir risque aussi de nous couper d?une certaine forme de
progrès. Nombre d?innovations passées dans notre quotidien, telles que l?aspirine, ont été
inspirées par l?observation, la compréhension et l?imitation des structures ou modes de
fonctionnement du vivant. Ce vaste champ du biomimétisme ou de la bioinspiration est un
soutien majeur pour la recherche. Véritable « bibliothèque d?idées », la nature constitue
un potentiel qui peut nous conduire à développer des technologies plus durables ou des
remèdes pour des maladies aujourd?hui incurables.
Élément clé de la mobilisation collective,
l?appel à reconnaissance des projets en faveur
de la biodiversité a pour objectif de donner aux
acteurs l?envie d?agir. Il a également pour ambi-
tion de doter la société française d?une vision sur
l?ensemble des actions significatives engagées
pour la biodiversité. Il oeuvre ainsi à la mutualisa-
tion et au partage des expériences à un niveau
national.
Pour rendre possible la mobilisation de
tous les acteurs de la société, un dispositif basé
sur un mécanisme d?évaluation des projets a
été élaboré : c?est le dispositif de reconnaissan-
ce. Ouvert à toute personne morale, quels que
soient son statut (public ou privé), son domaine
d?activité (ayant un lien direct ou indirect avec la
biodiversité) ou sa taille, le dispositif de recon-
naissance permet d?auditer des projets proposés
à reconnaissance qui peuvent être très différents
les uns des autres.
A fortiori, il n?existe donc pas de modèle
absolu de ce que doit être un projet d?engage-
ment. Quelques éléments de définition permettent
d?envisager un projet d?engagement volontaire
comme toute initiative, à venir ou récemment en-
gagée, qui découle d?une démarche de réflexion
sur la biodiversité et ses enjeux et qui s?appuie
sur la réalisation d?un programme d?actions. En
fonction des éléments de calendrier assortis à
la réalisation du programme d?actions, un projet
d?engagement volontaire peut engager un orga-
nisme sur des périodes variables.
75
Comment proposer notre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la SNB ?
L?appel à reconnaissance de la SNB est ouvert
chaque année de février à juin. Tout au long de
ces cinq mois, il est possible de proposer son
projet à la reconnaissance. Pour cela, il suffit
de vous laisser guider par la plate-forme Inter-
net dédiée, où vous pourrez déposer en ligne
votre dossier d?engagement volontaire. Ce
Pourquoi proposer notre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la SNB ?
Assise sur une évaluation de la qualité des
projets, la reconnaissance permet à tout por-
teur de bénéficier d?un audit gratuit de son
initiative. Un avis motivé et des recomman-
dations vous seront communiqués, que votre
projet soit « reconnu SNB » ou non. De plus,
s?il est « reconnu », le projet fera l?objet d?une
valorisation et d?une communication nationale.
Parce qu?il sera considéré comme un contribu-
teur de la mise en oeuvre de la SNB, le porteur
aura aussi le droit de citer la SNB et d?utiliser
le visuel qui lui est associé dans toute action
de communication se rapportant au projet re-
connu.
dernier est composé de tous les documents
techniques et de référence que vous jugez
utile à l?appréciation de votre projet ainsi que
d?une synthèse de votre projet. Pour rédiger
ce document de présentation : reportez-vous
au plan de rédaction décrit dans la dernière
partie du chapitre de ce guide.
voleT TeChNiQue
Tout document technique
et de référence produit
pendant l?élaboration du
projet d?engagement :
- diagnostic détaillé,
- stratégie,
- plans d?action, etc.
voleT PreSeNTaTioN
La synthèse de votre projet
de 10 à 30 pages à rédiger
obligatoirement.
Pour la rédiger:
suivre le plan de rédaction.
un dossier
d?engagement volontaire à la SNB
un dossier 1
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
76
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
Comment sont évalués les projets présentés dans le cadre du dispositif
de reconnaissance de la SNB ?
Le dispositif de reconnaissance de la SNB a
pour vocation d?instruire des projets très di-
vers, il se distingue ainsi par sa souplesse. Il
n?en constitue pas moins un cadre exigeant
qui assure aux projets reconnus un gage de
qualité. Chaque projet sera évalué par un bi-
nôme d?évaluateurs mandaté par le ministère
de l?Ecologie. L?appréciation des projets se
fait sur la base d?une grille d?évaluation uni-
que élaborée par le ministère de l?Ecologie
et ses partenaires autour des 10 caractéristi-
ques de l?engagement reconnues par la SNB
(cf. page suivante). Pour vous assurer que
votre projet répond aux critères du dispositif
de reconnaissance : évaluez vous-même vo-
tre projet grâce aux 5 fiches d?auto-évaluation
proposées dans ce Guide.
la SNB eT SeS 10 CaraCTériSTiQueS de l?eNgagemeNT
QUOI ? 5 fiches pratiques du guide qui per-
mettent à un porteur de projet de juger si
son projet rentre dans les exigences de la
SNB.
POUR QUI ? Tout acteur qui développe un
projet en faveur de la biodiversité et souhai-
te le présenter dans le cadre du dispositif
de reconnaissance de la SNB.
leS 5 FiCheS d?auTo-evaluaTioN
d?uN ProJeT du guide Pour
l?aCTioNla grille d?evaluaTioN
deS ProJeTS
QUOI ? Une cinquantaine d?indicateurs
qui permettent d?apprécier la qualité d?un
projet d?engagement volontaire.
POUR QUI ? Les binômes d?évaluateurs
en charge de l?examen des projets d?en-
gagement volontaire déposés par les ac-
teurs.
Schéma sur les outils d?évaluation et d?auto-évaluation des projets soumis à reconnaisance SNB.
77
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
1. Inscrit dans le cadre de la SNB 2011-2020:
c?est-à-dire son ambition, ses six orientations
stratégiques et ses vingt objectifs, ses principes
de gouvernance.
2. Constitué d?un ensemble d?actions : program-
me d?actions pouvant être de natures diverses
et avoir des liens directs et indirects avec la bio-
diversité. Ce n?est donc pas un projet ponctuel,
mais un véritable programme, ayant une certaine
durée.
3. Impactant : qui conduit nécessairement à des
effets positifs, directs ou indirects, importants et
substantiels sur la biodiversité, qui ne conduit pas
à des effets négatifs, et qui produit des impacts
positifs substantiels (directs ou indirects).
4. Additionnel : qui va au-delà du simple respect
de la législation et de la réglementation, mais
aussi peut être additionnel par rapport à la po-
litique passée et actuelle de l?organisme (cf. lien
avec l?historique de l?organisme, généralisation
du projet à d?autres lieux, cibles, acteurs, carac-
tère innovant).
5. Cohérent : le projet doit être en lien avec les
pratiques du porteur de projet impactant la bio-
diversité. Cette caractéristique, à rapprocher de
la suivante (caractère proportionné), a pour ob-
jectif de garantir la cohérence avec l?ensemble
de l?activité, que ce soit en termes d?évitement/
réduction des impacts négatifs ou de mesures
favorables à la biodiversité. Les actions peuvent
être financées en partie via du mécénat, mais le
projet ne peut être limité à du mécénat pur vers
d?autres porteurs de projet.
6. Proportionné aux capacités de l?organisme :
les objectifs du projet sont définis de façon pro-
portionnée à la taille, au statut et aux capacités
de l?organisme/des organismes porteurs.
7. Impliquant : qui implique une ou plusieurs par-
ties prenantes/parties concernées en externe
d?une part, et d?autre part le plus haut niveau hié-
rarchique et les salariés en interne. Ceci permet
d?enrichir le projet, de garantir sa mise en oeuvre
effective et efficace, de bénéficier d?un regard ex-
térieur, de provoquer un effet « boule de neige »,
d?améliorer la transparence, de porter à connais-
sance, etc.
8. Mesurable : il est possible d?en suivre la mise
en oeuvre effective ; il est également possible
d?en identifier, suivre et évaluer les impacts sur
l?état de la biodiversité et sur l?évolution des com-
portements d?acteurs ayant un impact sur la bio-
diversité.
9. Révisable : peut être réévalué et amélioré au
cours du temps, aussi souvent que cela s?avère
pertinent.
10. Inscrit dans une perspective d?amélioration
continue : les objectifs et les actions du projet
évoluent et s?intègrent dans une ambition progres-
sive, afin de toujours augmenter la performance
écologique de l?organisme /des organismes.
Les 10 caractéristiques d?un projet d?engagement volontaire
comme l?indique la snB, un projet d?engagement doit tenter de répondre au mieux à 10
caractéristiques. ces dernières constituent la base sur laquelle s?opère l?évaluation des pro-
jets. dans l?idéal, un projet doit être :
78
auto-éVaLuer son proJet:
les 5 fiches d?auto-évaluation
auto-éVaLuer son proJet:
5 fiches d?auto-évaluation ont été élaborées pour vous permettre d?apprécier si votre
projet rentre dans le cadre des exigences du dispositif de reconnaissance de la SNB. Chaque
fiche se présente comme une série de questionnements qui vous aide à porter un oeil critique
sur votre projet pour, éventuellement, l?améliorer. Ces cinq fiches peuvent également s?avérer
utiles pour vous aider à finaliser la construction d?un projet.
La trame de ce questionnement a été élaborée au regard des 10 caractéristiques de
l?engagement volontaire reconnues par la SNB et la grille d?analyse des projets. Les 5 fiches
d?auto-évaluation constituent ainsi un miroir de la grille d?analyse qui sera utilisée par le bi-
nôme d?évaluateurs chargé de se prononcer sur la qualité de votre projet.
Les 5 fiches sont introduites par une
problématique-titre à laquelle correspondent plu-
sieurs enjeux. Chaque enjeu est expliqué par un
court texte de présentation et par un certain nom-
bre de questions pense-bête. Plus votre projet
est susceptible d?apporter des éléments de ré-
ponse à ces questions, plus il montre sa capacité
Mode d?eMpLoi
des fiches d?auto-évaluation
Mode d?eMpLoi
FICHE n°1 : notre projet inscrit-il notre
organisme dans une démarche de ré-
flexion au sujet de la biodiversité ?
FICHE n°2 : notre projet s?appuie-t-il sur
la réalisation d?un programme d?actions
qui répond aux objectifs de la snB ?
FICHE n°3 : notre projet présente-t-il
une plus-value pour la biodiversité au
regard de la snB ?
FICHE n°4 : notre projet implique-t-il no-
tre organisme de manière suffisante ?
FICHE n°5 : notre projet repose-t-il sur
un travail collectif et partagé ?
avis aux porteurs de projets !
La trame d?auto-évaluation décrite dans
les pages suivantes est dense et fournie.
Elle vous permet ainsi de vérifier que vo-
tre projet prend en compte les enjeux de
la biodiversité de manière optimale. Elle
ne doit pas cependant effrayer les plus
petits organismes ! Gardez en tête que
l?évaluation effective de votre projet par
les instances de la SNB se fera au regard
du contexte, de la taille et des moyens de
l?organisme qui souhaite s?engager.
V
à satisfaire aux enjeux. Il n?est pas attendu que
votre projet réponde à la totalité des enjeux, ni
aux questions pense-bête qui lui sont associées.
Certains enjeux sont néanmoins considérés com-
me incontournables (ils sont signalés en violet), il
s?agit d?y porter une attention particulière.
79
S?il veut être reconnu par la SNB, votre projet doit impérativement découler d?une démarche pour la
biodiversité initiée au sein de votre organisme. S?inscrire dans une démarche c?est dépasser le cadre
d?une action fortuite et se placer du côté de la réflexion. Une démarche implique donc qu?un organisme
se soit posé les bonnes questions sur les raisons et la manière de s?engager.
Deux éléments de votre projet peuvent attester de la tenue d?une telle démarche :
La réalisation d?un état des lieux « biodiversité ».
Le niveau d?intégration de la biodiversité dans la stratégie globale de votre organisme.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet permet-il de réfléchir dans
quelle mesure les activités de notre organisme,
et la façon dont nous les exerçons, peuvent
répondre aux orientations et objectifs de la
SNB ?
Notre projet intègre-t-il une réflexion
sur les liens d?impact (positifs et négatifs) et de
dépendance de nos activités par rapport à la
biodiversité ?
S?il a lieu d?être, un diagnostic sur l?état de
conservation de la biodiversité a-t-il été
dressé ?
Notre projet s?appuie-t-il sur la connais-
sance de la réglementation applicable ?
Les réflexions menées lors de notre
état des lieux en matière de biodiversité nous
ont-elles permis d?identifier des enjeux liés à
la biodiversité dans le cadre de nos activités ?
avons-nous priorisé ces enjeux ?
notre projet inscrit-il notre organisme dans
une démarche de réflexion au sujet de la
biodiversité ?
eNJeu 1 : La réalisation d?un état des lieux « biodiversité »
La réalisation d?un état des lieux préalable est essen-
tielle à tout projet. Ceci permet en effet aux différents
organismes d?identifier les enjeux liés à la biodiver-
sité dans le cadre de leurs activités respectives.
Dresser son état des lieux « biodiversité » n?est pas
réservé qu?aux organismes qui ont un lien direct
avec la biodiversité. En effet, ce n?est pas obligatoi-
rement ou seulement établir un diagnostic sur l?état
de conservation de la biodiversité sur un territoire.
D?une manière générale, c?est plutôt se poser les
questions qui permettent d?identifier les enjeux liés
à la valorisation de la biodiversité dans le cadre de
ses activités.
Selon l?identité de chaque organisme, la manière de
conduire cet état des lieux est différente. Par exem-
ple, une grande entreprise dont les activités sont en
lien direct avec la biodiversité, gagne à faire un état
des lieux complet intégrant un diagnostic précis de
ses liens d?impacts et de dépendance à la biodiversi-
té. De son côté, un organisme moins en prise directe
avec la biodiversité, comme une association sportive
par exemple, peut mener son état des lieux en se
posant la question simple : « comment mes activi-
tés peuvent-elles contribuer, d?une manière ou d?une
autre, à la réalisation des objectifs de la SNB ? ».
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 1
80
Questions pense-bête
les différents services ou fonc-
tions de notre organisme se sont-ils
appropriés les enjeux et les objectifs de
notre organisme en matière de biodi-
versité ? les ont-ils traduits de manière
concrète dans leurs missions ?
la biodiversité est-elle valorisée
dans des dispositifs d?actions transver-
saux (système de management environ-
nemental ou un agenda 21 local) initiés
dans notre organisme ?
Concernant plutôt les organis-
mes d?une certaine taille, l?enjeu de l?in-
tégration stratégique de la biodiversité
est susceptible d?améliorer conséquem-
ment la valeur d?un projet d?engagement.
Au-delà de l?adoption d?un programme
d?actions, l?intégration de la biodiversité
vise à en faire un enjeu reconnu et va-
lorisé de manière transversale dans les
activités de l?organisme, mais aussi dans
ses modes de prises de décision et dans
son organisation.
eNJeu 2 : l?intégration de la biodiversité dans la stratégie de l?organisme
PriSe de NoTeS
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81
Une volonté de mener à bien un certain nombre de réalisations concrètes doit s?inscrire au coeur
de votre projet d?engagement volontaire. Dépassant le cadre de l?action ponctuelle, ces réalisations
sont tenues d?être intégrées dans un vrai programme d?actions. Celui-ci doit être pensé comme une
contribution utile à la SNB, en se rattachant notamment à ses objectifs et en s?orientant vers des
résultats tangibles en matière de préservation et de valorisation de la biodiversité.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet s?appuie-t-il sur un ou plu-
sieurs grands objectifs ?
Plusieurs actions sont-elles prévues pour
répondre à ces objectifs ?
des éléments de planning sont-ils
associés aux différentes actions de notre
programme ?
eNJeu 1 : la construction d?un programme d?actions
Pour écarter les initiatives qui ne seraient
que sporadiques, le dispositif de recon-
naissance invite les porteurs de projets à
construire un programme d?actions. Ce der-
nier doit montrer la cohérence et la solidité
de votre engagement. Il gagne à s?articuler
autour d?un ou plusieurs grands objectifs
(éventuellement ceux de la SNB) auxquels
sont associées plusieurs actions dont la
réalisation est planifiée dans le temps.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 2
notre projet s?appuie-t-il sur un programme
d?actions qui répond aux objectifs de la snB ?
Questions pense-bête
au moins l?un des objectifs de la SNB
figure-t-il directement dans notre programme
d?actions ? Si non, un lien peut-il être établi entre
nos objectifs et ceux de la SNB ou est-ce que les
actions de mon programme tendent à la réalisa-
tion d?au moins l?un des objectifs de la SNB ?
eNJeu 2 : l?inscription du programme d?actions dans le cadre de la SNB
Pour qu?il contribue à la mise
en oeuvre de la SNB, votre pro-
jet d?engagement doit reposer
sur un programme d?actions en
lien avec ceux de la SNB.
82
Questions pense-bête
Notre programme d?actions pré-
cise-t-il quels sont les résultats atten-
dus de chacune de nos actions ?
l?organisation autour de notre
projet prévoit-elle un suivi de la mise en
oeuvre de nos actions ?
Notre projet prévoit-il une éva-
luation de nos actions pour établir si cel-
les-ci ont, ou non, atteint leurs objectifs
opérationnels ?
Toute démarche d?engagement doit avoir pour
volonté de produire des effets positifs sur la bio-
diversité. Lors de l?élaboration de votre program-
me d?actions, les résultats attendus de chaque
action gagnent à être précisés. En réfléchissant
ainsi aux impacts de vos actions, vous écarterez
de votre programme un certain nombre d?actions
mal adaptées à vos enjeux. Les effets attendus
peuvent être :
- Importants ou substantiels : les objectifs de
résultat que se donnent votre organisme peuvent
être modestes au départ. Ce faisant, ils seront
vite atteints. Ceci est susceptible de motiver votre
organisme. L?enjeu est ensuite de les réviser pour
engager votre organisme dans une perspective
d?amélioration continue.
- Directs ou indirects : les résultats positifs at-
tendus de vos actions peuvent directement s?ob-
server sur l?état de conservation de la biodiver-
sité (exemple : restaurer un milieu naturel) mais
ils peuvent aussi s?apprécier de manière moins
directe (exemple : sensibilisation des parties pre-
nantes aux enjeux de la biodiversité).
Pour s?assurer qu?il tend bien vers le résultat, la
conduite du programme doit intégrer le suivi des
actions engagées et l?évaluation de leurs effets.
eNJeu 3 : l?orientation du programme d?actions vers le résultat
Questions pense-bête
Les besoins humains, techniques et
financiers nécessaires à la bonne réalisa-
tion de nos actions ont-ils été évalués ?
Notre organisme prévoit-il de
mobiliser des moyens suffisants (que
ces moyens soient ceux propres à notre
organisme ou qu?ils intègrent aussi les
moyens de nos partenaires) au bon
déroulement du projet ?
S?il importe qu?un programme d?action soit ambi-
tieux, celui-ci doit également être réaliste et pen-
sé au regard des moyens de votre organisme. Un
bon équilibre entre ambition et réalisme est un
gage de réussite pour votre projet.
eNJeu 4 : la faisabilité du
programme d?actions et la
mobilisation de moyens suffisants
PriSe de NoTeS
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83
Le ressort d?un engagement volontaire à la SNB consiste dans un effort volontaire des acteurs à
assumer leurs responsabilités et faire de la biodiversité un enjeu de premier plan. A ce titre, les pro-
jets qui seront soumis à la reconnaissance SNB doivent représenter une certaine valeur ajoutée par
rapport aux enjeux de conservation et de valorisation de la biodiversité.
FICHE
Questions pense-bête
les objectifs et actions de notre projet
engagent-ils notre organisme au-delà des
exigences de la réglementation applicable ?
Notre projet est-il l?occasion de réfléchir
et de saisir des opportunités nouvelles nous
permettant d?agir en faveur de la biodiversité
en dehors de ce que nous avons l?habitude de
faire ?
notre projet présente-t-il une plus-value
pour la biodiversité au regard de la snB ?
eNJeu 1 : le caractère additionnel du projet
Les actions développées dans votre pro-
jet doivent engager votre organisme au-
delà du simple respect de la législation
et de la réglementation. Pour les acteurs
historiquement impliqués en faveur de la
biodiversité, le projet doit également pré-
senter un caractère additionnel par rapport
aux actions jusqu?alors menées par l?orga-
nisme. Cela peut conduire les organismes
concernés à innover en se positionnant
sur de nouveaux champs d?actions ou en
cherchant à intégrer d?autres acteurs dans
leur démarche par exemple.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 3
Questions pense-bête
l?élaboration de notre projet s?est-elle nourrie
des initiatives menées par d?autres acteurs de notre
territoire ou de notre coeur de métier ?
avons-nous prévu de partager les expérien-
ces issues de notre projet avec d?autres acteurs
de notre secteur d?activités ou de notre territoire ?
eNJeu 2 : le partage d?expériences
Votre initiative en faveur de la bio-
diversité peut s?avérer d?autant plus
porteuse qu?elle montre une volonté
d?approfondir des dynamiques exis-
tantes portées par d?autres acteurs
ou de constituer une expérience dont
les enseignements sont susceptibles
d?être repris par d?autres acteurs.
84
Questions pense-bête
le pilotage de notre projet
prévoit-il des moments de réflexion et
d?orientation qui permettront, pendant
sa mise en oeuvre, d?apporter des amé-
liorations sur les objectifs poursuivis
et/ou la façon dont nous mettons en
oeuvre notre initiative ?
Afin d?engager votre organisme
dans une perspective durable d?améliora-
tion vis-à-vis des enjeux de conservation et
de valorisation de la biodiversité, votre pro-
jet gagne à intégrer une capacité à évoluer.
Cette dynamique de progrès qui peut s?ob-
server autour d?améliorations à apporter
aux objectifs du projet ou autour de la ma-
nière de le mettre en oeuvre est importan-
te. Elle permet en effet à tous les acteurs,
même les plus modestes, de se lancer
dans l?action à hauteur de leurs moyens et
compétences puis d?aboutir avec le temps
à un très haut niveau de prise en compte
de l?enjeu biodiversité.
eNJeu 3 : l?amélioration continue vis-à-vis de la prise en compte de la
biodiversité
PriSe de NoTeS
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85
Afin de faire de la biodiversité un enjeu de société, la SNB invite tous les acteurs quels que soient
leur statut, domaine d?activités, champ de compétence, taille, etc. à soumettre leurs projets d?enga-
gement volontaire. S?il est ouvert à tous, le dispositif de reconnaissance nourrit néanmoins différents
niveaux d?attentes au regard de la diversité des acteurs. Pour mesurer l?effort de chacun, l?évaluation
des projets soumis à reconnaissance SNB s?attache notamment à en apprécier les critères de cohé-
rence et de dimensionnement.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet repose-t-il sur un état
des lieux en matière de biodiversité qui a
permis à notre organisme d?identifier, dans
le cadre de ses activités, les enjeux liés à la
préservation, à la restauration ou la valori-
sation de la biodiversité ?
les objectifs poursuivis et les ac-
tions prévues par notre projet apportent-
ils une réponse à ces mêmes enjeux ?
notre projet implique-t-il notre organisme de
manière suffisante ?
eNJeu 1 : la cohérence du projet au regard des activités
Le projet d?engagement que vous soumet-
tez doit s?inscrire au coeur des activités de
votre organisme. Cela implique que votre
projet soit pensé autour d?enjeux liés à la
préservation et à la valorisation de la bio-
diversité identifiés par votre organisme
dans le cadre de ses activités. Cette idée
de cohérence entre votre projet et le «
métier » de votre organisme implique que
tout projet se résumant à du mécénat vers
d?autres porteurs de projets ne saurait être
reconnu par la SNB .
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 4
86
PriSe de NoTeS
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Questions pense-bête
Une mobilisation significative de
moyens humains, techniques et financiers
de notre organisme est-elle engagée dans
notre projet ?
Les objectifs, actions et impacts es-
comptés de notre projet constituent-ils une
réponse adaptée au niveau de responsabilité
qui incombe à notre organisme vis-à-vis de
la biodiversité?
eNJeu 2 : le caractère proportionné du projet par rapport aux
capacités de l?organisme
L?ambition de votre projet d?enga-
gement doit être proportionnée aux
moyens, compétences ainsi qu?à la
taille de votre organisme. De maniè-
re plus globale, votre projet doit éga-
lement engager votre organisme à la
hauteur des responsabilités qui sont
les siennes et des enjeux révélés par
le diagnostic «biodiversité ».
87
Plus un projet d?engagement permet la participation d?un nombre élargi de personnes autour de sa
conception et de sa mise en oeuvre, plus il sera susceptible d?être reconnu et accepté par tous. Ce
faisant, le projet maximise ses chances d?être mis en oeuvre efficacement. Par le dialogue qu?elles
permettent de nourrir au sein de l?organisme et en dehors, les dispositions prises en matière de gou-
vernance partagée participent grandement à l?ambition de la SNB de faire de la biodiversité un enjeu
de société.
FICHE
Questions pense-bête
Le projet est-il suffisamment porté politiquement
en interne ?
les décideurs de notre organisme jouent-ils un rôle
actif dans la définition de notre projet ?
la mise en oeuvre de notre projet est-elle suivie
d?une manière ou d?une autre par les décideurs de notre
organisme ?
notre projet repose-t-il sur un travail
collectif et partagé ?
eNJeu 1 : l?implication du plus haut échelon hiérarchique de
notre organisme dans le projet
La participation et le soutien du
plus haut niveau hiérarchique
de votre organisme au projet est
une garantie indispensable de
la mise en oeuvre des actions.
Les évaluateurs chargé d?appré-
cier votre projet accorderont une
importance particulière à cette
question.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 5
Questions pense-bête
Un effort de sensibilisation, de communication
et de co-construction est-il fourni pour permettre
la mobilisation des personnes de notre organisme
dans notre projet ?
l?élaboration et la mise en oeuvre de notre
projet permettent-elles la participation d?un nombre
élargi de personnes au sein de notre organisme ?
De sa base jusqu?à sa direction, votre
organisme gagne à mobiliser un maxi-
mum de ses collaborateurs autour du
projet. Cela implique d?impulser une
dynamique de sensibilisation et de for-
mation à la biodiversité ainsi qu?une
communication autour du projet. La
mobilisation des personnes de votre
organisme peut aboutir à la mise en
place de processus de participation
(via des techniques de consultation,
de concertation ou de coproduction).
eNJeu 2 : la mobilisation et la participation des personnes de
notre organisme dans le projet
88
Questions pense-bête
les parties prenantes externes à
notre organisme sont-elles identifiées
dans le cadre de notre projet ?
un effort de communication et
d?accompagnement au changement est-
il fourni pour permettre la mobilisation
de ces parties prenantes ?
un dialogue avec ces parties pre-
nantes a-t-il été noué pour nourrir notre
projet ?
l?élaboration et la mise en oeuvre
de notre projet permettent-elles la par-
ticipation de ces parties prenantes ?
Au-delà du cercle des personnes qui le
compose, votre organisme gagne à im-
pliquer l?ensemble des acteurs poten-
tiellement concernés ou intéressés par
votre projet. Permettant de confronter les
points de vue, le dialogue avec les par-
ties prenantes externes permet de croiser
les points de vue et d?asseoir le projet sur
des consensus élargis. Dans les cas les
plus aboutis, la mobilisation et la partici-
pation des acteurs extérieurs à l?organis-
me autour du projet peuvent aboutir à la
conclusion de partenariats ou à des situa-
tions de projets d?engagement volontaires
co-portés.
eNJeu 3 : la mobilisation et la participation des parties prenantes
externes dans le projet
PriSe de NoTeS
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89
présenter notre proJet :
le plan de rédaction de la synthèse de votre projet
présenter notre proJet :
Le plan de rédaction consiste en un jeu
de 5 fiches thématiques. Au sein de chaque fiche,
une série de questions vous est posée. L?objectif
est de vous signaler les informations importantes
qu?il s?agit de renseigner dans votre synthèse.
Enfin, chaque question est suivie par un espace
libre pour vous permettre d?écrire vos idées et
une antisèche qui précise l?intérêt de la question
posée et les éventuels éléments de réponse que
vous pourriez lui apporter.
Mode d?eMpLoi
du plan de rédaction de la synthèse de votre projet
Mode d?eMpLoi
FICHE n°1 : notre organisme et la biodi-
versité.
FICHE n°2 : notre état lieux.
FICHE n°3 : Les grandes lignes de notre
projet d?engagement volontaire.
FICHE n°4 : retour sur l?élaboration de
notre projet d?engagement.
FICHE n°5 : Vers la mise en oeuvre de
notre projet (moyens alloués, suivi et
évaluation).
avis aux porteurs de projets !
La trame de présentation décrite dans les pages
suivantes est dense et fournie. Elle permet de
présenter un projet «idéal» de manière optimale.
Elle ne doit pas cependant effrayer les plus petits
organismes ! Gardez en tête que l?évaluation ef-
fective de votre
V
La plateforme Internet mise en place
par le ministère de l?Ecologie permet à tout
organisme de déposer un dossier d?engage-
ment volontaire à la SNB. Pour être correcte-
ment évalué, votre dossier doit être constitué
de deux volets :
Le volet technique
Il est composé de tous les documents tech-
niques et de référence que vous jugez uti-
les de fournir aux évaluateurs chargés de se
prononcer sur la qualité de votre projet.
Le volet de présentation
Il doit être composé d?un seul document : la
synthèse de de votre projet. La présence de
celle-ci dans le dossier d?engagement est
obligatoire. Son objectif est de simplifier la
lecture de votre projet pour en faciliter l?ap-
préciation par les évaluateurs. Pour rédi-
ger la synthèse de votre projet, nous vous
conseillons de vous appuyer sur le plan de
rédaction ci-après détaillé. S?il est recom-
mandé que votre synthèse suive la trame du
plan de rédaction, rien ne vous empêche de
prendre les libertés que vous jugez néces-
saire pour rendre la présentation plus com-
plète ou mieux adaptée à votre projet.
Le volume de la synthèse que vous
devez rédiger peut être variable. Elle peut
être composée de 10 à 30 pages. Cela dé-
pend de l?ampleur du projet et de l?impor-
tance du volet technique de votre dossier.
Plus le dossier d?engagement est agrémenté
d?un volet technique riche en informations,
plus votre fiche de présentation gagne à être
réduite à quelques pages quitte à aménager
les renvois utiles vers les documents techni-
ques et de référence. A contrario, plus le vo-
let technique de votre dossier d?engagement
sera léger (voire inexistant), plus votre pré-
sentation doit livrer une information complète
et précise.
90
Pour apprécier votre projet, il est nécessaire que les évaluateurs comprennent qui est votre orga-
nisme et ce qui le relie à la biodiversité. Ces informations sont essentielles pour juger des caractères
impliquant, cohérent, additionnel et proportionné de votre projet.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 1
notre organisme et la biodiversité.
QueSTioN 1 : Quelle est la taille et le statut de votre organisme ?
un certain nombre d?informations factuelles
concernant l?identité de votre organisme
gagnent à être renseignées. Ces informa-
tions donneront aux évaluateurs toutes les
clés pour comprendre les cadres généraux
dans lesquels votre organisme inscrit son
action en matière de préservation et de va-
lorisation de la biodiversité. les données à
intégrer dans votre présentation peuvent
être variées: nombre de salariés, d?agents
ou d?adhérents, nombre de sites ou éten-
due du territoire sur lesquelles s?exercent les
compétences de votre organisme, chiffres
d?affaires, mode de financement, etc.
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antisèche
QueSTioN 2 : Quel est le domaine d?activité de votre organisme ? et quel
est le lien de ce domaine d?activité avec la biodiversité ?
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l?objectif est ici de présenter dans les
grandes lignes les activités de votre
organisme. Cet élément de présentation
peut vous amener à exprimer la vision de
votre organisme sur son métier et ses liens
avec le développement durable et les en-
jeux de la biodiversité. Si les activités de
votre organisme s?intègrent dans un coeur
de métier où les enjeux en termes de pré-
servation et de valorisation de la biodiver-
sité font l?objet d?une règlementation parti-
culière ou d?engagements collectifs portés
par d?autres organisme que le vôtre, cela
mérite également d?être précisé.
antisèche
QueSTioN 3 :
Quelles sont les actions déjà engagées par votre
organisme en faveur de la biodiversité ?
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Si votre organisme était engagé en faveur
de la biodiversité avant l?adoption de son
projet d?engagement volontaire à la SNB, il
convient de le spécifier. Pour présenter la
dynamique de votre organisme en la matiè-
re, une description de la politique jusqu?alors
menée et des initiatives déjà prises peut
être dressée. Si vous le jugez opportun, la
présentation de vos actions précédentes
peut également être appuyée par des do-
cuments joints au volet « technique » de
votre dossier d?engagement.
antisèche
91
92
La réalisation d?un état des lieux « biodiversité » est un élément clé de votre projet d?engagement
volontaire à la SNB. Cet état des lieux est en effet la preuve que votre organisme est entré dans une
phase de réflexion qui l?a conduit à imaginer comment elle pouvait au mieux contribuer à la préserva-
tion de la biodiversité et aux objectifs de la SNB.S?il est recommandé que votre état des lieux fasse
l?objet d?une présentation détaillée dans le volet technique de votre dossier d?engagement, la fiche
de présentation gagne à en souligner les points saillants.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 2
notre état des lieux.
QueSTioN 1 : Quel a été l?objet de votre état des lieux ?
l?objectif général d?un état des lieux « bio-
diversité » est de questionner les activités
de votre organisme. cette réflexion peut
s?appuyer sur la réalisation de plusieurs tâ-
ches :
- Questionner les activités de votre or-
ganisme au regard des orientations straté-
giques et des objectifs de la SNB.
- analyser la réglementation existante.
- etablir un diagnostic de biodiversité
des espaces (territoire, parcelles, sites, etc.)
sur lesquels votre organisme déploie ses
activités.
- dresser un autodiagnostic des liens
d?impacts et de dépendance des activi-
tés de votre organisme vis-à-vis de la
biodiversité.
en fonction de l?identité de chaque orga-
nisme, la réalisation de telle ou telle tâche
est plus ou moins pertinente. il convient ainsi
que chaque organisme précise l?objet de
son état des lieux.
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antisèche
QueSTioN 2 : Quel a été la méthode utilisée pour mener votre état des lieux ?
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en fonction de l?objet de l?état des lieux
et des compétences et moyens de cha-
que organisme, la méthode utilisée peut
être très différente. Celle-ci peut conduire
jusqu?à l?élaboration d?un diagnostic techni-
que, avec éventuellement l?intervention d?un
acteur extérieur à votre organisme (parte-
naire, prestataire, etc.), ou être plus intuitive
et consister en la tenue d?un dialogue ou
d?un travail de documentation permettant
de porter un regard réflexif, un questionne-
ment, sur les activités de votre organisme.
Parmi l?éventail des méthodes, il convient de
préciser celle que vous avez choisie.
antisèche
QueSTioN 3 : Quelles sont les conclusions de votre état des lieux ?
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Le but final d?un état des lieux en matière de
biodiversité est de faire émerger les enjeux
de préservation et de valorisation de la bio-
diversité qui concernent votre organisme. il
s?agit de les préciser. Si votre état des lieux
vous a conduit à identifier plusieurs enjeux
liés à la préservation de la biodiversité, il
convient également de préciser comment
votre organisme a décidé de les hiérarchi-
ser.
antisèche
93
94
Tout projet d?engagement volontaire doit s?appuyer sur la volonté de réaliser un programme d?ac-
tions. Au-delà, un projet d?engagement peut également conduire votre organisme à appréhender
la biodiversité de manière plus intégrée et transversale au sein de vos activités et de votre modèle
d?organisation.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 3
QueSTioN 1 : Quelles sont les grandes lignes de notre programme
d?actions
coeur de votre projet d?engagement, votre
programme d?actions gagne à être présenté
de manière détaillée par les documents du vo-
let technique de votre dossier. l?objectif n?est
pas ici de tout réécrire : la présentation de votre
programme d?actions doit surtout permettre
aux évaluateurs d?en appréhender clairement
les grandes orientations et la cohérence. les
éléments d?information importants à mention-
ner dans la présentation de votre programme
d?actions :
le ou les grands objectifs du programme.
- leur lien avec votre état des lieux en
matière de biodiversité.
- leur lien avec les 20 objectifs de la SNB.
les actions clés de chacun des grands
objectifs du programme.
- l?ambition qui leur est associée en
termes de résultats quantitatifs ou
qualitatifs.
- les éléments de calendrier qui balisent
leur mise en oeuvre.
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antisèche
Les grandes lignes de notre projet
d?engagement volontaire.
QueSTioN 2 :
Quelles sont les éléments qui montre que notre projet
repose sur une démarche intégrée et transversale en faveur
de la biodiversité ?
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en plus de l?adoption d?un plan d?actions, un
projet d?engagement volontaire peut mener
un organisme à appréhender la biodiversité
de manière intégrée et transversale dans
son mode d?organisation et dans ses activi-
tés. la mise en place de systèmes de mana-
gement environnemental ou l?articulation de
l?ensemble des stratégies ou politiques de
votre organisme avec votre stratégie pour
la biodiversité peut donner à votre projet
d?engagement une plus-value véritable.
Cet enjeu de l?appréhension intégrée et
transversale des enjeux de la biodiversité
dans les activités et le mode d?organisation
d?un organisme se pose en termes impor-
tants pour les grandes sociétés ou les col-
lectivités.
antisèche
95
96
Après avoir présenté le fond de votre programme, sa substance pour ainsi dire, il convient de revenir
sur la manière dont votre organisme s?est organisé pour l?élaborer. Cet élément de présentation
vous invite notamment à préciser l?implication des différentes parties prenantes (internes et externes
à votre organisme) de votre projet.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 4
retour sur l?élaboration de notre projet
d?engagement.
la phase d?élaboration d?un projet nécessite souvent la tenue de discussions à l?intérieur d?un organisme pour
définir la meilleure façon d?engager cette dernière. Pour mener à bien ces phases de discussion et de décision, votre or-
ganisme a adopté une organisation particulière. Des réunions ont été organisées, un groupe en charge de suivre l?avancée
de l?élaboration du projet a peut-être été créé, etc. Il convient de préciser cette organisation et de montrer en quoi elle
est susceptible d?être un atout pour la réussite de votre projet d?engagement. dans la description générale du pilotage
de la phase d?élaboration de votre projet, plusieurs éléments d?information méritent d?être précisés :
L?implication du plus haut niveau hiérarchique (élu, chef d?entreprise, conseil d?administration, etc.) de votre or-
ganisme : la SNB considère que l?implication des décideurs d?un organisme est un élément clé de la réussite d?un projet
ambitieux. Il convient ainsi que votre fiche de présentation fasse part de la manière dont le plus haut niveau hiérarchique
a été impliqué dans l?élaboration du projet et comment il continue à être impliqué dans la phase de mise en oeuvre du
projet.
l?implication des différents services ou fonctions de votre organisme : quels services ont été mobilisés ? lesquels
ont participé aux discussions ? le ou lesquels portent le projet ?
Le degré de mobilisation et d?implication des collaborateurs (agents, salariés, adhérents, etc.) sur le projet :
il convient de préciser si des dispositions particulières en termes de sensibilisation, communication et participation ont
été prises pour assurer, de manière plus générale, une mobilisation voire une implication des collaborateurs de votre
organisme dans le projet d?engagement volontaire.
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QueSTioN 1 :
Comment les différentes parties prenantes internes de votre
organisme ont-elles été mobilisés lors de
l?élaboration de votre projet ?
antisèche
QueSTioN 2 :
de quelle manière les parties prenantes externes de votre orga-
nisme ont-elles pu s?exprimer ?
Quelle a été la dimension collective de votre projet ?
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Au-delà du cercle des parties prenantes internes à votre organisme, l?élaboration de votre projet s?est
peut-être nourrie de l?apport d?autres acteurs. la présentation de votre projet d?engagement gagne ainsi à
expliciter toute les dispositions prises en matière de :
Partage des expériences.
la prise en compte des expériences tirées par d?autres acteurs est une façon d?intégrer une dimension
collective à un projet d?engagement. Si l?élaboration de votre initiative s?est appuyée sur des expériences
issues de projets conduits par d?autres acteurs via, par exemple, un travail de documentation ou de dialo-
gue avec ces autres acteurs, il convient ainsi d?en signaler les apports.
dialogue et gouvernance partagée.
Si le pilotage de la phase d?élaboration de votre projet a permis l?expression et la prise en compte des avis
exprimés par les parties prenantes internes ou externes à votre organisme, il convient de décrire comment
cette dynamique d?échange a été instaurée et quels en ont été les apports. les initiatives prises en matière
de consultation et de concertation méritent d?être particulièrement explicitées dans la mesure où elles
contribuent à faire de la biodiversité un enjeu de société partagé. la manière dont vous avez éventuelle-
ment levé les oppositions qui se sont posées à l?élaboration de votre projet et la façon dont vous anticipez
les blocages qui pourraient gêner sa mise en oeuvre méritent également d?être décrite.
Partenariats et co-portage.
Si votre projet s?appuie sur un ou des partenariats ou s?il est co-porté avec un ou plusieurs autres organis-
mes, il s?agit de présenter les organismes partenaires ou co-porteurs. L?intérêt et les apports de ce parte-
nariat ou co-portage pour la qualité de ce projet méritent également d?être décrits.
antisèche
97
98
Pour compléter et finir la présentation de votre projet d?engagement, il convient d?apporter les élé-
ments d?information sur la manière dont votre organisme entend mettre en oeuvre son programme
d?actions. La description des moyens prévus et des dispositions prises par votre organisme pour sui-
vre et évaluer la mise en oeuvre des actions et leurs effets permettront aux évaluateurs d?apprécier la
faisabilité de votre projet ainsi que sa volonté de produire des résultats mesurables.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 5
Vers la mise en oeuvre de notre projet
(moyens alloués, suivi et évaluation).
QueSTioN 1 :
la crédibilité d?un projet réside en partie
dans une juste adéquation entre ses ambi-
tions et les moyens de sa mise en oeuvre.
votre présentation gagne ainsi à apporter
quelques précisions sur le budget associé à
votre projet. Mais, plus que dans l?allocation
de moyens financiers, c?est certainement
dans la juste mobilisation de ressources hu-
maines que réside le succès de votre pro-
jet. description de l?équipe dédiée à la mise
en oeuvre et au suivi du projet, soutien ac-
cordé par la hiérarchie à cette même équipe,
etc., sont autant d?éléments qui permettent
d?évaluer le pilotage de la mise en oeuvre de
votre projet.
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Quels sont les moyens prévus dans la mise en oeuvre de
notre programme d?actions ?
QueSTioN 2 : Quels sont les dispositions prises pour suivre et le dispositif
de suivi et évaluer notre programme d?actions ?
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QueSTioN 3 :
Quels sont les dispositions prises en matière de rapportage
de nos actions ?
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S?engager à informer de manière transpa-
rente d?autres acteurs sur la mise en oeuvre
des actions est un engagement fort vers
une bonne mise en oeuvre d?un projet. la
présentation de votre projet gagne ainsi à à
préciser toute disposition prises en matière
de rapportage.
antisèche
antisèche
un projet d?engagement volontaire doit être tourné vers la réalisation des actions et la recherche de résul-
tats. A ce titre, l?intégration des questions de suivi et d?évaluation est primordiale pour la réussite de votre
projet.
le suivi
concernant le suivi, il s?agit de détailler l?organisation mise en place par votre organisme pour s?assurer de la
réalisation des actions prévues dans votre programme d?actions (via par exemple la tenue d?une feuille de
route). Cet élément de présentation est particulièrement important pour les projets où les actions engagées
sont nombreuses et s?inscrivent dans une longue durée.
l?évaluation
evaluer un programme d?actions, c?est apprécier la qualité globale du projet et de sa mise en oeuvre. Votre
document de présentation doit décrire les dispositions prises par votre organisme en termes d?évaluation.
gagnent notamment à être décrits : la méthode d?évaluation choisie par votre organisme et l?utilisation qui
sera faite des résultats de l?évaluation.
99
annexes annexes
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Parc national de Port-cros, côte rocheuse
101
annexes annexes
crise biologique : elle désigne une période
d?extinction rapide et massive d?espèces. Ainsi,
elle doit remplir trois critères :
? Une durée relativement brève à l?échelle des
temps géologique (quelques millions d?années
maximum).
? Une répartition géographique mondiale.
- Une importante chute de la biodiversité.
ecosystème : ensemble formé par une associa-
tion ou communauté d?êtres vivants et son en-
vironnement biologique, géologique, climatique,
etc. Les éléments constituant un écosystème dé-
veloppent un réseau d?échange d?énergie et de
matière permettant le maintien et le développe-
ment de la vie.
empreinte écologique : L?empreinte écologique
est une mesure de la pression qu?exerce l?homme
sur la nature. C?est un outil qui évalue la surface
productive nécessaire à une population pour ré-
pondre à sa consommation de ressources et à
ses besoins d?absorption de déchets.
Processus écologique : processus ou mécanis-
mes qui évoluent dans un écosystème, et qui lient
les organismes et leur environnement : produc-
tion, décomposition, cycle des éléments nutritifs,
perturbations et évolution de la succession des
espèces, apports énergétiques et interactions en-
tre les organismes au sein d?un écosystème.
expertise : Aide à une décision, à partir de faits
techniques ou scientifiques, dans des affaires où
le décideur se confronte à des questions hors de
sa portée.
& glossaire
services écosystémiques : Utilisation par
l?homme des fonctions écologiques de certains
écosystèmes, à travers des usages et une ré-
glementation qui encadrent cette utilisation. Par
souci de simplicité, on dit que les écosystèmes
« rendent » ou « produisent » des services. Tou-
tefois, une fonction écologique ne prend la forme
d?un service à l?homme que dans la mesure où
les pratiques sociales reconnaissent le service
comme tel, c?est-à-dire reconnaissent l?utilité de
la fonction écologique pour le bien-être humain.
Ce sont, par exemple, la production de l?oxy-
gène de l?air, l?épuration naturelle des eaux, les
ressources qui nourrissent les animaux domesti-
qués ou chassés, l?activité des pollinisateurs des
cultures, des micro-organismes qui produisent et
entretiennent les sols, la séquestration naturelle
de carbone dans le bois, les sols, les mers et le
sous-sol, ou encore le recyclage permanent des
nutriments et de la nécromasse par les animaux,
champignons, bactéries.
solidarité écologique : Étroite interdépendance
des êtres vivants, entre eux et avec les milieux
naturels ou aménagés de deux espaces géogra-
phiques contigus ou non (R. Mathevet, rapport
CNRS). Elle désigne à la fois la « communauté de
destin » entre les hommes et leur environnement
et la volonté d?influencer de manière positive les
différentes composantes de cette communauté.
(ATTENTION: OPTION vise
à identifier dans quelle mesure vos activités peu-
vent contribuer à la réalisation des défis de la
SNB. En tentant de répondre à une ou plusieurs
des 6 grandes questions posées par les orienta-
tions de la SNB, tout organisme, quels que soient
son domaine d?activité, sa taille, ses compéten-
ces, peut identifier de manière pragmatique quel-
ques enjeux clés qui la concernent.
39
hiérarchisez vos enjeux
Le travail de questionnement de vos
activités au regard des enjeux de préservation
et de valorisation de la biodiversité a peut-être
conduit votre organisme à identifier une somme
importante de leviers d?action. Cela est potentiel-
lement vrai pour les organismes de grande taille.
Or, s?engager sur tous les domaines à la fois peut
s?avérer complexe. Il convient ainsi de hiérarchi-
ser vos enjeux.
La façon dont vous définissez le degré de priorité
accordé à chacun de vos enjeux appartient à vo-
tre organisme. Il est cependant recommandé aux
organismes de faire ce choix en prenant en consi-
dération la combinaison de trois grands critères :
les effets escomptés sur la biodiversité, la faisa-
bilité, la minimisation des risques et l?optimisation
des opportunités.
Valoriser les enjeux qui pourront avoir
les meilleurs effets sur la conservation et la
valorisation de la biodiversité.
En toute logique, il s?agit d?accorder la priorité aux
enjeux qui peuvent se prêter aux actions les plus
efficaces pour préserver la biodiversité. Si elle
coule de source, cette question peut être délicate
à trancher pour les organismes dont les activités
ont des liens multiples avec la biodiversité. Pri-
vilégier tel ou tel type d?action implique donc un
parti pris que votre organisme doit être en mesure
de justifier, notamment en se raccrochant aux ré-
sultats de son état des lieux « biodiversité ».
Valoriser les enjeux qui pourront se prê-
ter à la mise en oeuvre effective d?actions
Parmi la totalité de ses enjeux, votre organisme
identifiera sûrement ceux susceptibles de se prê-
ter plus facilement à une déclinaison en actions.
D?autres enjeux vous paraîtront en revanche bé-
néficier d?une marge de manoeuvre plus faible.
Sans renoncer à un certain degré d?ambition,
votre organisme doit donner la priorité aux en-
jeux les plus aptes à être transformés en actions
concrètes et dotés d?une forte probabilité de réus-
site.
Valoriser les enjeux qui vous permettront
de tirer avantage de votre engagement en
faveur de la biodiversité.
À chaque enjeu peut être rattachée une somme
de risques et d?opportunités. Les risques sont tou-
tes les complications auxquelles s?expose votre
organisme s?il n?agit pas davantage en faveur de
la biodiversité. Les opportunités sont au contraire
toutes les occasions d?action qui permettent d?en-
visager la valorisation, la protection et la restau-
ration de la biodiversité comme un atout de dé-
veloppement pour votre organisme. Les enjeux
auxquels votre organisme peut donner la priorité
sont ceux qui permettent au mieux de minimiser
les risques et d?optimiser les opportunités.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202040
Les risques et opportunités liés à la
disponibilité des ressources et des
services écosystémiques.
Pour tous les acteurs économiques, la
maîtrise des coûts de processus de pro-
duction est conditionnée par la disponibi-
lité et les coûts des matières premières.
Réduire la consommation des ressources
et gérer de manière écologique les espa-
ces qui les fournissent peut s?avérer avan-
tageux.
Pour les collectivités, la dégradation des
milieux naturels peut impliquer des dé-
penses coûteuses. C?est notamment le
cas pour les politiques de l?eau. A contra-
rio, miser sur les services rendus par les
écosystèmes tels que l?épuration naturelle
de l?eau peut s?avérer une solution per-
mettant des économies substantielles et
une gestion durable de la ressource sur
le long terme.
Les risques et opportunités réglemen-
taires et financiers.
La mise en place progressive d?amendes,
droits d?usage, d?autorisations d?exploi-
ter, constituent un risque pour les orga-
nismes qui ne se décident pas à monter
risques et opportunités en matière de biodiversité :
quelques exemples
en puissance sur la thématique biodiver-
sité. L?anticipation de la réglementation
vous permet au contraire d?avoir un train
d?avance. Agir en faveur de la biodiversité
peut également vous permettre d?accéder
à des sources de financement nouvelles
(accès à certains crédits bancaires, sub-
ventions publiques, etc.)
Les risques d?image et de réputation.
Pour les acteurs privés, l?absence de prise
en compte de la biodiversité peut fermer
la porte de certains marchés émergents
et peser de manière négative sur les liens
avec les clients de plus en plus sensibili-
sés aux enjeux écologiques. A contrario,
les initiatives prises en faveur de la biodi-
versité montrent les valeurs et l?engage-
ment citoyen de votre organisme.
Pour les collectivités, mener une politique
en faveur de la biodiversité, ou au contrai-
re la laisser se dégrader, a une incidence
directe sur la perception de la qualité de
leur cadre de vie par vos administrés.
41
Dresser un diagnostic agro-écologique et redéfinir son
modèle d?exploitation : M.Guillemaut, agriculteur-éleveur
et la démarche vivaTerr.
conduit à réduire de plus de moitié l?utilisation d?in-
trants (produits phytopharmaceutiques, engrais,
?), sans pour autant avoir diminué son niveau de
production. Ses revenus ont rapidement augmen-
té. La deuxième étape, initiée l?année dernière et
en cours de développement, consiste à optimiser
la production de services écosystémiques, afin de
travailler vraiment au sein des écosystèmes, avec
la biodiversité.
Selon cet agriculteur engagé « Mon
entreprise est un élément indispensable aux
fonctionnalités écologiques du territoire, et ma
responsabilité n?est pas seulement agricole. L?in-
térêt du diagnostic réalisé a été de partir de l?ex-
ploitation dans son ensemble, et de s?interroger
conjointement sur les dimensions économiques,
agronomiques, écologiques et sociales. Chaque
réflexion au sujet de la biodiversité et de l?agricul-
ture gagnerait à prendre en compte ces quatre di-
mensions. La démarche que j?ai suivie m?a permis
d?analyser l?ensemble des interrelations avec le
milieu vivant dont je suis intimement dépendant.
Le travail en groupe, avec d?autres agriculteurs
convaincus que l?avenir de l?agriculture passera
par l?écologie, est aussi un élément déterminant.
Nous avons une communauté de destin et une
communauté d?intérêt avec l?ensemble des espè-
ces vivantes d?un territoire, humaine et non-hu-
maine. Humanité et biodiversité ne peuvent être
séparées, et l?agriculture est le meilleur signe de
cette synthèse. Je suis convaincu que nous pou-
vons montrer la voie. »
Monsieur Guillemaut est agriculteur-éle-
veur en Bretagne sur une surface de 78 ha. Il
a longtemps pratiqué une agriculture classique,
considérant que son métier consistait à produire
des biens alimentaires exclusivement. Cepen-
dant, il a progressivement pris conscience de la
dimension beaucoup plus globale et systémique
de son activité, qui pouvait avoir des impacts
? positifs ou négatifs ? sur l?ensemble du territoi-
re. Il a donc commencé à réfléchir sur son modèle
d?exploitation.
Pour mener à bien son diagnostic, il a sol-
licité les conseils d?une entreprise indépendante
spécialisée en agri-écologie qui lui a proposé de
suivre le programme ViVaTerr ® pour « Vies, Va-
leurs, et Territoires ». Le diagnostic compris dans
ce programme a été réalisé par un binôme ingé-
nieur agronome-ingénieur écologue en trois axes
: une étude agricole (analyse des pratiques et des
démarches de l?exploitation, intrants), une étude
écologique (analyse spatiale et fonctionnelle, re-
pérage des trames vertes et bleues, etc.), et une
étude socio-économique (fondée sur l?évaluation
et la valorisation des services écologiques). Cette
démarche permet ainsi d?évaluer les enjeux en
termes de préservation de la biodiversité, tout en
gardant en objectif les performances économi-
ques et sociales de l?agriculteur.
Ce travail lui a permis d?analyser le fonc-
tionnement de son activité, intégré dans une ma-
trice plus globale qu?est le territoire. Les premiè-
res actions initiées sur l?axe agronomique l?ont
retour
d?expérience
Contact: pat@dervenn.com
Opération diagnostic dans une exploitation agricole.
42
La Ville de Blanquefort en Gironde (14
500 habitants) a sollicité le Conseil Architecture
Urbanisme et Environnement (CAUE) de la Gi-
ronde afin d?élaborer ensemble un cadre « nature
et paysage » pour la stratégie municipale de dé-
veloppement territorial. Ce travail partenarial a
permis d?identifier les continuités écologiques et
paysagères (trames vertes et bleues à l?échelle
des grands paysages comme à celle des espa-
ces de proximité) à préserver, le maillage à éta-
blir entre elles notamment en milieu urbain, les
menaces et opportunités les concernant ainsi que
des actions à mener, tant en matière de planifica-
tion que de projets opérationnels.
Affirmer la place primordiale de la nature
et du paysage dans le projet territorial d?une com-
mune nécessite, au préalable, de les connaître. A
partir d?un travail de terrain et d?une vue aérienne
de la commune, l?ingénieur écologue et le paysa-
giste-urbaniste du CAUE ont repéré, avec les élus
et les services municipaux, 7 grandes continuités
naturelles et paysagères (le fleuve, les jalles, les
coteaux, les marais, etc.) ainsi que des continui-
tés à l?intérieur du tissu urbain, pour donner une
limite à long terme à la nappe urbaine.
Une fois ces trames vertes et bleues re-
portées sur une carte, les discussions ont permis
d?identifier des discontinuités actuelles ou à venir
(en fonction des projets envisagés) qui altèrent la
trame et/ou la lisibilité paysagère (zones urbaines,
zones d?agriculture intensive, routes, ouvrages
hydrauliques autorisés ou non, etc.). Il s?agissait
non pas de sanctuariser systématiquement ces
espaces, mais de leur donner un usage, d?encou-
rager une démarche de projet. La dernière partie
de cette étude partenariale a consisté à détermi-
ner des actions de préservation, de restauration
et de gestion des continuités biologiques et des
structures paysagères en les inscrivant dans une
véritable logique de projet de territoire : mobili-
sation des outils réglementaires et contractuels
adaptés (zonages au PLU en cours de révision,
outils de maîtrise foncière tels les PPEANP, etc.)
et mise en oeuvre de projets structurants (plan de
gestion des espaces naturels, reconquête des
sections artificialisées, sentiers de randonnée,
référentiel paysager, etc.).
Fonder le projet de territoire sur la nature et le paysage : le diagnostic
territorial de la ville de Blanquefort.
retour
d?expérience
Vue aérienne de Blanquefort , au premier plan la ferme
urbaine Ornon.
43
retour
d?expérience
Sortie nature dans les marais de Blanquefort .
Le travail partenarial mené avec les ex-
perts du CAUE a permis d?élaborer une stratégie
territoriale, formalisée dans un document large-
ment diffusé, tant en interne à la Mairie qu?auprès
des partenaires de la commune en matière
d?aménagement du territoire (Agence d?urbanis-
me, Communauté urbaine de Bordeaux, équipes
d?aménagement du centre-ville, etc.), d?ailleurs
associés tout au long de l?étude à travers le comi-
té de pilotage. Mais il a aussi permis une véritable
acculturation des élus et services municipaux aux
thématiques de la nature et du paysage, grâce
au choix d?une démarche partenariale plutôt que
d?une logique d?étude par des experts extérieurs.
As
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Contact: virginie.lannes@ville-blanquefort.fr
44
etablir une vision du territoire avec les acteurs lo-
caux : l?état des lieux de la région auvergne
proche « espèces », 8 groupes de travail ont
été créés (1.flore, 2. champignons et lichens,
3.avifaune, 4.insectes et autres invertébrés,
5.Faune aquatique, 6. Mammifères hors chirop-
tères, 7.Chiroptères, 8.amphibiens et reptiles, 9.
Espèces domestiques et cultivées) et 5 autres
pour l?approche « milieux » (1.forêt, 2.lacs, ma-
rais, tourbières, 3. cours d?eau, 4. milieux ouverts
(cultures, prairies, landes, rochers), 5.milieux ur-
bains). Pour chaque groupe de travail, un pilote
choisi parmi le tissu associatif ou les établisse-
ments publics a été choisi pour réaliser l?état des
lieux. En plus de ces 14 groupes de travail, des
réunions transversales ont été tenues pour per-
mettre l?échange entre les différents pilotes et va-
lider les méthodes utilisées.
Cette organisation a demandé un tra-
vail important d?animation et de coordination à la
Région Auvergne, travail dont elle aurait pu être
allégée en confiant la totalité du diagnostic à un
bureau d?étude. Mais la concertation a relevé d?un
choix assumé : celui de s?appuyer sur les com-
pétences des partenaires associatifs ou publics
et de créer une vision partagée du territoire entre
les acteurs. La démarche a d?ailleurs été payante
puisque des synergies nouvelles ont été créées
entre les différents partenaires : alors que cer-
taines associations avaient tendance à travailler
de façon isolée, de nouvelles coopérations ont
émergé et dynamisent aujourd?hui le territoire.
L?état des lieux à finalement permis à la Région
Auvergne d?adopter sa Stratégie régionale pour la
biodiversité en 2010 avec une meilleure connais-
sance de l?état de conservation, des menaces et
des tendances liés à la biodiversité.
Depuis le Grenelle de l?Environnement,
le territoire régional est devenue l?échelle de ré-
férence pour la détermination de mesures adap-
tées au territoire. De nouvelles compétences
comme la gestion des réserves naturelles régio-
nales ont été reconnues aux Régions. C?est dans
ce contexte que le Conseil régional d?Auvergne a
décidé en 2009 de lancer son état des lieux biodi-
versité, un projet qu?il a co-porté avec la Direction
régionale de l?Environnement, de l?Aménagement
et du Logement (DREAL).
L?état des lieux s?est développé autour
d?une triple approche : les espèces, les milieux,
les paysages. L?objectif était pour chacun de
ces trois objets de mieux connaître la situation
et d?évaluer les enjeux en termes de protection.
La partie « paysage » a été confiée à un bureau
d?étude qui a identifié 9 régions naturelles selon
des caractéristiques de relief, de climat, de vé-
gétation et de géologie. Chacune de ces régions
naturelles constitue une entité hybride qui mixe
les contours « naturels » et les contours adminis-
tratifs (frontières des Pays ou des Parcs naturels
régionaux). Les 9 régions naturelles définissent
ainsi un nouveau découpage territorial, à la fois
pratique et opérationnel pour les collectivités et
permettant une meilleure compréhension des en-
jeux de biodiversité.
Pour les approches « espèces » et « mi-
lieux » de son état des lieux, le Conseil Régio-
nal a préféré s?appuyer sur les compétences de
ses partenaires plutôt que sur un bureau d?étude.
Cet aspect très largement concerté donne au
projet son originalité. Pour les besoins de l?ap-
retour
d?expérience
Contact: f.semiond@cr-auvergne.fr
45
définir la stratégie d?action
de son organisme
Un programme d?actions constitue le
coeur d?un projet d?engagement à la SNB : il ex-
prime ce que votre organisme s?engage à réaliser
pour la protection et la valorisation de la biodiver-
sité dans le cadre de ses activités.
Construisez un programme d?actions
La définition d?une démarche intégrée
et transversale au profit de la biodiversité :
cette option s?adresse davantage à des grands
organismes, des organismes particulièrement
dépendants de la biodiversité dans leurs activi-
tés ou à des organismes déjà engagés en faveur
de la biodiversité. Moins que dans la réalisation
d?un programme, l?enjeu réside dans l?évolution
en profondeur d?un organisme dans son mode
d?organisation et dans le déploiement de ses ac-
tivités.
Ces deux « options » ne sont bien sûr en aucun
cas exclusives l?une de l?autre et tout organisme
est invité à mener de front ce double effort. Dans
les faits cependant, certains acteurs peuvent être
plus à l?aise en s?engageant d?abord autour d?un
programme d?actions pragmatique qui conduira
par suite l?organisme à développer une vision in-
tégrée et transversale. Pour d?autres, notamment
les acteurs déjà engagés en faveur de la biodi-
versité, le programme d?actions sera au contraire
pensé comme la déclinaison d?une démarche
globale pensée en amont.
Tout projet d?engagement gagne à s?ap-
puyer sur la définition d?une stratégie d?action.
Cette dernière ne doit pas être envisagée, notam-
ment par les petits organismes, comme quelque
chose d?effrayant ou de décourageant car trop dif-
ficile à établir. Définir sa stratégie d?action, c?est
simplement se donner quelques grandes orien-
tations et inscrire sa volonté d?agir dans un cadre
cohérent. Les quelques conseils qui suivent vous
permettront de la définir assez facilement.
Suivant la taille, les moyens ou le degré de com-
pétence de votre organisme sur la biodiversité,
deux « options » vous permettent de définir la
stratégie d?action de votre projet :
La construction d?un programme d?ac-
tions: cette option « opérationnelle » s?adresse
à tous et notamment aux petits organismes ou
à ceux qui s?engagent pour la première fois en
faveur de la biodiversité. Elle vise à l?atteinte de
quelques objectifs par la réalisation de plusieurs
actions concrètes planifiées dans le temps.
La construction de votre programme d?actions
peut se faire en trois étapes :
- Définir les grands objectifs du projet.
- Décomposer les grands objectifs en
sous-objectifs et en actions.
- Planifier la mise en oeuvre.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202046
Déterminer le ou les grands objectifs de son pro-
jet, c?est donner à ces enjeux une réponse posi-
tive qui projette votre organisme dans une dyna-
mique visant à le rendre plus performant vis-à-vis
des questions de protection et de valorisation de
la biodiversité et plus à même de tirer avantage
des risques et opportunités liés à ces mêmes en-
jeux.
Pour vous aider dans cet exercice de traduction
de vos enjeux en grands objectifs, vous pouvez
vous rapporter à la liste des 20 objectifs de la SNB
(Cf. liste page suivante). Leurs intitulés présen-
tent une réponse aux principaux enjeux auxquels
peuvent être confrontés les différents acteurs de
la société en matière de biodiversité.
Définir les grands objectifs du projet
Les objectifs d?un projet expriment ce qu?un or-
ganisme veut faire. C?est autour de leur définition
que la stratégie d?action d?un organisme prend
forme concrètement. Il existe plusieurs niveaux
d?objectifs. La gestion de projet classique distin-
gue en général les grands objectifs (souvent ap-
pelés objectifs « stratégiques ») et des sous-ob-
jectifs (souvent appelés objectifs « intermédiaires
» et « opérationnels »).
Pour construire un projet, il est souvent conseillé
de s?intéresser d?abord à la définition des grands
objectifs car ces derniers donnent les orienta-
tions de fond. En pratique, les sous-objectifs sont
parfois identifiés en premier car ils sont davan-
tage tournés vers l?action et les problématiques
de terrain. Toutefois, repérer les grands objectifs
d?un projet est une étape importante qui confère
à votre projet cohérence et stabilité. En effet, si
les objectifs intermédiaires ou opérationnels sont
amenés à évoluer au cours de la mise en oeuvre
de votre initiative, les grands objectifs demeurent
des orientations pérennes.
Pour définir vos grands objectifs, il s?agit de vous
appuyer sur les conclusions de votre état des
lieux « biodiversité ». Ce dernier a normalement
conduit votre organisme à établir une liste hiérar-
chisée des enjeux de préservation et de valorisa-
tion qui se posent dans le cadre de vos activités
biodiversité. Corollairement à ces enjeux, votre
organisme a également pu identifier les risques
auxquels il s?expose en continuant à ne pas agir
en faveur de la biodiversité et les opportunités
que lui offre une action en faveur de la biodiver-
sité.
47
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202048
« Planter des arbres », « installer des ruches », ces actions sont très utiles pour
verdir les villes ou sauver les abeilles, toutefois ces actions peuvent parfois être mal
adaptées à la situation. A titre d?exemple, installer une ruche et favoriser l?installation
d?abeilles peut perturber les autres pollinisateurs sauvages. Dans le même esprit,
boiser un espace peut provoquer la disparition d?espèces peu communes et inféo-
dées à des milieux plus ouverts. Gardez en tête que les actions que vous propo-
sez doivent être cohérentes au regard de vos objectifs et adaptées au contexte. Le
meilleur moyen d?éviter ces pièges est de se faire conseiller par des acteurs reconnus
(associations, bureaux d?études, chercheurs). Le recours à une aide extérieure est
particulièrement important pour les actions de grande envergure ou impliquant une
modification directe de l?écosystème via des travaux de génie écologique ou la mise
en place d?aménagements pour l?accueil de la biodiversité.
Méfiez-vous des solutions clés en main et des
actions qui constituent de fausses bonnes idées !O
Pour eN Savoir +
pour en savoir plus, consul-
tez l?article Faut-il favoriser
l?Abeille domestique Apis
mellifera en ville et dans les
écosystèmes naturels ? pu-
blié dans la revue Le héron.
une contribution qui ques-
tionne la pertinence de l?ins-
tallation de ruchers sans
diagnostic préalable pour
préserver la biodiversité.
décomposez les grands objectifs en
sous-objectifs? et les sous-objectifs
en actions !
Pour chacun des grands objectifs de votre projet,
un ou plusieurs sous-objectifs doivent être déter-
minés. Pour les définir il faut tenter de répondre
à une question simple : « quelles sont les étapes
qui peuvent engager notre organisme dans la
réalisation de ces grands objectifs ? »
Dans cette optique, les sous-objectifs sont com-
me les différents chantiers à mener qui, addition-
nés, tendent à répondre aux grands objectifs. En
s?appuyant sur son état des lieux et en faisant
preuve de créativité, ce travail de décomposition
des grands objectifs en sous-objectifs peut se
faire relativement facilement.
Les sous-objectifs doivent ensuite être déclinés
en une ou plusieurs actions. Les actions peu-
vent être d?envergure très diverses. Il importe
cependant qu?elles soient pertinentes au regard
du sous-objectif auquel elles se rapportent. Pour
dresser la liste des actions de votre projet, il est
utile de se renseigner sur les bonnes pratiques
menées par d?autres acteurs dans votre secteur
d?activité. Pour vous inspirer, vous pouvez égale-
ment vous reporter à la boîte à idées du présent
Guide.
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
49
attention à ne pas trans-
former votre feuille de
route en oeillères !
Dresser une feuille de route est sou-
vent rassurant car elle donne l?im-
pression d?une action bien maîtrisée.
Cependant, n?oubliez pas que vous
apprendrez toujours en marchant et
que vos sous-objectifs et, de manière
plus générale, la façon dont vous vou-
lez mettre en oeuvre vos actions vont
évoluer. Il s?agit de rester ouvert à ces
changements qui, loin de remettre en
cause votre projet, peuvent au contrai-
re l?enrichir.
Planifier l?action
Pour donner de la lisibilité à un projet, il peut être
utile d?en dresser la feuille de route. Pensée en re-
gard de la manière dont votre organisme souhaite
s?organiser pour assurer la mise en oeuvre de son
projet (Cf. Repère 4) cette feuille de route hiérar-
chise grands objectifs, sous-objectifs et actions
prévues. La feuille de route de votre projet doit
apporter des éléments de planification pour cha-
cune de vos actions : but à atteindre, éléments de
calendrier, acteurs impliqués, évaluation prévue,
moyens et ressources alloués...
L?entreprise X est une entreprise fictive créée
uniquement pour illustrer comment un organisme
peut assez simplement construire un programme
d?actions qui soit utile à la biodiversité.
L?entreprise X est située en Dordogne. Elle pos-
sède et gère deux campings. Elle emploie une
cinquantaine de salariés. Le travail d?état des
lieux préalable qu?elle a mené en se documentant
autour de quelques références sur la biodiversité
et, en se rapprochant d?une association locale
de protection de la nature (l?association Y), lui a
permis de comprendre que son activité avait des
impacts non négligeables en matière de biodiver-
sité (consommation d?espace, gestion d?espaces
verts, émission de pollutions) et que la pérennité
de son activité dépendait aussi de la biodiversité
(les campeurs sont attachés à la qualité du pay-
sage et à la nature qui environne le camping). Sur
la base de ces quelques conclusions, l?entreprise
O
cas pratiQue :
l?entreprise X et la définition de sa feuille de route
cas pratiQue :
X a décidé de se fixer deux grands objectifs en
se rapportant aux objectifs de la stratégie natio-
nale pour la biodiversité qu?elle a précisés pour
les rendre plus adaptés à son cas :
Maîtriser les pressions sur la biodiversité
en réduisant nos impacts via une gestion écolo-
gique de nos espaces verts et le contrôle de nos
pollutions lumineuses.
Faire émerger, enrichir et partager une
culture de la nature, notamment en sensibilisant
notre clientèle aux enjeux de la biodiversité et à
la beauté de la nature.
A partir de ces quelques conclusions l?entreprise
X a dressé la feuille de route suivante :
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202050
51
Au-delà de la construction d?un program-
me d?actions dédié, votre projet d?engagement
volontaire pour la SNB peut conduire votre orga-
nisme à adopter une démarche qui vise à intégrer
la biodiversité de manière transversale dans l?en-
semble de ses politiques ou activités sectorielles
ainsi que dans son modèle d?organisation. Cela
vaut essentiellement pour des organismes dont
les liens d?interdépendance à la biodiversité sont
multiples et forts comme les grandes entreprises
ou les collectivités.
Définissez une démarche intégrée et transversale
au profit de la biodiversité
agendas 21 locaux et biodiversité
Outil majeur pour le développement durable
des territoires, les Agendas 21 locaux consti-
tuent un engagement fort des collectivités.
Le cadre de référence national des Agendas
reconnaît parmi ses 5 finalités essentielles «
la préservation de la biodiversité, protection
des milieux et des ressources ». À ce titre, le
projet d?engagement SNB d?une collectivité
peut tout à fait consister dans l?approfondis-
sement des dispositions prises en matière
de biodiversité dans son Agenda 21.
entreprises et démarche de développe-
ment durable certifié
- Les normes ISO de l?Agence française
de normalisation (AFNOR) attestent de la
mise en oeuvre de démarche durable par
les entreprises. Si la prise en compte des
enjeux de la biodiversité n?est pas à ce jour
un pré-requis obligatoire dans l?obtention de
ces certifications, les entreprises sont inci-
tées à l?intégrer de manière volontaire dans
leur démarche. Parmi les normes existantes,
c?est aujourd?hui la norme ISO 26 000 sur
la responsabilité sociétale des entreprises et
la norme environnement ISO 14001 sur la
mise en oeuvre d?un Système de manage-
ment environnemental (SME) qui permettent
d?intégrer au mieux les questions spécifiques
à la biodiversité.
- L?Agence de l?environnement et de la
maîtrise de l?énergie (ADEME) a également
élaboré la méthode DIESE (Démarche in-
tégrée environnement sécurité entreprise)
pour réaliser un état des lieux ou mettre en
place un système de management dans les
domaines environnement, santé ou sécurité
au travail qui prend en compte les enjeux de
la biodiversité.
L?intégration de l?enjeu biodiversité, par-delà
l?adoption d?un seul programme d?actions, est
susceptible de conférer une valeur ajoutée certai-
ne à votre projet dans la mesure où elle autorise
l?adoption de vrais projets d?entreprise et de pro-
jets de développement territorial pensés autour
de la biodiversité.
Pour s?engager dans ce sens, il s?agit de faire
vivre les objectifs stratégiques définis au cours
de votre état des lieux dans les différents servi-
ces de votre organisme. Cela implique un travail
important en termes de dialogue et d?accompa-
gnement entre l?équipe en charge de la définition
de vos grandes orientations et les services. Dans
le concret, ce travail d?échanges en interne doit
aboutir à l?adoption, service par service, d?ob-
jectifs intermédiaires qui traduisent les objectifs
généraux de votre organisme dans la réalité des
missions de chaque service.
Un bon moyen pour les collectivités et entrepri-
ses de tendre vers cet objectif d?intégration de la
biodiversité est de renforcer la place faite aux
enjeux de la biodiversité dans des dispositifs
transversaux tels les Agendas 21 locaux ou les
Systèmes de management environnemental.
Pour eN Savoir PluS Sur
leS ageNdaS 21 loCaux
rendez-vous sur le site internet du mi-
nistère de l?écologie.
http://www.afnor.org/
http://www.afnor.org/profils/centre-d-interet/environnement
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?sort=-1&cid=96&m=3&id=61653&ref=&nocache=yes&p1=111
http://www.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.developpement-durable.gouv.fr/
52
adopter une démarche intégrée et transversale en incluant
les enjeux de la biodiversité dès la phase de conception
d?un produit ? egis eau et l?éco-cavalier.
Le produit final participe au maintien de la biodi-
versité et au bon fonctionnement des écosystè-
mes en remplissant certaines fonctions écologi-
ques essentielles (nurserie, continuité, etc.), tout
en assurant la stabilité de la canalisation sur le
fond.
Le processus d?éco-conception présenté
ici illustre les possibilités d?actions synergiques
entre équipes de compétences différentes pour
agir en faveur de la biodiversité. Si cette réalisa-
tion témoigne de la possibilité technique d?une
telle action, y compris dans le cadre d?un projet
d?infrastructure lourde, il est nécessaire d?insister
sur l?importance d?un rapprochement des équipes
et de la confrontation des différents enjeux dès le
démarrage du projet. Trop souvent, les réflexions
environnementales interviennent à un stade où
l?état d?avancement du projet ne permet plus que
des adaptations « à la marge ». L?éco-conception
écologique d?un projet dès sa base au travers
d?une démarche transversale et intégrée est ainsi
la clé d?une véritable action en faveur de la biodi-
versité.
Traversant le lagon de Mayotte, aire
marine protégée, le projet de doublement de
la conduite d?alimentation en eau potable entre
Grande Terre et Petite Terre a été conçu pour
minimiser l?impact sur l?écosystème corallien et
assurer une non-perte globale de biodiversité. En
premier lieu, un tracé de moindre impact a été
défini sur la base de la sensibilité des différents
habitats marins. En second lieu, le projet a expé-
rimenté une innovation particulière en faveur de
la biodiversité : l?éco-cavalier. Dépassant l?unique
fonction de lestage de conduite sous-marine as-
sociée aux cavaliers traditionnels, les éco-cava-
liers sont conçus de sorte à créer de nouveaux
habitats marins artificiels, ciblant l?accueil d?espè-
ces marines locales.
Le processus d?éco-conception de
l?ouvrage a ainsi structuré la démarche environ-
nementale du projet, selon 4 étapes : la définition
des habitats et de leur sensibilité, la caractérisa-
tion de leurs fonctions écologiques principales, la
détermination des éléments de mimétisme pour
« reproduire » certains habitats dans l?ouvrage et
enfin, la conception de ce dernier en conciliant
objectifs écologiques et faisabilité technico-éco-
nomique.
Dans le cadre de cette dernière étape,
le rapprochement d?équipes d?écologues et d?in-
génieurs en génie civil maritime a permis de
confronter deux visions complémentaires du pro-
jet afin d?aboutir à la proposition d?un ouvrage
fonctionnel et intégré. Six modèles ont ainsi été
étudiés en fonction des potentialités écologiques
et techniques à promouvoir localement, et conçus
de sorte à optimiser les étapes de fabrication et
d?en maîtriser les coûts. Un total de 206 modules
de lestage a été fabriqué en série industrielle et
utilisé dans le cadre du projet.
retour
d?expérience
L?éco-cavalier.
Contact: martin.perrot@egis.fr
La Ville de Montpellier a élaboré son
référentiel en aménagement urbain dénommé
AURA (Améliorer l?Urbanisme par un Référentiel
d?Aménagement), composé d?une grille compre-
nant 30 indicateurs et d?objectifs chiffrés, afin
de construire des écoquartiers confortables et
agréables à vivre et de participer efficacement à
la réduction des consommations énergétiques,
des émissions de gaz à effet de serre, de pré-
server la ressource en eau et d?assurer le confort
d?été sans climatisation, sujets particulièrement
sensibles en climat méditerranéen. Ce référentiel
a été conçu de manière concertée et partagée
avec l?ensemble des partenaires de la Ville et a
pour principale ambition d?offrir à l?ensemble des
acteurs de l?urbanisme et de l?aménagement les
outils pour construire la ville durable de demain.
Dans cet outil d?aménagement, le thème de la
biodiversité est traité de manière à la fois explicite
mais aussi transversal.
Un indicateur spécifique «biodiversité»
permet en effet de traiter la thématique de ma-
nière très explicite. L?indicateur, abordé à travers
le nombre d?espèces par hectare, favorise le
développement de milieux floristiques riches via
le choix d?une palette variée de végétaux, cohé-
rente avec les écosystèmes environnants, le tout
associé à une stratégie de gestion différenciée
(sans intrants chimiques) des « délaissés » (pré-
servation de milieux végétaux spontanés parfois
jugés indésirables mais qui accueillent en général
une biodiversité supérieure).
Le thème de la biodiversité est également
présent de manière sous-jacente dans un ensem-
ble de 6 indicateurs ayant traits aux espaces verts
qui favorisent la présence de la nature en ville ou
à la gestion de le ressource en eau, qui loin d?être
une contrainte permet de contenir strictement la
palette végétale aux espèces adaptées au climat
méditerranéen et à ses spécificités de sol et de
pluviométrie. Cela est indispensable pour rester
cohérent avec les écosystèmes environnants et
participe ainsi au maintien de la biodiversité et
même à son accroissement.
Le référentiel AURA a permis de trans-
poser l?ensemble des exigences de la Ville et
de sa Direction Paysage et Biodiversité au sein
des opérations d?urbanisme publiques. Nombre
d?entre-elles se disposent aujourd?hui dans leur
périmètre d?un espace de nature d?envergure,
propice au développement de corridors écologi-
ques favorables à la biodiversité. Mais l?AURA
va plus loin puisqu?il intègre, à l?échelle de l?îlot,
ces mêmes contraintes aux promoteurs immobi-
liers dans leurs opérations de logements privées.
Cette transposition du savoir-faire municipal au
sein des parcs et jardins privés répond avant tout
à une logique de bon sens avec le recours aux
plantes vivaces indigènes ou adaptées au cli-
mat méditerranéen, à des modes d?intervention
permettant de préserver la flore spontanée, à la
création de jardins secs économes en eau ou en-
core à la demande de nature en ville exprimée
par les habitants.
intégrer la préservation de la biodiversité dans l?aménage-
ment des villes : la ville de montpellier et son référentiel
aura.
retour
d?expérience
Contact: yann.rabusson@ville-montpellier.fr
Cyclistes derrière les coquelicots du nouveau quartier.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202054
S?organiser pour assurer la mise
en oeuvre de son projet
développez une ingénierie de projet grâce à
des moyens adaptés
Pour éventuellement amortir l?effort financier de
votre organisme sur le projet, pensez à vous as-
socier à d?autres acteurs. Cela présente le grand
avantage de mettre en commun les moyens !
En raison de la remise en cause de cer-
tains pans des activités de l?organisme et
des investissements supplémentaires qu?il
requiert, le projet en faveur de la biodiver-
sité de votre organisme peut être perçu par
certaines personnes comme un surcoût.
Agir implique effectivement des dépen-
ses (financières mais aussi en termes de
temps), mais il s?agit de valoriser les re-
tours sur investissement, même si ceux-ci
s?inscrivent sur le long terme ou ne sont
pas forcément chiffrables immédiatement :
économie d?échelle sur le long terme, pé-
rennisation de l?activité, maintien des ser-
vices rendus par les écosystèmes, gain en
termes d?image, etc.
La biodiversité, un surcoût ?
Décider de moyens financiers
suffisants
Tout projet d?engagement doit prévoir
l?adoption des dispositions nécessaires pour
assurer la bonne mise en oeuvre des actions et
l?atteinte des objectifs. Cela nécessite de faire
reposer la volonté d?agir de votre structure sur
une ingénierie solide prévoyant la mobilisation de
moyens adaptés. L?élaboration d?un système de
suivi et d?évaluation constitue également un enjeu
clé pour orienter votre organisme vers la recher-
che de résultats et d?effets positifs sur la biodiver-
sité.
Qu?ils soient financiers ou humains, la
mise en oeuvre de votre projet d?engagement
nécessite des moyens. Dans une logique de fai-
sabilité de votre initiative, il s?agit de mettre en
cohérence les objectifs poursuivis avec les inves-
tissements prévus. Prévoir et définir l?allocation
des moyens est donc un moment stratégique
dans l?élaboration de votre projet dans la mesure
où cela définit en grande part le niveau d?ambition
de votre engagement.
En matière de préservation et de protection de
la biodiversité, il est possible de faire beaucoup
avec peu. Nombre de réalisations ambitieuses
peuvent être menées en faisant une économie
de moyens financiers. Il reste cependant capital
que votre projet s?appuie sur une allocation de
ressources financières suffisantes à son bon dé-
roulement. De là dépend une grande partie de la
crédibilité d?un projet.
O
55
organiser les ressources humaines
pour piloter le projet
Cette mission d?animation et de suivi requiert
qu?un ou plusieurs chefs de projets soient dési-
gnés. Des moyens humains, techniques ou finan-
ciers doivent être mis à disposition de votre chef
de projet pour qu?il puisse assurer sa mission
convenablement. Votre chef de projet doit aussi
bénéficier du support d?un référent en charge de
suivre son travail et de prendre des décisions né-
cessaires qui feront évoluer le projet au cours de
sa mise en oeuvre. Plus le référent de votre chef
de projet occupe une place clé dans la hiérarchie
de votre organisme, plus votre projet fera montre
de la qualité de son portage politique.
La réalisation des actions du projet.
Au-delà du chef de projet en charge de l?anima-
tion et du suivi, la mise en oeuvre de votre projet
peut être amenée à mobiliser un ensemble plus
ou moins important d?individus au sein de votre
organisme. Cela est notamment le cas pour des
projets qui reposent sur la modification de prati-
ques ou méthodes de travail dans certains ser-
vices. Les individus qui sont appelés à changer
la façon de faire leur métier doivent être identi-
fiés dès la construction du programme d?actions
en vue d?être informés, écoutés et formés en
amont.
L?évaluation des actions.
L?évaluation participe activement au pilotage de
votre projet car elle permet de le faire évoluer et
de l?améliorer en continu. A ce titre, des temps
forts de l?évaluation doivent être déterminés en
amont et l?ensemble des individus impliqués iden-
tifié. Les personnes impliquées dans l?évaluation
sont de deux types :
- Les participants à l?évaluation, par exemple les
individus en charge de la mise en oeuvre des ac-
tions auprès desquels il faudra s?entretenir pour
apprécier la mise en oeuvre du projet.
- Les responsables de l?évaluation en charge de
collecter et d?analyser les informations nécessai-
res à l?évaluation. Dans le cas de projets portés
par de petits organismes, l?évaluateur du projet
peut être le chef de projet. Dans d?autres cas,
l?évaluation sera assurée par d?autres individus,
éventuellement extérieurs à votre organisme (un
prestataire par exemple). Dans ce cas il s?agit de
bien articuler les relations entre le chef de projet
et les responsables de l?évaluation afin que votre
système d?évaluation soit utile au pilotage de vo-
tre projet.
L?organisation en interne autour de votre projet
doit être clairement formalisée pour assurer un
bon pilotage de celui-ci. Il s?agit de reconnaître
à chaque personne ses responsabilités dans les
différentes tâches associées au bon déroulé du
projet. Cet enjeu d?organisation est tout aussi
important pour les grands organismes dont les
projets impliquent la participation et le travail en
synergie de plusieurs services, que pour les plus
petits organismes où une même personne peut
être amenée à assumer plusieurs tâches.
Il faut associer des ressources humaines aux tâ-
ches suivantes :
L?élaboration du projet.
L?élaboration de votre projet doit impliquer le plus
grand nombre d?individus possible au sein de vo-
tre organisme. Le plus haut niveau hiérarchique,
ainsi que les principaux personnels encadrants
sont appelés à jouer un rôle actif, par exemple
en présidant les réunions du groupe chargé de
l?élaboration du projet. Le projet doit aussi être
présenté dans les principales instances de votre
organisation et qui doivent se l?approprier (comité
de direction, conseils d?administration, etc.)
Les collaborateurs de votre organisation (agents,
salariés, adhérents, etc.) doivent aussi être mobi-
lisés dans l?élaboration du projet : des efforts de
communication interne sont à mener pour expli-
quer la démarche initiée au sein de votre orga-
nisme. Des processus de participation (enquête
interne, débats, boîte à idées du projet) sont à
mettre en place en vue de la co-production du
projet de votre organisme avec ses collabora-
teurs.
L?animation et le suivi du projet.
Dans sa phase d?élaboration et encore plus lors
de sa mise en oeuvre, votre projet nécessite de
s?appuyer sur des ressources humaines en char-
ge de son animation et de son suivi. Une équipe
doit être chargée de faire vivre le projet tant en
interne (auprès des différents services et collabo-
rateurs associés dans votre organisme) qu?en ex-
terne (auprès des parties prenantes extérieures à
votre organisme).
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202056
La gestion des enjeux de biodiversité implique souvent la participation d?acteurs pluriels,
qu?ils soient internes à votre organisme ou externes (parties prenantes). Ces acteurs ont
un rôle important à jouer dans le pilotage de votre programme d?actions et plus généra-
lement dans la mise en oeuvre de votre projet. Les plus motivés constituent des forces
motrices pour le projet tandis que les plus réfractaires peuvent au contraire menacer sa
mise en oeuvre. Autant que possible, il s?agit donc d?identifier les postures des person-
nes impliquées dans votre projet ; l?objectif étant de repérer les blocages éventuels pour
mieux les anticiper et les lever par la sensibilisation, le dialogue ou la formation.
Sachez identifier les menaces et les opportuni-
tés liées au pilotage de votre projetO
Selon la nature de votre projet, le pilotage de
ce dernier peut impliquer que votre organis-
me gagne en compétences techniques, par
exemple sur les outils et méthodes adaptés
à la gestion de l?environnement. Plusieurs
organismes peuvent vous aider :
- L?Atelier technique des espaces natu-
rels (ATEN) a pour mission de contribuer à
la sauvegarde des espaces et du patrimoine
naturels, par la mise en réseau et la profes-
sionnalisation des acteurs. L?ATEN capitali-
se les savoirs et les échanges d?expériences
: guides méthodologiques, logiciels, échan-
ges techniques préparent les gestionnaires
à travailler par objectifs et à suivre (tableaux
de bord) les indicateurs pertinents pour éva-
luer l?exécution des programmes, la pertinen-
ce des projets et leur impact sur le territoire.
L?ATEN assure également un programme de
formation initiale et continue dans le cadre
duquel plus d?une centaine de sessions sont
programmées chaque année et publiées sur
Les réseaux pour vous aider à renforcer les
compétences techniques de votre organisme
le site internet. Si l?ATEN propose ses ser-
vices en priorité aux organismes qui sont
membres de son réseau, de nombreuses
ressources sont accessibles à tous en ligne
sur leur site Internet.
- De manière générale, les associations
de protection de la nature et gestionnai-
res d?espaces naturels peuvent également
vous aider à monter en compétence pour
mieux piloter votre projet.
Pour davantage d?informations et de
conseils sur le pilotage de votre projet,
n?hésitez pas à consulter la boîte à idées
du Guide et notamment son entrée sur l?ob-
jectif n°9 de la SNB « Développer et péren-
niser les moyens financiers et humains en
faveur de la biodiversité ». Vous y trouve-
rez certainement des repères et exemples
d?actions susceptibles de vous aider à vous
organiser autour de votre projet.
57
Prenez les dispositions nécessaires en termes
d?évaluation
Un dispositif d?évaluation ambitieux doit conduire votre organisme à mesurer et apprécier son initiative
selon deux niveaux : un niveau stratégique qui considère votre projet dans sa globalité et un niveau
plus opérationnel qui s?intéresse de manière plus spécifique au suivi de votre programme d?actions.
comprendre les deux niveaux de l?évaluation de votre initiative
Concernant le suivi de la mise en oeuvre de vo-
tre programme d?actions (niveau opérationnel de
l?évaluation), les clés de succès résident princi-
palement dans l?organisation de votre pilotage et
les rapports entre le chef de projet et le reste des
personnes impliquées dans la mise en oeuvre de
votre programme d?actions, ainsi que dans la te-
nue d?un tableau de bord ou de tout autre docu-
ment (par exemple le renseignement d?une série
Niveau de l?évaluaTioN Ce Que l?oN CherChe
à meSurer ou aPPréCier
la méThode eT leS
ouTilS aSSoCiéS
Stratégique
Opérationnel
Les principaux résultats
et impacts de votre projet
La mise en oeuvre
du programme d?actions
La définition de critères
et d?indicateurs
Un tableau de bord
de suivi des actions
leS deux Niveaux de l?évaluaTioN
L?exercice d?évaluation de votre initiative
en faveur de la biodiversité est essentiel pour vous
assurer que vous êtes sur la bonne voie et éven-
tuellement enclencher une dynamique d?améliora-
tion en continu. Une définition simple consiste à
considérer l?évaluation comme un double travail
de fiches techniques détaillant les éléments as-
sociés à la mise en oeuvre de chaque action de
votre programme).
La série de conseils et de recommandations qui
suit dans ce présent Guide concerne davantage
le niveau stratégique de l?évaluation, soit la me-
sure et l?appréciation des résultats et impacts de
votre projet.
de questionnement, de recherche et analyse de
l?information dont l?objectif est double : mesurer
la mise en oeuvre de votre programme d?actions
et apprécier la qualité globale du projet et de sa
mise en oeuvre.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202058
Souvent l?évaluation d?un projet est envisa-
gée comme une tâche à réaliser à la fin d?un
programme d?actions, comme une sorte de bi-
lan visant à établir si l?organisme a réussi ou
échoué dans son entreprise d?atteindre des
objectifs qu?il s?était fixés. En réalité, l?évalua-
tion peut être menée à tout moment d?un pro-
jet : en amont, pendant et après la mise en
oeuvre des actions.
- En amont de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : une évaluation peut être
menée pour vérifier la solidité d?un program-
me d?actions. Est-il pertinent compte-tenu des
enjeux révélés dans le diagnostic initial ? Les
moyens prévus pour la mise en oeuvre sont-
ils cohérents au regard des ambitions fixées ?
Se poser ce type de questions préalables peut
s?avérer utile dans le cadre de grands projets.
Les temps de l?évaluation
Votre méthode d?évaluation doit être définie en même temps que vous construisez votre programme
d?actions, notamment lorsque vous précisez les buts à atteindre pour chaque action. Cet alignement
entre le tempo de la construction du programme d?actions et celui de l?élaboration de la méthode d?éva-
luation est logique. En effet, tout résultat attendu par vos actions doit, dans l?idéal, pouvoir être mesuré
et la mise en oeuvre de toute action doit également pouvoir être appréciée.
Définir les premiers éléments de sa méthode d?évaluation autour de quelques
critères
- Au cours de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : l?évaluation peut mesurer
progressivement l?atteinte des objectifs. Elle
autorise également à se prononcer plus pré-
cisément sur la validité des actions et la façon
dont elles sont menées: tout se passe-t-il com-
me prévu ? Les actions entreprises permettent-
elles d?avancer sur la poursuite des objectifs ?
Dans cette phase intermédiaire, l?évaluation
est active : elle peut permettre de rectifier le tir
et de faire évoluer le projet en cours.
- Au terme de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : l?évaluation permet de tirer
un bilan complet du projet. Elle vérifie ainsi
si les effets obtenus peuvent être considérés
comme positifs et si les objectifs ont bien été
atteints. Au-delà, elle permet également de ti-
rer des enseignements sur la mise en oeuvre
du programme.
Le critère d?efficacité
Ce critère est certainement le plus important car
il s?intéresse aux effets propres de votre projet au
regard des objectifs fixés. Il pose la question :
« Notre projet et l?ensemble des actions qui le
compose produisent-ils des effets qui rapprochent
notre organismes des objectifs qu?il s?est fixés ?
». Ainsi, il s?agit de savoir si vos actions ont un
impact que l?on peut considérer comme positif sur
la biodiversité. Ces impacts peuvent être directs
(c?est-à-dire qu?ils concernent, par exemple, l?état
de conservation d?une espèce ou d?un milieu) ou
indirects (s?ils concernent par exemple la sensibi-
lisation ou l?accompagnement aux changements
de personnes au sujet des enjeux de la biodiver-
sité). Evaluer son initiative au regard du critère
d?efficacité est particulièrement utile au cours de
La première étape pour définir votre méthode
d?évaluation consiste à déterminer les critères de
l?évaluation, soit les différentes questions dont les
réponses apportées par un travail de collecte et
d?analyse de données, vous permettront de vous
prononcer sur la qualité de votre projet. Plusieurs
méthodes promues par différentes institutions
(notamment le Conseil supérieur d?évaluation) ont
permis de définir des jeux de critères d?évaluation
transposables à une variété de situations. Parmi
ces critères, 5 sont pertinents pour l?évaluation de
projets conduits en faveur de la biodiversité. Ces
cinq grands critères vous sont donnés à titre indi-
catif mais libre à vous d?écarter ceux qui ne vous
conviennent pas ou de définir les vôtres !
59
Dans son article de référence intitulé L?analyse stratégique de la gestion environnemen-
tale : un cadre théorique pour penser l?efficacité en matière d?environnement, Laurent
Mermet développe un paragraphe sur l?évaluation des politiques environnementales. Il
met en évidence la nécessité de prendre en compte deux faces indissociables de l?ac-
tion des organismes dans le travail d?évaluation : la gestion intentionnelle et la gestion
effective. La gestion effective, ce sont toutes les actions déployées par un organisme
pour protéger ou préserver un objet environnemental, en d?autres termes: il s?agit des
actions de votre projet. La gestion intentionnelle renvoie à toutes les autres actions,
extérieures à votre projet, qui affectent positivement ou négativement le même objet en-
vironnemental. Ces actions qui relèvent de la gestion intentionnelle peuvent être le fait
d?autres acteurs mais également de votre propre organisme. Pour Mermet, la focalisa-
tion du travail d?évaluation sur les seules actions de la gestion effective peut constituer
un biais susceptible de fausser ou de limiter les apports de l?évaluation. Cet article est
donc un appel à voir plus loin et adopter une approche plus globale de l?évaluation.
evaluation des impacts de la gestion effective et de la
gestion intentionnelle de l?environnement
Le critère de pertinence
Ce critère pose la question « En quoi notre projet
constitue-t-il une réponse adaptée aux enjeux qui
lient notre organisme à la biodiversité ? ». Liée
aux conclusions de votre état des lieux « biodi-
versité », l?utilisation de ce critère permet notam-
ment de vérifier que vos actions s?inscrivent bel
et bien au coeur des activités de votre organisme.
Ce critère est surtout utile pour une évaluation en
amont de la mise en oeuvre des actions de votre
projet.
Le critère de cohérence
Ce critère invite à considérer la question « no-
tre projet repose-t-il sur une stratégie d?actions
solide ? ». Il cherche ainsi à tester la solidité du
projet en mesurant l?adéquation entre les grands
objectifs, les sous-objectifs et les actions avec
les moyens et ressources humaines et financiè-
res qui leur sont associés. Ce critère est surtout
utile pour une évaluation en amont de la mise en
oeuvre des actions, mais aussi au cours de leur
mise en oeuvre dans le cas où votre projet serait
amené à évoluer dans une perspective d?amélio-
ration continue.
la mise en oeuvre des actions pour juger des ré-
sultats de chaque action. Il est également utile de
prendre en compte ce critère lors d?une évalua-
tion plus globale du projet au terme de la mise en
oeuvre des actions.
L?utilité
Ce critère pose la question : « En dehors des im-
pacts sur la préservation de la biodiversité, quels
sont les apports connexes de notre projet ? ». Il
entend ainsi établir, au-delà des effets sur la bio-
diversité, l?ensemble des retombées positives de
votre projet. Celles-ci peuvent être nombreuses
et se révéler dans le temps alors que votre orga-
nisme ne les avait pas prévues : économies réa-
lisées, nouvelles méthodes de travail adoptées,
nouvelles relations entre acteurs créées, dyna-
misation du territoire, etc. Ce critère est surtout
utile pour une évaluation en cours mais surtout au
terme de la mise en oeuvre des actions de votre
projet dans la mesure où une prise de recul est
souvent nécessaire pour apprécier les apports
connexes d?un projet.
Le critère d?efficience
Ce critère interroge le projet de la manière sui-
vante : « Quelle analyse tirer des résultats obte-
nus au vu de l?importance des moyens humains
ou financiers mobilisés ? ». Sorte de bilan, le cri-
tère d?efficience cherche à apprécier la viabilité du
projet en analysant les coûts et les apports, maté-
riels ou immatériels, à longs ou à courts termes,
de votre projet. Dans cette perspective, le critère
d?efficience intervient surtout dans l?évaluation de
votre projet au terme de votre programme d?ac-
tion.
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202060
préciser sa méthode en déterminant
l?organisation et les outils de
l?évaluation
Construire et renseigner un indicateur tech-
nique pour évaluer les impacts sur la biodi-
versité n?est pas une opération simple. Pour
vous aider dans cette tâche, appuyez-vous
sur des méthodes de construction d?indi-
cateurs existantes et faites-vous aider par
des professionnels reconnus (associations,
organismes de recherche, bureaux d?étu-
des).
Les indicateurs techniques
de biodiversité
Pour eN Savoir PluS Sur
leS iNdiCaTeurS de BiodiverSiTé
consultez le guide à l?usage des utilisateurs
d?indicateurs de biodiversité du conseil
consultatif des académies des sciences
européennes et reportez-vous aux travaux
de l?observatoire national de la biodiversité.
Un système d?évaluation s?appuie nécessaire-
ment sur un travail de recherche, de traitement
et d?analyse de l?information. Pour apprécier les
effets de votre programme d?actions ainsi que la
qualité globale de votre projet et de sa mise en
oeuvre sur la base des critères que vous avez
définis, il s?agit en effet de disposer de données
qualitatives et quantitatives qui sont à récupérer
sur le terrain puis de les analyser. Cela implique
de préciser la méthode d?évaluation en se ques-
tionnant sur les données qui constitueront la base
de travail de l?évaluation et en réfléchissant à l?or-
ganisation à adopter pour recueillir et traiter ces
mêmes informations :
- De quelles informations aurons-nous be-
soin pour mesurer les résultats et apprécier
la mise en oeuvre ?
- Comment récupérer ces informations ? Qui
les collectera ? Qui les analysera ?
Concernant les outils, la définition et le renseigne-
ment d?indicateurs techniques est parfois néces-
saire. Ceci est notamment le cas pour apprécier
les améliorations d?un projet souhaitant apporter
des améliorations sur l?état de conservation de la
biodiversité (par exemple : un projet visant à res-
taurer un écosystème ou à protéger une espèce
menacée). Néanmoins, nombre de projets peu-
vent faire reposer leur système d?évaluation sur
des outils très simples. Par exemple, s?entretenir
avec les personnes chargées de réaliser le pro-
gramme d?actions en recueillant leurs avis, atten-
tes et difficultés peut permettre d?évaluer la mise
en oeuvre du programme. De même pour mesu-
rer les effets d?actions ayant un impact indirect
sur la préservation de la biodiversité - comme la
sensibilisation d?autres acteurs, un dialogue avec
le public cible de votre action peut vous permettre
d?évaluer si votre initiative produit, ou non, des
effets positifs.
http://www.leopoldina.org/fileadmin/user_upload/Politik/-Empfehlungen/EASAC/EASAC_Statement_Biodiversityindicator_2005.pdf
http://www.leopoldina.org/fileadmin/user_upload/Politik/-Empfehlungen/EASAC/EASAC_Statement_Biodiversityindicator_2005.pdf
http://www.naturefrance.fr/onb
61
Profiter de l?évaluation pour faire vivre
le projet
Trop souvent, l?évaluation est considérée comme
une tâche à réaliser dans les derniers temps d?un
projet. Or, par les retours de terrain qu?il permet, le
dispositif de suivi et d?évaluation peut contribuer
à faire vivre le projet, à optimiser ses chances de
produire des résultats positifs et à l?améliorer en
continu. Ainsi, le suivi et l?évaluation gagnent à
être envisagés comme un outil au service du bon
pilotage de votre projet.
Pour profiter des apports du suivi et de l?évalua-
tion, deux précautions simples d?organisation
sont à observer :
Fixer les moments forts du dispositif de
suivi et d?évaluation: produire un suivi et une
évaluation quotidienne de votre projet serait idéal
mais difficilement tenable ! Il s?agit donc de déter-
miner des moments forts, en essayant de poser
les jalons d?un suivi et d?une évaluation régulière.
Faut-il évaluer tous les mois, trimestres, semes-
tres ? A vous de faire le choix selon les différents
paramètres de votre projet (sa durée globale, les
éléments de calendrier propres à votre program-
me d?actions, etc.).
prévoir les échanges entre les person-
nes en charge du suivi et de l?évaluation et
celles en charge du pilotage général du pro-
jet : dans le cas des grands organismes où les
tâches de suivi et d?évaluation sont réalisées par
des personnes différentes de celles en charge du
pilotage général du projet ou de son animation, il
est capital de prévoir des moments de restitution
et de discussion à propos des retours d?informa-
tion émanant du terrain.
L?évaluation peut également consti-
tuer un moyen privilégié pour mobi-
liser vos parties prenantes. D?une
part, parce que les résultats d?une
évaluation permettent de faire un
point sur le projet. Ils autorisent ainsi
à rendre compte et à communiquer
auprès de vos parties prenantes.
D?autre part, il est également possi-
ble de co-produire l?évaluation. On
parle d?évaluation partagée. Cela
présente de nombreux avantages
dont la création d?un consensus sur
les résultats attendus d?un projet et
la mise en commun des moyens
pour assurer la collecte et l?analyse
des informations de terrain.
utilisez l?évaluation
pour mobiliser les
parties prenantes du
projet
O
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202062
Partager autour de son initiative
À l?intérieur comme à l?extérieur de vo-
tre organisme, votre initiative gagne à s?appuyer
sur l?implication d?un maximum de personnes et
d?acteurs. Partager son projet avec le plus grand
nombre, tant dans les phases de conception de
votre projet, de mise en oeuvre des actions ou
d?évaluation, présente de nombreux avantages.
Cela permet notamment aux petits organismes
impliquez vos parties prenantes externes
disposant des moyens ou d?une expertise limités
sur la biodiversité de mutualiser les ressources
et les compétences. Pour les grands organismes
ou ceux dont les activités impliquent un dialogue
régulier avec des parties prenantes, associer
d?autres acteurs constitue une chance mais aussi
un défi pour faire de la biodiversité un enjeu par-
tagé à l?échelle de la société.
Une partie prenante est un acteur concerné ou
intéressé par un projet mené par un autre ac-
teur. On parle de parties prenantes «internes»
lorsque l?acteur concerné fait partie de l?orga-
nisme ou « externes » lorsqu?elle appartient à
un autre organisme. Salariés, agents, citoyens,
associations, clients, fournisseurs? cette
Qu?est-ce qu?une partie prenante ?
en quoi l?implication des parties
prenantes est-elle importante ?
définition simple cache une diversité d?ac-
teurs importante.
En quoi l?implication des parties prenantes
est-elle importante ?
Dans bien des cas, l?implication des parties
prenantes est un élément clé de la réussite
d?un projet en faveur de la biodiversité. Les
orientations que votre organisme prend
pour conserver et valoriser la biodiversité
peuvent en effet avoir des conséquences
importantes pour l?activité d?autres ac-
teurs.
Ex.: le projet d?une collectivité pour un aména-
gement du territoire durable incluant les enjeux
de biodiversité peut avoir des conséquences
importantes sur la manière dont les acteurs
socio-économiques locaux (agriculteurs, pay-
sagistes, promoteurs) développent leurs activi-
tés. Si ces derniers ne sont pas impliqués d?une
manière ou d?une autre à votre démarche, votre
projet risque de se heurter à des réticences qui
pourront bloquer les phases de mise en oeuvre.
A contrario, une bonne implication des parties
prenantes peut permettre d?enrichir un projet et
de démultiplier ses effets positifs.
Parce que la biodiversité constitue à la
fois un bien commun et que les questions de sa
préservation dépassent bien souvent le cadre des
activités d?un seul acteur, l?implication des parties
prenantes d?un organisme est un enjeu important.
Celui-ci concerne d?une manière particulière les
grands organismes ou ceux dont le métier invite à
développer des liens nombreux et réguliers avec
d?autres organismes (comme les collectivités par
exemple). Pour les organismes disposant de fai-
bles moyens ou étant isolés dans leurs activités,
l?implication des parties prenantes n?est pas né-
cessairement un élément clé de la qualité d?un
projet d?engagement volontaire à la SNB.
O
63
Au niveau national, le ministère de l?Eco-
logie promeut un modèle de gouvernance
issu du Grenelle de l?Environnement qui
permet l?expression de ses principales par-
ties prenantes. Ce modèle de gouvernance
vise à l?expression et à la représentation
équilibrée dans les instances de décisions
de l?ensemble des acteurs impliqués dans
la gestion de l?environnement et du déve-
loppement durable. Les acteurs sont ainsi
répartis au sein de différents collèges. En
fonction des dossiers, le nombre et l?inti-
tulé des collèges varient pour s?adapter au
contexte. En règle générale, le modèle de
gouvernance Grenelle reconnait 6 collè-
ges:
- L?Etat, ses services déconcentrés et éta-
blissements publics.
- Les collectivités territoriales et leurs élus.
- Les représentants des entreprises et du
monde agricole, de la pêche, des forêts et
de la chasse.
- Les organisations syndicales de salariés.
- Les associations et fondations de la pro-
tection de l?environnement.
- Les scientifiques et personnalités quali-
fiés.
Ce modèle, à adapter évidemment aux
réalités de votre contexte et de votre pro-
jet, peut constituer un cadre susceptible
de vous inspirer dans l?identification de vos
parties prenantes et dans les dispositions
prises par votre organisme pour faire parti-
ciper ses parties prenantes externes à son
projet.
Le modèle de gouvernance
issu du grenelle
environnement
Identifier les parties prenantes de son projet
Il s?agit d?abord de repérer les acteurs
concernés et ceux potentiellement intéressés par
votre projet.
Les acteurs concernés sont ceux dont les
activités seront directement ou indirectement
impactées par les orientations et les actions de
votre projet. Pour les identifier, posez-vous les
questions : « auprès de qui notre projet aura-t-il
des conséquences, économiques ou sociales par
exemple ? » ou « quels acteurs pourraient être
appelés à changer ses pratiques au regard de no-
tre projet ? ».
Les acteurs potentiellement intéressés
constituent un ensemble d?organismes qui peut
être différent. S?ils ne sont pas impactés par vo-
tre projet, les thèmes développés dans ce der-
nier les intéressent compte-tenu par exemple de
leur implication sur ces mêmes thèmes. Pour les
identifier posez-vous la question « quelles sont
les organismes non-impactés par notre projet qui
pourraient, à l?aune des problématiques au coeur
de leurs activités, être amenés à prendre position
(positivement ou négativement) à l?égard de notre
projet ? ». Sur les projets concernant la préserva-
tion de la biodiversité, les associations de protec-
tion de la nature et les établissements publics dé-
diés à la gestion de l?environnement constituent
la majorité des acteurs potentiellement intéressés
par votre projet.
Le nombre de parties prenantes de vo-
tre projet peut être potentiellement très important.
Dans ce cas, il s?agit de prioriser en repérant les
acteurs dont l?implication est la plus capitale. Afin
d?identifier les personnes à impliquer en priorité,
votre organisme gagne à se poser les questions
suivantes : Quels acteurs peuvent être le plus né-
gativement impactés du point de vue économique
ou social par notre projet ? Quels acteurs peuvent
s?opposer le plus fortement à notre projet et être
préjudiciables à la réalisation de nos actions ? Au
contraire, quels acteurs sont susceptibles de dé-
fendre et d?appuyer notre projet et de faciliter la
mise en oeuvre de nos actions ? Cette série de
questions doit in fine vous permettre de porter un
regard sur les jeux d?acteurs en présence, d?iden-
tifier les blocages éventuels et les leviers sur les-
quels vous pouvez vous appuyer.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202064
nouer le dialogue avec les parties
prenantes externes de son organisme
Le dialogue avec les parties prenantes
est un processus qui doit accompagner votre pro-
jet dans toute sa durée et pas seulement une fois
que les décisions sont prises et que votre projet
attend d?être mis en oeuvre. Instaurer le dialogue
tôt et le rendre durable en instaurant des rapports
de confiance et de respect est une condition im-
portante pour assurer à votre projet les meilleures
chances d?être mis en oeuvre de manière optima-
le.
L?information et la transparence sont
deux préalables nécessaires à l?existence d?un
dialogue constructif avec vos parties prenantes.
Il s?agit en effet de tenir informée chacune de vos
parties prenantes, selon des formats adaptés qui
rendent les intentions de votre initiative claires et
accessibles à tous.
Au-delà de cet effort d?information, de vé-
ritables dispositions peuvent être prises par vo-
tre organisme pour assurer une participation des
parties prenantes externes à votre projet. Deux
options, pour faire participer les parties prenantes
à votre projet :
La mise en place de mécanismes de
consultation et de concertation.
Cette option est celle qui permet la participation la
moins forte des parties prenantes à votre projet.
Elle est néanmoins adaptée pour faire participer
des acteurs pour qui la mobilisation est rendue
difficile dans la durée, comme les habitants d?une
Développée depuis les années 1990 par le groupe de Recherche en gestion sur les territoires
et l?environnement, l?ASGE est un cadre d?analyse qui tente de replacer et de comprendre
toute situation de gestion environnementale dans une lecture des systèmes d?actions régis
par des jeux d?acteurs complexes et parfois contradictoires. Les principes de l?ASGE peut
ainsi être mobilisé par tout acteurs désireux de mieux appréhender les relations entre acteurs
et ainsi mieux gérer les relations avec les parties prenantes. Les principes de l?ASGE ont
récemment été résumés dans un article rédigé sous la direction de Laurent Mermet et intitulé
L?analyse stratégique de la gestion environnementale: un cadre théorique pour penser l?effi-
cacité en matière d?environnement.
L?analyse stratégique de la gestion de l?environnement (asge) :
un cadre théorique éclairant pour décrypter les jeux d?acteurs en
oeuvre dans les questions de gestion de l?environnement
commune par exemple. Au regard de la co-pro-
duction, les mécanismes de consultation et de
concertation présentent l?avantage d?être une for-
mule souple : il est en effet possible de consul-
ter ou d?engager une concertation à des phases
précises de la vie de votre projet alors que la co-
production vous engage dans la durée. En revan-
che, le degré de solidarité atteint avec vos parties
prenantes est plus faible. Ces dernières peuvent
donc se désolidariser plus facilement de vos ini-
tiatives. Si elles présentent des caractéristiques
communes, consultation et concertation visent
des objectifs sensiblement différents et renvoient
à des techniques plurielles.
- La consultation : l?objectif est de recueillir les
avis, les attentes des parties prenantes. Elle doit
être réalisée très en amont afin de rendre comp-
te le plus tôt possible de ces attentes pour que
le projet puisse évoluer en fonction de celles-ci.
D?autres consultations peuvent être réalisées
au cours du projet pour vérifier certains choix ou
orientations. Ces consultations peuvent prendre
forme grâce à des outils divers : enquête, forum,
etc.
- La concertation : elle vise à associer de ma-
nière active les parties prenantes, à travers des
débats, rencontres, échanges d?arguments et de
points de vue. Elle a pour finalité la recherche de
compromis entre intérêts parfois contradictoires,
d?améliorer le projet ou de faire émerger de nou-
velles propositions.
http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1156
http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1156
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
65
L?instauration d?une dynamique de co-construction.
La participation des parties prenantes
au pilotage du projet doit se faire sur la base
d?une confiance établie entre les acteurs. Cel-
le-ci se forge au fur et à mesure des échan-
ges. Prendre le temps du dialogue et déployer
des moyens en termes d?animation est donc
capital.
La participation est aussi une dyna-
mique qui s?entretient dans la durée. Certains
acteurs peuvent se démobiliser et votre propre
organisme peut s?essouffler dans la mesure où
faire participer demande du temps. Pour éviter
cela, l?évaluation et la communication autour
des apports de la participation des acteurs à
votre projet, et plus généralement la commu-
Quelques conseils pour la mise en place d?un pilotage multi-
acteurs de votre projet en faveur de la biodiversitéO
misez sur les partenariats et les projets co-portés
nication sur les avancées du projet, peuvent
être des pistes pour maintenir l?intérêt de tous
les acteurs. Des événements pour le maintien
d?une dynamique positive peuvent être organi-
sés lors de moments clés du projet.
La participation des acteurs au pilotage
peut conduire à l?expression de positions et
d?avis contradictoires sur les orientations à
donner au projet. Pour sortir au mieux de ces
situations délicates, il convient de définir en
amont des règles claires de participation et
de prises de décision. Votre organisme pourra
ainsi rendre des arbitrages de manière trans-
parente.
La co-construction, c?est l?élaboration et la mise
en oeuvre du projet en impliquant le plus grand
nombre d?acteurs à toutes les étapes d?un projet.
Elle les associe aux choix, à la définition des en-
jeux, à l?élaboration d?un projet, dans sa gestion
et son évaluation. Cette option présente un grand
degré de solidarité entre votre organisme et ses
parties prenantes et sécurise pour ainsi dire votre
projet dans la mesure où, plus une action est col-
lectivement pensée, plus elle est susceptible de
lever les blocages potentiellement liés à sa mise
en oeuvre. La co-construction est néanmoins une
démarche exigeante qui implique la mise en pla-
ce d?une véritable gouvernance partagée via la
participation des parties prenantes aux différen-
tes phases de votre projet.
Au-delà des dynamiques de participation
des parties prenantes, la mise en place de par-
tenariats, qu?ils reposent ou non sur des bases
contractuelles, et de projets co-portés dans le
cadre de l?appel à reconnaissance lancé par la
SNB, permettent la réalisation d?actions dont la
valeur dépasse souvent celles d?acteurs dont les
actions sont isolées.
En plus de conférer à votre projet une plus-va-
lue certaine, les partenariats et co-portage ont
l?avantage de permettre la mise en commun des
moyens humains, financiers ou techniques et
ainsi de relativiser l?investissement concédé par
votre organisme.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202066
Le dispositif de reconnaissance des projets adossé à la SNB a mis au point un pro-
cédé unique pour encourager la mobilisation collective des acteurs : le co-portage des
projets d?engagement volontaire. En comparaison avec un partenariat, le co-portage
présente un degré de solidarité plus forte entre les acteurs associés dans le projet.
Aux yeux du dispositif de reconnaissance, les co-porteurs sont en effet considérés
comme un groupement et engagent leurs responsabilités sur l?ensemble du projet.
co-porter un projet dans le cadre de l?appel à
reconnaissance de la snB
Partagez vos expériences
Le partage des expériences issues de
votre projet au sein même de votre organisme et,
au-delà, auprès d?autres acteurs est un excellent
exercice qui permet de vous améliorer et de per-
mettre aux autres de s?améliorer. Des moments
d?échanges et de réflexion mobilisant les princi-
pales conclusions de l?évaluation de votre pro-
gramme gagnent ainsi à être mis en place. Ce
faisant, le dialogue établi donnera peut-être à vo-
tre organisme de nouvelles clés pour progresser
au sujet de la conservation et de la valorisation de
la biodiversité dans ses activités.
Les expériences issues de votre pro-
jet gagnent d?abord à être partagées
en interne, entre les différentes per-
sonnes mobilisées sur le projet et le
reste de votre organisme. Ensuite, il
s?agit d?échanger avec tous les ac-
teurs auprès desquels vous pourrez
apprendre mutuellement : parties
prenantes, partenaires, fédération,
réseaux professionnels, associa-
tions, etc. Organisation de groupes
d?échanges ou de séminaires de
restitution, mise en place d?outils
d?échanges multimédia, etc. : les
moyens de partager ses expériences
sont nombreux.
Identifiez auprès de qui
et comment partager
vos expériences ?O
67
Le groupe de travail « Collectivi-
tés et biodiversité » du Comité français
de l?UICN (Union internationale pour la
conservation de la nature) constitue une
plate-forme d?échange et de concertation
unique sur la biodiversité, regroupant les
collectivités françaises volontaires (ré-
gions, départements, intercommunalités,
villes?), leurs associations, ainsi que les
membres du réseau français de l?UICN
(représentants des ministères, établisse-
ments publics, ONG?), soit actuellement
plus de 90 organismes.
Le concours « Capitale française de
la biodiversité de NatureParif » organisé
par NatureParif pour toute commune de
plus de 2000 habitants constitue un évé-
nement majeur pour les collectivités dési-
reuses de partager leurs initiatives.
Le Comité 21 est un réseau d?ac-
teurs engagés dans la mise en oeuvre
opérationnelle du développement dura-
ble. Il a pour mission de créer les condi-
tions d?échange et de partenariat entre
ses adhérents issus de tous secteurs afin
qu?ils s?approprient et mettent en oeuvre,
ensemble, le développement durable à
l?échelle d?un territoire. Composé de qua-
tre collèges, il réunit les parties prenantes
concernées en France : entreprises (mul-
tinationales et PME), collectivités (des
communes aux régions), associations
(d?environnement, de développement, de
solidarité locale, de défense des droits
humains?), institutions, établissements
Quelques enceintes dans lesquelles il vous est
possible d?échanger au niveau national au
sujet de la biodiversité :
d?enseignement supérieur et médias. Ce
réseau de plus de 470 adhérents fonde
son action sur le partenariat pluri-acteurs
et sur l?action concrète.
Le Groupe de travail «Economie et
biodiversité » de l?association Orée réu-
nit une trentaine d?entreprises (de tailles
et secteurs diversifiés), collectivités et
associations autour de la problématique
« Comment intégrer la biodiversité dans
les stratégies des acteurs économiques
? ». L?association Orée est également co-
organisatrice du concours « Entreprises
et environnement » qui chaque année
distingue les entreprises engagées pour
faire évoluer les modes de consomma-
tion et de production dans le sens du
développement durable, notamment au
regard des enjeux de la biodiversité.
La commission biodiversité de l?as-
sociation Entreprises pour l?Environne-
ment (EPE) est une enceinte ouverte aux
acteurs économiques pour échanger sur
les méthodes, outils, indicateurs et par-
tenariats qui permettent aux entreprises
d?améliorer leurs actions en faveur de la
biodiversité.
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.natureparif.fr/fr/concours2012
http://www.natureparif.fr/fr/concours2012
http://www.comite21.org/
http://www.oree.org/extranet/groupe_travail/groupe-de-travail-entreprises-et-biodiversite.html
http://www.oree.org/extranet/groupe_travail/groupe-de-travail-entreprises-et-biodiversite.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prix-Entreprises-et-Environnement,27930.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prix-Entreprises-et-Environnement,27930.html
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
68
Conduire le changement avec ses parties prenantes in-
ternes et externes : le Pacte Botanic.
Les collaborateurs ont dû d?abord être for-
més pour savoir conseiller les clients qui étaient
demandeurs de solutions écologiques. 30.000h
de formations ont été réalisées en 3 ans, soit plus
de 50h par magasin (en moyenne) pour initier
les conseillers à cette nouvelle façon de jardiner.
Pour cette formation, Botanic s?est associé à l?un
des acteur pionnier du jardinage écologique : le
centre Terre Vivante.
Pour mobiliser les clients, des ateliers pé-
dagogiques sur le jardinage écologique ont éga-
lement été mis en place dans tous les magasins
avec les thèmes suivants : le compostage, le po-
tager bio, les prairies fleuries, comment accueillir
les auxiliaires, le soin des plantes par les plantes
? Un guide éco-jardinier gratuit de 48 pages a
été édité pour présenter les gestes et produits es-
sentiels pour jardiner écologique.
Le travail réalisé a eu également un ef-
fet vertueux sur les fournisseurs de Botanic qui
s?engagent davantage pour le développement de
nouvelles solutions écologiques, telles la mise au
point de gamme de terreaux avec des engrais or-
ganiques exclusivement, la mise au point de pots
biodégradables pour remplacer les pots en po-
lyéthylène ou polypropylène, le développement
de nouvelles gammes de prairies fleuries spécia-
les biodiversité ou nectarifère, de semences bio,
l?augmentation dans le choix des nichoirs et abris
à auxiliaires.
Contact: sdhallu@botanic.com
Botanic est une enseigne de jardinerie
qui compte aujourd?hui 59 magasins en France
et 5 en Italie. Son action en faveur de la biodi-
versité prend forme suite à une étude que la so-
ciété a commandée sur les pesticides autorisés
en jardinage amateur. Les résultats de l?étude ont
été sans appel puisque sur 135 matières actives
autorisées en jardinage amateur à l?époque, 97
se sont révélées toxiques ou nocives pour la san-
té et 25 nocives pour l?environnement. Botanic a
donc décidé de ne plus cautionner le commerce
des produits en les supprimant de ses rayons :
c?est le Pacte Botanic.
Cette démarche a été progressive pour
entraîner l?ensemble des parties prenantes dans
ce changement : les équipes en premier, sans
qui rien n?était possible; les clients ensuite, très
réceptifs à la démarche mais avec une forte de-
mande de conseils et de pédagogie; les fournis-
seurs enfin, qui ont pour la plupart su relever le
défi.
Il a fallu 3 ans pour arriver à retirer dans
l?ensemble des magasins Botanic tous les pesti-
cides et engrais chimiques de synthèse, et propo-
ser au même moment, des solutions alternatives
naturelles et écologiques. Mais le jardinage éco-
logique ne se résume pas à remplacer un trai-
tement chimique par un traitement naturel. C?est
une autre philosophie et d?autres pratiques de jar-
dinage que l?entreprise a proposé à ses clients.
retour
d?expérience
69
Consciente qu?une eau saine commence
par une terre saine et que l?exploitation de l?eau
est inséparable de la gestion de son environne-
ment immédiat, la société Nestlé Waters France
s?est dès les années 1990 tournée vers des me-
sures de la qualité de l écosysteme autour de ses
sources de Vittel, Contrex et Hépar. C?est dans ce
cadre qu?est né le projet Agrivair.
Le point de départ du projet Agrivair
consiste dans une volonté de réduire le taux de
nitrates dans les sols. C?est ainsi que Nestlé Wa-
ters France c?est tourné vers les parties prenantes
du monde agricole de son territoire. L?enjeu était
de promouvoir une agriculture durable, basée no-
tamment sur un objectif « zéro phytosanitaires »,
sur l?ensemble de l?impluvium (zone d?infiltration
des eaux qui alimente l?aquifère donnant naissan-
ce aux eaux minérales, soit 10 000 hectares) des
sources Vittel, Contrex et Hépar.
Les travaux de recherche et d?expertise
de l?Institut national de recherche en agronomie
(INRA), soutenus par Nestlé Waters France ont
permis l?élaboration d?un cahier des charges per-
mettant aux agriculteurs de s?engager dans le
projet. Agrivair se présente aujourd?hui comme
une filiale de Nestlé Waters France dont l?un des
objectifs est d?accompagner techniquement les
exploitants agricoles dans leur changement de
pratiques.
Au-delà du partenariat entre la société
Nestlé Waters France et les agriculteurs, le projet
implique également les collectivités, industriels
et résidents du domaine d?intervention du projet
Agrivair. C?est donc vers une mobilisation large
de ses parties prenantes que Nestlé Waters Fran-
ce s?est orientée. Des actions de sensibilisation
(réalisation d?un jardin pédagogique sur les pra-
tiques écologiques de jardinage) ont notamment
été conduites à l?égard des jardiniers amateurs
pour les inciter à diminuer leur utilisation de pro-
duits phytosanitaires.
Cette initiative partenariale de préser-
vation de l?eau et du développement durable du
territoire a conduit aujourd?hui, à une restauration
de la qualité des écosystèmes locaux, avec une
richesse en termes de biodiversité équivalente à
celle de certains espaces protégés. On commen-
ce à estimer à la fois le bien-être apporté par la
biodiversité et les coûts de sa préservation, pour
qu?à terme les acteurs publics et privés le prennent
en charge. Cette politique ouvre de nombreuses
perspectives de développement économique lo-
cal par la valorisation du « capital naturel » qu?est
le territoire et son écosystème ainsi protégés :
agriculture et agro-alimentaire propre et respon-
sable, filières d?éco-construction, gestion durable
de l?eau. Mais au-delà, cette politique crée de la
valeur sur tout le territoire d?émergence, car in
fine c?est bien l?écosystème, et la biodiversité qui
le conditionne, qui se trouvent préservés.
mobiliser ses parties prenantes autour d?un projet de
développement économique local fort de la préser-
vation de la biodiversité : Nestlé Waters France et la
filière Agrivair.
retour
d?expérience
70
renforcer une politique de préservation de la biodi-
versité autour de partenariats inscrits dans la durée :
la politique partenariale de Cemex.
la compréhension des enjeux territoriaux liés à la
biodiversité.
Fort de ce premier engagement, CEMEX s?est
naturellement tourné vers un partenaire d?enver-
gure nationale pour poursuivre son action. En
2012, une convention de partenariat avec Huma-
nité et Biodiversité a été signée, notamment pour
renforcer l?analyse des liens entre biodiversité
et responsabilité sociétale des entreprises. En
2003, CEMEX et la LPO avaient déjàvv signé un
partenariat national renouvelé annuellement qui
s?appuie sur 2 volets distincts :
? Un plan d?action : par ses connaissances de
terrain, la LPO accompagne CEMEX dans la ges-
tion environnementale de ses sites d?exploitation.
Au travers d?échanges réguliers, les deux parte-
naires partagent également leur compréhension
des sujets d?actualité ayant trait à la biodiversité.
? Un mécénat : CEMEX soutient des program-
mes de préservation des espaces et des espèces
gérés par la LPO, soit 31 programmes soutenus
depuis 9 ans.
Cette politique de partenariat et de
concertation menée par CEMEX à tous les ni-
veaux de l?entreprise, du local au national, per-
met de garantir une prise en compte permanente
de la biodiversité dans les activités de CEMEX,
et constitue une véritable source d?amélioration
continue. Ainsi, le rapprochement du monde in-
dustriel avec celui des associations de protection
de la nature, s?il paraît délicat au premier abord,
est un lien constructif lorsqu?il est bâti sur le long
terme et dans le cadre de relations de transpa-
rence et de confiance.
En France, CEMEX est un des leaders
du béton prêt à l?emploi et des granulats. En co-
hérence avec sa mission de satisfaire les besoins
de ses clients, CEMEX concilie ses impératifs
économiques avec ses ambitions environnemen-
tales et sociétales dans sa politique développe-
ment durable.
Depuis plus de 20 ans, CEMEX déve-
loppe de nombreux partenariats sur ses sites de
carrière avec des associations locales de protec-
tion de la nature (FRAPNA, SEPANSO, GONm,
ANVL, LPO?). Ces partenariats locaux ont pour
objet d?accompagner l?entreprise dans la gestion
de la biodiversité de ses carrières, dans la sen-
sibilisation de son personnel de terrain, de met-
tre en oeuvre des suivis écologiques réguliers,
d?apporter conseils et expertises pour le réamé-
nagement écologique des sites exploités. A titre
d?exemple, l?Ecopôle du Forez, situé en bord de
Loire, est un réaménagement exemplaire inscrit
dans le réseau NATURA 2000 qui accueille cha-
que année plusieurs milliers de visiteurs. Il est le
fruit d?un travail mené en collaboration entre CE-
MEX et la FRAPNA Loire.
Afin de fédérer l?ensemble de ses par-
tenaires, CEMEX crée dès 1995 le Collectif des
Associations Partenaires (CAP). Composé de
22 associations naturalistes en 2012, le CAP a
pour but d?approfondir et mutualiser les réflexions
environnementales engagées sur le terrain et au
niveau national par l?entreprise. Chaque année,
CEMEX organise un séminaire des membres du
CAP ; l?occasion d?avoir de nombreux échanges
et notamment de faire le bilan des partenariats
engagés et de partager les bonnes pratiques et
retour
d?expérience
Contact: Contact: johanna.moreau@cemex.com
Photo de groupe du Collectif des Associations Partenaires de CEMEX
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71
retour
d?expérience
Présent sur l?ensemble du territoire, GrDF
(Gaz réseau Distribution France) est le principal
distributeur de gaz naturel en France. L?écoute,
le dialogue et la co-construction sont une dimen-
sion essentielle de son action au quotidien et de
sa mission de service public. Etroitement liée à sa
politique de développement durable, sa politique
de partenariat s?inscrit dans ces logiques. Elle a
été pensée de façon à renforcer les liens avec
les collectivités territoriales tout en agissant sur
des sujets d?intérêt général : préservation de la
biodiversité, prévention de la précarité énergéti-
que, insertion? dans une logique de création de
valeur partagée.
Ainsi, concernant la biodiversité, GrDF
s?est engagé aux côtés de la Fédération Natio-
nale des Jardins Familiaux et Collectifs pour
l?implantation de jardins partagés qui réinstallent
de la nature en ville, tout en retissant du lien so-
cial. GrDF soutient l?action du Réseau Cocagne
pour la création d?exploitations maraîchères bio-
logiques et d?emplois d?insertion professionnelle.
GrDF est également partenaire de Natureparif
pour l?organisation du concours « Capitale fran-
çaise de la biodiversité » et de l?Union Nationale
de l?Apiculture Française, dans le cadre du pro-
gramme « Abeille sentinelle de l?environnement »,
pour l?installation de ruchers dans différents sites
de l?entreprise en France, et du Muséum National
d?Histoire Naturelle dans le cadre d?un partenariat
scientifique sur la prise en compte de la biodiver-
sité lors des travaux sur le réseau de distribution
de gaz naturel.
Outre leur ancrage territorial et leur inté-
rêt en matière de biodiversité, ces partenariats ont
été choisis pour leur résonance avec les valeurs
de l?entreprise. Cette corrélation entre actions et
valeurs permet aux partenariats d?être mieux ap-
propriés par les salariés et de donner du sens aux
actions concrètes mises en oeuvre sur le terrain.
GrDF conçoit son engagement dans la durée et
proscrit les partenariats qui ne sont que ponc-
tuels. Les conventions de partenariat, signées
initialement pour 3 ans, ont toutes été renouve-
lées pour 3 nouvelles années en 2011. Objectif :
mener des actions pérennes, donc plus utiles à la
société, et donner au partenaire de la visibilité sur
le soutien dont il peut bénéficier. Les projets sont
co-construits dans une logique d?amélioration
continue. Une approche qui est aussi un gage de
la confiance des partenaires.
Ancrés dans les activités de l?entreprise,
la plupart des partenariats s?inscrivent dans l?offre
proposée aux collectivités locales dans une logi-
que de création de valeur partagée. GrDF pro-
meut une approche globale des projets et tra-
vaille sur l?aménagement durable et le cadre de
vie des habitants dans toutes ses dimensions :
efficacité énergétique, énergies renouvelables,
mobilité, biodiversité, lutte contre la précarité
énergétique, vivre-ensemble? autant de para-
mètres qui viennent enrichir l?offre de services
liée à l?activité gazière traditionnelle.
GrDF crée aussi de la valeur en « croi-
sant » ses différents partenariats et en mettant
en relation des acteurs qui ne se seraient peut-
être pas rencontrés autrement. Il s?agit de créer
de nouvelles synergies et opportunités d?actions
qui répondent mieux aux attentes des différentes
parties prenantes. GrDF joue ainsi un rôle d?in-
tégrateur et d?ensemblier auprès des collectivités
locales et des territoires et de ses partenaires.
frederique.le-monnier@grdf.fr
renforcer une politique de préservation de la biodi-
versité autour de partenariats inscrits dans la durée : la
politique partenariale de grdF
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GrDF participe aux APIdays, journées nationales des partenaires
«Abeille, sentinelle de l?environnement».
http://www.jardins-familiaux.asso.fr/
http://www.jardins-familiaux.asso.fr/
http://www.reseaucocagne.asso.fr/
http://www.unaf-apiculture.info/
http://www.unaf-apiculture.info/
http://www.abeillesentinelle.net/
http://www.abeillesentinelle.net/
chapitre iii
s?engager auprès de la stratégie
nationale pour la biodiversité
chapitre iii
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Diatomées marines récoltées au cours de l?expédition Tara Océans.
Les diatomées sont des microalgues unicellulaires planctoniques invisibles à l?oeil nu mais présentes dans
tous les milieux aquatiques. Elles sont un constituant majeur du phytoplancton et jouent donc un rôle
primordial dans la vie des écosystèmes marins, à l?origine des réseaux alimentaires de nombreuses es-
pèces. Environ 100 000 espèces sont répertoriées, mais elles pourraient être bien plus nombreuses. Les
diatomées témoignent de l?infinie richesse du vivant dont l?oeil humain ne peut voir qu?une partie infime.
72
73
L?objectif de ce dernier chapitre est de vous aider à déposer un projet
dans le cadre de l?appel à reconnaissance de la snB. pour optimiser les chan-
ces de voir votre initiative reconnue par les instances de la snB, deux outils
ont été développés :
- les 5 fiches d?auto-évaluation de votre projet
- le plan de rédaction de la synthèse de votre projet.
en amont de la présentation de ces deux outils, un décryptage sur le
dispositif d?engagement et son fonctionnement vous est proposé dans les
doubles pages qui suivent.
p 75. décryptage sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la snB.
p 79. s?auto-évaluer :
notre projet peut-il être reconnu par la snB ?
p. 80 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°1 : notre projet inscrit-il notre organisme
dans une démarche de réflexion au sujet de la biodiversité ?
p. 82 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°2 : notre projet s?appuie-t-il sur un
programme d?actions qui répond aux objectifs de la SNB ?
p. 84 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°3 : notre projet présente-t-il une plus-value
pour la biodiversité au regard de la SNB ?
p. 86 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°4 : notre projet implique-t-il notre
organisme de manière suffisante ?
p. 88 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°5 : notre projet repose-t-il sur un travail
collectif et partagé ?
p 90. présenter notre projet
p. 91 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 1 : notre organisme et la biodiversité
p. 93 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 2 : notre état des lieux
p. 95 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 3 : les grandes lignes de notre projet
d?engagement
p. 97 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 4 : retour sur l?élaboration de notre projet
d?engagement
p. 99 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 5 : vers la mise en oeuvre de notre projet :
moyens, suivi et évaluation .
74
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
La mise en valeur de l?existant dans les projets d?engagement volontaire.
Si la SNB souhaite mobiliser les acteurs en les incitant à développer des actions nouvelles,
la valorisation des initiatives jusqu?alors menées par les acteurs de la société, est un enjeu
important. Pour les acteurs déjà engagés en faveur de la biodiversité, la mise au point d?un
projet d?engagement à la SNB doit être l?occasion d?approfondir la politique qu?ils menée
jusqu?à ce jour. De manière plus générale, les projets d?engagement gagnent à s?appuyer
sur des cadres et dispositifs d?action existants. Pour vous renseigner sur les cadres et
dispositifs d?actions sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour développer ou enrichir
votre démarche, reportez-vous à la boîte à idées (lien vers la boîte à idées) et ses repères
pour l?action.
Laisser la biodiversité s?appauvrir risque aussi de nous couper d?une certaine forme de
progrès. Nombre d?innovations passées dans notre quotidien, telles que l?aspirine, ont été
inspirées par l?observation, la compréhension et l?imitation des structures ou modes de
fonctionnement du vivant. Ce vaste champ du biomimétisme ou de la bioinspiration est un
soutien majeur pour la recherche. Véritable « bibliothèque d?idées », la nature constitue
un potentiel qui peut nous conduire à développer des technologies plus durables ou des
remèdes pour des maladies aujourd?hui incurables.
Élément clé de la mobilisation collective,
l?appel à reconnaissance des projets en faveur
de la biodiversité a pour objectif de donner aux
acteurs l?envie d?agir. Il a également pour ambi-
tion de doter la société française d?une vision sur
l?ensemble des actions significatives engagées
pour la biodiversité. Il oeuvre ainsi à la mutualisa-
tion et au partage des expériences à un niveau
national.
Pour rendre possible la mobilisation de
tous les acteurs de la société, un dispositif basé
sur un mécanisme d?évaluation des projets a
été élaboré : c?est le dispositif de reconnaissan-
ce. Ouvert à toute personne morale, quels que
soient son statut (public ou privé), son domaine
d?activité (ayant un lien direct ou indirect avec la
biodiversité) ou sa taille, le dispositif de recon-
naissance permet d?auditer des projets proposés
à reconnaissance qui peuvent être très différents
les uns des autres.
A fortiori, il n?existe donc pas de modèle
absolu de ce que doit être un projet d?engage-
ment. Quelques éléments de définition permettent
d?envisager un projet d?engagement volontaire
comme toute initiative, à venir ou récemment en-
gagée, qui découle d?une démarche de réflexion
sur la biodiversité et ses enjeux et qui s?appuie
sur la réalisation d?un programme d?actions. En
fonction des éléments de calendrier assortis à
la réalisation du programme d?actions, un projet
d?engagement volontaire peut engager un orga-
nisme sur des périodes variables.
75
Comment proposer notre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la SNB ?
L?appel à reconnaissance de la SNB est ouvert
chaque année de février à juin. Tout au long de
ces cinq mois, il est possible de proposer son
projet à la reconnaissance. Pour cela, il suffit
de vous laisser guider par la plate-forme Inter-
net dédiée, où vous pourrez déposer en ligne
votre dossier d?engagement volontaire. Ce
Pourquoi proposer notre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la SNB ?
Assise sur une évaluation de la qualité des
projets, la reconnaissance permet à tout por-
teur de bénéficier d?un audit gratuit de son
initiative. Un avis motivé et des recomman-
dations vous seront communiqués, que votre
projet soit « reconnu SNB » ou non. De plus,
s?il est « reconnu », le projet fera l?objet d?une
valorisation et d?une communication nationale.
Parce qu?il sera considéré comme un contribu-
teur de la mise en oeuvre de la SNB, le porteur
aura aussi le droit de citer la SNB et d?utiliser
le visuel qui lui est associé dans toute action
de communication se rapportant au projet re-
connu.
dernier est composé de tous les documents
techniques et de référence que vous jugez
utile à l?appréciation de votre projet ainsi que
d?une synthèse de votre projet. Pour rédiger
ce document de présentation : reportez-vous
au plan de rédaction décrit dans la dernière
partie du chapitre de ce guide.
voleT TeChNiQue
Tout document technique
et de référence produit
pendant l?élaboration du
projet d?engagement :
- diagnostic détaillé,
- stratégie,
- plans d?action, etc.
voleT PreSeNTaTioN
La synthèse de votre projet
de 10 à 30 pages à rédiger
obligatoirement.
Pour la rédiger:
suivre le plan de rédaction.
un dossier
d?engagement volontaire à la SNB
un dossier 1
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
76
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
Comment sont évalués les projets présentés dans le cadre du dispositif
de reconnaissance de la SNB ?
Le dispositif de reconnaissance de la SNB a
pour vocation d?instruire des projets très di-
vers, il se distingue ainsi par sa souplesse. Il
n?en constitue pas moins un cadre exigeant
qui assure aux projets reconnus un gage de
qualité. Chaque projet sera évalué par un bi-
nôme d?évaluateurs mandaté par le ministère
de l?Ecologie. L?appréciation des projets se
fait sur la base d?une grille d?évaluation uni-
que élaborée par le ministère de l?Ecologie
et ses partenaires autour des 10 caractéristi-
ques de l?engagement reconnues par la SNB
(cf. page suivante). Pour vous assurer que
votre projet répond aux critères du dispositif
de reconnaissance : évaluez vous-même vo-
tre projet grâce aux 5 fiches d?auto-évaluation
proposées dans ce Guide.
la SNB eT SeS 10 CaraCTériSTiQueS de l?eNgagemeNT
QUOI ? 5 fiches pratiques du guide qui per-
mettent à un porteur de projet de juger si
son projet rentre dans les exigences de la
SNB.
POUR QUI ? Tout acteur qui développe un
projet en faveur de la biodiversité et souhai-
te le présenter dans le cadre du dispositif
de reconnaissance de la SNB.
leS 5 FiCheS d?auTo-evaluaTioN
d?uN ProJeT du guide Pour
l?aCTioNla grille d?evaluaTioN
deS ProJeTS
QUOI ? Une cinquantaine d?indicateurs
qui permettent d?apprécier la qualité d?un
projet d?engagement volontaire.
POUR QUI ? Les binômes d?évaluateurs
en charge de l?examen des projets d?en-
gagement volontaire déposés par les ac-
teurs.
Schéma sur les outils d?évaluation et d?auto-évaluation des projets soumis à reconnaisance SNB.
77
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
1. Inscrit dans le cadre de la SNB 2011-2020:
c?est-à-dire son ambition, ses six orientations
stratégiques et ses vingt objectifs, ses principes
de gouvernance.
2. Constitué d?un ensemble d?actions : program-
me d?actions pouvant être de natures diverses
et avoir des liens directs et indirects avec la bio-
diversité. Ce n?est donc pas un projet ponctuel,
mais un véritable programme, ayant une certaine
durée.
3. Impactant : qui conduit nécessairement à des
effets positifs, directs ou indirects, importants et
substantiels sur la biodiversité, qui ne conduit pas
à des effets négatifs, et qui produit des impacts
positifs substantiels (directs ou indirects).
4. Additionnel : qui va au-delà du simple respect
de la législation et de la réglementation, mais
aussi peut être additionnel par rapport à la po-
litique passée et actuelle de l?organisme (cf. lien
avec l?historique de l?organisme, généralisation
du projet à d?autres lieux, cibles, acteurs, carac-
tère innovant).
5. Cohérent : le projet doit être en lien avec les
pratiques du porteur de projet impactant la bio-
diversité. Cette caractéristique, à rapprocher de
la suivante (caractère proportionné), a pour ob-
jectif de garantir la cohérence avec l?ensemble
de l?activité, que ce soit en termes d?évitement/
réduction des impacts négatifs ou de mesures
favorables à la biodiversité. Les actions peuvent
être financées en partie via du mécénat, mais le
projet ne peut être limité à du mécénat pur vers
d?autres porteurs de projet.
6. Proportionné aux capacités de l?organisme :
les objectifs du projet sont définis de façon pro-
portionnée à la taille, au statut et aux capacités
de l?organisme/des organismes porteurs.
7. Impliquant : qui implique une ou plusieurs par-
ties prenantes/parties concernées en externe
d?une part, et d?autre part le plus haut niveau hié-
rarchique et les salariés en interne. Ceci permet
d?enrichir le projet, de garantir sa mise en oeuvre
effective et efficace, de bénéficier d?un regard ex-
térieur, de provoquer un effet « boule de neige »,
d?améliorer la transparence, de porter à connais-
sance, etc.
8. Mesurable : il est possible d?en suivre la mise
en oeuvre effective ; il est également possible
d?en identifier, suivre et évaluer les impacts sur
l?état de la biodiversité et sur l?évolution des com-
portements d?acteurs ayant un impact sur la bio-
diversité.
9. Révisable : peut être réévalué et amélioré au
cours du temps, aussi souvent que cela s?avère
pertinent.
10. Inscrit dans une perspective d?amélioration
continue : les objectifs et les actions du projet
évoluent et s?intègrent dans une ambition progres-
sive, afin de toujours augmenter la performance
écologique de l?organisme /des organismes.
Les 10 caractéristiques d?un projet d?engagement volontaire
comme l?indique la snB, un projet d?engagement doit tenter de répondre au mieux à 10
caractéristiques. ces dernières constituent la base sur laquelle s?opère l?évaluation des pro-
jets. dans l?idéal, un projet doit être :
78
auto-éVaLuer son proJet:
les 5 fiches d?auto-évaluation
auto-éVaLuer son proJet:
5 fiches d?auto-évaluation ont été élaborées pour vous permettre d?apprécier si votre
projet rentre dans le cadre des exigences du dispositif de reconnaissance de la SNB. Chaque
fiche se présente comme une série de questionnements qui vous aide à porter un oeil critique
sur votre projet pour, éventuellement, l?améliorer. Ces cinq fiches peuvent également s?avérer
utiles pour vous aider à finaliser la construction d?un projet.
La trame de ce questionnement a été élaborée au regard des 10 caractéristiques de
l?engagement volontaire reconnues par la SNB et la grille d?analyse des projets. Les 5 fiches
d?auto-évaluation constituent ainsi un miroir de la grille d?analyse qui sera utilisée par le bi-
nôme d?évaluateurs chargé de se prononcer sur la qualité de votre projet.
Les 5 fiches sont introduites par une
problématique-titre à laquelle correspondent plu-
sieurs enjeux. Chaque enjeu est expliqué par un
court texte de présentation et par un certain nom-
bre de questions pense-bête. Plus votre projet
est susceptible d?apporter des éléments de ré-
ponse à ces questions, plus il montre sa capacité
Mode d?eMpLoi
des fiches d?auto-évaluation
Mode d?eMpLoi
FICHE n°1 : notre projet inscrit-il notre
organisme dans une démarche de ré-
flexion au sujet de la biodiversité ?
FICHE n°2 : notre projet s?appuie-t-il sur
la réalisation d?un programme d?actions
qui répond aux objectifs de la snB ?
FICHE n°3 : notre projet présente-t-il
une plus-value pour la biodiversité au
regard de la snB ?
FICHE n°4 : notre projet implique-t-il no-
tre organisme de manière suffisante ?
FICHE n°5 : notre projet repose-t-il sur
un travail collectif et partagé ?
avis aux porteurs de projets !
La trame d?auto-évaluation décrite dans
les pages suivantes est dense et fournie.
Elle vous permet ainsi de vérifier que vo-
tre projet prend en compte les enjeux de
la biodiversité de manière optimale. Elle
ne doit pas cependant effrayer les plus
petits organismes ! Gardez en tête que
l?évaluation effective de votre projet par
les instances de la SNB se fera au regard
du contexte, de la taille et des moyens de
l?organisme qui souhaite s?engager.
V
à satisfaire aux enjeux. Il n?est pas attendu que
votre projet réponde à la totalité des enjeux, ni
aux questions pense-bête qui lui sont associées.
Certains enjeux sont néanmoins considérés com-
me incontournables (ils sont signalés en violet), il
s?agit d?y porter une attention particulière.
79
S?il veut être reconnu par la SNB, votre projet doit impérativement découler d?une démarche pour la
biodiversité initiée au sein de votre organisme. S?inscrire dans une démarche c?est dépasser le cadre
d?une action fortuite et se placer du côté de la réflexion. Une démarche implique donc qu?un organisme
se soit posé les bonnes questions sur les raisons et la manière de s?engager.
Deux éléments de votre projet peuvent attester de la tenue d?une telle démarche :
La réalisation d?un état des lieux « biodiversité ».
Le niveau d?intégration de la biodiversité dans la stratégie globale de votre organisme.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet permet-il de réfléchir dans
quelle mesure les activités de notre organisme,
et la façon dont nous les exerçons, peuvent
répondre aux orientations et objectifs de la
SNB ?
Notre projet intègre-t-il une réflexion
sur les liens d?impact (positifs et négatifs) et de
dépendance de nos activités par rapport à la
biodiversité ?
S?il a lieu d?être, un diagnostic sur l?état de
conservation de la biodiversité a-t-il été
dressé ?
Notre projet s?appuie-t-il sur la connais-
sance de la réglementation applicable ?
Les réflexions menées lors de notre
état des lieux en matière de biodiversité nous
ont-elles permis d?identifier des enjeux liés à
la biodiversité dans le cadre de nos activités ?
avons-nous priorisé ces enjeux ?
notre projet inscrit-il notre organisme dans
une démarche de réflexion au sujet de la
biodiversité ?
eNJeu 1 : La réalisation d?un état des lieux « biodiversité »
La réalisation d?un état des lieux préalable est essen-
tielle à tout projet. Ceci permet en effet aux différents
organismes d?identifier les enjeux liés à la biodiver-
sité dans le cadre de leurs activités respectives.
Dresser son état des lieux « biodiversité » n?est pas
réservé qu?aux organismes qui ont un lien direct
avec la biodiversité. En effet, ce n?est pas obligatoi-
rement ou seulement établir un diagnostic sur l?état
de conservation de la biodiversité sur un territoire.
D?une manière générale, c?est plutôt se poser les
questions qui permettent d?identifier les enjeux liés
à la valorisation de la biodiversité dans le cadre de
ses activités.
Selon l?identité de chaque organisme, la manière de
conduire cet état des lieux est différente. Par exem-
ple, une grande entreprise dont les activités sont en
lien direct avec la biodiversité, gagne à faire un état
des lieux complet intégrant un diagnostic précis de
ses liens d?impacts et de dépendance à la biodiversi-
té. De son côté, un organisme moins en prise directe
avec la biodiversité, comme une association sportive
par exemple, peut mener son état des lieux en se
posant la question simple : « comment mes activi-
tés peuvent-elles contribuer, d?une manière ou d?une
autre, à la réalisation des objectifs de la SNB ? ».
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 1
80
Questions pense-bête
les différents services ou fonc-
tions de notre organisme se sont-ils
appropriés les enjeux et les objectifs de
notre organisme en matière de biodi-
versité ? les ont-ils traduits de manière
concrète dans leurs missions ?
la biodiversité est-elle valorisée
dans des dispositifs d?actions transver-
saux (système de management environ-
nemental ou un agenda 21 local) initiés
dans notre organisme ?
Concernant plutôt les organis-
mes d?une certaine taille, l?enjeu de l?in-
tégration stratégique de la biodiversité
est susceptible d?améliorer conséquem-
ment la valeur d?un projet d?engagement.
Au-delà de l?adoption d?un programme
d?actions, l?intégration de la biodiversité
vise à en faire un enjeu reconnu et va-
lorisé de manière transversale dans les
activités de l?organisme, mais aussi dans
ses modes de prises de décision et dans
son organisation.
eNJeu 2 : l?intégration de la biodiversité dans la stratégie de l?organisme
PriSe de NoTeS
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81
Une volonté de mener à bien un certain nombre de réalisations concrètes doit s?inscrire au coeur
de votre projet d?engagement volontaire. Dépassant le cadre de l?action ponctuelle, ces réalisations
sont tenues d?être intégrées dans un vrai programme d?actions. Celui-ci doit être pensé comme une
contribution utile à la SNB, en se rattachant notamment à ses objectifs et en s?orientant vers des
résultats tangibles en matière de préservation et de valorisation de la biodiversité.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet s?appuie-t-il sur un ou plu-
sieurs grands objectifs ?
Plusieurs actions sont-elles prévues pour
répondre à ces objectifs ?
des éléments de planning sont-ils
associés aux différentes actions de notre
programme ?
eNJeu 1 : la construction d?un programme d?actions
Pour écarter les initiatives qui ne seraient
que sporadiques, le dispositif de recon-
naissance invite les porteurs de projets à
construire un programme d?actions. Ce der-
nier doit montrer la cohérence et la solidité
de votre engagement. Il gagne à s?articuler
autour d?un ou plusieurs grands objectifs
(éventuellement ceux de la SNB) auxquels
sont associées plusieurs actions dont la
réalisation est planifiée dans le temps.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 2
notre projet s?appuie-t-il sur un programme
d?actions qui répond aux objectifs de la snB ?
Questions pense-bête
au moins l?un des objectifs de la SNB
figure-t-il directement dans notre programme
d?actions ? Si non, un lien peut-il être établi entre
nos objectifs et ceux de la SNB ou est-ce que les
actions de mon programme tendent à la réalisa-
tion d?au moins l?un des objectifs de la SNB ?
eNJeu 2 : l?inscription du programme d?actions dans le cadre de la SNB
Pour qu?il contribue à la mise
en oeuvre de la SNB, votre pro-
jet d?engagement doit reposer
sur un programme d?actions en
lien avec ceux de la SNB.
82
Questions pense-bête
Notre programme d?actions pré-
cise-t-il quels sont les résultats atten-
dus de chacune de nos actions ?
l?organisation autour de notre
projet prévoit-elle un suivi de la mise en
oeuvre de nos actions ?
Notre projet prévoit-il une éva-
luation de nos actions pour établir si cel-
les-ci ont, ou non, atteint leurs objectifs
opérationnels ?
Toute démarche d?engagement doit avoir pour
volonté de produire des effets positifs sur la bio-
diversité. Lors de l?élaboration de votre program-
me d?actions, les résultats attendus de chaque
action gagnent à être précisés. En réfléchissant
ainsi aux impacts de vos actions, vous écarterez
de votre programme un certain nombre d?actions
mal adaptées à vos enjeux. Les effets attendus
peuvent être :
- Importants ou substantiels : les objectifs de
résultat que se donnent votre organisme peuvent
être modestes au départ. Ce faisant, ils seront
vite atteints. Ceci est susceptible de motiver votre
organisme. L?enjeu est ensuite de les réviser pour
engager votre organisme dans une perspective
d?amélioration continue.
- Directs ou indirects : les résultats positifs at-
tendus de vos actions peuvent directement s?ob-
server sur l?état de conservation de la biodiver-
sité (exemple : restaurer un milieu naturel) mais
ils peuvent aussi s?apprécier de manière moins
directe (exemple : sensibilisation des parties pre-
nantes aux enjeux de la biodiversité).
Pour s?assurer qu?il tend bien vers le résultat, la
conduite du programme doit intégrer le suivi des
actions engagées et l?évaluation de leurs effets.
eNJeu 3 : l?orientation du programme d?actions vers le résultat
Questions pense-bête
Les besoins humains, techniques et
financiers nécessaires à la bonne réalisa-
tion de nos actions ont-ils été évalués ?
Notre organisme prévoit-il de
mobiliser des moyens suffisants (que
ces moyens soient ceux propres à notre
organisme ou qu?ils intègrent aussi les
moyens de nos partenaires) au bon
déroulement du projet ?
S?il importe qu?un programme d?action soit ambi-
tieux, celui-ci doit également être réaliste et pen-
sé au regard des moyens de votre organisme. Un
bon équilibre entre ambition et réalisme est un
gage de réussite pour votre projet.
eNJeu 4 : la faisabilité du
programme d?actions et la
mobilisation de moyens suffisants
PriSe de NoTeS
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83
Le ressort d?un engagement volontaire à la SNB consiste dans un effort volontaire des acteurs à
assumer leurs responsabilités et faire de la biodiversité un enjeu de premier plan. A ce titre, les pro-
jets qui seront soumis à la reconnaissance SNB doivent représenter une certaine valeur ajoutée par
rapport aux enjeux de conservation et de valorisation de la biodiversité.
FICHE
Questions pense-bête
les objectifs et actions de notre projet
engagent-ils notre organisme au-delà des
exigences de la réglementation applicable ?
Notre projet est-il l?occasion de réfléchir
et de saisir des opportunités nouvelles nous
permettant d?agir en faveur de la biodiversité
en dehors de ce que nous avons l?habitude de
faire ?
notre projet présente-t-il une plus-value
pour la biodiversité au regard de la snB ?
eNJeu 1 : le caractère additionnel du projet
Les actions développées dans votre pro-
jet doivent engager votre organisme au-
delà du simple respect de la législation
et de la réglementation. Pour les acteurs
historiquement impliqués en faveur de la
biodiversité, le projet doit également pré-
senter un caractère additionnel par rapport
aux actions jusqu?alors menées par l?orga-
nisme. Cela peut conduire les organismes
concernés à innover en se positionnant
sur de nouveaux champs d?actions ou en
cherchant à intégrer d?autres acteurs dans
leur démarche par exemple.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 3
Questions pense-bête
l?élaboration de notre projet s?est-elle nourrie
des initiatives menées par d?autres acteurs de notre
territoire ou de notre coeur de métier ?
avons-nous prévu de partager les expérien-
ces issues de notre projet avec d?autres acteurs
de notre secteur d?activités ou de notre territoire ?
eNJeu 2 : le partage d?expériences
Votre initiative en faveur de la bio-
diversité peut s?avérer d?autant plus
porteuse qu?elle montre une volonté
d?approfondir des dynamiques exis-
tantes portées par d?autres acteurs
ou de constituer une expérience dont
les enseignements sont susceptibles
d?être repris par d?autres acteurs.
84
Questions pense-bête
le pilotage de notre projet
prévoit-il des moments de réflexion et
d?orientation qui permettront, pendant
sa mise en oeuvre, d?apporter des amé-
liorations sur les objectifs poursuivis
et/ou la façon dont nous mettons en
oeuvre notre initiative ?
Afin d?engager votre organisme
dans une perspective durable d?améliora-
tion vis-à-vis des enjeux de conservation et
de valorisation de la biodiversité, votre pro-
jet gagne à intégrer une capacité à évoluer.
Cette dynamique de progrès qui peut s?ob-
server autour d?améliorations à apporter
aux objectifs du projet ou autour de la ma-
nière de le mettre en oeuvre est importan-
te. Elle permet en effet à tous les acteurs,
même les plus modestes, de se lancer
dans l?action à hauteur de leurs moyens et
compétences puis d?aboutir avec le temps
à un très haut niveau de prise en compte
de l?enjeu biodiversité.
eNJeu 3 : l?amélioration continue vis-à-vis de la prise en compte de la
biodiversité
PriSe de NoTeS
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85
Afin de faire de la biodiversité un enjeu de société, la SNB invite tous les acteurs quels que soient
leur statut, domaine d?activités, champ de compétence, taille, etc. à soumettre leurs projets d?enga-
gement volontaire. S?il est ouvert à tous, le dispositif de reconnaissance nourrit néanmoins différents
niveaux d?attentes au regard de la diversité des acteurs. Pour mesurer l?effort de chacun, l?évaluation
des projets soumis à reconnaissance SNB s?attache notamment à en apprécier les critères de cohé-
rence et de dimensionnement.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet repose-t-il sur un état
des lieux en matière de biodiversité qui a
permis à notre organisme d?identifier, dans
le cadre de ses activités, les enjeux liés à la
préservation, à la restauration ou la valori-
sation de la biodiversité ?
les objectifs poursuivis et les ac-
tions prévues par notre projet apportent-
ils une réponse à ces mêmes enjeux ?
notre projet implique-t-il notre organisme de
manière suffisante ?
eNJeu 1 : la cohérence du projet au regard des activités
Le projet d?engagement que vous soumet-
tez doit s?inscrire au coeur des activités de
votre organisme. Cela implique que votre
projet soit pensé autour d?enjeux liés à la
préservation et à la valorisation de la bio-
diversité identifiés par votre organisme
dans le cadre de ses activités. Cette idée
de cohérence entre votre projet et le «
métier » de votre organisme implique que
tout projet se résumant à du mécénat vers
d?autres porteurs de projets ne saurait être
reconnu par la SNB .
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 4
86
PriSe de NoTeS
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Questions pense-bête
Une mobilisation significative de
moyens humains, techniques et financiers
de notre organisme est-elle engagée dans
notre projet ?
Les objectifs, actions et impacts es-
comptés de notre projet constituent-ils une
réponse adaptée au niveau de responsabilité
qui incombe à notre organisme vis-à-vis de
la biodiversité?
eNJeu 2 : le caractère proportionné du projet par rapport aux
capacités de l?organisme
L?ambition de votre projet d?enga-
gement doit être proportionnée aux
moyens, compétences ainsi qu?à la
taille de votre organisme. De maniè-
re plus globale, votre projet doit éga-
lement engager votre organisme à la
hauteur des responsabilités qui sont
les siennes et des enjeux révélés par
le diagnostic «biodiversité ».
87
Plus un projet d?engagement permet la participation d?un nombre élargi de personnes autour de sa
conception et de sa mise en oeuvre, plus il sera susceptible d?être reconnu et accepté par tous. Ce
faisant, le projet maximise ses chances d?être mis en oeuvre efficacement. Par le dialogue qu?elles
permettent de nourrir au sein de l?organisme et en dehors, les dispositions prises en matière de gou-
vernance partagée participent grandement à l?ambition de la SNB de faire de la biodiversité un enjeu
de société.
FICHE
Questions pense-bête
Le projet est-il suffisamment porté politiquement
en interne ?
les décideurs de notre organisme jouent-ils un rôle
actif dans la définition de notre projet ?
la mise en oeuvre de notre projet est-elle suivie
d?une manière ou d?une autre par les décideurs de notre
organisme ?
notre projet repose-t-il sur un travail
collectif et partagé ?
eNJeu 1 : l?implication du plus haut échelon hiérarchique de
notre organisme dans le projet
La participation et le soutien du
plus haut niveau hiérarchique
de votre organisme au projet est
une garantie indispensable de
la mise en oeuvre des actions.
Les évaluateurs chargé d?appré-
cier votre projet accorderont une
importance particulière à cette
question.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 5
Questions pense-bête
Un effort de sensibilisation, de communication
et de co-construction est-il fourni pour permettre
la mobilisation des personnes de notre organisme
dans notre projet ?
l?élaboration et la mise en oeuvre de notre
projet permettent-elles la participation d?un nombre
élargi de personnes au sein de notre organisme ?
De sa base jusqu?à sa direction, votre
organisme gagne à mobiliser un maxi-
mum de ses collaborateurs autour du
projet. Cela implique d?impulser une
dynamique de sensibilisation et de for-
mation à la biodiversité ainsi qu?une
communication autour du projet. La
mobilisation des personnes de votre
organisme peut aboutir à la mise en
place de processus de participation
(via des techniques de consultation,
de concertation ou de coproduction).
eNJeu 2 : la mobilisation et la participation des personnes de
notre organisme dans le projet
88
Questions pense-bête
les parties prenantes externes à
notre organisme sont-elles identifiées
dans le cadre de notre projet ?
un effort de communication et
d?accompagnement au changement est-
il fourni pour permettre la mobilisation
de ces parties prenantes ?
un dialogue avec ces parties pre-
nantes a-t-il été noué pour nourrir notre
projet ?
l?élaboration et la mise en oeuvre
de notre projet permettent-elles la par-
ticipation de ces parties prenantes ?
Au-delà du cercle des personnes qui le
compose, votre organisme gagne à im-
pliquer l?ensemble des acteurs poten-
tiellement concernés ou intéressés par
votre projet. Permettant de confronter les
points de vue, le dialogue avec les par-
ties prenantes externes permet de croiser
les points de vue et d?asseoir le projet sur
des consensus élargis. Dans les cas les
plus aboutis, la mobilisation et la partici-
pation des acteurs extérieurs à l?organis-
me autour du projet peuvent aboutir à la
conclusion de partenariats ou à des situa-
tions de projets d?engagement volontaires
co-portés.
eNJeu 3 : la mobilisation et la participation des parties prenantes
externes dans le projet
PriSe de NoTeS
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89
présenter notre proJet :
le plan de rédaction de la synthèse de votre projet
présenter notre proJet :
Le plan de rédaction consiste en un jeu
de 5 fiches thématiques. Au sein de chaque fiche,
une série de questions vous est posée. L?objectif
est de vous signaler les informations importantes
qu?il s?agit de renseigner dans votre synthèse.
Enfin, chaque question est suivie par un espace
libre pour vous permettre d?écrire vos idées et
une antisèche qui précise l?intérêt de la question
posée et les éventuels éléments de réponse que
vous pourriez lui apporter.
Mode d?eMpLoi
du plan de rédaction de la synthèse de votre projet
Mode d?eMpLoi
FICHE n°1 : notre organisme et la biodi-
versité.
FICHE n°2 : notre état lieux.
FICHE n°3 : Les grandes lignes de notre
projet d?engagement volontaire.
FICHE n°4 : retour sur l?élaboration de
notre projet d?engagement.
FICHE n°5 : Vers la mise en oeuvre de
notre projet (moyens alloués, suivi et
évaluation).
avis aux porteurs de projets !
La trame de présentation décrite dans les pages
suivantes est dense et fournie. Elle permet de
présenter un projet «idéal» de manière optimale.
Elle ne doit pas cependant effrayer les plus petits
organismes ! Gardez en tête que l?évaluation ef-
fective de votre
V
La plateforme Internet mise en place
par le ministère de l?Ecologie permet à tout
organisme de déposer un dossier d?engage-
ment volontaire à la SNB. Pour être correcte-
ment évalué, votre dossier doit être constitué
de deux volets :
Le volet technique
Il est composé de tous les documents tech-
niques et de référence que vous jugez uti-
les de fournir aux évaluateurs chargés de se
prononcer sur la qualité de votre projet.
Le volet de présentation
Il doit être composé d?un seul document : la
synthèse de de votre projet. La présence de
celle-ci dans le dossier d?engagement est
obligatoire. Son objectif est de simplifier la
lecture de votre projet pour en faciliter l?ap-
préciation par les évaluateurs. Pour rédi-
ger la synthèse de votre projet, nous vous
conseillons de vous appuyer sur le plan de
rédaction ci-après détaillé. S?il est recom-
mandé que votre synthèse suive la trame du
plan de rédaction, rien ne vous empêche de
prendre les libertés que vous jugez néces-
saire pour rendre la présentation plus com-
plète ou mieux adaptée à votre projet.
Le volume de la synthèse que vous
devez rédiger peut être variable. Elle peut
être composée de 10 à 30 pages. Cela dé-
pend de l?ampleur du projet et de l?impor-
tance du volet technique de votre dossier.
Plus le dossier d?engagement est agrémenté
d?un volet technique riche en informations,
plus votre fiche de présentation gagne à être
réduite à quelques pages quitte à aménager
les renvois utiles vers les documents techni-
ques et de référence. A contrario, plus le vo-
let technique de votre dossier d?engagement
sera léger (voire inexistant), plus votre pré-
sentation doit livrer une information complète
et précise.
90
Pour apprécier votre projet, il est nécessaire que les évaluateurs comprennent qui est votre orga-
nisme et ce qui le relie à la biodiversité. Ces informations sont essentielles pour juger des caractères
impliquant, cohérent, additionnel et proportionné de votre projet.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 1
notre organisme et la biodiversité.
QueSTioN 1 : Quelle est la taille et le statut de votre organisme ?
un certain nombre d?informations factuelles
concernant l?identité de votre organisme
gagnent à être renseignées. Ces informa-
tions donneront aux évaluateurs toutes les
clés pour comprendre les cadres généraux
dans lesquels votre organisme inscrit son
action en matière de préservation et de va-
lorisation de la biodiversité. les données à
intégrer dans votre présentation peuvent
être variées: nombre de salariés, d?agents
ou d?adhérents, nombre de sites ou éten-
due du territoire sur lesquelles s?exercent les
compétences de votre organisme, chiffres
d?affaires, mode de financement, etc.
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QueSTioN 2 : Quel est le domaine d?activité de votre organisme ? et quel
est le lien de ce domaine d?activité avec la biodiversité ?
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l?objectif est ici de présenter dans les
grandes lignes les activités de votre
organisme. Cet élément de présentation
peut vous amener à exprimer la vision de
votre organisme sur son métier et ses liens
avec le développement durable et les en-
jeux de la biodiversité. Si les activités de
votre organisme s?intègrent dans un coeur
de métier où les enjeux en termes de pré-
servation et de valorisation de la biodiver-
sité font l?objet d?une règlementation parti-
culière ou d?engagements collectifs portés
par d?autres organisme que le vôtre, cela
mérite également d?être précisé.
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QueSTioN 3 :
Quelles sont les actions déjà engagées par votre
organisme en faveur de la biodiversité ?
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Si votre organisme était engagé en faveur
de la biodiversité avant l?adoption de son
projet d?engagement volontaire à la SNB, il
convient de le spécifier. Pour présenter la
dynamique de votre organisme en la matiè-
re, une description de la politique jusqu?alors
menée et des initiatives déjà prises peut
être dressée. Si vous le jugez opportun, la
présentation de vos actions précédentes
peut également être appuyée par des do-
cuments joints au volet « technique » de
votre dossier d?engagement.
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La réalisation d?un état des lieux « biodiversité » est un élément clé de votre projet d?engagement
volontaire à la SNB. Cet état des lieux est en effet la preuve que votre organisme est entré dans une
phase de réflexion qui l?a conduit à imaginer comment elle pouvait au mieux contribuer à la préserva-
tion de la biodiversité et aux objectifs de la SNB.S?il est recommandé que votre état des lieux fasse
l?objet d?une présentation détaillée dans le volet technique de votre dossier d?engagement, la fiche
de présentation gagne à en souligner les points saillants.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 2
notre état des lieux.
QueSTioN 1 : Quel a été l?objet de votre état des lieux ?
l?objectif général d?un état des lieux « bio-
diversité » est de questionner les activités
de votre organisme. cette réflexion peut
s?appuyer sur la réalisation de plusieurs tâ-
ches :
- Questionner les activités de votre or-
ganisme au regard des orientations straté-
giques et des objectifs de la SNB.
- analyser la réglementation existante.
- etablir un diagnostic de biodiversité
des espaces (territoire, parcelles, sites, etc.)
sur lesquels votre organisme déploie ses
activités.
- dresser un autodiagnostic des liens
d?impacts et de dépendance des activi-
tés de votre organisme vis-à-vis de la
biodiversité.
en fonction de l?identité de chaque orga-
nisme, la réalisation de telle ou telle tâche
est plus ou moins pertinente. il convient ainsi
que chaque organisme précise l?objet de
son état des lieux.
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QueSTioN 2 : Quel a été la méthode utilisée pour mener votre état des lieux ?
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en fonction de l?objet de l?état des lieux
et des compétences et moyens de cha-
que organisme, la méthode utilisée peut
être très différente. Celle-ci peut conduire
jusqu?à l?élaboration d?un diagnostic techni-
que, avec éventuellement l?intervention d?un
acteur extérieur à votre organisme (parte-
naire, prestataire, etc.), ou être plus intuitive
et consister en la tenue d?un dialogue ou
d?un travail de documentation permettant
de porter un regard réflexif, un questionne-
ment, sur les activités de votre organisme.
Parmi l?éventail des méthodes, il convient de
préciser celle que vous avez choisie.
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QueSTioN 3 : Quelles sont les conclusions de votre état des lieux ?
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Le but final d?un état des lieux en matière de
biodiversité est de faire émerger les enjeux
de préservation et de valorisation de la bio-
diversité qui concernent votre organisme. il
s?agit de les préciser. Si votre état des lieux
vous a conduit à identifier plusieurs enjeux
liés à la préservation de la biodiversité, il
convient également de préciser comment
votre organisme a décidé de les hiérarchi-
ser.
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Tout projet d?engagement volontaire doit s?appuyer sur la volonté de réaliser un programme d?ac-
tions. Au-delà, un projet d?engagement peut également conduire votre organisme à appréhender
la biodiversité de manière plus intégrée et transversale au sein de vos activités et de votre modèle
d?organisation.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 3
QueSTioN 1 : Quelles sont les grandes lignes de notre programme
d?actions
coeur de votre projet d?engagement, votre
programme d?actions gagne à être présenté
de manière détaillée par les documents du vo-
let technique de votre dossier. l?objectif n?est
pas ici de tout réécrire : la présentation de votre
programme d?actions doit surtout permettre
aux évaluateurs d?en appréhender clairement
les grandes orientations et la cohérence. les
éléments d?information importants à mention-
ner dans la présentation de votre programme
d?actions :
le ou les grands objectifs du programme.
- leur lien avec votre état des lieux en
matière de biodiversité.
- leur lien avec les 20 objectifs de la SNB.
les actions clés de chacun des grands
objectifs du programme.
- l?ambition qui leur est associée en
termes de résultats quantitatifs ou
qualitatifs.
- les éléments de calendrier qui balisent
leur mise en oeuvre.
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Les grandes lignes de notre projet
d?engagement volontaire.
QueSTioN 2 :
Quelles sont les éléments qui montre que notre projet
repose sur une démarche intégrée et transversale en faveur
de la biodiversité ?
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en plus de l?adoption d?un plan d?actions, un
projet d?engagement volontaire peut mener
un organisme à appréhender la biodiversité
de manière intégrée et transversale dans
son mode d?organisation et dans ses activi-
tés. la mise en place de systèmes de mana-
gement environnemental ou l?articulation de
l?ensemble des stratégies ou politiques de
votre organisme avec votre stratégie pour
la biodiversité peut donner à votre projet
d?engagement une plus-value véritable.
Cet enjeu de l?appréhension intégrée et
transversale des enjeux de la biodiversité
dans les activités et le mode d?organisation
d?un organisme se pose en termes impor-
tants pour les grandes sociétés ou les col-
lectivités.
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Après avoir présenté le fond de votre programme, sa substance pour ainsi dire, il convient de revenir
sur la manière dont votre organisme s?est organisé pour l?élaborer. Cet élément de présentation
vous invite notamment à préciser l?implication des différentes parties prenantes (internes et externes
à votre organisme) de votre projet.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 4
retour sur l?élaboration de notre projet
d?engagement.
la phase d?élaboration d?un projet nécessite souvent la tenue de discussions à l?intérieur d?un organisme pour
définir la meilleure façon d?engager cette dernière. Pour mener à bien ces phases de discussion et de décision, votre or-
ganisme a adopté une organisation particulière. Des réunions ont été organisées, un groupe en charge de suivre l?avancée
de l?élaboration du projet a peut-être été créé, etc. Il convient de préciser cette organisation et de montrer en quoi elle
est susceptible d?être un atout pour la réussite de votre projet d?engagement. dans la description générale du pilotage
de la phase d?élaboration de votre projet, plusieurs éléments d?information méritent d?être précisés :
L?implication du plus haut niveau hiérarchique (élu, chef d?entreprise, conseil d?administration, etc.) de votre or-
ganisme : la SNB considère que l?implication des décideurs d?un organisme est un élément clé de la réussite d?un projet
ambitieux. Il convient ainsi que votre fiche de présentation fasse part de la manière dont le plus haut niveau hiérarchique
a été impliqué dans l?élaboration du projet et comment il continue à être impliqué dans la phase de mise en oeuvre du
projet.
l?implication des différents services ou fonctions de votre organisme : quels services ont été mobilisés ? lesquels
ont participé aux discussions ? le ou lesquels portent le projet ?
Le degré de mobilisation et d?implication des collaborateurs (agents, salariés, adhérents, etc.) sur le projet :
il convient de préciser si des dispositions particulières en termes de sensibilisation, communication et participation ont
été prises pour assurer, de manière plus générale, une mobilisation voire une implication des collaborateurs de votre
organisme dans le projet d?engagement volontaire.
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QueSTioN 1 :
Comment les différentes parties prenantes internes de votre
organisme ont-elles été mobilisés lors de
l?élaboration de votre projet ?
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QueSTioN 2 :
de quelle manière les parties prenantes externes de votre orga-
nisme ont-elles pu s?exprimer ?
Quelle a été la dimension collective de votre projet ?
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Au-delà du cercle des parties prenantes internes à votre organisme, l?élaboration de votre projet s?est
peut-être nourrie de l?apport d?autres acteurs. la présentation de votre projet d?engagement gagne ainsi à
expliciter toute les dispositions prises en matière de :
Partage des expériences.
la prise en compte des expériences tirées par d?autres acteurs est une façon d?intégrer une dimension
collective à un projet d?engagement. Si l?élaboration de votre initiative s?est appuyée sur des expériences
issues de projets conduits par d?autres acteurs via, par exemple, un travail de documentation ou de dialo-
gue avec ces autres acteurs, il convient ainsi d?en signaler les apports.
dialogue et gouvernance partagée.
Si le pilotage de la phase d?élaboration de votre projet a permis l?expression et la prise en compte des avis
exprimés par les parties prenantes internes ou externes à votre organisme, il convient de décrire comment
cette dynamique d?échange a été instaurée et quels en ont été les apports. les initiatives prises en matière
de consultation et de concertation méritent d?être particulièrement explicitées dans la mesure où elles
contribuent à faire de la biodiversité un enjeu de société partagé. la manière dont vous avez éventuelle-
ment levé les oppositions qui se sont posées à l?élaboration de votre projet et la façon dont vous anticipez
les blocages qui pourraient gêner sa mise en oeuvre méritent également d?être décrite.
Partenariats et co-portage.
Si votre projet s?appuie sur un ou des partenariats ou s?il est co-porté avec un ou plusieurs autres organis-
mes, il s?agit de présenter les organismes partenaires ou co-porteurs. L?intérêt et les apports de ce parte-
nariat ou co-portage pour la qualité de ce projet méritent également d?être décrits.
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Pour compléter et finir la présentation de votre projet d?engagement, il convient d?apporter les élé-
ments d?information sur la manière dont votre organisme entend mettre en oeuvre son programme
d?actions. La description des moyens prévus et des dispositions prises par votre organisme pour sui-
vre et évaluer la mise en oeuvre des actions et leurs effets permettront aux évaluateurs d?apprécier la
faisabilité de votre projet ainsi que sa volonté de produire des résultats mesurables.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 5
Vers la mise en oeuvre de notre projet
(moyens alloués, suivi et évaluation).
QueSTioN 1 :
la crédibilité d?un projet réside en partie
dans une juste adéquation entre ses ambi-
tions et les moyens de sa mise en oeuvre.
votre présentation gagne ainsi à apporter
quelques précisions sur le budget associé à
votre projet. Mais, plus que dans l?allocation
de moyens financiers, c?est certainement
dans la juste mobilisation de ressources hu-
maines que réside le succès de votre pro-
jet. description de l?équipe dédiée à la mise
en oeuvre et au suivi du projet, soutien ac-
cordé par la hiérarchie à cette même équipe,
etc., sont autant d?éléments qui permettent
d?évaluer le pilotage de la mise en oeuvre de
votre projet.
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Quels sont les moyens prévus dans la mise en oeuvre de
notre programme d?actions ?
QueSTioN 2 : Quels sont les dispositions prises pour suivre et le dispositif
de suivi et évaluer notre programme d?actions ?
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QueSTioN 3 :
Quels sont les dispositions prises en matière de rapportage
de nos actions ?
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S?engager à informer de manière transpa-
rente d?autres acteurs sur la mise en oeuvre
des actions est un engagement fort vers
une bonne mise en oeuvre d?un projet. la
présentation de votre projet gagne ainsi à à
préciser toute disposition prises en matière
de rapportage.
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antisèche
un projet d?engagement volontaire doit être tourné vers la réalisation des actions et la recherche de résul-
tats. A ce titre, l?intégration des questions de suivi et d?évaluation est primordiale pour la réussite de votre
projet.
le suivi
concernant le suivi, il s?agit de détailler l?organisation mise en place par votre organisme pour s?assurer de la
réalisation des actions prévues dans votre programme d?actions (via par exemple la tenue d?une feuille de
route). Cet élément de présentation est particulièrement important pour les projets où les actions engagées
sont nombreuses et s?inscrivent dans une longue durée.
l?évaluation
evaluer un programme d?actions, c?est apprécier la qualité globale du projet et de sa mise en oeuvre. Votre
document de présentation doit décrire les dispositions prises par votre organisme en termes d?évaluation.
gagnent notamment à être décrits : la méthode d?évaluation choisie par votre organisme et l?utilisation qui
sera faite des résultats de l?évaluation.
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annexes annexes
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Parc national de Port-cros, côte rocheuse
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annexes annexes
crise biologique : elle désigne une période
d?extinction rapide et massive d?espèces. Ainsi,
elle doit remplir trois critères :
? Une durée relativement brève à l?échelle des
temps géologique (quelques millions d?années
maximum).
? Une répartition géographique mondiale.
- Une importante chute de la biodiversité.
ecosystème : ensemble formé par une associa-
tion ou communauté d?êtres vivants et son en-
vironnement biologique, géologique, climatique,
etc. Les éléments constituant un écosystème dé-
veloppent un réseau d?échange d?énergie et de
matière permettant le maintien et le développe-
ment de la vie.
empreinte écologique : L?empreinte écologique
est une mesure de la pression qu?exerce l?homme
sur la nature. C?est un outil qui évalue la surface
productive nécessaire à une population pour ré-
pondre à sa consommation de ressources et à
ses besoins d?absorption de déchets.
Processus écologique : processus ou mécanis-
mes qui évoluent dans un écosystème, et qui lient
les organismes et leur environnement : produc-
tion, décomposition, cycle des éléments nutritifs,
perturbations et évolution de la succession des
espèces, apports énergétiques et interactions en-
tre les organismes au sein d?un écosystème.
expertise : Aide à une décision, à partir de faits
techniques ou scientifiques, dans des affaires où
le décideur se confronte à des questions hors de
sa portée.
& glossaire
services écosystémiques : Utilisation par
l?homme des fonctions écologiques de certains
écosystèmes, à travers des usages et une ré-
glementation qui encadrent cette utilisation. Par
souci de simplicité, on dit que les écosystèmes
« rendent » ou « produisent » des services. Tou-
tefois, une fonction écologique ne prend la forme
d?un service à l?homme que dans la mesure où
les pratiques sociales reconnaissent le service
comme tel, c?est-à-dire reconnaissent l?utilité de
la fonction écologique pour le bien-être humain.
Ce sont, par exemple, la production de l?oxy-
gène de l?air, l?épuration naturelle des eaux, les
ressources qui nourrissent les animaux domesti-
qués ou chassés, l?activité des pollinisateurs des
cultures, des micro-organismes qui produisent et
entretiennent les sols, la séquestration naturelle
de carbone dans le bois, les sols, les mers et le
sous-sol, ou encore le recyclage permanent des
nutriments et de la nécromasse par les animaux,
champignons, bactéries.
solidarité écologique : Étroite interdépendance
des êtres vivants, entre eux et avec les milieux
naturels ou aménagés de deux espaces géogra-
phiques contigus ou non (R. Mathevet, rapport
CNRS). Elle désigne à la fois la « communauté de
destin » entre les hommes et leur environnement
et la volonté d?influencer de manière positive les
différentes composantes de cette communauté.
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION es orienta-
tions de la SNB, tout organisme, quels que soient
son domaine d?activité, sa taille, ses compéten-
ces, peut identifier de manière pragmatique quel-
ques enjeux clés qui la concernent.
39
hiérarchisez vos enjeux
Le travail de questionnement de vos
activités au regard des enjeux de préservation
et de valorisation de la biodiversité a peut-être
conduit votre organisme à identifier une somme
importante de leviers d?action. Cela est potentiel-
lement vrai pour les organismes de grande taille.
Or, s?engager sur tous les domaines à la fois peut
s?avérer complexe. Il convient ainsi de hiérarchi-
ser vos enjeux.
La façon dont vous définissez le degré de priorité
accordé à chacun de vos enjeux appartient à vo-
tre organisme. Il est cependant recommandé aux
organismes de faire ce choix en prenant en consi-
dération la combinaison de trois grands critères :
les effets escomptés sur la biodiversité, la faisa-
bilité, la minimisation des risques et l?optimisation
des opportunités.
Valoriser les enjeux qui pourront avoir
les meilleurs effets sur la conservation et la
valorisation de la biodiversité.
En toute logique, il s?agit d?accorder la priorité aux
enjeux qui peuvent se prêter aux actions les plus
efficaces pour préserver la biodiversité. Si elle
coule de source, cette question peut être délicate
à trancher pour les organismes dont les activités
ont des liens multiples avec la biodiversité. Pri-
vilégier tel ou tel type d?action implique donc un
parti pris que votre organisme doit être en mesure
de justifier, notamment en se raccrochant aux ré-
sultats de son état des lieux « biodiversité ».
Valoriser les enjeux qui pourront se prê-
ter à la mise en oeuvre effective d?actions
Parmi la totalité de ses enjeux, votre organisme
identifiera sûrement ceux susceptibles de se prê-
ter plus facilement à une déclinaison en actions.
D?autres enjeux vous paraîtront en revanche bé-
néficier d?une marge de manoeuvre plus faible.
Sans renoncer à un certain degré d?ambition,
votre organisme doit donner la priorité aux en-
jeux les plus aptes à être transformés en actions
concrètes et dotés d?une forte probabilité de réus-
site.
Valoriser les enjeux qui vous permettront
de tirer avantage de votre engagement en
faveur de la biodiversité.
À chaque enjeu peut être rattachée une somme
de risques et d?opportunités. Les risques sont tou-
tes les complications auxquelles s?expose votre
organisme s?il n?agit pas davantage en faveur de
la biodiversité. Les opportunités sont au contraire
toutes les occasions d?action qui permettent d?en-
visager la valorisation, la protection et la restau-
ration de la biodiversité comme un atout de dé-
veloppement pour votre organisme. Les enjeux
auxquels votre organisme peut donner la priorité
sont ceux qui permettent au mieux de minimiser
les risques et d?optimiser les opportunités.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202040
Les risques et opportunités liés à la
disponibilité des ressources et des
services écosystémiques.
Pour tous les acteurs économiques, la
maîtrise des coûts de processus de pro-
duction est conditionnée par la disponibi-
lité et les coûts des matières premières.
Réduire la consommation des ressources
et gérer de manière écologique les espa-
ces qui les fournissent peut s?avérer avan-
tageux.
Pour les collectivités, la dégradation des
milieux naturels peut impliquer des dé-
penses coûteuses. C?est notamment le
cas pour les politiques de l?eau. A contra-
rio, miser sur les services rendus par les
écosystèmes tels que l?épuration naturelle
de l?eau peut s?avérer une solution per-
mettant des économies substantielles et
une gestion durable de la ressource sur
le long terme.
Les risques et opportunités réglemen-
taires et financiers.
La mise en place progressive d?amendes,
droits d?usage, d?autorisations d?exploi-
ter, constituent un risque pour les orga-
nismes qui ne se décident pas à monter
risques et opportunités en matière de biodiversité :
quelques exemples
en puissance sur la thématique biodiver-
sité. L?anticipation de la réglementation
vous permet au contraire d?avoir un train
d?avance. Agir en faveur de la biodiversité
peut également vous permettre d?accéder
à des sources de financement nouvelles
(accès à certains crédits bancaires, sub-
ventions publiques, etc.)
Les risques d?image et de réputation.
Pour les acteurs privés, l?absence de prise
en compte de la biodiversité peut fermer
la porte de certains marchés émergents
et peser de manière négative sur les liens
avec les clients de plus en plus sensibili-
sés aux enjeux écologiques. A contrario,
les initiatives prises en faveur de la biodi-
versité montrent les valeurs et l?engage-
ment citoyen de votre organisme.
Pour les collectivités, mener une politique
en faveur de la biodiversité, ou au contrai-
re la laisser se dégrader, a une incidence
directe sur la perception de la qualité de
leur cadre de vie par vos administrés.
41
Dresser un diagnostic agro-écologique et redéfinir son
modèle d?exploitation : M.Guillemaut, agriculteur-éleveur
et la démarche vivaTerr.
conduit à réduire de plus de moitié l?utilisation d?in-
trants (produits phytopharmaceutiques, engrais,
?), sans pour autant avoir diminué son niveau de
production. Ses revenus ont rapidement augmen-
té. La deuxième étape, initiée l?année dernière et
en cours de développement, consiste à optimiser
la production de services écosystémiques, afin de
travailler vraiment au sein des écosystèmes, avec
la biodiversité.
Selon cet agriculteur engagé « Mon
entreprise est un élément indispensable aux
fonctionnalités écologiques du territoire, et ma
responsabilité n?est pas seulement agricole. L?in-
térêt du diagnostic réalisé a été de partir de l?ex-
ploitation dans son ensemble, et de s?interroger
conjointement sur les dimensions économiques,
agronomiques, écologiques et sociales. Chaque
réflexion au sujet de la biodiversité et de l?agricul-
ture gagnerait à prendre en compte ces quatre di-
mensions. La démarche que j?ai suivie m?a permis
d?analyser l?ensemble des interrelations avec le
milieu vivant dont je suis intimement dépendant.
Le travail en groupe, avec d?autres agriculteurs
convaincus que l?avenir de l?agriculture passera
par l?écologie, est aussi un élément déterminant.
Nous avons une communauté de destin et une
communauté d?intérêt avec l?ensemble des espè-
ces vivantes d?un territoire, humaine et non-hu-
maine. Humanité et biodiversité ne peuvent être
séparées, et l?agriculture est le meilleur signe de
cette synthèse. Je suis convaincu que nous pou-
vons montrer la voie. »
Monsieur Guillemaut est agriculteur-éle-
veur en Bretagne sur une surface de 78 ha. Il
a longtemps pratiqué une agriculture classique,
considérant que son métier consistait à produire
des biens alimentaires exclusivement. Cepen-
dant, il a progressivement pris conscience de la
dimension beaucoup plus globale et systémique
de son activité, qui pouvait avoir des impacts
? positifs ou négatifs ? sur l?ensemble du territoi-
re. Il a donc commencé à réfléchir sur son modèle
d?exploitation.
Pour mener à bien son diagnostic, il a sol-
licité les conseils d?une entreprise indépendante
spécialisée en agri-écologie qui lui a proposé de
suivre le programme ViVaTerr ® pour « Vies, Va-
leurs, et Territoires ». Le diagnostic compris dans
ce programme a été réalisé par un binôme ingé-
nieur agronome-ingénieur écologue en trois axes
: une étude agricole (analyse des pratiques et des
démarches de l?exploitation, intrants), une étude
écologique (analyse spatiale et fonctionnelle, re-
pérage des trames vertes et bleues, etc.), et une
étude socio-économique (fondée sur l?évaluation
et la valorisation des services écologiques). Cette
démarche permet ainsi d?évaluer les enjeux en
termes de préservation de la biodiversité, tout en
gardant en objectif les performances économi-
ques et sociales de l?agriculteur.
Ce travail lui a permis d?analyser le fonc-
tionnement de son activité, intégré dans une ma-
trice plus globale qu?est le territoire. Les premiè-
res actions initiées sur l?axe agronomique l?ont
retour
d?expérience
Contact: pat@dervenn.com
Opération diagnostic dans une exploitation agricole.
42
La Ville de Blanquefort en Gironde (14
500 habitants) a sollicité le Conseil Architecture
Urbanisme et Environnement (CAUE) de la Gi-
ronde afin d?élaborer ensemble un cadre « nature
et paysage » pour la stratégie municipale de dé-
veloppement territorial. Ce travail partenarial a
permis d?identifier les continuités écologiques et
paysagères (trames vertes et bleues à l?échelle
des grands paysages comme à celle des espa-
ces de proximité) à préserver, le maillage à éta-
blir entre elles notamment en milieu urbain, les
menaces et opportunités les concernant ainsi que
des actions à mener, tant en matière de planifica-
tion que de projets opérationnels.
Affirmer la place primordiale de la nature
et du paysage dans le projet territorial d?une com-
mune nécessite, au préalable, de les connaître. A
partir d?un travail de terrain et d?une vue aérienne
de la commune, l?ingénieur écologue et le paysa-
giste-urbaniste du CAUE ont repéré, avec les élus
et les services municipaux, 7 grandes continuités
naturelles et paysagères (le fleuve, les jalles, les
coteaux, les marais, etc.) ainsi que des continui-
tés à l?intérieur du tissu urbain, pour donner une
limite à long terme à la nappe urbaine.
Une fois ces trames vertes et bleues re-
portées sur une carte, les discussions ont permis
d?identifier des discontinuités actuelles ou à venir
(en fonction des projets envisagés) qui altèrent la
trame et/ou la lisibilité paysagère (zones urbaines,
zones d?agriculture intensive, routes, ouvrages
hydrauliques autorisés ou non, etc.). Il s?agissait
non pas de sanctuariser systématiquement ces
espaces, mais de leur donner un usage, d?encou-
rager une démarche de projet. La dernière partie
de cette étude partenariale a consisté à détermi-
ner des actions de préservation, de restauration
et de gestion des continuités biologiques et des
structures paysagères en les inscrivant dans une
véritable logique de projet de territoire : mobili-
sation des outils réglementaires et contractuels
adaptés (zonages au PLU en cours de révision,
outils de maîtrise foncière tels les PPEANP, etc.)
et mise en oeuvre de projets structurants (plan de
gestion des espaces naturels, reconquête des
sections artificialisées, sentiers de randonnée,
référentiel paysager, etc.).
Fonder le projet de territoire sur la nature et le paysage : le diagnostic
territorial de la ville de Blanquefort.
retour
d?expérience
Vue aérienne de Blanquefort , au premier plan la ferme
urbaine Ornon.
43
retour
d?expérience
Sortie nature dans les marais de Blanquefort .
Le travail partenarial mené avec les ex-
perts du CAUE a permis d?élaborer une stratégie
territoriale, formalisée dans un document large-
ment diffusé, tant en interne à la Mairie qu?auprès
des partenaires de la commune en matière
d?aménagement du territoire (Agence d?urbanis-
me, Communauté urbaine de Bordeaux, équipes
d?aménagement du centre-ville, etc.), d?ailleurs
associés tout au long de l?étude à travers le comi-
té de pilotage. Mais il a aussi permis une véritable
acculturation des élus et services municipaux aux
thématiques de la nature et du paysage, grâce
au choix d?une démarche partenariale plutôt que
d?une logique d?étude par des experts extérieurs.
As
so
ci
at
io
n
M
ed
ul
i N
at
ur
e
Contact: virginie.lannes@ville-blanquefort.fr
44
etablir une vision du territoire avec les acteurs lo-
caux : l?état des lieux de la région auvergne
proche « espèces », 8 groupes de travail ont
été créés (1.flore, 2. champignons et lichens,
3.avifaune, 4.insectes et autres invertébrés,
5.Faune aquatique, 6. Mammifères hors chirop-
tères, 7.Chiroptères, 8.amphibiens et reptiles, 9.
Espèces domestiques et cultivées) et 5 autres
pour l?approche « milieux » (1.forêt, 2.lacs, ma-
rais, tourbières, 3. cours d?eau, 4. milieux ouverts
(cultures, prairies, landes, rochers), 5.milieux ur-
bains). Pour chaque groupe de travail, un pilote
choisi parmi le tissu associatif ou les établisse-
ments publics a été choisi pour réaliser l?état des
lieux. En plus de ces 14 groupes de travail, des
réunions transversales ont été tenues pour per-
mettre l?échange entre les différents pilotes et va-
lider les méthodes utilisées.
Cette organisation a demandé un tra-
vail important d?animation et de coordination à la
Région Auvergne, travail dont elle aurait pu être
allégée en confiant la totalité du diagnostic à un
bureau d?étude. Mais la concertation a relevé d?un
choix assumé : celui de s?appuyer sur les com-
pétences des partenaires associatifs ou publics
et de créer une vision partagée du territoire entre
les acteurs. La démarche a d?ailleurs été payante
puisque des synergies nouvelles ont été créées
entre les différents partenaires : alors que cer-
taines associations avaient tendance à travailler
de façon isolée, de nouvelles coopérations ont
émergé et dynamisent aujourd?hui le territoire.
L?état des lieux à finalement permis à la Région
Auvergne d?adopter sa Stratégie régionale pour la
biodiversité en 2010 avec une meilleure connais-
sance de l?état de conservation, des menaces et
des tendances liés à la biodiversité.
Depuis le Grenelle de l?Environnement,
le territoire régional est devenue l?échelle de ré-
férence pour la détermination de mesures adap-
tées au territoire. De nouvelles compétences
comme la gestion des réserves naturelles régio-
nales ont été reconnues aux Régions. C?est dans
ce contexte que le Conseil régional d?Auvergne a
décidé en 2009 de lancer son état des lieux biodi-
versité, un projet qu?il a co-porté avec la Direction
régionale de l?Environnement, de l?Aménagement
et du Logement (DREAL).
L?état des lieux s?est développé autour
d?une triple approche : les espèces, les milieux,
les paysages. L?objectif était pour chacun de
ces trois objets de mieux connaître la situation
et d?évaluer les enjeux en termes de protection.
La partie « paysage » a été confiée à un bureau
d?étude qui a identifié 9 régions naturelles selon
des caractéristiques de relief, de climat, de vé-
gétation et de géologie. Chacune de ces régions
naturelles constitue une entité hybride qui mixe
les contours « naturels » et les contours adminis-
tratifs (frontières des Pays ou des Parcs naturels
régionaux). Les 9 régions naturelles définissent
ainsi un nouveau découpage territorial, à la fois
pratique et opérationnel pour les collectivités et
permettant une meilleure compréhension des en-
jeux de biodiversité.
Pour les approches « espèces » et « mi-
lieux » de son état des lieux, le Conseil Régio-
nal a préféré s?appuyer sur les compétences de
ses partenaires plutôt que sur un bureau d?étude.
Cet aspect très largement concerté donne au
projet son originalité. Pour les besoins de l?ap-
retour
d?expérience
Contact: f.semiond@cr-auvergne.fr
45
définir la stratégie d?action
de son organisme
Un programme d?actions constitue le
coeur d?un projet d?engagement à la SNB : il ex-
prime ce que votre organisme s?engage à réaliser
pour la protection et la valorisation de la biodiver-
sité dans le cadre de ses activités.
Construisez un programme d?actions
La définition d?une démarche intégrée
et transversale au profit de la biodiversité :
cette option s?adresse davantage à des grands
organismes, des organismes particulièrement
dépendants de la biodiversité dans leurs activi-
tés ou à des organismes déjà engagés en faveur
de la biodiversité. Moins que dans la réalisation
d?un programme, l?enjeu réside dans l?évolution
en profondeur d?un organisme dans son mode
d?organisation et dans le déploiement de ses ac-
tivités.
Ces deux « options » ne sont bien sûr en aucun
cas exclusives l?une de l?autre et tout organisme
est invité à mener de front ce double effort. Dans
les faits cependant, certains acteurs peuvent être
plus à l?aise en s?engageant d?abord autour d?un
programme d?actions pragmatique qui conduira
par suite l?organisme à développer une vision in-
tégrée et transversale. Pour d?autres, notamment
les acteurs déjà engagés en faveur de la biodi-
versité, le programme d?actions sera au contraire
pensé comme la déclinaison d?une démarche
globale pensée en amont.
Tout projet d?engagement gagne à s?ap-
puyer sur la définition d?une stratégie d?action.
Cette dernière ne doit pas être envisagée, notam-
ment par les petits organismes, comme quelque
chose d?effrayant ou de décourageant car trop dif-
ficile à établir. Définir sa stratégie d?action, c?est
simplement se donner quelques grandes orien-
tations et inscrire sa volonté d?agir dans un cadre
cohérent. Les quelques conseils qui suivent vous
permettront de la définir assez facilement.
Suivant la taille, les moyens ou le degré de com-
pétence de votre organisme sur la biodiversité,
deux « options » vous permettent de définir la
stratégie d?action de votre projet :
La construction d?un programme d?ac-
tions: cette option « opérationnelle » s?adresse
à tous et notamment aux petits organismes ou
à ceux qui s?engagent pour la première fois en
faveur de la biodiversité. Elle vise à l?atteinte de
quelques objectifs par la réalisation de plusieurs
actions concrètes planifiées dans le temps.
La construction de votre programme d?actions
peut se faire en trois étapes :
- Définir les grands objectifs du projet.
- Décomposer les grands objectifs en
sous-objectifs et en actions.
- Planifier la mise en oeuvre.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202046
Déterminer le ou les grands objectifs de son pro-
jet, c?est donner à ces enjeux une réponse posi-
tive qui projette votre organisme dans une dyna-
mique visant à le rendre plus performant vis-à-vis
des questions de protection et de valorisation de
la biodiversité et plus à même de tirer avantage
des risques et opportunités liés à ces mêmes en-
jeux.
Pour vous aider dans cet exercice de traduction
de vos enjeux en grands objectifs, vous pouvez
vous rapporter à la liste des 20 objectifs de la SNB
(Cf. liste page suivante). Leurs intitulés présen-
tent une réponse aux principaux enjeux auxquels
peuvent être confrontés les différents acteurs de
la société en matière de biodiversité.
Définir les grands objectifs du projet
Les objectifs d?un projet expriment ce qu?un or-
ganisme veut faire. C?est autour de leur définition
que la stratégie d?action d?un organisme prend
forme concrètement. Il existe plusieurs niveaux
d?objectifs. La gestion de projet classique distin-
gue en général les grands objectifs (souvent ap-
pelés objectifs « stratégiques ») et des sous-ob-
jectifs (souvent appelés objectifs « intermédiaires
» et « opérationnels »).
Pour construire un projet, il est souvent conseillé
de s?intéresser d?abord à la définition des grands
objectifs car ces derniers donnent les orienta-
tions de fond. En pratique, les sous-objectifs sont
parfois identifiés en premier car ils sont davan-
tage tournés vers l?action et les problématiques
de terrain. Toutefois, repérer les grands objectifs
d?un projet est une étape importante qui confère
à votre projet cohérence et stabilité. En effet, si
les objectifs intermédiaires ou opérationnels sont
amenés à évoluer au cours de la mise en oeuvre
de votre initiative, les grands objectifs demeurent
des orientations pérennes.
Pour définir vos grands objectifs, il s?agit de vous
appuyer sur les conclusions de votre état des
lieux « biodiversité ». Ce dernier a normalement
conduit votre organisme à établir une liste hiérar-
chisée des enjeux de préservation et de valorisa-
tion qui se posent dans le cadre de vos activités
biodiversité. Corollairement à ces enjeux, votre
organisme a également pu identifier les risques
auxquels il s?expose en continuant à ne pas agir
en faveur de la biodiversité et les opportunités
que lui offre une action en faveur de la biodiver-
sité.
47
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202048
« Planter des arbres », « installer des ruches », ces actions sont très utiles pour
verdir les villes ou sauver les abeilles, toutefois ces actions peuvent parfois être mal
adaptées à la situation. A titre d?exemple, installer une ruche et favoriser l?installation
d?abeilles peut perturber les autres pollinisateurs sauvages. Dans le même esprit,
boiser un espace peut provoquer la disparition d?espèces peu communes et inféo-
dées à des milieux plus ouverts. Gardez en tête que les actions que vous propo-
sez doivent être cohérentes au regard de vos objectifs et adaptées au contexte. Le
meilleur moyen d?éviter ces pièges est de se faire conseiller par des acteurs reconnus
(associations, bureaux d?études, chercheurs). Le recours à une aide extérieure est
particulièrement important pour les actions de grande envergure ou impliquant une
modification directe de l?écosystème via des travaux de génie écologique ou la mise
en place d?aménagements pour l?accueil de la biodiversité.
Méfiez-vous des solutions clés en main et des
actions qui constituent de fausses bonnes idées !O
Pour eN Savoir +
pour en savoir plus, consul-
tez l?article Faut-il favoriser
l?Abeille domestique Apis
mellifera en ville et dans les
écosystèmes naturels ? pu-
blié dans la revue Le héron.
une contribution qui ques-
tionne la pertinence de l?ins-
tallation de ruchers sans
diagnostic préalable pour
préserver la biodiversité.
décomposez les grands objectifs en
sous-objectifs? et les sous-objectifs
en actions !
Pour chacun des grands objectifs de votre projet,
un ou plusieurs sous-objectifs doivent être déter-
minés. Pour les définir il faut tenter de répondre
à une question simple : « quelles sont les étapes
qui peuvent engager notre organisme dans la
réalisation de ces grands objectifs ? »
Dans cette optique, les sous-objectifs sont com-
me les différents chantiers à mener qui, addition-
nés, tendent à répondre aux grands objectifs. En
s?appuyant sur son état des lieux et en faisant
preuve de créativité, ce travail de décomposition
des grands objectifs en sous-objectifs peut se
faire relativement facilement.
Les sous-objectifs doivent ensuite être déclinés
en une ou plusieurs actions. Les actions peu-
vent être d?envergure très diverses. Il importe
cependant qu?elles soient pertinentes au regard
du sous-objectif auquel elles se rapportent. Pour
dresser la liste des actions de votre projet, il est
utile de se renseigner sur les bonnes pratiques
menées par d?autres acteurs dans votre secteur
d?activité. Pour vous inspirer, vous pouvez égale-
ment vous reporter à la boîte à idées du présent
Guide.
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CF8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.afie.net%2Fspip.php%3Faction%3Dacceder_document%26arg%3D344%26cle%3D47389dd9a955c3a66ef57b5d28999eba%26file%3Dpdf%252FLEMOINE-2012-Abeilles.pdf&ei=kYTgT8S8Ao6Y0QWLi524DQ&usg=AFQjCNGagppz-o_ZAPXXpUXAIvm_K1SwHg&sig2=liFsMq0HFb6HAanKwMkCew
49
attention à ne pas trans-
former votre feuille de
route en oeillères !
Dresser une feuille de route est sou-
vent rassurant car elle donne l?im-
pression d?une action bien maîtrisée.
Cependant, n?oubliez pas que vous
apprendrez toujours en marchant et
que vos sous-objectifs et, de manière
plus générale, la façon dont vous vou-
lez mettre en oeuvre vos actions vont
évoluer. Il s?agit de rester ouvert à ces
changements qui, loin de remettre en
cause votre projet, peuvent au contrai-
re l?enrichir.
Planifier l?action
Pour donner de la lisibilité à un projet, il peut être
utile d?en dresser la feuille de route. Pensée en re-
gard de la manière dont votre organisme souhaite
s?organiser pour assurer la mise en oeuvre de son
projet (Cf. Repère 4) cette feuille de route hiérar-
chise grands objectifs, sous-objectifs et actions
prévues. La feuille de route de votre projet doit
apporter des éléments de planification pour cha-
cune de vos actions : but à atteindre, éléments de
calendrier, acteurs impliqués, évaluation prévue,
moyens et ressources alloués...
L?entreprise X est une entreprise fictive créée
uniquement pour illustrer comment un organisme
peut assez simplement construire un programme
d?actions qui soit utile à la biodiversité.
L?entreprise X est située en Dordogne. Elle pos-
sède et gère deux campings. Elle emploie une
cinquantaine de salariés. Le travail d?état des
lieux préalable qu?elle a mené en se documentant
autour de quelques références sur la biodiversité
et, en se rapprochant d?une association locale
de protection de la nature (l?association Y), lui a
permis de comprendre que son activité avait des
impacts non négligeables en matière de biodiver-
sité (consommation d?espace, gestion d?espaces
verts, émission de pollutions) et que la pérennité
de son activité dépendait aussi de la biodiversité
(les campeurs sont attachés à la qualité du pay-
sage et à la nature qui environne le camping). Sur
la base de ces quelques conclusions, l?entreprise
O
cas pratiQue :
l?entreprise X et la définition de sa feuille de route
cas pratiQue :
X a décidé de se fixer deux grands objectifs en
se rapportant aux objectifs de la stratégie natio-
nale pour la biodiversité qu?elle a précisés pour
les rendre plus adaptés à son cas :
Maîtriser les pressions sur la biodiversité
en réduisant nos impacts via une gestion écolo-
gique de nos espaces verts et le contrôle de nos
pollutions lumineuses.
Faire émerger, enrichir et partager une
culture de la nature, notamment en sensibilisant
notre clientèle aux enjeux de la biodiversité et à
la beauté de la nature.
A partir de ces quelques conclusions l?entreprise
X a dressé la feuille de route suivante :
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202050
51
Au-delà de la construction d?un program-
me d?actions dédié, votre projet d?engagement
volontaire pour la SNB peut conduire votre orga-
nisme à adopter une démarche qui vise à intégrer
la biodiversité de manière transversale dans l?en-
semble de ses politiques ou activités sectorielles
ainsi que dans son modèle d?organisation. Cela
vaut essentiellement pour des organismes dont
les liens d?interdépendance à la biodiversité sont
multiples et forts comme les grandes entreprises
ou les collectivités.
Définissez une démarche intégrée et transversale
au profit de la biodiversité
agendas 21 locaux et biodiversité
Outil majeur pour le développement durable
des territoires, les Agendas 21 locaux consti-
tuent un engagement fort des collectivités.
Le cadre de référence national des Agendas
reconnaît parmi ses 5 finalités essentielles «
la préservation de la biodiversité, protection
des milieux et des ressources ». À ce titre, le
projet d?engagement SNB d?une collectivité
peut tout à fait consister dans l?approfondis-
sement des dispositions prises en matière
de biodiversité dans son Agenda 21.
entreprises et démarche de développe-
ment durable certifié
- Les normes ISO de l?Agence française
de normalisation (AFNOR) attestent de la
mise en oeuvre de démarche durable par
les entreprises. Si la prise en compte des
enjeux de la biodiversité n?est pas à ce jour
un pré-requis obligatoire dans l?obtention de
ces certifications, les entreprises sont inci-
tées à l?intégrer de manière volontaire dans
leur démarche. Parmi les normes existantes,
c?est aujourd?hui la norme ISO 26 000 sur
la responsabilité sociétale des entreprises et
la norme environnement ISO 14001 sur la
mise en oeuvre d?un Système de manage-
ment environnemental (SME) qui permettent
d?intégrer au mieux les questions spécifiques
à la biodiversité.
- L?Agence de l?environnement et de la
maîtrise de l?énergie (ADEME) a également
élaboré la méthode DIESE (Démarche in-
tégrée environnement sécurité entreprise)
pour réaliser un état des lieux ou mettre en
place un système de management dans les
domaines environnement, santé ou sécurité
au travail qui prend en compte les enjeux de
la biodiversité.
L?intégration de l?enjeu biodiversité, par-delà
l?adoption d?un seul programme d?actions, est
susceptible de conférer une valeur ajoutée certai-
ne à votre projet dans la mesure où elle autorise
l?adoption de vrais projets d?entreprise et de pro-
jets de développement territorial pensés autour
de la biodiversité.
Pour s?engager dans ce sens, il s?agit de faire
vivre les objectifs stratégiques définis au cours
de votre état des lieux dans les différents servi-
ces de votre organisme. Cela implique un travail
important en termes de dialogue et d?accompa-
gnement entre l?équipe en charge de la définition
de vos grandes orientations et les services. Dans
le concret, ce travail d?échanges en interne doit
aboutir à l?adoption, service par service, d?ob-
jectifs intermédiaires qui traduisent les objectifs
généraux de votre organisme dans la réalité des
missions de chaque service.
Un bon moyen pour les collectivités et entrepri-
ses de tendre vers cet objectif d?intégration de la
biodiversité est de renforcer la place faite aux
enjeux de la biodiversité dans des dispositifs
transversaux tels les Agendas 21 locaux ou les
Systèmes de management environnemental.
Pour eN Savoir PluS Sur
leS ageNdaS 21 loCaux
rendez-vous sur le site internet du mi-
nistère de l?écologie.
http://www.afnor.org/
http://www.afnor.org/profils/centre-d-interet/environnement
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?sort=-1&cid=96&m=3&id=61653&ref=&nocache=yes&p1=111
http://www.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.developpement-durable.gouv.fr/
52
adopter une démarche intégrée et transversale en incluant
les enjeux de la biodiversité dès la phase de conception
d?un produit ? egis eau et l?éco-cavalier.
Le produit final participe au maintien de la biodi-
versité et au bon fonctionnement des écosystè-
mes en remplissant certaines fonctions écologi-
ques essentielles (nurserie, continuité, etc.), tout
en assurant la stabilité de la canalisation sur le
fond.
Le processus d?éco-conception présenté
ici illustre les possibilités d?actions synergiques
entre équipes de compétences différentes pour
agir en faveur de la biodiversité. Si cette réalisa-
tion témoigne de la possibilité technique d?une
telle action, y compris dans le cadre d?un projet
d?infrastructure lourde, il est nécessaire d?insister
sur l?importance d?un rapprochement des équipes
et de la confrontation des différents enjeux dès le
démarrage du projet. Trop souvent, les réflexions
environnementales interviennent à un stade où
l?état d?avancement du projet ne permet plus que
des adaptations « à la marge ». L?éco-conception
écologique d?un projet dès sa base au travers
d?une démarche transversale et intégrée est ainsi
la clé d?une véritable action en faveur de la biodi-
versité.
Traversant le lagon de Mayotte, aire
marine protégée, le projet de doublement de
la conduite d?alimentation en eau potable entre
Grande Terre et Petite Terre a été conçu pour
minimiser l?impact sur l?écosystème corallien et
assurer une non-perte globale de biodiversité. En
premier lieu, un tracé de moindre impact a été
défini sur la base de la sensibilité des différents
habitats marins. En second lieu, le projet a expé-
rimenté une innovation particulière en faveur de
la biodiversité : l?éco-cavalier. Dépassant l?unique
fonction de lestage de conduite sous-marine as-
sociée aux cavaliers traditionnels, les éco-cava-
liers sont conçus de sorte à créer de nouveaux
habitats marins artificiels, ciblant l?accueil d?espè-
ces marines locales.
Le processus d?éco-conception de
l?ouvrage a ainsi structuré la démarche environ-
nementale du projet, selon 4 étapes : la définition
des habitats et de leur sensibilité, la caractérisa-
tion de leurs fonctions écologiques principales, la
détermination des éléments de mimétisme pour
« reproduire » certains habitats dans l?ouvrage et
enfin, la conception de ce dernier en conciliant
objectifs écologiques et faisabilité technico-éco-
nomique.
Dans le cadre de cette dernière étape,
le rapprochement d?équipes d?écologues et d?in-
génieurs en génie civil maritime a permis de
confronter deux visions complémentaires du pro-
jet afin d?aboutir à la proposition d?un ouvrage
fonctionnel et intégré. Six modèles ont ainsi été
étudiés en fonction des potentialités écologiques
et techniques à promouvoir localement, et conçus
de sorte à optimiser les étapes de fabrication et
d?en maîtriser les coûts. Un total de 206 modules
de lestage a été fabriqué en série industrielle et
utilisé dans le cadre du projet.
retour
d?expérience
L?éco-cavalier.
Contact: martin.perrot@egis.fr
La Ville de Montpellier a élaboré son
référentiel en aménagement urbain dénommé
AURA (Améliorer l?Urbanisme par un Référentiel
d?Aménagement), composé d?une grille compre-
nant 30 indicateurs et d?objectifs chiffrés, afin
de construire des écoquartiers confortables et
agréables à vivre et de participer efficacement à
la réduction des consommations énergétiques,
des émissions de gaz à effet de serre, de pré-
server la ressource en eau et d?assurer le confort
d?été sans climatisation, sujets particulièrement
sensibles en climat méditerranéen. Ce référentiel
a été conçu de manière concertée et partagée
avec l?ensemble des partenaires de la Ville et a
pour principale ambition d?offrir à l?ensemble des
acteurs de l?urbanisme et de l?aménagement les
outils pour construire la ville durable de demain.
Dans cet outil d?aménagement, le thème de la
biodiversité est traité de manière à la fois explicite
mais aussi transversal.
Un indicateur spécifique «biodiversité»
permet en effet de traiter la thématique de ma-
nière très explicite. L?indicateur, abordé à travers
le nombre d?espèces par hectare, favorise le
développement de milieux floristiques riches via
le choix d?une palette variée de végétaux, cohé-
rente avec les écosystèmes environnants, le tout
associé à une stratégie de gestion différenciée
(sans intrants chimiques) des « délaissés » (pré-
servation de milieux végétaux spontanés parfois
jugés indésirables mais qui accueillent en général
une biodiversité supérieure).
Le thème de la biodiversité est également
présent de manière sous-jacente dans un ensem-
ble de 6 indicateurs ayant traits aux espaces verts
qui favorisent la présence de la nature en ville ou
à la gestion de le ressource en eau, qui loin d?être
une contrainte permet de contenir strictement la
palette végétale aux espèces adaptées au climat
méditerranéen et à ses spécificités de sol et de
pluviométrie. Cela est indispensable pour rester
cohérent avec les écosystèmes environnants et
participe ainsi au maintien de la biodiversité et
même à son accroissement.
Le référentiel AURA a permis de trans-
poser l?ensemble des exigences de la Ville et
de sa Direction Paysage et Biodiversité au sein
des opérations d?urbanisme publiques. Nombre
d?entre-elles se disposent aujourd?hui dans leur
périmètre d?un espace de nature d?envergure,
propice au développement de corridors écologi-
ques favorables à la biodiversité. Mais l?AURA
va plus loin puisqu?il intègre, à l?échelle de l?îlot,
ces mêmes contraintes aux promoteurs immobi-
liers dans leurs opérations de logements privées.
Cette transposition du savoir-faire municipal au
sein des parcs et jardins privés répond avant tout
à une logique de bon sens avec le recours aux
plantes vivaces indigènes ou adaptées au cli-
mat méditerranéen, à des modes d?intervention
permettant de préserver la flore spontanée, à la
création de jardins secs économes en eau ou en-
core à la demande de nature en ville exprimée
par les habitants.
intégrer la préservation de la biodiversité dans l?aménage-
ment des villes : la ville de montpellier et son référentiel
aura.
retour
d?expérience
Contact: yann.rabusson@ville-montpellier.fr
Cyclistes derrière les coquelicots du nouveau quartier.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202054
S?organiser pour assurer la mise
en oeuvre de son projet
développez une ingénierie de projet grâce à
des moyens adaptés
Pour éventuellement amortir l?effort financier de
votre organisme sur le projet, pensez à vous as-
socier à d?autres acteurs. Cela présente le grand
avantage de mettre en commun les moyens !
En raison de la remise en cause de cer-
tains pans des activités de l?organisme et
des investissements supplémentaires qu?il
requiert, le projet en faveur de la biodiver-
sité de votre organisme peut être perçu par
certaines personnes comme un surcoût.
Agir implique effectivement des dépen-
ses (financières mais aussi en termes de
temps), mais il s?agit de valoriser les re-
tours sur investissement, même si ceux-ci
s?inscrivent sur le long terme ou ne sont
pas forcément chiffrables immédiatement :
économie d?échelle sur le long terme, pé-
rennisation de l?activité, maintien des ser-
vices rendus par les écosystèmes, gain en
termes d?image, etc.
La biodiversité, un surcoût ?
Décider de moyens financiers
suffisants
Tout projet d?engagement doit prévoir
l?adoption des dispositions nécessaires pour
assurer la bonne mise en oeuvre des actions et
l?atteinte des objectifs. Cela nécessite de faire
reposer la volonté d?agir de votre structure sur
une ingénierie solide prévoyant la mobilisation de
moyens adaptés. L?élaboration d?un système de
suivi et d?évaluation constitue également un enjeu
clé pour orienter votre organisme vers la recher-
che de résultats et d?effets positifs sur la biodiver-
sité.
Qu?ils soient financiers ou humains, la
mise en oeuvre de votre projet d?engagement
nécessite des moyens. Dans une logique de fai-
sabilité de votre initiative, il s?agit de mettre en
cohérence les objectifs poursuivis avec les inves-
tissements prévus. Prévoir et définir l?allocation
des moyens est donc un moment stratégique
dans l?élaboration de votre projet dans la mesure
où cela définit en grande part le niveau d?ambition
de votre engagement.
En matière de préservation et de protection de
la biodiversité, il est possible de faire beaucoup
avec peu. Nombre de réalisations ambitieuses
peuvent être menées en faisant une économie
de moyens financiers. Il reste cependant capital
que votre projet s?appuie sur une allocation de
ressources financières suffisantes à son bon dé-
roulement. De là dépend une grande partie de la
crédibilité d?un projet.
O
55
organiser les ressources humaines
pour piloter le projet
Cette mission d?animation et de suivi requiert
qu?un ou plusieurs chefs de projets soient dési-
gnés. Des moyens humains, techniques ou finan-
ciers doivent être mis à disposition de votre chef
de projet pour qu?il puisse assurer sa mission
convenablement. Votre chef de projet doit aussi
bénéficier du support d?un référent en charge de
suivre son travail et de prendre des décisions né-
cessaires qui feront évoluer le projet au cours de
sa mise en oeuvre. Plus le référent de votre chef
de projet occupe une place clé dans la hiérarchie
de votre organisme, plus votre projet fera montre
de la qualité de son portage politique.
La réalisation des actions du projet.
Au-delà du chef de projet en charge de l?anima-
tion et du suivi, la mise en oeuvre de votre projet
peut être amenée à mobiliser un ensemble plus
ou moins important d?individus au sein de votre
organisme. Cela est notamment le cas pour des
projets qui reposent sur la modification de prati-
ques ou méthodes de travail dans certains ser-
vices. Les individus qui sont appelés à changer
la façon de faire leur métier doivent être identi-
fiés dès la construction du programme d?actions
en vue d?être informés, écoutés et formés en
amont.
L?évaluation des actions.
L?évaluation participe activement au pilotage de
votre projet car elle permet de le faire évoluer et
de l?améliorer en continu. A ce titre, des temps
forts de l?évaluation doivent être déterminés en
amont et l?ensemble des individus impliqués iden-
tifié. Les personnes impliquées dans l?évaluation
sont de deux types :
- Les participants à l?évaluation, par exemple les
individus en charge de la mise en oeuvre des ac-
tions auprès desquels il faudra s?entretenir pour
apprécier la mise en oeuvre du projet.
- Les responsables de l?évaluation en charge de
collecter et d?analyser les informations nécessai-
res à l?évaluation. Dans le cas de projets portés
par de petits organismes, l?évaluateur du projet
peut être le chef de projet. Dans d?autres cas,
l?évaluation sera assurée par d?autres individus,
éventuellement extérieurs à votre organisme (un
prestataire par exemple). Dans ce cas il s?agit de
bien articuler les relations entre le chef de projet
et les responsables de l?évaluation afin que votre
système d?évaluation soit utile au pilotage de vo-
tre projet.
L?organisation en interne autour de votre projet
doit être clairement formalisée pour assurer un
bon pilotage de celui-ci. Il s?agit de reconnaître
à chaque personne ses responsabilités dans les
différentes tâches associées au bon déroulé du
projet. Cet enjeu d?organisation est tout aussi
important pour les grands organismes dont les
projets impliquent la participation et le travail en
synergie de plusieurs services, que pour les plus
petits organismes où une même personne peut
être amenée à assumer plusieurs tâches.
Il faut associer des ressources humaines aux tâ-
ches suivantes :
L?élaboration du projet.
L?élaboration de votre projet doit impliquer le plus
grand nombre d?individus possible au sein de vo-
tre organisme. Le plus haut niveau hiérarchique,
ainsi que les principaux personnels encadrants
sont appelés à jouer un rôle actif, par exemple
en présidant les réunions du groupe chargé de
l?élaboration du projet. Le projet doit aussi être
présenté dans les principales instances de votre
organisation et qui doivent se l?approprier (comité
de direction, conseils d?administration, etc.)
Les collaborateurs de votre organisation (agents,
salariés, adhérents, etc.) doivent aussi être mobi-
lisés dans l?élaboration du projet : des efforts de
communication interne sont à mener pour expli-
quer la démarche initiée au sein de votre orga-
nisme. Des processus de participation (enquête
interne, débats, boîte à idées du projet) sont à
mettre en place en vue de la co-production du
projet de votre organisme avec ses collabora-
teurs.
L?animation et le suivi du projet.
Dans sa phase d?élaboration et encore plus lors
de sa mise en oeuvre, votre projet nécessite de
s?appuyer sur des ressources humaines en char-
ge de son animation et de son suivi. Une équipe
doit être chargée de faire vivre le projet tant en
interne (auprès des différents services et collabo-
rateurs associés dans votre organisme) qu?en ex-
terne (auprès des parties prenantes extérieures à
votre organisme).
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202056
La gestion des enjeux de biodiversité implique souvent la participation d?acteurs pluriels,
qu?ils soient internes à votre organisme ou externes (parties prenantes). Ces acteurs ont
un rôle important à jouer dans le pilotage de votre programme d?actions et plus généra-
lement dans la mise en oeuvre de votre projet. Les plus motivés constituent des forces
motrices pour le projet tandis que les plus réfractaires peuvent au contraire menacer sa
mise en oeuvre. Autant que possible, il s?agit donc d?identifier les postures des person-
nes impliquées dans votre projet ; l?objectif étant de repérer les blocages éventuels pour
mieux les anticiper et les lever par la sensibilisation, le dialogue ou la formation.
Sachez identifier les menaces et les opportuni-
tés liées au pilotage de votre projetO
Selon la nature de votre projet, le pilotage de
ce dernier peut impliquer que votre organis-
me gagne en compétences techniques, par
exemple sur les outils et méthodes adaptés
à la gestion de l?environnement. Plusieurs
organismes peuvent vous aider :
- L?Atelier technique des espaces natu-
rels (ATEN) a pour mission de contribuer à
la sauvegarde des espaces et du patrimoine
naturels, par la mise en réseau et la profes-
sionnalisation des acteurs. L?ATEN capitali-
se les savoirs et les échanges d?expériences
: guides méthodologiques, logiciels, échan-
ges techniques préparent les gestionnaires
à travailler par objectifs et à suivre (tableaux
de bord) les indicateurs pertinents pour éva-
luer l?exécution des programmes, la pertinen-
ce des projets et leur impact sur le territoire.
L?ATEN assure également un programme de
formation initiale et continue dans le cadre
duquel plus d?une centaine de sessions sont
programmées chaque année et publiées sur
Les réseaux pour vous aider à renforcer les
compétences techniques de votre organisme
le site internet. Si l?ATEN propose ses ser-
vices en priorité aux organismes qui sont
membres de son réseau, de nombreuses
ressources sont accessibles à tous en ligne
sur leur site Internet.
- De manière générale, les associations
de protection de la nature et gestionnai-
res d?espaces naturels peuvent également
vous aider à monter en compétence pour
mieux piloter votre projet.
Pour davantage d?informations et de
conseils sur le pilotage de votre projet,
n?hésitez pas à consulter la boîte à idées
du Guide et notamment son entrée sur l?ob-
jectif n°9 de la SNB « Développer et péren-
niser les moyens financiers et humains en
faveur de la biodiversité ». Vous y trouve-
rez certainement des repères et exemples
d?actions susceptibles de vous aider à vous
organiser autour de votre projet.
57
Prenez les dispositions nécessaires en termes
d?évaluation
Un dispositif d?évaluation ambitieux doit conduire votre organisme à mesurer et apprécier son initiative
selon deux niveaux : un niveau stratégique qui considère votre projet dans sa globalité et un niveau
plus opérationnel qui s?intéresse de manière plus spécifique au suivi de votre programme d?actions.
comprendre les deux niveaux de l?évaluation de votre initiative
Concernant le suivi de la mise en oeuvre de vo-
tre programme d?actions (niveau opérationnel de
l?évaluation), les clés de succès résident princi-
palement dans l?organisation de votre pilotage et
les rapports entre le chef de projet et le reste des
personnes impliquées dans la mise en oeuvre de
votre programme d?actions, ainsi que dans la te-
nue d?un tableau de bord ou de tout autre docu-
ment (par exemple le renseignement d?une série
Niveau de l?évaluaTioN Ce Que l?oN CherChe
à meSurer ou aPPréCier
la méThode eT leS
ouTilS aSSoCiéS
Stratégique
Opérationnel
Les principaux résultats
et impacts de votre projet
La mise en oeuvre
du programme d?actions
La définition de critères
et d?indicateurs
Un tableau de bord
de suivi des actions
leS deux Niveaux de l?évaluaTioN
L?exercice d?évaluation de votre initiative
en faveur de la biodiversité est essentiel pour vous
assurer que vous êtes sur la bonne voie et éven-
tuellement enclencher une dynamique d?améliora-
tion en continu. Une définition simple consiste à
considérer l?évaluation comme un double travail
de fiches techniques détaillant les éléments as-
sociés à la mise en oeuvre de chaque action de
votre programme).
La série de conseils et de recommandations qui
suit dans ce présent Guide concerne davantage
le niveau stratégique de l?évaluation, soit la me-
sure et l?appréciation des résultats et impacts de
votre projet.
de questionnement, de recherche et analyse de
l?information dont l?objectif est double : mesurer
la mise en oeuvre de votre programme d?actions
et apprécier la qualité globale du projet et de sa
mise en oeuvre.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202058
Souvent l?évaluation d?un projet est envisa-
gée comme une tâche à réaliser à la fin d?un
programme d?actions, comme une sorte de bi-
lan visant à établir si l?organisme a réussi ou
échoué dans son entreprise d?atteindre des
objectifs qu?il s?était fixés. En réalité, l?évalua-
tion peut être menée à tout moment d?un pro-
jet : en amont, pendant et après la mise en
oeuvre des actions.
- En amont de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : une évaluation peut être
menée pour vérifier la solidité d?un program-
me d?actions. Est-il pertinent compte-tenu des
enjeux révélés dans le diagnostic initial ? Les
moyens prévus pour la mise en oeuvre sont-
ils cohérents au regard des ambitions fixées ?
Se poser ce type de questions préalables peut
s?avérer utile dans le cadre de grands projets.
Les temps de l?évaluation
Votre méthode d?évaluation doit être définie en même temps que vous construisez votre programme
d?actions, notamment lorsque vous précisez les buts à atteindre pour chaque action. Cet alignement
entre le tempo de la construction du programme d?actions et celui de l?élaboration de la méthode d?éva-
luation est logique. En effet, tout résultat attendu par vos actions doit, dans l?idéal, pouvoir être mesuré
et la mise en oeuvre de toute action doit également pouvoir être appréciée.
Définir les premiers éléments de sa méthode d?évaluation autour de quelques
critères
- Au cours de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : l?évaluation peut mesurer
progressivement l?atteinte des objectifs. Elle
autorise également à se prononcer plus pré-
cisément sur la validité des actions et la façon
dont elles sont menées: tout se passe-t-il com-
me prévu ? Les actions entreprises permettent-
elles d?avancer sur la poursuite des objectifs ?
Dans cette phase intermédiaire, l?évaluation
est active : elle peut permettre de rectifier le tir
et de faire évoluer le projet en cours.
- Au terme de la mise en oeuvre du pro-
gramme d?actions : l?évaluation permet de tirer
un bilan complet du projet. Elle vérifie ainsi
si les effets obtenus peuvent être considérés
comme positifs et si les objectifs ont bien été
atteints. Au-delà, elle permet également de ti-
rer des enseignements sur la mise en oeuvre
du programme.
Le critère d?efficacité
Ce critère est certainement le plus important car
il s?intéresse aux effets propres de votre projet au
regard des objectifs fixés. Il pose la question :
« Notre projet et l?ensemble des actions qui le
compose produisent-ils des effets qui rapprochent
notre organismes des objectifs qu?il s?est fixés ?
». Ainsi, il s?agit de savoir si vos actions ont un
impact que l?on peut considérer comme positif sur
la biodiversité. Ces impacts peuvent être directs
(c?est-à-dire qu?ils concernent, par exemple, l?état
de conservation d?une espèce ou d?un milieu) ou
indirects (s?ils concernent par exemple la sensibi-
lisation ou l?accompagnement aux changements
de personnes au sujet des enjeux de la biodiver-
sité). Evaluer son initiative au regard du critère
d?efficacité est particulièrement utile au cours de
La première étape pour définir votre méthode
d?évaluation consiste à déterminer les critères de
l?évaluation, soit les différentes questions dont les
réponses apportées par un travail de collecte et
d?analyse de données, vous permettront de vous
prononcer sur la qualité de votre projet. Plusieurs
méthodes promues par différentes institutions
(notamment le Conseil supérieur d?évaluation) ont
permis de définir des jeux de critères d?évaluation
transposables à une variété de situations. Parmi
ces critères, 5 sont pertinents pour l?évaluation de
projets conduits en faveur de la biodiversité. Ces
cinq grands critères vous sont donnés à titre indi-
catif mais libre à vous d?écarter ceux qui ne vous
conviennent pas ou de définir les vôtres !
59
Dans son article de référence intitulé L?analyse stratégique de la gestion environnemen-
tale : un cadre théorique pour penser l?efficacité en matière d?environnement, Laurent
Mermet développe un paragraphe sur l?évaluation des politiques environnementales. Il
met en évidence la nécessité de prendre en compte deux faces indissociables de l?ac-
tion des organismes dans le travail d?évaluation : la gestion intentionnelle et la gestion
effective. La gestion effective, ce sont toutes les actions déployées par un organisme
pour protéger ou préserver un objet environnemental, en d?autres termes: il s?agit des
actions de votre projet. La gestion intentionnelle renvoie à toutes les autres actions,
extérieures à votre projet, qui affectent positivement ou négativement le même objet en-
vironnemental. Ces actions qui relèvent de la gestion intentionnelle peuvent être le fait
d?autres acteurs mais également de votre propre organisme. Pour Mermet, la focalisa-
tion du travail d?évaluation sur les seules actions de la gestion effective peut constituer
un biais susceptible de fausser ou de limiter les apports de l?évaluation. Cet article est
donc un appel à voir plus loin et adopter une approche plus globale de l?évaluation.
evaluation des impacts de la gestion effective et de la
gestion intentionnelle de l?environnement
Le critère de pertinence
Ce critère pose la question « En quoi notre projet
constitue-t-il une réponse adaptée aux enjeux qui
lient notre organisme à la biodiversité ? ». Liée
aux conclusions de votre état des lieux « biodi-
versité », l?utilisation de ce critère permet notam-
ment de vérifier que vos actions s?inscrivent bel
et bien au coeur des activités de votre organisme.
Ce critère est surtout utile pour une évaluation en
amont de la mise en oeuvre des actions de votre
projet.
Le critère de cohérence
Ce critère invite à considérer la question « no-
tre projet repose-t-il sur une stratégie d?actions
solide ? ». Il cherche ainsi à tester la solidité du
projet en mesurant l?adéquation entre les grands
objectifs, les sous-objectifs et les actions avec
les moyens et ressources humaines et financiè-
res qui leur sont associés. Ce critère est surtout
utile pour une évaluation en amont de la mise en
oeuvre des actions, mais aussi au cours de leur
mise en oeuvre dans le cas où votre projet serait
amené à évoluer dans une perspective d?amélio-
ration continue.
la mise en oeuvre des actions pour juger des ré-
sultats de chaque action. Il est également utile de
prendre en compte ce critère lors d?une évalua-
tion plus globale du projet au terme de la mise en
oeuvre des actions.
L?utilité
Ce critère pose la question : « En dehors des im-
pacts sur la préservation de la biodiversité, quels
sont les apports connexes de notre projet ? ». Il
entend ainsi établir, au-delà des effets sur la bio-
diversité, l?ensemble des retombées positives de
votre projet. Celles-ci peuvent être nombreuses
et se révéler dans le temps alors que votre orga-
nisme ne les avait pas prévues : économies réa-
lisées, nouvelles méthodes de travail adoptées,
nouvelles relations entre acteurs créées, dyna-
misation du territoire, etc. Ce critère est surtout
utile pour une évaluation en cours mais surtout au
terme de la mise en oeuvre des actions de votre
projet dans la mesure où une prise de recul est
souvent nécessaire pour apprécier les apports
connexes d?un projet.
Le critère d?efficience
Ce critère interroge le projet de la manière sui-
vante : « Quelle analyse tirer des résultats obte-
nus au vu de l?importance des moyens humains
ou financiers mobilisés ? ». Sorte de bilan, le cri-
tère d?efficience cherche à apprécier la viabilité du
projet en analysant les coûts et les apports, maté-
riels ou immatériels, à longs ou à courts termes,
de votre projet. Dans cette perspective, le critère
d?efficience intervient surtout dans l?évaluation de
votre projet au terme de votre programme d?ac-
tion.
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202060
préciser sa méthode en déterminant
l?organisation et les outils de
l?évaluation
Construire et renseigner un indicateur tech-
nique pour évaluer les impacts sur la biodi-
versité n?est pas une opération simple. Pour
vous aider dans cette tâche, appuyez-vous
sur des méthodes de construction d?indi-
cateurs existantes et faites-vous aider par
des professionnels reconnus (associations,
organismes de recherche, bureaux d?étu-
des).
Les indicateurs techniques
de biodiversité
Pour eN Savoir PluS Sur
leS iNdiCaTeurS de BiodiverSiTé
consultez le guide à l?usage des utilisateurs
d?indicateurs de biodiversité du conseil
consultatif des académies des sciences
européennes et reportez-vous aux travaux
de l?observatoire national de la biodiversité.
Un système d?évaluation s?appuie nécessaire-
ment sur un travail de recherche, de traitement
et d?analyse de l?information. Pour apprécier les
effets de votre programme d?actions ainsi que la
qualité globale de votre projet et de sa mise en
oeuvre sur la base des critères que vous avez
définis, il s?agit en effet de disposer de données
qualitatives et quantitatives qui sont à récupérer
sur le terrain puis de les analyser. Cela implique
de préciser la méthode d?évaluation en se ques-
tionnant sur les données qui constitueront la base
de travail de l?évaluation et en réfléchissant à l?or-
ganisation à adopter pour recueillir et traiter ces
mêmes informations :
- De quelles informations aurons-nous be-
soin pour mesurer les résultats et apprécier
la mise en oeuvre ?
- Comment récupérer ces informations ? Qui
les collectera ? Qui les analysera ?
Concernant les outils, la définition et le renseigne-
ment d?indicateurs techniques est parfois néces-
saire. Ceci est notamment le cas pour apprécier
les améliorations d?un projet souhaitant apporter
des améliorations sur l?état de conservation de la
biodiversité (par exemple : un projet visant à res-
taurer un écosystème ou à protéger une espèce
menacée). Néanmoins, nombre de projets peu-
vent faire reposer leur système d?évaluation sur
des outils très simples. Par exemple, s?entretenir
avec les personnes chargées de réaliser le pro-
gramme d?actions en recueillant leurs avis, atten-
tes et difficultés peut permettre d?évaluer la mise
en oeuvre du programme. De même pour mesu-
rer les effets d?actions ayant un impact indirect
sur la préservation de la biodiversité - comme la
sensibilisation d?autres acteurs, un dialogue avec
le public cible de votre action peut vous permettre
d?évaluer si votre initiative produit, ou non, des
effets positifs.
http://www.leopoldina.org/fileadmin/user_upload/Politik/-Empfehlungen/EASAC/EASAC_Statement_Biodiversityindicator_2005.pdf
http://www.leopoldina.org/fileadmin/user_upload/Politik/-Empfehlungen/EASAC/EASAC_Statement_Biodiversityindicator_2005.pdf
http://www.naturefrance.fr/onb
61
Profiter de l?évaluation pour faire vivre
le projet
Trop souvent, l?évaluation est considérée comme
une tâche à réaliser dans les derniers temps d?un
projet. Or, par les retours de terrain qu?il permet, le
dispositif de suivi et d?évaluation peut contribuer
à faire vivre le projet, à optimiser ses chances de
produire des résultats positifs et à l?améliorer en
continu. Ainsi, le suivi et l?évaluation gagnent à
être envisagés comme un outil au service du bon
pilotage de votre projet.
Pour profiter des apports du suivi et de l?évalua-
tion, deux précautions simples d?organisation
sont à observer :
Fixer les moments forts du dispositif de
suivi et d?évaluation: produire un suivi et une
évaluation quotidienne de votre projet serait idéal
mais difficilement tenable ! Il s?agit donc de déter-
miner des moments forts, en essayant de poser
les jalons d?un suivi et d?une évaluation régulière.
Faut-il évaluer tous les mois, trimestres, semes-
tres ? A vous de faire le choix selon les différents
paramètres de votre projet (sa durée globale, les
éléments de calendrier propres à votre program-
me d?actions, etc.).
prévoir les échanges entre les person-
nes en charge du suivi et de l?évaluation et
celles en charge du pilotage général du pro-
jet : dans le cas des grands organismes où les
tâches de suivi et d?évaluation sont réalisées par
des personnes différentes de celles en charge du
pilotage général du projet ou de son animation, il
est capital de prévoir des moments de restitution
et de discussion à propos des retours d?informa-
tion émanant du terrain.
L?évaluation peut également consti-
tuer un moyen privilégié pour mobi-
liser vos parties prenantes. D?une
part, parce que les résultats d?une
évaluation permettent de faire un
point sur le projet. Ils autorisent ainsi
à rendre compte et à communiquer
auprès de vos parties prenantes.
D?autre part, il est également possi-
ble de co-produire l?évaluation. On
parle d?évaluation partagée. Cela
présente de nombreux avantages
dont la création d?un consensus sur
les résultats attendus d?un projet et
la mise en commun des moyens
pour assurer la collecte et l?analyse
des informations de terrain.
utilisez l?évaluation
pour mobiliser les
parties prenantes du
projet
O
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202062
Partager autour de son initiative
À l?intérieur comme à l?extérieur de vo-
tre organisme, votre initiative gagne à s?appuyer
sur l?implication d?un maximum de personnes et
d?acteurs. Partager son projet avec le plus grand
nombre, tant dans les phases de conception de
votre projet, de mise en oeuvre des actions ou
d?évaluation, présente de nombreux avantages.
Cela permet notamment aux petits organismes
impliquez vos parties prenantes externes
disposant des moyens ou d?une expertise limités
sur la biodiversité de mutualiser les ressources
et les compétences. Pour les grands organismes
ou ceux dont les activités impliquent un dialogue
régulier avec des parties prenantes, associer
d?autres acteurs constitue une chance mais aussi
un défi pour faire de la biodiversité un enjeu par-
tagé à l?échelle de la société.
Une partie prenante est un acteur concerné ou
intéressé par un projet mené par un autre ac-
teur. On parle de parties prenantes «internes»
lorsque l?acteur concerné fait partie de l?orga-
nisme ou « externes » lorsqu?elle appartient à
un autre organisme. Salariés, agents, citoyens,
associations, clients, fournisseurs? cette
Qu?est-ce qu?une partie prenante ?
en quoi l?implication des parties
prenantes est-elle importante ?
définition simple cache une diversité d?ac-
teurs importante.
En quoi l?implication des parties prenantes
est-elle importante ?
Dans bien des cas, l?implication des parties
prenantes est un élément clé de la réussite
d?un projet en faveur de la biodiversité. Les
orientations que votre organisme prend
pour conserver et valoriser la biodiversité
peuvent en effet avoir des conséquences
importantes pour l?activité d?autres ac-
teurs.
Ex.: le projet d?une collectivité pour un aména-
gement du territoire durable incluant les enjeux
de biodiversité peut avoir des conséquences
importantes sur la manière dont les acteurs
socio-économiques locaux (agriculteurs, pay-
sagistes, promoteurs) développent leurs activi-
tés. Si ces derniers ne sont pas impliqués d?une
manière ou d?une autre à votre démarche, votre
projet risque de se heurter à des réticences qui
pourront bloquer les phases de mise en oeuvre.
A contrario, une bonne implication des parties
prenantes peut permettre d?enrichir un projet et
de démultiplier ses effets positifs.
Parce que la biodiversité constitue à la
fois un bien commun et que les questions de sa
préservation dépassent bien souvent le cadre des
activités d?un seul acteur, l?implication des parties
prenantes d?un organisme est un enjeu important.
Celui-ci concerne d?une manière particulière les
grands organismes ou ceux dont le métier invite à
développer des liens nombreux et réguliers avec
d?autres organismes (comme les collectivités par
exemple). Pour les organismes disposant de fai-
bles moyens ou étant isolés dans leurs activités,
l?implication des parties prenantes n?est pas né-
cessairement un élément clé de la qualité d?un
projet d?engagement volontaire à la SNB.
O
63
Au niveau national, le ministère de l?Eco-
logie promeut un modèle de gouvernance
issu du Grenelle de l?Environnement qui
permet l?expression de ses principales par-
ties prenantes. Ce modèle de gouvernance
vise à l?expression et à la représentation
équilibrée dans les instances de décisions
de l?ensemble des acteurs impliqués dans
la gestion de l?environnement et du déve-
loppement durable. Les acteurs sont ainsi
répartis au sein de différents collèges. En
fonction des dossiers, le nombre et l?inti-
tulé des collèges varient pour s?adapter au
contexte. En règle générale, le modèle de
gouvernance Grenelle reconnait 6 collè-
ges:
- L?Etat, ses services déconcentrés et éta-
blissements publics.
- Les collectivités territoriales et leurs élus.
- Les représentants des entreprises et du
monde agricole, de la pêche, des forêts et
de la chasse.
- Les organisations syndicales de salariés.
- Les associations et fondations de la pro-
tection de l?environnement.
- Les scientifiques et personnalités quali-
fiés.
Ce modèle, à adapter évidemment aux
réalités de votre contexte et de votre pro-
jet, peut constituer un cadre susceptible
de vous inspirer dans l?identification de vos
parties prenantes et dans les dispositions
prises par votre organisme pour faire parti-
ciper ses parties prenantes externes à son
projet.
Le modèle de gouvernance
issu du grenelle
environnement
Identifier les parties prenantes de son projet
Il s?agit d?abord de repérer les acteurs
concernés et ceux potentiellement intéressés par
votre projet.
Les acteurs concernés sont ceux dont les
activités seront directement ou indirectement
impactées par les orientations et les actions de
votre projet. Pour les identifier, posez-vous les
questions : « auprès de qui notre projet aura-t-il
des conséquences, économiques ou sociales par
exemple ? » ou « quels acteurs pourraient être
appelés à changer ses pratiques au regard de no-
tre projet ? ».
Les acteurs potentiellement intéressés
constituent un ensemble d?organismes qui peut
être différent. S?ils ne sont pas impactés par vo-
tre projet, les thèmes développés dans ce der-
nier les intéressent compte-tenu par exemple de
leur implication sur ces mêmes thèmes. Pour les
identifier posez-vous la question « quelles sont
les organismes non-impactés par notre projet qui
pourraient, à l?aune des problématiques au coeur
de leurs activités, être amenés à prendre position
(positivement ou négativement) à l?égard de notre
projet ? ». Sur les projets concernant la préserva-
tion de la biodiversité, les associations de protec-
tion de la nature et les établissements publics dé-
diés à la gestion de l?environnement constituent
la majorité des acteurs potentiellement intéressés
par votre projet.
Le nombre de parties prenantes de vo-
tre projet peut être potentiellement très important.
Dans ce cas, il s?agit de prioriser en repérant les
acteurs dont l?implication est la plus capitale. Afin
d?identifier les personnes à impliquer en priorité,
votre organisme gagne à se poser les questions
suivantes : Quels acteurs peuvent être le plus né-
gativement impactés du point de vue économique
ou social par notre projet ? Quels acteurs peuvent
s?opposer le plus fortement à notre projet et être
préjudiciables à la réalisation de nos actions ? Au
contraire, quels acteurs sont susceptibles de dé-
fendre et d?appuyer notre projet et de faciliter la
mise en oeuvre de nos actions ? Cette série de
questions doit in fine vous permettre de porter un
regard sur les jeux d?acteurs en présence, d?iden-
tifier les blocages éventuels et les leviers sur les-
quels vous pouvez vous appuyer.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202064
nouer le dialogue avec les parties
prenantes externes de son organisme
Le dialogue avec les parties prenantes
est un processus qui doit accompagner votre pro-
jet dans toute sa durée et pas seulement une fois
que les décisions sont prises et que votre projet
attend d?être mis en oeuvre. Instaurer le dialogue
tôt et le rendre durable en instaurant des rapports
de confiance et de respect est une condition im-
portante pour assurer à votre projet les meilleures
chances d?être mis en oeuvre de manière optima-
le.
L?information et la transparence sont
deux préalables nécessaires à l?existence d?un
dialogue constructif avec vos parties prenantes.
Il s?agit en effet de tenir informée chacune de vos
parties prenantes, selon des formats adaptés qui
rendent les intentions de votre initiative claires et
accessibles à tous.
Au-delà de cet effort d?information, de vé-
ritables dispositions peuvent être prises par vo-
tre organisme pour assurer une participation des
parties prenantes externes à votre projet. Deux
options, pour faire participer les parties prenantes
à votre projet :
La mise en place de mécanismes de
consultation et de concertation.
Cette option est celle qui permet la participation la
moins forte des parties prenantes à votre projet.
Elle est néanmoins adaptée pour faire participer
des acteurs pour qui la mobilisation est rendue
difficile dans la durée, comme les habitants d?une
Développée depuis les années 1990 par le groupe de Recherche en gestion sur les territoires
et l?environnement, l?ASGE est un cadre d?analyse qui tente de replacer et de comprendre
toute situation de gestion environnementale dans une lecture des systèmes d?actions régis
par des jeux d?acteurs complexes et parfois contradictoires. Les principes de l?ASGE peut
ainsi être mobilisé par tout acteurs désireux de mieux appréhender les relations entre acteurs
et ainsi mieux gérer les relations avec les parties prenantes. Les principes de l?ASGE ont
récemment été résumés dans un article rédigé sous la direction de Laurent Mermet et intitulé
L?analyse stratégique de la gestion environnementale: un cadre théorique pour penser l?effi-
cacité en matière d?environnement.
L?analyse stratégique de la gestion de l?environnement (asge) :
un cadre théorique éclairant pour décrypter les jeux d?acteurs en
oeuvre dans les questions de gestion de l?environnement
commune par exemple. Au regard de la co-pro-
duction, les mécanismes de consultation et de
concertation présentent l?avantage d?être une for-
mule souple : il est en effet possible de consul-
ter ou d?engager une concertation à des phases
précises de la vie de votre projet alors que la co-
production vous engage dans la durée. En revan-
che, le degré de solidarité atteint avec vos parties
prenantes est plus faible. Ces dernières peuvent
donc se désolidariser plus facilement de vos ini-
tiatives. Si elles présentent des caractéristiques
communes, consultation et concertation visent
des objectifs sensiblement différents et renvoient
à des techniques plurielles.
- La consultation : l?objectif est de recueillir les
avis, les attentes des parties prenantes. Elle doit
être réalisée très en amont afin de rendre comp-
te le plus tôt possible de ces attentes pour que
le projet puisse évoluer en fonction de celles-ci.
D?autres consultations peuvent être réalisées
au cours du projet pour vérifier certains choix ou
orientations. Ces consultations peuvent prendre
forme grâce à des outils divers : enquête, forum,
etc.
- La concertation : elle vise à associer de ma-
nière active les parties prenantes, à travers des
débats, rencontres, échanges d?arguments et de
points de vue. Elle a pour finalité la recherche de
compromis entre intérêts parfois contradictoires,
d?améliorer le projet ou de faire émerger de nou-
velles propositions.
http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1156
http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1156
http://www.agroparistech.fr/geeft/Downloads/Pub/Mermet_et_al_2005_Nat_Sci_Soc_-_ASGE.pdf
65
L?instauration d?une dynamique de co-construction.
La participation des parties prenantes
au pilotage du projet doit se faire sur la base
d?une confiance établie entre les acteurs. Cel-
le-ci se forge au fur et à mesure des échan-
ges. Prendre le temps du dialogue et déployer
des moyens en termes d?animation est donc
capital.
La participation est aussi une dyna-
mique qui s?entretient dans la durée. Certains
acteurs peuvent se démobiliser et votre propre
organisme peut s?essouffler dans la mesure où
faire participer demande du temps. Pour éviter
cela, l?évaluation et la communication autour
des apports de la participation des acteurs à
votre projet, et plus généralement la commu-
Quelques conseils pour la mise en place d?un pilotage multi-
acteurs de votre projet en faveur de la biodiversitéO
misez sur les partenariats et les projets co-portés
nication sur les avancées du projet, peuvent
être des pistes pour maintenir l?intérêt de tous
les acteurs. Des événements pour le maintien
d?une dynamique positive peuvent être organi-
sés lors de moments clés du projet.
La participation des acteurs au pilotage
peut conduire à l?expression de positions et
d?avis contradictoires sur les orientations à
donner au projet. Pour sortir au mieux de ces
situations délicates, il convient de définir en
amont des règles claires de participation et
de prises de décision. Votre organisme pourra
ainsi rendre des arbitrages de manière trans-
parente.
La co-construction, c?est l?élaboration et la mise
en oeuvre du projet en impliquant le plus grand
nombre d?acteurs à toutes les étapes d?un projet.
Elle les associe aux choix, à la définition des en-
jeux, à l?élaboration d?un projet, dans sa gestion
et son évaluation. Cette option présente un grand
degré de solidarité entre votre organisme et ses
parties prenantes et sécurise pour ainsi dire votre
projet dans la mesure où, plus une action est col-
lectivement pensée, plus elle est susceptible de
lever les blocages potentiellement liés à sa mise
en oeuvre. La co-construction est néanmoins une
démarche exigeante qui implique la mise en pla-
ce d?une véritable gouvernance partagée via la
participation des parties prenantes aux différen-
tes phases de votre projet.
Au-delà des dynamiques de participation
des parties prenantes, la mise en place de par-
tenariats, qu?ils reposent ou non sur des bases
contractuelles, et de projets co-portés dans le
cadre de l?appel à reconnaissance lancé par la
SNB, permettent la réalisation d?actions dont la
valeur dépasse souvent celles d?acteurs dont les
actions sont isolées.
En plus de conférer à votre projet une plus-va-
lue certaine, les partenariats et co-portage ont
l?avantage de permettre la mise en commun des
moyens humains, financiers ou techniques et
ainsi de relativiser l?investissement concédé par
votre organisme.
Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020Guide pour l?action de la SNB 2011-202066
Le dispositif de reconnaissance des projets adossé à la SNB a mis au point un pro-
cédé unique pour encourager la mobilisation collective des acteurs : le co-portage des
projets d?engagement volontaire. En comparaison avec un partenariat, le co-portage
présente un degré de solidarité plus forte entre les acteurs associés dans le projet.
Aux yeux du dispositif de reconnaissance, les co-porteurs sont en effet considérés
comme un groupement et engagent leurs responsabilités sur l?ensemble du projet.
co-porter un projet dans le cadre de l?appel à
reconnaissance de la snB
Partagez vos expériences
Le partage des expériences issues de
votre projet au sein même de votre organisme et,
au-delà, auprès d?autres acteurs est un excellent
exercice qui permet de vous améliorer et de per-
mettre aux autres de s?améliorer. Des moments
d?échanges et de réflexion mobilisant les princi-
pales conclusions de l?évaluation de votre pro-
gramme gagnent ainsi à être mis en place. Ce
faisant, le dialogue établi donnera peut-être à vo-
tre organisme de nouvelles clés pour progresser
au sujet de la conservation et de la valorisation de
la biodiversité dans ses activités.
Les expériences issues de votre pro-
jet gagnent d?abord à être partagées
en interne, entre les différentes per-
sonnes mobilisées sur le projet et le
reste de votre organisme. Ensuite, il
s?agit d?échanger avec tous les ac-
teurs auprès desquels vous pourrez
apprendre mutuellement : parties
prenantes, partenaires, fédération,
réseaux professionnels, associa-
tions, etc. Organisation de groupes
d?échanges ou de séminaires de
restitution, mise en place d?outils
d?échanges multimédia, etc. : les
moyens de partager ses expériences
sont nombreux.
Identifiez auprès de qui
et comment partager
vos expériences ?O
67
Le groupe de travail « Collectivi-
tés et biodiversité » du Comité français
de l?UICN (Union internationale pour la
conservation de la nature) constitue une
plate-forme d?échange et de concertation
unique sur la biodiversité, regroupant les
collectivités françaises volontaires (ré-
gions, départements, intercommunalités,
villes?), leurs associations, ainsi que les
membres du réseau français de l?UICN
(représentants des ministères, établisse-
ments publics, ONG?), soit actuellement
plus de 90 organismes.
Le concours « Capitale française de
la biodiversité de NatureParif » organisé
par NatureParif pour toute commune de
plus de 2000 habitants constitue un évé-
nement majeur pour les collectivités dési-
reuses de partager leurs initiatives.
Le Comité 21 est un réseau d?ac-
teurs engagés dans la mise en oeuvre
opérationnelle du développement dura-
ble. Il a pour mission de créer les condi-
tions d?échange et de partenariat entre
ses adhérents issus de tous secteurs afin
qu?ils s?approprient et mettent en oeuvre,
ensemble, le développement durable à
l?échelle d?un territoire. Composé de qua-
tre collèges, il réunit les parties prenantes
concernées en France : entreprises (mul-
tinationales et PME), collectivités (des
communes aux régions), associations
(d?environnement, de développement, de
solidarité locale, de défense des droits
humains?), institutions, établissements
Quelques enceintes dans lesquelles il vous est
possible d?échanger au niveau national au
sujet de la biodiversité :
d?enseignement supérieur et médias. Ce
réseau de plus de 470 adhérents fonde
son action sur le partenariat pluri-acteurs
et sur l?action concrète.
Le Groupe de travail «Economie et
biodiversité » de l?association Orée réu-
nit une trentaine d?entreprises (de tailles
et secteurs diversifiés), collectivités et
associations autour de la problématique
« Comment intégrer la biodiversité dans
les stratégies des acteurs économiques
? ». L?association Orée est également co-
organisatrice du concours « Entreprises
et environnement » qui chaque année
distingue les entreprises engagées pour
faire évoluer les modes de consomma-
tion et de production dans le sens du
développement durable, notamment au
regard des enjeux de la biodiversité.
La commission biodiversité de l?as-
sociation Entreprises pour l?Environne-
ment (EPE) est une enceinte ouverte aux
acteurs économiques pour échanger sur
les méthodes, outils, indicateurs et par-
tenariats qui permettent aux entreprises
d?améliorer leurs actions en faveur de la
biodiversité.
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.uicn.fr/Collectivites-locales.html
http://www.natureparif.fr/fr/concours2012
http://www.natureparif.fr/fr/concours2012
http://www.comite21.org/
http://www.oree.org/extranet/groupe_travail/groupe-de-travail-entreprises-et-biodiversite.html
http://www.oree.org/extranet/groupe_travail/groupe-de-travail-entreprises-et-biodiversite.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prix-Entreprises-et-Environnement,27930.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prix-Entreprises-et-Environnement,27930.html
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
http://www.epe-asso.org/index.php?part=com#3
68
Conduire le changement avec ses parties prenantes in-
ternes et externes : le Pacte Botanic.
Les collaborateurs ont dû d?abord être for-
més pour savoir conseiller les clients qui étaient
demandeurs de solutions écologiques. 30.000h
de formations ont été réalisées en 3 ans, soit plus
de 50h par magasin (en moyenne) pour initier
les conseillers à cette nouvelle façon de jardiner.
Pour cette formation, Botanic s?est associé à l?un
des acteur pionnier du jardinage écologique : le
centre Terre Vivante.
Pour mobiliser les clients, des ateliers pé-
dagogiques sur le jardinage écologique ont éga-
lement été mis en place dans tous les magasins
avec les thèmes suivants : le compostage, le po-
tager bio, les prairies fleuries, comment accueillir
les auxiliaires, le soin des plantes par les plantes
? Un guide éco-jardinier gratuit de 48 pages a
été édité pour présenter les gestes et produits es-
sentiels pour jardiner écologique.
Le travail réalisé a eu également un ef-
fet vertueux sur les fournisseurs de Botanic qui
s?engagent davantage pour le développement de
nouvelles solutions écologiques, telles la mise au
point de gamme de terreaux avec des engrais or-
ganiques exclusivement, la mise au point de pots
biodégradables pour remplacer les pots en po-
lyéthylène ou polypropylène, le développement
de nouvelles gammes de prairies fleuries spécia-
les biodiversité ou nectarifère, de semences bio,
l?augmentation dans le choix des nichoirs et abris
à auxiliaires.
Contact: sdhallu@botanic.com
Botanic est une enseigne de jardinerie
qui compte aujourd?hui 59 magasins en France
et 5 en Italie. Son action en faveur de la biodi-
versité prend forme suite à une étude que la so-
ciété a commandée sur les pesticides autorisés
en jardinage amateur. Les résultats de l?étude ont
été sans appel puisque sur 135 matières actives
autorisées en jardinage amateur à l?époque, 97
se sont révélées toxiques ou nocives pour la san-
té et 25 nocives pour l?environnement. Botanic a
donc décidé de ne plus cautionner le commerce
des produits en les supprimant de ses rayons :
c?est le Pacte Botanic.
Cette démarche a été progressive pour
entraîner l?ensemble des parties prenantes dans
ce changement : les équipes en premier, sans
qui rien n?était possible; les clients ensuite, très
réceptifs à la démarche mais avec une forte de-
mande de conseils et de pédagogie; les fournis-
seurs enfin, qui ont pour la plupart su relever le
défi.
Il a fallu 3 ans pour arriver à retirer dans
l?ensemble des magasins Botanic tous les pesti-
cides et engrais chimiques de synthèse, et propo-
ser au même moment, des solutions alternatives
naturelles et écologiques. Mais le jardinage éco-
logique ne se résume pas à remplacer un trai-
tement chimique par un traitement naturel. C?est
une autre philosophie et d?autres pratiques de jar-
dinage que l?entreprise a proposé à ses clients.
retour
d?expérience
69
Consciente qu?une eau saine commence
par une terre saine et que l?exploitation de l?eau
est inséparable de la gestion de son environne-
ment immédiat, la société Nestlé Waters France
s?est dès les années 1990 tournée vers des me-
sures de la qualité de l écosysteme autour de ses
sources de Vittel, Contrex et Hépar. C?est dans ce
cadre qu?est né le projet Agrivair.
Le point de départ du projet Agrivair
consiste dans une volonté de réduire le taux de
nitrates dans les sols. C?est ainsi que Nestlé Wa-
ters France c?est tourné vers les parties prenantes
du monde agricole de son territoire. L?enjeu était
de promouvoir une agriculture durable, basée no-
tamment sur un objectif « zéro phytosanitaires »,
sur l?ensemble de l?impluvium (zone d?infiltration
des eaux qui alimente l?aquifère donnant naissan-
ce aux eaux minérales, soit 10 000 hectares) des
sources Vittel, Contrex et Hépar.
Les travaux de recherche et d?expertise
de l?Institut national de recherche en agronomie
(INRA), soutenus par Nestlé Waters France ont
permis l?élaboration d?un cahier des charges per-
mettant aux agriculteurs de s?engager dans le
projet. Agrivair se présente aujourd?hui comme
une filiale de Nestlé Waters France dont l?un des
objectifs est d?accompagner techniquement les
exploitants agricoles dans leur changement de
pratiques.
Au-delà du partenariat entre la société
Nestlé Waters France et les agriculteurs, le projet
implique également les collectivités, industriels
et résidents du domaine d?intervention du projet
Agrivair. C?est donc vers une mobilisation large
de ses parties prenantes que Nestlé Waters Fran-
ce s?est orientée. Des actions de sensibilisation
(réalisation d?un jardin pédagogique sur les pra-
tiques écologiques de jardinage) ont notamment
été conduites à l?égard des jardiniers amateurs
pour les inciter à diminuer leur utilisation de pro-
duits phytosanitaires.
Cette initiative partenariale de préser-
vation de l?eau et du développement durable du
territoire a conduit aujourd?hui, à une restauration
de la qualité des écosystèmes locaux, avec une
richesse en termes de biodiversité équivalente à
celle de certains espaces protégés. On commen-
ce à estimer à la fois le bien-être apporté par la
biodiversité et les coûts de sa préservation, pour
qu?à terme les acteurs publics et privés le prennent
en charge. Cette politique ouvre de nombreuses
perspectives de développement économique lo-
cal par la valorisation du « capital naturel » qu?est
le territoire et son écosystème ainsi protégés :
agriculture et agro-alimentaire propre et respon-
sable, filières d?éco-construction, gestion durable
de l?eau. Mais au-delà, cette politique crée de la
valeur sur tout le territoire d?émergence, car in
fine c?est bien l?écosystème, et la biodiversité qui
le conditionne, qui se trouvent préservés.
mobiliser ses parties prenantes autour d?un projet de
développement économique local fort de la préser-
vation de la biodiversité : Nestlé Waters France et la
filière Agrivair.
retour
d?expérience
70
renforcer une politique de préservation de la biodi-
versité autour de partenariats inscrits dans la durée :
la politique partenariale de Cemex.
la compréhension des enjeux territoriaux liés à la
biodiversité.
Fort de ce premier engagement, CEMEX s?est
naturellement tourné vers un partenaire d?enver-
gure nationale pour poursuivre son action. En
2012, une convention de partenariat avec Huma-
nité et Biodiversité a été signée, notamment pour
renforcer l?analyse des liens entre biodiversité
et responsabilité sociétale des entreprises. En
2003, CEMEX et la LPO avaient déjàvv signé un
partenariat national renouvelé annuellement qui
s?appuie sur 2 volets distincts :
? Un plan d?action : par ses connaissances de
terrain, la LPO accompagne CEMEX dans la ges-
tion environnementale de ses sites d?exploitation.
Au travers d?échanges réguliers, les deux parte-
naires partagent également leur compréhension
des sujets d?actualité ayant trait à la biodiversité.
? Un mécénat : CEMEX soutient des program-
mes de préservation des espaces et des espèces
gérés par la LPO, soit 31 programmes soutenus
depuis 9 ans.
Cette politique de partenariat et de
concertation menée par CEMEX à tous les ni-
veaux de l?entreprise, du local au national, per-
met de garantir une prise en compte permanente
de la biodiversité dans les activités de CEMEX,
et constitue une véritable source d?amélioration
continue. Ainsi, le rapprochement du monde in-
dustriel avec celui des associations de protection
de la nature, s?il paraît délicat au premier abord,
est un lien constructif lorsqu?il est bâti sur le long
terme et dans le cadre de relations de transpa-
rence et de confiance.
En France, CEMEX est un des leaders
du béton prêt à l?emploi et des granulats. En co-
hérence avec sa mission de satisfaire les besoins
de ses clients, CEMEX concilie ses impératifs
économiques avec ses ambitions environnemen-
tales et sociétales dans sa politique développe-
ment durable.
Depuis plus de 20 ans, CEMEX déve-
loppe de nombreux partenariats sur ses sites de
carrière avec des associations locales de protec-
tion de la nature (FRAPNA, SEPANSO, GONm,
ANVL, LPO?). Ces partenariats locaux ont pour
objet d?accompagner l?entreprise dans la gestion
de la biodiversité de ses carrières, dans la sen-
sibilisation de son personnel de terrain, de met-
tre en oeuvre des suivis écologiques réguliers,
d?apporter conseils et expertises pour le réamé-
nagement écologique des sites exploités. A titre
d?exemple, l?Ecopôle du Forez, situé en bord de
Loire, est un réaménagement exemplaire inscrit
dans le réseau NATURA 2000 qui accueille cha-
que année plusieurs milliers de visiteurs. Il est le
fruit d?un travail mené en collaboration entre CE-
MEX et la FRAPNA Loire.
Afin de fédérer l?ensemble de ses par-
tenaires, CEMEX crée dès 1995 le Collectif des
Associations Partenaires (CAP). Composé de
22 associations naturalistes en 2012, le CAP a
pour but d?approfondir et mutualiser les réflexions
environnementales engagées sur le terrain et au
niveau national par l?entreprise. Chaque année,
CEMEX organise un séminaire des membres du
CAP ; l?occasion d?avoir de nombreux échanges
et notamment de faire le bilan des partenariats
engagés et de partager les bonnes pratiques et
retour
d?expérience
Contact: Contact: johanna.moreau@cemex.com
Photo de groupe du Collectif des Associations Partenaires de CEMEX
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71
retour
d?expérience
Présent sur l?ensemble du territoire, GrDF
(Gaz réseau Distribution France) est le principal
distributeur de gaz naturel en France. L?écoute,
le dialogue et la co-construction sont une dimen-
sion essentielle de son action au quotidien et de
sa mission de service public. Etroitement liée à sa
politique de développement durable, sa politique
de partenariat s?inscrit dans ces logiques. Elle a
été pensée de façon à renforcer les liens avec
les collectivités territoriales tout en agissant sur
des sujets d?intérêt général : préservation de la
biodiversité, prévention de la précarité énergéti-
que, insertion? dans une logique de création de
valeur partagée.
Ainsi, concernant la biodiversité, GrDF
s?est engagé aux côtés de la Fédération Natio-
nale des Jardins Familiaux et Collectifs pour
l?implantation de jardins partagés qui réinstallent
de la nature en ville, tout en retissant du lien so-
cial. GrDF soutient l?action du Réseau Cocagne
pour la création d?exploitations maraîchères bio-
logiques et d?emplois d?insertion professionnelle.
GrDF est également partenaire de Natureparif
pour l?organisation du concours « Capitale fran-
çaise de la biodiversité » et de l?Union Nationale
de l?Apiculture Française, dans le cadre du pro-
gramme « Abeille sentinelle de l?environnement »,
pour l?installation de ruchers dans différents sites
de l?entreprise en France, et du Muséum National
d?Histoire Naturelle dans le cadre d?un partenariat
scientifique sur la prise en compte de la biodiver-
sité lors des travaux sur le réseau de distribution
de gaz naturel.
Outre leur ancrage territorial et leur inté-
rêt en matière de biodiversité, ces partenariats ont
été choisis pour leur résonance avec les valeurs
de l?entreprise. Cette corrélation entre actions et
valeurs permet aux partenariats d?être mieux ap-
propriés par les salariés et de donner du sens aux
actions concrètes mises en oeuvre sur le terrain.
GrDF conçoit son engagement dans la durée et
proscrit les partenariats qui ne sont que ponc-
tuels. Les conventions de partenariat, signées
initialement pour 3 ans, ont toutes été renouve-
lées pour 3 nouvelles années en 2011. Objectif :
mener des actions pérennes, donc plus utiles à la
société, et donner au partenaire de la visibilité sur
le soutien dont il peut bénéficier. Les projets sont
co-construits dans une logique d?amélioration
continue. Une approche qui est aussi un gage de
la confiance des partenaires.
Ancrés dans les activités de l?entreprise,
la plupart des partenariats s?inscrivent dans l?offre
proposée aux collectivités locales dans une logi-
que de création de valeur partagée. GrDF pro-
meut une approche globale des projets et tra-
vaille sur l?aménagement durable et le cadre de
vie des habitants dans toutes ses dimensions :
efficacité énergétique, énergies renouvelables,
mobilité, biodiversité, lutte contre la précarité
énergétique, vivre-ensemble? autant de para-
mètres qui viennent enrichir l?offre de services
liée à l?activité gazière traditionnelle.
GrDF crée aussi de la valeur en « croi-
sant » ses différents partenariats et en mettant
en relation des acteurs qui ne se seraient peut-
être pas rencontrés autrement. Il s?agit de créer
de nouvelles synergies et opportunités d?actions
qui répondent mieux aux attentes des différentes
parties prenantes. GrDF joue ainsi un rôle d?in-
tégrateur et d?ensemblier auprès des collectivités
locales et des territoires et de ses partenaires.
frederique.le-monnier@grdf.fr
renforcer une politique de préservation de la biodi-
versité autour de partenariats inscrits dans la durée : la
politique partenariale de grdF
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GrDF participe aux APIdays, journées nationales des partenaires
«Abeille, sentinelle de l?environnement».
http://www.jardins-familiaux.asso.fr/
http://www.jardins-familiaux.asso.fr/
http://www.reseaucocagne.asso.fr/
http://www.unaf-apiculture.info/
http://www.unaf-apiculture.info/
http://www.abeillesentinelle.net/
http://www.abeillesentinelle.net/
chapitre iii
s?engager auprès de la stratégie
nationale pour la biodiversité
chapitre iii
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hr
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tia
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Diatomées marines récoltées au cours de l?expédition Tara Océans.
Les diatomées sont des microalgues unicellulaires planctoniques invisibles à l?oeil nu mais présentes dans
tous les milieux aquatiques. Elles sont un constituant majeur du phytoplancton et jouent donc un rôle
primordial dans la vie des écosystèmes marins, à l?origine des réseaux alimentaires de nombreuses es-
pèces. Environ 100 000 espèces sont répertoriées, mais elles pourraient être bien plus nombreuses. Les
diatomées témoignent de l?infinie richesse du vivant dont l?oeil humain ne peut voir qu?une partie infime.
72
73
L?objectif de ce dernier chapitre est de vous aider à déposer un projet
dans le cadre de l?appel à reconnaissance de la snB. pour optimiser les chan-
ces de voir votre initiative reconnue par les instances de la snB, deux outils
ont été développés :
- les 5 fiches d?auto-évaluation de votre projet
- le plan de rédaction de la synthèse de votre projet.
en amont de la présentation de ces deux outils, un décryptage sur le
dispositif d?engagement et son fonctionnement vous est proposé dans les
doubles pages qui suivent.
p 75. décryptage sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la snB.
p 79. s?auto-évaluer :
notre projet peut-il être reconnu par la snB ?
p. 80 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°1 : notre projet inscrit-il notre organisme
dans une démarche de réflexion au sujet de la biodiversité ?
p. 82 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°2 : notre projet s?appuie-t-il sur un
programme d?actions qui répond aux objectifs de la SNB ?
p. 84 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°3 : notre projet présente-t-il une plus-value
pour la biodiversité au regard de la SNB ?
p. 86 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°4 : notre projet implique-t-il notre
organisme de manière suffisante ?
p. 88 FiChe d?auTo-évaluaTioN N°5 : notre projet repose-t-il sur un travail
collectif et partagé ?
p 90. présenter notre projet
p. 91 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 1 : notre organisme et la biodiversité
p. 93 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 2 : notre état des lieux
p. 95 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 3 : les grandes lignes de notre projet
d?engagement
p. 97 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 4 : retour sur l?élaboration de notre projet
d?engagement
p. 99 FIche « PLAN De réDActIoN » N° 5 : vers la mise en oeuvre de notre projet :
moyens, suivi et évaluation .
74
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
La mise en valeur de l?existant dans les projets d?engagement volontaire.
Si la SNB souhaite mobiliser les acteurs en les incitant à développer des actions nouvelles,
la valorisation des initiatives jusqu?alors menées par les acteurs de la société, est un enjeu
important. Pour les acteurs déjà engagés en faveur de la biodiversité, la mise au point d?un
projet d?engagement à la SNB doit être l?occasion d?approfondir la politique qu?ils menée
jusqu?à ce jour. De manière plus générale, les projets d?engagement gagnent à s?appuyer
sur des cadres et dispositifs d?action existants. Pour vous renseigner sur les cadres et
dispositifs d?actions sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour développer ou enrichir
votre démarche, reportez-vous à la boîte à idées (lien vers la boîte à idées) et ses repères
pour l?action.
Laisser la biodiversité s?appauvrir risque aussi de nous couper d?une certaine forme de
progrès. Nombre d?innovations passées dans notre quotidien, telles que l?aspirine, ont été
inspirées par l?observation, la compréhension et l?imitation des structures ou modes de
fonctionnement du vivant. Ce vaste champ du biomimétisme ou de la bioinspiration est un
soutien majeur pour la recherche. Véritable « bibliothèque d?idées », la nature constitue
un potentiel qui peut nous conduire à développer des technologies plus durables ou des
remèdes pour des maladies aujourd?hui incurables.
Élément clé de la mobilisation collective,
l?appel à reconnaissance des projets en faveur
de la biodiversité a pour objectif de donner aux
acteurs l?envie d?agir. Il a également pour ambi-
tion de doter la société française d?une vision sur
l?ensemble des actions significatives engagées
pour la biodiversité. Il oeuvre ainsi à la mutualisa-
tion et au partage des expériences à un niveau
national.
Pour rendre possible la mobilisation de
tous les acteurs de la société, un dispositif basé
sur un mécanisme d?évaluation des projets a
été élaboré : c?est le dispositif de reconnaissan-
ce. Ouvert à toute personne morale, quels que
soient son statut (public ou privé), son domaine
d?activité (ayant un lien direct ou indirect avec la
biodiversité) ou sa taille, le dispositif de recon-
naissance permet d?auditer des projets proposés
à reconnaissance qui peuvent être très différents
les uns des autres.
A fortiori, il n?existe donc pas de modèle
absolu de ce que doit être un projet d?engage-
ment. Quelques éléments de définition permettent
d?envisager un projet d?engagement volontaire
comme toute initiative, à venir ou récemment en-
gagée, qui découle d?une démarche de réflexion
sur la biodiversité et ses enjeux et qui s?appuie
sur la réalisation d?un programme d?actions. En
fonction des éléments de calendrier assortis à
la réalisation du programme d?actions, un projet
d?engagement volontaire peut engager un orga-
nisme sur des périodes variables.
75
Comment proposer notre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la SNB ?
L?appel à reconnaissance de la SNB est ouvert
chaque année de février à juin. Tout au long de
ces cinq mois, il est possible de proposer son
projet à la reconnaissance. Pour cela, il suffit
de vous laisser guider par la plate-forme Inter-
net dédiée, où vous pourrez déposer en ligne
votre dossier d?engagement volontaire. Ce
Pourquoi proposer notre projet dans le cadre du dispositif de reconnaissance de la SNB ?
Assise sur une évaluation de la qualité des
projets, la reconnaissance permet à tout por-
teur de bénéficier d?un audit gratuit de son
initiative. Un avis motivé et des recomman-
dations vous seront communiqués, que votre
projet soit « reconnu SNB » ou non. De plus,
s?il est « reconnu », le projet fera l?objet d?une
valorisation et d?une communication nationale.
Parce qu?il sera considéré comme un contribu-
teur de la mise en oeuvre de la SNB, le porteur
aura aussi le droit de citer la SNB et d?utiliser
le visuel qui lui est associé dans toute action
de communication se rapportant au projet re-
connu.
dernier est composé de tous les documents
techniques et de référence que vous jugez
utile à l?appréciation de votre projet ainsi que
d?une synthèse de votre projet. Pour rédiger
ce document de présentation : reportez-vous
au plan de rédaction décrit dans la dernière
partie du chapitre de ce guide.
voleT TeChNiQue
Tout document technique
et de référence produit
pendant l?élaboration du
projet d?engagement :
- diagnostic détaillé,
- stratégie,
- plans d?action, etc.
voleT PreSeNTaTioN
La synthèse de votre projet
de 10 à 30 pages à rédiger
obligatoirement.
Pour la rédiger:
suivre le plan de rédaction.
un dossier
d?engagement volontaire à la SNB
un dossier 1
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.engagement-snb.developpement-durable.gouv.fr/
76
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
Comment sont évalués les projets présentés dans le cadre du dispositif
de reconnaissance de la SNB ?
Le dispositif de reconnaissance de la SNB a
pour vocation d?instruire des projets très di-
vers, il se distingue ainsi par sa souplesse. Il
n?en constitue pas moins un cadre exigeant
qui assure aux projets reconnus un gage de
qualité. Chaque projet sera évalué par un bi-
nôme d?évaluateurs mandaté par le ministère
de l?Ecologie. L?appréciation des projets se
fait sur la base d?une grille d?évaluation uni-
que élaborée par le ministère de l?Ecologie
et ses partenaires autour des 10 caractéristi-
ques de l?engagement reconnues par la SNB
(cf. page suivante). Pour vous assurer que
votre projet répond aux critères du dispositif
de reconnaissance : évaluez vous-même vo-
tre projet grâce aux 5 fiches d?auto-évaluation
proposées dans ce Guide.
la SNB eT SeS 10 CaraCTériSTiQueS de l?eNgagemeNT
QUOI ? 5 fiches pratiques du guide qui per-
mettent à un porteur de projet de juger si
son projet rentre dans les exigences de la
SNB.
POUR QUI ? Tout acteur qui développe un
projet en faveur de la biodiversité et souhai-
te le présenter dans le cadre du dispositif
de reconnaissance de la SNB.
leS 5 FiCheS d?auTo-evaluaTioN
d?uN ProJeT du guide Pour
l?aCTioNla grille d?evaluaTioN
deS ProJeTS
QUOI ? Une cinquantaine d?indicateurs
qui permettent d?apprécier la qualité d?un
projet d?engagement volontaire.
POUR QUI ? Les binômes d?évaluateurs
en charge de l?examen des projets d?en-
gagement volontaire déposés par les ac-
teurs.
Schéma sur les outils d?évaluation et d?auto-évaluation des projets soumis à reconnaisance SNB.
77
décrYptage
sur l?appel et le dispositif de
reconnaissance de la SNB
décrYptage
1. Inscrit dans le cadre de la SNB 2011-2020:
c?est-à-dire son ambition, ses six orientations
stratégiques et ses vingt objectifs, ses principes
de gouvernance.
2. Constitué d?un ensemble d?actions : program-
me d?actions pouvant être de natures diverses
et avoir des liens directs et indirects avec la bio-
diversité. Ce n?est donc pas un projet ponctuel,
mais un véritable programme, ayant une certaine
durée.
3. Impactant : qui conduit nécessairement à des
effets positifs, directs ou indirects, importants et
substantiels sur la biodiversité, qui ne conduit pas
à des effets négatifs, et qui produit des impacts
positifs substantiels (directs ou indirects).
4. Additionnel : qui va au-delà du simple respect
de la législation et de la réglementation, mais
aussi peut être additionnel par rapport à la po-
litique passée et actuelle de l?organisme (cf. lien
avec l?historique de l?organisme, généralisation
du projet à d?autres lieux, cibles, acteurs, carac-
tère innovant).
5. Cohérent : le projet doit être en lien avec les
pratiques du porteur de projet impactant la bio-
diversité. Cette caractéristique, à rapprocher de
la suivante (caractère proportionné), a pour ob-
jectif de garantir la cohérence avec l?ensemble
de l?activité, que ce soit en termes d?évitement/
réduction des impacts négatifs ou de mesures
favorables à la biodiversité. Les actions peuvent
être financées en partie via du mécénat, mais le
projet ne peut être limité à du mécénat pur vers
d?autres porteurs de projet.
6. Proportionné aux capacités de l?organisme :
les objectifs du projet sont définis de façon pro-
portionnée à la taille, au statut et aux capacités
de l?organisme/des organismes porteurs.
7. Impliquant : qui implique une ou plusieurs par-
ties prenantes/parties concernées en externe
d?une part, et d?autre part le plus haut niveau hié-
rarchique et les salariés en interne. Ceci permet
d?enrichir le projet, de garantir sa mise en oeuvre
effective et efficace, de bénéficier d?un regard ex-
térieur, de provoquer un effet « boule de neige »,
d?améliorer la transparence, de porter à connais-
sance, etc.
8. Mesurable : il est possible d?en suivre la mise
en oeuvre effective ; il est également possible
d?en identifier, suivre et évaluer les impacts sur
l?état de la biodiversité et sur l?évolution des com-
portements d?acteurs ayant un impact sur la bio-
diversité.
9. Révisable : peut être réévalué et amélioré au
cours du temps, aussi souvent que cela s?avère
pertinent.
10. Inscrit dans une perspective d?amélioration
continue : les objectifs et les actions du projet
évoluent et s?intègrent dans une ambition progres-
sive, afin de toujours augmenter la performance
écologique de l?organisme /des organismes.
Les 10 caractéristiques d?un projet d?engagement volontaire
comme l?indique la snB, un projet d?engagement doit tenter de répondre au mieux à 10
caractéristiques. ces dernières constituent la base sur laquelle s?opère l?évaluation des pro-
jets. dans l?idéal, un projet doit être :
78
auto-éVaLuer son proJet:
les 5 fiches d?auto-évaluation
auto-éVaLuer son proJet:
5 fiches d?auto-évaluation ont été élaborées pour vous permettre d?apprécier si votre
projet rentre dans le cadre des exigences du dispositif de reconnaissance de la SNB. Chaque
fiche se présente comme une série de questionnements qui vous aide à porter un oeil critique
sur votre projet pour, éventuellement, l?améliorer. Ces cinq fiches peuvent également s?avérer
utiles pour vous aider à finaliser la construction d?un projet.
La trame de ce questionnement a été élaborée au regard des 10 caractéristiques de
l?engagement volontaire reconnues par la SNB et la grille d?analyse des projets. Les 5 fiches
d?auto-évaluation constituent ainsi un miroir de la grille d?analyse qui sera utilisée par le bi-
nôme d?évaluateurs chargé de se prononcer sur la qualité de votre projet.
Les 5 fiches sont introduites par une
problématique-titre à laquelle correspondent plu-
sieurs enjeux. Chaque enjeu est expliqué par un
court texte de présentation et par un certain nom-
bre de questions pense-bête. Plus votre projet
est susceptible d?apporter des éléments de ré-
ponse à ces questions, plus il montre sa capacité
Mode d?eMpLoi
des fiches d?auto-évaluation
Mode d?eMpLoi
FICHE n°1 : notre projet inscrit-il notre
organisme dans une démarche de ré-
flexion au sujet de la biodiversité ?
FICHE n°2 : notre projet s?appuie-t-il sur
la réalisation d?un programme d?actions
qui répond aux objectifs de la snB ?
FICHE n°3 : notre projet présente-t-il
une plus-value pour la biodiversité au
regard de la snB ?
FICHE n°4 : notre projet implique-t-il no-
tre organisme de manière suffisante ?
FICHE n°5 : notre projet repose-t-il sur
un travail collectif et partagé ?
avis aux porteurs de projets !
La trame d?auto-évaluation décrite dans
les pages suivantes est dense et fournie.
Elle vous permet ainsi de vérifier que vo-
tre projet prend en compte les enjeux de
la biodiversité de manière optimale. Elle
ne doit pas cependant effrayer les plus
petits organismes ! Gardez en tête que
l?évaluation effective de votre projet par
les instances de la SNB se fera au regard
du contexte, de la taille et des moyens de
l?organisme qui souhaite s?engager.
V
à satisfaire aux enjeux. Il n?est pas attendu que
votre projet réponde à la totalité des enjeux, ni
aux questions pense-bête qui lui sont associées.
Certains enjeux sont néanmoins considérés com-
me incontournables (ils sont signalés en violet), il
s?agit d?y porter une attention particulière.
79
S?il veut être reconnu par la SNB, votre projet doit impérativement découler d?une démarche pour la
biodiversité initiée au sein de votre organisme. S?inscrire dans une démarche c?est dépasser le cadre
d?une action fortuite et se placer du côté de la réflexion. Une démarche implique donc qu?un organisme
se soit posé les bonnes questions sur les raisons et la manière de s?engager.
Deux éléments de votre projet peuvent attester de la tenue d?une telle démarche :
La réalisation d?un état des lieux « biodiversité ».
Le niveau d?intégration de la biodiversité dans la stratégie globale de votre organisme.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet permet-il de réfléchir dans
quelle mesure les activités de notre organisme,
et la façon dont nous les exerçons, peuvent
répondre aux orientations et objectifs de la
SNB ?
Notre projet intègre-t-il une réflexion
sur les liens d?impact (positifs et négatifs) et de
dépendance de nos activités par rapport à la
biodiversité ?
S?il a lieu d?être, un diagnostic sur l?état de
conservation de la biodiversité a-t-il été
dressé ?
Notre projet s?appuie-t-il sur la connais-
sance de la réglementation applicable ?
Les réflexions menées lors de notre
état des lieux en matière de biodiversité nous
ont-elles permis d?identifier des enjeux liés à
la biodiversité dans le cadre de nos activités ?
avons-nous priorisé ces enjeux ?
notre projet inscrit-il notre organisme dans
une démarche de réflexion au sujet de la
biodiversité ?
eNJeu 1 : La réalisation d?un état des lieux « biodiversité »
La réalisation d?un état des lieux préalable est essen-
tielle à tout projet. Ceci permet en effet aux différents
organismes d?identifier les enjeux liés à la biodiver-
sité dans le cadre de leurs activités respectives.
Dresser son état des lieux « biodiversité » n?est pas
réservé qu?aux organismes qui ont un lien direct
avec la biodiversité. En effet, ce n?est pas obligatoi-
rement ou seulement établir un diagnostic sur l?état
de conservation de la biodiversité sur un territoire.
D?une manière générale, c?est plutôt se poser les
questions qui permettent d?identifier les enjeux liés
à la valorisation de la biodiversité dans le cadre de
ses activités.
Selon l?identité de chaque organisme, la manière de
conduire cet état des lieux est différente. Par exem-
ple, une grande entreprise dont les activités sont en
lien direct avec la biodiversité, gagne à faire un état
des lieux complet intégrant un diagnostic précis de
ses liens d?impacts et de dépendance à la biodiversi-
té. De son côté, un organisme moins en prise directe
avec la biodiversité, comme une association sportive
par exemple, peut mener son état des lieux en se
posant la question simple : « comment mes activi-
tés peuvent-elles contribuer, d?une manière ou d?une
autre, à la réalisation des objectifs de la SNB ? ».
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 1
80
Questions pense-bête
les différents services ou fonc-
tions de notre organisme se sont-ils
appropriés les enjeux et les objectifs de
notre organisme en matière de biodi-
versité ? les ont-ils traduits de manière
concrète dans leurs missions ?
la biodiversité est-elle valorisée
dans des dispositifs d?actions transver-
saux (système de management environ-
nemental ou un agenda 21 local) initiés
dans notre organisme ?
Concernant plutôt les organis-
mes d?une certaine taille, l?enjeu de l?in-
tégration stratégique de la biodiversité
est susceptible d?améliorer conséquem-
ment la valeur d?un projet d?engagement.
Au-delà de l?adoption d?un programme
d?actions, l?intégration de la biodiversité
vise à en faire un enjeu reconnu et va-
lorisé de manière transversale dans les
activités de l?organisme, mais aussi dans
ses modes de prises de décision et dans
son organisation.
eNJeu 2 : l?intégration de la biodiversité dans la stratégie de l?organisme
PriSe de NoTeS
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81
Une volonté de mener à bien un certain nombre de réalisations concrètes doit s?inscrire au coeur
de votre projet d?engagement volontaire. Dépassant le cadre de l?action ponctuelle, ces réalisations
sont tenues d?être intégrées dans un vrai programme d?actions. Celui-ci doit être pensé comme une
contribution utile à la SNB, en se rattachant notamment à ses objectifs et en s?orientant vers des
résultats tangibles en matière de préservation et de valorisation de la biodiversité.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet s?appuie-t-il sur un ou plu-
sieurs grands objectifs ?
Plusieurs actions sont-elles prévues pour
répondre à ces objectifs ?
des éléments de planning sont-ils
associés aux différentes actions de notre
programme ?
eNJeu 1 : la construction d?un programme d?actions
Pour écarter les initiatives qui ne seraient
que sporadiques, le dispositif de recon-
naissance invite les porteurs de projets à
construire un programme d?actions. Ce der-
nier doit montrer la cohérence et la solidité
de votre engagement. Il gagne à s?articuler
autour d?un ou plusieurs grands objectifs
(éventuellement ceux de la SNB) auxquels
sont associées plusieurs actions dont la
réalisation est planifiée dans le temps.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 2
notre projet s?appuie-t-il sur un programme
d?actions qui répond aux objectifs de la snB ?
Questions pense-bête
au moins l?un des objectifs de la SNB
figure-t-il directement dans notre programme
d?actions ? Si non, un lien peut-il être établi entre
nos objectifs et ceux de la SNB ou est-ce que les
actions de mon programme tendent à la réalisa-
tion d?au moins l?un des objectifs de la SNB ?
eNJeu 2 : l?inscription du programme d?actions dans le cadre de la SNB
Pour qu?il contribue à la mise
en oeuvre de la SNB, votre pro-
jet d?engagement doit reposer
sur un programme d?actions en
lien avec ceux de la SNB.
82
Questions pense-bête
Notre programme d?actions pré-
cise-t-il quels sont les résultats atten-
dus de chacune de nos actions ?
l?organisation autour de notre
projet prévoit-elle un suivi de la mise en
oeuvre de nos actions ?
Notre projet prévoit-il une éva-
luation de nos actions pour établir si cel-
les-ci ont, ou non, atteint leurs objectifs
opérationnels ?
Toute démarche d?engagement doit avoir pour
volonté de produire des effets positifs sur la bio-
diversité. Lors de l?élaboration de votre program-
me d?actions, les résultats attendus de chaque
action gagnent à être précisés. En réfléchissant
ainsi aux impacts de vos actions, vous écarterez
de votre programme un certain nombre d?actions
mal adaptées à vos enjeux. Les effets attendus
peuvent être :
- Importants ou substantiels : les objectifs de
résultat que se donnent votre organisme peuvent
être modestes au départ. Ce faisant, ils seront
vite atteints. Ceci est susceptible de motiver votre
organisme. L?enjeu est ensuite de les réviser pour
engager votre organisme dans une perspective
d?amélioration continue.
- Directs ou indirects : les résultats positifs at-
tendus de vos actions peuvent directement s?ob-
server sur l?état de conservation de la biodiver-
sité (exemple : restaurer un milieu naturel) mais
ils peuvent aussi s?apprécier de manière moins
directe (exemple : sensibilisation des parties pre-
nantes aux enjeux de la biodiversité).
Pour s?assurer qu?il tend bien vers le résultat, la
conduite du programme doit intégrer le suivi des
actions engagées et l?évaluation de leurs effets.
eNJeu 3 : l?orientation du programme d?actions vers le résultat
Questions pense-bête
Les besoins humains, techniques et
financiers nécessaires à la bonne réalisa-
tion de nos actions ont-ils été évalués ?
Notre organisme prévoit-il de
mobiliser des moyens suffisants (que
ces moyens soient ceux propres à notre
organisme ou qu?ils intègrent aussi les
moyens de nos partenaires) au bon
déroulement du projet ?
S?il importe qu?un programme d?action soit ambi-
tieux, celui-ci doit également être réaliste et pen-
sé au regard des moyens de votre organisme. Un
bon équilibre entre ambition et réalisme est un
gage de réussite pour votre projet.
eNJeu 4 : la faisabilité du
programme d?actions et la
mobilisation de moyens suffisants
PriSe de NoTeS
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83
Le ressort d?un engagement volontaire à la SNB consiste dans un effort volontaire des acteurs à
assumer leurs responsabilités et faire de la biodiversité un enjeu de premier plan. A ce titre, les pro-
jets qui seront soumis à la reconnaissance SNB doivent représenter une certaine valeur ajoutée par
rapport aux enjeux de conservation et de valorisation de la biodiversité.
FICHE
Questions pense-bête
les objectifs et actions de notre projet
engagent-ils notre organisme au-delà des
exigences de la réglementation applicable ?
Notre projet est-il l?occasion de réfléchir
et de saisir des opportunités nouvelles nous
permettant d?agir en faveur de la biodiversité
en dehors de ce que nous avons l?habitude de
faire ?
notre projet présente-t-il une plus-value
pour la biodiversité au regard de la snB ?
eNJeu 1 : le caractère additionnel du projet
Les actions développées dans votre pro-
jet doivent engager votre organisme au-
delà du simple respect de la législation
et de la réglementation. Pour les acteurs
historiquement impliqués en faveur de la
biodiversité, le projet doit également pré-
senter un caractère additionnel par rapport
aux actions jusqu?alors menées par l?orga-
nisme. Cela peut conduire les organismes
concernés à innover en se positionnant
sur de nouveaux champs d?actions ou en
cherchant à intégrer d?autres acteurs dans
leur démarche par exemple.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 3
Questions pense-bête
l?élaboration de notre projet s?est-elle nourrie
des initiatives menées par d?autres acteurs de notre
territoire ou de notre coeur de métier ?
avons-nous prévu de partager les expérien-
ces issues de notre projet avec d?autres acteurs
de notre secteur d?activités ou de notre territoire ?
eNJeu 2 : le partage d?expériences
Votre initiative en faveur de la bio-
diversité peut s?avérer d?autant plus
porteuse qu?elle montre une volonté
d?approfondir des dynamiques exis-
tantes portées par d?autres acteurs
ou de constituer une expérience dont
les enseignements sont susceptibles
d?être repris par d?autres acteurs.
84
Questions pense-bête
le pilotage de notre projet
prévoit-il des moments de réflexion et
d?orientation qui permettront, pendant
sa mise en oeuvre, d?apporter des amé-
liorations sur les objectifs poursuivis
et/ou la façon dont nous mettons en
oeuvre notre initiative ?
Afin d?engager votre organisme
dans une perspective durable d?améliora-
tion vis-à-vis des enjeux de conservation et
de valorisation de la biodiversité, votre pro-
jet gagne à intégrer une capacité à évoluer.
Cette dynamique de progrès qui peut s?ob-
server autour d?améliorations à apporter
aux objectifs du projet ou autour de la ma-
nière de le mettre en oeuvre est importan-
te. Elle permet en effet à tous les acteurs,
même les plus modestes, de se lancer
dans l?action à hauteur de leurs moyens et
compétences puis d?aboutir avec le temps
à un très haut niveau de prise en compte
de l?enjeu biodiversité.
eNJeu 3 : l?amélioration continue vis-à-vis de la prise en compte de la
biodiversité
PriSe de NoTeS
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85
Afin de faire de la biodiversité un enjeu de société, la SNB invite tous les acteurs quels que soient
leur statut, domaine d?activités, champ de compétence, taille, etc. à soumettre leurs projets d?enga-
gement volontaire. S?il est ouvert à tous, le dispositif de reconnaissance nourrit néanmoins différents
niveaux d?attentes au regard de la diversité des acteurs. Pour mesurer l?effort de chacun, l?évaluation
des projets soumis à reconnaissance SNB s?attache notamment à en apprécier les critères de cohé-
rence et de dimensionnement.
FICHE
Questions pense-bête
Notre projet repose-t-il sur un état
des lieux en matière de biodiversité qui a
permis à notre organisme d?identifier, dans
le cadre de ses activités, les enjeux liés à la
préservation, à la restauration ou la valori-
sation de la biodiversité ?
les objectifs poursuivis et les ac-
tions prévues par notre projet apportent-
ils une réponse à ces mêmes enjeux ?
notre projet implique-t-il notre organisme de
manière suffisante ?
eNJeu 1 : la cohérence du projet au regard des activités
Le projet d?engagement que vous soumet-
tez doit s?inscrire au coeur des activités de
votre organisme. Cela implique que votre
projet soit pensé autour d?enjeux liés à la
préservation et à la valorisation de la bio-
diversité identifiés par votre organisme
dans le cadre de ses activités. Cette idée
de cohérence entre votre projet et le «
métier » de votre organisme implique que
tout projet se résumant à du mécénat vers
d?autres porteurs de projets ne saurait être
reconnu par la SNB .
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 4
86
PriSe de NoTeS
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Questions pense-bête
Une mobilisation significative de
moyens humains, techniques et financiers
de notre organisme est-elle engagée dans
notre projet ?
Les objectifs, actions et impacts es-
comptés de notre projet constituent-ils une
réponse adaptée au niveau de responsabilité
qui incombe à notre organisme vis-à-vis de
la biodiversité?
eNJeu 2 : le caractère proportionné du projet par rapport aux
capacités de l?organisme
L?ambition de votre projet d?enga-
gement doit être proportionnée aux
moyens, compétences ainsi qu?à la
taille de votre organisme. De maniè-
re plus globale, votre projet doit éga-
lement engager votre organisme à la
hauteur des responsabilités qui sont
les siennes et des enjeux révélés par
le diagnostic «biodiversité ».
87
Plus un projet d?engagement permet la participation d?un nombre élargi de personnes autour de sa
conception et de sa mise en oeuvre, plus il sera susceptible d?être reconnu et accepté par tous. Ce
faisant, le projet maximise ses chances d?être mis en oeuvre efficacement. Par le dialogue qu?elles
permettent de nourrir au sein de l?organisme et en dehors, les dispositions prises en matière de gou-
vernance partagée participent grandement à l?ambition de la SNB de faire de la biodiversité un enjeu
de société.
FICHE
Questions pense-bête
Le projet est-il suffisamment porté politiquement
en interne ?
les décideurs de notre organisme jouent-ils un rôle
actif dans la définition de notre projet ?
la mise en oeuvre de notre projet est-elle suivie
d?une manière ou d?une autre par les décideurs de notre
organisme ?
notre projet repose-t-il sur un travail
collectif et partagé ?
eNJeu 1 : l?implication du plus haut échelon hiérarchique de
notre organisme dans le projet
La participation et le soutien du
plus haut niveau hiérarchique
de votre organisme au projet est
une garantie indispensable de
la mise en oeuvre des actions.
Les évaluateurs chargé d?appré-
cier votre projet accorderont une
importance particulière à cette
question.
« AUTO-ÉVALUATION »
n° 5
Questions pense-bête
Un effort de sensibilisation, de communication
et de co-construction est-il fourni pour permettre
la mobilisation des personnes de notre organisme
dans notre projet ?
l?élaboration et la mise en oeuvre de notre
projet permettent-elles la participation d?un nombre
élargi de personnes au sein de notre organisme ?
De sa base jusqu?à sa direction, votre
organisme gagne à mobiliser un maxi-
mum de ses collaborateurs autour du
projet. Cela implique d?impulser une
dynamique de sensibilisation et de for-
mation à la biodiversité ainsi qu?une
communication autour du projet. La
mobilisation des personnes de votre
organisme peut aboutir à la mise en
place de processus de participation
(via des techniques de consultation,
de concertation ou de coproduction).
eNJeu 2 : la mobilisation et la participation des personnes de
notre organisme dans le projet
88
Questions pense-bête
les parties prenantes externes à
notre organisme sont-elles identifiées
dans le cadre de notre projet ?
un effort de communication et
d?accompagnement au changement est-
il fourni pour permettre la mobilisation
de ces parties prenantes ?
un dialogue avec ces parties pre-
nantes a-t-il été noué pour nourrir notre
projet ?
l?élaboration et la mise en oeuvre
de notre projet permettent-elles la par-
ticipation de ces parties prenantes ?
Au-delà du cercle des personnes qui le
compose, votre organisme gagne à im-
pliquer l?ensemble des acteurs poten-
tiellement concernés ou intéressés par
votre projet. Permettant de confronter les
points de vue, le dialogue avec les par-
ties prenantes externes permet de croiser
les points de vue et d?asseoir le projet sur
des consensus élargis. Dans les cas les
plus aboutis, la mobilisation et la partici-
pation des acteurs extérieurs à l?organis-
me autour du projet peuvent aboutir à la
conclusion de partenariats ou à des situa-
tions de projets d?engagement volontaires
co-portés.
eNJeu 3 : la mobilisation et la participation des parties prenantes
externes dans le projet
PriSe de NoTeS
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89
présenter notre proJet :
le plan de rédaction de la synthèse de votre projet
présenter notre proJet :
Le plan de rédaction consiste en un jeu
de 5 fiches thématiques. Au sein de chaque fiche,
une série de questions vous est posée. L?objectif
est de vous signaler les informations importantes
qu?il s?agit de renseigner dans votre synthèse.
Enfin, chaque question est suivie par un espace
libre pour vous permettre d?écrire vos idées et
une antisèche qui précise l?intérêt de la question
posée et les éventuels éléments de réponse que
vous pourriez lui apporter.
Mode d?eMpLoi
du plan de rédaction de la synthèse de votre projet
Mode d?eMpLoi
FICHE n°1 : notre organisme et la biodi-
versité.
FICHE n°2 : notre état lieux.
FICHE n°3 : Les grandes lignes de notre
projet d?engagement volontaire.
FICHE n°4 : retour sur l?élaboration de
notre projet d?engagement.
FICHE n°5 : Vers la mise en oeuvre de
notre projet (moyens alloués, suivi et
évaluation).
avis aux porteurs de projets !
La trame de présentation décrite dans les pages
suivantes est dense et fournie. Elle permet de
présenter un projet «idéal» de manière optimale.
Elle ne doit pas cependant effrayer les plus petits
organismes ! Gardez en tête que l?évaluation ef-
fective de votre
V
La plateforme Internet mise en place
par le ministère de l?Ecologie permet à tout
organisme de déposer un dossier d?engage-
ment volontaire à la SNB. Pour être correcte-
ment évalué, votre dossier doit être constitué
de deux volets :
Le volet technique
Il est composé de tous les documents tech-
niques et de référence que vous jugez uti-
les de fournir aux évaluateurs chargés de se
prononcer sur la qualité de votre projet.
Le volet de présentation
Il doit être composé d?un seul document : la
synthèse de de votre projet. La présence de
celle-ci dans le dossier d?engagement est
obligatoire. Son objectif est de simplifier la
lecture de votre projet pour en faciliter l?ap-
préciation par les évaluateurs. Pour rédi-
ger la synthèse de votre projet, nous vous
conseillons de vous appuyer sur le plan de
rédaction ci-après détaillé. S?il est recom-
mandé que votre synthèse suive la trame du
plan de rédaction, rien ne vous empêche de
prendre les libertés que vous jugez néces-
saire pour rendre la présentation plus com-
plète ou mieux adaptée à votre projet.
Le volume de la synthèse que vous
devez rédiger peut être variable. Elle peut
être composée de 10 à 30 pages. Cela dé-
pend de l?ampleur du projet et de l?impor-
tance du volet technique de votre dossier.
Plus le dossier d?engagement est agrémenté
d?un volet technique riche en informations,
plus votre fiche de présentation gagne à être
réduite à quelques pages quitte à aménager
les renvois utiles vers les documents techni-
ques et de référence. A contrario, plus le vo-
let technique de votre dossier d?engagement
sera léger (voire inexistant), plus votre pré-
sentation doit livrer une information complète
et précise.
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Pour apprécier votre projet, il est nécessaire que les évaluateurs comprennent qui est votre orga-
nisme et ce qui le relie à la biodiversité. Ces informations sont essentielles pour juger des caractères
impliquant, cohérent, additionnel et proportionné de votre projet.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 1
notre organisme et la biodiversité.
QueSTioN 1 : Quelle est la taille et le statut de votre organisme ?
un certain nombre d?informations factuelles
concernant l?identité de votre organisme
gagnent à être renseignées. Ces informa-
tions donneront aux évaluateurs toutes les
clés pour comprendre les cadres généraux
dans lesquels votre organisme inscrit son
action en matière de préservation et de va-
lorisation de la biodiversité. les données à
intégrer dans votre présentation peuvent
être variées: nombre de salariés, d?agents
ou d?adhérents, nombre de sites ou éten-
due du territoire sur lesquelles s?exercent les
compétences de votre organisme, chiffres
d?affaires, mode de financement, etc.
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QueSTioN 2 : Quel est le domaine d?activité de votre organisme ? et quel
est le lien de ce domaine d?activité avec la biodiversité ?
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l?objectif est ici de présenter dans les
grandes lignes les activités de votre
organisme. Cet élément de présentation
peut vous amener à exprimer la vision de
votre organisme sur son métier et ses liens
avec le développement durable et les en-
jeux de la biodiversité. Si les activités de
votre organisme s?intègrent dans un coeur
de métier où les enjeux en termes de pré-
servation et de valorisation de la biodiver-
sité font l?objet d?une règlementation parti-
culière ou d?engagements collectifs portés
par d?autres organisme que le vôtre, cela
mérite également d?être précisé.
antisèche
QueSTioN 3 :
Quelles sont les actions déjà engagées par votre
organisme en faveur de la biodiversité ?
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Si votre organisme était engagé en faveur
de la biodiversité avant l?adoption de son
projet d?engagement volontaire à la SNB, il
convient de le spécifier. Pour présenter la
dynamique de votre organisme en la matiè-
re, une description de la politique jusqu?alors
menée et des initiatives déjà prises peut
être dressée. Si vous le jugez opportun, la
présentation de vos actions précédentes
peut également être appuyée par des do-
cuments joints au volet « technique » de
votre dossier d?engagement.
antisèche
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La réalisation d?un état des lieux « biodiversité » est un élément clé de votre projet d?engagement
volontaire à la SNB. Cet état des lieux est en effet la preuve que votre organisme est entré dans une
phase de réflexion qui l?a conduit à imaginer comment elle pouvait au mieux contribuer à la préserva-
tion de la biodiversité et aux objectifs de la SNB.S?il est recommandé que votre état des lieux fasse
l?objet d?une présentation détaillée dans le volet technique de votre dossier d?engagement, la fiche
de présentation gagne à en souligner les points saillants.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 2
notre état des lieux.
QueSTioN 1 : Quel a été l?objet de votre état des lieux ?
l?objectif général d?un état des lieux « bio-
diversité » est de questionner les activités
de votre organisme. cette réflexion peut
s?appuyer sur la réalisation de plusieurs tâ-
ches :
- Questionner les activités de votre or-
ganisme au regard des orientations straté-
giques et des objectifs de la SNB.
- analyser la réglementation existante.
- etablir un diagnostic de biodiversité
des espaces (territoire, parcelles, sites, etc.)
sur lesquels votre organisme déploie ses
activités.
- dresser un autodiagnostic des liens
d?impacts et de dépendance des activi-
tés de votre organisme vis-à-vis de la
biodiversité.
en fonction de l?identité de chaque orga-
nisme, la réalisation de telle ou telle tâche
est plus ou moins pertinente. il convient ainsi
que chaque organisme précise l?objet de
son état des lieux.
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antisèche
QueSTioN 2 : Quel a été la méthode utilisée pour mener votre état des lieux ?
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en fonction de l?objet de l?état des lieux
et des compétences et moyens de cha-
que organisme, la méthode utilisée peut
être très différente. Celle-ci peut conduire
jusqu?à l?élaboration d?un diagnostic techni-
que, avec éventuellement l?intervention d?un
acteur extérieur à votre organisme (parte-
naire, prestataire, etc.), ou être plus intuitive
et consister en la tenue d?un dialogue ou
d?un travail de documentation permettant
de porter un regard réflexif, un questionne-
ment, sur les activités de votre organisme.
Parmi l?éventail des méthodes, il convient de
préciser celle que vous avez choisie.
antisèche
QueSTioN 3 : Quelles sont les conclusions de votre état des lieux ?
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Le but final d?un état des lieux en matière de
biodiversité est de faire émerger les enjeux
de préservation et de valorisation de la bio-
diversité qui concernent votre organisme. il
s?agit de les préciser. Si votre état des lieux
vous a conduit à identifier plusieurs enjeux
liés à la préservation de la biodiversité, il
convient également de préciser comment
votre organisme a décidé de les hiérarchi-
ser.
antisèche
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Tout projet d?engagement volontaire doit s?appuyer sur la volonté de réaliser un programme d?ac-
tions. Au-delà, un projet d?engagement peut également conduire votre organisme à appréhender
la biodiversité de manière plus intégrée et transversale au sein de vos activités et de votre modèle
d?organisation.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 3
QueSTioN 1 : Quelles sont les grandes lignes de notre programme
d?actions
coeur de votre projet d?engagement, votre
programme d?actions gagne à être présenté
de manière détaillée par les documents du vo-
let technique de votre dossier. l?objectif n?est
pas ici de tout réécrire : la présentation de votre
programme d?actions doit surtout permettre
aux évaluateurs d?en appréhender clairement
les grandes orientations et la cohérence. les
éléments d?information importants à mention-
ner dans la présentation de votre programme
d?actions :
le ou les grands objectifs du programme.
- leur lien avec votre état des lieux en
matière de biodiversité.
- leur lien avec les 20 objectifs de la SNB.
les actions clés de chacun des grands
objectifs du programme.
- l?ambition qui leur est associée en
termes de résultats quantitatifs ou
qualitatifs.
- les éléments de calendrier qui balisent
leur mise en oeuvre.
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antisèche
Les grandes lignes de notre projet
d?engagement volontaire.
QueSTioN 2 :
Quelles sont les éléments qui montre que notre projet
repose sur une démarche intégrée et transversale en faveur
de la biodiversité ?
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en plus de l?adoption d?un plan d?actions, un
projet d?engagement volontaire peut mener
un organisme à appréhender la biodiversité
de manière intégrée et transversale dans
son mode d?organisation et dans ses activi-
tés. la mise en place de systèmes de mana-
gement environnemental ou l?articulation de
l?ensemble des stratégies ou politiques de
votre organisme avec votre stratégie pour
la biodiversité peut donner à votre projet
d?engagement une plus-value véritable.
Cet enjeu de l?appréhension intégrée et
transversale des enjeux de la biodiversité
dans les activités et le mode d?organisation
d?un organisme se pose en termes impor-
tants pour les grandes sociétés ou les col-
lectivités.
antisèche
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Après avoir présenté le fond de votre programme, sa substance pour ainsi dire, il convient de revenir
sur la manière dont votre organisme s?est organisé pour l?élaborer. Cet élément de présentation
vous invite notamment à préciser l?implication des différentes parties prenantes (internes et externes
à votre organisme) de votre projet.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 4
retour sur l?élaboration de notre projet
d?engagement.
la phase d?élaboration d?un projet nécessite souvent la tenue de discussions à l?intérieur d?un organisme pour
définir la meilleure façon d?engager cette dernière. Pour mener à bien ces phases de discussion et de décision, votre or-
ganisme a adopté une organisation particulière. Des réunions ont été organisées, un groupe en charge de suivre l?avancée
de l?élaboration du projet a peut-être été créé, etc. Il convient de préciser cette organisation et de montrer en quoi elle
est susceptible d?être un atout pour la réussite de votre projet d?engagement. dans la description générale du pilotage
de la phase d?élaboration de votre projet, plusieurs éléments d?information méritent d?être précisés :
L?implication du plus haut niveau hiérarchique (élu, chef d?entreprise, conseil d?administration, etc.) de votre or-
ganisme : la SNB considère que l?implication des décideurs d?un organisme est un élément clé de la réussite d?un projet
ambitieux. Il convient ainsi que votre fiche de présentation fasse part de la manière dont le plus haut niveau hiérarchique
a été impliqué dans l?élaboration du projet et comment il continue à être impliqué dans la phase de mise en oeuvre du
projet.
l?implication des différents services ou fonctions de votre organisme : quels services ont été mobilisés ? lesquels
ont participé aux discussions ? le ou lesquels portent le projet ?
Le degré de mobilisation et d?implication des collaborateurs (agents, salariés, adhérents, etc.) sur le projet :
il convient de préciser si des dispositions particulières en termes de sensibilisation, communication et participation ont
été prises pour assurer, de manière plus générale, une mobilisation voire une implication des collaborateurs de votre
organisme dans le projet d?engagement volontaire.
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QueSTioN 1 :
Comment les différentes parties prenantes internes de votre
organisme ont-elles été mobilisés lors de
l?élaboration de votre projet ?
antisèche
QueSTioN 2 :
de quelle manière les parties prenantes externes de votre orga-
nisme ont-elles pu s?exprimer ?
Quelle a été la dimension collective de votre projet ?
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Au-delà du cercle des parties prenantes internes à votre organisme, l?élaboration de votre projet s?est
peut-être nourrie de l?apport d?autres acteurs. la présentation de votre projet d?engagement gagne ainsi à
expliciter toute les dispositions prises en matière de :
Partage des expériences.
la prise en compte des expériences tirées par d?autres acteurs est une façon d?intégrer une dimension
collective à un projet d?engagement. Si l?élaboration de votre initiative s?est appuyée sur des expériences
issues de projets conduits par d?autres acteurs via, par exemple, un travail de documentation ou de dialo-
gue avec ces autres acteurs, il convient ainsi d?en signaler les apports.
dialogue et gouvernance partagée.
Si le pilotage de la phase d?élaboration de votre projet a permis l?expression et la prise en compte des avis
exprimés par les parties prenantes internes ou externes à votre organisme, il convient de décrire comment
cette dynamique d?échange a été instaurée et quels en ont été les apports. les initiatives prises en matière
de consultation et de concertation méritent d?être particulièrement explicitées dans la mesure où elles
contribuent à faire de la biodiversité un enjeu de société partagé. la manière dont vous avez éventuelle-
ment levé les oppositions qui se sont posées à l?élaboration de votre projet et la façon dont vous anticipez
les blocages qui pourraient gêner sa mise en oeuvre méritent également d?être décrite.
Partenariats et co-portage.
Si votre projet s?appuie sur un ou des partenariats ou s?il est co-porté avec un ou plusieurs autres organis-
mes, il s?agit de présenter les organismes partenaires ou co-porteurs. L?intérêt et les apports de ce parte-
nariat ou co-portage pour la qualité de ce projet méritent également d?être décrits.
antisèche
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98
Pour compléter et finir la présentation de votre projet d?engagement, il convient d?apporter les élé-
ments d?information sur la manière dont votre organisme entend mettre en oeuvre son programme
d?actions. La description des moyens prévus et des dispositions prises par votre organisme pour sui-
vre et évaluer la mise en oeuvre des actions et leurs effets permettront aux évaluateurs d?apprécier la
faisabilité de votre projet ainsi que sa volonté de produire des résultats mesurables.
FICHE « PLAN DE RÉDACTION »
n° 5
Vers la mise en oeuvre de notre projet
(moyens alloués, suivi et évaluation).
QueSTioN 1 :
la crédibilité d?un projet réside en partie
dans une juste adéquation entre ses ambi-
tions et les moyens de sa mise en oeuvre.
votre présentation gagne ainsi à apporter
quelques précisions sur le budget associé à
votre projet. Mais, plus que dans l?allocation
de moyens financiers, c?est certainement
dans la juste mobilisation de ressources hu-
maines que réside le succès de votre pro-
jet. description de l?équipe dédiée à la mise
en oeuvre et au suivi du projet, soutien ac-
cordé par la hiérarchie à cette même équipe,
etc., sont autant d?éléments qui permettent
d?évaluer le pilotage de la mise en oeuvre de
votre projet.
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antisèche
Quels sont les moyens prévus dans la mise en oeuvre de
notre programme d?actions ?
QueSTioN 2 : Quels sont les dispositions prises pour suivre et le dispositif
de suivi et évaluer notre programme d?actions ?
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QueSTioN 3 :
Quels sont les dispositions prises en matière de rapportage
de nos actions ?
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S?engager à informer de manière transpa-
rente d?autres acteurs sur la mise en oeuvre
des actions est un engagement fort vers
une bonne mise en oeuvre d?un projet. la
présentation de votre projet gagne ainsi à à
préciser toute disposition prises en matière
de rapportage.
antisèche
antisèche
un projet d?engagement volontaire doit être tourné vers la réalisation des actions et la recherche de résul-
tats. A ce titre, l?intégration des questions de suivi et d?évaluation est primordiale pour la réussite de votre
projet.
le suivi
concernant le suivi, il s?agit de détailler l?organisation mise en place par votre organisme pour s?assurer de la
réalisation des actions prévues dans votre programme d?actions (via par exemple la tenue d?une feuille de
route). Cet élément de présentation est particulièrement important pour les projets où les actions engagées
sont nombreuses et s?inscrivent dans une longue durée.
l?évaluation
evaluer un programme d?actions, c?est apprécier la qualité globale du projet et de sa mise en oeuvre. Votre
document de présentation doit décrire les dispositions prises par votre organisme en termes d?évaluation.
gagnent notamment à être décrits : la méthode d?évaluation choisie par votre organisme et l?utilisation qui
sera faite des résultats de l?évaluation.
99
annexes annexes
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Parc national de Port-cros, côte rocheuse
101
annexes annexes
crise biologique : elle désigne une période
d?extinction rapide et massive d?espèces. Ainsi,
elle doit remplir trois critères :
? Une durée relativement brève à l?échelle des
temps géologique (quelques millions d?années
maximum).
? Une répartition géographique mondiale.
- Une importante chute de la biodiversité.
ecosystème : ensemble formé par une associa-
tion ou communauté d?êtres vivants et son en-
vironnement biologique, géologique, climatique,
etc. Les éléments constituant un écosystème dé-
veloppent un réseau d?échange d?énergie et de
matière permettant le maintien et le développe-
ment de la vie.
empreinte écologique : L?empreinte écologique
est une mesure de la pression qu?exerce l?homme
sur la nature. C?est un outil qui évalue la surface
productive nécessaire à une population pour ré-
pondre à sa consommation de ressources et à
ses besoins d?absorption de déchets.
Processus écologique : processus ou mécanis-
mes qui évoluent dans un écosystème, et qui lient
les organismes et leur environnement : produc-
tion, décomposition, cycle des éléments nutritifs,
perturbations et évolution de la succession des
espèces, apports énergétiques et interactions en-
tre les organismes au sein d?un écosystème.
expertise : Aide à une décision, à partir de faits
techniques ou scientifiques, dans des affaires où
le décideur se confronte à des questions hors de
sa portée.
& glossaire
services écosystémiques : Utilisation par
l?homme des fonctions écologiques de certains
écosystèmes, à travers des usages et une ré-
glementation qui encadrent cette utilisation. Par
souci de simplicité, on dit que les écosystèmes
« rendent » ou « produisent » des services. Tou-
tefois, une fonction écologique ne prend la forme
d?un service à l?homme que dans la mesure où
les pratiques sociales reconnaissent le service
comme tel, c?est-à-dire reconnaissent l?utilité de
la fonction écologique pour le bien-être humain.
Ce sont, par exemple, la production de l?oxy-
gène de l?air, l?épuration naturelle des eaux, les
ressources qui nourrissent les animaux domesti-
qués ou chassés, l?activité des pollinisateurs des
cultures, des micro-organismes qui produisent et
entretiennent les sols, la séquestration naturelle
de carbone dans le bois, les sols, les mers et le
sous-sol, ou encore le recyclage permanent des
nutriments et de la nécromasse par les animaux,
champignons, bactéries.
solidarité écologique : Étroite interdépendance
des êtres vivants, entre eux et avec les milieux
naturels ou aménagés de deux espaces géogra-
phiques contigus ou non (R. Mathevet, rapport
CNRS). Elle désigne à la fois la « communauté de
destin » entre les hommes et leur environnement
et la volonté d?influencer de manière positive les
différentes composantes de cette communauté.
INVALIDE)