Mise (La) en oeuvre d'un SCoT : La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
MORAIN, Marc ;GAFFAR, Chahoul
Auteur moral
Entreprises, territoires et développement (France)
;Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (France)
;Fédération nationale des agences d'urbanisme (France)
;Fédération Nationale des SCoT
Auteur secondaire
Résumé
Afin d'atteindre les objectifs définis par l'article L.121-1 du Code de l'urbanisme, et sur la base d'un diagnostic territorial, les douze SCoT analysés
Editeur
CERTU
Descripteur Urbamet
schéma de cohérence territoriale
;plan local d'urbanisme
;analyse
;document d'urbanisme
;planification urbaine
;évaluation
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement urbain
Texte intégral
Sous la direction de
Certu - Etd - Fédération nationale des SCoT - Fnau
Cette publication a été
réalisée avec le soutien
de la direction générale
de l?Aménagement,
du Logement et de
la Nature (DGALN)
direction générale
de l?Aménagement,
du Logement
et de la Nature
Certu La mise en oeuvre d?un SCoT
MINISTÈRE
DE L?ÉCOLOGIE,
DU DÉVELOPPEMENT
DURABLE
ET DE L?ÉNERGIE
MINISTÈRE
DE L?ÉGALITÉ
DES TERRITOIRES
ET DU LOGEMENT
Certu
La localisation du développement urbain
déclinée dans le PLU
direction générale
de l?Aménagement,
du Logement
et de la Nature
En application de l?article L.121-1 du Code de l?urbanisme, le SCoT « détermine les conditions
permettant d?assurer, dans le respect des objectifs de développement durable» :
? L?équilibre entre :
> Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces
urbanisés?
> L?utilisation économe des espaces naturels?
? La sauvegarde des ensembles urbains et du patrimoine bâti remarquable ;
? La diversité des fonctions urbaines [?], la mixité sociale dans l?habitat, en prévoyant des ca-
pacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination,
des besoins présents et futurs en matière d?habitat, d?activités économiques [?] ainsi que
d?équipements publics et d?équipement commercial en tenant compte en particulier des objec-
tifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services,
d?amélioration des performances énergétiques, [?] de diminution des obligations de déplace-
ments et de développement des transports collectifs ;
? La réduction des gaz à effet de serre, la maîtrise de l?énergie et de la production énergétique à
partir de sources renouvelables [?] »
Afin d?atteindre ces objectifs et sur la base d?un diagnostic territorial, les douze SCoT analysés
ont défini des enjeux de développement urbain que les PLU doivent intégrer dans une relation
de compatibilité. La présente synthèse a pour objet de restituer les résultats de l?analyse
d?une vingtaine de PLU portant sur les modalités de déclinaison de ces enjeux à l?échelle de
leur territoire communal, voire intercommunal.
Certu ? Décembre 2012 2 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
? Le diagnostic
En règle générale, le diagnostic réalisé dans le
cadre de l?élaboration ou de révision d?un PLU ne
remet pas fondamentalement en question celui du
SCoT. En effet, le diagnostic du SCoT constitue un
fil conducteur pour les auteurs de PLU, notamment
pour la construction du PADD.
Même si certaines hypothèses font l?objet d?âpres né-
gociations, les données démographiques voire celles
issues d?un diagnostic foncier du SCoT alimentent le
PLU. Néanmoins, il peut être constaté parfois une
surévaluation du développement démographique,
des besoins en construction de logements. Dans le
cas du PLU de Divion, le SCoT de l?Artois a émis un
avis favorable avec réserves sur ce PLU.
D?autres diagnostics réalisés dans le cadre de
documents sectoriels (PLH, PDU), de la mise en
place d?une charte architecturale et paysagère ou
d?études diverses et variées complètent celui réa-
lisé par le PLU.
En outre et sans remettre en cause totalement le
diagnostic du SCoT, certains PLU inscrivent leur dia-
gnostic dans une démarche privilégiant les enjeux
environnementaux. Il peut s?agir des démarches
de type AEU initiées par l?Ademe ou d?autres s?en
rapprochant.
Quelles que soient les modalités d?élaboration du
diagnostic du PLU, aucune n?a remis fondamentale-
ment en question le diagnostic plus général réalisé
par le SCoT. Au contraire, le PLU l?a affiné pour en
constituer une des clefs de la construction de son
PADD.
? Le PADD
La majorité des PADD des PLU analysés s?inscrit
dans les objectifs du SCoT de développement ur-
bain maîtrisé, de diversité de fonctions urbaines,
de mixité sociale et d?obligation de densité autour
des axes de transports en commun. En effet, le
PADD du SCoT fixe un cap ou une tendance aux PLU
tout en mettant l?accent sur certaines thématiques
stratégiques.
X Du diagnostic au PADD : le SCoT,
un cap et un cadre de réflexion précieux pour le PLU
? PLU Calonne (SCoT de l?Artois) reprend le
diagnostic foncier réalisé par le SCoT Artois dans
l?objectif de localiser les emplacements dispo-
nibles en zone U et de combler et densifier les
dents creuses dans le tissu urbain.
? PLU Ostwald (schéma de cohérence
territoriale de la région de Strasbourg) :
complète son diagnostic par celui réalisé dans le
cadre du PLH. Il reprend les objectifs du SCoT et
du PLH en se fixant un but de 1800 logements
sur 10 ans, soit une augmentation de 4500 ha-
bitants sur 10 ans.
? PLU Obernai (SCoT Piémont des Vosges) :
l?élaboration de la charte architecturale et paysa-
gère dont le diagnostic réalisé en 2001 a permis
au PLU d?Obernai de se fixer des priorités dans la
gestion patrimoniale de l?espace, de la densité,
le choix d?une stratégie de développement éco-
nomique et d?implantation des équipements.
? PLU Saint-Nazaire (SCoT Métropole
Nantes ? Saint-Nazaire) : les études archi-
tecturales et morphologiques par quartier ont
été réalisées pour évaluer dans quelle mesure
le tissu urbain peut être densifié sans altérer les
éléments paysagers ; elles ont abouti à l?écriture
des nouvelles règles de hauteur et d?emprise au
sol. Le couplage de ces données avec une étude
? PLU Montmélian (SCoT Métropole
Savoie) réalise un diagnostic selon les principes
d?une démarche d?approche environnementale
de l?urbanisme (AEU) initiée par l?Ademe inté-
grant les préoccupations environnementales en
amont des projets d?urbanisme et d?aménage-
ment : croisement des enjeux environnemen-
taux et d?urbanisation.
? PLU Ercé-près-Liffré (SCoT pays de
Rennes) applique une démarche « approche
développement durable des opérations d?ur-
banisme » (Addou) portée par l?agence d?ur-
banisme et l?Ademe, déclinaison à l?échelle du
pays de Rennes de la démarche AEU intégrant en
plus les questions de formes urbaines, de mixité
sociale, de déplacements pour l?élaboration de la
ZAC du Bocage de l?Illet qui porte sur la totalité
des extensions urbaines à court/moyen terme
de la commune.
foncière pour repérer les disponibilités foncières
a permis de déterminer le nombre de logements
à construire en tissu urbain, soit 3 500 logements
d?ici 15 ans. Des études paysagères pour déter-
miner les boisements à préserver le long du litto-
ral ont complété ces études architecturales.
Certu ? Décembre 2012 3 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
? PLU Saint-Pryvé-Saint-Mesmin (SCoT
CA Orléans Val de Loire) : pour favoriser la
diversité des fonctions urbaines, le PADD affiche
comme objectif de renforcer l?attractivité des
centralités existantes en y implantant des équi-
pements, commerces et services.
? PLUi Montrevel (SCoT Bourg-Bresse-
Revermont) : pour atteindre l?objectif de
mixité sociale, il est précisé que « toute nouvelle
opération d?aménagement comportera au mini-
mum 20 % de logements sociaux pour le pôle
structurant de Montrevel et près de 15 % pour
les bourgs de Jayat et Malafretz ».
? PLU L?Hermitage (SCoT pays de Rennes) :
pour densifier autour des axes de transports en
commun, la commune souhaite notamment
renforcer l?attractivité du bourg et valoriser le
foncier à proximité de la gare.
1. Loi solidarité et renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
Au-delà de cette corrélation classique entre le
PADD du SCoT et celui du PLU, il faut noter que le
SCoT peut donner un lien aux différentes bonnes
idées préexistantes localement et permettre de
raccrocher la stratégie communale à un raisonne-
ment supracommunal. Parfois, le SCoT sert à justi-
fier certains choix communaux, notamment sur la
localisation des zones d?activités ou de la gestion
des zones inondables.
Par ailleurs, l?analyse menée sur les PLU a conduit
à constater qu?une minorité de PLU examinés
élabore un PADD intégrant des problématiques
proches des préoccupations environnementales et
énergétiques issues de la loi portant engagement
national pour l?environnement. Malgré des SCoT
issus de la loi SRU1, ces PLU ont intégré ces enjeux
dans leurs différents documents. En effet, même
si le SCoT fixe des grandes tendances, il laisse une
marge de manoeuvre importante pour traiter des
thématiques qu?il n?a pas développées ou peu trai-
tées.
En conclusion, l?examen de la vingtaine de PLU
constituant le socle de notre étude confirme que le
diagnostic et le PADD du SCoT constituent un cadre
de réflexion et d?aide à l?élaboration du diagnos-
tic et du PADD du PLU, ces documents étant toute-
fois complétés et parfois amendés par rapport aux
termes plus généraux du SCoT.
? PLU Ostwald (SCOTERS) : le SCOTERS a
amené les élus d?Ostwald à enclencher une ré-
flexion sur la question du « pôle d?emplois et
des services, le devenir du potentiel foncier en
coeur de ville et son accès depuis la gare ». Il leur
donne aussi des clefs d?entrée sur la définition
d?un morceau de ville (préservation de l?envi-
ronnement, articulation entre TC et urbanisation,
développement de l?habitat).
? PLU Montmélian (SCoT Métropole
Savoie) : le projet de PADD se fixe l?objectif de
« continuer d?agir en matière de sobriété éner-
gétique et de développement des énergies re-
nouvelables ». La commune est pionnière en
matière d?utilisation d?énergies renouvelables,
son engagement solaire remontant à plus de
20 ans. Elle poursuit cet engagement et se po-
sitionne comme « pôle d?expérimentation des
nouvelles technologies solaires » dans le cadre
des projets de constructions publics et privés. Elle
souhaite réduire sa consommation énergétique
et ses émissions de gaz à effet de serre. Sur les
secteurs de développement d?urbanisation, la
commune demande aux opérations de construc-
tions d?intégrer un objectif d?efficacité énergé-
tique et de recours aux énergies renouvelables
pour le chauffage et la production d?eau chaude
sanitaire. Elle étudie par ailleurs les possibilités
de substitution de l?énergie dans les réseaux de
chaleur de ces quartiers. L?extension, la densifi-
cation et le renouvellement urbain se fondent
sur une approche d?urbanisme et d?architecture
bioclimatique. En outre, la commune a pour ob-
jectif de poursuivre la mise en valeur du cadre
paysager et conserver la biodiversité par la créa-
tion de la trame verte et bleue urbaine fondée
sur les continuités écologiques du territoire (pe-
louses sèches, zones humides, haies, boisements
et espaces verts?).
? PLU Francin (SCoT Métropole Savoie):
la commune aménage le territoire selon une
approche environnementale par la réduction de
la consommation énergétique, la réduction de
gaz à effet de serre. Une carte de synthèse des
enjeux a été élaborée dans le cadre du PADD.
La démarche AEU a conduit à modifier le choix
d?urbanisation opéré par le SCoT. En effet, les
deux pôles préférentiels (Longeray ouest et Cha-
vord) sont grevés en majeure partie par la prise
en compte des zones humides. La commune de
Francin a classé une bonne partie de ces secteurs
en « N », en privilégiant une orientation vers un
secteur proche de la gare de Montmélian (com-
mune voisine). Un débat est actuellement en
cours sur l?inconstructibilité d?un secteur induit
par la prise en compte des zones humides.
Certu ? Décembre 2012 4 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
S?agissant de la localisation du développement
urbain, les DOG des douze SCoT décryptés se fo-
calisent sur trois axes principaux : la maîtrise du
développement urbain avec pour objectif princi-
pal une gestion économe des espaces agricoles et
naturels, l?atteinte des objectifs de diversité des
fonctions urbaines, et de ceux de la mixité sociale
en prévoyant les capacités de construction et de
réhabilitation suffisantes pour satisfaire les besoins
présents et futurs en matière d?habitat, d?activités
économiques. Le PLU orchestre la mise en oeuvre
du DOG par sa déclinaison obligatoire dans les
documents graphiques et écrits du règlement et
facultative dans les orientations d?aménagement.
Dans certains cas, cette logique descendante n?est
pas aussi naturelle. En effet, les logiques « remon-
tantes » dominent parfois, même si elles commen-
cent à s?estomper : le SCoT se résume parfois à un
collage de PLU ou de POS déjà approuvés. Dans
certains cas, comme le PLU d?Ercé-près-Liffré et du
SCoT du pays de Rennes, l?échange entre les élus
dans la construction concomitante de leurs projets
d?aménagement respectifs peut être positif : le SCoT
a influencé le PLU sur la densité et les formes ur-
baines pour les extensions d?urbanisation, le PLU a
influencé le SCoT sur les directions d?urbanisation et
le potentiel d?urbanisation.
Concernant les modalités d?accompagnement des
auteurs du PLU dans cet exercice de déclinaison du
DOG, plusieurs postures ont été décrites et analy-
sées dans la fiche relative à l?animation et la gou-
vernance en matière de mise en oeuvre du SCoT. Il
convient de s?y reporter.
? Les objectifs récurrents du DOG en
matière de développement urbain
S?agissant du développement urbain, les douze
SCoT étudiés convergent vers l?objectif de respecter
les principes énoncés à l?article L.121-1 du Code de
l?urbanisme précité : maîtrise du développement ur-
bain, mixité sociale, diversité des fonctions urbaines.
La maîtrise du développement urbain
Dans les douze SCoT analysés, la gestion économe
de l?espace est assurée assez généralement par
un choix d?armature urbaine favorisant la densifi-
cation, le renouvellement urbain, par l?inscription
des extensions urbaines dans la continuité de l?exis-
tant et par la limitation du développement des ha-
meaux et des villages. Dans de plus rares cas, ces
objectifs peuvent être complétés par celui d?une
gestion économe du foncier destiné aux activités
économiques.
X Du DOG au règlement et aux orientations
d?aménagement du PLU : le PLU, un outil
de mise en oeuvre du SCoT
? SCoT Métropole Nantes ? Saint-Nazaire:
objectif de regrouper les nouvelles zones d?activi-
tés (ZA) autour des pôles d?échange afin d?éviter
des continuités urbaines le long des principaux
axes de communication et donc de privilégier
un aménagement dans la profondeur. En outre,
ce SCoT incite à réinvestir les ZA sous-utilisées,
à éviter un surdimensionnement des nouvelles
zones, à prévoir une desserte en transports en
commun des nouvelles zones et à implanter
dans le tissu urbain les activités économiques
compatibles avec l?habitat.
? Le SCoT de l?Artois a introduit deux règles
prescriptives pour limiter l?étalement urbain :
? Créer deux logements sur trois en zone ur-
baine existante afin d?optimiser le potentiel
important de terrains libres en zone U avant de
programmer des zones à urbaniser (le reste se
fera en AU existantes). Néanmoins, si une com-
mune ne possède pas suffisamment de foncier
mobilisable en zone U, ce dont elle devra justi-
fier, celle-ci sera autorisée à construire davan-
tage en zone AU.
? En dehors des zones U, application de la règle
des 40 m consistant à proscrire toute urbani-
sation nouvelle sur les espaces non bâtis ins-
crits le long d?un linéaire de voirie, entre deux
constructions distantes de 40 m. L?application
de cette règle des 40 m veille « à pérenniser
ou restituer une vocation agricole ou naturelle
à ces espaces afin d?éviter le phénomène d?ur-
banisation linéaire continu et la disparition des
coupures paysagères entre les bourgs ».
Afin de décliner l?objectif du SCoT « au moins
deux nouveaux logements sur trois à réaliser
au sein des zones U existantes et le reste en
zones AU existantes [..]», le SCoT en lien avec
l?agence d?urbanisme a élaboré une méthodo-
logie du « diagnostic foncier ». Cette dernière
constitue un outil pratique à mobiliser dans
le cadre de la révision des documents d?urba-
nisme et permet de déterminer et de qualifier le
gisement foncier libre à vocation habitat au sein
des zones U. Parmi les cinq phases que compte
cette méthode, une consiste à calculer un coef-
ficient d?aménagement visant à déterminer la
qualité d?une zone à travers plusieurs indica-
teurs : la proximité des services, la proximité
d?une centralité géographique, la proximité des
transports en commun, la sécurité de la zone,
la proximité de projets. Le coefficient est noté
sur 12 points (2 points pour les services, la cen-
tralité géographique, les projets, 1 point pour la
sécurité, les réseaux, 4 points pour les transports
Certu ? Décembre 2012 5 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
Concernant le choix d?une armature urbaine, il est
encadré dans la plupart des SCoT examinés par la
détermination d?une enveloppe urbaine ouvrant
un « droit » à la densification et à l?extension, dif-
férencié selon la typologie de polarités de l?ar-
mature. Ces enveloppes sont souvent exprimées
en nombre d?ha distinguant logements/activités/
équipements publics, en nombre de logements
par ha, voire en m² SHON pour les activités écono-
miques. Dans certains SCoT analysés, le calcul de
cette enveloppe intègre un coefficient de rétention
foncière. En parallèle de cette détermination de
l?enveloppe, un phasage de l?ouverture à l?urba-
nisation des extensions résidentielles est parfois
proposé.
La diversité des fonctions urbaines
La majorité des SCoT de l?échantillon étudié se
fixe comme but de respecter le principe de satis-
faire sans discrimination les besoins présents et
futurs de la population, notamment en matière
d?habitat, d?activités économiques, d?équipements
publics et d?équipements commerciaux. L?objec-
tif principal poursuivi par les orientations du DOG
est d?introduire une mixité des fonctions dans des
tissus urbains parfois proches des transports en
commun.
? SCoT Piémont des Vosges : les enve-
loppes urbaines se rapportent à un état « zéro »
de référence. Elles sont identifiées à la parcelle
et cartographiées dans le DOG : les extensions
admissibles en dehors de cette enveloppe ur-
baine de référence sont exprimées en nombre
d?ha, distinguant logements/activités/équipe-
ments publics et en appliquant un coefficient de
rétention.
? SCoT Pays de Rennes : l?enveloppe est
exprimée en m² de SHON minimale pour les
extensions urbaines à dominante économique,
tertiaire ou mixte en fonction de l?éloignement
du coeur de métropole : 3 000 m² SHON/ha en
coeur de métropole, 1 750 en couronne d?agglo-
mération.
? SCoT Lens-Liévin-Hénin-Carvin : au tra-
vers de leur zonage, les documents d?urbanisme
locaux « doivent permettre l?introduction d?une
mixité dans l?habitat et (ou) des fonctions dans
les cités minières. Des études urbaines sont pré-
conisées afin de viser une meilleure intégration
du parc minier dans le tissu urbain. Des liaisons
favorisant les déplacements piétons et cyclistes
peuvent par exemple être réalisées entre les
centres urbains et les quartiers excentrés ». « La
rénovation des logements miniers doit être
poursuivie et achevée dans les meilleurs délais
possibles. »
? SCoT Orléans Val de Loire : l?un des
principaux axes de développement durable de
l?agglomération est de promouvoir la « ville de
proximité », c?est-à-dire « d?offrir les meilleures
facilités d?accès aux fonctionnalités de la ville,
en garantissant des conditions de mobilité per-
formantes à l?ensemble des habitants ».
L?orientation générale du DOG est de privilé-
gier les opérations de renouvellement urbain
plutôt que les extensions urbaines. S?agissant
du renouvellement urbain, les orientations por-
tent par exemple sur la favorisation prioritaire
du développement urbain dans les secteurs
desservis par les transports collectifs, sur le ren-
forcement de l?attractivité des pôles urbains et
des centralités existantes en y implantant de
manière privilégiée les équipements publics,
en commun). Une fois ce coefficient déterminé,
la méthode consiste à déterminer le « potentiel
de mutabilité » : les zones U libres dont la mo-
bilisation foncière semble facile, celles où une
difficulté d?acquisition est connue. Sont jugées
intéressantes, les zones U à coefficient d?aména-
gement fort avec une mutabilité « sans blocage
apparent » et « blocage avéré » ainsi que celles
à coefficient d?aménagement moyen avec une
mutabilité « sans blocage apparent ».
? Le SCoT Pays de Rennes consolide le
principe de la « ville archipel » en localisant
les extensions urbaines compactes en conti-
nuité des bourgs existants et en préservant
des coupures d?urbanisation entre les bourgs et
agglomérations. Les secteurs d?urbanisation
possibles des communes sont indiqués par des
flèches de direction, en cohérence avec les ana-
lyses paysagères et environnementales. Les
directions qui ne sont pas indiquées ne sont
pas susceptibles de recevoir une urbanisation
nouvelle, exceptés des équipements publics
d?intérêt collectif.
? SCoT Bourg-Bresse-Revermont : l?ou-
verture à l?urbanisation des extensions résiden-
tielles est régulée par un phasage en tranche:
deux tranches égales pour les urbanisations
communales inférieures à 10 ha, quatre tran-
ches égales pour les urbanisations communales
supérieures à 10 ha, ouverture des tranches
ultérieures conditionnées à l?avancement des
tranches précédentes et à la réalisation de la
part de croissance dans tous les niveaux de l?ar-
mature territoriale, créant ainsi un effet cliquet
permettant le confortement des tranches précé-
dentes.
Certu ? Décembre 2012 6 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
Typologie de l?habitat et mixité sociale
La totalité des SCoT étudiés inscrit cet objectif dans
leur DOG, notamment en indiquant un nombre mi-
nimum ou un pourcentage de logements sociaux à
réaliser dans les opérations de construction neuve
ou en diversifiant la typologie des logements ex-
primée en pourcentage de logements collectifs et
individuels. Certains SCoT combinent la politique de
l?habitat à la mise en place d?une stratégie foncière
pour favoriser cette mixité sociale.
? SCoT Métropole Nantes ? Saint-Nazaire :
« Le SCoT affirme la nécessité de développer
une offre d?accession à prix maîtrisés pour les
ménages aux revenus modestes et intermé-
diaires. Pour l?agglomération de Saint-Nazaire,
cet objectif rejoint celui de proposer aux jeunes
actifs une offre d?habitat à l?intérieur de l?agglo-
mération. Dans le cadre de cette orientation, la
Carene s?engagera dans deux politiques néces-
sairement conjuguées :
? une politique de maîtrise foncière avec la
définition d?un coût d?objectif négocié entre la
collectivité et le promoteur, conduite en particu-
lier dans le cadre d?opérations mixtes associant
accession sociale et accession libre;
? une politique d?aide directe aux accédants,
ouvrant droit à la majoration du prêt à taux
zéro. »
? SCoT de l?Artois : le DOG précise que « la
mise en place d?une politique foncière est né-
cessaire pour maîtriser l?augmentation des prix
des terrains, réduire les difficultés des habitants
à accéder au logement et appliquer les prin-
cipes cités précédemment. Il est donc fortement
souhaitable que des politiques foncières soient
mises en oeuvre par les collectivités locales
composant le syndicat mixte, en cohérence
avec celles des autres collectivités territoriales
et de l?État ». Le DOG incite à développer un
volet foncier dans le programme d?action du
PLH, les PLU à réfléchir à une stratégie foncière
à mener à travers la réalisation de ZAC, de ZAD,
d?emplacements réservés.
? SCoT de Dombes : il prescrit 35% de col-
lectifs et 65 % d?individuels avec l?objectif de
30% de logements créés à l?intérieur de la tache
urbaine en renouvellement urbain et 70% en
extension. Il se fixe comme objectif de 20% de
nouveaux logements en logements aidés.
? SCoT Lens-Liévin-Hénin-Carvin : le DOG
fixe comme prescription d?assurer une production
de logements sociaux suffisante à l?échelle du
SCoT et de produire des logements très sociaux
type PLAi tendant vers 10% a minima de la pro-
duction totale de logements sociaux (à l?échelle
du SCoT, 500 logements sociaux a minima sont
construits annuellement). Une autre prescription
met l?accent sur la nécessité de développer des
offres de logements en accession sociale et ac-
cession classique sous-représentés afin de diver-
sifier l?offre de logements sur le territoire. «Les
PLH des deux communautés d?agglomération
précisent ou préciseront les objectifs pour chaque
statut. »
? SCoT Métropole Nantes ? Saint-Nazaire :
dans l?objectif de diversifier l?offre nouvelle d?ha-
bitat, le DOG répartit spatialement les nouveaux
logements locatifs sociaux par an et par inter-
communalité (ex. 200 logements par an pour
la Carene, 900 pour la communauté urbaine de
Nantes?). Il indique en outre que ces objectifs
quantitatifs « pourront être réévalués en cohé-
rence avec les PLH et les projets de territoire des
intercommunalités ».
Par ailleurs, il détermine une part minimum de
20 % de logements locatifs sociaux pour les
deux agglomérations et les quatre pôles struc-
turants des communautés de communes, 10 %
pour les autres communes: possibilité de modi-
fier ces objectifs par communes et par secteurs
géographiques afin de tenir compte du contexte
urbain (présence d?équipements, desserte en
transports collectifs). Le DOG indique « qu?une
offre d?accession à la propriété à prix maîtrisés
doit être développée dans les agglomérations
et les centralités périurbaines pour les ménages
aux revenus modestes et intermédiaires dans un
souci de mixité sociale et de lutte contre l?éta-
lement urbain ». La diversification des formes
d?habitat est « encouragée » pour toute nouvelle
opération d?aménagement.
commerce de voisinage et de services (inci-
tation à l?utilisation des OA dans les secteurs
centraux des PLU). Concernant les secteurs
d?extensions urbaines, les orientations portent
notamment sur la liaison de l?urbanisation de
secteurs en extension urbaine à la création de
desserte en transports collectifs efficaces, l?éta-
blissement des conditions de « mixité d?usage
des nouveaux quartiers par une programmation
de logements diversifiés, d?activités généra-
trices d?emplois (artisanat, bureaux?) ». Sur la
commune de Semoy, ce SCoT renforce l?attrac-
tivité des centralités existantes en y implantant
équipements, commerces de proximité et ser-
vices.
Certu ? Décembre 2012 7 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
2. R.123-3-2 ancien du Code de l?urbanisme : les dispositions relatives aux zones d?aménagement concerté, prévus aux a et b de
l?article L.123-3, figurent dans le règlement du PLU ou dans les OA ou leurs documents graphiques..
? PLU Ostwald (SCOTERS) encadre ses zones
IAU et IIAU d?OA. Une OA porte sur la ZAC du
Bohrie située au droit des transports en commun
dans un secteur à enjeux environnementaux.
Elle cartographie le principe de fonctionnement
et la hiérarchisation des voiries, la répartition de
la densité par secteur, les hauteurs.
? Exemple de la ZAC des rives du Bohrie:
encadrement du développement urbain
au droit des TC dans un secteur à enjeux
environnementaux : les rives du Bohrie sont
un projet d?écoquartier qui fait l?objet d?une ZAC
créée dans les années 2000, et qui porte une
part non négligeable du développement urbain
de la commune (1 000 logements prévus, par
rapport à un objectif à 10ans d?une augmenta-
tion de 1 800 logements). Le projet Bohrie est
situé en secteur inondable; il a été identifié dans
le SCoT comme site stratégique. Cela a nécessité
d?étudier des solutions alternatives (infiltrations,
etc.) à la gestion classique des eaux pluviales.
De plus, le quartier se structure en îlots d?urbani-
sation pour respecter au mieux les écoulements
naturels. L?objectif du projet sur ce site est de
concilier les enjeux de préservation de l?environ-
nement et de nature en ville avec ceux du déve-
loppement de l?urbanisme. Certains ont pu juger
le projet comme très peu dense, mais la densité
rapportée aux secteurs effectivement construc-
tibles de la zone est réelle et permet de respec-
ter les milieux et de valoriser la nature en ville.
La création de la ZAC et l?élaboration du PLU se
sont réalisées conjointement, avec des réunions
de concertation croisées.
? La traduction de ces objectifs dans le
PLU : règlement écrit et graphique,
orientations d?aménagement (OA)
Les orientations d?aménagement, facultatives dans
les PLU de première génération, issues de la loi SRU
constituent un outil opérationnel très utilisé dans
les PLU analysés. Leur souplesse d?élaboration et
leur portée juridique (les autorisations d?urbanisme
doivent leur être compatibles) peuvent expliquer
en partie leur succès. Elles prennent, dans la plu-
part des cas, la forme de schémas d?aménagement
et précisent les principales caractéristiques des
voies et espaces publics.
Le règlement graphique et écrit, cadre juridique et
obligatoire pour décliner les objectifs du DOG, fixe,
en cohérence avec le PADD, les règles générales et
les servitudes d?utilisation des sols permettant d?at-
teindre les objectifs mentionnés à l?article L.121-1
précité. Dans la totalité des PLU analysés, ces règles
comportent l?interdiction de construire, délimitent
les zones urbaines ou à urbaniser et les zones natu-
relles ou agricoles et forestières à protéger. Même
s?il n?existe aucune relation juridique de compati-
bilité ou de conformité entre le règlement et les
orientations d?aménagement, une cohérence est
assurée avec le PADD, clef de voûte du PLU. Le rap-
port de présentation « cimente » toutes les pièces
du PLU (PADD, OA et règlement) en expliquant les
choix retenus pour établir le PADD, exposant les
motifs de la délimitation des zones, des règles qui
y sont applicables et des orientations d?aménage-
ment.
L?OA et la ZAC, outils opérationnels de mise
en oeuvre du SCoT
> OA, outil de déclinaison de la ZAC dans le PLU
En règle générale et dans l?objectif de maîtrise du
développement urbain, les OA, combinées à un
règlement écrit, sont rattachées à une zone AU
stricte ou souple et peuvent constituer un outil
opérationnel d?intégration de la ZAC (outil d?amé-
nagement encadrant le développement urbain et
répondant aux objectifs de mixité sociale et de di-
versité des fonctions urbaines) dans le PLU. Dans
le cadre de cette « intégration2 » de la ZAC dans le
PLU, l?OA précise la localisation et les caractéris-
tiques des espaces publics, la localisation prévue
pour les principaux ouvrages publics, les installa-
tions d?intérêt général et les espaces verts. Le rè-
glement écrit et graphique du PLU vient compléter
cette OA.
Projet de la ZAC des rives du Bohrie - Synthèse des orientations
d?aménagement - PLU arrêté décembre 2010
Certu ? Décembre 2012 8 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
> OA, outil d?encadrement des extensions urbaines
Hors opérations de ZAC, les OA constituent un outil
souple pour esquisser un parti d?aménagement (au
minimum les accès et les voiries principales y sont
indiqués), voire pour le préciser dans le cadre des
zones dédiées à l?extension de l?urbanisation. Dans
ce cas, ils prennent souvent la forme d?un schéma
d?aménagement d?ensemble à l?échelle d?un quar-
tier ou de plusieurs secteurs de la commune.
? PLU de L?Hermitage (SCoT pays de
Rennes) encadre son développement urbain
par l?extension de la ZAC du Centre aux Mares
Noires. Cet outil d?aménagement, encadré par
une OA, renforce l?attractivité du bourg et valo-
rise le foncier à proximité de la gare.
? PLU Ouveillan (SCoT La Narbonnaise) :
l?ensemble des zones 1AU correspond à une
opération de ZAC multisites réalisée en régie.
Le projet en greffe sur le village comprend une
maison de retraite, un secteur avec un pourcen-
tage de 23 % de logement social, des parcelles
de 200 à 600 m²? L?ensemble des sites de la
ZAC doit permettre d?accueillir 300 nouveaux
habitants dans la commune.
? Le PLU Ercé-près-Liffré : (1 825 habitants,
SCoT Pays de Rennes) couvre l?essentiel de son
urbanisation par une ZAC permettant une maî-
trise publique directe du développement urbain
et intégrant une démarche Addou. L?EPF Bre-
tagne porte le foncier sur une partie de la ZAC.
Un droit de préemption urbain (DPU) renforcé
a été mis en place sur les zones U et AU de la
commune afin d?acquérir le reste des terrains
nécessaires à la réalisation de la ZAC. Cette ZAC
est prévue sur 10 ans en plusieurs tranches avec
la construction de 220logements dont 25 % en
lots libres, 23% en collectifs et 12 % semi-col-
lectifs. Le règlement graphique et écrit du PLU
complète cette OA.
? PLU de Saint-Mars-du-Désert (SCoT
Nantes ? Saint-Nazaire) : toutes les zones 1AU,
correspondant aux zones d?extensions urbaines
en continuité de l?existant, sont encadrées par
des OA. Ces dernières définissent les principes de
liaison par voirie et liaisons douces afin d?assurer
une cohérence avec le reste du bourg.
? PLU d?Obernai (SCoT Piémont des
Vosges) établit des OA définissant le parti d?amé-
nagement pour l?ensemble des zones AU (1 et
2AU). Pour l?écoquartier des Roselières de 20 ha
situé à l?est de la ville (50 % du développement de
la ville à moyen terme) et intégré à l?enveloppe
Schéma d?aménagement de la ZAC multisites
Source : PLU d?Ouveillan
Orientations d?aménagement - ZA Hautenoe
Source : PLU de Saint-Mars-du-Désert
Périmètre de la ZAC
Source : PLU Ércé-près-Liffré
OAP sur la ZAC du Centre aux Mares Noires.
Source : PLU de L?Hermitage
Certu ? Décembre 2012 9 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
? Le PLU de Francin (SCoT Métropole
Savoie) arrêté utilise le levier de l?OA pour
atteindre l?objectif de 20 % de logements locatifs
sociaux dans les programmes de logements.
> OA, outil de mise en oeuvre de la mixité sociale
et de la diversité des fonctions urbaines
En sus d?être un outil opérationnel de déclinaison
de la ZAC et ? combiné au règlement graphique ?
un outil d?encadrement des extensions urbaines,
l?OA permet de spatialiser l?objectif de mixité so-
ciale et de diversité de fonctions urbaines. En effet,
elle ouvre la possibilité d?expliciter les différentes
typologies de logements souhaités (collectifs, in-
dividuels, semi-collectifs) et les pourcentages de
logements sociaux dans les programmes de loge-
ments.
En complément des OA, outil opérationnel permet-
tant non seulement d?encadrer les extensions ur-
baines mais aussi de décliner les objectifs de mixité
et de diversité de fonctions urbaines, le règlement
graphique et écrit constitue une pièce essentielle
et obligatoire du PLU pour définir la densité, phaser
et encadrer l?urbanisation, encourager la mixité so-
ciale et la diversité des fonctions urbaines. Il gère
le droit des sols que les autorisations d?urbanisme
doivent respecter dans une relation de conformité.
Une attention particulière doit être donc accordée à
la rédaction mais aussi à la déclinaison graphique
du règlement.
Le règlement graphique et écrit : cadre ju-
ridique obligatoire de la déclinaison du DOG
> Règlement et densité
En précisant l?affectation des sols selon les usages
principaux qui peuvent en être faits ou la nature
des activités qui peuvent y être exercées, le rè-
glement du PLU permet de décliner l?armature
urbaine opérée dans le SCoT avec dans certains
cas une négociation difficile avec celui-ci sur les
quotas de surfaces d?extensions urbaines attribués
impactant directement la localisation du dévelop-
pement urbain.
En effet, la totalité des PLU interprète ces super-
ficies maximales réparties par secteurs géogra-
phiques, exprimées en nombre de logements par
ha ou nombre d?ha, voire parfois en nombre de m²
de SHON d?activité économique, comme un « droit
à tirer » plus que comme un « potentiel » suscep-
tible de répondre à des besoins identifiés.
urbaine arrêtée par le SCoT, l?orientation d?amé-
nagement détermine un espace de parc en coeur
de quartier en précisant également les principes
des accès et des dessertes internes. Cette OA, inté-
grant les éléments d?un projet mûri et réalisé dans
le cadre d?un lotissement communal, permet aussi
de phaser l?opération.
OA écoquartier des Roselières
Source : PLU d?Obernai
? PLU Obernai (SCoT Piémont des
Vosges) : le PLU se situe quasiment au maxi-
mum de ce que permettent les orientations du
DOG du SCoT Piémont des Vosges en termes
de quotas de surface, les révisions ayant plutôt
ajouté qu?enlevé des zones. La commune acte
qu?il existe des marges de progrès dans la dé-
finition des zones 1AU et 2AU, ce qui nécessite
un travail supplémentaire de définition du projet
communal.
Néanmoins, il est à signaler que l?enveloppe ur-
baine définie par le SCoT a été définie à partir
de l?emprise urbaine constatée sur les photos
aériennes de 2005 et de la négociation réalisée
avec la commune sur l?intégration des projets ac-
tés ou très probables dans cette enveloppe (an-
cienne NA du POS).
Orientation d?aménagement
Source : PLU du Francin
? Le PLU de Châtillon-sur-Chalaronne
(SCoT Dombes) décide d?introduire 50 % d?ha-
bitat collectif dans les secteurs couverts par les
OA.
Certu ? Décembre 2012 10 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
Par ailleurs, la déclinaison de l?armature dévelop-
pée dans le DOG du SCoT s?opère à travers un choix
de zonage. Pour chaque zone ou sous-secteur de la
zone, la commune définit des règles, notamment
d?implantation, de coefficient d?occupation des sols,
d?emprise au sol, de hauteur correspondant à une
volonté plus ou moins souhaitée de densifier sur la
partie du territoire concerné.
S?agissant du choix de zonage pour la localisation
et la densification des extensions, les PLU analy-
sés utilisent les zones AU pour favoriser les opéra-
tions d?ensemble, circonscrire l?urbanisation, voire
la phaser. Les zones U, quant à elles, comportent
des sous-secteurs en fonction du choix de densité
désiré. Pour favoriser la densité à l?intérieur des
zones U, les PLU combinent généralement plusieurs
règles, notamment la suppression ou l?augmenta-
tion du coefficient d?occupation des sols et/ou de
l?emprise au sol, d?augmentation de la hauteur, de
réduction des distances par rapport aux limites sé-
paratives et/ou voies et emprises publiques, voire
entre bâtiments.
? PLU Ostwald (SCOTERS) : dans la zone UA,
la commune a augmenté le coefficient d?occu-
pation des sols de 0.8 à 1, diminué la distance
entre bâtiments de 4m à 2m (quand l?un des
deux bâtiments n?est pas uniquement destiné à
l?habitat).
? PLU Calonne-sur-la-Lys (SCoT de l?Ar-
tois) : définition d?une zone UD, zone urbaine
mixte composant le tissu urbain où il n?existe pas
de COS et la hauteur est fixée à 12 m.
? PLU Semoy (SCoT CA Orléans Val de
Loire) : en plus des deux ZAC existantes : l?une
à vocation économique au sud (les Chatelliers),
intercommunale avec Orléans depuis 1991 et
l?autre à vocation d?habitat en mixité sociale au
centre-bourg (le Prieuré) avec 130 logements,
terminée en 2012, il est identifié deux zones AU
à échelonner sur deux mandats, qui étaient des
zones naturelles anciennement agricoles, sou-
vent en friches.
Ces deux zones s?ouvriront à l?urbanisation dans
le cadre d?opérations d?ensemble encadrées par
deux ZAC : l?une à l?ouest sur 3 ha pour 2013
destinée au petit collectif, petits lots en accession
à la propriété, habitat individuel groupé, l?autre
au centre-bourg pour 2020. La maîtrise foncière
sur ces deux opérations permet de favoriser une
densité choisie (pavillons jumelés, collectifs,
R+2).
? PLU Saint-Nazaire (SCoT Métropole
Nantes ? Saint-Nazaire) : calibrage des
zones AU au plus juste en prenant en compte le
potentiel de densification dans les tissus urba-
nisés. L?essentiel des zones d?extension est en
2AU avec un règlement et une OA qui seront éla-
borés lors de l?ouverture à l?urbanisation. Pour
l?ensemble des zones AU, une densité moyenne
brute est fixée à 40 logements/ ha, 70 en nette.
Pour respecter le principe de limiter le dévelop-
pement des hameaux et des villages imposés
par le SCoT, aucune zone AU n?a été décidée en
extension de hameaux ou écarts. De plus, il a été
mené un véritable travail de dentelle : toutes les
parcelles interstitielles sont classées en zone N
ou A, inconstructibles. Les parcelles construites
sont classées en zone Nh où seules les réno-
vations et les extensions de constructions exis-
tantes sont autorisées.
Les élus ont justifié ce choix par la difficulté
d?une rentabilité de la réalisation de réseaux et
équipements pour une population aussi disper-
sée. L?objectif de produire 1/3 de logements en
renouvellement urbain se traduit par des ob-
jectifs de densité de construction par secteur,
se déclinant eux-mêmes par une adaptation en
conséquence du règlement du PLU. Le PLU dé-
cline des objectifs de densités brutes dans les
zones de centralité, autour de ces zones mais
aussi en franges périurbaines (cf. carte ci-des-
sous) hors espaces littoraux (100 logements/ ha,
80 logements/ha, 60 logements/ha) en combi-
nant la diminution du coefficient d?emprise au
sol avec l?augmentation de la hauteur maximale
autorisée.
La production de logements en renouvellement
urbain se fait également par de vastes projets
de requalification urbaine portés par la collec-
tivité. Actuellement, 95 % de la construction
neuve à vocation résidentielle se font en tissu
urbain. Dans le calibrage des zones AU, le PLU
de Saint-Nazaire applique une marge de 50 %
pour inclure la problématique de rétention fon-
cière. En tenant compte des 6 500 logements à
construire en extension urbaine d?ici 2020, avec
une densité moyenne brute de 40 logements/
ha, il faut 160 ha en AU. Mais en appliquant cette
marge de 50 % pour faire face aux aléas fonciers,
la zone AU est calibrée à 238 ha.
Carte des densités brutes
Source : PLU de Saint-Nazaire
Certu ? Décembre 2012 11 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
? PLU Ostwald (SCOTERS) instauration sur
son territoire des périmètres de projet (L.123-
2 a) qui permettent le gel de la constructibilité
des terrains jugés stratégiques pour la commune
pendant cinq ans. Dès lors toute conception et
réalisation d?un projet conduiront à ouvrir une
négociation entre le porteur du projet et la com-
mune.
? PLU Saint-Nazaire (SCoT Métropole
Nantes ? Saint-Nazaire) identification d?une
zone UA1 correspondant à une zone de projet
s?appuyant sur l?utilisation en partie des projets
urbains (ville port, ville ouest, pôle gare) pour
densifier tout en disposant d?une souplesse ré-
glementaire (gabarit libre car déterminé par un
? PLU Saint-Nazaire (SCoT Métropole
Nantes ? Saint-Nazaire) instauration des
périmètres de mixité sociale en zone U, à l?ex-
ception des quartiers pourvus en logements
sociaux et en particulier sur les secteurs les plus
attractifs où une envolée des prix du foncier est
observée. Le périmètre 1 (cf. carte ci-dessous)
Comme l?illustrent les exemples ci-dessus, le règle-
ment offre une multitude de possibilités, notam-
ment pour atteindre les objectifs de densité assignés
par le SCoT. Néanmoins, le règlement ne pouvant
fixer qu?un maximum en termes de coefficient d?oc-
cupation des sols, d?emprise au sol, de hauteur, le
droit à la densification n?est pas totalement utilisé.
Pour favoriser la densité, les communes maître
d?ouvrage des PLU expriment la nécessité de mettre
en cohérence la totalité des règles du PLU et d?ex-
plorer les modalités de mise en oeuvre dudit PLU
(renforcement de l?accompagnement des porteurs
de projets en phase de pré-instruction des permis).
Dans l?objectif d?introduire de la réflexion et de la
cohérence dans un projet d?aménagement, cer-
taines pistes pour développer un urbanisme de
projet sont explorées par quelques PLU qui instau-
rent un périmètre de projet d?aménagement global
et partagé ou des zones de projet.
> Règlement et objectifs de mixité sociale et de
diversité des fonctions urbaines
Parmi les PLU étudiés, il a été observé l?utilisation
de trois types d?outils : les périmètres de mixité
sociale, les servitudes de mixité sociale, les péri-
mètres de projet d?aménagement global.
Les deux premiers poursuivent l?objectif d?offrir
une offre diversifiée de logements répondant à la
satisfaction, sans discrimination, des besoins pré-
sents et futurs en matière d?habitat, d?activités
économiques?
Sous réserve de justifications particulières, le troi-
sième outil permet à la commune de mener une
réflexion sur le futur projet d?aménagement tout
en interdisant toutes constructions ou installations
d?une superficie supérieure à un seuil défini par le
règlement. Cette interdiction est édictée pour une
durée au plus de cinq ans dans l?attente de l?ap-
probation par la commune d?un projet d?aménage-
ment global.
? PLU de Divion (SCoT de l?Artois) : la
règle de 2/3 de logements en zone urbaine ins-
taurée par le SCoT de l?Artois a été appliquée
selon les modalités suivantes : environ 20 ha
en zone U et 1AU, 6 ha en zone 2AU d?exten-
sion urbaine avec ouverture différée soumise à
modification ou révision du PLU. La zone Uca cor-
respond au coeur de la ville où une densité forte
y est autorisée avec une implantation sur limite
séparative obligatoire, à l?alignement possible
voire obligatoire lorsque le projet est situé en
dent creuse, une absence de coefficient d?occu-
pation des sols.
Carte des principes de développement en zone urbaine
Source : PLU de Divion
projet d?ensemble, implantation article 6 libre,
COS et CES non réglementés). Cette souplesse
est en grande partie déterminée par les études
opérationnelles.
Localisation des zones de projet
Source : PLU de Saint-Nazaire
Certu ? Décembre 2012 12 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
Que le DOG soit prescriptif ou non, l?élaboration
du PLU constitue un temps de négociation avec
l?établissement public de coopération intercommu-
nale porteur du SCoT. Cette négociation (en lien avec
la mise en compatibilité avec le SCoT) porte notam-
ment sur la difficulté de décliner certains objectifs
assignés par le SCoT en matière d?enveloppeur-
baine, de localisation de zones d?activités et/ou de
l?habitat, plus rarement concernant ceux portant sur
la diversité de l?habitat ou de mixité sociale.
L?examen de la vingtaine de PLU constituant la
base de l?étude confirme que le diagnostic et le
PADD du SCoT constituent un cadre de réflexion et
d?aide à l?élaboration du diagnostic et du PADD du
PLU. Compte tenu de la transition vers une échelle
communale, ces documents peuvent toutefois être
complétés, affinés et parfois amendés. Les OA
facultatives dans les PLU issus de la loi SRU et le
règlement sont deux outils permettant une mise
en oeuvre plus opérationnelle du SCoT ; le premier
s?opposant en termes de compatibilité aux autori-
sations d?urbanisme, le second dans une relation
de conformité. Les OA combinées au règlement
écrit et graphique ont été très largement utilisées
dans les zones AU des PLU étudiés dans le cadre
notamment des ZAC. Ces OA territorialisent les ex-
tensions urbaines, notamment en esquissant un
parti d?aménagement (au minimum les accès et les
voiries principales). Elles déclinent les densités par
secteur, les différentes typologies de logements
souhaités (collectifs, individuels, semi-collectifs),
voire les pourcentages de logements sociaux dans
les programmes de logements.
impose la réalisation d?au moins 20 % de loge-
ments sociaux (prêt locatif à usage social, Plus ;
prêt locatif aidé d?intégration, PLAI) pour toute
opération supérieure à 3750m² de SHON (soit
50 logements).
Le périmètre 2, le long du littoral, couvre un
secteur dépourvu en logements sociaux du fait
du coût du foncier. Au minimum 30 % de lo-
gements sociaux devront être réalisés pour les
opérations de plus de 1 000 m² de SHON (soit
environ 15logements). Le secteur 2 est couvert
par une autre servitude d?urbanisme : secteur
pour la taille des logements. Il y aura au moins
15 % de T4/T5 pour les opérations de plus de 1
000 m² de SHON.
Selon la commune, la mise en place de ces
servitudes n?a pas fait fuir les promoteurs, ces
secteurs restent toujours attractifs. La mixité
fonctionnelle est obtenue en autorisant tout
type d?occupation liée aux fonctions urbaines,
dont le commerce (UA1, UA2, UA3), et en réa-
lisant une ZAC de requalification et d?extension
pour les activités industrielles (ZA de Brais).
? PLU Ercé-près-Liffré (SCoT pays de
Rennes) instauration d?une servitude de mixité
sociale sur une dent creuse en tissu urbain afin
de réaliser 50 % de logements locatifs sociaux
dont certains spécifiques pour personnes âgées.
Suite à l?abrogation de l?article L. 123-2 b rela-
tive à la servitude de mixité sociale, ils furent
replacés, lors d?une modification du PLU, par les
nouveaux périmètres de mixité sociale issus du
nouvel article L.123-1 16°, la principale évo-
lution étant qu?un périmètre de mixité sociale
n?entraine pas de droit de délaissement pour le
propriétaire concerné.
X Conclusion
Périmètres de mixité sociale
Source : PLU de Saint-Nazaire
Représentation graphique du nouveau secteur
de mixité sociale également étendue pour
l?ajuster au périmètre d?une ZAC
Source : PLU Ércé-près-Liffré
Représentation graphique de l?ancienne
servitude de mixité sociale
Source : PLU Ércé-près-Liffré
Certu ? Décembre 2012 13 La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
Jusqu?à la loi du 12 juillet 2010 portant engagement
national pour l?environnement dite « Grenelle2 »,
ni les SCoT ni les PLU ne disposaient de moyens
d?imposer des densités exprimées souvent à titre
indicatif en nombre de logements par hectare ou
en nombre d?hectares. Le PLU de première géné-
ration (SRU) encadrait les possibilités de construire
en fixant notamment des coefficients d?occupation
des sols, d?emprise au sol plus ou moins élevés. Or,
outre l?acceptabilité sociale et politique, la logique
de densifier ou non relève pour les opérateurs
de la rentabilité financière ou non de l?opération.
En clair, le choix de densifier ou non relève plus
d?une logique de marché que du désir d?atteindre
les objectifs du PLU. Par ailleurs, le SCoT issu de
la loi SRU disposait de peu d?outils pour imposer
telle ou telle densité au PLU, dans une relation de
compatibilité.
Par la loi « Grenelle 2 », le SCoT, en application de
l?article L.122-1-5 du Code de l?urbanisme, peut in-
troduire des mesures relatives à la densité, comme
par exemple :
? imposer préalablement à toute ouverture d?un sec-
teur nouveau l?utilisation de terrains situés en zone
urbanisée et desservie par les équipements men-
tionnés à l?article L.111-4 du Code de l?urbanisme,
la réalisation d?une étude d?impact et la réalisa-
tion d?une étude de densification des zones déjà
urbanisées ;
? définir, sous réserve d?une justification particulière,
des secteurs, situés à proximité des transports col-
lectifs existants ou programmés, dans lesquels
les PLU doivent imposer une densité minimale de
construction.
La possibilité offerte par la loi de rendre plus pres-
criptif le SCoT peut être une piste mise à disposi-
tion de l?établissement public porteur du SCoT pour
s?assurer des conditions de mise en oeuvre de leurs
orientations. Mais plus que cette possibilité d?aug-
menter le caractère prescriptif du SCoT, c?est l?im-
plication politique dans l?animation de la mise en
oeuvre du SCoT et du PLU qui facilitera la transition
d?un urbanisme réglementaire vers un urbanisme
de projet.
Etd
le centre de ressources
du développement
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Certu
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les transports,
l?urbanisme, et
les constructions pu-
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© Certu-2012
La reproduction totale
ou partielle du document
doit être soumise à l?accord
préalable du Certu
Auteurs: Chahoul Gaffar, Marc Morain (Certu)
Ont contribué : Christopher De Laburthe, Isabelle Robinot-Bertrand (Etd)
Isabelle Rougieux, Jean-Philippe Strebler (Féd. nat. des SCoT)
Silvina Rodrigues-Garcia (Fnau)
Sidonie Kohler (Cete Est)
Florence Bordère, Bertrand Depigny (Cete Lyon)
Audrey Fisse-Gatignol, Florian Fournier (Cete Nord Picardie)
Margaux Fondriest, Myriam Palud (Cete Normandie Centre)
Laurent Heitz (Cete Ouest)
Contacts: Certu : urb.certu@equipement.gouv.fr
Etd : etd@etd.asso.fr
Éd i t ions du Ce r tu
Collection D o s s i e r s
Les auteurs de cette étude remercient chaleureusement pour les informations transmises, tout par-
ticulièrement les maîtres d?ouvrage de SCoT, de PLU, ainsi que les services des collectivités locales et
des services déconcentrés de l?État des territoires étudiés. Ils remercient également vivement celles
et ceux qui ont accepté de relire ces notes et qui, par la qualité, la pertinence de leurs observations et
remarques ont contribué à leur amélioration.
Source photos 1re page : © Agence d?urbanisme de l?agglomération lyonnaise
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- Un vrai défi (synthèse) ;
- les indicateurs de suivi ;
- la préservation des espaces naturels et agricoles ;
- la localisation du développement urbain ;
- la densité et la desserte des transports collectifs.
La localisation du développement urbain déclinée dans le PLU
Du diagnostic au PADD : le SCoT, un cap et un cadre de réflexion précieux pour le PLU
Le diagnostic
Le PADD
Du DOG au règlement et aux orientations d?aménagement du PLU : le PLU, un outil de mise en oeuvre du SCoT
Les objectifs récurrents du DOG en matière de développement urbain
La maîtrise du développement urbain
La diversité des fonctions urbaines
Typologie de l?habitat et mixité sociale
La traduction de ces objectifs dans le PLU : règlement écrit et graphique, orientations d?aménagement (OA)
L?OA et la ZAC, outils opérationnels de mise en oeuvre du SCoT
Le règlement graphique et écrit : cadre juridique obligatoire de la déclinaison du DOG
Conclusion
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