Mise (La) en oeuvre d'un SCoT : Indicateurs de suivi
MORAIN, Marc
Auteur moral
Entreprises, territoires et développement (France)
;Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (France)
;Fédération nationale des agences d'urbanisme (France)
;Fédération Nationale des SCoT
Auteur secondaire
Résumé
"Conformément à l'article L.122-14 du Code de l'urbanisme, modifié par la loi Engagement national pour l'environnement (ENE) de juillet 2010, les maîtres d'ouvrage des SCoT doivent «procéder à une analyse des résultats de l'application du SCoT», au plus tard à l'expiration d'un délai de six ans à compter de la délibération portant approbation du schéma, et « délibérer sur son maintien en vigueur ou sur sa révision partielle ou complète »
Editeur
CERTU
Descripteur Urbamet
schéma de cohérence territoriale
;gouvernance
;indicateur
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement urbain
Texte intégral
La mise en oeuvre d?un SCoT
MINISTÈRE
DE L?ÉCOLOGIE,
DU DÉVELOPPEMENT
DURABLE
ET DE L?ÉNERGIE
MINISTÈRE
DE L?ÉGALITÉ
DES TERRITOIRES
ET DU LOGEMENT
Sous la direction de
Certu - Etd - Fédération nationale des SCoT - Fnau
Cette publication a été
réalisée avec le soutien
de la direction générale
de l?Aménagement,
du Logement et de
la Nature (DGALN)
direction générale
de l?Aménagement,
du Logement
et de la Nature
CertuCertu
Indicateurs de suivi
direction générale
de l?Aménagement,
du Logement
et de la Nature
1. Selon le décret du 29 février 2012, relatif aux documents d?urbanisme, le rapport de présentation du SCoT « précise » désormais
« les indicateurs qui devront être élaborés pour l?évaluation des résultats de l?application du schéma prévue à l?article L.122-14,
notamment en ce qui concerne l?environnement? »
2. « Document d?orientations générales » pour les SCoT approuvés avant la loi ENE du 12 juillet 2010.
Conformément à l?article L.122-14 du Code de l?urbanisme, modifié par la loi Engagement
national pour l?environnement (ENE) de juillet 2010, les maîtres d?ouvrage des SCoT doivent
«procéder à une analyse des résultats de l?application du SCoT», au plus tard à l?expiration
d?un délai de six ans à compter de la délibération portant approbation du schéma, et «délibérer
sur son maintien en vigueur ou sur sa révision partielle ou complète 1 »? Les thèmes de ce
bilan sont précisés : environnement, transports et déplacements, maîtrise de la consommation
d?espace et implantation commerciale. Et « cette analyse est communiquée au public et à
l?autorité administrative compétente en matière d?environnement? ».
La présente note est axée sur le suivi de la mise en oeuvre des orientations générales issues des
DOG 2 des SCoT étudiés, suivi qui nécessite d?identifier des indicateurs significatifs, de les organiser,
pour, en cohérence avec les enjeux et les incidences évaluées au préalable, vérifier la pertinence
des orientations générales du schéma mises à l?épreuve du terrain, et mettre en évidence, en
fonction des effets constatés sur le territoire, les évolutions à donner à ces orientations.
Certu ? Juin 2012 2 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
XX LesXquestionsXposéesXenXamontXdeXlaX
définitionXdesXindicateurs
? Une analyse des évolutions du
territoire en continu et au moins sur
un pas de trois ans?
La plupart des sites étudiés ont conçu (ou sont
en train de concevoir?) leurs indicateurs de suivi
après l?approbation du SCoT (soit 2 à 3 ans après
la date d?approbation). Pour la quasi-totalité des
sites étudiés, il s?agit bien de mesurer les impacts
des orientations générales et des prescriptions
du schéma de cohérence en analysant les
évolutions du territoire concerné, et de vérifier la
cohérence entre les enjeux énoncés dans le projet
d?aménagement et de développement durable
(PADD) et les orientations déclinées dans le DOG
du SCoT et ces évolutions. L?objectif est de disposer
d?éléments d?aide à la décision d?une éventuelle
modification ou révision et d?agir sur les politiques
mises en oeuvre.
Les opérations qui résultent de l?application du
SCoT s?inscrivent généralement dans la durée, de-
puis l?émergence des projets jusqu?à leur réalisa-
tion effective : développement et renouvellement
urbains (logements, activités?), restauration de
trames vertes? Malgré tout, le suivi « en continu »
de la mise en oeuvre des orientations et des pres-
criptions du SCoT et des évolutions induites par
celles-ci est considéré nécessaire pour la constitu-
tion d?éléments d?évaluation de l?efficacité du SCoT
susceptibles d?en « ré-interroger » les contenus au
moins au bout de 3 ans (délai de mise en compati-
bilité des plans locaux d?urbanisme).
Il apparaît toutefois que tous les SCoT ne mettent
pas en place un suivi de l?application du « projet
de territoire » du schéma de cohérence en vue
d?éventuelles actions correctives « dès que pos-
sible » (d?année en année)? Plusieurs des SCoT
étudiés (cf. notamment Bourg Bresse Revermont ;
Dombes?) attendent en effet, pour s?intéresser
à un suivi-évaluation effectif, la phase de bilan
obligatoire prévue par le Code de l?urbanisme en
termes d?analyse des résultats de son application
au plus tard à l?expiration d?un délai ramené de
10ans à 6 ans par la loi ENE de juillet 2010 3.
? Une observation territoriale distincte
de l?évaluation environnementale? ?
Des distinctions apparaissent dans plusieurs SCoT
entre :
? le suivi-évaluation de l?efficacité du SCoT, au
sens de l?« analyse des résultats d?application »
obligatoire précitée, à l?horizon de 6 ans ;
? l?observation territoriale en continu, qui pour
une part peut servir « au quotidien » dans le dia-
logue, en particulier sur la compatibilité des do-
cuments locaux d?urbanisme, et qui a pour objet
d?apprécier de façon plus globale les évolutions
du territoire/bassin de vie ;
? le suivi d?indicateurs rattachés à l?évaluation
environnementale du SCoT 4, qui ont pour ob-
jectif de surveiller les pressions induites par les
orientations du SCoT sur les données environne-
mentales? Les implications de la mise en oeuvre
du schéma, en termes d?incidences notables fa-
vorables ou défavorables du projet sur l?environ-
nement (protection et valorisation du patrimoine
et des ressources ; vulnérabilité des biens et des
personnes?), nécessitent des « zooms » (et des
indicateurs) spécifiques en lien avec cette « éva-
luation environnementale ».
Il est à noter que les SCoT étudiés semblent plus
enclins à surveiller des enjeux « nouveaux » tels
que ceux de la consommation d?espaces ou d?ob-
jectifs de densité, que des enjeux de protection
souvent déjà en place? Par ailleurs, l?observation
ne se circonscrit pas au suivi d?indicateurs aussi
«fins » soient-ils, mais se complète le plus souvent
d?études ciblées complémentaires à l?échelle du
SCoT ou métropolitaine?
? D?une liste ambitieuse d?indicateurs à
une priorisation sur des questions clés?
Les SCoT retiennent souvent dans un premier
temps une liste ambitieuse d?indicateurs de suivi
issue de la phase d?élaboration et liée à un nombre
important d?orientations du DOG (cf. notamment
Artois ; Rennes ; Dombes ; Lens-Liévin et Hénin-
Carvin?), qu?ils hiérarchisent dans un second temps,
dans le cadre d?une focalisation (stratégique) sur
des questions clés.
3. Article L.122-14 du Code de l?urbanisme précité modifié. Rappel pour mémoire : Les SCoT et PLU approuvés avant le 12 janvier 2011
auront jusqu?au 1er janvier 2016 pour intégrer les dispositions du Grenelle 2. Les documents d?urbanisme en cours d?élaboration ou
de révision approuvés avant le 1er juillet 2013, dont le projet de schéma ou de plan aura été arrêté avant le 1er juillet 2012, pourront
opter pour l?application des dispositions antérieures. Ils auront ensuite jusqu?au 1er janvier 2016 pour intégrer les dispositions du
Grenelle 2.
4. Directive européenne n° 2001.42 du 27 juin 2001 ; article L 121.10 (à L121-15) du Code de l?urbanisme.
Certu ? Juin 2012 3 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
? Exemple du SCoT du Pays de Rennes
Un tableau de bord de suivi du SCoT a été défini dans une première étape à partir du recensement
des orientations du DOG (75 orientations), et décliné en prescriptions, donnant lieu à une centaine
d?indicateurs?
Ce tableau de bord est un « outil de pilotage » qui sera utile pour mettre en place si nécessaire des
actions correctives, voire pour une aide à la révision du SCoT : c?est ce qui a conduit les élus à souhaiter
une sélection d?une vingtaine d?indicateurs, priorisés à partir des enjeux principaux du SCoT, donnant
lieu à « une information simple et représentative » et à « des commentaires concis sur les actions
achevées, en cours ou à venir? ».
La réflexion rennaise a identifié par ailleurs « des thématiques non retenues (pour l?observation) car
le SCoT a peu d?influence directe sur elles », dans un objectif de concision, dont la préservation des
ressources autres que sol/espace (eau, énergie?).
? Exemple du SCoT de l?Artois
52 indicateurs appuyés sur quatre observatoires:
? observatoire des déplacements, dont la connaissance de la mobilité des habitants du SCoT ; les
réseaux, l?usage des transports collectifs et l?intermodalité ; le développement des cheminements
pour modes doux à l?échelle du ScoT ; les interactions entre systèmes de transport et développe-
ment urbain ;
? observatoire des évolutions sociales et urbaines, dont les évolutions sociodémographiques ; les
marchés fonciers et immobiliers ; la structuration urbaine ;
? observatoire de l?environnement (9 thèmes : air, eau, bruit?) ;
? observatoire du développement économique et commercial, dont l?évolution des zones d?activités;
l?offre immobilière d?entreprises ; l?offre foncière ; l?évolution de l?offre commerciale des plus de
300 m².
? Exemple du SCOTERS 5
Référentiel du SCoT : une cinquantaine d?indicateurs? envisagée dès 2006 pour le suivi du SCoT, or-
ganisée autour des grandes orientations du SCOTERS, à savoir :
? assurer une gestion économe de l?espace, dont : part de la consommation en renouvellement ;
nombre d?ha/an par type de communes ; part dédiée aux activités? ;
? développer la métropole strasbourgeoise, dont : quantité/localisation de construction ; temps d?ac-
cès à la métropole (TC, voiture) ; évolutions emplois/chômeurs?
? structurer l?espace métropolitain et adapter le niveau de services aux besoins locaux, dont : forme
et nature de logements ; évolution de population par type de communes ; évolution de l?emploi par
type de communes, desserte et rabattement par type de communes?
? développer un habitat diversifié correspondant aux besoins de la population, dont : nombre de
logements aidés ; répartition/objectifs ; diversité du parc de logements? ;
? mailler le réseau et favoriser l?intermodalité, dont : maillage TC?
? ? en lien avec un temps
d?appropriation nécessaire par
techniciens et élus?
Face à une démarche de définition et de suivi
d?indicateurs qui semble « techniciste » (car les
concepts d?indicateurs, et les recueil et traitement
des données sont de fait assez compliqués), un tra-
vail de maturation/appropriation de l?ordre d?une
année avec les élus est nécessaire pour partager
les finalités (stratégie), les priorités (questions clés)
et les définitions (lisibilité) d?indicateurs?
Des questions de méthodes sont d?emblée couram-
ment posées (cf. chapitre suivant), comme la défi-
nition d?un état de référence (ou état zéro) ou d?un
référentiel (d?indicateurs), basé en partie sur les
données de la phase d?élaboration du SCoT, articulé
aux orientations générales du schéma et souvent
initié à la date d?approbation du SCoT.
5. Schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg.
Certu ? Juin 2012 4 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
? Des définitions d?indicateurs à partir
des orientations générales du SCoT?
Les indicateurs mobilisés (et traités) sont présentés
le plus souvent à partir du cadre des « orientations
générales » du DOG, et de « tendances » que l?on
veut suivre? ; de fait, ces orientations privilégient
assez couramment des « entrées » sur le dévelop-
pement urbain et la cohérence urbanisme/déplace-
ments, à travers :
? l?habitat : nombre (et nature) de logements
construits, densité, en lien avec la localisation du
développement urbain ;
? l?occupation des sols : état zéro et consomma-
tion des sols (habitat, activités?), en lien avec
la protection d?espaces agricoles et naturels.
L?inventaire des surfaces « à urbaniser » inscrites
dans les documents d?urbanisme locaux, et assez
souvent d?objectifs de surfaces maximales al-
louées à l?horizon du SCoT en distinguant «dents
creuses» et extension urbaine, ou la définition
d?une enveloppe urbaine?, est en général fait
par commune dans le cadre de l?élaboration du
SCoT (en particulier pour l?habitat ; avec défini-
tion parfois d?un état zéro de la tache urbaine, y
compris d?échelle infra SCoT : PLH, PDU?) ;
? le développement économique : dont l?inven-
taire des zones d?activités et des ha créés?
(à l?exemple de : Métropole Savoie ; Piémont
des Vosges?) ;
? les déplacements ;
? les enjeux environnementaux : zones
inconstructibles et corridors écologiques (en
particulier : Artois?) ; protection des espaces
agricoles et naturels (à l?exemple de Nantes ?
Saint-Nazaire).
Les données exploitées semblent être d?abord
celles qui concernent les indicateurs dits « trans-
versaux» liés aux objectifs du SCoT en matière de
développement résidentiel, de développement
économique et social, de transports? avant les
indicateurs «environnementaux» susceptibles de
traduire comment les «pressions» que le dévelop-
pement exerce sur le territoire contribuent à l?évo-
lution de l?état de l?environnement.
? Des constantes dans la définition de
méthodes?
Les maîtres d?ouvrage SCoT s?interrogent sur les
éléments de méthode suivants :
? les temps 0 et les pas de temps peuvent être dif-
férents selon les indicateurs (par exemple : dia-
gnostic sur 10 ans de la consommation foncière) ;
? un même indicateur peut permettre de suivre
plusieurs enjeux et/ou orientations (exemple
de la consommation foncière) ; inversement, une
analyse d?évolutions du territoire sur certaines
orientations peut nécessiter le regroupement et
le croisement de plusieurs indicateurs (exemples
de Piémont des Vosges, Métropole Savoie? qui
associent, à chaque indicateur, une ou plusieurs
orientations du DOG) ;
? les analyses sont à conduire à différentes
échelles (par commune, par secteur, SCoT, inter-
SCoT ou aire métropolitaine).
Les SCoT partagent aussi la nécessité d?établir
des méthodes « fiables et pérennes » pour la
définition et l?exploitation pertinentes de cer-
tains indicateurs (par exemple : la mesure de la
consommation d?espaces ? diverses sources et
méthodes possibles ?, les notions de densité, l?ap-
préciation de la part d?habitat en renouvellement
urbain ou en extension?). Un travail de concision
est nécessaire: d?une part, sur le choix des indica-
teurs, d?autre part, sur leur définition (état zéro/
date ou période de référence ; données/sources ;
évolutions mesurées ; périodicité?) au regard des
difficultés de recueil et de traitement (faisabilité
technique ; disponibilité des sources de données).
Sont évoqués la notion d?opérationnalité des indica-
teurs, fondés sur des liens vérifiables entre causes,
et les effets de la mise en oeuvre du schéma.
Certains SCoT distinguent des notions plus complexes
d?indicateurs de contexte et d?indicateurs de résul-
tats (Rennes), ou d?indicateurs clés et indicateurs de
détail (Lens-Liévin et Hénin-Carvin). La notion d?in-
dicateurs qualitatifs (souvent sur la qualité paysa-
gère ? voir ci-après?) confirme le souhait de ne pas
réduire le suivi aux seules mesures «quantitatives »
(à l?exemple de : Rennes, Orléans?).
? Plusieurs singularités d?observation
sur les SCoT étudiés à signaler?
XX LesXméthodologiesXdéveloppéesXpourX
construireXlaXgrilleXd?indicateurs
? SCoT d?Orléans : des observations sont ciblées
sur 10 sites à enjeux identifiés (sur l?adaptation
des PLU aux orientations du SCoT?). Est égale-
ment à citer la création d?un observatoire photo-
graphique des paysages, à l?échelle de la CAO 6?
? SCoT du Pays de Rennes : il introduit la notion
d?indicateurs qualitatifs, en particulier des ob-
servations (photographiques) des paysages le
long des routes et sur la « ville de proximité »
(dont fréquentation des équipements et com-
merces de proximité?).
6. Communauté d?agglomération d?Orléans.
Certu ? Juin 2012 5 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
7. Quatre tranches égales pour les urbanisations communales > 10 ha. L?ouverture des tranches ultérieures est conditionné à
l?avancement des tranches précédentes et à la réalisation de la part de croissance dans tous les niveaux de l?armature territoriale,
créant ainsi un « effet cliquet » permettant le confortement effectif de l?armature?
8. Selon article L123-12-1 du Code de l?urbanisme.
9. En lien avec leur « programme d?activités partenariales » (mobilisant différents acteurs locaux dont l?État).
? SCoT Bourg-Bresse-Revermont : il met en place
une observation territoriale de la construction
dans les différentes strates de l?armature
urbaine, afin de débloquer les tranches
d?urbanisation ultérieure (« effet cliquet ») 7.
? SCOT Piémont des Vosges : l?usage d?un SIG
(géolocalisation à la parcelle ; cartographie)
permet une observation de l?habitat,
sur la base du suivi des PC et des permis
d?aménager?; une observation des TVB et
des ZA de moins de 3 ha? Ces observations
alimentent d?une part l?analyse de
compatibilité des documents d?urbanisme,
et d?autre part les bilans triennaux des
PLU 8. Enfin, elles donnent lieu à une
«consolidation» annuelle?
? le SCoT Métropole Nantes ? Saint-Nazaire pré-
voit, dans le cadre de la démarche Écocités,
unbilan des émissions de GES à l?échelle du
SCoT [l?estimation des GES étant un des indica-
teurs de suivi du SCoT, sous maîtrise d?oeuvre
de l?Association agréée de surveillance de la
qualité de l?air ; le SM SCoT portant avec le
Grand Lyon et Strasbourg une démarche de
labellisation de cette méthodologie de me-
sure des émissions de gaz à effet de serre
qui se base sur les standards de mesure onu-
siens «measurment, reporting, verification»
(MRV)].
? le SEPAL (SCoT de l?agglomération lyonnaise)
envisage une approche qualitative confiée
au Conseil de développement du Grand Lyon,
en termes de « ressenti » des évolutions, des
formes urbaines, de l?agriculture de proximité,
des déplacements?
? Régie ou appui sur les agences
d?urbanisme
Le choix est fait de réaliser le suivi en régie plutôt
que par un prestataire en lien avec l?affirmation
du rôle de proximité du SM SCoT auprès des élus
communaux (cf. en particulier Métropole Savoie,
Piémont des Vosges?), sauf quand les agences
d?urbanisme sont présentes (Artois, Orléans/Val de
Loire, Pays de Rennes, Audomarois, Nantes ? Saint-
Nazaire, Strasbourg) avec leur socle d?observations
qui pour la plupart préexiste au suivi propre au SCoT?
Dans ce cas, les agences d?urbanisme assurent la
maîtrise d?oeuvre du suivi et constituent une aide
précieuse en termes de moyens «partenariaux» 9
mobilisables. Elles facilitent la mutualisation de
données entre communes et entre EPCI dans la
phase de mise en oeuvre du SCoT.
? Des moyens dédiés insuffisants
Les équipes sont en majorité considérées comme
insuffisantes par les acteurs interrogés pour
assurer le recueil et l?analyse des données de
suivi-évaluation.
Les moyens dédiés à l?observation au quotidien,
pour le suivi au niveau communal de la prise en
compte des orientations du SCoT dans les docu-
ments locaux d?urbanisme et avec les perspectives
d?évaluation, peuvent sembler peu développés au
regard des enjeux du suivi de la mise en oeuvre
(pour la mise en compatibilité des PLU, comme
pour le suivi-évaluation des orientations?), en
particulier pour les équipes « en régie ». Ils sont
(bien) plus développés dès lors qu?une agence
d?urbanisme est impliquée. On note le recrutement
de cartographe(s) dans l?un des EP de SCoT sur les-
quels porte l?enquête (SCoT Piémont des Vosges).
XX LaXmiseXenXplaceXetXlesXmodalitésXdeX
gestionXdesXindicateursXdeXsuivi
? SCoT Artois : le travail d?observation est as-
suré par l?agence d?urbanisme ; sont évo-
qués jusqu?à 4 chargés d?études impliqués
et le directeur adjoint (pour une part de leur
temps)?
? SCoT du Pays de Rennes : l?AUDIAR (agence
d?urbanisme) est mobilisée sur le tableau
de bord de suivi précité utilisant des don-
nées des observatoires « partenariaux »
existants (habitat, agriculture, déplace-
ments, baromètre Rennes-Métropole?) à
hauteur d?environ 80 à 100 jours d?AUDIAR/
an? ;
? SCoT Nantes ? Saint-Nazaire : l?AURAN
(agence d?urbanisme) est chargée de
mettre en place les indicateurs de suivi?
Certu ? Juin 2012 6 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
Métropole Savoie est un cas de figure particulier
où, sans agence, l?équipe mise à disposition de
l?accompagnement des communes dans la mise
en oeuvre des orientations du SCoT est importante,
en lien avec le CDDRA 10 sur le même périmètre
d?agglomération?
Peu de SCoT semblent avoir engagé eux-mêmes
des acquisitions de données? À signaler toutefois,
l?EP du SCoT Lens-Liévin et Hénin-Carvin qui a acquis
des données sur l?habitat et le foncier (Perval, Si-
tadel), pour les exploiter en régie. Sur le thème de
l?urbanisme commercial, un suivi des commerces
de plus de 300 m2 y est réalisé via un travail par-
tenarial de collecte de données et de recensement
d?établissements, avec les SCoTs et les CCI de l?in-
terscot. L?EP du SCoT de l?Artois procède aussi à une
analyse commerciale à partir des bases de données
de l?agence d?urbanisme de Béthune.
L?accessibilité et la gratuité des données sont, de
fait, des critères de «choix» d?indicateurs?
Il convient de noter la sollicitation potentielle (et
pas toujours aboutie) de données existantes auprès
d?autres partenaires : à l?exemple des données de
syndicats des transports/PDU ou de DDT/données
liées aux permis de construire? Le SCoT Piémont des
Vosges, par exemple, a mis en place des conventions
de partenariat pour le recueil d?indicateurs fiables
(accords avec le service instructeur des autorisations
d?urbanisme, avec la chambre d?agriculture et la
FNSEA pour les données sur les activités agricoles et
avec le pays?). Métropole Savoie a mis en place un
partenariat pour mutualiser les données et partager
les analyses sur les dynamiques territoriales (avec
DDT, région, département?).
? Le développement des démarches
inter-SCoT en matière d?indicateurs de
suivi?
L?intérêt de telles démarches est la mutualisation
des moyens et d?indicateurs à différentes échelles,
et le partage d?un « vocabulaire commun »
d?observation.
Les implications des inter-SCoT sont variables tant
en niveaux de détail que d?échelles territoriales
mais se développent?
À signaler, la démarche d?échelle départementale
de l?Ain, qui a mis en place un observatoire
des dynamiques territoriales sur les cinq SCoT
du département (dont SCoT de Bourg Bresse
Revermont et SCoT des Dombes) avec un tronc
commun d?indicateurs, une plate-forme internet,
un appui technique prévu dans le cadre d?un
partenariat entre conseil général, SCoT, Safer,
chambres consulaires, CDDRA, DDT Ain?
? l?inter-SCoT de l?agglomération lyon-
naise, avec l?agence d?urbanisme de l?ag-
glomération lyonnaise, propose des com-
paraisons thématiques à l?échelle des
périmètres de SCoT 11;
? l?inter-SCoT Vosges avec l?Adeus (agence
d?urbanisme) a défini des indicateurs com-
muns aux SCoT? ;
? l?inter-SCoT « Terres du Nord » a réalisé une
exploitation collective de données notam-
ment sur l?occupation du sol, les commerces
de plus de 300 m2, et une mise en oeuvre
d?indicateurs communs?
? Quelques commissions spécifiques de
suivi de la mise en oeuvre
Quelques SCoT ont établi des commissions spécifiques
de suivi (de la mise en oeuvre) du SCoT, dont SCoT
Pays de Rennes : une commission «Aménagement
et suivi du SCoT» ; SCoT d?Orléans, une commission
«Territoire et développement durable» ; SCoT Artois:
une commission de suivi des PLU?: lieux de débats
sur les définitions d?indicateurs et sur les résultats de
suivi-évaluation. Ailleurs, c?est le comité syndical qui
est l?instance de pilotage du suivi d?ensemble de la
mise en oeuvre (voir aussi le chapitre sur la gouver-
nance du suivi de la mise en oeuvre des SCoT)?
? Une démarche d?observation
qui s?accompagne parfois d?une
association des acteurs locaux et des
partenaires
Il convient en particulier de citer le SCoT du Pays de
Rennes qui présente le tableau de bord de suivi du
SCoT et ses résultats dans les commissions théma-
tiques du Pays de Rennes, associant les personnes
publiques associées (PPA). La chef de projet du
SCoT Pays de Rennes affirme ainsi : «le processus
d?appropriation par les techniciens et les élus des
enseignements (et des limites) des indicateurs de
suivi compte autant (sinon plus) que les résultats».
XX L?exploitationXetXlaXvalorisationXdesX
données
10. Contrat de développement durable Rhône-Alpes (convention pour 6 ans avec la région Rhône-Alpes).
11. Sauf sur ZAE d?échelle métropolitaine?
Certu ? Juin 2012 7 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
? un « noyau dur » d?une vingtaine
d?indicateurs? ?
Le travail de priorisation dans le choix des indi-
cateurs paraît une démarche transposable, à partir
des démarches des SCoT étudiés (et d?autres).
- L?organisation courante des problématiques
analysées 14 concerne : l?habitat (dont en par-
ticulier localisation, consommation d?espace,
densités, mixité sociale?) ; le développement
économique (dont en particulier le développe-
ment commercial?) ; la mobilité (dont en parti-
culier l?intermodalité) ; l?environnement (dont
en particulier la protection des espaces agricoles,
les continuités écologiques, le paysage?), dont
il convient de prévoir une lecture « intégrée ».
- Les questions libellées ? en lien avec ces grandes
problématiques ? font bien sûr écho, en les pré-
cisant, à des formulations d?orientations et/ou de
prescriptions du DOG. Elles identifient le plus sou-
vent des « effets à attendre » et recherchent un
rapport de causalité directe avec la mise en oeuvre
de ces orientations et/ou prescriptions? Elles peu-
vent dans le cadre du suivi exercé (et des analyses
conduites) induire une «adaptation» de ces for-
mulations (c?en est aussi le but !).
On notera toutefois dans les exemples qui suivent
la disparité de libellés de ces indicateurs, liés aux
disparités de formulations des projets de territoire,
qui, pour le Pays de Rennes notamment, mêlent
indicateurs qualitatifs et quantitatifs ; pour Métro-
pole Savoie sont très «opérationnels» (nombre,
typologie de logements, densité?) ; pour Rives du
Rhône sont issus de seize questions de traduction
«pragmatique» du SCoT.
XX QuelquesXperspectivesXetXpistesXdeXtravail
Certains notent que la présentation de résultats de
suivi permet de « tenir en haleine » les élus du
SCoT (ce qui peut être également fait via des ren-
dus d?études post-approbation du SCoT).
Les acteurs interrogés soulignent que la démarche
s?inscrit forcément dans le temps et nécessite les
« regards croisés » des acteurs locaux (avec leur
richesse d?approches « sectorielles ») sur la lecture
des tendances dégagées par les différents indica-
teurs. Il importe toutefois dans un premier temps
de vérifier le partage de l?analyse et de l?opportu-
nité de sa « diffusion»?
Ainsi, la préparation de la révision du SCOTERS
(à échéance de 6 ans en 2012) s?appuie sur des ren-
contres intercommunales et par secteurs du SCoT en
vue de recueillir «la parole politique locale»?; le
suivi d?indicateurs constitue un support de discussion
parmi d?autres (tables rondes?). Suivra, dans un
deuxième temps, une synthèse des échanges, des
observations et des paroles d?experts en vue d?iden-
tifier les sujets prioritaires de révisions partielle ou
« complète » du SCoT? L?analyse des grandes ten-
dances est testée auprès des partenaires / acteurs lo-
caux avant « reformulation » et validation en bureau
et en comité syndical. Le parti pris est que «mieux
les partenaires sont informés, mieux le SCoT sera
mis en oeuvre» (articulation avec les financements
de programmation de divers acteurs?).
? Trois ans après l?approbation de SCoT,
peu de publications liées au suivi de
la mise en oeuvre?
Des publications sont essentiellement produites
par les agences d?urbanisme dans le cadre en
particulier de leurs missions d?observation.
À titre d?exemple : outre une « boîte à outils
du SCoT », les publications depuis 2008 du SCoT
Artois 13 portent sur ses quatre volets d?observation:
déplacements ; développement économique ;
environnement ; évolutions sociales et urbaines.
Chacun des observatoires produit régulièrement
des lettres qui caractérisent les tendances sur le
territoire du SCoT de l?Artois et constituent des outils
pédagogiques appréciés : diagnostics, enjeux, actions
envisageables, conseils aux élus, perspectives.
Ces publications apportent donc des lectures
«pédagogiques» de diagnostics et contribuent à
l?apport de réflexions, d?aide à la décision sur des
actions nouvelles?
C?est aussi le cas du SCoT Métropole Savoie (via son
observatoire du suivi de SCoT et les publications sur
les thématiques logement, économie?), en vue de
produire des éléments d?évaluation et des proposi-
tions d?actions et/ou de dispositifs pour « corriger
le cap » et se rapprocher (sans attendre l?évalua-
tion) des objectifs fixés par le SCoT?
Selon certains SCoT sur lesquels portent les enquêtes,
la valorisation de la tenue des objectifs du SCoT per-
met effectivement d?espérer « aller plus loin » lors des
actualisations des orientations générales futures?
Il va de soi que la tenue de débats sur les analyses
et réflexions produites, entre les élus du SCoT et les
acteurs locaux, est essentielle (cf. point précédent).
13. Avec l?AULAB : agence d?urbanisme de l?arrondissement de Béthune.
14. Structurée de fait par l?article R122-3 du Code de l?urbanisme (relatif au DOG).
Certu ? Juin 2012 8 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
ExempleXduXSCoTXduXPaysXdeXRennesX-X20 indicateurs retenus
Le tableau de bord de suivi du SCoT du Pays de Rennes ? juin 2011
? Partie I
L?attractivitéXetXleXdéveloppementXduXPaysXdeXRennes
Production de logements suffisante et diversifiée sur le territoire
? 1. Les gains de population et la dynamique des territoires (1999-2010)
? 2. La production et la diversité des logements
? 3. Le profil des ménages accueillis dans les logements neufs
Développement des activités économiques
? 4. Les gains d?emploi et la dynamique des territoires (1999-2010)
? 5. Le suivi des sites de développement économique
Développement des grands équipements et grands projets d?infrastructures
? 6. L?avancement des grands équipements et grands projets d?infrastructures
Sites stratégiques d?aménagement
? 7. La mise en oeuvre des sites stratégiques d?aménagement
? Partie II
LesXtramesXdeXmobilitésXetXlaXvilleXdesXproximités
Optimisation des déplacements en lien à l?urbanisation
? 8. Les usages de la voiture à Rennes et dans les couronnes
? 9. Les offres de transports collectifs en site propre
? 10. Les communes, pôles d?échanges et leur dynamique démographique
? 11. Cinq pôles d?échanges à la loupe
Organiser le développement commercial
? 12. Les pôles commerciaux et leur évolution
Ville des proximités
? 13. Les réseaux de communes et leurs polarités (équipements, services, commerces)
? Partie III
LaXpréservationXetXlaXvalorisationXduXsocleXterritorial
Sauvegarde du capital environnemental
? 14. La préservation de la biodiversité (MNIE)
? 15. L?évolution de la trame verte et bleue
Consommation de l?espace
? 16. L?utilisation de l?espace par l?urbanisation
? 17. La mise en oeuvre des mesures d?économie d?espace
Préservation des espaces et des paysages agronaturels par la maîtrise des extensions
? 18. La valorisation du territoire agricole
Grand paysage, paysage des routes et entrées de ville
? 19. Les alertes paysagères
Offre de loisirs verts, touristique et patrimoniale
? 20. Le suivi des grands sites naturels et touristiques d?intérêt de pays
Certu ? Juin 2012 9 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
ExempleXduXSCoTXMétropoleXSavoieX- liste des indicateurs suivis
> Évolution du nombre de logements commencés et taux de construction neuve annuel pour 1 000
habitants (objectifs : 1-3-4-5-6)
> Évolution de la typologie des logements ordinaires mis en chantier (objectifs : 7-3-4-6)
> Évolution de la construction neuve selon la typologie des aires urbaines de l?Insee en 1999 (objectif : 6)
> Prospective sur deux ans du volume et de la typologie des opérations de logement autorisés à partir
des permis de construire (objectif : 7)
> Suivi de la densité des opérations autorisées sur le territoire (objectifs : 3-6-7)
> Suivi des opérations autorisées dont le COS réalisé est compris entre 0,25 et 0,35 (objectif : 7)
> Typologie de logements autorisés selon le type de procédure employée (objectif : 5)
> Volume de logements sociaux construits et évolution du parc locatif social (objectif : 8)
> Typologie des zones d?activités économiques (objectif : 9)
> Densité d?emplois salariés observés dans les zones d?activités (objectif : 9)
> Densité foncière des permis de construire autorisés dans les zones d?activités (objectif : 9)
> Surfaces de ventes de plus de 300 m² autorisées en CDEC (objectif : 10)
ExempleXduXSCoTXRivesXduXRhôneX?Xcf. « Évaluer la performance du projet de SCoT »
Quatre thèmes (habitat et social, économie, environnement, énergie et mobilité), seize questions,
vingt-quatre indicateurs (ci-après : extraits?).
ProblématiquesXàXsuivre LeXcontenuXduXDOG L?indicateurXdeXsuivi LaXsource
Construit-on au bon rythme
et au bon endroit ?
« Les agglomérations viennoise et de Rous-
sillon ? Saint-Rambert ainsi que les villes de taille
intermédiaire sont (?) les lieux privilégiés pour
accueillir l?essor démographique (?), responsabilité
assumée (notamment) par l?accélération du rythme
de construction de nouveaux logements » (p. 70)
1. Taux annuel de construction Insee-RGP /
DRE-Sitadel
Est-ce que l?on construit un
habitat suffisamment dense
et diversifié ?
« À fin de satisfaire les besoins actuels et futurs
en matière de logements et de permettre une
utilisation économe de l?espace, les documents
d?urbanisme locaux assurent dans les zones urba-
nisables une densité minimale » (p. 168)
2. Densité de logements à
l?hectare des opérations
nouvelles des communes
DRE-Sitadel ;
permis de
construire
Est-ce que l?on construit un
habitat suffisamment dense
et diversifié ?
« Les politiques menées en matière d?habitat
doivent permettre (?) de diversifier l?offre en
matière de logements » (p. 168)
3. Part d?habitat individuel/
collectif/mixte dans le parc
existant
DRE-Sitadel ;
permis de
construire
L?urbanisation se fait-elle
en lien avec les politiques
de transport ?
« Les pôles-gares sont les secteurs privilégiés de
l?essor démographique et urbain (?) dans une
logique de renouvellement » (p. 148)
4. Typologie des nouvelles
constructions dans un rayon
de 1 km des gares et 500 m
des arrêts de TC (collectif,
individuel, intermédiaire)
DRE-Sitadel ;
permis de
construire
Certu ? Juin 2012 10 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
? Des évolutions à prévoir des
indicateurs liés au développement
durable dans le cadre des lois
Grenelle
Les enjeux des SCoT (SRU) sont le plus souvent
définis comme des enjeux du développement
local davantage que de la préservation
environnementale. La forte présence d?indicateurs
environnementaux est liée aux obligations
réglementaires (évaluation environnementale?),
sans pour autant qu?une approche « développement
durable » en termes d?approche systémique et
d?analyse des interdépendances entre les enjeux
soit engagée.
Il convient de remarquer, que la loi ENE du 12 juillet
2010 a ouvert plusieurs possibilités d?insertion de
«prescriptions» dans les PLU, dont celles de pré-
voir une densité minimale de constructions et un
nombre maximum de stationnements à réaliser 15
dans les secteurs desservis par des TC ou encore de
déterminer des secteurs dans lesquels l?ouverture
à l?urbanisation est conditionnée par des règles de
construction tendant au respect de performances
énergétiques et environnementales? (cf. encart
ci-après).
Certains SCoT ont sans attendre commencé à analy-
ser leur «projet» au regard des principes qui fon-
dent le développement durable en lien d?ailleurs
avec d?autres démarches engagées PCET/Agenda
21. C?est le cas de Rennes, où la stratégie de dé-
veloppement durable y est suivie dans le cadre du
Baro?métropole ; ou du Pays de Brest, qui cherche à
identifier «des indicateurs territoriaux du dévelop-
pement durable» ; cF. « Pour en svoir plus »
Le suivi des nouvelles mesures « post-Grenelle »
précitées peut structurer le panel d?indicateurs d?une
stratégie d?ensemble ; en particulier, le suivi des
objectifs chiffrés de réduction de la consommation
d?espaces naturels, agricoles et forestiers pourrait
constituer un des enjeux principaux de l?approche
croisée (systémique) des orientations du SCoT.
Concernant le calendrier et la méthodologie de
construction des indicateurs les lois Grenelle auront
également un impact significatif.
Le décret du 29 février 2012 relatif aux documents
d?urbanisme accorde les parties législatives,
en vigueur depuis janvier 2011, avec la partie
règlementaire du Code de l?urbanisme. Il apporte une
précision notable concernant le contenu du rapport
de présentation, qui selon la nouvelle écriture du
R.122-2, « présente les mesures envisagées pour
éviter, réduire et si possible, compenser si il y a
lieu, les conséquences dommageables de la mise
en oeuvre du schéma sur l?environnement ; il
précise les indicateurs qui devront être élaborés
pour l?évaluation des résultats de l?application du
schéma prévue à l?article L.122-14, notamment en
ce qui concerne l?environnement?».
Au regard des pratiques actuelles de suivi des
établissements publics de SCoT, la définition
d?indicateurs de suivi dés l?élaboration du SCoT
constitue pour nombre d?EP SCoT une évolution
certaine dans la méthode de construction de celui-ci
et par extension dans la rédaction des cahiers des
charges à destination des maîtres d?oeuvre. En
effet, ces indicateurs comme nous l?avons constaté,
sont pour nombre de SCoT en vigueur encore non
définis et/ou utilisés, et ce plusieurs années après
leur approbation.
15. Lors de la construction de bâtiment à un usage autre que d?habitation?
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Certu ? Juin 2012 11 La mise en oeuvre d?un SCoT - Indicateurs de suivi
Rappels
Selon l?article L.122-1-5 du Code de l?urbanisme modifié par la loi Engagement national pour l?en-
vironnement de juillet 2010, le DOO :
? arrête les objectifs chiffrés de consommation économe de l?espace et de lutte contre l?étalement
urbain ; objectifs qui peuvent être ventilés par secteurs géographiques ;
? peut déterminer des secteurs dans lesquels l?ouverture de nouvelles zones à urbaniser est subor-
donnée à leur desserte par les TC ;
? précise les conditions qui permettent de favoriser le développement de l?urbanisation prioritaire-
ment dans les secteurs desservis par les TC ainsi que celles permettant le désenclavement par les
TC des secteurs urbanisés qui le nécessitent ;
? peut imposer préalablement à toute ouverture à l?urbanisation d?un secteur nouveau :
- l?utilisation des terrains situés en zone urbanisée et desservis par les équipements
(eau, assainissement, électricité),
- la réalisation d?une étude d?impact ou la réalisation d?une étude de densification des zones
déjà urbanisées ;
? peut définir des secteurs dans lesquels l?ouverture à l?urbanisation est subordonnée : soit à des per-
formances énergétiques et environnementales renforcées, soit à des critères renforcés en matière
d?infrastructures et réseaux de communications électroniques ;
? peut définir des objectifs à atteindre en matière de maintien ou de création d?espaces verts dans
les zones faisant l?objet d?une ouverture à l?urbanisation ;
? peut déterminer, dans les secteurs qu?il délimite en tenant compte de leur desserte par les TC, de
l?existence d?équipements collectifs et des protections environnementales ou agricoles, la valeur
au-dessous de laquelle ne peut être fixée la densité maximale de construction résultant de l?appli-
cation de l?ensemble des règles définies par le PLU.
Etd
le centre de ressources
du développement
territorial
30, rue des Favorites
75015 Paris
Tél. : 01 43 92 67 67
Fax : 01 45 77 63 63
www.projetdeterritoire.com
Certu
Centre d?études
sur les réseaux,
les transports,
l?urbanisme, et
les constructions
publiques
9, rue Juliette Récamier
69456 Lyon Cedex 06
Tél. : 04 72 74 58 00
Fax : 04 72 74 59 00
www.certu.fr
ISSN : en cours
© Certu-2012
La reproduction totale
ou partielle du document
doit être soumise à l?accord
préalable du Certu
Auteurs: Marc Morain (Certu)
Ont contribué : Chahoul Gaffar (Certu)
Christopher De Laburthe, Isabelle Robinot-Bertrand (Etd)
Cédric Lejeune, Jean-Philippe Strebler (Féd. nat. des SCoT)
Silvina Rodriguez-Garcia (Fnau)
Sidonie Kohler (Cete Est)
Florence Bordère, Bertrand Depigny (Cete Lyon)
Audrey Fisse-Gatignol, Florian Fournier (Cete Nord Picardie)
Margaux Fondriest, Myraim Palud (Cete Normandie Centre)
Laurent Heitz (Cete Ouest)
Contacts: Certu : urb.certu@equipement.gouv.fr
Etd : etd@etd.asso.fr
Éd i t ions du Ce r tu
Collection D o s s i e r s
EN SAVOIR PLUS...
Quelques exemples d?observatoires et tableaux de bord/illustrations
- SCoT métropole Nantes ? Saint-Nazaire, Les chantiers du SCoT ? Du SCoT au PLU, juillet 2010
http://www.nantessaintnazaire.fr/web/images/editeur/SCOT_AUX_PLU.pdf
- SCoT Dombes, Rapport de présentation ? suivi (page 137), mars 2010
http://www.scot-saonedombes.fr/uploads/Ressources communes/dombes/scot_2010/rapp.pdf
- Rives du Rhône, La mise en oeuvre du Scot : phases de réalisation et outils de suivi envisagés, document 7,
décembre 2010
http://www.scot-rivesdurhone.com/
- SEPAL, SCOT 2030 : les cahiers de la mise en oeuvre ? tableau de bord de suivi et d?évaluation
http://www.scot-agglolyon.fr/document.php?rubrique_id=56&document_id=163
- SCoT de l?Odet, Indicateurs de suivi et d?évaluation ? rapport de présentation, juin 2011 (pages 3, 4, 5)
http://plu.benodet.fr/scot/01%20-%20INTRO_rapport%20de%20presentation.pdf
- Indicateurs territoriaux du développement durable et SCoT du pays de Brest ? note ADEUPa, novembre 2011
http://www.cnis.fr/files/content/sites/Cnis/files/Fichiers/commissions/environnement_developpement_
durable/2011/documents_complementaires/DC_2011_indicateurs_territoriaux_developpement_durable_scot_
brest.PDF
FichesXthématiquesX«XLaXmiseXenXoeuvreXd?unXSCoTX»X:
- un vrai défi (synthèse) ;
- la gouvernance et l?animation du suivi du SCoT ;
- la préservation des espaces naturels et agricoles ;
- la localisation du développement urbain ;
- la densité et la desserte des transports collectifs.
Les auteurs de cette étude remercient chaleureusement pour les informations transmises, tout par-
ticulièrement les maîtres d?ouvrage de SCoT, de PLU, ainsi que les services des collectivités locales et
des services déconcentrés de l?État des territoires étudiés. Ils remercient également vivement celles
et ceux qui ont accepté de relire ces notes et qui, par la qualité, la pertinence de leurs observations et
remarques ont contribué à leur amélioration.
Sources photos 1re page : Haut gauche © Certu - Haut droite © P. Brun / Agence d?Urbanisme de Lyon
Bas gauche © F. Guy / Agence d?Urbanisme de Lyon - Bas droite © Arnaud Bouissou / METL-MEDDE
http://www.projetdeterritoire.com
http://www.certu.fr