Données de synthèse sur la biodiversité.-
Auteur moral
France. Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire
;France. Commissariat général au développement durable
Auteur secondaire
PAPPALARDO, Michèle (dir.)
;LEVEQUE, Antoine
;MALFAIT, Guillaume
Résumé
Ce document rassemble et présente, sous forme d'une trentaine de fiches synthétiques, des informations sur la biodiversité provenant de nombreuses sources et divers acteurs.Ces fiches portent sur l'état de différentes composantes de la biodiversité ordinaire et remarquable : les oiseaux, le cerf élaphe, les grands prédateurs, la Loutre, le saumon, les espèces menacées inscrites sur les listes rouge, les poissons, les espèces et habitats d'intérêt communautaire, la microflore du sol. Elles traitent aussi des pressions et menaces qui s'exercent sur les espèces, les habitats et les écosystèmes. Puis elles présentent les réponses mises en oeuvre pour protéger la biodiversité.
Descripteur Urbamet
faune
;flore
;espace naturel
;zone humide
;occupation du sol
;paysage
;qualité de l'eau
;évolution
;donnée statistique
;écosystème
;protection de la nature
;biodiversité
Descripteur écoplanete
biodiversité
;espèce menacée
;site Natura 2000
;espace protégé
;espèce invasive
;occupation du sol
;loup
;lynx
;ours
;saumon
;dépense nationale environnement
;produit phytosanitaire
;anatidé
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Données
de synthèse
sur la biodiversité
Références
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Commissariat
général au
développement
durable
Service de l'observation et des statistiques
Mai
2010
Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Données de synthèse
sur la biodiversité
? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Directeur de la publication : Michèle Pappalardo
Coordination éditoriale : Antoine Lévêque et Guillaume Malfait
Infographie et mise en page : Chromatiques Éditions
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Contributions et origine des données
Ce document a été élaboré avec l?appui ou à partir des données produites
par le Muséum national d?histoire naturelle (MNHN), l?Office national de
la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la Ligue pour la protection
des oiseaux (LPO), l?Office national de l?eau et des milieux aquatiques
(Onema), l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)
et le Comité français de l?UICN, le Groupement d?intérêt scientifique sur
les sols (Gis Sol), les agences de l?Eau, l?Agence Bio, le service de la Statistique
et de la Prospective (SSP) du ministère en charge de l?Agriculture, Eurostat,
Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe (DAISIE), René Rosoux,
Sylvain Richier et le Service de l?observation et des statistiques (SOeS)
du ministère de l?Écologie, de l?Énergie, du Développement durable et
de la Mer (MEEDDM).
?Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Avant-propos ...................................................................................................................5
État de la biodiversité ordinaire et remarquable
Richesse et endémisme de la biodiversité ultramarine française ........................................................................................................9
Évolution de l?abondance des oiseaux communs ............................................................................................................................... .11
Abondance des oiseaux d?eau hivernants sur le littoral : les limicoles ............................................................................................. 13
Abondance des oiseaux d?eau hivernants en France : les anatidés et la foulque ........................................................................... 15
Évolution des populations de grands herbivores : le cerf élaphe ...................................................................................................... 17
Évolution des populations de grands prédateurs : le loup, le lynx et l?ours ..................................................................................... 19
Évolution des populations de la loutre en France ................................................................................................................................ 21
Indice de la qualité piscicole des eaux continentales ? Indice poissons rivière .............................................................................. 23
Évolution de l?abondance des poissons migrateurs : le saumon ....................................................................................................... 25
Espèces menacées : nombre d?espèces inscrites sur les listes rouges .............................................................................................. 27
État de conservation des espèces d?intérêt communautaire ............................................................................................................. 31
État de conservation des habitats d?intérêt communautaire ............................................................................................................. 33
La microflore du sol ................................................................................................................................................................................. 35
Évolution des matières organiques dans les sols agricoles ................................................................................................................ 37
Pressions et menaces sur la biodiversité
Artificialisation et consommation des espaces naturels ..................................................................................................................... 41
Évolution de l?occupation des sols dans et autour des espaces naturels protégés .......................................................................... 43
Occupation des sols dans 152 zones humides en 2006 et évolution depuis 2000 ......................................................................... 47
Évolution de la consommation de produits phytosanitaires .............................................................................................................. 49
Évolution de la qualité physico-chimique des cours d?eau ................................................................................................................. 51
Évolution des stocks des espèces pêchées en Atlantique du Nord-Est ............................................................................................. 53
Espèces introduites et envahissantes en France métropolitaine ....................................................................................................... 55
Réponses
Évolution des surfaces d?espaces naturels protégés ............................................................................................................................ 61
Recouvrement du réseau Natura 2000 par d?autres espaces protégés ............................................................................................ 65
Protection de 152 zones humides ......................................................................................................................................................... 67
Protection des espaces naturels sur le littoral ...................................................................................................................................... 69
Évolution des surfaces en agriculture biologique ............................................................................................................................... .71
Les sources de données sur la nature et le paysage ........................................................................................................................... 73
Sensibilité aux questions relatives à la biodiversité ............................................................................................................................ 77
Évolution de la dépense nationale en faveur de la protection de la biodiversité et des paysages .............................................. 81
sommaire
Les fiches concernant les indicateurs retenus pour le suivi de la Stratégie nationale pour la biodiversité portent
la mention sNB, celles concernant les Indicateurs de développement durable nationaux la mention IDD.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Crédits photos
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Première de couverture.
Zone humide d?altitude, linaigrettes à feuilles étroites (Eriophorum polystachion L.), coeur du parc national du Mercantour (France, Alpes-de-Haute-Provence). © A. Lévêque, 2008.
Avant-propos.
Mante religieuse (Vates sp.), mâle, réserve naturelle nationale de la Trinité (Guyane française). © A. Lévêque, 2008.
Fougère arborescente (Cyathea sp.) dans le cirque de Salazie, coeur du parc national de la Réunion. © G. Malfait, 2009.
Page de garde « État ».
Anémone pulsatille (Pulsatilla vulgaris Mill.) sur une butte calcaire de la vallée de l?Essonne (France, Loiret). © A. Lévêque, 2009.
p. 9 Maillot de l?Aorai (Nesoropupa nathaliae Gargominy, 2008) ? genre et espèce de mollusque endémique de Tahiti ? sur une feuille de Astelia nadeaudii. © Olivier Gargominy, 2002.
p. 11 Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula (Linnaeus, 1758)), espèce spécialiste des habitats forestiers, île de Noirmoutier (France, Vendée). © Sébastien Colas, 2010.
p. 13 Barges rousses (Limosa lapponica (Linnaeus, 1758)), île de Noirmoutier (France, Vendée). © Sébastien Colas, 2010.
p. 15 Bernaches cravant (Branta bernicla (Linnaeus, 1758)), île de Noirmoutier (France, Vendée). © Sébastien Colas, 2010.
p. 17 Cerf élaphe (Cervus elaphus Linnaeus, 1758), forêt de Rambouillet (France, Yvelines). © Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2006.
p. 19 Ours brun (Ursus arctos (Linnaeus, 1758)), France. © Gilles Cattiau ? INRA.
p. 21 Loutre d'Europe (Lutra lutra (Linnaeus, 1758)), France, Deux-Sèvres. © Thierry Degen ? MEEDDM, 2005.
p. 23 Lamproie de Planer (Lampetra planeri (Bord, 1784)). © Pierre Pommeret, 2009.
p. 25 Saumon atlantique (Salmo salar Linnaeus, 1758) remontant sur ses frayères. © Max Thibault ? INRA.
p. 27 Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersii (Kuhl, 1817)), espèce inscrite avec le statut vulnérable sur la liste rouge des mammifères menacés de France métropolitaine,
grotte de la Bruge (France, Gard). © Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2008.
p. 31 Damier de la succise (Euphydryas aurinia (Rottemburg, 1775)), espèce de l'annexe II de la directive « Habitats, Faune, Flore », forêt d'Orléans (France, Loiret). © Antoine Lévêque, 2007.
p. 33 Vasière littorale découverte à marée basse dans l?estuaire de la Gironde (France, Charente-Maritime) : slikke, habitat de l?annexe I de la directive « Habitats, Faune, Flore ».
© Thierry Degen, MEEDDM, 2003.
p. 35 Bactérie (Pseudomonas solanacearum) dans un vertisol guadeloupéen. © Jacques Schmit ? INRA.
p. 37 Histosol, tourbe (Irlande). © Alain Ruellan ? AFES, 1993.
Page de garde « Pressions et menaces ».
Boucles de la Seine (France, Seine-Maritime). © IGN, BD ORTHO®, 2003.
p. 41 Artificialisation du littoral et pressions sur les milieux dunaires : camping et mobil home. © Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2009.
p. 43 Prairies alpines et milieux forestiers de l?Authion, coeur du parc national du Mercantour (France, Alpes-Maritimes). © Antoine Lévêque, 2008.
p. 47 Marais du Cotentin et du Bessin : réserve naturelle de la Sangsurière (France, Manche). © Sébastien Colas, 2008.
p. 49 Traitements des cultures. © Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2007.
p. 51 Rivière eutrophisée. © Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2006.
p. 53 Bateau de pêche côtière. © Sébastien Colas, 2009.
p. 55 Jussie en fleur (France, Vienne). © Thierry Degen ? MEEDDM, 2005.
Page de garde « Réponses ».
Réserve naturelle nationale du Val de Loire (France, Cher/Nièvre). © A. Lévêque, 2010.
p. 61 Inselberg de la Roche Bénitier, réserve naturelle nationale de la Trinité (Guyane française). © A. Lévêque, 2008.
p. 65 Landes sèches, Sologne (France, Loiret). © A. Lévêque, 2007.
p. 67 Camargue (France, Bouches-du-Rhône). © Sébastien Colas, 2005.
p. 69 Pointe-aux-oies, dunes de la Slack, site du Conservatoire du Littoral (France, Pas-de-Calais). © Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2006.
p. 71 Étal de marché bio au Salon international de l'agriculture (France, Paris). © Christophe Maître ? INRA, 2005.
p. 77 Visite et présentation d?un site Natura 2000 par les agents de l?ONF, forêt de Fontainebleau (France, Seine-et-Marne). © A Laurent Mignaux ? MEEDDM, 2007.
p. 81 Action des Conservatoires des espaces naturels (France, Loiret). © A. Lévêque, 2006.
Dernière de couverture.
Zygène du trèfle (Zygaena trifolii Esper, 1783) (France, Loiret). © A. Lévêque, 2009.
5Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Avant-propos
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
L a communauté internationale s?est fixée en 2002 comme objectif
de réduire le taux d?érosion de la biodiversité. L?Union européenne
a opté pour un objectif plus ambitieux : celui de stopper l?érosion de la
biodiversité européenne à l?horizon 2010. En 2006, pour renforcer
l?importance des enjeux liés à la préservation de la biodiversité,
l?organisation des Nations unies a déclaré 2010, l?Année internationale
de la biodiversité. Cependant les objectifs n?ayant pas été atteints, cette
année doit favoriser l?élaboration de nouvelles stratégies de préservation
de la biodiversité à la fois aux échelons international et communautaire.
Pour sa part, la France va effectuer une révision de sa stratégie nationale
et se fixer de nouveaux objectifs sur le court et moyen terme.
Afin de suivre ces objectifs, il est nécessaire de disposer d?indicateurs,
si possible synthétiques. Cette représentation simplifiée de la réalité est
d?autant plus nécessaire qu?il s?agit d?alimenter le débat public,
et d?établir des passerelles entre décideurs, grand public et scientifiques.
Cette demande a été reprise par le Grenelle de l?environnement au
travers de l?objectif de mise en place d?un « Observatoire de la
biodiversité ». L?élaboration d?indicateurs de la biodiversité se heurte
cependant à plusieurs difficultés.
La première d?entre elles réside dans le concept même de « biodiversité ».
La biodiversité représente en effet la diversité du vivant, la diversité du
monde biologique. Elle couvre un champ très large : les espèces sauvages
et domestiques, des bactéries aux grands mammifères, mais également
les habitats et les interactions entre ces différentes composantes, des
gènes aux écosystèmes, et même les services rendus par ces derniers.
D?autre part, la multiplicité des relations entre les différents éléments de
la biodiversité, la complexité du fonctionnement de ce monde « vivant »
rendent difficile le choix d?un indicateur et incertain l?établissement de
corrélations entre les évolutions de tel ou tel paramètre.
À cela s?ajoutent des
lacunes en matière de
données, liées à l?importance du
champ à couvrir mais également à des
faiblesses en matière d?organisation des données existantes.
Enfin, les tendances de fond ne peuvent souvent être mises en évidence
que sur de longues durées afin de s?affranchir des évolutions
interannuelles qui peuvent être importantes pour certains paramètres.
Ce document rassemble et présente, sous forme d?une trentaine de
fiches, une série d?informations sur la biodiversité provenant de
nombreux acteurs : ministère en charge de l?Écologie, Muséum national
d?histoire naturelle, Office national de la chasse et de la faune sauvage,
Office national de l?eau et des milieux aquatiques, Union internationale
pour la conservation de la nature, Ligue pour la protection des oiseaux,
Institut national pour la recherche agronomique? Elles portent sur l?état
de différentes composantes de la biodiversité, sous forme de
photographie ou d?évolution selon la disponibilité des données. Elles
traitent également des pressions qui s?exercent sur les écosystèmes et
des réponses qui peuvent être mises en oeuvre.
Ces données de synthèse ne couvrent évidemment pas de façon
exhaustive tous les champs de la biodiversité. Il ne s?agit pas non plus
d?un « tableau de bord officiel » de la biodiversité française. En effet, si
les données présentées recouvrent en grande partie les indicateurs
retenus pour le suivi de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB)
ou les Indicateurs de développement durable nationaux (IDD), d?autres
informations sont aussi présentées.
Par l?intermédiaire de cet ouvrage, le CGDD souhaite s?inscrire
activement dans le processus de révision de la SNB et favoriser au
mieux le suivi des nouveaux objectifs que la France se sera fixés.
est l?Année
internationale de la biodiversité.
? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
?Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
État de la biodiversité ordinaire
et remarquable
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? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
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Contexte
Les surfaces émergées des collectivités d?outre-mer représentent
seulement 120 000 km² soit 0,08 % de la surface terrestre (dont
85 000 km² pour la seule Guyane). À l?inverse, le domaine maritime
associé à ces territoires (ensemble des eaux sous juridiction française),
se révèle très étendu avec plus de 10 millions de km² (3 % des mers
et océans du monde).
Le caractère insulaire de la plupart de ces territoires (excepté pour
la Guyane) explique principalement le haut niveau d?endémisme
présent dans les collectivités d?outre-mer. Coupés du reste des terres
émergées pendant des centaines de milliers d?années, la vie s?y est
développée d?une manière unique. Ces écosystèmes sont néanmoins
très fragiles face à la modification des habitats, aux pollutions et Ã
l?introduction d?espèces exotiques.
Commentaire
Malgré leur superficie limitée, les collectivités d?outre-mer (hors Terre
Adélie) abritent 1,4 % des plantes du monde, 3 % des mollusques, 2 %
des poissons d?eau douce, 1 % des reptiles et 0,6 % des oiseaux.
En considérant uniquement les espèces endémiques, il y a 50 fois plus
d?espèces de plantes, 3,8 fois plus d?espèces de mollusques et 77 fois
plus d?espèces d?oiseaux endémiques en outre-mer qu?en métropole.
Richesse et endémisme de la biodiversité
ultramarine française
Les 12 collectivités d?outre-mer françaises sont présentes dans les trois grands océans et sous toutes
les latitudes. Elles représentent une grande diversité d?habitats, d?espèces animales et végétales. En
effet, malgré une superficie réduite (0,0? % de la surface terrestre mondiale), près de 3 360 plantes
et près de 240 vertébrés ne sont présents que dans ces territoires (espèces endémiques), soit plus que
dans toute l'Europe continentale. Neuf de ces territoires sont situés dans un des 34 points chauds de la
biodiversité mondiale, dont deux, La Réunion et la Nouvelle-Calédonie, font partie des 10 points
chauds de biodiversité marine. Cela confère à la France une grande responsabilité internationale.
Ainsi, plus des deux tiers de la faune vertébrée et presque la
totalité des plantes vasculaires spécifiques à la France sont concentrés
dans les collectivités d?outre-mer (hors Terre Adélie). À titre d?exemple,
l?originalité de la faune et de la flore terrestre de la Nouvelle-Calédonie
est comparable à celle de l?Europe continentale. En effet, 2 423 plantes
endémiques, 264 espèces de mollusques, 82 de reptiles et 21 d?oiseaux
sont dénombrées sur un territoire de 18 575 km² équivalent à seulement
3 départements français. La forêt guyanaise est considérée comme
l?une des dernières forêts primaires non fragmentée par les activités
humaines.
Avec ses 10 millions de km², le milieu marin des territoires d?outre-mer
représente près de 3 % des mers et océans du monde. Ce domaine
contient 55 000 km² de récifs coralliens et de lagons, avec la seconde
plus grande barrière récifale du monde en Nouvelle-Calédonie.
La Polynésie française compte à elle seule 20 % des atolls de la planète.
La France possède ainsi 10 % des récifs coralliens existant dans le
monde, ce qui la place au 4e rang mondial (derrière l?Australie, l?Indo-
nésie et les Philippines). La biodiversité de l?outre-mer confère donc
à la France des responsabilités internationales très importantes pour
la conservation de ces écosystèmes.
Diversité et endémisme de la France métropolitaine et d?outre-mer
France
métro-
politaine
Total
outre -mer
Guyane Martinique Guadeloupe
Saint-Pierre-
et-
Miquelon
Mayotte
La
Réunion
TAAF
1 Nouvelle-
Calédonie
Wallis et
Futuna
Polynésie
française
Plantes
vasculaires
Diversité 4 900 so 5 350 1 863 446 629 750 70 3 261 350 799
Endémisme 66 3 356 151 45 24 0 33 188 24 2 423 7 461
Mollusques
continentaux
Diversité 659 so 97 59 91 4 104 69 1 265 29 412
Endémisme 201 765 6 15 9 0 41 23 0 264 11 396
Poissons
d?eau douce
Diversité 87 so > 400 16 16 ? 5 21 0 58 ? 33
Endémisme 9 36 ? 0 0 0 0 1 0 21 ? 14
Amphibiens
Diversité 32 so 114 2 3 0 0 0 0 0 0 0
Endémisme 3 8 5 1 2 0 0 0 0 0 0 0
Reptiles
terrestres
Diversité 40 so 196 21 31 1 14 3 0 105 11 9
Endémisme 0 106 0 6 7 0 9 2 0 82 0 0
Oiseaux
Diversité 526 so 721 73 208 325 94 46 59 173 25 72
Endémisme 1 77 5 5 5 0 3 8 2 21 0 28
Mammifères
terrestres
Diversité 106 so 201 11 14 6 4 3 0 9 1 0
Endémisme 0 10 ? 12 2 0 1 ? 3 0 0 1 0 6 0 0
1 Terres australes et antarctiques françaises : Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul, îles éparses.
Note : Hors espèces introduites et cryptogènes ; so = sans objet.
Source : UICN, 2003 ? MNHN (INPN), janvier 2010.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
10 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La destruction ou la modification des habitats restent les principales
menaces pour la biodiversité de ces territoires. Les causes sont connues :
urbanisme, tourisme et aménagements, exploitations forestières, agricoles
et minières, pollutions, changements climatiques? Depuis 400 ans, on
estime que l?extinction globale d'espèces dans ces territoires est 60 fois
plus importante qu'en métropole. De nombreux écosystèmes sont dégra-
dés ou subissent de fortes menaces. À titre d?exemple, 30 % des extinctions
d?espèces de mollusques ont eu lieu dans les collectivités d?outre-mer.
Les récifs coralliens sont endommagés à hauteur de 10 à 80 % selon les
régions. Les forêts sèches ou semi-sèches qui s?étendaient le long des côtes
ont pratiquement disparu de l?ensemble des territoires d?outre-mer
(90 % d?entre elles ont été transformées à La Réunion et 99 % en
Nouvelle-Calédonie), ce qui a conduit à la disparition de nombreuses
espèces de plantes endémiques. Le caractère essentiellement insulaire des
collectivités d?outre-mer les rend très sensibles à l?introduction d?espèces
exotiques. Certains milieux présentent cependant un bon état de
conservation. Il s?agit principalement des habitats isolés par les
importants reliefs de certaines îles, comme à La Réunion où 30 % des
habitats sont encore relativement intacts.
Les résultats présentés correspondent à l?évaluation réalisée par
le Muséum national d?histoire naturelle et le Comité français de
l?UICN, sur la base des connaissances scientifiques existantes
(inventaires, publications, thèses?).
Espèce endémique : on dit d?une espèce qu?elle est endémique
lorsque celle-ci n?est présente que sur un territoire bien déterminé et
nulle part ailleurs sur la planète. Ces espèces représentent donc des
enjeux de protection et de conservation très importants.
On désigne un point chaud lorsque le nombre total d?espèces
recensées sur un territoire est supérieur à 0,5 % du nombre total
d?espèces dans le monde du groupe considéré. Les « 34 points
chauds de la biodiversité » sont des zones de la planète à la fois
très riches en espèces et très menacées : chacune accueille plus
de 1 500 espèces de plantes vasculaires endémiques et a déjÃ
perdu plus de 70 % de ses habitats naturels d?origine. Au total,
42 % des vertébrés terrestres et plus de 50 % des plantes
vasculaires de la planète sont endémiques de ces zones qui
couvrent 16 % de la superficie des terres émergées. Mais suite
aux atteintes subies, les habitats naturels encore intacts de ces
points chauds ne représentent plus que 2,3 % de la superficie des
terres émergées.
méthodologie
En savoir plus
Gargominy, O., 2003. Biodiversité et conservation dans les
collectivités françaises d'outre-mer. Paris : Comité français de
l'UICN. 246 p. (Coll. Planète Nature).
Sites Internet
? Inventaire national du patrimoine naturel du Muséum
national d?histoire naturelle :
http://inpn.mnhn.fr/
? Union internationale pour la conservation de la nature :
http://www.uicn.org/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
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SNB
IDD
Contexte
Le suivi des espèces communes est autant nécessaire à la compréhension
des évolutions en cours de la biodiversité que celui des espèces patrimoniales.
Les oiseaux apparaissent comme étant de bons indicateurs de l?état de la
biodiversité du fait de leur position élevée dans les chaînes alimentaires.
Ainsi, les données recueillies par le programme Stoc (Suivi temporel des
oiseaux communs) sont importantes pour connaître l?état des écosystèmes
et comprendre les modifications qu?ils subissent.
Commentaire
Analyse nationale
Les populations d?oiseaux communs connaissent globalement un léger
déclin, avec une baisse de 14 % au cours de la période 1989-2009.
La tendance générale d?évolution selon les espèces considérées sur la
période 1989-2009 indique un recul de 12 % pour les espèces spécialistes
des habitats forestiers (18 espèces suivies), de 25 % pour les espèces des
milieux agricoles (20 espèces suivies) et de 21 % pour les espèces des
milieux bâtis (13 espèces suivies). Les effectifs des espèces généralistes sont
en augmentation de 20 % sur la période 1989-2009 (14 espèces suivies).
L?indice d?abondance des espèces dites « spécialistes », notamment pour
les espèces des milieux forestiers et bâtis, semble présenter un palier sur
les dix dernières années. Les niveaux atteints sont bas, sensiblement
inférieurs à ceux de 1990, et probablement très inférieurs à ceux des années
1970 si on se réfère aux tendances observées au niveau européen.
Évolution de l'abondance
des oiseaux communs
si les effectifs des différents groupes d?oiseaux étudiés ont baissé au cours des années ?0, ils semblent,
sur la dernière décennie, se stabiliser à un niveau bas pour les espèces spécialisées alors qu?ils progressent
pour les espèces généralistes. Cette évolution, si elle se confirme, menacerait la diversité de la faune
aviaire par l?homogénéisation des populations.
La situation actuelle semble donc stabilisée mais reste préoccupante.
Les espèces généralistes présentent quant à elles des effectifs en nette
hausse ces dix dernières années.
Ces tendances, si elles se confirment, pourraient illustrer un phénomène
d?homogénéisation de la faune aviaire, les communautés d?oiseaux
s?uniformisant vers des compositions d?espèces peu spécialisées, présentes
partout. Les mêmes tendances sont observées en Europe. La dégradation
ou la perte des habitats demeure la principale menace. L?action de l?UE pour
préserver la biodiversité se fonde en priorité sur les directives « Oiseaux »
et « Habitats, Faune, Flore ».
Analyse régionale en France métropolitaine, hors Corse
Le calcul des quatre indicateurs au niveau régional pour la période
2001-2009 permet d?observer une progression globale des espèces
généralistes dans toutes les régions sauf en Aquitaine et en Paca. Les
espèces spécialistes des milieux forestiers sont en déclin dans 15 régions sur
21. La situation est plus contrastée pour les espèces de milieux agricoles,
avec de forts écarts entre régions. Une majorité d?entre elles présentent une
dynamique négative et seulement 5 régions affichent une tendance positive.
Ceci peut s'expliquer par le caractère local des principaux facteurs qui influent
sur l?évolution des effectifs des espèces agricoles (modifications du paysage
agricole, fragmentation et destruction d'habitats). À l?inverse, les facteurs
qui affectent les espèces forestières et généralistes sont de nature plus
globale (changement climatique notamment). Les espèces des milieux bâtis
présentent elles aussi des situations très différentes, avec seulement
6 régions ayant une tendance positive de 2001 à 2009.
Indice d?abondance des populations d?« oiseaux communs » du programme stoc en fonction du type d?habitat
60
70
80
90
100
110
120
Indice base 100 en 1989
Espèces généralistes Espèces des milieux forestiersEspèces des milieux bâtis Espèces des milieux agricoles
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Source : MNHN (CRBPO), 2010.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
12 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
En savoir plus
Sites Internet
? Présentation et résultats du programme Vigie nature dont
Stoc fait partie :
http://www2.mnhn.fr/vigie-nature/
? Connaissance et protection des oiseaux, par espèce,
action, site et région :
http://www.lpo.fr (Ligue pour la protection des oiseaux)
? Conservation et connaissance des oiseaux par espèce,
site et pays :
http://www.birdlife.org (Birdlife International)
Source : MNHN (CRBPO), 2010.
Évolution de l'indice d?abondance des populations
d?« oiseaux communs » du programme stoc en fonction du type d?habitat
sur la période 2001-200? au niveau régional
Espèces généralistes
Espèces spécialistes des milieux agricoles
Espèces spécialistes des milieux forestiers
Espèces spécialistes des milieux bâtis
Le programme Stoc a été initié en 1989 par le Centre de
recherches sur la biologie des populations d?oiseaux (CRBPO) du
Muséum national d?histoire naturelle. Il étudie les variations
dans le temps et dans l?espace des effectifs des populations
d?oiseaux communs à l?échelle de la France à l?aide de
nombreux observateurs professionnels et amateurs. Il permet,
par exemple, de mettre en évidence les espèces en déclin,
stables et en augmentation, notamment en fonction des grands
types d?habitats.
Le CRBPO calcule un indice de l?évolution des populations de
l?avifaune à partir de 65 espèces d?oiseaux communs. Parmi
elles, citons par exemple l?alouette des champs (Alauda arvensis,
caractéristique des milieux agricoles), le pic épeiche (Dendrocopos
major, typique des milieux forestiers), le moineau domestique
(Passer domesticus, en milieu urbanisé) ou le merle noir (Turdus
merula, espèce généraliste). Les évolutions des populations sont cal-
culées à partir d?une régression linéaire sur la période 1989-2009.
Les quatre indicateurs nationaux, regroupant les espèces
selon leur spécialisation par rapport à trois grands types
d?habitat, ont été repris à l?échelon régional (spécialistes des
milieux agricoles, spécialistes des milieux forestiers, spécialistes
des milieux bâtis, généralistes). Pour chaque groupe, l'indicateur
renseigne sur l'évolution de la moyenne de l'indice d'abondance
des espèces du groupe, depuis 2001 (ou 2002 pour certaines
régions). Pour le calcul de ces indicateurs régionaux, de nouveaux
groupes d'espèces ont été sélectionnés, en considérant trois
grandes zones biogéographiques (atlantique, continentale,
méditerranéenne), afin de prendre en compte les spécificités
régionales (les spécialistes des milieux agricoles ne sont par
exemple pas les mêmes en zone méditerranéenne et en zone
continentale).
Par ailleurs, la contribution des différentes espèces aux indicateurs
a été pondérée par leurs effectifs pour éliminer des analyses
les espèces aux effectifs trop bas, et une deuxième correction
a été effectuée pour prendre en compte le cas des espèces
grégaires (souvent présentes en larges groupes).
méthodologie
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Source : MNHN, CRBPO 2009.
0 100 km
Moins de 5 espèces prises en compte
pour Ètablir l'indice d'abondance
Moins de - 15 %
Entre - 15 et - 5 %
Entre - 5 et 5 %
Entre 5 et 15 %
Variation de l?indice d?abondance
entre 2001 et 2009 (%)
Moins de 5 espèces prises en compte
pour établir l'indice d'abondance
< - 15 %
- 15 Ã - 5 %
- 5 Ã + 5 %
+ 5 Ã + 15 %
> + 15 %
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
13Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
La France a une position centrale sur l?axe de migration est-
Atlantique entre la Sibérie, le Nord de l?Europe, l?Europe de l?Est et
l?Afrique de l?Ouest. Elle abrite la 3e population d?oiseaux d?eau hiver-
nante d?Europe, derrière les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Un recen-
sement annuel effectué de 2000 à 2005 a permis de
comptabiliser plus d?un million d?oiseaux d?eau en moyenne au sein
des périmètres littoraux suivis. Cela représente 60 % des oiseaux
dénombrés sur l?ensemble du territoire métropolitain. Le littoral joue
ainsi un rôle majeur pour l?hivernage des oiseaux d?eau, au premier
rang desquels les limicoles, les rivages hébergeant les trois quarts
des individus dénombrés sur la période étudiée.
Commentaire
Les limicoles sont généralement des oiseaux grégaires et sociables.
Certains ne passent que l?hiver en France comme les bécasseaux sanderling,
d?autres peuvent être vus toute l?année comme les courlis cendrés.
En bord de mer, ils affectionnent généralement les zones calmes et les
eaux peu profondes où ils peuvent s?abriter et se nourrir comme les
baies, les golfes et les estuaires.
Depuis plusieurs années, entre 500 000 et 600 000 individus sont
comptabilisés sur les côtes métropolitaines, soit les trois quarts de la
population hivernante en métropole ; certaines espèces étant
totalement inféodées au littoral.
Abondance des oiseaux d?eau hivernants
sur le littoral : les limicoles
Entre 500 000 et 600 000 limicoles (petits échassiers comme les bécasseaux, les barges,
les courlis, les gravelots et les chevaliers) hivernent annuellement sur les côtes métropolitaines,
principalement sur le littoral atlantique. Le littoral représente les trois quarts des limicoles
dénombrés en métropole chaque année. La France a une place importante en accueillant plus de 10 %
des populations européennes de nombreuses espèces. Ces dernières bénéficient d?aires protégées
assez importantes et la population de la majorité des limicoles augmente en métropole d?après les étu-
des de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Source : Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), 1990 Ã 2005.
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
On les trouve surtout sur les façades Manche ? mer du Nord et
Atlantique entre la baie de Somme et le bassin d?Arcachon.
La façade atlantique concentre à elle seule 80 % des populations
estimées entre 2000 et 2005.
Les principaux sites d?hivernage sont la baie du Mont-Saint-
Michel, la baie de l?Aiguillon et la pointe d?Arçay entre la Vendée et la
Charente-Maritime, la réserve naturelle nationale de Moëze entre
Oléron et le continent, et la baie de Bourgneuf à l?est de Noirmoutier.
Tous ces sites ont accueilli chacun plus de 30 000 oiseaux par an de
2000 Ã 2005.
D?après les estimations des populations faites par la Ligue pour la protec-
tion des oiseaux en 2003, les côtes métropolitaines abritent plus de 10 %
des populations biogéographiques1 de plusieurs limicoles, dont certaines
espèces menacées. Dans l?ordre décroissant de l?importance de la part du
littoral français, il s?agit de l?avocette élégante, du bécasseau variable, du
grand gravelot, du tournepierre à collier, du pluvier argenté, du bécasseau
sanderling et du bécasseau maubèche.
Évolution du nombre de limicoles hivernants sur le littoral
700
En milliers
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Répartition des limicoles hivernants,
moyenne pour la période 2000-2005
0 100 200 km
3 000
26 000
53 500
Nombre de limicoles observés
Sites littoraux ou non
Source : Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), 1990 Ã 2005.
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
1 Ensemble des populations d'une espèce suivant les mêmes voies de migration.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
14 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
En savoir plus
? Ifen, LPO, 2006. « Les oiseaux d?eau préfèrent les espaces
protégés en hiver », Le 4 pages, n° 110, mai 2006. 4 p.
? Le Corre N., 2009. « Le dérangement de l'avifaune sur les
sites naturels protégés de Bretagne : état des lieux, enjeux
et réflexions autour d'un outil d'étude des interactions hom-
mes/oiseaux » (thèse soutenue le 2 septembre 2009).
Brest : université de Bretagne occidentale (UBO). 537 p.
Sites Internet
? Ligue pour la protection des oiseaux :
http://www.lpo.fr
? Fiches indicateurs de l'Observatoire du littoral :
http://www.littoral.ifen.fr , rubrique « indicateurs »
Beaucoup de populations métropolitaines de limicoles augmentent 2.
Elles bénéficient de la protection de grandes zones humides littorales.
La part du territoire des communes littorales métropolitaines protégées est
en effet supérieure à la moyenne métropolitaine pour de nombreuses
protections. Elle est 2,6 fois plus forte pour les sites désignés dans le
cadre de la directive « Habitats, Faune, Flore », 1,8 fois pour les zones
de protection spéciale (directive « Oiseaux ») et 4,7 fois pour les
réserves naturelles nationales et de Corse.
Cependant, les usages des espaces naturels côtiers augmentent :
pêche à pied, promenade, plaisance, planche à voile, kite-surf?
Suivant le comportement des espèces, cela peut impliquer une forte
réduction des surfaces exploitées par les oiseaux. Une étude récente
montre que les territoires utilisés peuvent être divisés par deux lors de
fortes affluences humaines sur les sites (grandes marées par
exemple).
Le recensement des oiseaux d?eau hivernants est réalisé tous
les ans depuis de nombreuses années à la mi-janvier lorsque le
nombre d?hivernants est le plus important. Ces comptages sont
coordonnés au niveau national par la LPO. Ils s?inscrivent dans le
cadre d?un programme international de suivi, sous l?égide de
Wetlands International.
En France, environ 1 500 sites sont suivis. Ils sont regroupés
dans près de 400 sites fonctionnels, ensembles de sites cohérents
comme un tronçon de cours d?eau, un marais, un groupe d?étangs
ou un réseau de lagunes. Pour cette fiche, seuls les 90 sites fonc-
tionnels maritimes ou ayant l?essentiel de leur territoire à moins
de 10 kilomètres de la côte ont été pris en compte.
méthodologie
2 Étude de la LPO sur la période 1983-2003 pour l'ensemble du territoire métropolitain.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
15Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Chaque année à la mi-janvier, près de deux millions d?oiseaux d?eau
sont comptabilisés sur l?ensemble des zones humides suivies par le
réseau des observateurs bénévoles et professionnels coordonnés par
la LPO.
Cette importance de l?accueil des zones humides françaises est due Ã
la place stratégique occupée par le territoire métropolitain, en
position centrale sur l?axe de migration est-Atlantique entre le Nord et
l?Est de l?Europe d?une part, et l?Afrique, d?autre part. Elle abrite la
3e population d?oiseaux d?eau hivernante d?Europe, derrière les Pays-Bas
et le Royaume-Uni.
Les sites littoraux des trois façades maritimes jouent un rôle majeur
pour l?hivernage des oiseaux d?eau, de même que les grands fleuves
(Rhin, Rhône, Loire) et les zones humides continentales (Sologne,
Champagne humide, Brenne, Forez?).
Répartition des anatidés et foulques hivernants,
effectifs dénombrés en 200?
0 50 100 km
Plus de 20 000
Entre 10 000 et 20 000
Entre 2 000 et 10 000
Entre 500 et 2 000
Entre 1 et 500
Anatidés et foulques
Effectifs totaux
Source : LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), Wetlands International, 2010.
Abondance des oiseaux d?eau hivernants
en France : les anatidés et la foulque
Les zones humides de France métropolitaine sont particulièrement importantes pour les oiseaux
d'eau, dont les anatidés (canards, oies, cygnes?) et la foulque. Près de ?00 000 canards et
250 000 foulques étaient dénombrés sur les sites de comptage métropolitains lors des derniers
recensements hivernaux. Les effectifs de canards hivernants en France revêtent une importance
particulière au niveau international, du fait de la grande proportion des populations biogéographiques1
qu?ils représentent. Pour 12 des 30 espèces prises en compte dans ce suivi, les effectifs observés sur les
zones humides françaises atteignent ou dépassent le seuil d?importance internationale de 1 % de l?effectif
estimé des populations du Paléarctique occidental2. Les comptages annuels montrent que, selon les années,
25 à 30 zones humides françaises accueillent 1 % de la population biogéographique, et/ou plus de 20 000 oiseaux
d?eau simultanément.
1 Ensemble des populations d'une espèce suivant les mêmes voies de migration.
2 Le Paléarctique occidental correspond à une zone située au nord du Sahara, à l'ouest de
l'Oural et incluant le Moyen-Orient.
Commentaire
En 2009, neuf sites fonctionnels ont franchi le seuil de 20 000 anatidés
et foulques et ont atteint le seuil d?importance internationale fixé par le
critère n° 5 de la convention de Ramsar (traité international pour la
conservation et l'utilisation durable des zones humides). 24 sites ont
hébergé plus de 10 000 anatidés et foulques. Ils ont regroupé un total
de 643 543 individus, soit 56 % de l?effectif national compté.
Cette proportion très élevée de la population regroupée sur un
nombre de sites relativement modeste est une caractéristique très
« française » de l?hivernage des oiseaux d?eau. Cela relève surtout
d?une capacité d?accueil très inégale. Les oiseaux d?eau se concentrent
dans les espaces protégés, l?activité de chasse se pratiquant sur
l?essentiel des espaces en zones humides.
Les zones humides françaises sont particulièrement importantes pour
les espèces suivantes qui présentent le plus grand nombre de sites,
en accueillant au moins 1 % de leur population biogéographique :
la bernache cravant (12 sites d?importance internationale), le canard
souchet (9 sites d?importance internationale), le tadorne de Belon
(7 sites) et le canard chipeau (4 sites). Pour le canard pilet et le fuligule
milouin 3 sites atteignent le niveau d?importance internationale.
Les analyses de tendances basées sur les comptages réalisés depuis
1967 mettent en évidence une progression globale des anatidés et de
la foulque, surtout ces dix dernières années, qui cache toutefois des
différences selon les espèces. Les effectifs de certaines progressent
fortement, grâce à la protection et la gestion conservatoire des sites
de stationnement (oie cendrée, tadorne de Belon, foulque macroule?).
Cela met en évidence les bénéfices pour l?avifaune de la politique de
protection des zones humides, dont la désignation des réserves
naturelles et de chasse essentiellement.
Les comptages mettent également en évidence le déclin de plusieurs
espèces, dont le fuligule morillon, le fuligule milouinan, les macreuses
et l?eider à duvet. La modification de la zone de présence hivernale est
sans doute la cause de ce déclin. En raison de l?élévation sensible de la
température des mers, un tel déclin n?est en effet pas observé dans les
zones d?hivernation présentes plus au nord.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
16 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
En savoir plus
? Deceuninck B., Maillet N., Ward A., Dronneau Ch., Mahéo R.,
2010. « Dénombrements d?anatidés et de foulques
hivernant en France : janvier 2009 » (Rapport de Wetlands
International, de la LPO et du MEEDDM). 41 p.
? Deceuninck B., Fouque C. « Anatidés dénombrés en France
en hiver : importance internationale de zones
humides et tendances des effectifs », Ornithos. À paraître
? Deceuninck B., 1997. « Synthèse des dénombrements de
canards et foulques hivernant en France 1967-1995 »
(rapport du MATE, de l?International Waterfowl Research
Bureau et de la LPO). 118 p.
? Ifen, LPO, 2006. « Les oiseaux d'eau préfèrent les espaces
protégés en hiver », Le 4 pages, n° 110, mai 2006. 4 p.
Site Internet
? Ligue pour la protection des oiseaux :
http://www.lpo.fr
Évolution du nombre d'anatidés et foulques hivernants sur
l'ensemble des zones humides de France métropolitaine
0
0,5
1
1,5
2
2,5
3
Indice base 1 en 1990
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67
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Source : LPO - Wetlands International.
Le recensement des oiseaux d?eau hivernants est réalisé tous
les ans depuis 1967 Ã la mi-janvier, soit au moment de l?hiver
quand les oiseaux ne se déplacent plus. Ces comptages sont
coordonnés au niveau national par la Ligue pour la protection des
oiseaux (LPO). Ils s?inscrivent dans le cadre d?un programme inter-
national de suivi, sous l?égide de Wetlands International.
En France, environ 1 500 sites sont suivis. Ils sont regroupés
dans près de 400 sites fonctionnels, ensembles de sites cohérents
exploités par les oiseaux tant en activité d?alimentation que de
repos : une baie, un tronçon de cours d?eau, un marais, un groupe
méthodologie
Outre quelques espèces rares, voire occasionnelles, les données
des comptages d?oiseaux d?eau de la mi-janvier permettent aussi de
suivre depuis une quinzaine d?années la progression des espèces
introduites. Il est à noter que beaucoup d?anatidés exotiques sont
observés en liberté dans les zones humides de toutes les régions.
Une majorité de ces espèces proviennent de captivité.
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Contexte
L?instauration de plans de chasse en 1963, généralisés en 1979 et
l?adoption de mesures de gestion conservatoire ayant pour objectif
de faire progresser les effectifs ont réussi. Alors que le cerf était
faiblement présent dans la moitié Sud de la France au milieu des
années 1980, la tendance est désormais à une homogénéisation
des effectifs entre le Nord et le Sud. La population de cerf élaphe
semble continuer à progresser dans les secteurs où il était
historiquement moins présent, notamment dans les zones
montagneuses.
La population de cerf élaphe demeure inégalement répartie sur
le territoire national : le quart de l?effectif est concentré sur 9 % de
la superficie totale occupée et la moitié sur 26 % des surfaces occupées.
Les plus fortes concentrations de population se trouvent dans les
massifs forestiers de plaine et de basse altitude. Cela se traduit par
des évolutions inégales selon les zones géographiques :
? d?une part, un très fort accroissement des populations dans les
départements montagneux où les populations étaient historiquement
faibles. En moyenne, les effectifs ont été multipliés par 10 en vingt ans
dans les sept départements alpins et par 12 dans les cinq départements
pyrénéens ;
? d?autre part, une progression inférieure à la moyenne nationale
pour les départements dépassant déjà 1 000 têtes en 1985 (sauf
la Côte-d?Or).
Évolution des populations de grands
herbivores : le cerf élaphe
D'après une étude du réseau cervidés-sanglier de l?Office national de la chasse et de la faune sauvage
(ONCFs), le nombre de cerfs élaphe en France est en forte augmentation depuis 1??5, tant en termes
d?effectifs que de surface forestière colonisée. En 2005, le cerf occupait 6,? millions d?hectares de forêts
contre 3,? millions d?hectares en 1??5, soit une hausse de plus de ?0 %. Les effectifs nationaux ont été
quasiment multipliés par 4 en vingt ans, passant d?environ 3? 600 têtes en 1??5 à 151 000 environ
en 2005.
Source : ONCFS ? FNC ? FDC ? réseau de correspondants « cervidés - sanglier », 2009.
Effectifs du cerf élaphe en France métropolitaine
0
20 000
40 000
60 000
80 000
100 000
120 000
160 000
140 000
1985 2000 2005
Commentaire
En 2005, le cerf occupait 6,7 millions d?hectares de forêts (45 %
du territoire boisé) contre 3,9 millions d?hectares en 1985 (25 % du
territoire boisé), soit une hausse de plus de 70 %. Les effectifs
nationaux ont été quasiment multipliés par 3,9 en vingt ans, passant
d?environ 38 600 têtes en 1985 à 151 000 environ en 2005.
Le cerf élaphe est une espèce de grande taille qui a besoin d?un
espace vital important. Le cloisonnement de ses habitats par les
infrastructures routières et ferroviaires limite de fait les échanges entre
les populations.
À l?exception de quelques zones de montagne où les grands
carnivores sont à nouveau présents, les cervidés n?ont plus d?autres
prédateurs que l?homme. Ce dernier a donc un rôle prépondérant dans
le maintien de l?équilibre de ces populations qui peuvent
causer des dégâts importants sur les milieux naturels et les surfaces
agricoles (notamment la sylviculture). L?évolution des tableaux de
chasse réalisés de 2000 à 2008 reflète la progression du cerf :
sur cette période récente, le nombre d?animaux abattus a augmenté
de 34 % mais reste encore inférieur aux prélèvements autorisés.
Les données sur le cerf élaphe sont recueillies par le réseau
de correspondants « cervidés-sanglier » ONCFS-Fédération
départementale de chasse et le réseau « ongulés sauvages »
dans chaque département. Les effectifs sont estimés par un
nombre maximum et un minimum systématiquement vérifiés
par un contrôle de cohérence entre les évolutions de populations
et les résultats des tableaux de chasse. Les estimations présentées
dans cette synthèse correspondent aux moyennes de ces deux
nombres.
L?inventaire des effectifs de cerfs élaphe a permis de suivre
l?évolution de la population de cette espèce depuis sa mise en
place en 1985. Cet inventaire a par la suite été actualisé en 1987,
1990, 1994, 2000 et 2005. Parallèlement, l?enquête annuelle des
« tableaux de chasse départementaux » permet de suivre
l?évolution des prélèvements cynégétiques depuis 1973.
méthodologie
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
1? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Source : ONCFS ? FNC ? FDC ?réseau de correspondants « cervidés - sanglier ».
Estimation du nombre de cerfs par département en 2000
0 50 100 km
Plus de 3 000
Entre 2 000 et 3 000
Entre 1 000 et 2 000
Entre 500 et 1 000
Moins de 500
Absence du cerf
Effectif (nombre de départements)
(15)
(29)
(12)
(14)
(16)
(10)
Source : ONCFS ? FNC ? FDC ?réseau de correspondants « cervidés - sanglier ».
Estimation du nombre de cerfs par département en 2005
0 50 100 km
Plus de 3 000
Entre 2 000 et 3 000
Entre 1 000 et 2 000
Entre 500 et 1 000
Moins de 500
Absence du cerf
Effectif (nombre de départements)
(16)
(27)
(6)
(14)
(13)
(20)
En savoir plus
? ONCFS, 2008. Tout le gibier de France : atlas de la bio-
diversité de la faune sauvage, Les 90 espèces chassables ?
Répartition géographique, populations et tendances
d?évolution à long terme. Paris : Hachette pratique. 503 p.
Site Internet
? Présentation des différents réseaux d?observation de
l?ONCFS :
http://www.oncfs.gouv.fr/recherch/cnera.php
Source : ONCFS ? FNC ? FDC ?réseau de correspondants « cervidés - sanglier ».
Estimation du nombre de cerfs par département en 1??5
0 50 100 km
Plus de 3 000
Entre 2 000 et 3 000
Entre 1 000 et 2 000
Entre 500 et 1 000
Moins de 500
Absence du cerf
Effectif (nombre de départements)
(17)
(53)
(13)
(9)
(4)
(0)
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
19Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution des populations de grands
prédateurs : le loup, le lynx et l'ours
Le loup, le lynx et l?ours font l?objet de mesures de protection sur le territoire français. Si le loup
et le lynx semblent s?être installés durablement, ce n?est pas le cas pour l?ours dont l?avenir n?est
toujours pas garanti. Les effectifs du loup augmentent en effet (+22 % en 2008 par rapport à 2007),
ainsi que son aire de répartition. La présence régulière globale du lynx s?accroît dans les Vosges,
le Jura et les Alpes (+12 % sur 2005-2007 par rapport à 2002-2004). En revanche, l?ours présente
toujours des effectifs faibles malgré deux vagues de lâchers à la fin des années 1990 et en 2006. Ainsi,
il y aurait entre 15 et 19 ours actuellement dans les Pyrénées.
Contexte
Présent sur 90 % du territoire il y a deux siècles, le loup (Canis lupus)
a disparu de France à la fin des années 1930. Depuis l?installation en
1992 de deux individus venus d?Italie dans le parc national du
Mercantour, le retour naturel du loup dans les Alpes, le Massif central
et les Pyrénées est suivi par le réseau loup-lynx de l?Office national de
la chasse et de la faune sauvage (ONCFS ? CNERAPAD).
La chasse et la réduction des surfaces forestières ont été les
principales causes de la régression du lynx, autrefois largement
répandu en France. Disparu du bassin parisien et des Vosges au
cours du XVIIe siècle, du Massif central et du Jura dans la seconde
moitié du XIXe siècle, il s?est néanmoins maintenu dans les Alpes
jusqu?au début des années 1940. Dans la chaîne pyrénéenne, l?espèce
semble s?être éteinte dans les années 1950. Suite à la réintroduction
du lynx dans le Jura suisse au début des années 1970, l?espèce est
revenue naturellement dans le Jura français à partir de 1974. Cette
population constitue aujourd?hui le principal noyau en France.
La destruction des habitats et des individus a conduit à une forte
régression des effectifs de l?ours en France, affectant d?abord les
plaines puis les massifs montagneux. Dans les années 1940, la popu-
lation pyrénéenne, seule survivante, était estimée de 100 à 150
individus. Tombée à moins de 70 individus, cette population a commencé
à se fragmenter en deux noyaux dans les années 1960 : l?un à l?ouest,
l?autre au centre. Seuls 7 Ã 8 individus subsistaient dans l?ouest de la
chaîne au début des années 1990. Désormais les populations sont
divisées en trois noyaux : un noyau occidental, un central et un oriental.
Commentaire
Le nombre de loups présents en France continue d?augmenter, avec
une nette hausse des effectifs minimums résidant, qui sont estimés
à 77 individus au cours de l?hiver 2008-2009 (+ 22 % depuis l?hiver
2007-2008). Parallèlement, 26 Zones de présence permanente (ZPP)
ont été dénombrées sur la même période. 19 abritent des meutes et
7 concernent soit des individus solitaires, soit deux individus dont la
preuve de constitution en meute n?a pas été prouvée.
Répartition du loup en France en 2003-2004
Avérée
Non avérée ou occasionnelle
Présence du loup par commune
Source : ONCFS (CNEPARAD, réseau loup) ? © IGN, GEOFLA®, 2006.
Répartition du loup en France en 2008-2009
Avérée
Non avérée ou occasionnelle
Présence du loup par commune
Source : ONCFS (CNEPARAD, réseau loup) ? © IGN, GEOFLA®, 2006.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
20 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Répartition du lynx en France 2002-2004
Régulière
Récente
Irrégulière
Présence du lynx
Source : ONCFS (CNEPARAD, réseau lynx).
Répartition du lynx en France 2005-2007
Régulière
Récente
Irrégulière
Présence du lynx
Source : ONCFS (CNEPARAD, réseau lynx).
Le noyau principal de la population de lynx dans le Jura compte
actuellement entre 74 et 108 individus. Dans les années 1980,
l?espèce fut réintroduite avec succès dans les Vosges, la population
actuelle étant estimée dans ce massif entre 23 et 34 lynx. Depuis le
début des années 1990, un troisième noyau est en cours de
constitution dans les Alpes, très probablement en connexion
démographique avec le noyau jurassien et peut-être aussi avec la
population alpine suisse. Entre 15 et 22 lynx vivent actuellement
dans les Alpes françaises. Le nombre total d?individus présents en
France est estimé entre 112 et 164. L?aire de présence régulière
globale en 2005-2007 a ainsi progressé de 12 % par rapport à la période
2002-2004 pour atteindre une superficie supérieure à 10 000 km²
(+ 14 % dans le Jura, + 4 % dans les Vosges, + 15 % dans les Alpes).
La progression des indicateurs géographiques et démographiques
montre une dynamique excédentaire du loup et du lynx : chaque
année, le taux de reproduction est supérieur au taux de mortalité.
La population continue donc de s?accroître numériquement et
spatialement dans la continuité des années passées. L?augmentation
des populations de cervidés et d?ongulés de montagne contribue
à l?implantation permanente du loup et du lynx en France.
Pour le loup et le lynx, le réseau CNERAPAD de l?ONCFS relève
chaque année des indices de présence de ces espèces.
Il identifie les zones de présence régulière, irrégulière et récente
du lynx ainsi que les zones de présence permanente du loup
correspondant à l?installation d?un ou plusieurs individus de
façon stable et territoriale. L?effectif minimal résidant dans
chaque ZPP est évalué et des zones de présence temporaire
sont également localisées.
Dans le cadre du plan de restauration de l?ours 2006-2009,
certains individus ont été équipés de colliers émetteurs afin de
suivre leurs déplacements. Un réseau de professionnels et
d?associations analyse les traces laissées par les ours afin de
mieux connaître les moeurs de cet animal.
méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Présentation des différents réseaux d?étude de la faune
à l?ONCFS (CNERAPAD et réseaux de correspondants) :
http://www.oncfs.gouv.fr
? Site de l?État consacré à l?ours brun :
http://www.ours.ecologie.gouv.fr
? Site de l?État consacré au loup et au lynx :
http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr
Évolution de la présence du loup en France
Source : ONCFS (CNERAPAD, réseau loup), 2009.
0 0
3
6
9
12
15
18
21
24
27
Hivers
Zones de présence permanente (ZPP)
10
20
30
40
50
60
70
80
90
Effectif minimal résidant
Nombre de ZPP Effectif minimal résidant (moyenne)
19
92
-19
93
19
93
-19
94
19
94
-19
95
19
95
-19
96
19
96
-19
97
19
97
-19
98
19
98
-19
99
19
99
-20
00
20
00
-20
01
20
01
-20
02
20
02
-20
03
20
03
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04
20
04
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05
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05
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06
20
06
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07
20
07
-20
08
20
08
-20
09
Si le loup et le lynx semblent s?être installés durablement sur le
territoire français, ce n?est pas le cas de l?ours dont l?avenir n?est toujours
pas garanti. Après la mort de l?ourse Cannelle en novembre 2004,
dernière femelle de souche pyrénéenne, la population d?ours dans les
Pyrénées (France et Espagne) était de 4 mâles au sein du noyau
occidental, 9 à 12 individus dans le noyau central et d?un ou deux mâles
plus à l?est (Pyrénées-Orientales). Pour la première fois de façon
certaine, l?espèce fut aperçue en Andorre en 2004. 4 femelles et 1 mâle
ont ensuite été lâchés dans les départements de Haute-Garonne (4 ours)
et des Hautes-Pyrénées (1 ours) entre fin avril et fin août 2006. En 2008,
15 à 19 ours seraient présents sur l?ensemble du territoire pyrénéen
(France et Espagne).
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
21Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Autrefois pourchassée pour sa fourrure et longtemps considérée comme
un redoutable prédateur de poissons, concurrente directe des pêcheurs,
l?espèce a fait l?objet de destructions massives, essentiellement par
piégeage. La pollution des cours d?eau et l?assèchement des zones
humides, principalement liées à l?agriculture intensive, ont contribué à son
déclin. La position de la loutre en fin de chaîne alimentaire fait d?elle une
espèce vulnérable mais également indicatrice de la richesse piscicole et
de l?état de santé des milieux aquatiques.
Commentaire
La loutre est un mustélidé inféodé aux cours d?eau, aux étangs et aux
zones humides. Largement répandue en France au XIXe siècle,
l?espèce a disparu des trois quarts de son aire de répartition et a connu
une très forte diminution de ses effectifs dès le début du XXe siècle.
L?effectif de la loutre, estimé à plus de 50 000 individus au début du
siècle dernier, serait compris entre 1 000 et 2 000 individus
actuellement. Toutefois, la situation de l?espèce s?améliore dans
plusieurs régions et la loutre n?est actuellement plus classée comme
menacée en France dans la liste rouge de l?Union internationale pour la
conservation de la nature.
Évolution des populations de la loutre
en France
Présente sur la grande majorité du territoire métropolitain jusqu?au début du XXe siècle, la population
globale de loutre a régressé progressivement à partir des années 1?30. C?est d?abord dans l?Est et le Nord
de la France que les premiers signes de déclin sont apparus, pour s?étendre ensuite à une grande partie
de l?Hexagone. seuls le Massif central et la façade atlantique ont ainsi conservé des populations de
loutre. C?est à partir de ces populations relictuelles qu'elle a amorcé à partir de 1??4 une phase de
recolonisation grâce à la mise en place de la protection légale de l?espèce et la conduite de campagnes de
conservation par des associations et des spécialistes. Ces actions ont permis à la loutre de réoccuper
spontanément les réseaux hydrographiques dans la plupart des régions de la moitié sud du pays. C?est ainsi
que les bassins de la Loire, de la Garonne et du Rhône ont progressivement été recolonisés par l?espèce.
Les populations du Nord et de l?Est de la France ont commencé Ã
diminuer dès le début des années 1930. Ce phénomène s?est ensuite
élargi au Nord-Pas-de-Calais, à la Lorraine, l?Alsace et l?Île-de-France,
ainsi qu?à quelques départements du Sud-Ouest. Dans les années 1980,
l?espèce n?était bien représentée que dans 10 départements de la façade
atlantique et du Massif central. Quelques populations clairsemées
subsistaient toutefois dans 17 autres départements des Pyrénées, de
Poitou-Charentes, d?Auvergne et de Rhône-Alpes. À cette période, la
loutre a complètement disparu ou est devenue très rare dans toutes les
régions situées au nord d?une ligne reliant la Normandie aux Alpes
du Sud.
C?est à partir des deux noyaux relictuels de la façade atlantique et du
Massif central que les populations de loutre ont commencé leur lente
recolonisation, grâce à la mise en place d?une protection légale de
l?espèce et la conduite de campagnes de protection par des associations
de protection de la nature et des spécialistes. Ces actions ont permis Ã
la loutre de réoccuper spontanément les réseaux hydrographiques dans
plusieurs régions de la moitié Sud du pays. C?est ainsi que les populations
de loutre commencent à recoloniser le bassin de la Loire, de la Garonne
et du Rhône. Le Nord et l?Est de la France semblent pour l?instant Ã
l?écart de cette recolonisation.
La loutre reste victime du trafic routier et la présence de polluants
toxiques dans les eaux constitue actuellement l?une des plus inquiétantes
menaces pour l?espèce. Une étude réalisée dans les marais de l?ouest de
1989 à 2001 a permis de relever, sur des cadavres collectés au bord des
routes, des concentrations élevées de certains composés métalliques
dangereux (cadmium, mercure?) et de biocides hautement toxiques
qui ne sont plus rejetés dans la nature depuis plus de dix ans, et d?autres
comme le DDT depuis plus de trente ans?
La loutre d'Europe est un carnivore de taille moyenne, semi-
aquatique et principalement nocturne. Dans la nature, en particulier
dans les endroits où la densité de population est faible, elle est
discrète, farouche et très difficile à observer. En milieu
aquatique linéaire (cours d?eau), le domaine vital de chaque
individu est très vaste et varie, en général, de 10 à 25 km selon
le sexe de l?animal et la richesse du milieu. En zones de marais,
le domaine vital peut atteindre de 2 000 Ã 3 000 hectares et est
de l?ordre de 500 Ã 800 hectares pour les milieux lacustres.
Si la présence de la loutre est facile à mettre en évidence grâce
aux traces et indices spécifiques, les effectifs sont en revanche
très difficiles à estimer. Des contrôles de présence réguliers sont
effectués par bassins hydrographiques par des associations
naturalistes, l?ONCFS et des spécialistes.
Un plan de restauration de la loutre d?Europe en France a été
initié en 2000 pour le compte du ministère en charge de l?Écologie
afin de permettre la recolonisation de cette espèce sur l'aire
géographique qu'elle occupait à la moitié du siècle dernier. Un nou-
veau plan d?action est actuellement en préparation pour
faciliter et consolider le retour de la loutre.
méthodologie
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
22 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Répartition de la loutre sur la période 1??0-2005
Niveau de présence (nombre de départements)
(42)
(25)
(13)
(16)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Population réintroduite
Source : Bouchardy C. et Rosoux R.
Source : Bouchardy Ch. Groupe Loutre SFEPM / SPN-MNHN.
Répartition de la loutre sur la période 1??0-1??0
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
Répartition de la loutre sur la période 1?00-1?30
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(7)
(0)
(2)
(87)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
Source : Bouchardy Ch. Groupe Loutre SFEPM / SPN-MNHN .
Répartition de la loutre sur la période 1?50-1??0
Niveau de présence (nombre de départements)
(23)
(3)
(52)
(18)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Source : Bouchardy Ch. Groupe Loutre SFEPM / SPN-MNHN .
En savoir plus
? BOUCHARDY C., 1986. La loutre. Paris : Sang de la terre.
174 p.
? BOUCHARDY C., ROSOUX R., BOULADE Y., 2001. La loutre
d?Europe, histoire d?une sauvegarde. Nohanent : Catiche
Productions - Libris. 31 p.
? COLAS C., CAURANT F., ROSOUX R., De BELLEFROID M.M, 2006.
Recherche de contaminants organiques et métalliques
chez la loutre d?Europe dans l?ouest de la France. Rapport
de synthèse. Plan de restauration national. 78 p.
? Collectif, 1999. « Projet de Plan de restauration de la lou-
tre d?Europe Lutra lutra en France » (Document réalisé
pour le compte du ministère de l?Environnement et de
l?Aménagement du territoire, direction de la Protection
de la nature et des Paysages). 60 p. + annexes.
? Collectif, 2002. « Connaissance et gestion des habitats et
des espèces d?intérêt communautaire. Tome 7 : Espèces
animales » (Cahiers d?habitats Natura 2000). Paris :
La Documentation française. 353 p.
? LIBOIS R.M., ROSOUX R., 1991. « Écologie de la loutre
(Lutra lutra) dans le Marais Poitevin - II. Aperçu général
du régime alimentaire », Mammalia, tome 55. pp. 35-47.
? ROSOUX R., 1998. « Étude des modalités d?occupation de
l?espace et d?utilisation des ressources trophiques chez la
loutre d?Europe (Lutra lutra) dans le Marais Poitevin »
(Thèse de doctorat dirigée par Jean-Yves Gautier, soutenue en
1998). Rennes : université de Rennes 1. 186 p. + annexes.
? ROSOUX R., TOURNEBIZE T., 1995. « Analyse des causes de
mortalité chez la loutre d'Europe (Lutra lutra) dans le Centre
Ouest atlantique (France) », Cahiers d?Ethologie, vol. 15,
n° 2-3-4. pp. 337-350.
? ROSOUX R., TOURNEBIZE T., MAURIN H., BOUCHARDY C.,
1995. « Étude de la répartition de la loutre d?Europe
(Lutra lutra L.) en France. Actualisation 1993 », Cahiers
d?Éthologie, vol.15, n° 2-3-4. pp. 195-206.
? ROSOUX, R., GREEN J., 2004. La Loutre. Paris : BELIN. 97 p.
(Coll. Éveil Nature).
? SIMONNET F., GREMILLET X., 2009. « Préservation de la lou-
tre d'Europe en Bretagne : prise en compte de l?espèce
dans la gestion de ses habitats », Le Courrier de la Nature,
vol. 247. pp. 25-33.
? TANS M., HUGLA J.-L., LIBOIS R.-M., ROSOUX R., THOME
J.-P., 1995. « Contamination of European otters (Lutra
lutra) by PCB congeners and organochlorine pesticides in
the wetlands of western France », Netherlands Journal of
Zoology, vol. 46, n° 3-4. pp. 326-336.
Site Internet
? Groupe d?étude de la loutre de la Société française pour
l?étude et la protection des mammifères (SFEPM) :
http://www.sfepm.org/groupeLoutre.htm
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
23Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Indice de la qualité piscicole des eaux
continentales - Indice poissons rivière
En 200?, la moitié des stations étudiées présentent un bon, voire un très bon état et aucune évo-
lution significative de la qualité piscicole des eaux n?est détectée depuis 2001. De fortes disparités
existent cependant entre les grands bassins hydrographiques. Outre la qualité chimique et physico-
chimique de l?eau, les poissons sont sensibles au régime hydrologique et à l?état physique des cours
d?eau. Ces résultats montrent que des efforts restent à faire pour satisfaire aux exigences de bon état
écologique des cours d?eau de la directive-cadre sur l?eau (DCE).
Contexte
La DCE 2000/60/CE, adoptée le 23 octobre 2000 et transposée en
France par la loi n° 2004-338 du 21 avril 2004, établit un cadre pour
une politique communautaire dans le domaine de l?eau. La DCE impose
une obligation de résultat aux États membres de l?Union européenne,
et en particulier l?atteinte d?un « bon état » écologique des milieux
aquatiques d?ici 2015. Dans ce cadre, la France a mis en place un
Réseau de contrôle et de surveillance (RCS) à partir des réseaux
préexistants, composé de stations de mesure de la qualité des eaux
superficielles réparties sur l?ensemble du territoire métropolitain.
L?Indice poissons rivière (IPR) est un indicateur de qualité des
peuplements piscicoles. Par l?inventaire piscicole d?espèces représentatives
des peuplements présents en France, cet indice permet de qualifier la
qualité piscicole des cours d?eau. Cet IPR est réalisé dans des stations
réparties sur l?ensemble des cours d?eau de France métropolitaine (excepté
pour la Corse).
Commentaire
En 2007, 53 % des cours d?eau présentent une qualité piscicole des
eaux bonne à très bonne. 19 % sont classés comme mauvais à très mau-
vais et 28 % sont classés comme passables. Même si les résultats varient
d?une année à l?autre, plus de la moitié des cours d?eau étudiés ces der-
nières années ont une qualité piscicole des eaux satisfaisante (variation
de 48 % en 2003 à 60 % en 2006). Moins d?un quart des prélèvements
réalisés ces dernières années montrent une mauvaise qualité piscicole
des eaux (de 17 % en 2005 à 23 % en 2003). Ceux classés comme ayant
une qualité passable ou médiocre représentent légèrement plus du quart
des cours d?eau étudiés (de 25 % en 2002 et 2005 à 29 % en 2003).
L?année 2003 se détache en raison d?une température élevée des cours
d?eau et d?un affaiblissement général des débits.
En règle générale, les zones présentant les plus mauvais résultats sont
celles où les pressions sur les écosystèmes sont les plus fortes : fortes
densités de population, agriculture intensive, activités industrielles.
La qualité piscicole des eaux est ainsi généralement meilleure dans les
cours d?eau en amont des grands fleuves (tête de bassins), qui sont
préservés de l?impact des activités humaines. Cependant, la modification
ou la destruction des habitats diminuent la qualité des peuplements
piscicoles : aménagements qui obstruent la libre circulation de la faune,
aménagements des berges, destruction des frayères ou des sites de
nourrissage? Ainsi, les situations locales sont très variées.
Ces résultats montrent que des efforts restent à faire pour satisfaire
aux exigences de bon état écologique des cours d?eau de la directive-
cadre sur l?eau.
Indice poissons rivière en 200? au niveau
des stations de suivi des rivières
0 50 100 km
Très mauvaise
Mauvaise
Médiocre
Bonne
Excellente
Classe de qualité (nombre de points concernés)
(100)
(402)
(261)
(117)
(58)
Source : ONEMA, 2007 ? MEEDDM, BD CARTHAGE®, 2008.
Qualité piscicole des cours d'eau
Indice poissons rivière
10,3 %
11,0 %
8,9 %
9,9 %
13,4 %
12,9 %
10,7 %
44,1 %
42,0 %
38,9 %
43,0 % 27,4 %
44,7 %
47,5 %
42,9 %
26,7 %
25,2 %
29,0 %
24,8 %
24,5 %
27,8 %
11,6 %
13,6 %
14,0 %
12,5 %
11,9 %
10,6 %
12,5 %
7,3 %
8,1 %
9,2 %
7,2 %
5,3 %
4,5 %
6,2 %
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 %100 %
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Très bonne Bonne Passable Mauvaise Très mauvaise
938 mesures
651 mesures
639 mesures
860 mesures
815 mesures
648 mesures
654 mesures
Source : ONEMA, Indice poissons rivière (IPR), 2008.
SNB
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
24 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les résultats de l?Indice poissons rivière en 2007 sont très différents
d?un bassin hydrogéographique à l?autre. Le bassin Seine-Normandie
présente une qualité piscicole des eaux bonne à très bonne pour 70 %
de ses cours d?eau malgré une nette dégradation vers le Bassin
parisien où les pressions sont fortes. La côte normande ainsi que
l?amont du bassin versant de la Seine sont plus épargnés.
Le bassin Artois-Picardie, très peuplé, avec une agriculture
importante, ne montre une qualité satisfaisante que pour 39 % de ses
cours d?eau et près de 43 % sont classés comme mauvais ou très
mauvais (sur seulement 28 stations étudiées).
Sur le bassin Rhin-Meuse les IPR semblent meilleurs dans les régions
forestières et très variables en zones urbanisées.
En Loire-Bretagne, les activités agricoles semblent être le principal
facteur limitant le bon fonctionnement écologique des milieux
aquatiques.
Les bassins Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée sont soumis à de
fortes pressions urbaines et aux aménagements hydroélectriques en
amont des rivières qui empêchent par exemple le retour des poissons
migrateurs sur leurs sites de reproduction.
Qualité piscicole des milieux aquatiques
par bassin hydrogéographique
Indice poissons rivière en 200?
7 %
16 %
21 %
9 % 8 % 8 %
32 %
35 %
49 %
40 %
49 %
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33 %
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Très bonne Bonne Passable Mauvaise Très mauvaise
Source : ONEMA, Indice poissons rivière (IPR), 2008.
L?Indice poissons rivière permet de qualifier la qualité biologique
des cours d?eau de France métropolitaine en s?appuyant sur le
peuplement piscicole. Cependant, cet indice ne s?applique pas
aux cours d?eau de Corse en raison de l?originalité de la faune
piscicole. L?IPR est ainsi calculé à partir d?échantillons de
peuplements de poissons obtenus par pêche à l?électricité.
Le calcul de l?IPR prend en compte un ensemble de 34 espèces
ou groupes d?espèces qui sont les mieux représentées à l?échelle
du territoire français et pour lesquelles il a été possible de
modéliser la répartition en situation de référence.
Pour les grands cours d?eau, les difficultés de mise en oeuvre
des méthodes d?échantillonnage des peuplements sont
susceptibles d?entraîner une certaine instabilité de l?indice
indépendamment de toute variation de l?environnement.
Le réseau de référence est constitué de 391 stations réparties
sur l?ensemble du territoire de manière à procurer une bonne
vision des conditions de référence des différents types de
masses d?eau. Ces stations correspondent à des sites ne subissant
pas ou de très faibles pressions. Pour les types de masses d?eau
ne présentant plus de situations de référence, comme les parties
aval des grands cours d?eau, des modélisations ont été
réalisées.
Les catégories très mauvaises, mauvaises, passables, bonnes
et très bonnes sont définies par les critères de qualité des eaux
de la directive-cadre sur l?eau.
méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Office national de l?eau et des milieux aquatiques :
http://www.onema.fr/
? SOeS Environnement :
http://www.ifen.fr, « Données essentielles »> « Eau »>
« Mise en oeuvre de la DCE et politique locale de l'eau »
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
25Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution de l'abondance des poissons
migrateurs : le saumon
Les espèces amphihalines étaient abondantes en France jusqu?au XIXe siècle. La construction de
barrages et la pollution chronique des eaux sont responsables d?une régression importante de leurs
populations au cours du siècle passé. Depuis les années 1??0, des passes à poissons sont aménagées
sur les ouvrages infranchissables. Même si ceux-ci permettent désormais le passage des poissons
migrateurs comme le saumon, les effectifs observés restent encore relativement faibles sur les
principaux cours d?eau français.
Contexte
Les poissons amphihalins sont des espèces dont le cycle biologique
nécessite des migrations entre les eaux douces et la mer. Les principaux
grands migrateurs présents en France sont le saumon atlantique, la truite
de mer, les aloses, l?anguille, les lamproies et l?esturgeon. Ils naissent en
eau douce, rejoignent la mer pour grandir et reviennent en rivière pour
se reproduire, excepté l?anguille qui accomplit le cycle inverse.
Au XIXe siècle, il a été estimé qu?environ 50 000 à 100 000 saumons
remontaient chaque année la Loire. Un ordre de grandeur similaire
était observé dans le Rhin. Plusieurs dizaines de milliers de poissons
étaient également observées dans la Seine, la Dordogne et la Garonne.
Les effectifs ont ensuite décliné rapidement, surtout à partir des
années 1950 pour atteindre des niveaux très préoccupants ces dernières
années.
Commentaire
Les effectifs de saumons comptabilisés sur l?axe Loire-Allier subis-
sent de fortes variations d?une année sur l?autre. Les années 2003 et
2006 sont des années records avec respectivement 1 200 et 950 sau-
mons dénombrés. En dehors de ces années particulières, le nombre
moyen de saumons comptabilisés annuellement à la station de
contrôle de Vichy (à 650 km de la mer) atteint environ 500 individus
au cours de la période 1996-2009, ce qui reste loin de l?objectif de
2 400 saumons initialement fixé pour l?année 2007. Plus en amont,
sur l?Allier à la station de Poutès, le nombre de saumons comptabili-
sés reste faible avec une moyenne de 74 individus comptés sur la
période 1996-2009 (maximum de 153 saumons en 2006).
Nombre de saumons comptabilisés sur l'axe
Loire ? Allier depuis 1??6
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1 000
1 100
1 200
1 300
Nombre de saumons contrôlés
Station de comptage de Poutès Station de comptage de Vichy
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
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02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
Source : Logrami ? Onema, 2009.
Note : Suite à un incident survenu en janvier 2006, la passe de Tuilière n'a plus fonctionné
jusqu'en mars 2009.
Source : Migado ? Onema 2009.
Nombre de saumons comptabilisés sur l'axe
Garonne ? Dordogne depuis 1??3
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1 000
1 100
1 200
1 300
1 400
1 500
Nombre de saumons contrôlés
Station de comptage de Golfech sur la Garonne
Station de comptage de Tuilière sur la Dordogne
19
93
19
94
19
95
19
96
19
97
19
98
19
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06
20
07
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08
En ce qui concerne la Dordogne, les effectifs 2003, 2004 et 2005
observés à la station de Tuilière (respectivement 184, 306 et 122)
restent largement inférieurs aux niveaux observés entre 2000 et 2002
avec plus de 1 000 saumons comptabilisés annuellement durant cette
période (maximum de 1 417 en 2002). Après un incident survenu en
janvier 2006, cette passe à poissons ne fonctionne à nouveau que depuis
mars 2009.
Une diminution des effectifs, allant jusqu'à 70 %, est également
observée sur la Garonne depuis la période 2000-2002 : à la station de
Golfech, plus de 460 saumons par an en moyenne sont notés entre 2000
et 2002, alors que la moyenne 2003-2005 se situe aux environs de
85 individus et de 160 pour la période 2006-2008.
Sur le Rhin, quelque 70 saumons en moyenne (maximum de
94 individus en 2002, minimum de 47 en 2006) sont dénombrés chaque
année au barrage d?Iffezheim, en aval de Strasbourg, depuis leur retour en
2000 suite à la mise en service d?une passe à poissons. Le cycle de ce
poisson n?est toutefois pas encore vraiment réamorcé en Alsace du fait de
la persistance de nombreux obstacles non aménagés sur le Rhin, l?Ill et la
Bruche. L?ouverture d?une nouvelle passe à poissons en juin 2006 Ã
Gambsheim, situé 25 km en amont de celle d?Iffezheim, a permis le
passage de 27 saumons en 2007 et 70 en 2008. Après Molsheim en 2007,
des travaux sur l?ouvrage de Mutzig ont débuté en septembre 2009 afin
de l?équiper d?une passe à poissons.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
26 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
À partir du milieu des années 1990, les bassins hydrographiques
se sont dotés d?un premier plan de gestion des poissons migra-
teurs. Des barrages sont aménagés avec création ou amélioration
des dispositifs de franchissement, la pêche au saumon devient
interdite sur la Loire, des comptages et suivis sont mis en place?
Les comptages sont le plus souvent réalisés à l?aide de caméras qui
filment les individus lors du franchissement des passes à poissons.
Ces dispositifs sont de plusieurs types. Il peut s?agir d?échelles ou
d?escalier menant à des bassins successifs, de ralentisseurs, ou
même d?ascenseurs?
méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Office national de l?eau et des milieux aquatiques :
http://www.onema.fr/
? Association Loire grands migrateurs ? Logrami.
Informations sur les poissons migrateurs du bassin de la Loire :
http://www.logrami.fr/
? Informations sur les poissons migrateurs du bassin Garonne ?
Dordogne.
Association pour la restauration et la gestion des poissons
migrateurs du bassin de la Garonne et de la Dordogne ?
(Migado) :
http://www.migado.fr/
? Informations sur les poissons migrateurs du bassin du Rhin.
Association Saumon-Rhin :
http://www.saumon-rhin.com/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
2?Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Espèces menacées :
nombre d'espèces inscrites sur les listes rouges
La France se situe au huitième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d?espèces animales et
végétales menacées au niveau mondial. Ce constat résulte principalement des menaces pesant sur
l?importante biodiversité des collectivités d?outre-mer, mais aussi sur les communautés méditerranéen-
nes qui représentent aussi un point chaud de biodiversité. En métropole, sur les 6?6 espèces actuelle-
ment évaluées par l?UICN, 13 sont classées comme éteintes et 140 sont menacées de disparition (soit
20 %). Parmi celles-ci, il y a 11 espèces de mammifères, ?3 oiseaux nicheurs, ? reptiles, ? amphibiens,
2? orchidées et 15 espèces de poissons d?eau douce. Tous les territoires d?outre-mer présentent aussi un
important nombre d?espèces menacées. Le haut niveau d?endémisme de ces territoires confère une grande
responsabilité à la France pour la conservation de ce patrimoine.
Contexte
Le Comité français de l?Union internationale pour la conservation de la
nature (UICN) et le Muséum national d?histoire naturelle (MNHN) se sont
associés pour dresser le bilan de l?état des espèces présentes en France
métropolitaine et en outre-mer. Le projet est réalisé avec l?appui du
programme pour les espèces de l?UICN international. La liste rouge de
l?UICN est un indicateur de référence pour suivre l?évolution du degré de
menace pesant sur les espèces.
SNB
La liste rouge nationale permet d?identifier les priorités d?action, de
renforcer la sensibilisation et de suivre l?évolution de l?état d'une partie de
la biodiversité en France. Actuellement, seuls les reptiles, les amphibiens,
les oiseaux nicheurs, les mammifères, les orchidées et les poissons d?eau
douce de métropole ont été évalués. Les prochains chapitres porteront sur
les oiseaux hivernants et migrateurs, les crustacés d?eau douce de
métropole, ainsi que sur l?outre-mer.
Source : Comité français de l'UICN, 2009.
Liste rouge des espèces en France métropolitaine
5 %
6 %
3 % 3 %
8 %
6 %
5 %
2 %
4 %
7 %
1 %
6 % 6 %
3 %
9 %9 %
16 %
14 %
22 %
21 %
15 %
13 %
32 %32 %
10 %
40 %
17 %
60 %
59 %
61 %
40 %
6 %
Mammifères
NT : Quasi menacée
LC : Préocupation mineure
DD : Données insuffisantes
continentaux
99 espèces évaluées
Mammifères marins
20 espèces évaluées
Orchidées
160 espèces évaluées
Oiseaux nicheurs
277 espèces évaluées
69 espèces évaluées
Poissons
d?eau douce37 espèces évaluées
Reptiles
34 espèces évaluées
Amphibiens
RE : Éteinte en métropole
CR : En danger critique d'extinction
EN : En danger
VU : Vulnérable
1 %
2 %
3 %
5 %
13 %
10 % 10 %
5 %
20 %
25 %
66%
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
2? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Commentaire
Sur les 119 espèces de mammifères étudiées, 11 (10 espèces
continentales et 1 marine) sont menacées de disparition du territoire
métropolitain et 3 sont déjà éteintes (le phoque noir, la baleine basque et
le bouquetin des Pyrénées). 9 % des mammifères présents sur le territoire
métropolitain sont menacés de disparition et 21 % au niveau mondial.
Près du tiers des mammifères menacés appartiennent au groupe des
chiroptères (chauve souris) et 7 espèces apparaissent comme « quasi
menacées ». Ils sont principalement victimes du dérangement dû à la
fréquentation de leurs gîtes, à la dégradation de leurs habitats et à la
raréfaction de leurs proies par l?utilisation de pesticides.
Prés de la moitié des cétacés sont placés dans la catégorie « données
insuffisantes », en raison du manque de connaissances et de données dis-
ponibles. Pourtant, certains pourraient être menacés en France. Ils sont
affectés par de multiples pressions comme la pollution sonore due au
trafic maritime et aux sonars militaires, les pollutions chimiques, les
captures accidentelles liées à l?utilisation de filets maillants, la surpêche
qui affaiblit leurs ressources alimentaires et les changements climatiques.
73 espèces d?oiseaux nicheurs sur les 277 évaluées sont actuellement
menacées en France métropolitaine : 26 % des espèces nichant en
métropole risquent de disparaître du territoire national alors que la
proportion mondiale d?oiseaux menacés atteint 12 %. Certaines espè-
ces peuvent être présentes en France mais ne plus y nicher et sont donc
considérées comme menacées. 5 espèces ont ainsi disparues du
territoire, 11 sont en danger critique d?extinction (comme le vautour
moine, la grue cendrée, le pingouin torda) et 20 sont en danger (comme
le flamant rose, la cigogne noire ou le goéland railleur). La conjugaison
de multiples menaces comme l?intensification des pratiques agricoles,
la destruction des habitats, la pollution entraînent un déclin de
nombreuses populations d?oiseaux à l?échelle de la métropole.
Le réchauffement du climat pourrait à l?avenir entraîner la modification
de l?aire de répartition de nombreuses espèces, certaines pouvant
disparaître de métropole par leur déplacement vers le nord, d'autres
pouvant apparaître en provenance du sud.
7 espèces de reptiles sur 37 (soit 19 % contre 28 % au niveau
mondial) et 7 espèces d?amphibiens sur 34 sont actuellement menacées
sur le territoire métropolitain (soit 21 % contre 30 % au niveau mondial).
6 espèces de reptiles et 6 d?amphibiens se classent dans la catégorie
« quasi menacée ». Le nombre d?espèces menacées en France métro-
politaine pourrait donc doubler dans les années à venir.
L?assèchement des zones humides, le comblement des mares,
la pollution des milieux aquatiques, l?urbanisation et le déclin du
pastoralisme ont entraîné une forte régression des habitats de
nombreuses espèces. À ces menaces s?ajoutent la collecte illégale
d?individus et la compétition avec des espèces exotiques introduites,
telles que la tortue de Floride ou la grenouille taureau qui représentent
une menace pour des espèces autochtones comme la cistude d?Europe et
les espèces de grenouilles vertes.
La première analyse réalisée sur les 160 espèces d?orchidées étudiées
en France métropolitaine montre que 27 d?entre elles sont menacées de
disparition du territoire (soit 17 %), dont 4 sont classées en danger
(comme l?ophrys de l?Aveyron ou l?ophrys d?Elenore). L?orchis des collines
a déjà disparu et 36 espèces se classent dans la catégorie « quasi menacée »,
soit plus d?une espèce sur cinq.
Le drainage des marais et des prairies humides, l?abandon des pratiques
agricoles traditionnelles en milieux secs comme la fauche et l?élevage
extensif entraînant la fermeture des milieux, ont provoqué le recul de
plusieurs espèces. D?autre part, certaines espèces sont soumises à de
fortes pressions de prélèvement dans leur milieu naturel.
L?analyse des menaces qui pèsent sur les poissons d?eau douce
indique que 15 des 69 espèces étudiées présentent un risque de
disparition (soit 22 % contre 37 % au niveau mondial). Deux espèces
sont même classées comme éteintes au niveau mondial (le corégone
fera et le corégone gravenche) et deux autres sont classées comme
éteintes en France métropolitaine (l?aphanius d?Espagne et le cyprino-
donte de Valence). La dégradation et la destruction des milieux naturels
constituent la principale menace pour les poissons d?eau douce :
extraction de granulats, assèchement, drainage et curage des zones
humides, ou encore les multiples pollutions agricoles et industrielles.
La situation des poissons migrateurs amphihalins (saumon, anguilles?)
apparaît particulièrement préoccupante. Ces poissons qui réalisent une
partie de leur développement en mer avant de revenir se reproduire
dans les cours d?eau sont bloqués par les barrages et sont victimes d?une
surpêche en estuaire qui fragilise d?autant plus leurs populations.
Pourcentage des espèces évaluées par la liste rouge considérées
comme étant menacées d'extinction au niveau mondial
et en France métropolitaine
Pour répondre à certaines situations alarmantes, des plans de
restauration sont mis en oeuvre. C?est le cas du vison d?Europe et du
grand hamster classés « en danger ». C?est aussi le cas de l?apron du
Rhône et de l?esturgeon européen classés en « danger critique », mais
aussi de la tortue d?Hermann (« vulnérable ») et de la vipère d?Orsini
(en « danger critique »). La loutre d?Europe désormais classée en
« préoccupation mineure » est un exemple d?une action efficace des
pouvoirs publics et des associations de protection de la nature.
Les actions de protection des zones humides ont permis d?améliorer
la situation de plusieurs espèces d?oiseaux, comme le butor blongios et
la guifette moustac. Après avoir disparu de France pendant près d?un
siècle, le vautour moine niche à nouveau dans les Grands Causses grâce
au succès de son programme de réintroduction, mais les populations
sont faibles et l?espèce reste classée en danger critique d?extinction.
Mammifères
Oiseaux
nicheurs
Reptiles Amphibiens Orchidées
Poissons
d'eau
douce
Monde 21 % 12 % 28 % 30 %
Non
évalué 37 %
France
métro-
politaine
9 % 26 % 19 % 21 % 17 % 22 %
Source : Comité français de l'UICN, 2009.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
2?Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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France Guyane Martinique Saint-Pierre-
et-Miquelon
La Réunion TAAF Nouvelle -
Calédonie
Éteinte En danger critique d'extinction
métropolitaine
Wallis et Futuna Polynésie
française
Guadeloupe Mayotte
VulnérableEn danger
6
8 7
5
1
7
90
19
9
4
6
1
12
16
3
35
1
59
21
8 7
14
3
5
18
10
82
1
18
39
86
20
33
63
73
1
8
71
80
248
Espèces menacées de la liste rouge UICN mondiale en France métropolitaine et dans les collectivités d'outre-mer
Note : Parallèlement à l'évaluation française, il existe une évaluation mondiale réalisée par les instances internationales de l'UICN. Cette dernière liste les espèces menacées au niveau mondial et leur
présence dans les différents pays. Les résultats développés ici pour les territoires d'outre-mer et la métropole montrent donc la responsabilité de la France au niveau international. Pour le territoire
métropolitain, les résultats présentés sont différents de ceux obtenus au niveau national mais ces deux évaluations distinctes reposent néanmoins sur la même méthodologie, mise au point par l'UICN
au niveau international.
Source : The IUCN Red List of Threatened Species, 2009.
Les résultats de l?évaluation de la liste rouge UICN des espèces
menacées montre que les collectivités d?outre-mer sont particulièrement
vulnérables. Quasiment tous ces territoires (excepté pour Saint-Pierre-
et-Miquelon) montrent un important nombre d?espèces menacées :
372 pour la Nouvelle-Calédonie, 247 pour la Polynésie, 119 pour
La Réunion, 77 pour la Guadeloupe, 74 pour Mayotte, 56 pour la Guyane,
39 pour la Martinique, 22 dans les Terres australes et antarctiques
françaises (TAAF) et 4 pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Ces résultats ne
représentent que des estimations au niveau mondial et peuvent donc varier
en fonction des connaissances disponibles. Ceci explique par exemple le
faible nombre d?espèces menacées en Guyane alors que le chiffre réel est
probablement plus important. L?insularité de la plupart de ces territoires
(excepté pour la Guyane) a entrainé le développement d?un haut niveau
d?endémisme, ce qui confère une grande responsabilité à la France pour la
conservation de ce patrimoine.
Si le nombre d?espèces éteintes ou en danger critique d?extinction reste
relativement limité dans la majorité des territoires, ce n?est pas le cas de la
Polynésie française où 90 espèces sont considérées comme déjà éteintes
(79 éteintes uniquement en Polynésie et 11 également dans le monde), et
59 comme en danger critique d?extinction. La Nouvelle-Calédonie présente
quant à elle 82 espèces en danger et 248 considérées comme vulnérables.
De plus, 147 espèces sont considérées comme quasiment menacées.
Ainsi le nombre d?espèces en danger dans ce territoire pourrait être
multiplié par 4 si la situation venait à se dégrader.
La destruction ou la modification des habitats restent les principales
menaces pour la biodiversité de ces territoires. Les causes sont connues :
urbanisme et aménagements, exploitations forestières, agricoles et
minières, pollutions, changements climatiques, introductions d?espèces
invasives?
Les catégories de l?UICN sont définies en fonction d?un ensemble de
critères et de valeurs seuils relatifs au risque d?extinction, comme les
effectifs, le nombre d?individus matures, la superficie de l?aire de
répartition et son degré de fragmentation. Chaque fois qu?un taxon
remplit un de ces critères, il peut être classé dans la catégorie de
menace correspondante au seuil associé. Il n?est pas nécessaire que
tous les critères soient remplis : un seul suffit à classer un taxon dans
une catégorie donnée. La méthode UICN est en effet conçue pour
permettre l?évaluation du maximum de taxons en limitant l?impact des
critères non applicables par manque de connaissances.
Les trois catégories « en danger critique d?extinction », « en danger »
et « vulnérable » entrent dans le groupe des taxons « menacés ».
La catégorie « quasi menacée » correspond à une espèce proche du
seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des
mesures de conservation spécifiques n?étaient pas prises. La catégorie
« préoccupation mineure » est attribuée aux espèces pour lesquelles
le risque d?extinction est faible. Un taxon est présumé « éteint »
lorsque des études exhaustives menées dans son habitat connu ou
présumé, à des périodes appropriées et dans l?ensemble de son aire
de répartition historique n?ont pas permis de noter la présence d?un
seul individu. La classification dans les catégories « données
insuffisantes » indique que le risque d?extinction n?a pas été évalué.
Cependant, les taxons inscrits dans cette catégorie ne doivent pas être
traités comme s?ils n?étaient pas menacés.
Définition des différentes catégories de l'UICN
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
30 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
On désigne un « point chaud » lorsque le nombre total
d?espèces recensées sur un territoire est supérieur à 0,5 % du
nombre total d?espèces dans le monde du groupe considéré.
Les « 34 points chauds de la biodiversité » sont des zones de la
planète à la fois très riches en espèces et très menacées.
L?UICN est une ONG mondiale fondée en 1948 dédiée à la
conservation de la nature. Elle encourage et assiste la société
dans le développement de la connaissance pour la conservation
de la diversité de la nature. Elle réunit 83 États, 114 agences
gouvernementales, plus de 1 000 ONG et plus de 11 000
experts et scientifiques de plus de 160 pays.
Les résultats présentés dans la liste rouge de l?UICN correspondent
à l?évaluation réalisée par le Muséum national d?Histoire naturelle
et le Comité français de l?UICN, en partenariat avec la Société
française pour l?étude et la protection des mammifères, l?Office
national de la chasse et de la faune sauvage, la Ligue pour la
protection des oiseaux, la Société d?études ornithologiques de
France, la Fédération des conservatoires botaniques nationaux, la
Société française d?orchidophilie, la Société herpétologique de
France, la Société française d?ichtyologie et l?Office national de l?eau
et des milieux aquatiques.
L?évaluation des espèces est réalisée par groupe taxonomique.
À ce jour, 696 espèces ont été évaluées par l?UICN en France
métropolitaine. Elles correspondent à l?ensemble des espèces des
groupes évalués et présentes en métropole à l?exception
? conformément à la méthodologie de l?UICN ? des espèces non
natives introduites dans la période récente (après l?année 1500) et
des espèces marginales ou qui ne sont présentes en métropole que
de manière occasionnelle. Les groupes taxonomiques actuellement
évalués sont ceux pour lesquels le niveau de connaissances et les
données disponibles et mobilisables sont suffisants pour permettre
l?évaluation (principalement les vertébrés). L?ambition est de traiter
l?ensemble des groupes d?espèces de métropole et d?outre-mer en
fonction des données disponibles.
méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Comité français de l?UICN :
http://www.uicn.fr
? Comité international de l?UICN :
http://www.iucn.org/fr
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
31Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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État de conservation des espèces d'intérêt
communautaire
La première évaluation de l?état de conservation des espèces d?intérêt communautaire a été réalisée
par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive
« Habitats, Faune, Flore ». Couvrant la période 2001-2006, elle révèle qu?une espèce sur cinq se trouve
en bon état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées chez les
amphibiens, les crustacés et les mollusques. Par ailleurs, les espèces des régions biogéographiques
atlantique et continentale sont les plus affectées.
Contexte
Face aux menaces sur la biodiversité constatées ces dernières
décennies, l?Union européenne s?est dotée d?un réseau d?espaces naturels
baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie à long terme
d?espèces remarquables dites d?intérêt communautaire, listées dans les
annexes II, IV et V de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Il s?agit
d?espèces en danger, vulnérables, rares ou endémiques sur le territoire
communautaire et pour lesquelles doivent être créées des zones spéciales
de conservation. L?article 17 de cette directive oblige les États membres Ã
entreprendre une surveillance de ces espèces et à réaliser tous les six ans
une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la première
évaluation, qui portait sur la période 2001-2006, sont aujourd?hui
disponibles. Les espèces de la directive « Oiseaux2 », faisant l?objet d?une
évaluation spécifique tous les trois ans, ne sont pas prises en compte.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des espèces d'intérêt communautaire par région biogéographique
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Région atlantique (mer) [25]
Région méditerranéenne (mer) [21]
Région atlantique (terre) [144]
Région méditerranéenne (terre) [164]
Région continentale [158]
Région alpine [147]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
1 Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
2 Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009
concernant la conservation des oiseaux sauvages (version codifiée de la directive 79/409/CEE
du Conseil du 2 avril 1979 et ses modifications successives).
SNB
Commentaire
En France, l?évaluation a porté sur 290 espèces. Elles ont été évaluées
séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes
en France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total
658 évaluations qui ont été réalisées.
Plus de la moitié des évaluations ont conclu à un état de conservation
défavorable (33 % dans la classe « mauvais » état de conservation et
21 % dans la classe « inadéquat ») contre 20 % seulement dans un état
« favorable ». Dans 25 % des cas, l?état de conservation est inconnu faute
d?informations suffisantes (principalement les espèces marines, les
chauves-souris et les invertébrés).
L?analyse par région biogéographique montre que les régions
atlantique et continentale sont celles où les espèces d?intérêt
communautaire sont les moins bien conservées : on y observe la part la
plus élevée d?état de conservation « mauvais » (respectivement 49 %
et 42 %) ainsi qu?une faible part d?évaluations « favorables » (16 %).
Parmi les principales causes expliquant ces résultats, on trouve les
pressions, particulièrement fortes sur le littoral, liées au développement
de l?urbanisation et les pressions agricoles (déprise ou intensification des
pratiques). La situation est davantage contrastée dans les régions alpine
(Alpes et Pyrénées) et méditerranéenne.
C?est dans ces deux régions que la part d?espèces en bon état de
conservation est la plus importante, plus particulièrement la flore de la
région alpine (32 % d?évaluations favorables) et la faune
méditerranéenne (28 %). La situation des espèces marines semble
plutôt défavorable, mais la part d?état « inconnu » est très forte.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
32 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole
commun et supervisée pour la France par le Muséum national
d?histoire naturelle en lien avec de nombreux partenaires
(Conservatoires botaniques nationaux, Office national de la
chasse et de la faune sauvage, Office national de l?eau et des
milieux aquatiques?).
Chaque évaluation est basée sur les études et données
disponibles ainsi que le « dire d?experts » et s?appuie sur
quatre paramètres :
1) l?aire de répartition naturelle de l?espèce ;
2) l?état de sa population ;
3) l?état de son habitat ;
4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l?espèce
à moyen/long terme).
Le résultat final de l?évaluation est présenté selon quatre classes
d?état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat »,
« défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre paramètres
évalué « mauvais » suffit à classer la situation de l?espèce en
« défavorable mauvais » dans la région biogéographique concernée ;
à l?inverse, les quatre paramètres doivent être évalués « favorables »
(ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour classer l?espèce
dans un état « favorable ».
méthodologie
En savoir plus
? CGDD-SOeS, MNHN-SPN, 2010. « La biodiversité remarquable
en France : résultats de la première évaluation des habitats et
espèces d?intérêt communautaire », Le Point sur, n° 48, avril
2010. 4 p.
? Bensettiti F., Trouvilliez J., 2009. « Rapport synthétique des
résultats de la France sur l?état de conservation des habitats
et des espèces conformément à l?article 17 de la directive
Habitats » (rapport SPN 2009/12, MNHN-DEGB-SPN). Paris :
MNHN-SPN. 48 p.
Sites Internet
? Documents et données liés au rapportage prévu par la directive
« Habitats » :
? Commission européenne (DG Environnement)
http://ec.europa.eu/environment/nature/
knowledge/rep_habitats/index_en.htm
? European Topic Centre on Biological Diversity
(EEA : réseau EIONET)
http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17
L?analyse par groupe taxonomique révèle que, parmi les vertébrés, la
situation la plus défavorable s?observe chez les amphibiens, avec 55 % des
évaluations concluant à un état « mauvais » et 12 % seulement à un état
« favorable ». Les régions continentale et atlantique sont particulièrement
concernées, les trois quarts des évaluations d?amphibiens y étant
« mauvaises ». À l?inverse, les mammifères terrestres, hors chauves-
souris (pour lesquelles la situation est souvent inconnue3), se trouvent dans
l?état de conservation le plus favorable (52 % des évaluations). Quant aux
invertébrés, les évaluations apparaissent très défavorables pour les
crustacés et les mollusques. Au sein des insectes, ce sont les papillons et
surtout les libellules qui sont les groupes les plus fragiles.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées. Résultats toutes
régions biogéographiques confondues.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des espèces d'intérêt communautaire
par groupe taxonomique
Toute faune [505]
20 %
19 %
31 %
30 %
Toute flore [154]
21 %
28 %
39 %
12 %
3 D?après la liste rouge des mammifères de France métropolitaine réalisée par le Comité
français de l?UICN et le Muséum national d?histoire naturelle, un tiers des chauves-souris
sont évaluées comme menacées ou quasi menacées.
Poissons [63]
Reptiles [45]
Fougères, mousses,
lichens et algues [61]
Plantes vasculaires [93]
Autres invertébrés [12]
Mollusques [22]
Insectes [121]
Amphibiens [67]
Chauves-souris [106]
Mammifères terrestres
(hors chauves-souris) [46]
Mammifères marins [23]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
33Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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État de conservation des habitats d'intérêt
communautaire
La première évaluation de l?état de conservation des habitats d?intérêt communautaire a été réalisée
par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive
« Habitats, Faune, Flore ». Couvrant la période 2001-2006, elle révèle qu?un habitat sur six est en bon
état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées pour les habitats
marins, littoraux, dunaires, aquatiques et humides. Par ailleurs, les habitats de la région biogéographique
atlantique sont les plus affectés.
Contexte
Face à la dégradation et la destruction des habitats naturels observées
ces dernières décennies, l?Union européenne s?est dotée d?un réseau
d?espaces naturels baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie Ã
long terme d?habitats remarquables dits « d?intérêt communautaire »,
listés en annexe I de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Il s?agit d?ha-
bitats en danger ou ayant une aire de répartition réduite à l?échelle euro-
péenne et pour lesquels doivent être créées des zones spéciales de
conservation. L?article 17 de cette directive oblige les États membres Ã
entreprendre une surveillance de ces habitats et à réaliser tous les six ans
une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la première
évaluation, qui portait sur la période 2001-2006, sont aujourd?hui
disponibles.
Commentaire
En France, l?évaluation a porté sur 131 habitats. Ils ont été évalués
séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes en
France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total
304 évaluations qui ont été réalisées.
Trois quarts des évaluations ont conclu à un état de conservation
défavorable (41 % dans la classe « mauvais » état de conservation et
35 % dans la classe « inadéquat ») contre 17 % seulement dans un état
« favorable ». Dans 6 % des cas, l?état de conservation est inconnu.
L?analyse par région biogéographique montre que la région alpine
(Alpes et Pyrénées) est celle où les habitats d?intérêt communautaire
sont les mieux conservés : on y observe à la fois la plus grande part
d?évaluations « favorables » (30 %) et la plus faible part d?état de
conservation « mauvais » (27 %). Avec plus de la moitié des habitats
classés en mauvais état et moins de 3 % d?habitats dans un bon état de
conservation, la région atlantique est la région terrestre où la situation
est la plus préoccupante. Les pressions agricoles, la forte urbanisation du
littoral et l?aménagement des vallées alluviales comptent parmi les
principaux facteurs expliquant cette dégradation. Quant aux habitats
marins, les résultats ne sont pas bons non plus, les 9 évaluations
conduites concluant toutes à un état défavorable.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des habitats d'intérêt communautaire
par région biogéographique
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Région atlantique (mer) [4]
Région méditerranéenne
(mer) [5]
Région atlantique
(terre) [78]
Région méditerranéenne
(terre) [86]
Région continentale [65]
Région alpine [66]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
1 Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
L?analyse par type de milieux révèle que les habitats les mieux
conservés sont les systèmes rocheux (éboulis, falaises) et les fourrés
sclérophylles (landes à genêt purgatif, buxaies, taillis de laurier-sauce,
certaines junipéraies). A contrario les plus dégradés sont les habitats
marins et côtiers, les dunes, les tourbières et bas-marais (aucun habitat
dans un état de conservation « favorable ») ainsi que les habitats d?eaux
douces (seulement 2 % d?habitats dans un bon état). Les milieux tourbeux
et marécageux sont particulièrement touchés avec deux tiers d?entre eux
dans un mauvais état de conservation. La situation des formations
herbeuses n?est pas bonne non plus mais plus contrastée selon les régions
biogéographiques. Elle est très préoccupante dans les régions atlantique
et continentale où respectivement 80 % et 73 % d?entre elles se trouvent
dans un mauvais état de conservation et aucune dans un état favorable.
Dans ces régions, on constate des pertes importantes de surfaces en
prairies et pelouses qui s?expliquent par le développement de
l?urbanisation ainsi que la déprise agricole (ayant pour conséquence
l?embroussaillement) ou à l?inverse l?intensification de l?agriculture
(retournement de prairies, prairies semées peu diversifiées
botaniquement). Les formations herbeuses dans la région méditerranéenne
se trouvent plutôt dans une situation intermédiaire avec la moitié d?entre
elles dans un état de conservation « inadéquat ». C?est dans la région alpine
que ces formations sont globalement les mieux conservées : 42 % d?entre
elles sont dans un bon état de conservation (il s?agit principalement de
pelouses d?altitude).
SNB
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
34 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées. Résultats toutes
régions biogéographiques confondues.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des habitats d'intérêt communautaire
par grand type de milieux
Habitats côtiers
et végétation halophytiques [32]
Dunes maritimes
et intérieures [22]
Habitats d'eaux douces [41]
Landes et fourrés
tempérés [19]
Fourrés sclérophylles [17]
Formations herbeuses naturelles
et semi-naturelles [46]
Tourbières et bas-marais [27]
Habitats rocheux
et grottes [39]
Forêts [61]
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
En savoir plus
? CGDD-SOeS, MNHN-SPN, 2010. « La biodiversité remarquable
en France : résultats de la première évaluation des habitats et
espèces d?intérêt communautaire », Le Point sur, n° 48, avril
2010. 4 p.
? Bensettiti F., Trouvilliez J., 2009. « Rapport synthétique des
résultats de la France sur l?état de conservation des habitats
et des espèces conformément à l?article 17 de la directive
Habitats » (rapport SPN 2009/12, MNHN-DEGB-SPN). Paris :
MNHN-SPN. 48 p.
Sites Internet
? Documents et données liés au rapportage prévu par la directive
« Habitats » :
? Commission européenne (DG Environnement)
http://ec.europa.eu/environment/nature/
knowledge/rep_habitats/index_en.htm
? European Topic Centre on Biological Diversity
(EEA : réseau EIONET)
http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17
L?évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole
commun et supervisée pour la France par le Muséum national
d?histoire naturelle en lien avec plusieurs partenaires, notamment
les Conservatoires botaniques nationaux.
Chaque évaluation est basée sur les études et données disponibles
ainsi que le dire d?experts et s?appuie sur quatre paramètres :
1) l?aire de répartition naturelle de l?habitat ;
2) l?estimation de la surface qu?il couvre au sein de cette aire ;
3) sa structure et ses fonctionnalités ;
4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l?habitat
à moyen/long terme).
Le résultat final de l?évaluation est présenté selon quatre classes
d?état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat »,
« défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre
paramètres évalué « mauvais » suffit à classer la situation de
l?habitat en « défavorable mauvais » dans la région biogéographique
concernée ; à l?inverse, les quatre paramètres doivent être évalués
« favorables » (ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour
classer l?habitat dans un état « favorable ».
méthodologie
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
35Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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La microflore du sol
La microflore du sol, ou micro-organismes, remplit des fonctions environnementales essentielles :
décomposition de la matière organique, recyclage du carbone et de nutriments (azote, phosphore,
potassium) dans le sol, décontamination de sols pollués. Les premiers résultats de la mesure de la
biomasse microbienne des sols de France montrent des disparités géographiques dépendant en premier
lieu des caractéristiques physico-chimiques des sols, ensuite de leurs usages et types d?occupation et enfin
de la géomorphologie et du climat.
Contexte
La microflore du sol regroupe majoritairement des bactéries et des
champignons. Le nombre d?espèces et leur abondance varient en fonction
du milieu, des caractéristiques du sol et de son usage. Dans une prairie
permanente, les bactéries peuvent représenter jusqu?à 1 milliard
d?individus par gramme de sol. Malgré leur importance, la répartition des
organismes du sol et les effets de l?environnement et de l?homme sur la
biodiversité des sols sont peu connus. Depuis 2006, la densité microbienne
des sols a été mesurée en France pour mieux comprendre le rôle de la
biomasse microbienne et les moyens de la préserver.
Commentaire
La densité microbienne a été mesurée dans les sols de France
métropolitaine, grâce à une estimation de leur quantité d?ADN. Cette
dernière s?échelonne de 0,1 à 38,8 µg d?ADN par gramme de sol. Les
trois quarts des sols ont des concentrations situées entre 5 et 15 µg. Les
sols les plus riches en ADN microbien sont situés en Lorraine et
Champagne-Ardenne et dans les massifs montagneux (Alpes, Massif
central, Pyrénées, Vosges). Les sols les plus pauvres se trouvent dans les
Landes, le Nord et le Nord-Ouest. Cette distribution géographique
s?explique par la texture des sols, le pH, la teneur en carbone organique
et par l?occupation du sol. Les sols présentant la plus grande densité
microbienne sont argileux, basiques (pH élevé) et riches en carbone
organique. En règle générale, les sols sous prairie ont une densité
microbienne bien plus importante que les sols cultivés ou de
vignobles.
La composition des communautés microbiennes des sols du sud de la
Bretagne, de Sologne, des Landes, du Massif central et des Vosges est
comparable et leurs populations sont très peu diversifiées. Si celles des
sols du Nord-Est de la Lorraine, du Sud de la Champagne, de la
Normandie, des Pays de la Loire, du Sud-Est (région Paca) et de Midi-
Pyrénées sont également comparables, leur diversité génétique est
particulièrement importante. La différence entre ces milieux s?explique
par la variété des paysages. Les pinèdes très peu diversifiées des Landes
sur des sols sablo-acides sont à l?origine de la faible diversité des
populations microbiennes des sols, contrairement aux paysages variés
alliant cultures, prairies et forêts dans le Sud-Est.
Note : Les zones grisées sur la carte correspondent à des zones de « non sols » ou ne comportant
pas assez d'informations pour calculer la quantité d'ADN.
Source : Inra ? Gis Sol, 2009. Traitements : Gis Sol - SOeS, 2009.
La densité microbienne des sols
0 50 100 km
Quantité d'ADN (µg/g de sol)
Entre 13,2 et 18,2
Entre 10,4 et 13,2
Entre 8,8 et 10,4
Entre 7,4 et 8,8
Entre 6,2 et 7,4
Entre 4,5 et 6,2
Entre 1,7 et 4,5
Pas de donnée
0 50 100 km
Très mauvaise
Mauvaise
Médiocre
Bonne
Excellente
Classe de qualité (nombre de points concernés)
(100)
(402)
(261)
(117)
(58)
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
36 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?abondance microbienne des sols de France métropolitaine
a été déterminée à l?aide d?outils de biologie moléculaire
appliqués à l?ADN microbien extrait de 1 900 échantillons de sol
(projet Ecomic-RMQS - ANR Biodiversité 2006-2009).
Les échantillons de sols proviennent de la première campagne
de mesures (2000-2009) du Réseau de mesures de la qualité des
sols (RMQS) du Groupement d?intérêt scientifique sur le sol
(Gis Sol). Il regroupe un réseau systématique de 2 200 sites
d?observation, à raison d?un par maille carrée de 16 km de côté.
L?abondance microbienne des sols obtenue peut être
confrontée à des données environnementales, comme la
texture des sols, le pH, la teneur en carbone organique et
l?occupation du sol, par le biais d?outils statistiques (analyses
multivariées et géostatistiques?). Cela permettra à l?avenir
d?évaluer l?impact des usages agricole, industriel ou urbain et
de détecter l?apparition des premiers signes de dégradation des
sols en observant le stress vécu par les microorganismes qui y
vivent.
méthodologie En savoir plus
? Turbé A., De Toni A., Benito P., Lavelle P., Lavelle P., Ruiz N., Van
der Putten W.H., Labouze E., Mudgal S., 2010. « Soil biodiversity:
functions, threats and tools for policy makers » (final report by
Bio Intelligence Service, IRD and NIOO, for European
Commission-DG Environment). 250 p.
Disponible sur http://ec.europa.eu/environment/soil/
biodiversity.htm
Sites Internet
? Informations sur la plateforme Genosol, référentiel d?analyse
de la biodiversité microbienne dans les sols.
Institut national de la recherche agronomique :
http://www2.dijon.inra.fr/plateforme_genosol
? Informations sur le Réseau de mesures de la qualité des sols
(RMQS).
Groupement d?intérêt scientifique sur les sols :
http://www.gissol.fr/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
37Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution des matières organiques
dans les sols agricoles
Les matières organiques du sol assurent de nombreuses fonctions environnementales. Elles augmentent
notamment la résistance du sol au compactage, son aération et sa réserve en eau, favorisant
indirectement sa biodiversité. Elles constituent un stock de carbone dans les sols, qui est influencé
essentiellement par les changements d?usage et les pratiques agricoles. L?analyse de la distribution
spatiale des stocks de carbone organique mesurés dans les sols agricoles et des changements d?usage
observés entre 1995 et 2005 montre que les sols agricoles ont déstocké du carbone (6 millions t/an), alors
que les sols forestiers en ont stocké (0,7 million t/an).
Contexte
Les matières organiques du sol sont composées en moyenne de
58 % de carbone organique. Elles améliorent la fertilité du sol en
libérant des éléments nutritifs (azote, phosphore, soufre, potassium)
lors de leur minéralisation. Elles augmentent la résistance du sol au
compactage, son aération et sa réserve en eau, favorisant indirectement
sa biodiversité.
Commentaire
Les teneurs en carbone organique diminuent sur la façade
atlantique, de la Bretagne à la région Poitou-Charentes. En Bretagne,
elles diminuent essentiellement dans les cantons du Sud, où les
teneurs initiales étaient élevées. Les explications sont sans doute
multiples, alliant une évolution globale des écosystèmes, une
transition des systèmes prairiaux vers des cultures annuelles et une
modification des pratiques agricoles (approfondissement du travail
du sol, chaulage). Un mitage de cantons s?étendant du Finistère Ã
la Gironde montre des teneurs en augmentation ou ne présentant
pas d?évolution significative. Les teneurs augmentent principalement
dans le pourtour de l?Ile-de-France et diminuent au Nord et dans l?Est
(Lorraine, Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté). La diminution
observée en Lorraine peut être associée à la conversion des prairies
naturelles en terres arables.
Certains changements d?usage ou de pratiques agricoles
favorisent le stockage, comme la conversion des cultures en
prairies, ou des prairies en forêts. Au contraire, la conversion des
prairies en cultures ou des forêts en prairies entraîne une
diminution du stock de carbone. Les vitesses d?évolution du carbone
organique dans les sols ne sont toutefois pas symétriques. Ainsi, en
vingt ans, le déstockage induit par la mise en culture (1 t C/ha/an) est
deux fois plus rapide que le stockage résultant de l?abandon de la
culture au profit de prairies ou de forêts (0,5 t C/ha/an).
Source : Gis Sol ? BDAT, 2007.
Répartition par canton des évolutions de la teneur
en carbone organique dans les sols agricoles
entre1990-1995 et 1999-2004
Type d'évolution
Évolution
En nombre
de cantons
En %
de cantons
En baisse 625 17
En hausse 463 12
Stable 1 052 28
Information non disponible 1 616 43
Variation de la teneur en carbone organique entre
les périodes 1990-1995 et 1999-2004, par canton
Source : Gis Sol - BDAT, 2007.
Variation par canton
Augmentation
Pas de variation significative
Diminution
Absence de données
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
3? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La base de données des analyses de terre (BDAT, gérée par
l?Inra dans le cadre du Groupement d?intérêt scientifique sur le
sol ? Gis Sol) recueille, auprès des laboratoires, les résultats des
analyses de terre réalisées par les agriculteurs pour gérer au
mieux la fertilisation. Cette démarche volontaire explique que
l?ensemble du territoire n?est pas couvert. Les distributions
statistiques des teneurs en carbone organique de l?horizon de
surface des sols agricoles ont été comparées pour les périodes
1990-1995 et 1999-2004. Les données brutes ont été
ré-échantillonnées en tenant compte des surfaces agricoles
utiles des cantons.
méthodologie En savoir plus
? Ifen/Gis Sol, Inra Orléans/Gis Sol, 2007. « Le stock de carbone
dans les sols agricoles diminue », Le 4 pages, n° 121,
novembre 2007. 4 p.
Sites Internet
? http://www.ifen.fr/
? Informations sur la Base de données des analyses de terre
(BDAT).
Groupement d?intérêt scientifique sur le sol ? Gis Sol :
http://www.gissol.fr/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
39Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pressions et menaces
sur la biodiversité
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
40 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
41
SNB
Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pr
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Contexte
Les espaces artificialisés recouvrent les zones urbanisées (tissu urbain
continu ou discontinu), les zones industrielles et commerciales, les
réseaux de transport (réseaux routier et ferroviaire, zones portuaires et
aéroports), les mines, carrières, décharges et chantiers, ainsi que les
espaces verts artificialisés (espaces verts urbains, équipements sportifs
et de loisirs), par opposition aux espaces agricoles, aux forêts ou aux
milieux naturels, zones humides ou surfaces en eau.
Les espaces qui subissent une artificialisation ne sont plus disponibles
pour d?autres usages, notamment agricoles, ou comme habitats naturels.
Outre la destruction directe de milieux naturels, l?étalement des espaces
artificialisés aboutit aussi à une fragmentation et un cloisonnement de
ces derniers. La baisse des surfaces d?espaces non fragmentés et la pré-
sence d?obstacles peut gêner les populations de certaines espèces pour
l?accomplissement de leur cycle de vie, leurs migrations, voire le dépla-
cement de leur aire de répartition dans le cadre des changements clima-
tiques. Par ailleurs, les sols artificialisés sont souvent imperméabilisés, ce
qui amplifie les phénomènes de ruissellement, perturbe le régime des
eaux et impacte les milieux naturels associés.
CORINE Land Cover n?identifie pas les espaces artificialisés isolés
de moins de 25 ha ou de moins de 100 m de large, ce qui contribue
à expliquer les différences importantes de taux d?artificialisation
avec les résultats de Teruti-Lucas, l?enquête sur l?utilisation des
terres réalisées annuellement par le service de la Statistique et de
la Prospective du ministère en charge de l?Agriculture. Cette enquête
tient compte des petites surfaces artificialisées.
En 2008, la part du territoire couvert par des espaces artificialisés
est de 9,4 % selon Teruti-Lucas, dont presque la moitié correspond
à des sols revêtus ou stabilisés, notamment les routes, structures la
plupart du temps non détectées par CORINE Land Cover. Depuis les
années 1990, la progression moyenne des terres artificialisées est
d?un peu plus de 60 000 ha par an selon Teruti-Lucas.
Les résultats issus de ces deux programmes sont cohérents même
si les valeurs diffèrent. Ils montrent tous deux la progression impor-
tante et continue de l?artificialisation sur le territoire métropolitain
depuis les années 1990 et les années 1980 respectivement.
Limites et précautions :
différences avec l?enquête Teruti-Lucas
Commentaire
En 2006, les espaces artificialisés représentent 5,1 % de la superficie
de la France métropolitaine selon la base de données géographiques
CORINE Land Cover. 59,8 % de terres agricoles, 34,4 % de forêts, milieux
naturels et zones humides et 0,7 % de surfaces en eaux occupent le reste
du territoire.
L?ÃŽle-de-France, le Nord, l?Alsace, le couloir rhodanien et le littoral en
général, territoires à forte densité de population permanente ou saison-
nière, sont plus artificialisés que le reste de la métropole. Des régions
comme le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, mais aussi la Bretagne et les
Pays de la Loire, apparaissent à la fois très agricoles et artificialisées, peu
de surfaces étant disponibles pour les forêts et les autres milieux
naturels.
La progression de l?artificialisation a lieu principalement aux alentours
des grandes villes, le long des réseaux de transport et dans les vallées
ainsi que dans les espaces proches du littoral.
Taux de progression de l?artificialisation par canton
entre 2000 et 2006
Taux d'évolution entre 2000 et 2006 (%)
Plus de 12
Entre 6 et 12
Entre 3 et 6
Entre 1,5 et 3
Entre 0 et 1,5
0 ou moins
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. © IGN, GEOFLA®, 2006.
Artificialisation et consommation
des espaces naturels
La part des espaces artificialisés en France métropolitaine est de 5,1 % en 2006, selon l?inven-
taire CORINE Land Cover. Ces espaces ont augmenté de 3 % depuis 2000, aux dépens principa-
lement de terres agricoles mais aussi d?espaces naturels. Le littoral, les alentours des grandes
villes et les vallées sont particulièrement concernés. 82 % des pertes de forêts, milieux naturels
et zones humides sont dues à l?artificialisation et 12 % à la mise en culture. Le recul des espaces
ruraux et naturels lié à la progression de l?artificialisation occasionne la perte d?habitats et
s?accompagne d?une fragmentation des milieux.
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
42 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Près de 87 000 ha ont été artificialisés entre 2000 et 2006, principale-
ment aux dépens de l?agriculture (environ 76 000 ha, prairies incluses)
mais aussi des forêts, milieux naturels et zones humides (10 500 ha).
Des espaces artificialisés reculent légèrement, par exemple par
la végétalisation ou la mise en eau d?anciennes carrières. In fine,
les surfaces artificialisées progressent de 3 % entre 2000 et 2006,
prolongeant l?augmentation déjà observée dans les années 1990.
Type d?espaces artificialisés entre 2000 et 2006
44,3 %
15,7 %
27,9 %
7,8 %
1,7 % 2,4 % 0,3 %
Terres arables et cultures permanentes
Territoires agricoles en prairies
Zones agricoles hétérogènes
Forêts
Forêt et végétation arbustive en mutation
Pelouses et pâturages naturels, landes et
broussailles, végétation sclérophylle
Espaces sans ou avec peu de végétation,
zones humides, surfaces en eau
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006.
Le tissu urbain discontinu, les zones industrielles et commerciales et
les grandes infrastructures de transport représentent 90 % des surfaces
artificialisées. Ces formes d?artificialisation non seulement sont consom-
matrices d?espaces mais contribuent également à cloisonner les milieux,
réduisant les surfaces des espaces non fragmentés. Alors que les espaces
verts urbains ont tendance à reculer légèrement, les équipements spor-
tifs et de loisirs continuent de s?étendre, principalement aux dépens de
terres arables et de prairies.
Si l?artificialisation est de loin la principale cause des pertes de forêts,
milieux naturels et zones humides (82 % des 12 800 ha perdus), elle
n?est toutefois pas la seule. Les terres arables et cultures permanentes
? qui subissent une très forte pression de l?artificialisation ? gagnent
également du terrain sur les milieux naturels et sont à l?origine de 12 %
des pertes de ces derniers.
Devenir des forêts, milieux naturels et zones humides
perdus entre 2000 et 2006
81,6 %
11,9 %
2,1 %
2,7 %1,7 %
Territoires artificialisés
Terres arables et cultures permanentes
Territoires agricoles en prairies
Zones agricoles hétérogènes
Surfaces en eau
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006.
CORINE Land Cover est un programme de l?Agence européenne
pour l?environnement. Cette base de données géographiques est
issue de l?interprétation visuelle d?images satellitaires, avec des don-
nées complémentaires d?appui. L?échelle de production est de
1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie des unités
d?occupation homogène des sols. La version 2006 est le 3e millé-
sime après 1990 et 2000. Elle est issue d?une révision de la version
2000, compilée avec les changements de plus de 5 ha intervenus
entre 2000 et 2006 puis redressée afin d?obtenir des unités homo-
gènes de plus de 25 ha.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la
BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.
Méthodologie
En savoir plus
? CGDD-SOeS, 2009. « La France vue par CORINE Land Cover,
outil européen de suivi de l?occupation des sols », Le Point
sur, n° 10, avril 2009. 4 p.
Site Internet
? Consultation et téléchargement des statistiques de l?occupation
des sols :
http://www.ifen.fr, rubrique « Bases de données » > « Occupation
des sols » (CORINE Land Cover)
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
43Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Paysages et biodiversité sont liés à des facteurs naturels tels que le
relief ou le climat mais également aux modes d?occupation des sols en
lien avec les activités humaines et leur histoire. Les milieux naturels
peuvent être fortement impactés par la progression ou le recul de
certains types d?occupation des sols. Ainsi, l?artificialisation est à l?origine
de la destruction d?habitats et d?une fragmentation des espaces naturels.
Les évolutions au sein des territoires agricoles (déprise, intensification?)
ont également d?importantes conséquences sur la biodiversité et
les paysages.
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de la
faune reposent sur une palette d?outils aux objectifs et aux modalités de
mise en oeuvre variés : création d?aires protégées par voies réglemen-
taire ou contractuelle, par maîtrise foncière, suite à des engagements
internationaux ou dans le cadre du déploiement du réseau Natura 2000.
Cette fiche présente l?occupation des sols et ses évolutions à l?intérieur
de ces différents types d?espaces naturels protégés ainsi que dans leurs
proches environs.
Commentaire
Par rapport à l?ensemble du territoire métropolitain, les espaces natu-
rels protégés se caractérisent par leur faible taux d?artificialisation. Il est
quasi nul dans les coeurs des parcs nationaux, les quelques rares routes
et bâtiments présents étant diffus et indétectables par la méthode
d?observation. À l?opposé, les parcs naturels régionaux et les réserves de
biosphère, vastes espaces de mise en oeuvre du développement
durable, se distinguent par leur taux d?artificialisation plus élevé (respec-
tivement 2,6 % et 3,1 % en 2006), demeurant toutefois inférieur au taux
national (5,1 %). Si l?artificialisation des territoires n?atteint pas ou peu
l?intérieur des aires protégées, elle représente néanmoins une pression
importante aux portes de certaines d?entre elles.
Les aires protégées métropolitaines, et dans une moindre mesure leurs
proches alentours, sont également caractérisées par une proportion plus
faible de territoires agricoles (hors prairies) qu?au niveau national, notam-
ment dans les espaces sous protection réglementaire. Les prairies,
pelouses et pâturages naturels sont particulièrement bien représentés
(environ 26 % des surfaces) dans les aires d?adhésion des parcs
nationaux et les sites acquis ou gérés par les Conservatoires d?espaces
naturels par rapport aux autres types d?aires protégées (de 3,6 % à 20 %)
ou au taux national (18 %).
Avec les modifications observées au sein des milieux naturels eux-
mêmes (notamment entre les forêts et les espaces forestiers et arbustifs
en mutation), l?artificialisation est l?une des principales évolutions de
l?occupation des sols constatées sur la période 2000-2006, poursuivant
ainsi la tendance des années 1990.
Évolution de l?occupation des sols dans
et autour des espaces naturels protégés
L?analyse des modifications de l?occupation des sols permet une première approche des évolutions des
paysages et des milieux à l?intérieur et autour des espaces naturels protégés. Dans le prolongement des
années 1990, ces derniers ne se sont pas ou peu artificialisés entre 2000 et 2006. A contrario, leurs alen-
tours ont été impactés par la progression de l?artificialisation observée au niveau national durant cette
période. Le recul des prairies persiste dans les aires protégées et leurs environs comme au niveau national
mais à un degré moindre que dans la décennie précédente.
Les aires protégées n?ont pas ou peu été touchées par cette
progression de l?artificialisation. Les espaces les plus concernés par ce
phénomène ? tout en restant nettement inférieur à la moyenne
nationale ? sont les sites Ramsar, les réserves de biosphère et les
parcs naturels régionaux, territoires plus grands aux enjeux mixtes de
développement et de conservation, englobant des zones
urbanisées.
L?artificialisation exerce globalement une forte pression autour des
réserves naturelles et des sites Ramsar ? ce qui s?explique en partie
par un « effet littoral ». Celui-ci est dû à la présence d?un certain
nombre de ces sites sur le littoral, territoire qui subit une
artificialisation deux fois plus importante que la moyenne
métropolitaine. L?artificialisation touche également les alentours des
réserves de biosphère et des sites Natura 2000 mais dans une
moindre mesure.
L?occupation des sols est analysée à partir de la base de
données géographiques CORINE Land Cover, issue de la photo-
interprétation d?images satellitaires. L?échelle de réalisation est
de 1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie
des unités d?occupation homogène des sols. La version 2006,
faisant suite aux années 1990 et 2000, est produite par
révision de la version 2000, compilée avec les changements de
plus de 5 ha intervenus entre 2000 et 2006 puis redressée afin
d?obtenir des unités homogènes de plus de 25 ha.
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et
de la faune reposent sur une gamme d?outils variés quant à leurs
objectifs et leurs modalités de mise en oeuvre. On distingue le
réseau Natura 2000 (en application de deux directives
européennes), les espaces protégés par voie réglementaire (coeur
de parc national, réserves naturelles?) avec interdiction ou
limitation des activités humaines, les espaces protégés par voie
contractuelle (aire d?adhésion de parc national, parc naturel
régional, zone humide Ramsar?) s?appuyant sur une charte ou une
convention internationale et les espaces protégés par maîtrise fon-
cière (action du Conservatoire du littoral notamment).
Le territoire autour des aires protégées est celui d?une bande de
1 km pour les sites de moins de 1 000 ha, de 2 km pour les sites
entre 1 000 et 100 000 ha et de 3 km pour les plus grands.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant
la BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
44 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?occupation des sols dans et autour des aires protégées en 2006
En % de la surface des types d?espace
Type d?espace
Territoires
artificialisés
Terres
agricoles1
Prairies,
pelouses,
pâturages
naturels
Forêts2
Landes,
milieux
arbustifs,
forêt en
régénération
Zones
humides
et milieux
aquatiques
Glaciers,
roche nue,
végétation
clairsemée
Plages,
dunes et
sable
Estuaires
et mer
Natura 2000
Intérieur 0,7 12,6 12,8 23,6 5,8 5,0 4,1 0,2 35,0
Alentours 6,5 36,5 16,0 26,3 4,7 0,8 2,0 0,1 7,0
Parcs nationaux
Coeurs 0,0 0,4 20,0 23,1 7,8 0,1 48,3 0,0 0,4
Aires d?adhésion 1,0 4,6 26,4 36,9 9,4 0,4 21,2 0,0 0,0
Alentours 0,6 4,6 22,7 32,2 9,4 0,2 30,1 0,1 0,0
Réserves naturelles
Intérieur 0,2 1,2 10,5 19,2 4,8 16,9 11,5 0,6 35,0
Alentours 4,9 16,9 15,9 26,5 7,0 7,2 9,2 0,3 12,0
Réserves nationales de chasse et de faune sauvage
Intérieur 0,8 1,5 9,2 36,4 6,5 28,5 8,7 0,0 8,4
Alentours 6,0 21,2 14,4 39,5 5,9 3,4 7,8 0,1 1,8
Réserves biologiques domaniales ou forestières
Intérieur 0,1 0,2 3,6 72,0 14,4 0,3 9,3 0,2 0,0
Alentours 1,4 7,3 10,7 61,5 10,2 1,3 6,3 0,1 1,0
Parcs naturels régionaux
Intérieur 2,6 25,3 21,7 39,4 7,1 1,9 1,9 0,1 0,0
Alentours 5,0 33,5 20,3 28,8 5,7 1,7 1,5 0,1 3,3
Zones humides Ramsar
Intérieur 1,6 32,1 17,8 17,2 1,7 26,5 0,0 0,3 2,7
Alentours 9,2 49,2 16,8 10,7 1,5 3,0 0,0 0,2 9,4
Réserves de biosphère3
Intérieur 3,1 25,0 8,4 40,1 9,2 7,7 1,3 0,4 4,9
Alentours 5,9 35,4 8,8 26,3 7,6 0,8 0,9 0,5 13,2
Sites du Conservatoire du littoral
Intérieur 1,1 8,5 10,7 10,7 27,5 35,2 2,5 3,3 0,4
Sites des Conservatoires d?espaces naturels4
Intérieur 1,9 7,5 26,1 29,5 15,3 4,7 13,0 0,4 0,6
France (métropole) 5,1 44,0 18,1 25,9 4,2 1,0 1,6 0,1 0,0
Note :
1 Prairies exclues.
2 Hors forêts et végétation arbustive en mutation.
3 Toutes zones confondues.
4 Sites acquis ou gérés.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ;
RBDF, RNCFS, sites du CdL, sites des CEN, 2009 ? RNF-SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
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45Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Progression de l?artificialisation entre 2000 et 2006
dans et autour des aires protégées
En % de la surface des types d?espace
0 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Métropole
Natura 2000
Parcs nationaux
(aire d'adhésion)
Réserves naturelles
Réserves nationales de chasse
et de faune sauvage
Réserves biologiques
domaniales ou forestières
Parcs naturels régionaux
Zones humides Ramsar
Réserves de biosphère
Alentours
Intérieur
Note : Le taux représenté est celui observé sur l?ensemble de la période 2000-2006 (il ne s?agit pas
d?un taux annuel). L?intérieur des coeurs des parcs nationaux n?a subi aucune artificialisation.
Les réserves naturelles regroupent les réserves naturelles nationales (RNN), les réserves naturelles de
Corse (RNC) et les réserves naturelles régionales (RNR).
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs
nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, 2009 ? RNF-
SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
Le recul des prairies observé dans toutes les régions depuis 1990 se
poursuit mais à un rythme plus faible entre 2000 et 2006. Cette inflexion
est également notée au sein des aires protégées comme dans leurs pro-
ches environs. Les sites Ramsar et leurs alentours demeurent l?outil de
protection le plus touché, devant les sites Natura 2000 et les parcs natu-
rels régionaux. Les espaces sous protection réglementaire ne sont pas ou
peu concernés par ce phénomène.
Évolution des surfaces de prairies, pelouses et pâturages
entre 2000 et 2006 dans et autour des aires protégées
En % de la surface des types d?espace
Métropole
Natura 2000
Parcs nationaux
(aire d'adhésion)
Parcs nationaux (coeur)
Réserves naturelles
Réserves nationales de chasse
et de faune sauvage
Réserves biologiques
domaniales ou forestières
Parcs naturels régionaux
Zones humides Ramsar
Réserves de biosphère
Alentours
Intérieur
-0,09 -0,08 -0,07 -0,06 -0,05-0,04 -0,03 -0,02 -0,01 0 0,01
Note : Le taux représenté est celui observé sur l?ensemble de la période 2000-2006 (il ne s?agit pas
d?un taux annuel). Les réserves naturelles regroupent les réserves naturelles nationales (RNN), les
réserves naturelles de Corse (RNC) et les réserves naturelles régionales (RNR).
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs
nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, 2009 ? RNF-
SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
En savoir plus
? Ifen, 2007. « Changements modérés de l?occupation des sols
dans les espaces naturels protégés », Le 4 pages, n° 119,
octobre 2007. 4 p.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
46 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
47Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les 152 sites suivis les plus étendus se composent de zones humides
mais également d?espaces agricoles ou urbanisés connexes. L?occupation
des sols en 2006 et son évolution depuis 2000 apportent des indications
sur les pressions qui s?exercent sur les zones humides du fait des
activités humaines ou du fonctionnement hydrologique.
Commentaire
Les zones humides étudiées sont caractérisées par une forte propor-
tion de prairies (21,8 %) et de terres arables non irriguées (20,1 %). Dans
leur ensemble, les territoires agricoles couvrent 51,5 % de la superficie
des sites. Les autres catégories les plus présentes sont les forêts et milieux
semi-naturels (22,4 %), puis les surfaces en eaux (11,8 %) et les zones
humides (10,8 %). Ces deux dernières catégories sont beaucoup plus
fréquentes sur le littoral méditerranéen et atlantique que dans les autres
types de sites. Les territoires artificialisés couvrent 3,5 % des zones
humides étudiées, avec une prédominance du tissu urbain discontinu,
puis des secteurs d?extractions de matériaux, et des zones industrielles
et commerciales. Ce taux atteint 6 % dans les vallées alluviales, soit
presque trois fois plus que dans les sites littoraux.
Occupation des sols en 2006 par type de zone humide
0 %
20 %
40 %
60 %
80 %
100 %
Litto
ral atlantique,
Manche et m
er du Nord
Litto
ral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines in
térieures
Ensemble des
152 zones humides
En % de surfaces
Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Source : CGDD-SOeS, 2004. UE-SoeS, CORINE Land Cover 2006.
Occupation des sols dans 152 zones humides
en 2006 et évolution depuis 2000
En 2006, l?occupation des sols dans un échantillon national de 152 zones humides est dominée par les
territoires agricoles. Ils couvrent 51,5 % de leur superficie et se répartissent essentiellement en prairies
(22 %) et terres arables (20 %). Entre 2000 et 2006, l?artificialisation de nouvelles terres a touché tous
les types de zones humides, avec une augmentation totale de 3 090 ha, soit 0,13 % de la superficie totale
des sites. Les surfaces en eau ont progressé de 1 070 ha. À l?inverse, les terres agricoles ont régressé
(- 3 960 ha), surtout dans les plaines intérieures et les vallées alluviales.
Entre 2000 et 2006, la superficie totale des zones humides au sein des
sites étudiés semble se stabiliser alors qu?elle régressait entre 1990 et
2000. Les changements d?occupation des sols ont affecté 0,35 % de la
superficie des sites étudiés. Par rapport à la décennie 1990-2000, l?artifi-
cialisation et la création de surfaces en eau se sont poursuivies aux
dépens des territoires agricoles et des forêts et milieux semi-naturels.
Évolution de l?occupation des sols par type de zone humide
entre 2000 et 2006
-4 000
-3 000
-2 000
-1 000
0
1 000
2 000
3 000
4 000
Surfaces en ha
Litto
ral atlantique,
Manche et m
er du Nord
Litto
ral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines in
térieures
Ensemble des
152 zones humides
Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Source : CGDD-SOeS, 2004. UE-SoeS, CORINE Land Cover 2000 et 2006.
Entre 2000 et 2006, les surfaces artificialisées ont augmenté de plus
de 3 000 ha dans les sites suivis, ce qui représente 0,13 % de la
superficie totale des 152 zones étudiées, un taux légèrement inférieur
à la moyenne nationale (la progression des surfaces artificialisées
entre 2000 et 2006 représentent 0,16 % du territoire métropolitain).
C?est dans les vallées alluviales que la part de territoire affectée est
la plus importante. L?artificialisation (urbanisation, développement
d?infrastructures routières ou de loisirs, aménagements touristiques
ou portuaires) s?est produite essentiellement au détriment de terres
agricoles. Les surfaces en eau s?étendent aussi, particulièrement dans
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
48 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
les vallées alluviales puis dans les plaines intérieures. Au total 1 066 ha
de plans d?eau sont apparus, sur des secteurs qui en 2000 étaient en prairies
(408 ha) ainsi que sur d?anciennes zones d?extractions de matériaux
(77 ha). Les territoires agricoles ont connu un recul, avec une perte
totale de 3 960 ha, correspondant à 0,16 % de la superficie des sites.
Ce sont les vallées alluviales puis les plaines intérieures qui sont le
plus concernées. Dans cette catégorie, les pertes nettes les plus
importantes portent sur les prairies (- 1 847 ha), qui sont converties
pour une grande part en terres arables et en plans d?eau. Par ailleurs,
on note une faible régression des forêts et milieux semi-naturels
(- 276 ha). Elle touche tous les types de zones humides hormis les
vallées alluviales où les surfaces ont augmenté, en raison de la
fermeture des milieux. La catégorie zones humides progresse
légèrement dans l?ensemble, cette relative stabilité faisant suite Ã
une diminution des surfaces entre 1990 et 2000.
Le bilan par type de zone humide montre que les vallées alluviales
connaissent les mutations les plus prononcées, avec les plus forts taux de
progression d?artificialisation et de disparition de terres agricoles entre
2000 et 2006, comme entre 1990 et 2000. C?est également dans ces
secteurs que les mesures de protection et de gestion des espaces
naturels sont les moins nombreuses.
Les données portent sur un échantillon national de 152 sites com-
prenant des milieux humides et couvrant 2,4 millions d?hectares du
territoire métropolitain. Ces sites, définis en 1991 à l?occasion d?une
évaluation nationale, ont été choisis pour leur caractère représen-
tatif des différents types d?écosystèmes présents sur le territoire
métropolitain et des services socio-économiques rendus. Cette
sélection a été réalisée afin d?assurer un suivi des zones humides
en France, qu?elles fassent ou non l?objet de protection. Ils se répar-
tissent en quatre types : plaines intérieures ; vallées alluviales ;
littoral méditerranéen ; littoral atlantique, Manche et mer du Nord.
Les résultats présentés ici ne peuvent donc pas être extrapolés
à l?ensemble des zones humides françaises.
CORINE Land Cover (CLC) est un outil européen de suivi de l?occu-
pation des sols (CORINE pour Coordination de l?information sur
l?environnement). Les résultats sont issus de l?exploitation des
versions 2000 et 2006 actuellement disponibles. Il s?agit d?une base
de données géographiques présentant l?inventaire de l?occupation
des sols en 44 postes regroupés en 5 types : territoires artificialisés,
terres agricoles, forêts et milieux naturels ouverts, zones humides,
surfaces en eau. Cette base est définie à l?échelle du 1/100 000, les
objets de moins de 25 ha et de moins de 100 m de large ne sont
pas pris en compte, de même que les changements d?occupation
des sols entre 2000 et 2006 inférieurs à 5 ha. CLC ne permet pas
de faire la distinction entre les milieux humides et non humides
pour les prairies, landes et forêts, et ne permet pas d?identifier
les peupleraies.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? L?ensemble des fiches indicateurs du SOeS portant sur les
zones humides :
http://www.ifen.fr, rubrique « Territoire » > « Zones humides »
? Le portail consacré aux zones humides :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr/
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
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49Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution de la consommation
de produits phytosanitaires
Entre 2000 et 2006, la consommation de produits phytopharmaceutiques est plutôt en diminution, alors
que le niveau de la production végétale est resté quasiment stable. Le plan Ecophyto 2018 mis en place
par le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche à la suite du Grenelle de l'environne-
ment, vise à une réduction de 50 % de l?utilisation des pesticides, si possible, à l'horizon 2018, tout en
maintenant un niveau de production agricole élevé. L'adoption récente du « paquet pesticides » par le
Parlement européen et les ministres de l'UE est le reflet d'une préoccupation qui concerne toute l'Europe.
Contexte
La plupart des produits phytosanitaires contiennent des molécules
organiques de synthèse dont les propriétés toxiques permettent de
lutter contre certains organismes (plantes, champignons, insectes?), qui
sont en concurrence ou attaquent les productions agricoles. Ils sont
également utilisés par les gestionnaires de réseaux de transport, par
les collectivités locales ou par les particuliers.
Parce que ces produits agissent sur les organismes vivants, ils peuvent
aussi avoir des impacts négatifs sur la santé, les ressources naturelles (air,
eau et sol) et la biodiversité. Les phytosanitaires sont, avec la disparition
des habitats, considérés comme une des principales menaces pour la
biodiversité en milieu agricole.
La réduction de l'utilisation de ces produits est une des composantes
essentielles des objectifs de durabilité des pratiques agricoles. Le Grenelle
de l'environnement a fait émerger un consensus sur la nécessité d'une
politique ambitieuse de réduction de l'utilisation de ces produits, le tout
dans le respect de la compétitivité de l'agriculture française. Cette
politique s'est traduite par l?élaboration du plan Ecophyto 2018, visant Ã
réduire de 50 %, si possible, l'usage de ces produits à l'horizon 2018.
Il s'agit également d'un enjeu européen, qui s'est traduit notamment
par l'adoption le 13 janvier 2009 par le Parlement européen et le
24 septembre 2009 par les ministres de l'Union européenne, du « paquet
pesticides ».
En particulier, le plan Ecophyto 2018, s?inscrit dans la déclinaison
nationale de la directive 2009-128 instaurant un cadre d?action
communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible
avec le développement durable. Celle-ci prévoit en effet l?adoption
de plans nationaux d?action par les États membres.
Commentaire
En France, les grandes cultures au sens large (en y incluant les cultu-
res fourragères intensives) utilisent environ 75 % des produits phytosani-
taires (en termes de dépenses), la viticulture 15 %, l'arboriculture 5 % et
le maraîchage également 5 %. Par contre, par unité de surface, les utili-
sations les plus importantes sont le fait de la viticulture, de l'arboriculture
et du maraîchage et, en grandes cultures, des pommes de terre.
Alors que la quantité de substances actives achetées est en baisse
régulière sur la période (- 18 %), l?indicateur NODU (nombre de doses
unités) augmente à compter de 2003 et limite ainsi la baisse à 7 % sur
la période étudiée. La réduction des tonnages utilisés s?est apparemment
accompagnée de l?utilisation de substances efficaces à plus faible dose.
Évolution de la consommation de produits
phytosanitaires et de la production végétale
80
85
90
95
100
105
2001 2002 2003 2004 2005
Indice base 100 en 2001 (moyenne 2000 ? 2002)
Production végétale
Nombre de « dose unité »
Quantité de substances actives
Note : Moyenne triennale glissante ; DOM inclus ; usage agricole hors traitement de semences.
Source : SSP, d?après les données fournies au « groupe de travail Indicateurs »
du plan Ecophyto 2018 (NODU et QSA) et Compte national de l?agriculture
(pour l?évaluation « en volume » de la production végétale).
Le nombre de doses unités est l'indicateur retenu pour le suivi de
l'évolution de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques dans
le cadre du plan Ecophyto 2018 issu du Grenelle de l?environnement.
Il consiste à rapporter la quantité de substance active vendue Ã
une « dose unité » spécifique de la substance considérée, dérivée
des doses homologuées des produits contenant cette substance. Cet
indicateur permet de mieux appréhender les évolutions de l'utilisa-
tion des produits phytosanitaires en s'affranchissant des évolutions
liées à la substitution de certaines substances actives par d'autres
substances efficaces à plus faible dosage. Ce suivi est complété par
celui des quantités de substances actives vendues (QSA).
L?indicateur NODU présenté, calculé à partir des données des
ventes de substances actives fournies de l'Union des industries de
la protection des plantes, est provisoire. L'indicateur de référence
sera calculé seulement à partir de 2009 à partir des données de
ventes déclarées par les distributeurs au titre de la redevance
pour pollutions diffuses, en application de la loi sur l'eau du
30 décembre 2006.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
50 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
En savoir plus
Sites Internet
? Le plan Ecophyto 2018 :
http://agriculture.gouv.fr/sections/magazine/focus/
phyto-2018-plan-pour
? Note d'analyse N° 4, février 2009. La réduction des usages
de pesticides : le plan Ecophyto 2018 ? Le rôle des indicateurs
d'utilisation pour évaluer l'atteinte des objectifs.
http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/
prospective-evaluations/publications9108
? Expertise scientifique collective pesticides :
http://www.inra.fr/l_institut/expertise/expertises_realisees/
pesticides_agriculture_et_environnement
? Agreste (la statistique, l'évaluation et la prospective agricole) :
enquête pratiques culturales 2006.
http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/enquetes/
pratiques-culturales/
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
SNB
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Évolution de la qualité physico-chimique
des cours d?eau
La pollution des cours d?eau par les matières organiques et phosphorées, issues des rejets urbains et
industriels, a nettement diminué depuis une dizaine d?années, tandis que celle due aux nitrates, majo-
ritairement d?origine agricole, a plutôt tendance à se stabiliser, voire à augmenter encore localement.
Les indices d?évolution calculés à partir des données de surveillance des agences de l?Eau montrent
ainsi une réelle amélioration sur l?ensemble du territoire des paramètres liés aux rejets ponctuels,
grâce notamment aux traitements plus performants des stations d?épuration. L?évolution des
nitrates, très liée aux conditions météorologiques, est plus contrastée géographiquement. Les polluants
toxiques, ou micropolluants, ne sont pas couverts par cet indicateur.
Contexte
La qualité physico-chimique des cours d?eau est une condition du
maintien de la biodiversité aquatique et figure parmi les priorités
européennes. La directive-cadre sur l?eau (DCE) adoptée en 2000 a pour
objectif la préservation et la restauration des milieux aquatiques.
Elle instaure une obligation de résultat : le bon état des eaux en 2015.
La France présente un réseau hydrographique dense, mais fragilisé par
des pratiques agricoles intensives et réceptacle des rejets domestiques
et industriels. Dès le début des années 70, les cours d?eau ont fait l?objet
d?une surveillance dite « patrimoniale » régulière, sous la responsabilité
des agences de l?Eau.
Les nitrates proviennent principalement de l?utilisation d?engrais
pour l?agriculture ; l?ammonium (ou azote ammoniacal), peu
présent dans les eaux naturelles, est un indicateur de performance
des stations d?épuration ; les orthophosphates interviennent avec
les nitrates dans les processus d?eutrophisation. Le quatrième
paramètre est la demande biochimique en oxygène (DBO) des
matières organiques contenues dans l?eau.
Les 4 paramètres retenus sont emblématiques de l?état physico-
chimique des cours d?eau, mais ils ne sont pas suffisants pour caracté-
riser, à eux seuls, l?état écologique des eaux. Il dépend également de
la présence de micropolluants (pesticides, métaux, hydrocarbures?),
du régime hydrique ou de l?état physique du cours d?eau (présence
de barrages?).
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40
50
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90
100
110
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1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
0
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300
360
420
480
540
600
660
720
Précipitations Nitrates Orthophosphates Ammonium DBO Indice
Indice base 100 en 1998 Volume des précipitations (en millards de m3)
Évolution de la pollution des cours d?eau par les macro-polluants
Source : SOeS, d?après agences de l?Eau, Météo-France, MEEDDM.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
52 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Commentaire
La demande biochimique en oxygène, indicateur de la quantité de
matières organiques biodégradables présentes dans l?eau, est en baisse
régulière depuis 1998 (- 30 %), résultat de meilleures performances obte-
nues par les stations d?épuration. L?ammonium, autre paramètre carac-
téristique de l?efficacité des traitements épuratoires, présente lui aussi
une tendance en baisse mais plus influencée par la faible pluviométrie
des années 2003 et 2005, qui a entraîné une mauvaise dilution. De
même, les orthophosphates diminuent, de près de 40 % sur la période,
sous l?effet conjugué d?une réduction sensible des apports agricoles et
d?une amélioration de la performance des stations urbaines. La tendance
est moins marquée sur les nitrates, où l?indice indique plutôt une stabi-
lité, voire une légère tendance en hausse.
Les évolutions des nitrates sont contrastées suivant les bassins. On
observe une dégradation dans les bassins où les teneurs en nitrates
étaient les plus faibles. Au contraire, la situation tend à s?améliorer là où
les concentrations étaient parmi les plus élevées : c?est le cas des bassins
fortement agricoles dans l?Ouest, où l?utilisation d?intrants azotés a dimi-
nué. Les bassins de la Seine et la Somme font exception : les teneurs,
élevées, gardent une tendance à la hausse. Les conditions météorologi-
ques jouent également un rôle, les années sèches étant à l?origine de
surplus azotés lessivés les années suivantes.
Malgré ces évolutions globalement assez favorables, les efforts sont Ã
poursuivre pour respecter les objectifs de bon état des eaux assignés par
la DCE.
Les indices d?évolution de la qualité physico-chimique utilisent
les données de surveillance des cours d?eau des agences de l?Eau
sur la période 1998-2007. La disponibilité très incomplète des don-
nées outre-mer a conduit à restreindre ici l?étude à la France
métropolitaine.
L?indice se basant sur des moyennes annuelles de concentration,
seules les stations disponibles au minimum deux années de suite
et présentant plus de 4 analyses dans l?année, dont au moins 1 par
trimestre ont été sélectionnées. L?indice est calculé par paramètre
et par bassin versant selon les étapes suivantes :
- calcul de la concentration moyenne annuelle sur le bassin ;
- calcul de l?indice élémentaire d?évolution à partir des concen-
trations moyennes annuelles des bassins et en utilisant un indice
de type chaîné. La base 100 se situe en 1998.
Les agrégations, nationales ou typologiques, ont été menées Ã
partir des concentrations des bassins, pondérées par leur surface,
présentant des séries complètes de données sur la période. Certains
bassins du Sud-Est ont par conséquent été écartés. L?agrégation
nationale couvre ainsi 93 % du territoire.
Méthodologie
Évolution des nitrates sur la période 1998 ? 2007
Évolution des nitrates par bassin
En baisse
Relativement stable
En hausse
Tendance extraite sur une série
de données incomplètes
Concentration en nitrates
par bassin en 2007
35,2 mg/L
14,1 mg/L
Source : agences de l'Eau, MEEDDM, traitement SOeS, 2009.
En savoir plus
CGDD-SOeS, 2009. « Méthodologie de l'indice d'évolution de
la qualité physico-chimique des cours d'eau » (Document
technique). Orléans : SOeS. 17 p.
Sites Internet
? http://www.ifen.fr, rubrique « Eau »
? Portail de l'eau :
http://www.eaufrance.fr
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
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Contexte
La production mondiale de poissons, mollusques et crustacés est de
150 millions de tonnes en 2006 (FAO), issues pour deux tiers de la pêche
et d?un tiers de l?aquaculture. Elle a fortement augmenté ces dernières
décennies du fait de la croissance de la population mondiale et de
l?augmentation de la consommation moyenne par personne de produits
de la mer. Près de 80 % des stocks mondiaux de poissons sont
pleinement exploités ou surexploités (FAO, 2006) alors que la ressource
a longtemps été estimée inépuisable.
Les eaux de l?Atlantique du Nord-Est, représentant les trois quarts des
captures françaises (73 %), n?y échappent pas. Les captures françaises y
ont diminué de plus de 30 % depuis les années 70, en passant de
700 000 tonnes en 1968 Ã 400 000 tonnes en 2008. La surexploitation
des ressources halieutiques constitue une préoccupation importante.
Elle entraîne une diminution de la diversité de la faune et de la flore
marines et le déclin économique des pêcheries concernées.
Évolution des stocks des espèces pêchées
en Atlantique du Nord-Est
Les stocks de poissons, mollusques et crustacés diminuent au niveau mondial du fait de la surpêche.
La situation dans l?Atlantique du Nord-Est où les bateaux français effectuent les trois quarts de leurs
captures diffère suivant les types d?espèces. En 2006, elle est plutôt bonne pour les espèces pélagiques
mais nettement moins pour les espèces vivant sur les fonds marins ou à proximité. En Manche Ouest et
dans le golfe de Gascogne, 20 % des stocks étudiés sont dans une situation critique.
Commentaire
En Atlantique du Nord-Est, la situation est assez bonne pour les
espèces pélagiques (espèces vivant dans la colonne d?eau comme les
maquereaux ou les harengs) : en 2006, seulement 13 % de leurs stocks1
ont une biomasse inférieure à la limite biologique de sécurité.
La situation est plus critique pour les espèces benthiques (poissons plats,
crustacés et coquillages). Après une amélioration entre 2000 et 2004,
la part des stocks sous le seuil de précaution augmente de nouveau pour
atteindre 42 % en 2006. La situation est sensiblement la même pour
les espèces démersales (vivant près du fond), à forte valeur commerciale,
comme le cabillaud et l?églefin. Plus d?un stock sur deux est en dehors
des limites biologiques de sécurité depuis plusieurs années.
? Un stock est la partie exploitable de la population d?une espèce dans une
zone maritime donnée.
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1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
En %
Démersales
Pélagiques
Bentiques
Types d'espèces
Évolution récente des prises de poissons sur les stocks
en dehors des limites biologiques de sécurité
en Atlantique du Nord-EstLocalisation des zones étudiées
Source : Eurostat, 2009. Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).Source : FAO, 2008.
Manche Ouest
Golfe de Gascogne
Atlantique du Nord-Est
dont :
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
54 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Selon l?Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
(Ifremer), dans le golfe de Gascogne, en 2005, 22 % des captures
proviennent de stocks en bon état, 62 % de stocks en situation
intermédiaire, 16 % de stocks en situation critique. En Manche Ouest,
ces valeurs sont respectivement de 18 %, 79 % et 3 %. Au total
(En Manche Ouest et golfe de Gascogne), pour les 53 stocks évalués, envi-
ron 20 % sont en bon état et 20 % sont dans un état critique
(daurade rose, sole, plie, maquereau, empereur?). Les autres sont dans
une situation intermédiaire avec une biomasse faible (anchois, merlu,
langoustine?) ou un taux d?exploitation trop élevé (cardine).
Part des captures en fonction de l'état
des stocks halieutiques
Dans le golfe de Gascogne
État critique
16 %Situation
intermédiaire
62 %
Bon état
22 %
En Manche Ouest
Bon état
18 %
État critique
3 %
Situation
intermédiaire
79 %
Source : Ifremer, 2005. Traitements : SOeS.
L?Union européenne s?est dotée d?une politique commune de la
pêche (PCP) dès janvier 1983. Des totaux admissibles de capture
(TAC) sont définis annuellement. Ils fixent les quantités de poissons
capturables par zone de pêche. Ces TAC, décidés par les ministres
européens des pêches, sont partagés en quotas nationaux. Ils sont
basés sur les travaux scientifiques mis en oeuvre sous l?égide du
Conseil international pour l?exploration de la mer (Ciem) et sont discutés
préalablement par différentes instances. D?autres mesures techniques
sont mises en oeuvre : amélioration de la sélectivité des engins
de pêche, fermeture de saisons et/ou de zones de pêche.
En 2009, 35 espèces ont fait l?objet de quotas, 22 benthiques et
démersales (cabillaud, langoustine, sole?), 9 pélagiques (anchois,
maquereau, thon rouge?) et 4 espèces profondes comme le grenadier
de roche ou la lingue bleue. Par ailleurs, plusieurs espèces font
l?objet de tailles minimales de capture. Elles étaient 18 en 2008.
L?indicateur d?Eurostat prend en compte les stocks de poissons en
dehors des limites biologiques de sécurité (LBS) à l?intérieur des
eaux européennes. D'une façon générale, on considère qu'un stock
est dans les limites biologiques de sécurité si sa biomasse est
inférieure à la valeur correspondant à un principe de précaution
préconisé par le Ciem, quand sa taille ne garantit pas pleinement
sa survie. Sont pris en compte les stocks pour lesquels le Ciem a
proposé des principes de gestion à la communauté.
Concernant les travaux de l?Ifremer, l?état des stocks halieutiques
est évalué au regard de deux variables, que l?on compare à des
seuils dits « de précaution » :
- la biomasse des reproducteurs : quand la population de reproduc-
teurs chute en dessous d?un certain seuil, dit « biomasse de pré-
caution », caractéristique de chaque stock, les risques de réduction
des capacités reproductrices du stock deviennent très élevés ;
- la pression de pêche subie par les ressources halieutiques :
au-delà d?un certain seuil de mortalité par pêche, les risques de
voir chuter l?abondance des reproducteurs en dessous de la
biomasse de précaution deviennent très élevés.
L?état des stocks est ainsi qualifié de « bon état » s?il respecte
ces deux seuils de précaution, d'« état critique » dans le cas
contraire ou de « situation intermédiaire » s?il ne respecte que
l?un des deux seuils.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) :
http://www.ices.dk
? Ifremer :
http://www.ifremer.fr
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
55Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Depuis que les échanges commerciaux existent, ceux-ci ont
emmenés avec eux des centaines d?espèces hors de leur aire
géographique d?origine. De nombreuses espèces végétales et animales
ont ainsi été disséminées sur la planète et introduites dans de
nouveaux milieux. Parmi elles, certaines s?adaptent aux conditions
locales, s?installent dans le milieu hôte et s?étendent. Elles correspondent
alors à des espèces naturalisées. Une espèce est considérée comme
envahissante quand elle entre en concurrence avec les espèces
indigènes et produit des changements significatifs dans le fonctionnement
des écosystèmes dans lesquelles elle s?est installée. Les espèces
indigènes rares ou protégées peuvent alors se trouver menacées
de disparition.
Commentaire
Les espèces non indigènes et invasives représentent une menace
importante pour l?équilibre écologique des milieux naturels. D?après
l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), c?est
la deuxième cause de régression et d?extinction d?espèces dans le
monde après la destruction de leur habitat. Elles peuvent provoquer
des maladies, bouleverser les écosystèmes et les appauvrir, perturber
durablement les paysages et limiter les productions agricoles et
conchylicoles ainsi que la pêche. Parmi ces espèces exotiques,
certaines sont connues par le grand public : le ragondin, la tortue de
Floride, les écrevisses américaines ou encore la caulerpe, Caulerpa
taxifollia, surnommée l?algue tueuse en Méditerranée.
Espèces introduites et envahissantes
en France métropolitaine
Les échanges commerciaux ont entrainé, depuis qu'ils existent, une dissémination de
nombreuses espèces végétales et animales. Certaines d'entre elles sont invasives, ce qui est
la deuxième cause de régression et d?extinction d?espèces dans le monde après la destruction de leur
habitat d?après l?Union internationale pour la conservation de la nature. L?étude et le suivi de ces espèces
sont devenus essentiels. Ainsi la base de données DAISIE recense les espèces introduites en Europe. 1 919
espèces continentales (aquatiques ou terrestres) ont été introduites en Europe, dont deux tiers de plantes.
Dans le milieu marin, 113 espèces introduites sont présentes sur les façades Manche - mer du Nord et
Atlantique et 83 en Méditerranée. Ce sont surtout des crustacés et des mollusques dans le premier cas et des
algues rouges dans le second. Parmi les espèces introduites, environ 5 % sont considérées comme envahissantes
pour le milieu continental, comme pour le milieu marin.
Les espèces introduites et invasives sur le continent
D?après la base de données DAISIE (Delivering Alien Invasive
Species Inventories for Europe), la France métropolitaine compterait
1 919 espèces continentales introduites sur son sol (dont 99 % d?espèces
terrestres). Les deux tiers des espèces introduites sont des végétaux,
près d?un tiers sont des animaux. D?après l?Inventaire national du
patrimoine naturel (INPN), 111 espèces sont considérées comme
invasives ou envahissantes, soit 5 % des espèces terrestres introduites.
66 % des espèces invasives appartiennent aussi au règne végétal,
19 % sont des vertébrés et 15 % sont des invertébrés. Si les plantes
représentent la majorité des espèces introduites et envahissantes,
il est intéressant de remarquer que les vertébrés introduits semblent
avoir un risque élevé de devenir envahissants (15 % des espèces
envahissantes pour seulement 3,5 % des espèces introduites).
La majorité de ces espèces ont été introduites de manière
involontaire par le développement des échanges commerciaux et les
déplacements de plus en plus importants. Cependant, l?introduction
s?est aussi faite par les cultures et les élevages, comme le vison
d?Amérique ou le ragondin introduits en Europe au XIXe siècle. Mais ce
fut aussi le cas pour des espèces qui ont été importées pour des
raisons ornementales, l?aménagement de bassins extérieurs ou
l?aquariophilie. C?est par exemple le cas des Jussies (Ludwiga peploides
et Ludwigia grandiflora), dont la prolifération provoque d?importantes
nuisances dans les plans d?eau et les zones humides. Elles gênent
l?écoulement des cours d?eau et entraînent une accélération du
comblement du milieu, la sédimentation étant augmentée par ces
herbiers. Le comblement est aussi accentué par l?accumulation de la
litière issue de la dégradation de cette importante biomasse.
Ces herbiers peuvent aussi avoir de forts impacts sur la qualité
physico-chimique des eaux, en particulier sur la teneur en oxygène
dissous et sur le pH. Le pH est nettement plus faible en présence de
la plante et la très faible teneur en oxygène des eaux permet
seulement la survie des espèces les plus résistantes. Les nuisances
vis-à -vis des usages des plans d?eau sont aussi très importantes pour
la pêche ou la navigation.
La base de données DAISIE recense les espèces introduites en
Europe. Elle s?appuie pour cela sur un réseau d?expert réparti sur
le continent et permet la mise à disposition sur Internet des
données disponibles sur les diverses espèces introduites
en Europe.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
56 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Nombre d?espèces continentales introduites
en France métropolitaine
Note : les espèces terrestres représentent 99 % des espèces continentales introduites
(1 899 espèces) contre 1 % pour les espèces aquatiques continentales (20 espèces).
Source : DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), décembre 2009.
Nombre d?espèces envahissantes continentales
présentes en France métropolitaine
Source : MNHN ? INPN, janvier 2010.
Les espèces introduites et invasives
dans le milieu marin
Les eaux métropolitaines compteraient 113 espèces introduites sur
les façades Manche - mer du Nord et Atlantique et 83 en Méditerranée.
Ce sont surtout des crustacés (23 %) et des mollusques (21 %) dans
le premier cas et des algues rouges (39 %) dans le second. Des espèces
étant communes aux deux milieux, il y a au final 179 espèces
introduites dans le milieu marin métropolitain. Parmi elles, 9 sont
Espèces marines introduites
dans les eaux métropolitaines
73
29
30
50
10
4
0
20
40
60
80
100
120
Atlantique - Manche - mer du Nord Méditerranée
Régne animal (mollusques, crustacés, cnidaires?)
Règne végétal (algues vertes, algues rouges?)
Protistes (chromistes, dinoflagellés?)
Source : DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), décembre 2009.
considérées comme envahissantes soit près de 5 %, comme pour le
milieu terrestre. Il s?agit de crustacés, de mollusques et de plantes.
L?introduction se fait principalement par le biais de l?aquaculture ou
par les transports maritimes (cargaisons et eaux de ballast). Certaines
espèces peuvent aussi être introduites dans le milieu naturel par la
vidange d?aquariums comme la caulerpe (Caulerpa taxifollia).
Espèces marines envahissantes
dans les eaux métropolitaines
Source : MNHN ? INPN, janvier 2010.
1 242
39
569
68
0
500
1 000
1 500
2 000
Végétaux Champignons Invertébrés Vertébrés
74
16
21
0
20
40
60
80
100
120
Plantes Invertébrés Vertébrés
2
4
3
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Plantes
Crustacés
Mollusques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
57Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pr
es
sio
ns
e
t m
en
ac
es
s
ur
la
b
io
di
ve
rs
ité
Parmi ces espèces, la crépidule est un exemple concret de
prolifération. Ce gastéropode d?Amérique du Nord a été introduit
accidentellement en plusieurs phases en Europe avec des importations
d?huîtres. Elle peut provoquer une forte banalisation des fonds marins
qu?elle colonise. Elle peut, par ailleurs, limiter les possibilités de pêche
à la drague et impliquer des coûts importants de nettoyage des
huitres qu?elles colonisent comme à Cancale.
Distribution de Crepidula fornicata (crépidule)
Source : d?après © D. Minchin, 2008 in DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories
for Europe), en ligne.
Les espèces introduites en outre-mer
La situation est aussi très préoccupante dans les collectivités
d?outre-mer où 42 espèces de vertébrés exotiques et près de
300 espèces végétales représentent une menace potentielle pour les
écosystèmes ultramarins. 49 espèces figurant sur la liste établie par
l?UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde sont
présentes dans les collectivités françaises d?outre-mer. Globalement,
l?absence d?animaux brouteurs sur ces territoires isolés a rendu les
espèces végétales très fragiles face à l?implantation des bovins,
chèvres ou cerfs. De même, l?absence de prédateurs a rendu les espèces
animales très vulnérables face à l?introduction des rats, des chats ou
des chiens. En effet, l'absence de pressions exercées par les prédateurs
ne permet pas aux plantes et aux animaux de développer des méca-
nismes de défense.
En savoir plus
? Muller S. et al., 2004. Plantes invasives de France. Paris :
Muséum national d'histoire naturelle, 168 p. (Coll. Patri-
moine naturel n° 62).
Sites Internet
? Base de données DAISIE :
http://www.europe-aliens.org/index.jsp
? Inventaire national du patrimoine naturel :
http://inpn.mnhn.fr/isb/index.jsp
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
58 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
59Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Réponses
60 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
61Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
Évolution des surfaces
d?espaces naturels protégés
Sur la période 1998-2008, les espaces naturels protégés progressent en nombre et en surface.
La hausse des surfaces protégées par voie réglementaire est importante en outre-mer mais moins
marquée en métropole où elle est principalement due à la création de réserves naturelles. En 2008,
ces aires sous protection réglementaire ont une superficie terrestre et marine de 7 950 km² en
métropole et de 43 390 km² en outre-mer. Leurs parties terrestres couvrent 1,26 % du territoire
métropolitain et 28,5 % des collectivités ultramarines. Parallèlement, le succès des parcs naturels
régionaux explique, en métropole, la progression des surfaces sous protection contractuelle. La part terrestre
des aires sous protection contractuelle et engagements internationaux, qui sont généralement de grands
espaces, représente 15,3 % de la métropole en 2008. Le réseau Natura 2000, après un début difficile, couvre
quant à lui aujourd?hui 12,5 % du territoire métropolitain.
Contexte
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de
la faune reposent sur une gamme d?outils variés quant à leurs objectifs
et leurs modalités de mise en oeuvre. Ces différentes approches
complémentaires visent à apporter une réponse la plus adaptée
possible à la diversité des enjeux et des problématiques rencontrées
sur le terrain.
Quatre grandes catégories d?outils de protection des espaces naturels
peuvent ainsi être distinguées :
- la voie réglementaire (coeur de parc national, réserves naturelles,
arrêté préfectoral de protection de biotope, réserve biologique
domaniale ou forestière et réserve nationale de chasse et de faune
sauvage), en interdisant ou limitant par décret, arrêté ou délibération
du conseil régional les activités humaines dans ces espaces ;
- la voie contractuelle (aire d?adhésion de parc national, parc naturel
régional (PNR) et parc naturel marin), en associant préservation du
patrimoine naturel et développement local dans le cadre d?une
démarche concertée entre les différents usagers d?un territoire
(charte) ; on y associe généralement les engagements internationaux
pris par la France (convention de Ramsar et programme « L?Homme
et la Biosphère » de l?Unesco, dont les démarches sont similaires) ;
- la mise en oeuvre du réseau Natura 2000 en application des direc-
tives européennes « Habitats, Faune, Flore » et « Oiseaux », avec la
création de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de
protection spéciales (ZPS) ; une fois les sites désignés par l?État en
concertation avec les acteurs locaux, la voie contractuelle a été
choisie par la France pour la mise en oeuvre des mesures de gestion
au sein de chaque site ;
- la maîtrise foncière, via l?acquisition de terrains par le Conservatoire
du littoral et les Conservatoires d?espaces naturels, avec le double
objectif de les soustraire aux pressions foncières et d?y mettre en
place des mesures de gestion favorables au maintien de la
biodiversité.
Dans le cadre de la mise en oeuvre du Grenelle de l?environnement,
une stratégie française de création d?aires protégées, s?appuyant sur
ces différents outils, est en cours d?élaboration.
Cette fiche présente l?évolution des trois premières catégories sur la
période 1998-2008.
Commentaire
En dix ans, les aires protégées par voie réglementaire en métropole
ont vu leur nombre progresser de 32 % (1 143 sites en 2008), et leurs
surfaces de 20 % (7 950 km² en 2008). Les évolutions sont encore plus
marquées en outre-mer avec un doublement du nombre de sites
(55 sites en 2008) et un très fort accroissement des surfaces ainsi
protégées grâce à la création, d?une part, de la réserve naturelle
nationale des Terres australes françaises (avec une importante partie
marine) et, d?autre part, de deux parcs nationaux (dont le parc
amazonien de Guyane).
Sur la même période, le nombre d?aires protégées par voie contrac-
tuelle et engagements internationaux a progressé d?un tiers en
métropole (78 sites en 2008), soit un accroissement de 24 % en
termes de surface, et de 50 % en outre-mer (9 sites en 2008).
L?engouement des collectivités locales pour les PNR explique en grande
partie cette dynamique. Avec la création du premier parc naturel marin
en mer d?Iroise en octobre 2007, un nouveau type de parc a également
vu le jour.
La mise en place du réseau Natura 2000 a véritablement débuté au
début des années 2000. Si en 2003 la majeure partie (90 %) des sites
d?intérêt communautaire (SIC, future ZSC) était installée, ce n?est qu?en
2005-2006 que les ZPS progressent significativement. En juin 2008,
l?essentiel de la partie terrestre du réseau Natura 2000 est constitué.
Un même territoire pouvant à la fois être concerné par une ZSC et une
ZPS, le total de la surface terrestre des sites français couvre, sans
doubles comptes, 68 500 km².
SNB
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
62 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Évolution des surfaces terrestres et marines des aires protégées
en France entre 1998 et 2008
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Réseau Natura 2000
1998 2003 2008 1998 2003 2008
Métropole Outre-mer
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
80 000
90 000
100 000
1998 2003 2008 1998 2003 2008
Métropole Outre-mer
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
2003 2008 2003 2008 2003 2008
Sites d'Intérêt
communautaire (SIC) /
Zones spéciales de
conservation (ZSC)
Zones de protection
spéciales (ZPS)
Natura 2000
(sans doubles comptes)
Terre Mer
Terre Mer
Terre Mer
En km2
En km2
En km2
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur
propre droit de l?environnement. Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Les valeurs pour chaque année sont celles au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008).
De nombreux sites Natura 2000 en mer ont été désignés en 2009 portant les surfaces marines
à environ 40 000 km².
Source : MNHN, bases « espaces protégés » et Natura 2000 ? RNF ? FPNR.
Traitements : SOeS, 2009.
En 2008, les parties terrestres des aires métropolitaines protégées
réglementairement couvrent 1,26 % du territoire, soit une hausse de
7 % par rapport à la valeur de 1998 (1,17 %). Outre-mer, elles couvrent
28,5 % du territoire des collectivités concernées alors qu?elles n?en
couvraient qu?Ã peine 6 % en 1998.
Les protections contractuelles couvrent en 2008 15,3 % du territoire
métropolitain contre 12,8 % dix ans auparavant, soit une hausse de
près de 20 %. Cette hausse est encore plus marquée en outre-mer où
ce taux est passé, sur la même période, de 4,7 % à 20,7 %.
En juin 2008, les surfaces terrestres du réseau Natura 2000
représentent 8,4 % (SIC/ZSC) et 7,8 % (ZPS) du territoire métropolitain,
positionnant la France aux 23e et 19e rangs des États membres
européens. Sans doubles comptes, le réseau Natura 2000 couvre Ã
cette date 12,5 % de la métropole alors qu?il n?en couvrait qu?à peine
7 % cinq ans plus tôt.
Évolution de la part des surfaces terrestres des aires protégées
par rapport aux territoires métropolitain et ultramarins
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur
propre droit de l?environnement. Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Les valeurs pour chaque année sont celles au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008).
Source : MNHN, bases « espaces protégés » et Natura 2000 ? RNF ? FPNR.
Traitements : SOeS, 2009.
0
4
8
12
16
20
24
28
1998 2003 2008
Protections réglementaires (métropole)
Protections réglementaires (outre-mer)
Protections contractuelles et engagements
internationaux (métropole)
Protections contractuelles et engagements
internationaux (outre-mer)
Natura 2000
En %
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
63Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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es
En 2008, les surfaces d?espaces naturels protégés réglementairement
ne représentent que 4,3 % de l?ensemble des surfaces protégées en
métropole. Natura 2000 et les PNR sont les types de protection
dominants en métropole (environ 40 % des surfaces chacun).
La situation est inversée outre-mer, ce qui s?explique en partie par le
fait que Natura 2000 y est sans objet, mais aussi par la très grande
taille de la réserve naturelle des Terres australes françaises et du parc
amazonien de Guyane.
Les données utilisées sont issues de la base « espaces
protégés » (sauf réserves naturelles régionales) et de la base
« Natura 2000 », toutes deux gérées par le Muséum national
d?histoire naturelle pour le compte du ministère en charge de
l?Écologie.
La présente fiche se base sur le dernier jeu de données complet
disponible pour l?ensemble des outils de protection (situation au
1er janvier 2008). Concernant les réserves naturelles régionales,
les données utilisées proviennent d?une synthèse imparfaite
effectuée par Réserves naturelles de France et le SOeS.
Des données plus récentes (2009) sont partiellement disponibles
pour certains types d?espaces, notamment Natura 2000.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la
Méthodologie
En savoir plus
? Visualisation cartographique des aires protégées et accès aux
statistiques correspondantes via l?outil Géoïdd :
http://www.ifen.fr
Répartition des surfaces selon les différents types d?aires protégées en France en 2008
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur propre droit de l?environnement.
La situation est celle au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008). Les surfaces considérées sont les surfaces totales (terre + mer) des aires protégées. Certaines surfaces peuvent être couvertes par plusieurs
outils de protection (doubles comptes). Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Source : MNHN, base « espaces protégés » ? RNF ? FPNR. Traitements : SOeS, 2009.
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Métropole
Outre-mer
Coeurs de parcs nationaux
Réserves naturelles (RNN, RNC, RNR)
Autres protections réglementaires (APPB, RBDF, RNCFS)
Natura 2000
Parcs naturels régionaux (PNR) et Parcs naturels marins
Aires d'adhésion de parcs nationaux
Engagements internationaux (sites Ramsar et Réserves de biosphère)
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
64 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
65Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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Contexte
Face à la dégradation et la destruction des habitats naturels et aux
pressions qui s?exercent sur les espèces, l?Union européenne s?est dotée
d?un réseau d?espaces naturels baptisé Natura 2000. Créé en vertu de la
directive « Habitats, Faune, Flore » (1992), ce réseau est composé de
zones spéciales de conservation (ZSC) et inclut des zones de protection
spéciale (ZPS) désignées au titre de la directive « Oiseaux » (1979 et
2009). Ces deux types de sites peuvent être chevauchants. Ils visent Ã
assurer la survie à long terme des espèces et habitats parmi les plus
menacés d?Europe (habitats et espèces dits d?intérêt communautaire,
figurant en annexes des deux directives citées).
Tandis que l?outre-mer n?est pas concerné, la métropole a une
grande responsabilité dans la construction de ce réseau européen du
fait de la richesse de son territoire en habitats et espèces d?intérêt
communautaire. L?État français a choisi la concertation avec les acteurs
locaux et la voie contractuelle pour sa mise en oeuvre.
Parallèlement au déploiement du réseau Natura 2000, la France
continue de développer son réseau d?aires protégées par voies régle-
mentaire (réserves naturelles?) et contractuelle (parcs naturels
régionaux, sites Ramsar?) ainsi que par maîtrise foncière (sites du
Conservatoire du littoral?). Cette fiche traite du recouvrement entre le
réseau Natura 2000 et ces différents outils de protection des espaces
naturels.
Commentaire
Après une mise en route difficile à la fin des années 1990, l?essentiel
de la partie terrestre du réseau Natura 2000 français est constitué
mi-2008. Si quelques ajustements mineurs ont eu lieu depuis, les
efforts ont surtout porté sur le volet marin. Ainsi, en juillet 2009, le
réseau compte 1 746 sites couvrant une superficie totale de plus de
108 260 km², dont environ 37 % en mer.
En juillet 2009, un quart de l?ensemble des surfaces du réseau
Natura 2000 (terre et mer) est également concerné par au moins un
autre outil de protection d?espaces naturels. 7 % des surfaces du réseau
sont couvertes par au moins un outil de nature réglementaire et 20 %
par un outil de type contractuel ou un engagement international.
On note peu de différences entre les deux types de sites Natura 2000 ;
les ZSC sont un peu plus couvertes par des aires protégées par voie
contractuelle (23 %) que les ZPS (19 %).
Recouvrement du réseau Natura 2000
par d?autres espaces protégés
En juillet 2009, le réseau Natura 2000 compte 1 746 sites couvrant plus de 108 260 km² dont
environ 37 % en mer. Un quart de l?ensemble de ces surfaces est concerné par au moins un autre
type de protection. Le recouvrement de Natura 2000 avec les parcs naturels régionaux est assez
faible au regard de l?étendue de ces deux réseaux. Si les sites Natura 2000 sont peu couverts par
les aires protégées réglementairement parce qu?elles ne représentent que 1,26 % du territoire
métropolitain, celles-ci sont néanmoins inscrites en quasi-totalité dans le réseau Natura 2000, de même
que les sites sous maîtrise foncière du Conservatoire du littoral.
Surfaces des sites Natura 2000 également couvertes
par une protection réglementaire ou contractuelle
0 % 5 % 10 % 15 % 20 % 25 %
SIC/ZSC
ZPS
Natura 2000
(tous sites
confondus)
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Note : SIC = Sites d?importance communautaire, appellation des ZSC avant transcription des sites dans
le droit national.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN :
parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, PNR, parcs naturels marins, sites Ramsar,
réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, sites du CdL, 2009 ? FCEN, 2009 (sites des CEN) ?
RNF-SOeS, 2008 (RNR). Traitements : SOeS, 2010.
Alors que les parcs naturels régionaux (PNR) et le réseau Natura
2000 sont deux types d?aires protégées largement déployés en
métropole (12,5 % chacun du territoire), leur recouvrement n?est pas
aussi important qu?il pourrait y paraître puisqu?à peine 20 % des
surfaces terrestres Natura 2000 sont également couvertes par un PNR.
En tenant compte des surfaces en mer, 13,5 % du réseau est
chevauchant avec les outils PNR et parc naturel marin. Inversement,
19 % de la superficie des PNR et 38 % du seul parc naturel marin
métropolitain sont concernés par Natura 2000.
Si les sites Natura 2000 sont peu couverts par les aires protégées
réglementairement parce qu?elles ne représentent que 1,26 %
du territoire métropolitain, celles-ci sont néanmoins incluses en quasi-
totalité dans le réseau Natura 2000 (au moins 70 %, voire plus de 90 %
des surfaces en réserves naturelles ou en coeur de parc national).
La situation est similaire pour les sites sous maîtrise foncière du
Conservatoire du littoral (moins de 1 % du réseau Natura 2000 mais
84 % des surfaces des sites du Conservatoire).
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
66 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Taux de recouvrement des surfaces du réseau Natura 2000 par celles des différents types d?aires protégées
0 % 1 % 2 % 3 % 4 % 5 % 6 % 7 % 8 % 9 % 10 % 11 % 12 % 13 % 14 %
Parc national (coeur)
Parc national (aire d'adhésion)
Réserves naturelles (RNN+RNC+RNR)
Arrêté préfectoral de protection de biotope
Réserve biologique domaniale ou forestière (intégrale + dirigée)
Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
Parcs naturels régional et marin
Zone humide Ramsar
Réserve de biosphère (toutes zones)
Site du Conservatoire du littoral
Site des Conservatoires d'espaces naturels (acquisition + gestion)
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Maîtrise foncière
Note de lecture : 3,2 % des surfaces Natura 2000 sont couvertes également par un coeur de parc national.
Note : Les données disponibles ne permettent pas de distinguer les surfaces acquises des surfaces gérées
pour les sites des conservatoires d?espaces naturels. Pour ces derniers, les données sont incomplètes
en ÃŽle-de-France et en Champagne-Ardenne.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés »,
MNHN : parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, PNR, parcs naturels marins, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ;
RBDF, RNCFS, sites du CdL, 2009 ? FCEN, 2009 (sites des CEN) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR). Traitements : SOeS, 2010.
Les données utilisées sont issues de la base « espaces protégés »
(sauf réserves naturelles régionales et sites des Conservatoires
d'espaces naturels) et de la base « Natura 2000 », toutes deux
gérées par le Muséum national d?histoire naturelle pour le compte
du ministère en charge de l?Écologie. Concernant les réserves
naturelles régionales, les données utilisées proviennent d?une
synthèse imparfaite effectuée par Réserves naturelles de France
et le SOeS.
La présente fiche se base sur les dernières données disponibles
pour les différentes aires protégées, à l?exception de Natura 2000
dont la date de référence est juillet 2009. Depuis cette date,
quelques ajustements de périmètre de certains sites ont été
opérés et 6 sites ont été créés (dont une ZPS englobant 3 ZPS par
ailleurs supprimées), ce qui représente in fine une hausse nette
des surfaces de 1 160 km² (soit un accroissement de 1 %).
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93.
Méthodologie En savoir plus
? Visualisation cartographique des sites Natura 2000 et des
aires protégées via l?outil Géoïdd :
http://www.ifen.fr
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
67Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les zones humides se créent la plupart du temps à l?interface des
systèmes terrestre et aquatique. Elles constituent notamment des
espaces d?accueil pour de multiples populations d?oiseaux d?eau, hiver-
nants, nicheurs ou migrateurs : anatidés, grands et petits échassiers,
limicoles ou encore rallidés. Ce sont également des sites favorables au
développement des odonates ou des amphibiens. Marais salants et
prés salés sur le littoral, tourbières en montagne, prairies humides dans
les fonds de vallées, ripisylves le long des cours d?eau? sont autant
de milieux humides différents, riches d?une biodiversité remarquable.
La présence de nombreuses espèces faunistiques et floristiques, rares
ou menacées, ainsi que leurs habitats, justifient la mise en oeuvre privi-
légiée de mesures de protection et de gestion. Le seul outil consacré
spécifiquement aux zones humides est la convention internationale
Protection de 152 zones humides
En 2009, près de 70 % de la superficie d?un échantillon national de 152 zones humides est
concernée par au moins une mesure de protection ou de gestion, de nature réglementaire,
foncière ou contractuelle. Les taux de protection les plus élevés sont observés sur les sites littoraux.
La mise en oeuvre de Natura 2000 a largement contribué au développement des aires protégées
ces dernières années et 60 % de la superficie des sites est inclus dans ce réseau européen.
de Ramsar, les autres outils qui s?exercent sont liés à la protection de
la nature en général. Leur mise en oeuvre est une réponse aux
pressions réelles ou potentielles susceptibles de s?exercer sur les
espaces naturels, et notamment celles dues aux activités humaines
(urbanisation, infrastructures?).
Commentaire
En 2009, près de 70 % de la superficie des zones humides de
l?échantillon étudié est concernée par au moins une mesure de
protection ou de gestion. Toutefois, le réseau des aires protégées est
proportionnellement moins important dans les vallées alluviales que
sur le littoral atlantique et méditerranéen. Le réseau Natura 2000 est
très présent dans tous les types de zones humides.
Répartition en 2009 des mesures de protection ou de gestion par type de zone humide
Protections nationales réglementaires (RNN1, RNC2, RNR3, APPB4, RBDF5, RNCFS6, PN coeur7)
Maîtrise foncière (CdL8)
Gestion contractuelle (PNR9, PNM10, PN aire adhésion)
Natura 2000 (SIC11/ZSC12, ZPS13)
Engagements internationaux (Ramsar14, réserves de biosphère)
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
Littoral atlantique, Manche
et mer du Nord
Littoral méditerranéen Vallées alluviales Plaines intérieures Ensemble des
152 zones humides
En % des surfaces
Source : SOeS (périmètres des sites, octobre 2004) ? MNHN, bases « espaces protégés » (APPB, RNN, RNC, PNR, PN, PNM, Ramsar,
réserves de biosphère, 01/01/2008 ; RBDF, RNCFS, CdL, 01/01/2009) et Natura 2000 (07/2009) ? RNF-SOeS (RNR, 01/01/2008). Traitements : SOeS, 2010.
1 RNN : Réserve naturelle nationale
2 RNC : Réserve naturelle de Corse
3 RNR : Réserve naturelle régionale
4 APPB : Arrêté préfectoral de protection de biotope
5 RBDF : Réserve biologique domaniale ou forestière
6 RNCFS : Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
7 PN : Parc national - coeur et aire d?adhésion
8 CdL : Terrains du Conservatoire du littoral
9 PNR : Parc naturel régional
10 PNM : Parc naturel marin
11 SIC : Site d?intérêt communautaire
12 ZSC : Zone spéciale de conservation
13 ZPS : Zone de protection spéciale
14 Ramsar : site de la convention de Ramsar
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
68 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les sites sont couverts par des protections réglementaires pour 3,9 %
de leur superficie, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Parmi
elles, les plus développées sont les réserves naturelles nationales et
de Corse, qui concernent 2,2 % de la superficie des zones humides.
Les arrêtés préfectoraux de protection de biotope représentent 1 % de
la superficie des sites. Cette proportion est presque double dans les
vallées alluviales. On note l?absence de coeur de parc national dans le
réseau étudié.
La maîtrise foncière par le Conservatoire du littoral s?exerce sur 1,8 %
de la superficie des zones humides, et sur presque 16 % des sites
méditerranéens. Par ailleurs, les terrains des Conservatoires d?espaces
naturels couvrent presque 1 % de la superficie des zones humides.
Toutefois, les données actuelles ne permettant pas de différencier les
terrains acquis ou en gestion simple, ils ne sont pas comptabilisés dans
les regroupements d?espaces « maîtrise foncière » et « gestion contrac-
tuelle ».
Les engagements contractuels (16,6 %) ne concernent que les Parcs
naturels régionaux (PNR), puisqu?il n?y a ni parc naturel marin ni aire
d?adhésion de parc national. Les PNR sont moins nombreux dans les
vallées alluviales.
Le réseau Natura 2000 est très présent et concerne 60 % de la super-
ficie des sites (soit 1,4 million d?hectares), ce taux dépassant les 80 %
dans les zones littorales. Ainsi, les grandes zones humides de
Méditerranée (Camargue) et de l?Atlantique (Perthuis charentais, baie
de l?Aiguillon, baie de Bourgneuf et île de Noirmoutier, marais breton)
sont en quasi-totalité en ZPS. Les SIC/ZSC couvrent 50 % et les ZPS
45 % de la surface des zones humides. La mise en oeuvre des
documents d?objectifs et l?instauration des contrats Natura 2000 sont
donc fondamentales pour la préservation des milieux naturels humides
dans un cadre de gestion contractuelle.
Les engagements internationaux portent sur 21,6 % de la superficie
des zones humides. Ils regroupent les sites de la convention de Ramsar
(21 % de la superficie des sites, soit plus de 500 000 ha) et les réserves
de biosphère (4,8 %). L?approche par type montre que ces labels sont
moins utilisés dans les vallées alluviales. Les zones humides suivies
sont concernées par 18 sites Ramsar sur les 29 que compte la
métropole. Plusieurs zones, grandes haltes migratoires pour une
avifaune diversifiée, sont presque en totalité en site Ramsar : forêt
d?Orient, Camargue, baie des Veys, marais de Guérande, Brenne, lac
du Der? Deux réserves de biosphère, principalement celle de
Camargue, sont répertoriées.
Les proportions d?espaces protégés sont beaucoup plus élevées
dans les zones humides étudiées que sur le territoire métropolitain
dans son ensemble, pour presque toutes les catégories de mesures
de protection, foncière, réglementaire ou contractuelle, ce qui
révèle d?une part la singularité et la richesse des écosystèmes
humides, d?autre part leur fragilité et la nécessité de mettre en
place des outils de protection et de gestion.
Les 152 zones humides étudiées
Les données portent sur un échantillon national de 152 sites
comprenant des milieux humides et les espaces associés,
couvrant 2,4 millions d?hectares du territoire métropolitain. Ils
se répartissent en quatre types : plaines intérieures ; vallées
alluviales ; littoral méditerranéen ; littoral atlantique, Manche
et mer du Nord.
Les résultats présentés ici ne peuvent donc pas être extrapolés
à l?ensemble des zones humides françaises.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Ensemble des fiches indicateurs du SOeS portant sur les
zones humides :
http://www.ifen.fr, rubrique « Accès thématique »
« Territoire » > « Zones humides »
? Portail consacré aux zones humides :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr
? Convention de Ramsar :
http://www.ramsar.org
Typologie des zones humides
Littoral atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord
Littoral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines intérieures
0 50 100 km
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
69Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
Contexte
Le littoral est un territoire écologiquement riche. Près de 45 % des
terres situées à moins de 500 m de la mer sont des espaces naturels
et des surfaces en eau et plusieurs habitats naturels se développent
spécifiquement ou prioritairement en bord de mer (groupements
végétaux des dunes et des zones humides associées, pelouses des
corniches rocheuses, prés salés, landes, formations des marais atlan-
tiques, mares temporaires méditerranéennes?). De nombreuses
espèces de forte valeur patrimoniale sont liées à ces espaces : oiseaux
d?eau nicheurs ou hivernants, plantes endémiques? Mais ces espaces
et espèces sont menacés par les activités humaines. Les terres artifi-
cialisées couvrent des territoires de plus en plus importants en bord de
mer (28,2 % du territoire à moins de 500 m des côtes) et la densité
de la population littorale ne cesse de croître (13 hab./km² en plus dans
les communes littorales entre 1999 et 2006). Les milieux naturels
régressent sur toutes les façades maritimes et se retrouvent cloisonnés
et isolés les uns des autres. Les regroupements d?oiseaux d?eau
doivent, quant à eux, très souvent cohabiter avec l?homme, que ce soit
sur terre comme sur l?estran où les usages se multiplient.
Commentaire
La part du territoire protégé par voie réglementaire, par voie foncière
(Conservatoire du littoral) ou par le réseau Natura 2000 augmente Ã
mesure que l?on s?approche de la mer. La présence des espaces
protégés est très élevée à proximité immédiate du rivage : plus du tiers
(36,4 %) des territoires situés à moins de 500 m des rivages bénéficie
Protection des espaces naturels sur le littoral
Plus on s?approche des côtes et plus le niveau de protection des espaces naturels est élevé. À moins
de 500 m des rivages, plus du tiers du territoire (36,4 %) est au moins couvert par un site
Natura 2000, une réserve naturelle, un site du Conservatoire du littoral, un arrêté préfectoral de
protection de biotope ou un parc national. Cette part n?est plus que de 14,6 % entre 5 000 et
10 000 m de la côte. La façade méditerranéenne est la plus protégée des trois façades maritimes.
d?au moins une protection. Entre 5 000 et 10 000 m, cette part n?est
plus que de 14,6 %, soit légèrement plus que la moyenne métropoli-
taine estimée à 14 % environ et 2,5 fois moins qu?en bord de mer.
Il y a donc une forte spécificité des protections à proximité immédiate
de la côte.
Quelle que soit la protection, la part des territoires protégés décroît
suivant la distance à la mer. Les sites désignés dans le cadre de la
directive « Habitats, Faune, Flore » (SIC et ZSC) sont les espaces
protégés les plus nombreux. Ils couvrent 32,6 % des territoires à moins
de 500 m de la mer et sont proportionnellement 2,5 fois moins impor-
tants entre 5 000 et 10 000 m de la mer. La diminution des ZPS (volet
« Oiseaux » de Natura 2000) à mesure que l?on s?éloigne du rivage est
un peu moins forte. Elles couvrent 16,1 % des terres situées à moins
de 500 m de la côte et 9,5 % entre 5 000 et 10 000 m. Près de 7,5 %
de la bande s?étendant de 0 à 500 m de la mer est la propriété du
Conservatoire du littoral. Cette part est proche de 0 % entre 5 000 et
10 000 m. Les réserves naturelles nationales ou de Corse couvrent
1,4 % du territoire à moins de 500 m de la côte et 0,8 % entre 5 000
et 10 000 m.
Les autres types de protection étudiés (arrêtés préfectoraux de
protection de biotope, réserves naturelles régionales et parcs nationaux)
sont peu nombreux en bord de mer et la part des territoires protégés
est faible quelle que soit la distance à la mer.
Part du territoire métropolitain protégé, par type de protection, en fonction de la distance à la mer
Source : MNHN, base « Natura 2000 », juillet 2009 et base « espaces protégés » (parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, 2008 ; sites du CdL, 2007) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR).
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
Part du territoire protégé, en %
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Conservatoire du littoral
ZPS
Rés. naturelles nationales et de Corse
Parc national Arr. de prection de biotope
Rés. naturelles régionales
Ensemble des protections
de 0 Ã 500 m de 500 Ã 1 000 m de 2 000 Ã 5 000 m de 5 000 Ã 10 000 m
SIC et ZSC
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
70 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Source : MNHN, base « Natura 2000 », juillet 2009 et base « espaces protégés »
(parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, 2008 ; sites du CdL, 2007) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR).
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
Part du territoire métropolitain protégé, par type de protection, suivant la distance à la mer
Part du territoire protégé en fonction de la distance à la mer, en %
PN RNN et RNC APPB Conservatoire SIC et ZSC ZPS
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
Nord-Pas-de-Calais 0,00 0,00 4,17 0,00 0,18 0,37 15,54 0,00 19,10 0,80 5,81 0,40
Picardie 0,00 0,00 4,11 0,00 0,00 0,00 15,84 0,40 56,28 4,70 3,82 2,90
Haute-Normandie 0,00 0,00 8,16 1,80 0,41 0,00 2,64 0,90 20,50 5,60 18,72 5,00
Basse-Normandie 0,00 0,00 0,73 0,10 0,27 0,03 9,74 0,10 22,32 4,40 14,96 4,10
Manche - mer du Nord 0,00 0,00 3,02 0,50 0,26 0,08 10,11 0,30 24,08 4,00 12,93 3,50
Bretagne 0,00 0,00 0,17 0,00 0,19 0,04 3,86 0,00 29,27 1,30 9,14 0,40
Pays de la Loire 0,00 0,00 0,47 0,20 0,19 0,01 2,11 0,20 30,66 28,80 31,63 29,50
Poitou-Charentes 0,00 0,00 2,25 0,00 0,63 1,92 5,70 0,80 47,81 22,10 35,21 22,10
Aquitaine 0,00 0,00 1,70 0,60 0,01 0,00 6,31 0,80 40,97 21,00 9,79 5,10
Atlantique 0,00 0,00 0,65 0,20 0,22 0,22 4,18 0,30 33,08 13,10 14,89 8,90
Languedoc-Roussillon 0,00 0,00 1,24 0,30 0,06 0,09 11,34 1,30 40,24 25,60 37,07 31,70
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1,74 0,61 1,59 4,80 0,00 0,23 7,57 3,10 34,94 30,90 22,63 18,00
Corse 0,00 0,00 2,82 0,00 0,63 0,01 16,28 0,10 36,52 5,30 13,51 2,30
Méditerranée 0,69 0,22 2,12 1,80 0,31 0,11 12,16 1,50 36,38 19,50 20,26 15,00
Ensemble du littoral 0,19 0,07 1,44 0,80 0,25 0,16 7,37 0,70 32,62 12,90 16,11 9,50
De nombreux types d?outils existent pour protéger des éléments
spécifiques de faune, de flore et des habitats naturels les abritant
à des endroits particuliers : les espaces protégés par voie
réglementaire, foncière ou contractuelle. Dans le cadre de cette
fiche, les protections suivantes sont prises en compte :
- protection réglementaire : les coeurs des parcs nationaux (PN),
les réserves naturelles nationales (RNN) et de Corse (RNC), les
réserves naturelles régionales (RNR) et les arrêtés préfectoraux
de protection de biotope (APPB) ;
- protection foncière : les terrains acquis par le Conservatoire du
littoral (CdL) ;
- réseau Natura 2000 : les zones de protection spéciale (ZPS)
désignées dans le cadre de l?application de la directive
« Oiseaux » et les sites d?intérêt communautaire (SIC) et zones
spéciales de conservation (ZSC) de la directive « Habitats, Faune,
Flore ».
Tous les types de protections existants ne sont pas étudiés.
Les terrains acquis par les conseils généraux (dits « espaces
naturels sensibles ») et les espaces remarquables définis dans le
cadre de la loi « Littoral » (Art. L 146-6 du Code de l?urbanisme)
ne sont pas disponibles au niveau national et ne sont donc pas
intégrés à l?analyse. Par ailleurs, les sites inscrits et classés, les
parcs naturels régionaux, les réserves biologiques domaniales ou
forestières, les terrains des conservatoires d?espaces naturels ainsi
que les désignations internationales (Ramsar, réserve de
biosphère) ne sont pas étudiés.
Ces protections sont analysées suivant leur distance à la mer.
Plusieurs zones tampons sont définies : de 0 à 500 m de la côte,
de 500 Ã 1 000 m, de 1 000 Ã 2 000 m, de 2 000 Ã 5 000 m, de
5 000 Ã 10 000 m.
Méthodologie
En savoir plus
? Ifen, 2007. « Le littoral, entre nature et artificialisation
croissante », Le 4 pages, n° 120, octobre 2007. 4 p.
Sites Internet
? Inventaire national du patrimoine naturel :
http://inpn.mnhn.fr
? Fiches indicateurs de l?Observatoire du littoral :
http://www.littoral.ifen.fr, rubrique « Cartographie » et
« Indicateurs »
Les différents types d?espaces protégés étudiés sont plus nombreux
sur le pourtour méditerranéen. Le littoral de la Manche et de la mer
du Nord est quant à lui marqué par l?importance des espaces protégés
par voie réglementaire (réserves naturelles nationales) et foncière
(Conservatoire du littoral) par rapport au littoral atlantique qui est par
contre couvert de façon importante par des sites Natura 2000.
Tous ces niveaux de protection importants sont à relier avec le
niveau élevé de l?artificialisation sur l?ensemble des côtes. On a une
corrélation assez nette entre la pression de l?artificialisation des sols et
l?importance des espaces protégés.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
SNB
IDD
71Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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ns
es
Contexte
L?agriculture biologique (AB) est l?un des 5 signes officiels d?identi-
fication de la qualité et de l?origine. Une nouvelle réglementation
européenne est entrée en vigueur le 1er janvier 2009 et réaffirme les
principes fondamentaux de l?agriculture biologique et ses objectifs :
l?agriculture biologique établit un système de gestion durable pour
l?agriculture (maintien de la biodiversité, préservation de la qualité des
sols, de l?air et des eaux, respect du bien-être animal) visant à une
production agricole de qualité. L?utilisation de produits chimiques de
synthèse, d?OGM et de leurs dérivés sont interdits. Les opérateurs de
la filière bio sont contrôlés par des organismes certificateurs agréés par
les pouvoirs publics et répondant à des critères d?indépendance,
d?impartialité, d?efficacité et de compétence.
L?agriculture biologique apporte en conséquence une réponse à la
réduction des pressions agricoles sur la biodiversité. La loi n° 2009-967
du 3 août 2009, de programmation relative à la mise en oeuvre du
Grenelle de l?environnement (dite loi « Grenelle I ») fixe un objectif de
6 % de la SAU en agriculture biologique en 2012 (soit un triplement
par rapport aux superficies actuelles) et 20 % en 2020. Les différents
soutiens à l?agriculture biologique (aides à la conversion, aides au
maintien de l?agriculture biologique, crédits d?impôt) ont été fortement
revalorisés ces dernières années.
Commentaire
Fin 2008, 13 298 exploitations agricoles étaient engagées en
agriculture biologique, soit une augmentation de 11 % par rapport Ã
2007. Après la faible progression observée entre 2002 et 2007, le
développement de l?agriculture biologique connaît donc une reprise.
Les superficies totales en mode de production biologique atteignent
583 799 ha, soit 2,12 % de la superficie agricole utile. Elles ont progressé
de 4,8 % par rapport à 2007, en grande partie sous l?effet des surfaces
en conversion qui progressent fortement (+ 36,4 % en 2008).
Évolution des surfaces
en agriculture biologique
L?agriculture biologique constitue un mode de production particulièrement respectueux de
l?environnement. En 2003, elle concernait près de 13 300 exploitations et 583 800 ha, soit 2,12 %
de la superficie agricole utile (SAU) française. L?année 2008 marque une reprise de son développement
(+ 11 % pour les exploitations engagées). La loi n° 2009-967 du 3 août 2009, de programmation
relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l?environnement (dite loi « Grenelle I ») fixe un objectif
de 6 % de la SAU en agriculture biologique en 2012 et 20 % en 2020.
Évolution de l?agriculture biologique
Surfaces en conversion bioSurfaces en bio Nombre d'exploitations
0
100
200
300
400
500
600
700
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Superficies (en milliers ha)
0
2 000
4 000
6 000
8 000
10 000
12 000
14 000
Nombre d'exploitations
Source : Agence Bio, 2009.
Sur les 583 799 ha certifiés, deux tiers étaient des superficies
consacrées aux productions fourragères. Les grandes cultures en
couvraient 20 % et les cultures pérennes (vignes et vergers) 6 %.
Le poids de l?agriculture biologique dans les superficies totales reste
par contre plus élevé pour les vergers (5,8 %), vignes (3,3 %)
et fourrages (2,8 %) que pour les grandes cultures.
Les premières régions françaises en termes de superficies consacrées
à l?agriculture biologique sont Midi-Pyrénées, les Pays de la Loire,
Rhône-Alpes, Paca et Languedoc-Roussillon. La part de l?agriculture
biologique dans la SAU en Paca (7,7 %) et en Languedoc-Roussillon
(5 %) est nettement supérieure à la moyenne nationale (2,1 %). Par
contre, elle ne dépasse pas 0,5 % en Picardie, Nord - Pas-de-Calais,
Haute-Normandie et Champagne-Ardenne.
Les surfaces en mode de production biologique regroupent :
- les surfaces « certifiées bio » qui rassemblent les parcelles dont
la période de conversion est terminée. Les productions de ces
parcelles peuvent être commercialisées avec la mention
« agriculture biologique » ;
- les surfaces en conversion (avec une durée de conversion variant
de 2 ans pour les cultures annuelles à 3 ans pour les cultures
pérennes).
Méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Agence Bio, 2009. L?agriculture biologique : chiffres clés
? édition 2009. Montreuil-sous-Bois : Agence Bio. 218 p.
http://www.agencebio.org, rubrique « Bio mode d?emploi »
> « L?agriculture biologique en chiffres » > « La bio en France »
? Le plan d'actions agriculture biologique, horizon 2012 :
http://agriculture.gouv.fr, rubrique thématique
« Environnement » > « Agriculture biologique »
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
72 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
73Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
L?objectif principal du SINP est de développer et d?organiser la
connaissance sur la nature et les paysages. Il s?agit donc d?améliorer
la cohérence de l?information et de réduire sa fragmentation pour
atteindre une connaissance plus globale. Actuellement en France,
l?absence de standardisation des modèles de données, des formats
d?échange et le déficit de collaboration entre les organismes ne
permettent pas une vision claire de l?organisation et de la production
des différents acteurs. De multiples bases de données thématiques
existent et sont réparties dans de nombreuses structures. Il en résulte
une grande complexité pour compiler l?ensemble des données. À ce
titre, l?IDCNP représente la première pierre du SINP en cataloguant sous
la forme de métadonnées les dispositifs (inventaires, études, etc.), les
bases de données et les acteurs du monde de la nature et du paysage,
du domaine terrestre comme marin.
Les résultats présentés sont issus d?un inventaire en grande partie
incomplet. Il ne s?agit donc pas ici de montrer des résultats représen-
tatifs, mais plutôt de présenter le type d?informations que l?on peut
obtenir à l?aide de cet outil.
Les sources de données sur la nature
et le paysage
Dans le cadre de la mise en place du Système d?information sur la nature et le paysage (SINP),
un Inventaire des dispositifs de collecte sur la nature et le paysage (IDCNP) a été créé afin de
cataloguer sous la forme de métadonnées les dispositifs (inventaires, études, etc.), les bases de
données et les acteurs du monde de la nature et du paysage, du domaine terrestre comme marin.
Cet inventaire est encore en grande partie incomplet et les résultats ne représentent qu?une image partielle
du réseau existant sur la nature et le paysage en France.
En février 2010, l?inventaire permet de consulter 377 dispositifs, 128 bases de données et 553 acteurs.
Les dispositifs de collecte concernent à 41 % des territoires inférieurs aux limites départementales et étudient
majoritairement les groupes faunistiques (66 %). Les espaces les plus étudiés sont les Zones naturelles d?intérêt
floristique et faunistique (ZNIEFF) (28 %) et près de 40 % des acteurs sont des associations.
Commentaire
L?inventaire DCNP doit permettre de fournir une vision globale des
données existantes dans les domaines de la nature (espèces, habitats,
espaces naturels?) et des paysages, leurs modalités de production, de
stockage et leur accessibilité. En février 2010, l?inventaire permet de
consulter 402 fiches dispositifs, 131 bases de données et 557 fiches
acteurs. 312 utilisateurs sont inscrits comme responsables de dispositif
ou base de données et 71 comptes d?administrateurs ont été attribués.
De plus, près de 600 fiches dispositifs, 200 fiches bases de données et
430 fiches acteurs sont en attente d?une validation définitive.
Emprise territoriale des dispositifs de collecte
Régional
35 %
Interrégional
9 %
National
14 %
Européen
0 %Inconnu
0 %
International
1 %
Départemental ou
infra-départemental
41 %
Source : SOeS, février 2010.
41 % des dispositifs concernent des territoires inférieurs aux limites
départementales, 35 % concernent le niveau régional et 24 %
se rapportent à des emprises géographiques suprarégionales.
La comparabilité des données provenant de plusieurs
organismes ne peut être assurée sans la standardisation des
protocoles d?échantillonnage, de mesures d?analyse et de validité
des données? Le standard proposé pour la description des
données géographiques est basé sur la norme ISO 19115
Information géographique ? métadonnées, conformément à la
directive « Inspire » qui définit les formats des métadonnées
utilisées pour décrire les séries et services de données géogra-
phiques dans l?Union européenne. Cette norme contient
22 rubriques (environ 300 descripteurs), 12 étant obligatoires
pour une description minimale des données permettant ainsi leur
utilisation dans les différents services (catalogue, échange?).
L?inventaire DCNP est renseigné par les producteurs de données
(dénommés responsables), puis les informations sont validées
par un administrateur régional (DREAL) ou thématique (Agence
des aires marines protégées, ONCFS, LPO?). Enfin, l?approbation
finale est effectuée par l?administrateur national au SOeS qui peut
ensuite mettre les fiches en ligne sur internet.
Seuls les dispositifs approuvés et mis en ligne ont été analysés
ici. En effet, seuls ceux-ci contiennent les informations vérifiées
et validées par les responsables et les administrateurs.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
74 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les deux tiers des dispositifs de collecte recensés concernent les
groupes faunistiques. Les groupes floristiques sont nettement moins
représentés (22 %), mais il s?agit dans ce cas d?un déficit d?information
lié à la faible activité des acteurs de cette thématique pour renseigner
l?inventaire. Si les espaces (19 %), les habitats (16 %) et le paysage
(13 %) possèdent une représentation assez importante, la géologie,
la mycologie, les algues et les lichens sont très faiblement représentés
dans l?inventaire (5,6 % pour l?ensemble de ces groupes).
28 % des dispositifs concernent les ZNIEFF et les espaces du réseau
Natura 2000 représentent 24 % des dispositifs. Les réserves naturelles
nationales et régionales sont identifiées dans 13 % des dispositifs, les
sites classés figurent dans 14 % d?entre eux, et les parcs naturels
régionaux dans 3,5 %. Les dispositifs de collecte sur la nature sont donc
majoritairement centrés sur les espaces définis comme présentant les
enjeux sur la biodiversité et les habitats les plus importants (ZNIEFF)
ou bénéficiant d?une protection réglementaire ou foncière. À noter
cependant que 10 % des dispositifs ne concernent aucun de ces
espaces.
Nombre de dispositifs par type de données
0 50 100 150 200 250
Faune
Flore
Espaces
Habitats
Paysage
Géologie
Champignons
Fonctionnement
des écosystèmes
Algues
Lichens
Note : Il y a des doubles comptes car un même dispositif peut concerner plusieurs thématiques.
Source : SOeS, février 2010.
Type d?espaces concernés par les dispositifs de collecte
Note : Il y a des doubles comptes car un même dispositif peut concerner plusieurs espaces.
0 10 20 30 40 50 60 70
Parc naturel marin
Réserve naturelle de Corse (RNC)
Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
Réserve biogénétique du Conseil de l'Europe
Forêt de protection
Réserve de biosphère
Parc national (aire d'adhésion)
Réserve biologique domaniale ou forestière
Site géré par les Conservatoires d'espaces naturels (CEN)
Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO)
Site au titre de la convention de Ramsar
Parc national (coeur)
Espace naturel sensible (ENS)
Arrêté préfectoral de protection de biotope (APB)
Site inscrit
Réserve naturelle régionale (RNR)
Site du Conservatoire du littoral (CdL)
Pas d'espace particulier concerné
ZNIEFF 2
Parc national
Parc naturel régional (PNR)
Site classé
Zone de protection spéciale (ZPS)
Site d'intérêt communautaire (SIC) / zone spéciale de conservation (ZSC)
Non renseigné
Site Natura 2000
Réserve naturelle nationale (RNN)
ZNIEFF 1
ZNIEFF
Source : SOeS, février 2010.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
75Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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es
Près de 40 % des acteurs approuvés dans l?inventaire concernent
des associations, contre 14 % pour les établissements publics de l?État,
12 % pour l?État, 11 % pour les entreprises et 10 % pour les collecti-
vités territoriales. Les universités et les établissements d?enseignement
supérieur sont peu présents dans l?inventaire avec seulement 5 % des
fiches approuvées. Même si l?inventaire est incomplet, cet échantillon
permet d?obtenir une première vision de la répartition des acteurs de
l?environnement en France et d?observer l?importance du rôle des
associations. À noter l?absence des groupements d?intérêts publics et
scientifiques dans l?inventaire.
Type d?acteurs présents en France
Source : SOeS, février 2010.
En savoir plus
Sites Internet
? Portail du système d?information sur la nature et les pay-
sages :
http://www.naturefrance.fr/
? Inventaire des dispositifs de collecte sur la nature et
le paysage :
http://inventaire.naturefrance.fr/
Groupement d'intérêt
scientifique (GIS)
Groupement d'intérêt public (GIP)
Union européenne
Fondation
Aucun
Syndicat mixte
Université / Établissement
d'enseignement supérieur
Collectivité territoriale
Entreprise
État
Établissement public de l'État
Association
0 50 100 150 200 250
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
76 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
77Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Sensibilité aux questions relatives
à la biodiversité
Devancée par le réchauffement de la planète, par la pollution de l?air et par la pollution de l?eau,
des rivières et des lacs, la disparition de certaines espèces végétales et animales est la quatrième
préoccupation environnementale des Français. Les évolutions récentes montrent cependant un recul
de la mobilisation autour du changement climatique alors que l?érosion de la biodiversité sensibilise
davantage les Français.
Contexte
Pour connaître l?intérêt que portent les individus à la sauvegarde de
la faune et de la flore, le Service de l'observation et des statistiques
(SOeS) demande dans une enquête par questionnaire comment ils
classent ce sujet parmi un certain nombre de problèmes environne-
mentaux. Cette démarche permet ainsi de suivre l?évolution du rang
et du poids relatif occupé par la biodiversité dans les préoccupations
et attentes des Français.
Commentaire
Enjeu environnemental majeur depuis quelques années, le réchauf-
fement de la planète lié à l?effet de serre, la pollution de l?air et la
pollution de l?eau sont les trois sujets qui préoccupent le plus les
personnes interrogées en janvier 2010. La disparition de certaines
espèces végétales ou animales est ensuite évoquée. On notera
qu?entre 2007 et 2010, les préoccupations concernant le réchauffement
de la planète ont reculé alors que celles liées, d?une part, à la pollution
de l?eau, des rivières et des lacs et, d?autre part, à l?érosion de la biodi-
versité à travers la disparition de certaines espèces végétales ou
animales se sont accrues.
46 %
41 %
26 %
17 %
20 %
14 %
8 %
11 % 11 %
7 %
40 %
39 %
29 %
20 %
21 %
11 %
9 %
12 %
10 %
8 %
38 %
34 %
32 %
22 % 21 %
13 %
11 %
10 % 10 %
8 %
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
40 %
45 %
50 %
La lutte
contre
le réchauffement
de la planète1
La réduction
de la pollution
de l?air
La lutte
contre
la pollution
de l?eau, des rivières
et des lacs
La sauvegarde
des plantes
et des animaux
Le recours Ã
des technologies
respectueuses
de l?environnement2
La prévention
des risques
naturels
(inondations,
tempêtes, séismes,
feux de forêts?)
La protection
des paysages
L'élimination
et le tri
des déchets
ménagers
La lutte contre
les risques
de l?industrie
nucléaire
La lutte
contre le bruit
2007
2009
2010
Quelles sont, selon vous, les deux actions que l'État doit mener en priorité
dans le domaine de la protection de l'environnement ?
1 En 2007, le libellé était : « Le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « L?utilisation de technologies non respectueuses de l?environnement ».
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2010.
SNB
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
78 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pour protéger l'environnement, à laquelle de ces actions croyez-vous pouvoir, individuellement, contribuer le plus ?
Parmi les problèmes suivants liés à la dégradation de l'environnement, quels sont les deux qui vous paraissent les plus préoccupants ?
10 %10 %10 %
11 %11 %
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
40 %
45 %
50 %
Le réchauffement
de la planète1
La pollution
de l?air
La pollution
de l?eau,
des rivières
et des lacs
La disparition
de certaines
espèces
végétales
ou animales
Les catastrophes
naturelles
(inondations,
tempêtes,
séismes,
feux de forêts?)
L'augmentation
des déchets
ménagers
Le recours
à des
technologies
non respectueuses
de l?environnement2
Les risques
de l?industrie
nucléaire
La dégradation
des
paysages
La gêne
occasionnée
par le bruit
Ne sait pas
2007
2009
2010
45 %
34 %
25 %
23 %
20 %
12 % 12 %
9 %
7 %
3 %
38 %
34 %
26 % 27 %
21%
14 %
10 %
8 %
2 %
37 %
33 %
32 %
28 %
19 %
12 %
11 %
5 %
1 %
1 En 2007, le libellé était : « La lutte contre le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « Le développement de nouvelles technologies respectueuses de l?environnement ».
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2010.
1 % 1 % 1 % 1 %
6 % 6 % 6 %6 % 6 % 6 % 6 % 5 % 5 %
7 % 7 %
L'élimination
et le tri
des déchets
ménagers
La protection
des paysages
La sauvegarde
des plantes
et des animaux
La réduction
de la pollution
de l?air
La lutte
contre
le réchauffement
de la planète1
La lutte
contre le bruit
La lutte
contre
la pollution
de l?eau,
des rivières
et des lacs
Le recours
à des technologies
respectueuses de
l?environnement2
La prévention
des risques
naturels
(inondations,
tempêtes,
séismes,
feux de forêts?)
La lutte
contre
les risques
de l?industrie
nucléaire
Ne sait pas
2007
2009
57 %
8 %
0 %
59 %
4 %
2 %
0 %0 %
10 %
20 %
30 %
40 %
50 %
60 %
1 En 2007, le libellé était : « La lutte contre le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « Le développement de nouvelles technologies respectueuses de l?environnement ».
Note : Cette question n?a pas été posée dans l?enquête 2010.
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2009.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
79Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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De même, quand on interroge les Français sur les deux actions que
l?État doit mener en priorité pour protéger l?environnement, ils ne sont
qu?un sur cinq à choisir la sauvegarde des plantes et des animaux, loin
derrière la lutte contre le réchauffement de la planète et la réduction
de la pollution de l?air.
Quand il s?agit d?entreprendre une action individuelle dans le
domaine de la protection de l?environnement, c?est avant tout au tri
des déchets qu?ils pensent. La sauvegarde des plantes et des animaux
est, comme les autres actions, très peu évoquée.
Les données sont issues de l?enquête « Conditions de vie et
aspirations des Français » réalisée par le Centre de recherche pour
l?étude et l?observation des conditions de vie (Crédoc). L?enquête
a été réalisée, en face-à -face au début de l?année 2010, auprès
d?un échantillon représentatif de 2 006 individus âgés de 18 ans
et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas. Ces quotas
région, taille d?agglomération, âge, sexe, professions-catégories
sociales (PCS) ont été calculés d?après le dernier recensement
général de la population. Un redressement a été effectué pour
assurer la représentativité par à rapport à la population nationale
de 18 ans et plus.
Méthodologie
En savoir plus
Site internet
? Commission européenne, 2007. « Attitudes of European
towards the issue of Biodiversity : Analytical Report »
(Flash Eurobarometer, n° 219). 71 p.
http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm, rubrique
« EB Flash » > « 224-208 »
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
80 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
81Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution de la dépense nationale
en faveur de la protection
de la biodiversité et des paysages
Entre 1998 et 2008, la dépense de protection de la biodiversité et des paysages a augmenté de 70 %.
Elle s?élève en 2008 à 1,7 milliard d?euros. L?évolution des deux composantes de la dépense n?a pas
été homogène. La forte croissance de la dépense de protection de la biodiversité, qui a plus que doublé
en dix ans, est à mettre en lien avec les engagements des acteurs publics, notamment des collectivités
locales qui représentent la moitié de cette dépense. Avec une hausse de 20 %, la dépense de protection
des paysages a nettement moins progressé.
Contexte
Les pouvoirs publics sont les principaux acteurs de la protection de
la biodiversité et des paysages. Conformément aux orientations de la
convention pour la diversité biologique que la France a ratifiée en
1994, l?État a adopté en 2004 sa Stratégie nationale pour la biodi-
versité (SNB). L?objectif principal de la SNB était de stopper la perte de
biodiversité d?ici 2010. Celle-ci a par la suite été confortée par le
Grenelle de l?environnement. La mise en oeuvre de la stratégie est
réalisée grâce à des plans d?actions qui débouchent sur des engage-
ments pratiques en faveur de la protection de la biodiversité. Parmi
l?ensemble de mesures prises par la France, on peut citer la création
et la gestion d?aires protégées, la mise en oeuvre du réseau Natura
2000 ou les plans d?actions de sauvegarde et restauration d?espèces.
Toutes ces actions de protection de la biodiversité se traduisent par un
effort financier important des collectivités locales et de l?État.
Commentaire
La période 1998-2008 a été marquée par le développement des
dépenses de protection de la biodiversité et des paysages. En dix ans,
elle a progressé de 70 % alors que dans le même temps, la production
intérieure brute n?a progressé que de 22 % en valeur. En 2008, cette
dépense est d?environ 1,7 milliard d?euros. Près de 60 % de ce
montant concerne la protection de la biodiversité, le reste est consacré
à la protection des paysages.
Évolution de la dépense de protection de la biodiversité
et des paysages, et du PIB en valeur entre 1998 et 2008
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
Une typologie des actions a été définie parallèlement à l?élaboration
de la SNB. La gestion des espaces et des espèces regroupe les actions
visant à préserver la diversité de la faune et de la flore. Elle comprend
par exemple la gestion du réseau Natura 2000, des réserves naturelles
ou bien les dépenses des associations de protection de la nature.
Entre 1998 et 2008, la dépense liée à la gestion des espaces et des
espèces a plus que doublé. En 2008, elle atteint 740 millions d?euros.
Cette dépense est à mettre en lien avec les budgets du ministère en
charge de l?Écologie et des organismes gérant ces milieux
remarquables. La connaissance de la biodiversité et des paysages
concerne notamment les actions d?inventaire, d?expertises relatives au
patrimoine naturel ou des atlas de paysages. En 2008, environ
14 millions d?euros ont été engagés. Les actions, dites « de réduction
des pressions » ont pour objectif de réparer les dommages causés aux
paysages et à la biodiversité par les activités productives comme
le transport routier, l?activité industrielle ou l?agriculture. Elles sont
mises en oeuvre par les entreprises elles-mêmes. Entre 1998 et 2008,
ces dépenses sont restées stables et atteignent près de 480 millions
d?euros (en moyenne sur la période). D?autres actions de protection
sont engagées par les collectivités locales, mais les sources comptables
ne permettent pas leur affectation à des projets déterminés.
Elles représentent tout de même plus d?un quart de la dépense totale.
Leurs dépenses ont plus que doublé sur la période.
Les différentes composantes de la dépense en 2008
Dépense totale
de protection
de la biodiversité
et des paysages
Connaissance Réduction des
pressions
Dépense
inclassable
(principalement
en provenance
des collectivités locales)
Gestion
des espaces
protégés
Dépense courante Dépense en capital
En millions d'euros
0
200
400
600
800
1 000
1 200
1 400
1 600
1 800
Note : Données provisoires.
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
SNB
90
100
110
120
130
140
150
160
170
180
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008p
PIB en valeur Dépense de protection de la biodiversité et des paysages
Indice base 100 en 1998
p = données provisoires.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
82 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La protection de la biodiversité et des paysages est un domaine
financé principalement sur fonds publics. En 2008, les administrations
publiques centrale1 et locale2 couvrent les trois quarts de la dépense
totale. Les communes contribuent à elles seules pour 55 % à la
dépense des administrations publiques locales. Au sein de l?adminis-
tration centrale, le financement est assuré à 58 % par le ministère en
charge de l?Écologie, le reste provenant d?autres ministères (Agriculture
notamment). Depuis 1998, le poids des entreprises s?est érodé, passant
de 45 % en 1998 à 20 % en 2008. La dépense en capital des entre-
prises s?est surtout portée en début de période et explique en grande
partie cette baisse. Les financements européens viennent en appui des
actions en faveur de la nature. Il s?agit par exemple du Fonds européen
d?orientation et de garantie agricole (Feoga) pour les mesures agri-
environnementales et des programmes Life Nature.
1 Dans notre périmètre, l?administration publique centrale regroupe les ministères
et les établissements publics (hors agences de l?Eau).
2 L?administration publique locale rassemble les collectivités locales (communes,
départements, régions). Notre périmètre inclut également les agences de l?Eau.
La protection de la biodiversité et des paysages désigne les
mesures et activités visant à protéger et à régénérer les espèces
animales et végétales, les habitats et les écosystèmes ainsi qu?Ã
protéger et à restaurer les paysages naturels et semi-naturels.
Il n?est pas toujours possible de distinguer la protection de la
biodiversité de celle du paysage. Par exemple, l?entretien ou la
création de certains types de paysages, d?habitats et d?autres
aspects s?y rapportant (haies, rangées d?arbres destinées
à reconstituer des « couloirs naturels ») ont un lien évident avec
la préservation de la biodiversité.
Sont exclus : la protection et la restauration de monuments
historiques ou de paysages fortement construits, ainsi que la
protection des forêts contre les incendies lorsque celle-ci répond
surtout à des considérations économiques. La création et
l?entretien d?espaces verts le long des routes (hormis les
autoroutes) et les équipements de loisir (tels que les golfs et les
autres infrastructures sportives) sont également exclus.
De nombreuses sources ont été mobilisées pour évaluer la
dépense de protection de la biodiversité et des paysages :
MEEDDM, ENF-CEN, DGFiP, CdL, ONCFS, Insee, MAAP, ONF, etc.
Méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? CGDD-SOeS, 2009. L?économie de l?environnement en
2007 : rapport de la commission des comptes et de l?éco-
nomie de l?environnement ? édition 2009. Orléans : SOeS.
108 p. (coll. Références).
http://www.ifen.fr (Disponible en ligne : rubrique
« Publications » > « Références »)
? Eurostat, 2002. Classification des activités et dépenses
de protection de l?environnement (CEPA 2000) et notes
explicatives. Luxembourg : Eurostat. 17 p.
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index.html,
rubrique « Infothèque » > « Nomenclatures » > « Classification
des activités et dépenses de protection de l?environnement
(CEPA 2000) » > « Documents »
Les financeurs de la protection de la biodiversité
et des paysages en 2008
État et établissements publics
16 %
Collectivités locales
51 %
Agences de l'Eau
5 %
Entreprises
20 %
Autres (principalement
financement européen)
4 %
Ménages
4 %
Note : Données provisoires.
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
83Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Commissariat général au développement durable
Service de l?observation et des statistiques
Tour Voltaire
92055 La Défense cedex
Tél. : 01 40 81 13 15 ? Fax : 01 40 81 13 30
Courriel : cgdd-soes-orleans@developpement-durable.gouv.fr
Retrouver cette publication sur le site :
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou
du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille ? 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions
strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique
ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 ? art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Achevé d'imprimer en mai 2010.
Impression : Imprimerie Nouvelle, utilisant du papier issu de forêts
durablement gérées. Certifiée Imprim'vert qui contribue à la protection
de l'environnement.
45800 Saint-Jean-de-Braye
Dépôt légal : mai 2010
ISSN : 2102-474X
ISBN : 978-2-11-098766-2
RéférenceS avril 2010 Données synthétiques sur la biodiversité
données de synthèse sur la biodiversité
Ce document rassemble et présente, sous forme de fiches synthétiques, une série d?informations
sur la biodiversité provenant de nombreuses sources et divers acteurs.
Sans rechercher l?exhaustivité, ces fiches portent sur l?état de différentes composantes de la biodiversité,
sous forme de photographie ou d?évolution selon la disponibilité des données : les oiseaux communs,
le cerf élaphe, les grands prédateurs, la loutre, les poissons, les espèces et les habitats d?intérêt
communautaire, la microflore du sol?
Elles traitent également des pressions qui s?exercent sur les espèces, les habitats et les écosystèmes :
artificialisation et consommation des espaces naturels, consommation de produits phytosanitaires, qualité
physico-chimique des cours d?eau, stocks des espèces pêchées en mer, espèces introduites et envahissantes?
Elles apportent enfin un éclairage sur les réponses mises en oeuvre : surfaces des espaces naturels protégés,
surface en agriculture biologique, dépense nationale en faveur de la protection de la biodiversité
et des paysages?
© SOeS, 2010
Dépôt légal : mai 2010
ISSN : 2102-474X
ISBN : 978-2-11-098766-2
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Service de l'observation et des statistiques
(ATTENTION: OPTION © herpétologique de
France, la Société française d?ichtyologie et l?Office national de l?eau
et des milieux aquatiques.
L?évaluation des espèces est réalisée par groupe taxonomique.
À ce jour, 696 espèces ont été évaluées par l?UICN en France
métropolitaine. Elles correspondent à l?ensemble des espèces des
groupes évalués et présentes en métropole à l?exception
? conformément à la méthodologie de l?UICN ? des espèces non
natives introduites dans la période récente (après l?année 1500) et
des espèces marginales ou qui ne sont présentes en métropole que
de manière occasionnelle. Les groupes taxonomiques actuellement
évalués sont ceux pour lesquels le niveau de connaissances et les
données disponibles et mobilisables sont suffisants pour permettre
l?évaluation (principalement les vertébrés). L?ambition est de traiter
l?ensemble des groupes d?espèces de métropole et d?outre-mer en
fonction des données disponibles.
méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Comité français de l?UICN :
http://www.uicn.fr
? Comité international de l?UICN :
http://www.iucn.org/fr
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
31Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ét
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b
io
di
ve
rs
ité
o
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in
ai
re
e
t r
em
ar
qu
ab
le
État de conservation des espèces d'intérêt
communautaire
La première évaluation de l?état de conservation des espèces d?intérêt communautaire a été réalisée
par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive
« Habitats, Faune, Flore ». Couvrant la période 2001-2006, elle révèle qu?une espèce sur cinq se trouve
en bon état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées chez les
amphibiens, les crustacés et les mollusques. Par ailleurs, les espèces des régions biogéographiques
atlantique et continentale sont les plus affectées.
Contexte
Face aux menaces sur la biodiversité constatées ces dernières
décennies, l?Union européenne s?est dotée d?un réseau d?espaces naturels
baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie à long terme
d?espèces remarquables dites d?intérêt communautaire, listées dans les
annexes II, IV et V de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Il s?agit
d?espèces en danger, vulnérables, rares ou endémiques sur le territoire
communautaire et pour lesquelles doivent être créées des zones spéciales
de conservation. L?article 17 de cette directive oblige les États membres Ã
entreprendre une surveillance de ces espèces et à réaliser tous les six ans
une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la première
évaluation, qui portait sur la période 2001-2006, sont aujourd?hui
disponibles. Les espèces de la directive « Oiseaux2 », faisant l?objet d?une
évaluation spécifique tous les trois ans, ne sont pas prises en compte.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des espèces d'intérêt communautaire par région biogéographique
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Région atlantique (mer) [25]
Région méditerranéenne (mer) [21]
Région atlantique (terre) [144]
Région méditerranéenne (terre) [164]
Région continentale [158]
Région alpine [147]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
1 Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
2 Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009
concernant la conservation des oiseaux sauvages (version codifiée de la directive 79/409/CEE
du Conseil du 2 avril 1979 et ses modifications successives).
SNB
Commentaire
En France, l?évaluation a porté sur 290 espèces. Elles ont été évaluées
séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes
en France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total
658 évaluations qui ont été réalisées.
Plus de la moitié des évaluations ont conclu à un état de conservation
défavorable (33 % dans la classe « mauvais » état de conservation et
21 % dans la classe « inadéquat ») contre 20 % seulement dans un état
« favorable ». Dans 25 % des cas, l?état de conservation est inconnu faute
d?informations suffisantes (principalement les espèces marines, les
chauves-souris et les invertébrés).
L?analyse par région biogéographique montre que les régions
atlantique et continentale sont celles où les espèces d?intérêt
communautaire sont les moins bien conservées : on y observe la part la
plus élevée d?état de conservation « mauvais » (respectivement 49 %
et 42 %) ainsi qu?une faible part d?évaluations « favorables » (16 %).
Parmi les principales causes expliquant ces résultats, on trouve les
pressions, particulièrement fortes sur le littoral, liées au développement
de l?urbanisation et les pressions agricoles (déprise ou intensification des
pratiques). La situation est davantage contrastée dans les régions alpine
(Alpes et Pyrénées) et méditerranéenne.
C?est dans ces deux régions que la part d?espèces en bon état de
conservation est la plus importante, plus particulièrement la flore de la
région alpine (32 % d?évaluations favorables) et la faune
méditerranéenne (28 %). La situation des espèces marines semble
plutôt défavorable, mais la part d?état « inconnu » est très forte.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
32 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole
commun et supervisée pour la France par le Muséum national
d?histoire naturelle en lien avec de nombreux partenaires
(Conservatoires botaniques nationaux, Office national de la
chasse et de la faune sauvage, Office national de l?eau et des
milieux aquatiques?).
Chaque évaluation est basée sur les études et données
disponibles ainsi que le « dire d?experts » et s?appuie sur
quatre paramètres :
1) l?aire de répartition naturelle de l?espèce ;
2) l?état de sa population ;
3) l?état de son habitat ;
4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l?espèce
à moyen/long terme).
Le résultat final de l?évaluation est présenté selon quatre classes
d?état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat »,
« défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre paramètres
évalué « mauvais » suffit à classer la situation de l?espèce en
« défavorable mauvais » dans la région biogéographique concernée ;
à l?inverse, les quatre paramètres doivent être évalués « favorables »
(ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour classer l?espèce
dans un état « favorable ».
méthodologie
En savoir plus
? CGDD-SOeS, MNHN-SPN, 2010. « La biodiversité remarquable
en France : résultats de la première évaluation des habitats et
espèces d?intérêt communautaire », Le Point sur, n° 48, avril
2010. 4 p.
? Bensettiti F., Trouvilliez J., 2009. « Rapport synthétique des
résultats de la France sur l?état de conservation des habitats
et des espèces conformément à l?article 17 de la directive
Habitats » (rapport SPN 2009/12, MNHN-DEGB-SPN). Paris :
MNHN-SPN. 48 p.
Sites Internet
? Documents et données liés au rapportage prévu par la directive
« Habitats » :
? Commission européenne (DG Environnement)
http://ec.europa.eu/environment/nature/
knowledge/rep_habitats/index_en.htm
? European Topic Centre on Biological Diversity
(EEA : réseau EIONET)
http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17
L?analyse par groupe taxonomique révèle que, parmi les vertébrés, la
situation la plus défavorable s?observe chez les amphibiens, avec 55 % des
évaluations concluant à un état « mauvais » et 12 % seulement à un état
« favorable ». Les régions continentale et atlantique sont particulièrement
concernées, les trois quarts des évaluations d?amphibiens y étant
« mauvaises ». À l?inverse, les mammifères terrestres, hors chauves-
souris (pour lesquelles la situation est souvent inconnue3), se trouvent dans
l?état de conservation le plus favorable (52 % des évaluations). Quant aux
invertébrés, les évaluations apparaissent très défavorables pour les
crustacés et les mollusques. Au sein des insectes, ce sont les papillons et
surtout les libellules qui sont les groupes les plus fragiles.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées. Résultats toutes
régions biogéographiques confondues.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des espèces d'intérêt communautaire
par groupe taxonomique
Toute faune [505]
20 %
19 %
31 %
30 %
Toute flore [154]
21 %
28 %
39 %
12 %
3 D?après la liste rouge des mammifères de France métropolitaine réalisée par le Comité
français de l?UICN et le Muséum national d?histoire naturelle, un tiers des chauves-souris
sont évaluées comme menacées ou quasi menacées.
Poissons [63]
Reptiles [45]
Fougères, mousses,
lichens et algues [61]
Plantes vasculaires [93]
Autres invertébrés [12]
Mollusques [22]
Insectes [121]
Amphibiens [67]
Chauves-souris [106]
Mammifères terrestres
(hors chauves-souris) [46]
Mammifères marins [23]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
33Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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État de conservation des habitats d'intérêt
communautaire
La première évaluation de l?état de conservation des habitats d?intérêt communautaire a été réalisée
par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive
« Habitats, Faune, Flore ». Couvrant la période 2001-2006, elle révèle qu?un habitat sur six est en bon
état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées pour les habitats
marins, littoraux, dunaires, aquatiques et humides. Par ailleurs, les habitats de la région biogéographique
atlantique sont les plus affectés.
Contexte
Face à la dégradation et la destruction des habitats naturels observées
ces dernières décennies, l?Union européenne s?est dotée d?un réseau
d?espaces naturels baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie Ã
long terme d?habitats remarquables dits « d?intérêt communautaire »,
listés en annexe I de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Il s?agit d?ha-
bitats en danger ou ayant une aire de répartition réduite à l?échelle euro-
péenne et pour lesquels doivent être créées des zones spéciales de
conservation. L?article 17 de cette directive oblige les États membres Ã
entreprendre une surveillance de ces habitats et à réaliser tous les six ans
une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la première
évaluation, qui portait sur la période 2001-2006, sont aujourd?hui
disponibles.
Commentaire
En France, l?évaluation a porté sur 131 habitats. Ils ont été évalués
séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes en
France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total
304 évaluations qui ont été réalisées.
Trois quarts des évaluations ont conclu à un état de conservation
défavorable (41 % dans la classe « mauvais » état de conservation et
35 % dans la classe « inadéquat ») contre 17 % seulement dans un état
« favorable ». Dans 6 % des cas, l?état de conservation est inconnu.
L?analyse par région biogéographique montre que la région alpine
(Alpes et Pyrénées) est celle où les habitats d?intérêt communautaire
sont les mieux conservés : on y observe à la fois la plus grande part
d?évaluations « favorables » (30 %) et la plus faible part d?état de
conservation « mauvais » (27 %). Avec plus de la moitié des habitats
classés en mauvais état et moins de 3 % d?habitats dans un bon état de
conservation, la région atlantique est la région terrestre où la situation
est la plus préoccupante. Les pressions agricoles, la forte urbanisation du
littoral et l?aménagement des vallées alluviales comptent parmi les
principaux facteurs expliquant cette dégradation. Quant aux habitats
marins, les résultats ne sont pas bons non plus, les 9 évaluations
conduites concluant toutes à un état défavorable.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des habitats d'intérêt communautaire
par région biogéographique
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Région atlantique (mer) [4]
Région méditerranéenne
(mer) [5]
Région atlantique
(terre) [78]
Région méditerranéenne
(terre) [86]
Région continentale [65]
Région alpine [66]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
1 Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
L?analyse par type de milieux révèle que les habitats les mieux
conservés sont les systèmes rocheux (éboulis, falaises) et les fourrés
sclérophylles (landes à genêt purgatif, buxaies, taillis de laurier-sauce,
certaines junipéraies). A contrario les plus dégradés sont les habitats
marins et côtiers, les dunes, les tourbières et bas-marais (aucun habitat
dans un état de conservation « favorable ») ainsi que les habitats d?eaux
douces (seulement 2 % d?habitats dans un bon état). Les milieux tourbeux
et marécageux sont particulièrement touchés avec deux tiers d?entre eux
dans un mauvais état de conservation. La situation des formations
herbeuses n?est pas bonne non plus mais plus contrastée selon les régions
biogéographiques. Elle est très préoccupante dans les régions atlantique
et continentale où respectivement 80 % et 73 % d?entre elles se trouvent
dans un mauvais état de conservation et aucune dans un état favorable.
Dans ces régions, on constate des pertes importantes de surfaces en
prairies et pelouses qui s?expliquent par le développement de
l?urbanisation ainsi que la déprise agricole (ayant pour conséquence
l?embroussaillement) ou à l?inverse l?intensification de l?agriculture
(retournement de prairies, prairies semées peu diversifiées
botaniquement). Les formations herbeuses dans la région méditerranéenne
se trouvent plutôt dans une situation intermédiaire avec la moitié d?entre
elles dans un état de conservation « inadéquat ». C?est dans la région alpine
que ces formations sont globalement les mieux conservées : 42 % d?entre
elles sont dans un bon état de conservation (il s?agit principalement de
pelouses d?altitude).
SNB
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
34 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées. Résultats toutes
régions biogéographiques confondues.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des habitats d'intérêt communautaire
par grand type de milieux
Habitats côtiers
et végétation halophytiques [32]
Dunes maritimes
et intérieures [22]
Habitats d'eaux douces [41]
Landes et fourrés
tempérés [19]
Fourrés sclérophylles [17]
Formations herbeuses naturelles
et semi-naturelles [46]
Tourbières et bas-marais [27]
Habitats rocheux
et grottes [39]
Forêts [61]
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
En savoir plus
? CGDD-SOeS, MNHN-SPN, 2010. « La biodiversité remarquable
en France : résultats de la première évaluation des habitats et
espèces d?intérêt communautaire », Le Point sur, n° 48, avril
2010. 4 p.
? Bensettiti F., Trouvilliez J., 2009. « Rapport synthétique des
résultats de la France sur l?état de conservation des habitats
et des espèces conformément à l?article 17 de la directive
Habitats » (rapport SPN 2009/12, MNHN-DEGB-SPN). Paris :
MNHN-SPN. 48 p.
Sites Internet
? Documents et données liés au rapportage prévu par la directive
« Habitats » :
? Commission européenne (DG Environnement)
http://ec.europa.eu/environment/nature/
knowledge/rep_habitats/index_en.htm
? European Topic Centre on Biological Diversity
(EEA : réseau EIONET)
http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17
L?évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole
commun et supervisée pour la France par le Muséum national
d?histoire naturelle en lien avec plusieurs partenaires, notamment
les Conservatoires botaniques nationaux.
Chaque évaluation est basée sur les études et données disponibles
ainsi que le dire d?experts et s?appuie sur quatre paramètres :
1) l?aire de répartition naturelle de l?habitat ;
2) l?estimation de la surface qu?il couvre au sein de cette aire ;
3) sa structure et ses fonctionnalités ;
4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l?habitat
à moyen/long terme).
Le résultat final de l?évaluation est présenté selon quatre classes
d?état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat »,
« défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre
paramètres évalué « mauvais » suffit à classer la situation de
l?habitat en « défavorable mauvais » dans la région biogéographique
concernée ; à l?inverse, les quatre paramètres doivent être évalués
« favorables » (ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour
classer l?habitat dans un état « favorable ».
méthodologie
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
35Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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La microflore du sol
La microflore du sol, ou micro-organismes, remplit des fonctions environnementales essentielles :
décomposition de la matière organique, recyclage du carbone et de nutriments (azote, phosphore,
potassium) dans le sol, décontamination de sols pollués. Les premiers résultats de la mesure de la
biomasse microbienne des sols de France montrent des disparités géographiques dépendant en premier
lieu des caractéristiques physico-chimiques des sols, ensuite de leurs usages et types d?occupation et enfin
de la géomorphologie et du climat.
Contexte
La microflore du sol regroupe majoritairement des bactéries et des
champignons. Le nombre d?espèces et leur abondance varient en fonction
du milieu, des caractéristiques du sol et de son usage. Dans une prairie
permanente, les bactéries peuvent représenter jusqu?à 1 milliard
d?individus par gramme de sol. Malgré leur importance, la répartition des
organismes du sol et les effets de l?environnement et de l?homme sur la
biodiversité des sols sont peu connus. Depuis 2006, la densité microbienne
des sols a été mesurée en France pour mieux comprendre le rôle de la
biomasse microbienne et les moyens de la préserver.
Commentaire
La densité microbienne a été mesurée dans les sols de France
métropolitaine, grâce à une estimation de leur quantité d?ADN. Cette
dernière s?échelonne de 0,1 à 38,8 µg d?ADN par gramme de sol. Les
trois quarts des sols ont des concentrations situées entre 5 et 15 µg. Les
sols les plus riches en ADN microbien sont situés en Lorraine et
Champagne-Ardenne et dans les massifs montagneux (Alpes, Massif
central, Pyrénées, Vosges). Les sols les plus pauvres se trouvent dans les
Landes, le Nord et le Nord-Ouest. Cette distribution géographique
s?explique par la texture des sols, le pH, la teneur en carbone organique
et par l?occupation du sol. Les sols présentant la plus grande densité
microbienne sont argileux, basiques (pH élevé) et riches en carbone
organique. En règle générale, les sols sous prairie ont une densité
microbienne bien plus importante que les sols cultivés ou de
vignobles.
La composition des communautés microbiennes des sols du sud de la
Bretagne, de Sologne, des Landes, du Massif central et des Vosges est
comparable et leurs populations sont très peu diversifiées. Si celles des
sols du Nord-Est de la Lorraine, du Sud de la Champagne, de la
Normandie, des Pays de la Loire, du Sud-Est (région Paca) et de Midi-
Pyrénées sont également comparables, leur diversité génétique est
particulièrement importante. La différence entre ces milieux s?explique
par la variété des paysages. Les pinèdes très peu diversifiées des Landes
sur des sols sablo-acides sont à l?origine de la faible diversité des
populations microbiennes des sols, contrairement aux paysages variés
alliant cultures, prairies et forêts dans le Sud-Est.
Note : Les zones grisées sur la carte correspondent à des zones de « non sols » ou ne comportant
pas assez d'informations pour calculer la quantité d'ADN.
Source : Inra ? Gis Sol, 2009. Traitements : Gis Sol - SOeS, 2009.
La densité microbienne des sols
0 50 100 km
Quantité d'ADN (µg/g de sol)
Entre 13,2 et 18,2
Entre 10,4 et 13,2
Entre 8,8 et 10,4
Entre 7,4 et 8,8
Entre 6,2 et 7,4
Entre 4,5 et 6,2
Entre 1,7 et 4,5
Pas de donnée
0 50 100 km
Très mauvaise
Mauvaise
Médiocre
Bonne
Excellente
Classe de qualité (nombre de points concernés)
(100)
(402)
(261)
(117)
(58)
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
36 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?abondance microbienne des sols de France métropolitaine
a été déterminée à l?aide d?outils de biologie moléculaire
appliqués à l?ADN microbien extrait de 1 900 échantillons de sol
(projet Ecomic-RMQS - ANR Biodiversité 2006-2009).
Les échantillons de sols proviennent de la première campagne
de mesures (2000-2009) du Réseau de mesures de la qualité des
sols (RMQS) du Groupement d?intérêt scientifique sur le sol
(Gis Sol). Il regroupe un réseau systématique de 2 200 sites
d?observation, à raison d?un par maille carrée de 16 km de côté.
L?abondance microbienne des sols obtenue peut être
confrontée à des données environnementales, comme la
texture des sols, le pH, la teneur en carbone organique et
l?occupation du sol, par le biais d?outils statistiques (analyses
multivariées et géostatistiques?). Cela permettra à l?avenir
d?évaluer l?impact des usages agricole, industriel ou urbain et
de détecter l?apparition des premiers signes de dégradation des
sols en observant le stress vécu par les microorganismes qui y
vivent.
méthodologie En savoir plus
? Turbé A., De Toni A., Benito P., Lavelle P., Lavelle P., Ruiz N., Van
der Putten W.H., Labouze E., Mudgal S., 2010. « Soil biodiversity:
functions, threats and tools for policy makers » (final report by
Bio Intelligence Service, IRD and NIOO, for European
Commission-DG Environment). 250 p.
Disponible sur http://ec.europa.eu/environment/soil/
biodiversity.htm
Sites Internet
? Informations sur la plateforme Genosol, référentiel d?analyse
de la biodiversité microbienne dans les sols.
Institut national de la recherche agronomique :
http://www2.dijon.inra.fr/plateforme_genosol
? Informations sur le Réseau de mesures de la qualité des sols
(RMQS).
Groupement d?intérêt scientifique sur les sols :
http://www.gissol.fr/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
37Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution des matières organiques
dans les sols agricoles
Les matières organiques du sol assurent de nombreuses fonctions environnementales. Elles augmentent
notamment la résistance du sol au compactage, son aération et sa réserve en eau, favorisant
indirectement sa biodiversité. Elles constituent un stock de carbone dans les sols, qui est influencé
essentiellement par les changements d?usage et les pratiques agricoles. L?analyse de la distribution
spatiale des stocks de carbone organique mesurés dans les sols agricoles et des changements d?usage
observés entre 1995 et 2005 montre que les sols agricoles ont déstocké du carbone (6 millions t/an), alors
que les sols forestiers en ont stocké (0,7 million t/an).
Contexte
Les matières organiques du sol sont composées en moyenne de
58 % de carbone organique. Elles améliorent la fertilité du sol en
libérant des éléments nutritifs (azote, phosphore, soufre, potassium)
lors de leur minéralisation. Elles augmentent la résistance du sol au
compactage, son aération et sa réserve en eau, favorisant indirectement
sa biodiversité.
Commentaire
Les teneurs en carbone organique diminuent sur la façade
atlantique, de la Bretagne à la région Poitou-Charentes. En Bretagne,
elles diminuent essentiellement dans les cantons du Sud, où les
teneurs initiales étaient élevées. Les explications sont sans doute
multiples, alliant une évolution globale des écosystèmes, une
transition des systèmes prairiaux vers des cultures annuelles et une
modification des pratiques agricoles (approfondissement du travail
du sol, chaulage). Un mitage de cantons s?étendant du Finistère Ã
la Gironde montre des teneurs en augmentation ou ne présentant
pas d?évolution significative. Les teneurs augmentent principalement
dans le pourtour de l?Ile-de-France et diminuent au Nord et dans l?Est
(Lorraine, Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté). La diminution
observée en Lorraine peut être associée à la conversion des prairies
naturelles en terres arables.
Certains changements d?usage ou de pratiques agricoles
favorisent le stockage, comme la conversion des cultures en
prairies, ou des prairies en forêts. Au contraire, la conversion des
prairies en cultures ou des forêts en prairies entraîne une
diminution du stock de carbone. Les vitesses d?évolution du carbone
organique dans les sols ne sont toutefois pas symétriques. Ainsi, en
vingt ans, le déstockage induit par la mise en culture (1 t C/ha/an) est
deux fois plus rapide que le stockage résultant de l?abandon de la
culture au profit de prairies ou de forêts (0,5 t C/ha/an).
Source : Gis Sol ? BDAT, 2007.
Répartition par canton des évolutions de la teneur
en carbone organique dans les sols agricoles
entre1990-1995 et 1999-2004
Type d'évolution
Évolution
En nombre
de cantons
En %
de cantons
En baisse 625 17
En hausse 463 12
Stable 1 052 28
Information non disponible 1 616 43
Variation de la teneur en carbone organique entre
les périodes 1990-1995 et 1999-2004, par canton
Source : Gis Sol - BDAT, 2007.
Variation par canton
Augmentation
Pas de variation significative
Diminution
Absence de données
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
3? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La base de données des analyses de terre (BDAT, gérée par
l?Inra dans le cadre du Groupement d?intérêt scientifique sur le
sol ? Gis Sol) recueille, auprès des laboratoires, les résultats des
analyses de terre réalisées par les agriculteurs pour gérer au
mieux la fertilisation. Cette démarche volontaire explique que
l?ensemble du territoire n?est pas couvert. Les distributions
statistiques des teneurs en carbone organique de l?horizon de
surface des sols agricoles ont été comparées pour les périodes
1990-1995 et 1999-2004. Les données brutes ont été
ré-échantillonnées en tenant compte des surfaces agricoles
utiles des cantons.
méthodologie En savoir plus
? Ifen/Gis Sol, Inra Orléans/Gis Sol, 2007. « Le stock de carbone
dans les sols agricoles diminue », Le 4 pages, n° 121,
novembre 2007. 4 p.
Sites Internet
? http://www.ifen.fr/
? Informations sur la Base de données des analyses de terre
(BDAT).
Groupement d?intérêt scientifique sur le sol ? Gis Sol :
http://www.gissol.fr/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
39Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pressions et menaces
sur la biodiversité
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
40 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
41
SNB
Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les espaces artificialisés recouvrent les zones urbanisées (tissu urbain
continu ou discontinu), les zones industrielles et commerciales, les
réseaux de transport (réseaux routier et ferroviaire, zones portuaires et
aéroports), les mines, carrières, décharges et chantiers, ainsi que les
espaces verts artificialisés (espaces verts urbains, équipements sportifs
et de loisirs), par opposition aux espaces agricoles, aux forêts ou aux
milieux naturels, zones humides ou surfaces en eau.
Les espaces qui subissent une artificialisation ne sont plus disponibles
pour d?autres usages, notamment agricoles, ou comme habitats naturels.
Outre la destruction directe de milieux naturels, l?étalement des espaces
artificialisés aboutit aussi à une fragmentation et un cloisonnement de
ces derniers. La baisse des surfaces d?espaces non fragmentés et la pré-
sence d?obstacles peut gêner les populations de certaines espèces pour
l?accomplissement de leur cycle de vie, leurs migrations, voire le dépla-
cement de leur aire de répartition dans le cadre des changements clima-
tiques. Par ailleurs, les sols artificialisés sont souvent imperméabilisés, ce
qui amplifie les phénomènes de ruissellement, perturbe le régime des
eaux et impacte les milieux naturels associés.
CORINE Land Cover n?identifie pas les espaces artificialisés isolés
de moins de 25 ha ou de moins de 100 m de large, ce qui contribue
à expliquer les différences importantes de taux d?artificialisation
avec les résultats de Teruti-Lucas, l?enquête sur l?utilisation des
terres réalisées annuellement par le service de la Statistique et de
la Prospective du ministère en charge de l?Agriculture. Cette enquête
tient compte des petites surfaces artificialisées.
En 2008, la part du territoire couvert par des espaces artificialisés
est de 9,4 % selon Teruti-Lucas, dont presque la moitié correspond
à des sols revêtus ou stabilisés, notamment les routes, structures la
plupart du temps non détectées par CORINE Land Cover. Depuis les
années 1990, la progression moyenne des terres artificialisées est
d?un peu plus de 60 000 ha par an selon Teruti-Lucas.
Les résultats issus de ces deux programmes sont cohérents même
si les valeurs diffèrent. Ils montrent tous deux la progression impor-
tante et continue de l?artificialisation sur le territoire métropolitain
depuis les années 1990 et les années 1980 respectivement.
Limites et précautions :
différences avec l?enquête Teruti-Lucas
Commentaire
En 2006, les espaces artificialisés représentent 5,1 % de la superficie
de la France métropolitaine selon la base de données géographiques
CORINE Land Cover. 59,8 % de terres agricoles, 34,4 % de forêts, milieux
naturels et zones humides et 0,7 % de surfaces en eaux occupent le reste
du territoire.
L?ÃŽle-de-France, le Nord, l?Alsace, le couloir rhodanien et le littoral en
général, territoires à forte densité de population permanente ou saison-
nière, sont plus artificialisés que le reste de la métropole. Des régions
comme le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, mais aussi la Bretagne et les
Pays de la Loire, apparaissent à la fois très agricoles et artificialisées, peu
de surfaces étant disponibles pour les forêts et les autres milieux
naturels.
La progression de l?artificialisation a lieu principalement aux alentours
des grandes villes, le long des réseaux de transport et dans les vallées
ainsi que dans les espaces proches du littoral.
Taux de progression de l?artificialisation par canton
entre 2000 et 2006
Taux d'évolution entre 2000 et 2006 (%)
Plus de 12
Entre 6 et 12
Entre 3 et 6
Entre 1,5 et 3
Entre 0 et 1,5
0 ou moins
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. © IGN, GEOFLA®, 2006.
Artificialisation et consommation
des espaces naturels
La part des espaces artificialisés en France métropolitaine est de 5,1 % en 2006, selon l?inven-
taire CORINE Land Cover. Ces espaces ont augmenté de 3 % depuis 2000, aux dépens principa-
lement de terres agricoles mais aussi d?espaces naturels. Le littoral, les alentours des grandes
villes et les vallées sont particulièrement concernés. 82 % des pertes de forêts, milieux naturels
et zones humides sont dues à l?artificialisation et 12 % à la mise en culture. Le recul des espaces
ruraux et naturels lié à la progression de l?artificialisation occasionne la perte d?habitats et
s?accompagne d?une fragmentation des milieux.
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
42 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Près de 87 000 ha ont été artificialisés entre 2000 et 2006, principale-
ment aux dépens de l?agriculture (environ 76 000 ha, prairies incluses)
mais aussi des forêts, milieux naturels et zones humides (10 500 ha).
Des espaces artificialisés reculent légèrement, par exemple par
la végétalisation ou la mise en eau d?anciennes carrières. In fine,
les surfaces artificialisées progressent de 3 % entre 2000 et 2006,
prolongeant l?augmentation déjà observée dans les années 1990.
Type d?espaces artificialisés entre 2000 et 2006
44,3 %
15,7 %
27,9 %
7,8 %
1,7 % 2,4 % 0,3 %
Terres arables et cultures permanentes
Territoires agricoles en prairies
Zones agricoles hétérogènes
Forêts
Forêt et végétation arbustive en mutation
Pelouses et pâturages naturels, landes et
broussailles, végétation sclérophylle
Espaces sans ou avec peu de végétation,
zones humides, surfaces en eau
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006.
Le tissu urbain discontinu, les zones industrielles et commerciales et
les grandes infrastructures de transport représentent 90 % des surfaces
artificialisées. Ces formes d?artificialisation non seulement sont consom-
matrices d?espaces mais contribuent également à cloisonner les milieux,
réduisant les surfaces des espaces non fragmentés. Alors que les espaces
verts urbains ont tendance à reculer légèrement, les équipements spor-
tifs et de loisirs continuent de s?étendre, principalement aux dépens de
terres arables et de prairies.
Si l?artificialisation est de loin la principale cause des pertes de forêts,
milieux naturels et zones humides (82 % des 12 800 ha perdus), elle
n?est toutefois pas la seule. Les terres arables et cultures permanentes
? qui subissent une très forte pression de l?artificialisation ? gagnent
également du terrain sur les milieux naturels et sont à l?origine de 12 %
des pertes de ces derniers.
Devenir des forêts, milieux naturels et zones humides
perdus entre 2000 et 2006
81,6 %
11,9 %
2,1 %
2,7 %1,7 %
Territoires artificialisés
Terres arables et cultures permanentes
Territoires agricoles en prairies
Zones agricoles hétérogènes
Surfaces en eau
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006.
CORINE Land Cover est un programme de l?Agence européenne
pour l?environnement. Cette base de données géographiques est
issue de l?interprétation visuelle d?images satellitaires, avec des don-
nées complémentaires d?appui. L?échelle de production est de
1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie des unités
d?occupation homogène des sols. La version 2006 est le 3e millé-
sime après 1990 et 2000. Elle est issue d?une révision de la version
2000, compilée avec les changements de plus de 5 ha intervenus
entre 2000 et 2006 puis redressée afin d?obtenir des unités homo-
gènes de plus de 25 ha.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la
BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.
Méthodologie
En savoir plus
? CGDD-SOeS, 2009. « La France vue par CORINE Land Cover,
outil européen de suivi de l?occupation des sols », Le Point
sur, n° 10, avril 2009. 4 p.
Site Internet
? Consultation et téléchargement des statistiques de l?occupation
des sols :
http://www.ifen.fr, rubrique « Bases de données » > « Occupation
des sols » (CORINE Land Cover)
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
43Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Paysages et biodiversité sont liés à des facteurs naturels tels que le
relief ou le climat mais également aux modes d?occupation des sols en
lien avec les activités humaines et leur histoire. Les milieux naturels
peuvent être fortement impactés par la progression ou le recul de
certains types d?occupation des sols. Ainsi, l?artificialisation est à l?origine
de la destruction d?habitats et d?une fragmentation des espaces naturels.
Les évolutions au sein des territoires agricoles (déprise, intensification?)
ont également d?importantes conséquences sur la biodiversité et
les paysages.
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de la
faune reposent sur une palette d?outils aux objectifs et aux modalités de
mise en oeuvre variés : création d?aires protégées par voies réglemen-
taire ou contractuelle, par maîtrise foncière, suite à des engagements
internationaux ou dans le cadre du déploiement du réseau Natura 2000.
Cette fiche présente l?occupation des sols et ses évolutions à l?intérieur
de ces différents types d?espaces naturels protégés ainsi que dans leurs
proches environs.
Commentaire
Par rapport à l?ensemble du territoire métropolitain, les espaces natu-
rels protégés se caractérisent par leur faible taux d?artificialisation. Il est
quasi nul dans les coeurs des parcs nationaux, les quelques rares routes
et bâtiments présents étant diffus et indétectables par la méthode
d?observation. À l?opposé, les parcs naturels régionaux et les réserves de
biosphère, vastes espaces de mise en oeuvre du développement
durable, se distinguent par leur taux d?artificialisation plus élevé (respec-
tivement 2,6 % et 3,1 % en 2006), demeurant toutefois inférieur au taux
national (5,1 %). Si l?artificialisation des territoires n?atteint pas ou peu
l?intérieur des aires protégées, elle représente néanmoins une pression
importante aux portes de certaines d?entre elles.
Les aires protégées métropolitaines, et dans une moindre mesure leurs
proches alentours, sont également caractérisées par une proportion plus
faible de territoires agricoles (hors prairies) qu?au niveau national, notam-
ment dans les espaces sous protection réglementaire. Les prairies,
pelouses et pâturages naturels sont particulièrement bien représentés
(environ 26 % des surfaces) dans les aires d?adhésion des parcs
nationaux et les sites acquis ou gérés par les Conservatoires d?espaces
naturels par rapport aux autres types d?aires protégées (de 3,6 % à 20 %)
ou au taux national (18 %).
Avec les modifications observées au sein des milieux naturels eux-
mêmes (notamment entre les forêts et les espaces forestiers et arbustifs
en mutation), l?artificialisation est l?une des principales évolutions de
l?occupation des sols constatées sur la période 2000-2006, poursuivant
ainsi la tendance des années 1990.
Évolution de l?occupation des sols dans
et autour des espaces naturels protégés
L?analyse des modifications de l?occupation des sols permet une première approche des évolutions des
paysages et des milieux à l?intérieur et autour des espaces naturels protégés. Dans le prolongement des
années 1990, ces derniers ne se sont pas ou peu artificialisés entre 2000 et 2006. A contrario, leurs alen-
tours ont été impactés par la progression de l?artificialisation observée au niveau national durant cette
période. Le recul des prairies persiste dans les aires protégées et leurs environs comme au niveau national
mais à un degré moindre que dans la décennie précédente.
Les aires protégées n?ont pas ou peu été touchées par cette
progression de l?artificialisation. Les espaces les plus concernés par ce
phénomène ? tout en restant nettement inférieur à la moyenne
nationale ? sont les sites Ramsar, les réserves de biosphère et les
parcs naturels régionaux, territoires plus grands aux enjeux mixtes de
développement et de conservation, englobant des zones
urbanisées.
L?artificialisation exerce globalement une forte pression autour des
réserves naturelles et des sites Ramsar ? ce qui s?explique en partie
par un « effet littoral ». Celui-ci est dû à la présence d?un certain
nombre de ces sites sur le littoral, territoire qui subit une
artificialisation deux fois plus importante que la moyenne
métropolitaine. L?artificialisation touche également les alentours des
réserves de biosphère et des sites Natura 2000 mais dans une
moindre mesure.
L?occupation des sols est analysée à partir de la base de
données géographiques CORINE Land Cover, issue de la photo-
interprétation d?images satellitaires. L?échelle de réalisation est
de 1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie
des unités d?occupation homogène des sols. La version 2006,
faisant suite aux années 1990 et 2000, est produite par
révision de la version 2000, compilée avec les changements de
plus de 5 ha intervenus entre 2000 et 2006 puis redressée afin
d?obtenir des unités homogènes de plus de 25 ha.
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et
de la faune reposent sur une gamme d?outils variés quant à leurs
objectifs et leurs modalités de mise en oeuvre. On distingue le
réseau Natura 2000 (en application de deux directives
européennes), les espaces protégés par voie réglementaire (coeur
de parc national, réserves naturelles?) avec interdiction ou
limitation des activités humaines, les espaces protégés par voie
contractuelle (aire d?adhésion de parc national, parc naturel
régional, zone humide Ramsar?) s?appuyant sur une charte ou une
convention internationale et les espaces protégés par maîtrise fon-
cière (action du Conservatoire du littoral notamment).
Le territoire autour des aires protégées est celui d?une bande de
1 km pour les sites de moins de 1 000 ha, de 2 km pour les sites
entre 1 000 et 100 000 ha et de 3 km pour les plus grands.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant
la BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
44 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?occupation des sols dans et autour des aires protégées en 2006
En % de la surface des types d?espace
Type d?espace
Territoires
artificialisés
Terres
agricoles1
Prairies,
pelouses,
pâturages
naturels
Forêts2
Landes,
milieux
arbustifs,
forêt en
régénération
Zones
humides
et milieux
aquatiques
Glaciers,
roche nue,
végétation
clairsemée
Plages,
dunes et
sable
Estuaires
et mer
Natura 2000
Intérieur 0,7 12,6 12,8 23,6 5,8 5,0 4,1 0,2 35,0
Alentours 6,5 36,5 16,0 26,3 4,7 0,8 2,0 0,1 7,0
Parcs nationaux
Coeurs 0,0 0,4 20,0 23,1 7,8 0,1 48,3 0,0 0,4
Aires d?adhésion 1,0 4,6 26,4 36,9 9,4 0,4 21,2 0,0 0,0
Alentours 0,6 4,6 22,7 32,2 9,4 0,2 30,1 0,1 0,0
Réserves naturelles
Intérieur 0,2 1,2 10,5 19,2 4,8 16,9 11,5 0,6 35,0
Alentours 4,9 16,9 15,9 26,5 7,0 7,2 9,2 0,3 12,0
Réserves nationales de chasse et de faune sauvage
Intérieur 0,8 1,5 9,2 36,4 6,5 28,5 8,7 0,0 8,4
Alentours 6,0 21,2 14,4 39,5 5,9 3,4 7,8 0,1 1,8
Réserves biologiques domaniales ou forestières
Intérieur 0,1 0,2 3,6 72,0 14,4 0,3 9,3 0,2 0,0
Alentours 1,4 7,3 10,7 61,5 10,2 1,3 6,3 0,1 1,0
Parcs naturels régionaux
Intérieur 2,6 25,3 21,7 39,4 7,1 1,9 1,9 0,1 0,0
Alentours 5,0 33,5 20,3 28,8 5,7 1,7 1,5 0,1 3,3
Zones humides Ramsar
Intérieur 1,6 32,1 17,8 17,2 1,7 26,5 0,0 0,3 2,7
Alentours 9,2 49,2 16,8 10,7 1,5 3,0 0,0 0,2 9,4
Réserves de biosphère3
Intérieur 3,1 25,0 8,4 40,1 9,2 7,7 1,3 0,4 4,9
Alentours 5,9 35,4 8,8 26,3 7,6 0,8 0,9 0,5 13,2
Sites du Conservatoire du littoral
Intérieur 1,1 8,5 10,7 10,7 27,5 35,2 2,5 3,3 0,4
Sites des Conservatoires d?espaces naturels4
Intérieur 1,9 7,5 26,1 29,5 15,3 4,7 13,0 0,4 0,6
France (métropole) 5,1 44,0 18,1 25,9 4,2 1,0 1,6 0,1 0,0
Note :
1 Prairies exclues.
2 Hors forêts et végétation arbustive en mutation.
3 Toutes zones confondues.
4 Sites acquis ou gérés.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ;
RBDF, RNCFS, sites du CdL, sites des CEN, 2009 ? RNF-SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
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Progression de l?artificialisation entre 2000 et 2006
dans et autour des aires protégées
En % de la surface des types d?espace
0 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Métropole
Natura 2000
Parcs nationaux
(aire d'adhésion)
Réserves naturelles
Réserves nationales de chasse
et de faune sauvage
Réserves biologiques
domaniales ou forestières
Parcs naturels régionaux
Zones humides Ramsar
Réserves de biosphère
Alentours
Intérieur
Note : Le taux représenté est celui observé sur l?ensemble de la période 2000-2006 (il ne s?agit pas
d?un taux annuel). L?intérieur des coeurs des parcs nationaux n?a subi aucune artificialisation.
Les réserves naturelles regroupent les réserves naturelles nationales (RNN), les réserves naturelles de
Corse (RNC) et les réserves naturelles régionales (RNR).
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs
nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, 2009 ? RNF-
SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
Le recul des prairies observé dans toutes les régions depuis 1990 se
poursuit mais à un rythme plus faible entre 2000 et 2006. Cette inflexion
est également notée au sein des aires protégées comme dans leurs pro-
ches environs. Les sites Ramsar et leurs alentours demeurent l?outil de
protection le plus touché, devant les sites Natura 2000 et les parcs natu-
rels régionaux. Les espaces sous protection réglementaire ne sont pas ou
peu concernés par ce phénomène.
Évolution des surfaces de prairies, pelouses et pâturages
entre 2000 et 2006 dans et autour des aires protégées
En % de la surface des types d?espace
Métropole
Natura 2000
Parcs nationaux
(aire d'adhésion)
Parcs nationaux (coeur)
Réserves naturelles
Réserves nationales de chasse
et de faune sauvage
Réserves biologiques
domaniales ou forestières
Parcs naturels régionaux
Zones humides Ramsar
Réserves de biosphère
Alentours
Intérieur
-0,09 -0,08 -0,07 -0,06 -0,05-0,04 -0,03 -0,02 -0,01 0 0,01
Note : Le taux représenté est celui observé sur l?ensemble de la période 2000-2006 (il ne s?agit pas
d?un taux annuel). Les réserves naturelles regroupent les réserves naturelles nationales (RNN), les
réserves naturelles de Corse (RNC) et les réserves naturelles régionales (RNR).
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs
nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, 2009 ? RNF-
SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
En savoir plus
? Ifen, 2007. « Changements modérés de l?occupation des sols
dans les espaces naturels protégés », Le 4 pages, n° 119,
octobre 2007. 4 p.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
46 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
47Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les 152 sites suivis les plus étendus se composent de zones humides
mais également d?espaces agricoles ou urbanisés connexes. L?occupation
des sols en 2006 et son évolution depuis 2000 apportent des indications
sur les pressions qui s?exercent sur les zones humides du fait des
activités humaines ou du fonctionnement hydrologique.
Commentaire
Les zones humides étudiées sont caractérisées par une forte propor-
tion de prairies (21,8 %) et de terres arables non irriguées (20,1 %). Dans
leur ensemble, les territoires agricoles couvrent 51,5 % de la superficie
des sites. Les autres catégories les plus présentes sont les forêts et milieux
semi-naturels (22,4 %), puis les surfaces en eaux (11,8 %) et les zones
humides (10,8 %). Ces deux dernières catégories sont beaucoup plus
fréquentes sur le littoral méditerranéen et atlantique que dans les autres
types de sites. Les territoires artificialisés couvrent 3,5 % des zones
humides étudiées, avec une prédominance du tissu urbain discontinu,
puis des secteurs d?extractions de matériaux, et des zones industrielles
et commerciales. Ce taux atteint 6 % dans les vallées alluviales, soit
presque trois fois plus que dans les sites littoraux.
Occupation des sols en 2006 par type de zone humide
0 %
20 %
40 %
60 %
80 %
100 %
Litto
ral atlantique,
Manche et m
er du Nord
Litto
ral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines in
térieures
Ensemble des
152 zones humides
En % de surfaces
Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Source : CGDD-SOeS, 2004. UE-SoeS, CORINE Land Cover 2006.
Occupation des sols dans 152 zones humides
en 2006 et évolution depuis 2000
En 2006, l?occupation des sols dans un échantillon national de 152 zones humides est dominée par les
territoires agricoles. Ils couvrent 51,5 % de leur superficie et se répartissent essentiellement en prairies
(22 %) et terres arables (20 %). Entre 2000 et 2006, l?artificialisation de nouvelles terres a touché tous
les types de zones humides, avec une augmentation totale de 3 090 ha, soit 0,13 % de la superficie totale
des sites. Les surfaces en eau ont progressé de 1 070 ha. À l?inverse, les terres agricoles ont régressé
(- 3 960 ha), surtout dans les plaines intérieures et les vallées alluviales.
Entre 2000 et 2006, la superficie totale des zones humides au sein des
sites étudiés semble se stabiliser alors qu?elle régressait entre 1990 et
2000. Les changements d?occupation des sols ont affecté 0,35 % de la
superficie des sites étudiés. Par rapport à la décennie 1990-2000, l?artifi-
cialisation et la création de surfaces en eau se sont poursuivies aux
dépens des territoires agricoles et des forêts et milieux semi-naturels.
Évolution de l?occupation des sols par type de zone humide
entre 2000 et 2006
-4 000
-3 000
-2 000
-1 000
0
1 000
2 000
3 000
4 000
Surfaces en ha
Litto
ral atlantique,
Manche et m
er du Nord
Litto
ral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines in
térieures
Ensemble des
152 zones humides
Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Source : CGDD-SOeS, 2004. UE-SoeS, CORINE Land Cover 2000 et 2006.
Entre 2000 et 2006, les surfaces artificialisées ont augmenté de plus
de 3 000 ha dans les sites suivis, ce qui représente 0,13 % de la
superficie totale des 152 zones étudiées, un taux légèrement inférieur
à la moyenne nationale (la progression des surfaces artificialisées
entre 2000 et 2006 représentent 0,16 % du territoire métropolitain).
C?est dans les vallées alluviales que la part de territoire affectée est
la plus importante. L?artificialisation (urbanisation, développement
d?infrastructures routières ou de loisirs, aménagements touristiques
ou portuaires) s?est produite essentiellement au détriment de terres
agricoles. Les surfaces en eau s?étendent aussi, particulièrement dans
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
48 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
les vallées alluviales puis dans les plaines intérieures. Au total 1 066 ha
de plans d?eau sont apparus, sur des secteurs qui en 2000 étaient en prairies
(408 ha) ainsi que sur d?anciennes zones d?extractions de matériaux
(77 ha). Les territoires agricoles ont connu un recul, avec une perte
totale de 3 960 ha, correspondant à 0,16 % de la superficie des sites.
Ce sont les vallées alluviales puis les plaines intérieures qui sont le
plus concernées. Dans cette catégorie, les pertes nettes les plus
importantes portent sur les prairies (- 1 847 ha), qui sont converties
pour une grande part en terres arables et en plans d?eau. Par ailleurs,
on note une faible régression des forêts et milieux semi-naturels
(- 276 ha). Elle touche tous les types de zones humides hormis les
vallées alluviales où les surfaces ont augmenté, en raison de la
fermeture des milieux. La catégorie zones humides progresse
légèrement dans l?ensemble, cette relative stabilité faisant suite Ã
une diminution des surfaces entre 1990 et 2000.
Le bilan par type de zone humide montre que les vallées alluviales
connaissent les mutations les plus prononcées, avec les plus forts taux de
progression d?artificialisation et de disparition de terres agricoles entre
2000 et 2006, comme entre 1990 et 2000. C?est également dans ces
secteurs que les mesures de protection et de gestion des espaces
naturels sont les moins nombreuses.
Les données portent sur un échantillon national de 152 sites com-
prenant des milieux humides et couvrant 2,4 millions d?hectares du
territoire métropolitain. Ces sites, définis en 1991 à l?occasion d?une
évaluation nationale, ont été choisis pour leur caractère représen-
tatif des différents types d?écosystèmes présents sur le territoire
métropolitain et des services socio-économiques rendus. Cette
sélection a été réalisée afin d?assurer un suivi des zones humides
en France, qu?elles fassent ou non l?objet de protection. Ils se répar-
tissent en quatre types : plaines intérieures ; vallées alluviales ;
littoral méditerranéen ; littoral atlantique, Manche et mer du Nord.
Les résultats présentés ici ne peuvent donc pas être extrapolés
à l?ensemble des zones humides françaises.
CORINE Land Cover (CLC) est un outil européen de suivi de l?occu-
pation des sols (CORINE pour Coordination de l?information sur
l?environnement). Les résultats sont issus de l?exploitation des
versions 2000 et 2006 actuellement disponibles. Il s?agit d?une base
de données géographiques présentant l?inventaire de l?occupation
des sols en 44 postes regroupés en 5 types : territoires artificialisés,
terres agricoles, forêts et milieux naturels ouverts, zones humides,
surfaces en eau. Cette base est définie à l?échelle du 1/100 000, les
objets de moins de 25 ha et de moins de 100 m de large ne sont
pas pris en compte, de même que les changements d?occupation
des sols entre 2000 et 2006 inférieurs à 5 ha. CLC ne permet pas
de faire la distinction entre les milieux humides et non humides
pour les prairies, landes et forêts, et ne permet pas d?identifier
les peupleraies.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? L?ensemble des fiches indicateurs du SOeS portant sur les
zones humides :
http://www.ifen.fr, rubrique « Territoire » > « Zones humides »
? Le portail consacré aux zones humides :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr/
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
IDD
49Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution de la consommation
de produits phytosanitaires
Entre 2000 et 2006, la consommation de produits phytopharmaceutiques est plutôt en diminution, alors
que le niveau de la production végétale est resté quasiment stable. Le plan Ecophyto 2018 mis en place
par le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche à la suite du Grenelle de l'environne-
ment, vise à une réduction de 50 % de l?utilisation des pesticides, si possible, à l'horizon 2018, tout en
maintenant un niveau de production agricole élevé. L'adoption récente du « paquet pesticides » par le
Parlement européen et les ministres de l'UE est le reflet d'une préoccupation qui concerne toute l'Europe.
Contexte
La plupart des produits phytosanitaires contiennent des molécules
organiques de synthèse dont les propriétés toxiques permettent de
lutter contre certains organismes (plantes, champignons, insectes?), qui
sont en concurrence ou attaquent les productions agricoles. Ils sont
également utilisés par les gestionnaires de réseaux de transport, par
les collectivités locales ou par les particuliers.
Parce que ces produits agissent sur les organismes vivants, ils peuvent
aussi avoir des impacts négatifs sur la santé, les ressources naturelles (air,
eau et sol) et la biodiversité. Les phytosanitaires sont, avec la disparition
des habitats, considérés comme une des principales menaces pour la
biodiversité en milieu agricole.
La réduction de l'utilisation de ces produits est une des composantes
essentielles des objectifs de durabilité des pratiques agricoles. Le Grenelle
de l'environnement a fait émerger un consensus sur la nécessité d'une
politique ambitieuse de réduction de l'utilisation de ces produits, le tout
dans le respect de la compétitivité de l'agriculture française. Cette
politique s'est traduite par l?élaboration du plan Ecophyto 2018, visant Ã
réduire de 50 %, si possible, l'usage de ces produits à l'horizon 2018.
Il s'agit également d'un enjeu européen, qui s'est traduit notamment
par l'adoption le 13 janvier 2009 par le Parlement européen et le
24 septembre 2009 par les ministres de l'Union européenne, du « paquet
pesticides ».
En particulier, le plan Ecophyto 2018, s?inscrit dans la déclinaison
nationale de la directive 2009-128 instaurant un cadre d?action
communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible
avec le développement durable. Celle-ci prévoit en effet l?adoption
de plans nationaux d?action par les États membres.
Commentaire
En France, les grandes cultures au sens large (en y incluant les cultu-
res fourragères intensives) utilisent environ 75 % des produits phytosani-
taires (en termes de dépenses), la viticulture 15 %, l'arboriculture 5 % et
le maraîchage également 5 %. Par contre, par unité de surface, les utili-
sations les plus importantes sont le fait de la viticulture, de l'arboriculture
et du maraîchage et, en grandes cultures, des pommes de terre.
Alors que la quantité de substances actives achetées est en baisse
régulière sur la période (- 18 %), l?indicateur NODU (nombre de doses
unités) augmente à compter de 2003 et limite ainsi la baisse à 7 % sur
la période étudiée. La réduction des tonnages utilisés s?est apparemment
accompagnée de l?utilisation de substances efficaces à plus faible dose.
Évolution de la consommation de produits
phytosanitaires et de la production végétale
80
85
90
95
100
105
2001 2002 2003 2004 2005
Indice base 100 en 2001 (moyenne 2000 ? 2002)
Production végétale
Nombre de « dose unité »
Quantité de substances actives
Note : Moyenne triennale glissante ; DOM inclus ; usage agricole hors traitement de semences.
Source : SSP, d?après les données fournies au « groupe de travail Indicateurs »
du plan Ecophyto 2018 (NODU et QSA) et Compte national de l?agriculture
(pour l?évaluation « en volume » de la production végétale).
Le nombre de doses unités est l'indicateur retenu pour le suivi de
l'évolution de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques dans
le cadre du plan Ecophyto 2018 issu du Grenelle de l?environnement.
Il consiste à rapporter la quantité de substance active vendue Ã
une « dose unité » spécifique de la substance considérée, dérivée
des doses homologuées des produits contenant cette substance. Cet
indicateur permet de mieux appréhender les évolutions de l'utilisa-
tion des produits phytosanitaires en s'affranchissant des évolutions
liées à la substitution de certaines substances actives par d'autres
substances efficaces à plus faible dosage. Ce suivi est complété par
celui des quantités de substances actives vendues (QSA).
L?indicateur NODU présenté, calculé à partir des données des
ventes de substances actives fournies de l'Union des industries de
la protection des plantes, est provisoire. L'indicateur de référence
sera calculé seulement à partir de 2009 à partir des données de
ventes déclarées par les distributeurs au titre de la redevance
pour pollutions diffuses, en application de la loi sur l'eau du
30 décembre 2006.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
50 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
En savoir plus
Sites Internet
? Le plan Ecophyto 2018 :
http://agriculture.gouv.fr/sections/magazine/focus/
phyto-2018-plan-pour
? Note d'analyse N° 4, février 2009. La réduction des usages
de pesticides : le plan Ecophyto 2018 ? Le rôle des indicateurs
d'utilisation pour évaluer l'atteinte des objectifs.
http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/
prospective-evaluations/publications9108
? Expertise scientifique collective pesticides :
http://www.inra.fr/l_institut/expertise/expertises_realisees/
pesticides_agriculture_et_environnement
? Agreste (la statistique, l'évaluation et la prospective agricole) :
enquête pratiques culturales 2006.
http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/enquetes/
pratiques-culturales/
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
SNB
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Évolution de la qualité physico-chimique
des cours d?eau
La pollution des cours d?eau par les matières organiques et phosphorées, issues des rejets urbains et
industriels, a nettement diminué depuis une dizaine d?années, tandis que celle due aux nitrates, majo-
ritairement d?origine agricole, a plutôt tendance à se stabiliser, voire à augmenter encore localement.
Les indices d?évolution calculés à partir des données de surveillance des agences de l?Eau montrent
ainsi une réelle amélioration sur l?ensemble du territoire des paramètres liés aux rejets ponctuels,
grâce notamment aux traitements plus performants des stations d?épuration. L?évolution des
nitrates, très liée aux conditions météorologiques, est plus contrastée géographiquement. Les polluants
toxiques, ou micropolluants, ne sont pas couverts par cet indicateur.
Contexte
La qualité physico-chimique des cours d?eau est une condition du
maintien de la biodiversité aquatique et figure parmi les priorités
européennes. La directive-cadre sur l?eau (DCE) adoptée en 2000 a pour
objectif la préservation et la restauration des milieux aquatiques.
Elle instaure une obligation de résultat : le bon état des eaux en 2015.
La France présente un réseau hydrographique dense, mais fragilisé par
des pratiques agricoles intensives et réceptacle des rejets domestiques
et industriels. Dès le début des années 70, les cours d?eau ont fait l?objet
d?une surveillance dite « patrimoniale » régulière, sous la responsabilité
des agences de l?Eau.
Les nitrates proviennent principalement de l?utilisation d?engrais
pour l?agriculture ; l?ammonium (ou azote ammoniacal), peu
présent dans les eaux naturelles, est un indicateur de performance
des stations d?épuration ; les orthophosphates interviennent avec
les nitrates dans les processus d?eutrophisation. Le quatrième
paramètre est la demande biochimique en oxygène (DBO) des
matières organiques contenues dans l?eau.
Les 4 paramètres retenus sont emblématiques de l?état physico-
chimique des cours d?eau, mais ils ne sont pas suffisants pour caracté-
riser, à eux seuls, l?état écologique des eaux. Il dépend également de
la présence de micropolluants (pesticides, métaux, hydrocarbures?),
du régime hydrique ou de l?état physique du cours d?eau (présence
de barrages?).
0
10
20
30
40
50
60
70
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90
100
110
120
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
0
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120
180
240
300
360
420
480
540
600
660
720
Précipitations Nitrates Orthophosphates Ammonium DBO Indice
Indice base 100 en 1998 Volume des précipitations (en millards de m3)
Évolution de la pollution des cours d?eau par les macro-polluants
Source : SOeS, d?après agences de l?Eau, Météo-France, MEEDDM.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
52 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Commentaire
La demande biochimique en oxygène, indicateur de la quantité de
matières organiques biodégradables présentes dans l?eau, est en baisse
régulière depuis 1998 (- 30 %), résultat de meilleures performances obte-
nues par les stations d?épuration. L?ammonium, autre paramètre carac-
téristique de l?efficacité des traitements épuratoires, présente lui aussi
une tendance en baisse mais plus influencée par la faible pluviométrie
des années 2003 et 2005, qui a entraîné une mauvaise dilution. De
même, les orthophosphates diminuent, de près de 40 % sur la période,
sous l?effet conjugué d?une réduction sensible des apports agricoles et
d?une amélioration de la performance des stations urbaines. La tendance
est moins marquée sur les nitrates, où l?indice indique plutôt une stabi-
lité, voire une légère tendance en hausse.
Les évolutions des nitrates sont contrastées suivant les bassins. On
observe une dégradation dans les bassins où les teneurs en nitrates
étaient les plus faibles. Au contraire, la situation tend à s?améliorer là où
les concentrations étaient parmi les plus élevées : c?est le cas des bassins
fortement agricoles dans l?Ouest, où l?utilisation d?intrants azotés a dimi-
nué. Les bassins de la Seine et la Somme font exception : les teneurs,
élevées, gardent une tendance à la hausse. Les conditions météorologi-
ques jouent également un rôle, les années sèches étant à l?origine de
surplus azotés lessivés les années suivantes.
Malgré ces évolutions globalement assez favorables, les efforts sont Ã
poursuivre pour respecter les objectifs de bon état des eaux assignés par
la DCE.
Les indices d?évolution de la qualité physico-chimique utilisent
les données de surveillance des cours d?eau des agences de l?Eau
sur la période 1998-2007. La disponibilité très incomplète des don-
nées outre-mer a conduit à restreindre ici l?étude à la France
métropolitaine.
L?indice se basant sur des moyennes annuelles de concentration,
seules les stations disponibles au minimum deux années de suite
et présentant plus de 4 analyses dans l?année, dont au moins 1 par
trimestre ont été sélectionnées. L?indice est calculé par paramètre
et par bassin versant selon les étapes suivantes :
- calcul de la concentration moyenne annuelle sur le bassin ;
- calcul de l?indice élémentaire d?évolution à partir des concen-
trations moyennes annuelles des bassins et en utilisant un indice
de type chaîné. La base 100 se situe en 1998.
Les agrégations, nationales ou typologiques, ont été menées Ã
partir des concentrations des bassins, pondérées par leur surface,
présentant des séries complètes de données sur la période. Certains
bassins du Sud-Est ont par conséquent été écartés. L?agrégation
nationale couvre ainsi 93 % du territoire.
Méthodologie
Évolution des nitrates sur la période 1998 ? 2007
Évolution des nitrates par bassin
En baisse
Relativement stable
En hausse
Tendance extraite sur une série
de données incomplètes
Concentration en nitrates
par bassin en 2007
35,2 mg/L
14,1 mg/L
Source : agences de l'Eau, MEEDDM, traitement SOeS, 2009.
En savoir plus
CGDD-SOeS, 2009. « Méthodologie de l'indice d'évolution de
la qualité physico-chimique des cours d'eau » (Document
technique). Orléans : SOeS. 17 p.
Sites Internet
? http://www.ifen.fr, rubrique « Eau »
? Portail de l'eau :
http://www.eaufrance.fr
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
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Contexte
La production mondiale de poissons, mollusques et crustacés est de
150 millions de tonnes en 2006 (FAO), issues pour deux tiers de la pêche
et d?un tiers de l?aquaculture. Elle a fortement augmenté ces dernières
décennies du fait de la croissance de la population mondiale et de
l?augmentation de la consommation moyenne par personne de produits
de la mer. Près de 80 % des stocks mondiaux de poissons sont
pleinement exploités ou surexploités (FAO, 2006) alors que la ressource
a longtemps été estimée inépuisable.
Les eaux de l?Atlantique du Nord-Est, représentant les trois quarts des
captures françaises (73 %), n?y échappent pas. Les captures françaises y
ont diminué de plus de 30 % depuis les années 70, en passant de
700 000 tonnes en 1968 Ã 400 000 tonnes en 2008. La surexploitation
des ressources halieutiques constitue une préoccupation importante.
Elle entraîne une diminution de la diversité de la faune et de la flore
marines et le déclin économique des pêcheries concernées.
Évolution des stocks des espèces pêchées
en Atlantique du Nord-Est
Les stocks de poissons, mollusques et crustacés diminuent au niveau mondial du fait de la surpêche.
La situation dans l?Atlantique du Nord-Est où les bateaux français effectuent les trois quarts de leurs
captures diffère suivant les types d?espèces. En 2006, elle est plutôt bonne pour les espèces pélagiques
mais nettement moins pour les espèces vivant sur les fonds marins ou à proximité. En Manche Ouest et
dans le golfe de Gascogne, 20 % des stocks étudiés sont dans une situation critique.
Commentaire
En Atlantique du Nord-Est, la situation est assez bonne pour les
espèces pélagiques (espèces vivant dans la colonne d?eau comme les
maquereaux ou les harengs) : en 2006, seulement 13 % de leurs stocks1
ont une biomasse inférieure à la limite biologique de sécurité.
La situation est plus critique pour les espèces benthiques (poissons plats,
crustacés et coquillages). Après une amélioration entre 2000 et 2004,
la part des stocks sous le seuil de précaution augmente de nouveau pour
atteindre 42 % en 2006. La situation est sensiblement la même pour
les espèces démersales (vivant près du fond), à forte valeur commerciale,
comme le cabillaud et l?églefin. Plus d?un stock sur deux est en dehors
des limites biologiques de sécurité depuis plusieurs années.
? Un stock est la partie exploitable de la population d?une espèce dans une
zone maritime donnée.
0
10
20
30
40
50
60
70
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
En %
Démersales
Pélagiques
Bentiques
Types d'espèces
Évolution récente des prises de poissons sur les stocks
en dehors des limites biologiques de sécurité
en Atlantique du Nord-EstLocalisation des zones étudiées
Source : Eurostat, 2009. Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).Source : FAO, 2008.
Manche Ouest
Golfe de Gascogne
Atlantique du Nord-Est
dont :
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
54 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Selon l?Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
(Ifremer), dans le golfe de Gascogne, en 2005, 22 % des captures
proviennent de stocks en bon état, 62 % de stocks en situation
intermédiaire, 16 % de stocks en situation critique. En Manche Ouest,
ces valeurs sont respectivement de 18 %, 79 % et 3 %. Au total
(En Manche Ouest et golfe de Gascogne), pour les 53 stocks évalués, envi-
ron 20 % sont en bon état et 20 % sont dans un état critique
(daurade rose, sole, plie, maquereau, empereur?). Les autres sont dans
une situation intermédiaire avec une biomasse faible (anchois, merlu,
langoustine?) ou un taux d?exploitation trop élevé (cardine).
Part des captures en fonction de l'état
des stocks halieutiques
Dans le golfe de Gascogne
État critique
16 %Situation
intermédiaire
62 %
Bon état
22 %
En Manche Ouest
Bon état
18 %
État critique
3 %
Situation
intermédiaire
79 %
Source : Ifremer, 2005. Traitements : SOeS.
L?Union européenne s?est dotée d?une politique commune de la
pêche (PCP) dès janvier 1983. Des totaux admissibles de capture
(TAC) sont définis annuellement. Ils fixent les quantités de poissons
capturables par zone de pêche. Ces TAC, décidés par les ministres
européens des pêches, sont partagés en quotas nationaux. Ils sont
basés sur les travaux scientifiques mis en oeuvre sous l?égide du
Conseil international pour l?exploration de la mer (Ciem) et sont discutés
préalablement par différentes instances. D?autres mesures techniques
sont mises en oeuvre : amélioration de la sélectivité des engins
de pêche, fermeture de saisons et/ou de zones de pêche.
En 2009, 35 espèces ont fait l?objet de quotas, 22 benthiques et
démersales (cabillaud, langoustine, sole?), 9 pélagiques (anchois,
maquereau, thon rouge?) et 4 espèces profondes comme le grenadier
de roche ou la lingue bleue. Par ailleurs, plusieurs espèces font
l?objet de tailles minimales de capture. Elles étaient 18 en 2008.
L?indicateur d?Eurostat prend en compte les stocks de poissons en
dehors des limites biologiques de sécurité (LBS) à l?intérieur des
eaux européennes. D'une façon générale, on considère qu'un stock
est dans les limites biologiques de sécurité si sa biomasse est
inférieure à la valeur correspondant à un principe de précaution
préconisé par le Ciem, quand sa taille ne garantit pas pleinement
sa survie. Sont pris en compte les stocks pour lesquels le Ciem a
proposé des principes de gestion à la communauté.
Concernant les travaux de l?Ifremer, l?état des stocks halieutiques
est évalué au regard de deux variables, que l?on compare à des
seuils dits « de précaution » :
- la biomasse des reproducteurs : quand la population de reproduc-
teurs chute en dessous d?un certain seuil, dit « biomasse de pré-
caution », caractéristique de chaque stock, les risques de réduction
des capacités reproductrices du stock deviennent très élevés ;
- la pression de pêche subie par les ressources halieutiques :
au-delà d?un certain seuil de mortalité par pêche, les risques de
voir chuter l?abondance des reproducteurs en dessous de la
biomasse de précaution deviennent très élevés.
L?état des stocks est ainsi qualifié de « bon état » s?il respecte
ces deux seuils de précaution, d'« état critique » dans le cas
contraire ou de « situation intermédiaire » s?il ne respecte que
l?un des deux seuils.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) :
http://www.ices.dk
? Ifremer :
http://www.ifremer.fr
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
55Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Depuis que les échanges commerciaux existent, ceux-ci ont
emmenés avec eux des centaines d?espèces hors de leur aire
géographique d?origine. De nombreuses espèces végétales et animales
ont ainsi été disséminées sur la planète et introduites dans de
nouveaux milieux. Parmi elles, certaines s?adaptent aux conditions
locales, s?installent dans le milieu hôte et s?étendent. Elles correspondent
alors à des espèces naturalisées. Une espèce est considérée comme
envahissante quand elle entre en concurrence avec les espèces
indigènes et produit des changements significatifs dans le fonctionnement
des écosystèmes dans lesquelles elle s?est installée. Les espèces
indigènes rares ou protégées peuvent alors se trouver menacées
de disparition.
Commentaire
Les espèces non indigènes et invasives représentent une menace
importante pour l?équilibre écologique des milieux naturels. D?après
l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), c?est
la deuxième cause de régression et d?extinction d?espèces dans le
monde après la destruction de leur habitat. Elles peuvent provoquer
des maladies, bouleverser les écosystèmes et les appauvrir, perturber
durablement les paysages et limiter les productions agricoles et
conchylicoles ainsi que la pêche. Parmi ces espèces exotiques,
certaines sont connues par le grand public : le ragondin, la tortue de
Floride, les écrevisses américaines ou encore la caulerpe, Caulerpa
taxifollia, surnommée l?algue tueuse en Méditerranée.
Espèces introduites et envahissantes
en France métropolitaine
Les échanges commerciaux ont entrainé, depuis qu'ils existent, une dissémination de
nombreuses espèces végétales et animales. Certaines d'entre elles sont invasives, ce qui est
la deuxième cause de régression et d?extinction d?espèces dans le monde après la destruction de leur
habitat d?après l?Union internationale pour la conservation de la nature. L?étude et le suivi de ces espèces
sont devenus essentiels. Ainsi la base de données DAISIE recense les espèces introduites en Europe. 1 919
espèces continentales (aquatiques ou terrestres) ont été introduites en Europe, dont deux tiers de plantes.
Dans le milieu marin, 113 espèces introduites sont présentes sur les façades Manche - mer du Nord et
Atlantique et 83 en Méditerranée. Ce sont surtout des crustacés et des mollusques dans le premier cas et des
algues rouges dans le second. Parmi les espèces introduites, environ 5 % sont considérées comme envahissantes
pour le milieu continental, comme pour le milieu marin.
Les espèces introduites et invasives sur le continent
D?après la base de données DAISIE (Delivering Alien Invasive
Species Inventories for Europe), la France métropolitaine compterait
1 919 espèces continentales introduites sur son sol (dont 99 % d?espèces
terrestres). Les deux tiers des espèces introduites sont des végétaux,
près d?un tiers sont des animaux. D?après l?Inventaire national du
patrimoine naturel (INPN), 111 espèces sont considérées comme
invasives ou envahissantes, soit 5 % des espèces terrestres introduites.
66 % des espèces invasives appartiennent aussi au règne végétal,
19 % sont des vertébrés et 15 % sont des invertébrés. Si les plantes
représentent la majorité des espèces introduites et envahissantes,
il est intéressant de remarquer que les vertébrés introduits semblent
avoir un risque élevé de devenir envahissants (15 % des espèces
envahissantes pour seulement 3,5 % des espèces introduites).
La majorité de ces espèces ont été introduites de manière
involontaire par le développement des échanges commerciaux et les
déplacements de plus en plus importants. Cependant, l?introduction
s?est aussi faite par les cultures et les élevages, comme le vison
d?Amérique ou le ragondin introduits en Europe au XIXe siècle. Mais ce
fut aussi le cas pour des espèces qui ont été importées pour des
raisons ornementales, l?aménagement de bassins extérieurs ou
l?aquariophilie. C?est par exemple le cas des Jussies (Ludwiga peploides
et Ludwigia grandiflora), dont la prolifération provoque d?importantes
nuisances dans les plans d?eau et les zones humides. Elles gênent
l?écoulement des cours d?eau et entraînent une accélération du
comblement du milieu, la sédimentation étant augmentée par ces
herbiers. Le comblement est aussi accentué par l?accumulation de la
litière issue de la dégradation de cette importante biomasse.
Ces herbiers peuvent aussi avoir de forts impacts sur la qualité
physico-chimique des eaux, en particulier sur la teneur en oxygène
dissous et sur le pH. Le pH est nettement plus faible en présence de
la plante et la très faible teneur en oxygène des eaux permet
seulement la survie des espèces les plus résistantes. Les nuisances
vis-à -vis des usages des plans d?eau sont aussi très importantes pour
la pêche ou la navigation.
La base de données DAISIE recense les espèces introduites en
Europe. Elle s?appuie pour cela sur un réseau d?expert réparti sur
le continent et permet la mise à disposition sur Internet des
données disponibles sur les diverses espèces introduites
en Europe.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
56 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Nombre d?espèces continentales introduites
en France métropolitaine
Note : les espèces terrestres représentent 99 % des espèces continentales introduites
(1 899 espèces) contre 1 % pour les espèces aquatiques continentales (20 espèces).
Source : DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), décembre 2009.
Nombre d?espèces envahissantes continentales
présentes en France métropolitaine
Source : MNHN ? INPN, janvier 2010.
Les espèces introduites et invasives
dans le milieu marin
Les eaux métropolitaines compteraient 113 espèces introduites sur
les façades Manche - mer du Nord et Atlantique et 83 en Méditerranée.
Ce sont surtout des crustacés (23 %) et des mollusques (21 %) dans
le premier cas et des algues rouges (39 %) dans le second. Des espèces
étant communes aux deux milieux, il y a au final 179 espèces
introduites dans le milieu marin métropolitain. Parmi elles, 9 sont
Espèces marines introduites
dans les eaux métropolitaines
73
29
30
50
10
4
0
20
40
60
80
100
120
Atlantique - Manche - mer du Nord Méditerranée
Régne animal (mollusques, crustacés, cnidaires?)
Règne végétal (algues vertes, algues rouges?)
Protistes (chromistes, dinoflagellés?)
Source : DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), décembre 2009.
considérées comme envahissantes soit près de 5 %, comme pour le
milieu terrestre. Il s?agit de crustacés, de mollusques et de plantes.
L?introduction se fait principalement par le biais de l?aquaculture ou
par les transports maritimes (cargaisons et eaux de ballast). Certaines
espèces peuvent aussi être introduites dans le milieu naturel par la
vidange d?aquariums comme la caulerpe (Caulerpa taxifollia).
Espèces marines envahissantes
dans les eaux métropolitaines
Source : MNHN ? INPN, janvier 2010.
1 242
39
569
68
0
500
1 000
1 500
2 000
Végétaux Champignons Invertébrés Vertébrés
74
16
21
0
20
40
60
80
100
120
Plantes Invertébrés Vertébrés
2
4
3
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Plantes
Crustacés
Mollusques
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57Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Parmi ces espèces, la crépidule est un exemple concret de
prolifération. Ce gastéropode d?Amérique du Nord a été introduit
accidentellement en plusieurs phases en Europe avec des importations
d?huîtres. Elle peut provoquer une forte banalisation des fonds marins
qu?elle colonise. Elle peut, par ailleurs, limiter les possibilités de pêche
à la drague et impliquer des coûts importants de nettoyage des
huitres qu?elles colonisent comme à Cancale.
Distribution de Crepidula fornicata (crépidule)
Source : d?après © D. Minchin, 2008 in DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories
for Europe), en ligne.
Les espèces introduites en outre-mer
La situation est aussi très préoccupante dans les collectivités
d?outre-mer où 42 espèces de vertébrés exotiques et près de
300 espèces végétales représentent une menace potentielle pour les
écosystèmes ultramarins. 49 espèces figurant sur la liste établie par
l?UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde sont
présentes dans les collectivités françaises d?outre-mer. Globalement,
l?absence d?animaux brouteurs sur ces territoires isolés a rendu les
espèces végétales très fragiles face à l?implantation des bovins,
chèvres ou cerfs. De même, l?absence de prédateurs a rendu les espèces
animales très vulnérables face à l?introduction des rats, des chats ou
des chiens. En effet, l'absence de pressions exercées par les prédateurs
ne permet pas aux plantes et aux animaux de développer des méca-
nismes de défense.
En savoir plus
? Muller S. et al., 2004. Plantes invasives de France. Paris :
Muséum national d'histoire naturelle, 168 p. (Coll. Patri-
moine naturel n° 62).
Sites Internet
? Base de données DAISIE :
http://www.europe-aliens.org/index.jsp
? Inventaire national du patrimoine naturel :
http://inpn.mnhn.fr/isb/index.jsp
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
58 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
59Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Réponses
60 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
61Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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Évolution des surfaces
d?espaces naturels protégés
Sur la période 1998-2008, les espaces naturels protégés progressent en nombre et en surface.
La hausse des surfaces protégées par voie réglementaire est importante en outre-mer mais moins
marquée en métropole où elle est principalement due à la création de réserves naturelles. En 2008,
ces aires sous protection réglementaire ont une superficie terrestre et marine de 7 950 km² en
métropole et de 43 390 km² en outre-mer. Leurs parties terrestres couvrent 1,26 % du territoire
métropolitain et 28,5 % des collectivités ultramarines. Parallèlement, le succès des parcs naturels
régionaux explique, en métropole, la progression des surfaces sous protection contractuelle. La part terrestre
des aires sous protection contractuelle et engagements internationaux, qui sont généralement de grands
espaces, représente 15,3 % de la métropole en 2008. Le réseau Natura 2000, après un début difficile, couvre
quant à lui aujourd?hui 12,5 % du territoire métropolitain.
Contexte
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de
la faune reposent sur une gamme d?outils variés quant à leurs objectifs
et leurs modalités de mise en oeuvre. Ces différentes approches
complémentaires visent à apporter une réponse la plus adaptée
possible à la diversité des enjeux et des problématiques rencontrées
sur le terrain.
Quatre grandes catégories d?outils de protection des espaces naturels
peuvent ainsi être distinguées :
- la voie réglementaire (coeur de parc national, réserves naturelles,
arrêté préfectoral de protection de biotope, réserve biologique
domaniale ou forestière et réserve nationale de chasse et de faune
sauvage), en interdisant ou limitant par décret, arrêté ou délibération
du conseil régional les activités humaines dans ces espaces ;
- la voie contractuelle (aire d?adhésion de parc national, parc naturel
régional (PNR) et parc naturel marin), en associant préservation du
patrimoine naturel et développement local dans le cadre d?une
démarche concertée entre les différents usagers d?un territoire
(charte) ; on y associe généralement les engagements internationaux
pris par la France (convention de Ramsar et programme « L?Homme
et la Biosphère » de l?Unesco, dont les démarches sont similaires) ;
- la mise en oeuvre du réseau Natura 2000 en application des direc-
tives européennes « Habitats, Faune, Flore » et « Oiseaux », avec la
création de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de
protection spéciales (ZPS) ; une fois les sites désignés par l?État en
concertation avec les acteurs locaux, la voie contractuelle a été
choisie par la France pour la mise en oeuvre des mesures de gestion
au sein de chaque site ;
- la maîtrise foncière, via l?acquisition de terrains par le Conservatoire
du littoral et les Conservatoires d?espaces naturels, avec le double
objectif de les soustraire aux pressions foncières et d?y mettre en
place des mesures de gestion favorables au maintien de la
biodiversité.
Dans le cadre de la mise en oeuvre du Grenelle de l?environnement,
une stratégie française de création d?aires protégées, s?appuyant sur
ces différents outils, est en cours d?élaboration.
Cette fiche présente l?évolution des trois premières catégories sur la
période 1998-2008.
Commentaire
En dix ans, les aires protégées par voie réglementaire en métropole
ont vu leur nombre progresser de 32 % (1 143 sites en 2008), et leurs
surfaces de 20 % (7 950 km² en 2008). Les évolutions sont encore plus
marquées en outre-mer avec un doublement du nombre de sites
(55 sites en 2008) et un très fort accroissement des surfaces ainsi
protégées grâce à la création, d?une part, de la réserve naturelle
nationale des Terres australes françaises (avec une importante partie
marine) et, d?autre part, de deux parcs nationaux (dont le parc
amazonien de Guyane).
Sur la même période, le nombre d?aires protégées par voie contrac-
tuelle et engagements internationaux a progressé d?un tiers en
métropole (78 sites en 2008), soit un accroissement de 24 % en
termes de surface, et de 50 % en outre-mer (9 sites en 2008).
L?engouement des collectivités locales pour les PNR explique en grande
partie cette dynamique. Avec la création du premier parc naturel marin
en mer d?Iroise en octobre 2007, un nouveau type de parc a également
vu le jour.
La mise en place du réseau Natura 2000 a véritablement débuté au
début des années 2000. Si en 2003 la majeure partie (90 %) des sites
d?intérêt communautaire (SIC, future ZSC) était installée, ce n?est qu?en
2005-2006 que les ZPS progressent significativement. En juin 2008,
l?essentiel de la partie terrestre du réseau Natura 2000 est constitué.
Un même territoire pouvant à la fois être concerné par une ZSC et une
ZPS, le total de la surface terrestre des sites français couvre, sans
doubles comptes, 68 500 km².
SNB
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
62 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Évolution des surfaces terrestres et marines des aires protégées
en France entre 1998 et 2008
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Réseau Natura 2000
1998 2003 2008 1998 2003 2008
Métropole Outre-mer
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
80 000
90 000
100 000
1998 2003 2008 1998 2003 2008
Métropole Outre-mer
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
2003 2008 2003 2008 2003 2008
Sites d'Intérêt
communautaire (SIC) /
Zones spéciales de
conservation (ZSC)
Zones de protection
spéciales (ZPS)
Natura 2000
(sans doubles comptes)
Terre Mer
Terre Mer
Terre Mer
En km2
En km2
En km2
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur
propre droit de l?environnement. Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Les valeurs pour chaque année sont celles au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008).
De nombreux sites Natura 2000 en mer ont été désignés en 2009 portant les surfaces marines
à environ 40 000 km².
Source : MNHN, bases « espaces protégés » et Natura 2000 ? RNF ? FPNR.
Traitements : SOeS, 2009.
En 2008, les parties terrestres des aires métropolitaines protégées
réglementairement couvrent 1,26 % du territoire, soit une hausse de
7 % par rapport à la valeur de 1998 (1,17 %). Outre-mer, elles couvrent
28,5 % du territoire des collectivités concernées alors qu?elles n?en
couvraient qu?Ã peine 6 % en 1998.
Les protections contractuelles couvrent en 2008 15,3 % du territoire
métropolitain contre 12,8 % dix ans auparavant, soit une hausse de
près de 20 %. Cette hausse est encore plus marquée en outre-mer où
ce taux est passé, sur la même période, de 4,7 % à 20,7 %.
En juin 2008, les surfaces terrestres du réseau Natura 2000
représentent 8,4 % (SIC/ZSC) et 7,8 % (ZPS) du territoire métropolitain,
positionnant la France aux 23e et 19e rangs des États membres
européens. Sans doubles comptes, le réseau Natura 2000 couvre Ã
cette date 12,5 % de la métropole alors qu?il n?en couvrait qu?à peine
7 % cinq ans plus tôt.
Évolution de la part des surfaces terrestres des aires protégées
par rapport aux territoires métropolitain et ultramarins
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur
propre droit de l?environnement. Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Les valeurs pour chaque année sont celles au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008).
Source : MNHN, bases « espaces protégés » et Natura 2000 ? RNF ? FPNR.
Traitements : SOeS, 2009.
0
4
8
12
16
20
24
28
1998 2003 2008
Protections réglementaires (métropole)
Protections réglementaires (outre-mer)
Protections contractuelles et engagements
internationaux (métropole)
Protections contractuelles et engagements
internationaux (outre-mer)
Natura 2000
En %
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En 2008, les surfaces d?espaces naturels protégés réglementairement
ne représentent que 4,3 % de l?ensemble des surfaces protégées en
métropole. Natura 2000 et les PNR sont les types de protection
dominants en métropole (environ 40 % des surfaces chacun).
La situation est inversée outre-mer, ce qui s?explique en partie par le
fait que Natura 2000 y est sans objet, mais aussi par la très grande
taille de la réserve naturelle des Terres australes françaises et du parc
amazonien de Guyane.
Les données utilisées sont issues de la base « espaces
protégés » (sauf réserves naturelles régionales) et de la base
« Natura 2000 », toutes deux gérées par le Muséum national
d?histoire naturelle pour le compte du ministère en charge de
l?Écologie.
La présente fiche se base sur le dernier jeu de données complet
disponible pour l?ensemble des outils de protection (situation au
1er janvier 2008). Concernant les réserves naturelles régionales,
les données utilisées proviennent d?une synthèse imparfaite
effectuée par Réserves naturelles de France et le SOeS.
Des données plus récentes (2009) sont partiellement disponibles
pour certains types d?espaces, notamment Natura 2000.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la
Méthodologie
En savoir plus
? Visualisation cartographique des aires protégées et accès aux
statistiques correspondantes via l?outil Géoïdd :
http://www.ifen.fr
Répartition des surfaces selon les différents types d?aires protégées en France en 2008
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur propre droit de l?environnement.
La situation est celle au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008). Les surfaces considérées sont les surfaces totales (terre + mer) des aires protégées. Certaines surfaces peuvent être couvertes par plusieurs
outils de protection (doubles comptes). Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Source : MNHN, base « espaces protégés » ? RNF ? FPNR. Traitements : SOeS, 2009.
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Métropole
Outre-mer
Coeurs de parcs nationaux
Réserves naturelles (RNN, RNC, RNR)
Autres protections réglementaires (APPB, RBDF, RNCFS)
Natura 2000
Parcs naturels régionaux (PNR) et Parcs naturels marins
Aires d'adhésion de parcs nationaux
Engagements internationaux (sites Ramsar et Réserves de biosphère)
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
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Contexte
Face à la dégradation et la destruction des habitats naturels et aux
pressions qui s?exercent sur les espèces, l?Union européenne s?est dotée
d?un réseau d?espaces naturels baptisé Natura 2000. Créé en vertu de la
directive « Habitats, Faune, Flore » (1992), ce réseau est composé de
zones spéciales de conservation (ZSC) et inclut des zones de protection
spéciale (ZPS) désignées au titre de la directive « Oiseaux » (1979 et
2009). Ces deux types de sites peuvent être chevauchants. Ils visent Ã
assurer la survie à long terme des espèces et habitats parmi les plus
menacés d?Europe (habitats et espèces dits d?intérêt communautaire,
figurant en annexes des deux directives citées).
Tandis que l?outre-mer n?est pas concerné, la métropole a une
grande responsabilité dans la construction de ce réseau européen du
fait de la richesse de son territoire en habitats et espèces d?intérêt
communautaire. L?État français a choisi la concertation avec les acteurs
locaux et la voie contractuelle pour sa mise en oeuvre.
Parallèlement au déploiement du réseau Natura 2000, la France
continue de développer son réseau d?aires protégées par voies régle-
mentaire (réserves naturelles?) et contractuelle (parcs naturels
régionaux, sites Ramsar?) ainsi que par maîtrise foncière (sites du
Conservatoire du littoral?). Cette fiche traite du recouvrement entre le
réseau Natura 2000 et ces différents outils de protection des espaces
naturels.
Commentaire
Après une mise en route difficile à la fin des années 1990, l?essentiel
de la partie terrestre du réseau Natura 2000 français est constitué
mi-2008. Si quelques ajustements mineurs ont eu lieu depuis, les
efforts ont surtout porté sur le volet marin. Ainsi, en juillet 2009, le
réseau compte 1 746 sites couvrant une superficie totale de plus de
108 260 km², dont environ 37 % en mer.
En juillet 2009, un quart de l?ensemble des surfaces du réseau
Natura 2000 (terre et mer) est également concerné par au moins un
autre outil de protection d?espaces naturels. 7 % des surfaces du réseau
sont couvertes par au moins un outil de nature réglementaire et 20 %
par un outil de type contractuel ou un engagement international.
On note peu de différences entre les deux types de sites Natura 2000 ;
les ZSC sont un peu plus couvertes par des aires protégées par voie
contractuelle (23 %) que les ZPS (19 %).
Recouvrement du réseau Natura 2000
par d?autres espaces protégés
En juillet 2009, le réseau Natura 2000 compte 1 746 sites couvrant plus de 108 260 km² dont
environ 37 % en mer. Un quart de l?ensemble de ces surfaces est concerné par au moins un autre
type de protection. Le recouvrement de Natura 2000 avec les parcs naturels régionaux est assez
faible au regard de l?étendue de ces deux réseaux. Si les sites Natura 2000 sont peu couverts par
les aires protégées réglementairement parce qu?elles ne représentent que 1,26 % du territoire
métropolitain, celles-ci sont néanmoins inscrites en quasi-totalité dans le réseau Natura 2000, de même
que les sites sous maîtrise foncière du Conservatoire du littoral.
Surfaces des sites Natura 2000 également couvertes
par une protection réglementaire ou contractuelle
0 % 5 % 10 % 15 % 20 % 25 %
SIC/ZSC
ZPS
Natura 2000
(tous sites
confondus)
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Note : SIC = Sites d?importance communautaire, appellation des ZSC avant transcription des sites dans
le droit national.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN :
parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, PNR, parcs naturels marins, sites Ramsar,
réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, sites du CdL, 2009 ? FCEN, 2009 (sites des CEN) ?
RNF-SOeS, 2008 (RNR). Traitements : SOeS, 2010.
Alors que les parcs naturels régionaux (PNR) et le réseau Natura
2000 sont deux types d?aires protégées largement déployés en
métropole (12,5 % chacun du territoire), leur recouvrement n?est pas
aussi important qu?il pourrait y paraître puisqu?à peine 20 % des
surfaces terrestres Natura 2000 sont également couvertes par un PNR.
En tenant compte des surfaces en mer, 13,5 % du réseau est
chevauchant avec les outils PNR et parc naturel marin. Inversement,
19 % de la superficie des PNR et 38 % du seul parc naturel marin
métropolitain sont concernés par Natura 2000.
Si les sites Natura 2000 sont peu couverts par les aires protégées
réglementairement parce qu?elles ne représentent que 1,26 %
du territoire métropolitain, celles-ci sont néanmoins incluses en quasi-
totalité dans le réseau Natura 2000 (au moins 70 %, voire plus de 90 %
des surfaces en réserves naturelles ou en coeur de parc national).
La situation est similaire pour les sites sous maîtrise foncière du
Conservatoire du littoral (moins de 1 % du réseau Natura 2000 mais
84 % des surfaces des sites du Conservatoire).
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
66 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Taux de recouvrement des surfaces du réseau Natura 2000 par celles des différents types d?aires protégées
0 % 1 % 2 % 3 % 4 % 5 % 6 % 7 % 8 % 9 % 10 % 11 % 12 % 13 % 14 %
Parc national (coeur)
Parc national (aire d'adhésion)
Réserves naturelles (RNN+RNC+RNR)
Arrêté préfectoral de protection de biotope
Réserve biologique domaniale ou forestière (intégrale + dirigée)
Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
Parcs naturels régional et marin
Zone humide Ramsar
Réserve de biosphère (toutes zones)
Site du Conservatoire du littoral
Site des Conservatoires d'espaces naturels (acquisition + gestion)
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Maîtrise foncière
Note de lecture : 3,2 % des surfaces Natura 2000 sont couvertes également par un coeur de parc national.
Note : Les données disponibles ne permettent pas de distinguer les surfaces acquises des surfaces gérées
pour les sites des conservatoires d?espaces naturels. Pour ces derniers, les données sont incomplètes
en ÃŽle-de-France et en Champagne-Ardenne.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés »,
MNHN : parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, PNR, parcs naturels marins, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ;
RBDF, RNCFS, sites du CdL, 2009 ? FCEN, 2009 (sites des CEN) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR). Traitements : SOeS, 2010.
Les données utilisées sont issues de la base « espaces protégés »
(sauf réserves naturelles régionales et sites des Conservatoires
d'espaces naturels) et de la base « Natura 2000 », toutes deux
gérées par le Muséum national d?histoire naturelle pour le compte
du ministère en charge de l?Écologie. Concernant les réserves
naturelles régionales, les données utilisées proviennent d?une
synthèse imparfaite effectuée par Réserves naturelles de France
et le SOeS.
La présente fiche se base sur les dernières données disponibles
pour les différentes aires protégées, à l?exception de Natura 2000
dont la date de référence est juillet 2009. Depuis cette date,
quelques ajustements de périmètre de certains sites ont été
opérés et 6 sites ont été créés (dont une ZPS englobant 3 ZPS par
ailleurs supprimées), ce qui représente in fine une hausse nette
des surfaces de 1 160 km² (soit un accroissement de 1 %).
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93.
Méthodologie En savoir plus
? Visualisation cartographique des sites Natura 2000 et des
aires protégées via l?outil Géoïdd :
http://www.ifen.fr
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
67Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les zones humides se créent la plupart du temps à l?interface des
systèmes terrestre et aquatique. Elles constituent notamment des
espaces d?accueil pour de multiples populations d?oiseaux d?eau, hiver-
nants, nicheurs ou migrateurs : anatidés, grands et petits échassiers,
limicoles ou encore rallidés. Ce sont également des sites favorables au
développement des odonates ou des amphibiens. Marais salants et
prés salés sur le littoral, tourbières en montagne, prairies humides dans
les fonds de vallées, ripisylves le long des cours d?eau? sont autant
de milieux humides différents, riches d?une biodiversité remarquable.
La présence de nombreuses espèces faunistiques et floristiques, rares
ou menacées, ainsi que leurs habitats, justifient la mise en oeuvre privi-
légiée de mesures de protection et de gestion. Le seul outil consacré
spécifiquement aux zones humides est la convention internationale
Protection de 152 zones humides
En 2009, près de 70 % de la superficie d?un échantillon national de 152 zones humides est
concernée par au moins une mesure de protection ou de gestion, de nature réglementaire,
foncière ou contractuelle. Les taux de protection les plus élevés sont observés sur les sites littoraux.
La mise en oeuvre de Natura 2000 a largement contribué au développement des aires protégées
ces dernières années et 60 % de la superficie des sites est inclus dans ce réseau européen.
de Ramsar, les autres outils qui s?exercent sont liés à la protection de
la nature en général. Leur mise en oeuvre est une réponse aux
pressions réelles ou potentielles susceptibles de s?exercer sur les
espaces naturels, et notamment celles dues aux activités humaines
(urbanisation, infrastructures?).
Commentaire
En 2009, près de 70 % de la superficie des zones humides de
l?échantillon étudié est concernée par au moins une mesure de
protection ou de gestion. Toutefois, le réseau des aires protégées est
proportionnellement moins important dans les vallées alluviales que
sur le littoral atlantique et méditerranéen. Le réseau Natura 2000 est
très présent dans tous les types de zones humides.
Répartition en 2009 des mesures de protection ou de gestion par type de zone humide
Protections nationales réglementaires (RNN1, RNC2, RNR3, APPB4, RBDF5, RNCFS6, PN coeur7)
Maîtrise foncière (CdL8)
Gestion contractuelle (PNR9, PNM10, PN aire adhésion)
Natura 2000 (SIC11/ZSC12, ZPS13)
Engagements internationaux (Ramsar14, réserves de biosphère)
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
Littoral atlantique, Manche
et mer du Nord
Littoral méditerranéen Vallées alluviales Plaines intérieures Ensemble des
152 zones humides
En % des surfaces
Source : SOeS (périmètres des sites, octobre 2004) ? MNHN, bases « espaces protégés » (APPB, RNN, RNC, PNR, PN, PNM, Ramsar,
réserves de biosphère, 01/01/2008 ; RBDF, RNCFS, CdL, 01/01/2009) et Natura 2000 (07/2009) ? RNF-SOeS (RNR, 01/01/2008). Traitements : SOeS, 2010.
1 RNN : Réserve naturelle nationale
2 RNC : Réserve naturelle de Corse
3 RNR : Réserve naturelle régionale
4 APPB : Arrêté préfectoral de protection de biotope
5 RBDF : Réserve biologique domaniale ou forestière
6 RNCFS : Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
7 PN : Parc national - coeur et aire d?adhésion
8 CdL : Terrains du Conservatoire du littoral
9 PNR : Parc naturel régional
10 PNM : Parc naturel marin
11 SIC : Site d?intérêt communautaire
12 ZSC : Zone spéciale de conservation
13 ZPS : Zone de protection spéciale
14 Ramsar : site de la convention de Ramsar
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
68 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les sites sont couverts par des protections réglementaires pour 3,9 %
de leur superficie, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Parmi
elles, les plus développées sont les réserves naturelles nationales et
de Corse, qui concernent 2,2 % de la superficie des zones humides.
Les arrêtés préfectoraux de protection de biotope représentent 1 % de
la superficie des sites. Cette proportion est presque double dans les
vallées alluviales. On note l?absence de coeur de parc national dans le
réseau étudié.
La maîtrise foncière par le Conservatoire du littoral s?exerce sur 1,8 %
de la superficie des zones humides, et sur presque 16 % des sites
méditerranéens. Par ailleurs, les terrains des Conservatoires d?espaces
naturels couvrent presque 1 % de la superficie des zones humides.
Toutefois, les données actuelles ne permettant pas de différencier les
terrains acquis ou en gestion simple, ils ne sont pas comptabilisés dans
les regroupements d?espaces « maîtrise foncière » et « gestion contrac-
tuelle ».
Les engagements contractuels (16,6 %) ne concernent que les Parcs
naturels régionaux (PNR), puisqu?il n?y a ni parc naturel marin ni aire
d?adhésion de parc national. Les PNR sont moins nombreux dans les
vallées alluviales.
Le réseau Natura 2000 est très présent et concerne 60 % de la super-
ficie des sites (soit 1,4 million d?hectares), ce taux dépassant les 80 %
dans les zones littorales. Ainsi, les grandes zones humides de
Méditerranée (Camargue) et de l?Atlantique (Perthuis charentais, baie
de l?Aiguillon, baie de Bourgneuf et île de Noirmoutier, marais breton)
sont en quasi-totalité en ZPS. Les SIC/ZSC couvrent 50 % et les ZPS
45 % de la surface des zones humides. La mise en oeuvre des
documents d?objectifs et l?instauration des contrats Natura 2000 sont
donc fondamentales pour la préservation des milieux naturels humides
dans un cadre de gestion contractuelle.
Les engagements internationaux portent sur 21,6 % de la superficie
des zones humides. Ils regroupent les sites de la convention de Ramsar
(21 % de la superficie des sites, soit plus de 500 000 ha) et les réserves
de biosphère (4,8 %). L?approche par type montre que ces labels sont
moins utilisés dans les vallées alluviales. Les zones humides suivies
sont concernées par 18 sites Ramsar sur les 29 que compte la
métropole. Plusieurs zones, grandes haltes migratoires pour une
avifaune diversifiée, sont presque en totalité en site Ramsar : forêt
d?Orient, Camargue, baie des Veys, marais de Guérande, Brenne, lac
du Der? Deux réserves de biosphère, principalement celle de
Camargue, sont répertoriées.
Les proportions d?espaces protégés sont beaucoup plus élevées
dans les zones humides étudiées que sur le territoire métropolitain
dans son ensemble, pour presque toutes les catégories de mesures
de protection, foncière, réglementaire ou contractuelle, ce qui
révèle d?une part la singularité et la richesse des écosystèmes
humides, d?autre part leur fragilité et la nécessité de mettre en
place des outils de protection et de gestion.
Les 152 zones humides étudiées
Les données portent sur un échantillon national de 152 sites
comprenant des milieux humides et les espaces associés,
couvrant 2,4 millions d?hectares du territoire métropolitain. Ils
se répartissent en quatre types : plaines intérieures ; vallées
alluviales ; littoral méditerranéen ; littoral atlantique, Manche
et mer du Nord.
Les résultats présentés ici ne peuvent donc pas être extrapolés
à l?ensemble des zones humides françaises.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Ensemble des fiches indicateurs du SOeS portant sur les
zones humides :
http://www.ifen.fr, rubrique « Accès thématique »
« Territoire » > « Zones humides »
? Portail consacré aux zones humides :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr
? Convention de Ramsar :
http://www.ramsar.org
Typologie des zones humides
Littoral atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord
Littoral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines intérieures
0 50 100 km
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
69Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
Contexte
Le littoral est un territoire écologiquement riche. Près de 45 % des
terres situées à moins de 500 m de la mer sont des espaces naturels
et des surfaces en eau et plusieurs habitats naturels se développent
spécifiquement ou prioritairement en bord de mer (groupements
végétaux des dunes et des zones humides associées, pelouses des
corniches rocheuses, prés salés, landes, formations des marais atlan-
tiques, mares temporaires méditerranéennes?). De nombreuses
espèces de forte valeur patrimoniale sont liées à ces espaces : oiseaux
d?eau nicheurs ou hivernants, plantes endémiques? Mais ces espaces
et espèces sont menacés par les activités humaines. Les terres artifi-
cialisées couvrent des territoires de plus en plus importants en bord de
mer (28,2 % du territoire à moins de 500 m des côtes) et la densité
de la population littorale ne cesse de croître (13 hab./km² en plus dans
les communes littorales entre 1999 et 2006). Les milieux naturels
régressent sur toutes les façades maritimes et se retrouvent cloisonnés
et isolés les uns des autres. Les regroupements d?oiseaux d?eau
doivent, quant à eux, très souvent cohabiter avec l?homme, que ce soit
sur terre comme sur l?estran où les usages se multiplient.
Commentaire
La part du territoire protégé par voie réglementaire, par voie foncière
(Conservatoire du littoral) ou par le réseau Natura 2000 augmente Ã
mesure que l?on s?approche de la mer. La présence des espaces
protégés est très élevée à proximité immédiate du rivage : plus du tiers
(36,4 %) des territoires situés à moins de 500 m des rivages bénéficie
Protection des espaces naturels sur le littoral
Plus on s?approche des côtes et plus le niveau de protection des espaces naturels est élevé. À moins
de 500 m des rivages, plus du tiers du territoire (36,4 %) est au moins couvert par un site
Natura 2000, une réserve naturelle, un site du Conservatoire du littoral, un arrêté préfectoral de
protection de biotope ou un parc national. Cette part n?est plus que de 14,6 % entre 5 000 et
10 000 m de la côte. La façade méditerranéenne est la plus protégée des trois façades maritimes.
d?au moins une protection. Entre 5 000 et 10 000 m, cette part n?est
plus que de 14,6 %, soit légèrement plus que la moyenne métropoli-
taine estimée à 14 % environ et 2,5 fois moins qu?en bord de mer.
Il y a donc une forte spécificité des protections à proximité immédiate
de la côte.
Quelle que soit la protection, la part des territoires protégés décroît
suivant la distance à la mer. Les sites désignés dans le cadre de la
directive « Habitats, Faune, Flore » (SIC et ZSC) sont les espaces
protégés les plus nombreux. Ils couvrent 32,6 % des territoires à moins
de 500 m de la mer et sont proportionnellement 2,5 fois moins impor-
tants entre 5 000 et 10 000 m de la mer. La diminution des ZPS (volet
« Oiseaux » de Natura 2000) à mesure que l?on s?éloigne du rivage est
un peu moins forte. Elles couvrent 16,1 % des terres situées à moins
de 500 m de la côte et 9,5 % entre 5 000 et 10 000 m. Près de 7,5 %
de la bande s?étendant de 0 à 500 m de la mer est la propriété du
Conservatoire du littoral. Cette part est proche de 0 % entre 5 000 et
10 000 m. Les réserves naturelles nationales ou de Corse couvrent
1,4 % du territoire à moins de 500 m de la côte et 0,8 % entre 5 000
et 10 000 m.
Les autres types de protection étudiés (arrêtés préfectoraux de
protection de biotope, réserves naturelles régionales et parcs nationaux)
sont peu nombreux en bord de mer et la part des territoires protégés
est faible quelle que soit la distance à la mer.
Part du territoire métropolitain protégé, par type de protection, en fonction de la distance à la mer
Source : MNHN, base « Natura 2000 », juillet 2009 et base « espaces protégés » (parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, 2008 ; sites du CdL, 2007) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR).
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
Part du territoire protégé, en %
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Conservatoire du littoral
ZPS
Rés. naturelles nationales et de Corse
Parc national Arr. de prection de biotope
Rés. naturelles régionales
Ensemble des protections
de 0 Ã 500 m de 500 Ã 1 000 m de 2 000 Ã 5 000 m de 5 000 Ã 10 000 m
SIC et ZSC
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
70 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Source : MNHN, base « Natura 2000 », juillet 2009 et base « espaces protégés »
(parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, 2008 ; sites du CdL, 2007) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR).
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
Part du territoire métropolitain protégé, par type de protection, suivant la distance à la mer
Part du territoire protégé en fonction de la distance à la mer, en %
PN RNN et RNC APPB Conservatoire SIC et ZSC ZPS
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
Nord-Pas-de-Calais 0,00 0,00 4,17 0,00 0,18 0,37 15,54 0,00 19,10 0,80 5,81 0,40
Picardie 0,00 0,00 4,11 0,00 0,00 0,00 15,84 0,40 56,28 4,70 3,82 2,90
Haute-Normandie 0,00 0,00 8,16 1,80 0,41 0,00 2,64 0,90 20,50 5,60 18,72 5,00
Basse-Normandie 0,00 0,00 0,73 0,10 0,27 0,03 9,74 0,10 22,32 4,40 14,96 4,10
Manche - mer du Nord 0,00 0,00 3,02 0,50 0,26 0,08 10,11 0,30 24,08 4,00 12,93 3,50
Bretagne 0,00 0,00 0,17 0,00 0,19 0,04 3,86 0,00 29,27 1,30 9,14 0,40
Pays de la Loire 0,00 0,00 0,47 0,20 0,19 0,01 2,11 0,20 30,66 28,80 31,63 29,50
Poitou-Charentes 0,00 0,00 2,25 0,00 0,63 1,92 5,70 0,80 47,81 22,10 35,21 22,10
Aquitaine 0,00 0,00 1,70 0,60 0,01 0,00 6,31 0,80 40,97 21,00 9,79 5,10
Atlantique 0,00 0,00 0,65 0,20 0,22 0,22 4,18 0,30 33,08 13,10 14,89 8,90
Languedoc-Roussillon 0,00 0,00 1,24 0,30 0,06 0,09 11,34 1,30 40,24 25,60 37,07 31,70
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1,74 0,61 1,59 4,80 0,00 0,23 7,57 3,10 34,94 30,90 22,63 18,00
Corse 0,00 0,00 2,82 0,00 0,63 0,01 16,28 0,10 36,52 5,30 13,51 2,30
Méditerranée 0,69 0,22 2,12 1,80 0,31 0,11 12,16 1,50 36,38 19,50 20,26 15,00
Ensemble du littoral 0,19 0,07 1,44 0,80 0,25 0,16 7,37 0,70 32,62 12,90 16,11 9,50
De nombreux types d?outils existent pour protéger des éléments
spécifiques de faune, de flore et des habitats naturels les abritant
à des endroits particuliers : les espaces protégés par voie
réglementaire, foncière ou contractuelle. Dans le cadre de cette
fiche, les protections suivantes sont prises en compte :
- protection réglementaire : les coeurs des parcs nationaux (PN),
les réserves naturelles nationales (RNN) et de Corse (RNC), les
réserves naturelles régionales (RNR) et les arrêtés préfectoraux
de protection de biotope (APPB) ;
- protection foncière : les terrains acquis par le Conservatoire du
littoral (CdL) ;
- réseau Natura 2000 : les zones de protection spéciale (ZPS)
désignées dans le cadre de l?application de la directive
« Oiseaux » et les sites d?intérêt communautaire (SIC) et zones
spéciales de conservation (ZSC) de la directive « Habitats, Faune,
Flore ».
Tous les types de protections existants ne sont pas étudiés.
Les terrains acquis par les conseils généraux (dits « espaces
naturels sensibles ») et les espaces remarquables définis dans le
cadre de la loi « Littoral » (Art. L 146-6 du Code de l?urbanisme)
ne sont pas disponibles au niveau national et ne sont donc pas
intégrés à l?analyse. Par ailleurs, les sites inscrits et classés, les
parcs naturels régionaux, les réserves biologiques domaniales ou
forestières, les terrains des conservatoires d?espaces naturels ainsi
que les désignations internationales (Ramsar, réserve de
biosphère) ne sont pas étudiés.
Ces protections sont analysées suivant leur distance à la mer.
Plusieurs zones tampons sont définies : de 0 à 500 m de la côte,
de 500 Ã 1 000 m, de 1 000 Ã 2 000 m, de 2 000 Ã 5 000 m, de
5 000 Ã 10 000 m.
Méthodologie
En savoir plus
? Ifen, 2007. « Le littoral, entre nature et artificialisation
croissante », Le 4 pages, n° 120, octobre 2007. 4 p.
Sites Internet
? Inventaire national du patrimoine naturel :
http://inpn.mnhn.fr
? Fiches indicateurs de l?Observatoire du littoral :
http://www.littoral.ifen.fr, rubrique « Cartographie » et
« Indicateurs »
Les différents types d?espaces protégés étudiés sont plus nombreux
sur le pourtour méditerranéen. Le littoral de la Manche et de la mer
du Nord est quant à lui marqué par l?importance des espaces protégés
par voie réglementaire (réserves naturelles nationales) et foncière
(Conservatoire du littoral) par rapport au littoral atlantique qui est par
contre couvert de façon importante par des sites Natura 2000.
Tous ces niveaux de protection importants sont à relier avec le
niveau élevé de l?artificialisation sur l?ensemble des côtes. On a une
corrélation assez nette entre la pression de l?artificialisation des sols et
l?importance des espaces protégés.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
SNB
IDD
71Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
L?agriculture biologique (AB) est l?un des 5 signes officiels d?identi-
fication de la qualité et de l?origine. Une nouvelle réglementation
européenne est entrée en vigueur le 1er janvier 2009 et réaffirme les
principes fondamentaux de l?agriculture biologique et ses objectifs :
l?agriculture biologique établit un système de gestion durable pour
l?agriculture (maintien de la biodiversité, préservation de la qualité des
sols, de l?air et des eaux, respect du bien-être animal) visant à une
production agricole de qualité. L?utilisation de produits chimiques de
synthèse, d?OGM et de leurs dérivés sont interdits. Les opérateurs de
la filière bio sont contrôlés par des organismes certificateurs agréés par
les pouvoirs publics et répondant à des critères d?indépendance,
d?impartialité, d?efficacité et de compétence.
L?agriculture biologique apporte en conséquence une réponse à la
réduction des pressions agricoles sur la biodiversité. La loi n° 2009-967
du 3 août 2009, de programmation relative à la mise en oeuvre du
Grenelle de l?environnement (dite loi « Grenelle I ») fixe un objectif de
6 % de la SAU en agriculture biologique en 2012 (soit un triplement
par rapport aux superficies actuelles) et 20 % en 2020. Les différents
soutiens à l?agriculture biologique (aides à la conversion, aides au
maintien de l?agriculture biologique, crédits d?impôt) ont été fortement
revalorisés ces dernières années.
Commentaire
Fin 2008, 13 298 exploitations agricoles étaient engagées en
agriculture biologique, soit une augmentation de 11 % par rapport Ã
2007. Après la faible progression observée entre 2002 et 2007, le
développement de l?agriculture biologique connaît donc une reprise.
Les superficies totales en mode de production biologique atteignent
583 799 ha, soit 2,12 % de la superficie agricole utile. Elles ont progressé
de 4,8 % par rapport à 2007, en grande partie sous l?effet des surfaces
en conversion qui progressent fortement (+ 36,4 % en 2008).
Évolution des surfaces
en agriculture biologique
L?agriculture biologique constitue un mode de production particulièrement respectueux de
l?environnement. En 2003, elle concernait près de 13 300 exploitations et 583 800 ha, soit 2,12 %
de la superficie agricole utile (SAU) française. L?année 2008 marque une reprise de son développement
(+ 11 % pour les exploitations engagées). La loi n° 2009-967 du 3 août 2009, de programmation
relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l?environnement (dite loi « Grenelle I ») fixe un objectif
de 6 % de la SAU en agriculture biologique en 2012 et 20 % en 2020.
Évolution de l?agriculture biologique
Surfaces en conversion bioSurfaces en bio Nombre d'exploitations
0
100
200
300
400
500
600
700
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Superficies (en milliers ha)
0
2 000
4 000
6 000
8 000
10 000
12 000
14 000
Nombre d'exploitations
Source : Agence Bio, 2009.
Sur les 583 799 ha certifiés, deux tiers étaient des superficies
consacrées aux productions fourragères. Les grandes cultures en
couvraient 20 % et les cultures pérennes (vignes et vergers) 6 %.
Le poids de l?agriculture biologique dans les superficies totales reste
par contre plus élevé pour les vergers (5,8 %), vignes (3,3 %)
et fourrages (2,8 %) que pour les grandes cultures.
Les premières régions françaises en termes de superficies consacrées
à l?agriculture biologique sont Midi-Pyrénées, les Pays de la Loire,
Rhône-Alpes, Paca et Languedoc-Roussillon. La part de l?agriculture
biologique dans la SAU en Paca (7,7 %) et en Languedoc-Roussillon
(5 %) est nettement supérieure à la moyenne nationale (2,1 %). Par
contre, elle ne dépasse pas 0,5 % en Picardie, Nord - Pas-de-Calais,
Haute-Normandie et Champagne-Ardenne.
Les surfaces en mode de production biologique regroupent :
- les surfaces « certifiées bio » qui rassemblent les parcelles dont
la période de conversion est terminée. Les productions de ces
parcelles peuvent être commercialisées avec la mention
« agriculture biologique » ;
- les surfaces en conversion (avec une durée de conversion variant
de 2 ans pour les cultures annuelles à 3 ans pour les cultures
pérennes).
Méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Agence Bio, 2009. L?agriculture biologique : chiffres clés
? édition 2009. Montreuil-sous-Bois : Agence Bio. 218 p.
http://www.agencebio.org, rubrique « Bio mode d?emploi »
> « L?agriculture biologique en chiffres » > « La bio en France »
? Le plan d'actions agriculture biologique, horizon 2012 :
http://agriculture.gouv.fr, rubrique thématique
« Environnement » > « Agriculture biologique »
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
72 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
73Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
L?objectif principal du SINP est de développer et d?organiser la
connaissance sur la nature et les paysages. Il s?agit donc d?améliorer
la cohérence de l?information et de réduire sa fragmentation pour
atteindre une connaissance plus globale. Actuellement en France,
l?absence de standardisation des modèles de données, des formats
d?échange et le déficit de collaboration entre les organismes ne
permettent pas une vision claire de l?organisation et de la production
des différents acteurs. De multiples bases de données thématiques
existent et sont réparties dans de nombreuses structures. Il en résulte
une grande complexité pour compiler l?ensemble des données. À ce
titre, l?IDCNP représente la première pierre du SINP en cataloguant sous
la forme de métadonnées les dispositifs (inventaires, études, etc.), les
bases de données et les acteurs du monde de la nature et du paysage,
du domaine terrestre comme marin.
Les résultats présentés sont issus d?un inventaire en grande partie
incomplet. Il ne s?agit donc pas ici de montrer des résultats représen-
tatifs, mais plutôt de présenter le type d?informations que l?on peut
obtenir à l?aide de cet outil.
Les sources de données sur la nature
et le paysage
Dans le cadre de la mise en place du Système d?information sur la nature et le paysage (SINP),
un Inventaire des dispositifs de collecte sur la nature et le paysage (IDCNP) a été créé afin de
cataloguer sous la forme de métadonnées les dispositifs (inventaires, études, etc.), les bases de
données et les acteurs du monde de la nature et du paysage, du domaine terrestre comme marin.
Cet inventaire est encore en grande partie incomplet et les résultats ne représentent qu?une image partielle
du réseau existant sur la nature et le paysage en France.
En février 2010, l?inventaire permet de consulter 377 dispositifs, 128 bases de données et 553 acteurs.
Les dispositifs de collecte concernent à 41 % des territoires inférieurs aux limites départementales et étudient
majoritairement les groupes faunistiques (66 %). Les espaces les plus étudiés sont les Zones naturelles d?intérêt
floristique et faunistique (ZNIEFF) (28 %) et près de 40 % des acteurs sont des associations.
Commentaire
L?inventaire DCNP doit permettre de fournir une vision globale des
données existantes dans les domaines de la nature (espèces, habitats,
espaces naturels?) et des paysages, leurs modalités de production, de
stockage et leur accessibilité. En février 2010, l?inventaire permet de
consulter 402 fiches dispositifs, 131 bases de données et 557 fiches
acteurs. 312 utilisateurs sont inscrits comme responsables de dispositif
ou base de données et 71 comptes d?administrateurs ont été attribués.
De plus, près de 600 fiches dispositifs, 200 fiches bases de données et
430 fiches acteurs sont en attente d?une validation définitive.
Emprise territoriale des dispositifs de collecte
Régional
35 %
Interrégional
9 %
National
14 %
Européen
0 %Inconnu
0 %
International
1 %
Départemental ou
infra-départemental
41 %
Source : SOeS, février 2010.
41 % des dispositifs concernent des territoires inférieurs aux limites
départementales, 35 % concernent le niveau régional et 24 %
se rapportent à des emprises géographiques suprarégionales.
La comparabilité des données provenant de plusieurs
organismes ne peut être assurée sans la standardisation des
protocoles d?échantillonnage, de mesures d?analyse et de validité
des données? Le standard proposé pour la description des
données géographiques est basé sur la norme ISO 19115
Information géographique ? métadonnées, conformément à la
directive « Inspire » qui définit les formats des métadonnées
utilisées pour décrire les séries et services de données géogra-
phiques dans l?Union européenne. Cette norme contient
22 rubriques (environ 300 descripteurs), 12 étant obligatoires
pour une description minimale des données permettant ainsi leur
utilisation dans les différents services (catalogue, échange?).
L?inventaire DCNP est renseigné par les producteurs de données
(dénommés responsables), puis les informations sont validées
par un administrateur régional (DREAL) ou thématique (Agence
des aires marines protégées, ONCFS, LPO?). Enfin, l?approbation
finale est effectuée par l?administrateur national au SOeS qui peut
ensuite mettre les fiches en ligne sur internet.
Seuls les dispositifs approuvés et mis en ligne ont été analysés
ici. En effet, seuls ceux-ci contiennent les informations vérifiées
et validées par les responsables et les administrateurs.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
74 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les deux tiers des dispositifs de collecte recensés concernent les
groupes faunistiques. Les groupes floristiques sont nettement moins
représentés (22 %), mais il s?agit dans ce cas d?un déficit d?information
lié à la faible activité des acteurs de cette thématique pour renseigner
l?inventaire. Si les espaces (19 %), les habitats (16 %) et le paysage
(13 %) possèdent une représentation assez importante, la géologie,
la mycologie, les algues et les lichens sont très faiblement représentés
dans l?inventaire (5,6 % pour l?ensemble de ces groupes).
28 % des dispositifs concernent les ZNIEFF et les espaces du réseau
Natura 2000 représentent 24 % des dispositifs. Les réserves naturelles
nationales et régionales sont identifiées dans 13 % des dispositifs, les
sites classés figurent dans 14 % d?entre eux, et les parcs naturels
régionaux dans 3,5 %. Les dispositifs de collecte sur la nature sont donc
majoritairement centrés sur les espaces définis comme présentant les
enjeux sur la biodiversité et les habitats les plus importants (ZNIEFF)
ou bénéficiant d?une protection réglementaire ou foncière. À noter
cependant que 10 % des dispositifs ne concernent aucun de ces
espaces.
Nombre de dispositifs par type de données
0 50 100 150 200 250
Faune
Flore
Espaces
Habitats
Paysage
Géologie
Champignons
Fonctionnement
des écosystèmes
Algues
Lichens
Note : Il y a des doubles comptes car un même dispositif peut concerner plusieurs thématiques.
Source : SOeS, février 2010.
Type d?espaces concernés par les dispositifs de collecte
Note : Il y a des doubles comptes car un même dispositif peut concerner plusieurs espaces.
0 10 20 30 40 50 60 70
Parc naturel marin
Réserve naturelle de Corse (RNC)
Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
Réserve biogénétique du Conseil de l'Europe
Forêt de protection
Réserve de biosphère
Parc national (aire d'adhésion)
Réserve biologique domaniale ou forestière
Site géré par les Conservatoires d'espaces naturels (CEN)
Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO)
Site au titre de la convention de Ramsar
Parc national (coeur)
Espace naturel sensible (ENS)
Arrêté préfectoral de protection de biotope (APB)
Site inscrit
Réserve naturelle régionale (RNR)
Site du Conservatoire du littoral (CdL)
Pas d'espace particulier concerné
ZNIEFF 2
Parc national
Parc naturel régional (PNR)
Site classé
Zone de protection spéciale (ZPS)
Site d'intérêt communautaire (SIC) / zone spéciale de conservation (ZSC)
Non renseigné
Site Natura 2000
Réserve naturelle nationale (RNN)
ZNIEFF 1
ZNIEFF
Source : SOeS, février 2010.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
75Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Près de 40 % des acteurs approuvés dans l?inventaire concernent
des associations, contre 14 % pour les établissements publics de l?État,
12 % pour l?État, 11 % pour les entreprises et 10 % pour les collecti-
vités territoriales. Les universités et les établissements d?enseignement
supérieur sont peu présents dans l?inventaire avec seulement 5 % des
fiches approuvées. Même si l?inventaire est incomplet, cet échantillon
permet d?obtenir une première vision de la répartition des acteurs de
l?environnement en France et d?observer l?importance du rôle des
associations. À noter l?absence des groupements d?intérêts publics et
scientifiques dans l?inventaire.
Type d?acteurs présents en France
Source : SOeS, février 2010.
En savoir plus
Sites Internet
? Portail du système d?information sur la nature et les pay-
sages :
http://www.naturefrance.fr/
? Inventaire des dispositifs de collecte sur la nature et
le paysage :
http://inventaire.naturefrance.fr/
Groupement d'intérêt
scientifique (GIS)
Groupement d'intérêt public (GIP)
Union européenne
Fondation
Aucun
Syndicat mixte
Université / Établissement
d'enseignement supérieur
Collectivité territoriale
Entreprise
État
Établissement public de l'État
Association
0 50 100 150 200 250
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
76 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
77Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Sensibilité aux questions relatives
à la biodiversité
Devancée par le réchauffement de la planète, par la pollution de l?air et par la pollution de l?eau,
des rivières et des lacs, la disparition de certaines espèces végétales et animales est la quatrième
préoccupation environnementale des Français. Les évolutions récentes montrent cependant un recul
de la mobilisation autour du changement climatique alors que l?érosion de la biodiversité sensibilise
davantage les Français.
Contexte
Pour connaître l?intérêt que portent les individus à la sauvegarde de
la faune et de la flore, le Service de l'observation et des statistiques
(SOeS) demande dans une enquête par questionnaire comment ils
classent ce sujet parmi un certain nombre de problèmes environne-
mentaux. Cette démarche permet ainsi de suivre l?évolution du rang
et du poids relatif occupé par la biodiversité dans les préoccupations
et attentes des Français.
Commentaire
Enjeu environnemental majeur depuis quelques années, le réchauf-
fement de la planète lié à l?effet de serre, la pollution de l?air et la
pollution de l?eau sont les trois sujets qui préoccupent le plus les
personnes interrogées en janvier 2010. La disparition de certaines
espèces végétales ou animales est ensuite évoquée. On notera
qu?entre 2007 et 2010, les préoccupations concernant le réchauffement
de la planète ont reculé alors que celles liées, d?une part, à la pollution
de l?eau, des rivières et des lacs et, d?autre part, à l?érosion de la biodi-
versité à travers la disparition de certaines espèces végétales ou
animales se sont accrues.
46 %
41 %
26 %
17 %
20 %
14 %
8 %
11 % 11 %
7 %
40 %
39 %
29 %
20 %
21 %
11 %
9 %
12 %
10 %
8 %
38 %
34 %
32 %
22 % 21 %
13 %
11 %
10 % 10 %
8 %
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
40 %
45 %
50 %
La lutte
contre
le réchauffement
de la planète1
La réduction
de la pollution
de l?air
La lutte
contre
la pollution
de l?eau, des rivières
et des lacs
La sauvegarde
des plantes
et des animaux
Le recours Ã
des technologies
respectueuses
de l?environnement2
La prévention
des risques
naturels
(inondations,
tempêtes, séismes,
feux de forêts?)
La protection
des paysages
L'élimination
et le tri
des déchets
ménagers
La lutte contre
les risques
de l?industrie
nucléaire
La lutte
contre le bruit
2007
2009
2010
Quelles sont, selon vous, les deux actions que l'État doit mener en priorité
dans le domaine de la protection de l'environnement ?
1 En 2007, le libellé était : « Le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « L?utilisation de technologies non respectueuses de l?environnement ».
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2010.
SNB
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
78 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pour protéger l'environnement, à laquelle de ces actions croyez-vous pouvoir, individuellement, contribuer le plus ?
Parmi les problèmes suivants liés à la dégradation de l'environnement, quels sont les deux qui vous paraissent les plus préoccupants ?
10 %10 %10 %
11 %11 %
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
40 %
45 %
50 %
Le réchauffement
de la planète1
La pollution
de l?air
La pollution
de l?eau,
des rivières
et des lacs
La disparition
de certaines
espèces
végétales
ou animales
Les catastrophes
naturelles
(inondations,
tempêtes,
séismes,
feux de forêts?)
L'augmentation
des déchets
ménagers
Le recours
à des
technologies
non respectueuses
de l?environnement2
Les risques
de l?industrie
nucléaire
La dégradation
des
paysages
La gêne
occasionnée
par le bruit
Ne sait pas
2007
2009
2010
45 %
34 %
25 %
23 %
20 %
12 % 12 %
9 %
7 %
3 %
38 %
34 %
26 % 27 %
21%
14 %
10 %
8 %
2 %
37 %
33 %
32 %
28 %
19 %
12 %
11 %
5 %
1 %
1 En 2007, le libellé était : « La lutte contre le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « Le développement de nouvelles technologies respectueuses de l?environnement ».
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2010.
1 % 1 % 1 % 1 %
6 % 6 % 6 %6 % 6 % 6 % 6 % 5 % 5 %
7 % 7 %
L'élimination
et le tri
des déchets
ménagers
La protection
des paysages
La sauvegarde
des plantes
et des animaux
La réduction
de la pollution
de l?air
La lutte
contre
le réchauffement
de la planète1
La lutte
contre le bruit
La lutte
contre
la pollution
de l?eau,
des rivières
et des lacs
Le recours
à des technologies
respectueuses de
l?environnement2
La prévention
des risques
naturels
(inondations,
tempêtes,
séismes,
feux de forêts?)
La lutte
contre
les risques
de l?industrie
nucléaire
Ne sait pas
2007
2009
57 %
8 %
0 %
59 %
4 %
2 %
0 %0 %
10 %
20 %
30 %
40 %
50 %
60 %
1 En 2007, le libellé était : « La lutte contre le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « Le développement de nouvelles technologies respectueuses de l?environnement ».
Note : Cette question n?a pas été posée dans l?enquête 2010.
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2009.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
79Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
De même, quand on interroge les Français sur les deux actions que
l?État doit mener en priorité pour protéger l?environnement, ils ne sont
qu?un sur cinq à choisir la sauvegarde des plantes et des animaux, loin
derrière la lutte contre le réchauffement de la planète et la réduction
de la pollution de l?air.
Quand il s?agit d?entreprendre une action individuelle dans le
domaine de la protection de l?environnement, c?est avant tout au tri
des déchets qu?ils pensent. La sauvegarde des plantes et des animaux
est, comme les autres actions, très peu évoquée.
Les données sont issues de l?enquête « Conditions de vie et
aspirations des Français » réalisée par le Centre de recherche pour
l?étude et l?observation des conditions de vie (Crédoc). L?enquête
a été réalisée, en face-à -face au début de l?année 2010, auprès
d?un échantillon représentatif de 2 006 individus âgés de 18 ans
et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas. Ces quotas
région, taille d?agglomération, âge, sexe, professions-catégories
sociales (PCS) ont été calculés d?après le dernier recensement
général de la population. Un redressement a été effectué pour
assurer la représentativité par à rapport à la population nationale
de 18 ans et plus.
Méthodologie
En savoir plus
Site internet
? Commission européenne, 2007. « Attitudes of European
towards the issue of Biodiversity : Analytical Report »
(Flash Eurobarometer, n° 219). 71 p.
http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm, rubrique
« EB Flash » > « 224-208 »
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
80 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
81Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
Évolution de la dépense nationale
en faveur de la protection
de la biodiversité et des paysages
Entre 1998 et 2008, la dépense de protection de la biodiversité et des paysages a augmenté de 70 %.
Elle s?élève en 2008 à 1,7 milliard d?euros. L?évolution des deux composantes de la dépense n?a pas
été homogène. La forte croissance de la dépense de protection de la biodiversité, qui a plus que doublé
en dix ans, est à mettre en lien avec les engagements des acteurs publics, notamment des collectivités
locales qui représentent la moitié de cette dépense. Avec une hausse de 20 %, la dépense de protection
des paysages a nettement moins progressé.
Contexte
Les pouvoirs publics sont les principaux acteurs de la protection de
la biodiversité et des paysages. Conformément aux orientations de la
convention pour la diversité biologique que la France a ratifiée en
1994, l?État a adopté en 2004 sa Stratégie nationale pour la biodi-
versité (SNB). L?objectif principal de la SNB était de stopper la perte de
biodiversité d?ici 2010. Celle-ci a par la suite été confortée par le
Grenelle de l?environnement. La mise en oeuvre de la stratégie est
réalisée grâce à des plans d?actions qui débouchent sur des engage-
ments pratiques en faveur de la protection de la biodiversité. Parmi
l?ensemble de mesures prises par la France, on peut citer la création
et la gestion d?aires protégées, la mise en oeuvre du réseau Natura
2000 ou les plans d?actions de sauvegarde et restauration d?espèces.
Toutes ces actions de protection de la biodiversité se traduisent par un
effort financier important des collectivités locales et de l?État.
Commentaire
La période 1998-2008 a été marquée par le développement des
dépenses de protection de la biodiversité et des paysages. En dix ans,
elle a progressé de 70 % alors que dans le même temps, la production
intérieure brute n?a progressé que de 22 % en valeur. En 2008, cette
dépense est d?environ 1,7 milliard d?euros. Près de 60 % de ce
montant concerne la protection de la biodiversité, le reste est consacré
à la protection des paysages.
Évolution de la dépense de protection de la biodiversité
et des paysages, et du PIB en valeur entre 1998 et 2008
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
Une typologie des actions a été définie parallèlement à l?élaboration
de la SNB. La gestion des espaces et des espèces regroupe les actions
visant à préserver la diversité de la faune et de la flore. Elle comprend
par exemple la gestion du réseau Natura 2000, des réserves naturelles
ou bien les dépenses des associations de protection de la nature.
Entre 1998 et 2008, la dépense liée à la gestion des espaces et des
espèces a plus que doublé. En 2008, elle atteint 740 millions d?euros.
Cette dépense est à mettre en lien avec les budgets du ministère en
charge de l?Écologie et des organismes gérant ces milieux
remarquables. La connaissance de la biodiversité et des paysages
concerne notamment les actions d?inventaire, d?expertises relatives au
patrimoine naturel ou des atlas de paysages. En 2008, environ
14 millions d?euros ont été engagés. Les actions, dites « de réduction
des pressions » ont pour objectif de réparer les dommages causés aux
paysages et à la biodiversité par les activités productives comme
le transport routier, l?activité industrielle ou l?agriculture. Elles sont
mises en oeuvre par les entreprises elles-mêmes. Entre 1998 et 2008,
ces dépenses sont restées stables et atteignent près de 480 millions
d?euros (en moyenne sur la période). D?autres actions de protection
sont engagées par les collectivités locales, mais les sources comptables
ne permettent pas leur affectation à des projets déterminés.
Elles représentent tout de même plus d?un quart de la dépense totale.
Leurs dépenses ont plus que doublé sur la période.
Les différentes composantes de la dépense en 2008
Dépense totale
de protection
de la biodiversité
et des paysages
Connaissance Réduction des
pressions
Dépense
inclassable
(principalement
en provenance
des collectivités locales)
Gestion
des espaces
protégés
Dépense courante Dépense en capital
En millions d'euros
0
200
400
600
800
1 000
1 200
1 400
1 600
1 800
Note : Données provisoires.
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
SNB
90
100
110
120
130
140
150
160
170
180
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008p
PIB en valeur Dépense de protection de la biodiversité et des paysages
Indice base 100 en 1998
p = données provisoires.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
82 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La protection de la biodiversité et des paysages est un domaine
financé principalement sur fonds publics. En 2008, les administrations
publiques centrale1 et locale2 couvrent les trois quarts de la dépense
totale. Les communes contribuent à elles seules pour 55 % à la
dépense des administrations publiques locales. Au sein de l?adminis-
tration centrale, le financement est assuré à 58 % par le ministère en
charge de l?Écologie, le reste provenant d?autres ministères (Agriculture
notamment). Depuis 1998, le poids des entreprises s?est érodé, passant
de 45 % en 1998 à 20 % en 2008. La dépense en capital des entre-
prises s?est surtout portée en début de période et explique en grande
partie cette baisse. Les financements européens viennent en appui des
actions en faveur de la nature. Il s?agit par exemple du Fonds européen
d?orientation et de garantie agricole (Feoga) pour les mesures agri-
environnementales et des programmes Life Nature.
1 Dans notre périmètre, l?administration publique centrale regroupe les ministères
et les établissements publics (hors agences de l?Eau).
2 L?administration publique locale rassemble les collectivités locales (communes,
départements, régions). Notre périmètre inclut également les agences de l?Eau.
La protection de la biodiversité et des paysages désigne les
mesures et activités visant à protéger et à régénérer les espèces
animales et végétales, les habitats et les écosystèmes ainsi qu?Ã
protéger et à restaurer les paysages naturels et semi-naturels.
Il n?est pas toujours possible de distinguer la protection de la
biodiversité de celle du paysage. Par exemple, l?entretien ou la
création de certains types de paysages, d?habitats et d?autres
aspects s?y rapportant (haies, rangées d?arbres destinées
à reconstituer des « couloirs naturels ») ont un lien évident avec
la préservation de la biodiversité.
Sont exclus : la protection et la restauration de monuments
historiques ou de paysages fortement construits, ainsi que la
protection des forêts contre les incendies lorsque celle-ci répond
surtout à des considérations économiques. La création et
l?entretien d?espaces verts le long des routes (hormis les
autoroutes) et les équipements de loisir (tels que les golfs et les
autres infrastructures sportives) sont également exclus.
De nombreuses sources ont été mobilisées pour évaluer la
dépense de protection de la biodiversité et des paysages :
MEEDDM, ENF-CEN, DGFiP, CdL, ONCFS, Insee, MAAP, ONF, etc.
Méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? CGDD-SOeS, 2009. L?économie de l?environnement en
2007 : rapport de la commission des comptes et de l?éco-
nomie de l?environnement ? édition 2009. Orléans : SOeS.
108 p. (coll. Références).
http://www.ifen.fr (Disponible en ligne : rubrique
« Publications » > « Références »)
? Eurostat, 2002. Classification des activités et dépenses
de protection de l?environnement (CEPA 2000) et notes
explicatives. Luxembourg : Eurostat. 17 p.
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index.html,
rubrique « Infothèque » > « Nomenclatures » > « Classification
des activités et dépenses de protection de l?environnement
(CEPA 2000) » > « Documents »
Les financeurs de la protection de la biodiversité
et des paysages en 2008
État et établissements publics
16 %
Collectivités locales
51 %
Agences de l'Eau
5 %
Entreprises
20 %
Autres (principalement
financement européen)
4 %
Ménages
4 %
Note : Données provisoires.
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
83Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Commissariat général au développement durable
Service de l?observation et des statistiques
Tour Voltaire
92055 La Défense cedex
Tél. : 01 40 81 13 15 ? Fax : 01 40 81 13 30
Courriel : cgdd-soes-orleans@developpement-durable.gouv.fr
Retrouver cette publication sur le site :
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou
du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille ? 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions
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ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 ? art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Achevé d'imprimer en mai 2010.
Impression : Imprimerie Nouvelle, utilisant du papier issu de forêts
durablement gérées. Certifiée Imprim'vert qui contribue à la protection
de l'environnement.
45800 Saint-Jean-de-Braye
Dépôt légal : mai 2010
ISSN : 2102-474X
ISBN : 978-2-11-098766-2
RéférenceS avril 2010 Données synthétiques sur la biodiversité
données de synthèse sur la biodiversité
Ce document rassemble et présente, sous forme de fiches synthétiques, une série d?informations
sur la biodiversité provenant de nombreuses sources et divers acteurs.
Sans rechercher l?exhaustivité, ces fiches portent sur l?état de différentes composantes de la biodiversité,
sous forme de photographie ou d?évolution selon la disponibilité des données : les oiseaux communs,
le cerf élaphe, les grands prédateurs, la loutre, les poissons, les espèces et les habitats d?intérêt
communautaire, la microflore du sol?
Elles traitent également des pressions qui s?exercent sur les espèces, les habitats et les écosystèmes :
artificialisation et consommation des espaces naturels, consommation de produits phytosanitaires, qualité
physico-chimique des cours d?eau, stocks des espèces pêchées en mer, espèces introduites et envahissantes?
Elles apportent enfin un éclairage sur les réponses mises en oeuvre : surfaces des espaces naturels protégés,
surface en agriculture biologique, dépense nationale en faveur de la protection de la biodiversité
et des paysages?
© SOeS, 2010
Dépôt légal : mai 2010
ISSN : 2102-474X
ISBN : 978-2-11-098766-2
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Service de l'observation et des statistiques
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION our, 696 espèces ont été évaluées par l?UICN en France
métropolitaine. Elles correspondent à l?ensemble des espèces des
groupes évalués et présentes en métropole à l?exception
? conformément à la méthodologie de l?UICN ? des espèces non
natives introduites dans la période récente (après l?année 1500) et
des espèces marginales ou qui ne sont présentes en métropole que
de manière occasionnelle. Les groupes taxonomiques actuellement
évalués sont ceux pour lesquels le niveau de connaissances et les
données disponibles et mobilisables sont suffisants pour permettre
l?évaluation (principalement les vertébrés). L?ambition est de traiter
l?ensemble des groupes d?espèces de métropole et d?outre-mer en
fonction des données disponibles.
méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Comité français de l?UICN :
http://www.uicn.fr
? Comité international de l?UICN :
http://www.iucn.org/fr
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
31Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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b
io
di
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in
ai
re
e
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ar
qu
ab
le
État de conservation des espèces d'intérêt
communautaire
La première évaluation de l?état de conservation des espèces d?intérêt communautaire a été réalisée
par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive
« Habitats, Faune, Flore ». Couvrant la période 2001-2006, elle révèle qu?une espèce sur cinq se trouve
en bon état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées chez les
amphibiens, les crustacés et les mollusques. Par ailleurs, les espèces des régions biogéographiques
atlantique et continentale sont les plus affectées.
Contexte
Face aux menaces sur la biodiversité constatées ces dernières
décennies, l?Union européenne s?est dotée d?un réseau d?espaces naturels
baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie à long terme
d?espèces remarquables dites d?intérêt communautaire, listées dans les
annexes II, IV et V de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Il s?agit
d?espèces en danger, vulnérables, rares ou endémiques sur le territoire
communautaire et pour lesquelles doivent être créées des zones spéciales
de conservation. L?article 17 de cette directive oblige les États membres Ã
entreprendre une surveillance de ces espèces et à réaliser tous les six ans
une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la première
évaluation, qui portait sur la période 2001-2006, sont aujourd?hui
disponibles. Les espèces de la directive « Oiseaux2 », faisant l?objet d?une
évaluation spécifique tous les trois ans, ne sont pas prises en compte.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des espèces d'intérêt communautaire par région biogéographique
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Région atlantique (mer) [25]
Région méditerranéenne (mer) [21]
Région atlantique (terre) [144]
Région méditerranéenne (terre) [164]
Région continentale [158]
Région alpine [147]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
1 Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
2 Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009
concernant la conservation des oiseaux sauvages (version codifiée de la directive 79/409/CEE
du Conseil du 2 avril 1979 et ses modifications successives).
SNB
Commentaire
En France, l?évaluation a porté sur 290 espèces. Elles ont été évaluées
séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes
en France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total
658 évaluations qui ont été réalisées.
Plus de la moitié des évaluations ont conclu à un état de conservation
défavorable (33 % dans la classe « mauvais » état de conservation et
21 % dans la classe « inadéquat ») contre 20 % seulement dans un état
« favorable ». Dans 25 % des cas, l?état de conservation est inconnu faute
d?informations suffisantes (principalement les espèces marines, les
chauves-souris et les invertébrés).
L?analyse par région biogéographique montre que les régions
atlantique et continentale sont celles où les espèces d?intérêt
communautaire sont les moins bien conservées : on y observe la part la
plus élevée d?état de conservation « mauvais » (respectivement 49 %
et 42 %) ainsi qu?une faible part d?évaluations « favorables » (16 %).
Parmi les principales causes expliquant ces résultats, on trouve les
pressions, particulièrement fortes sur le littoral, liées au développement
de l?urbanisation et les pressions agricoles (déprise ou intensification des
pratiques). La situation est davantage contrastée dans les régions alpine
(Alpes et Pyrénées) et méditerranéenne.
C?est dans ces deux régions que la part d?espèces en bon état de
conservation est la plus importante, plus particulièrement la flore de la
région alpine (32 % d?évaluations favorables) et la faune
méditerranéenne (28 %). La situation des espèces marines semble
plutôt défavorable, mais la part d?état « inconnu » est très forte.
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
32 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole
commun et supervisée pour la France par le Muséum national
d?histoire naturelle en lien avec de nombreux partenaires
(Conservatoires botaniques nationaux, Office national de la
chasse et de la faune sauvage, Office national de l?eau et des
milieux aquatiques?).
Chaque évaluation est basée sur les études et données
disponibles ainsi que le « dire d?experts » et s?appuie sur
quatre paramètres :
1) l?aire de répartition naturelle de l?espèce ;
2) l?état de sa population ;
3) l?état de son habitat ;
4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l?espèce
à moyen/long terme).
Le résultat final de l?évaluation est présenté selon quatre classes
d?état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat »,
« défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre paramètres
évalué « mauvais » suffit à classer la situation de l?espèce en
« défavorable mauvais » dans la région biogéographique concernée ;
à l?inverse, les quatre paramètres doivent être évalués « favorables »
(ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour classer l?espèce
dans un état « favorable ».
méthodologie
En savoir plus
? CGDD-SOeS, MNHN-SPN, 2010. « La biodiversité remarquable
en France : résultats de la première évaluation des habitats et
espèces d?intérêt communautaire », Le Point sur, n° 48, avril
2010. 4 p.
? Bensettiti F., Trouvilliez J., 2009. « Rapport synthétique des
résultats de la France sur l?état de conservation des habitats
et des espèces conformément à l?article 17 de la directive
Habitats » (rapport SPN 2009/12, MNHN-DEGB-SPN). Paris :
MNHN-SPN. 48 p.
Sites Internet
? Documents et données liés au rapportage prévu par la directive
« Habitats » :
? Commission européenne (DG Environnement)
http://ec.europa.eu/environment/nature/
knowledge/rep_habitats/index_en.htm
? European Topic Centre on Biological Diversity
(EEA : réseau EIONET)
http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17
L?analyse par groupe taxonomique révèle que, parmi les vertébrés, la
situation la plus défavorable s?observe chez les amphibiens, avec 55 % des
évaluations concluant à un état « mauvais » et 12 % seulement à un état
« favorable ». Les régions continentale et atlantique sont particulièrement
concernées, les trois quarts des évaluations d?amphibiens y étant
« mauvaises ». À l?inverse, les mammifères terrestres, hors chauves-
souris (pour lesquelles la situation est souvent inconnue3), se trouvent dans
l?état de conservation le plus favorable (52 % des évaluations). Quant aux
invertébrés, les évaluations apparaissent très défavorables pour les
crustacés et les mollusques. Au sein des insectes, ce sont les papillons et
surtout les libellules qui sont les groupes les plus fragiles.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées. Résultats toutes
régions biogéographiques confondues.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des espèces d'intérêt communautaire
par groupe taxonomique
Toute faune [505]
20 %
19 %
31 %
30 %
Toute flore [154]
21 %
28 %
39 %
12 %
3 D?après la liste rouge des mammifères de France métropolitaine réalisée par le Comité
français de l?UICN et le Muséum national d?histoire naturelle, un tiers des chauves-souris
sont évaluées comme menacées ou quasi menacées.
Poissons [63]
Reptiles [45]
Fougères, mousses,
lichens et algues [61]
Plantes vasculaires [93]
Autres invertébrés [12]
Mollusques [22]
Insectes [121]
Amphibiens [67]
Chauves-souris [106]
Mammifères terrestres
(hors chauves-souris) [46]
Mammifères marins [23]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
33Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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État de conservation des habitats d'intérêt
communautaire
La première évaluation de l?état de conservation des habitats d?intérêt communautaire a été réalisée
par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive
« Habitats, Faune, Flore ». Couvrant la période 2001-2006, elle révèle qu?un habitat sur six est en bon
état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées pour les habitats
marins, littoraux, dunaires, aquatiques et humides. Par ailleurs, les habitats de la région biogéographique
atlantique sont les plus affectés.
Contexte
Face à la dégradation et la destruction des habitats naturels observées
ces dernières décennies, l?Union européenne s?est dotée d?un réseau
d?espaces naturels baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie Ã
long terme d?habitats remarquables dits « d?intérêt communautaire »,
listés en annexe I de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Il s?agit d?ha-
bitats en danger ou ayant une aire de répartition réduite à l?échelle euro-
péenne et pour lesquels doivent être créées des zones spéciales de
conservation. L?article 17 de cette directive oblige les États membres Ã
entreprendre une surveillance de ces habitats et à réaliser tous les six ans
une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la première
évaluation, qui portait sur la période 2001-2006, sont aujourd?hui
disponibles.
Commentaire
En France, l?évaluation a porté sur 131 habitats. Ils ont été évalués
séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes en
France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total
304 évaluations qui ont été réalisées.
Trois quarts des évaluations ont conclu à un état de conservation
défavorable (41 % dans la classe « mauvais » état de conservation et
35 % dans la classe « inadéquat ») contre 17 % seulement dans un état
« favorable ». Dans 6 % des cas, l?état de conservation est inconnu.
L?analyse par région biogéographique montre que la région alpine
(Alpes et Pyrénées) est celle où les habitats d?intérêt communautaire
sont les mieux conservés : on y observe à la fois la plus grande part
d?évaluations « favorables » (30 %) et la plus faible part d?état de
conservation « mauvais » (27 %). Avec plus de la moitié des habitats
classés en mauvais état et moins de 3 % d?habitats dans un bon état de
conservation, la région atlantique est la région terrestre où la situation
est la plus préoccupante. Les pressions agricoles, la forte urbanisation du
littoral et l?aménagement des vallées alluviales comptent parmi les
principaux facteurs expliquant cette dégradation. Quant aux habitats
marins, les résultats ne sont pas bons non plus, les 9 évaluations
conduites concluant toutes à un état défavorable.
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des habitats d'intérêt communautaire
par région biogéographique
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Région atlantique (mer) [4]
Région méditerranéenne
(mer) [5]
Région atlantique
(terre) [78]
Région méditerranéenne
(terre) [86]
Région continentale [65]
Région alpine [66]
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
1 Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
L?analyse par type de milieux révèle que les habitats les mieux
conservés sont les systèmes rocheux (éboulis, falaises) et les fourrés
sclérophylles (landes à genêt purgatif, buxaies, taillis de laurier-sauce,
certaines junipéraies). A contrario les plus dégradés sont les habitats
marins et côtiers, les dunes, les tourbières et bas-marais (aucun habitat
dans un état de conservation « favorable ») ainsi que les habitats d?eaux
douces (seulement 2 % d?habitats dans un bon état). Les milieux tourbeux
et marécageux sont particulièrement touchés avec deux tiers d?entre eux
dans un mauvais état de conservation. La situation des formations
herbeuses n?est pas bonne non plus mais plus contrastée selon les régions
biogéographiques. Elle est très préoccupante dans les régions atlantique
et continentale où respectivement 80 % et 73 % d?entre elles se trouvent
dans un mauvais état de conservation et aucune dans un état favorable.
Dans ces régions, on constate des pertes importantes de surfaces en
prairies et pelouses qui s?expliquent par le développement de
l?urbanisation ainsi que la déprise agricole (ayant pour conséquence
l?embroussaillement) ou à l?inverse l?intensification de l?agriculture
(retournement de prairies, prairies semées peu diversifiées
botaniquement). Les formations herbeuses dans la région méditerranéenne
se trouvent plutôt dans une situation intermédiaire avec la moitié d?entre
elles dans un état de conservation « inadéquat ». C?est dans la région alpine
que ces formations sont globalement les mieux conservées : 42 % d?entre
elles sont dans un bon état de conservation (il s?agit principalement de
pelouses d?altitude).
SNB
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
34 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Note : Les nombres entre crochets indiquent le nombre d?évaluations réalisées. Résultats toutes
régions biogéographiques confondues.
Source : MNHN (SPN), 2009. Traitements : MNHN-SOeS.
État de conservation des habitats d'intérêt communautaire
par grand type de milieux
Habitats côtiers
et végétation halophytiques [32]
Dunes maritimes
et intérieures [22]
Habitats d'eaux douces [41]
Landes et fourrés
tempérés [19]
Fourrés sclérophylles [17]
Formations herbeuses naturelles
et semi-naturelles [46]
Tourbières et bas-marais [27]
Habitats rocheux
et grottes [39]
Forêts [61]
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Favorable Défavorable inadéquat Défavorable mauvais Inconnu
En savoir plus
? CGDD-SOeS, MNHN-SPN, 2010. « La biodiversité remarquable
en France : résultats de la première évaluation des habitats et
espèces d?intérêt communautaire », Le Point sur, n° 48, avril
2010. 4 p.
? Bensettiti F., Trouvilliez J., 2009. « Rapport synthétique des
résultats de la France sur l?état de conservation des habitats
et des espèces conformément à l?article 17 de la directive
Habitats » (rapport SPN 2009/12, MNHN-DEGB-SPN). Paris :
MNHN-SPN. 48 p.
Sites Internet
? Documents et données liés au rapportage prévu par la directive
« Habitats » :
? Commission européenne (DG Environnement)
http://ec.europa.eu/environment/nature/
knowledge/rep_habitats/index_en.htm
? European Topic Centre on Biological Diversity
(EEA : réseau EIONET)
http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17
L?évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole
commun et supervisée pour la France par le Muséum national
d?histoire naturelle en lien avec plusieurs partenaires, notamment
les Conservatoires botaniques nationaux.
Chaque évaluation est basée sur les études et données disponibles
ainsi que le dire d?experts et s?appuie sur quatre paramètres :
1) l?aire de répartition naturelle de l?habitat ;
2) l?estimation de la surface qu?il couvre au sein de cette aire ;
3) sa structure et ses fonctionnalités ;
4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l?habitat
à moyen/long terme).
Le résultat final de l?évaluation est présenté selon quatre classes
d?état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat »,
« défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre
paramètres évalué « mauvais » suffit à classer la situation de
l?habitat en « défavorable mauvais » dans la région biogéographique
concernée ; à l?inverse, les quatre paramètres doivent être évalués
« favorables » (ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour
classer l?habitat dans un état « favorable ».
méthodologie
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
35Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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La microflore du sol
La microflore du sol, ou micro-organismes, remplit des fonctions environnementales essentielles :
décomposition de la matière organique, recyclage du carbone et de nutriments (azote, phosphore,
potassium) dans le sol, décontamination de sols pollués. Les premiers résultats de la mesure de la
biomasse microbienne des sols de France montrent des disparités géographiques dépendant en premier
lieu des caractéristiques physico-chimiques des sols, ensuite de leurs usages et types d?occupation et enfin
de la géomorphologie et du climat.
Contexte
La microflore du sol regroupe majoritairement des bactéries et des
champignons. Le nombre d?espèces et leur abondance varient en fonction
du milieu, des caractéristiques du sol et de son usage. Dans une prairie
permanente, les bactéries peuvent représenter jusqu?à 1 milliard
d?individus par gramme de sol. Malgré leur importance, la répartition des
organismes du sol et les effets de l?environnement et de l?homme sur la
biodiversité des sols sont peu connus. Depuis 2006, la densité microbienne
des sols a été mesurée en France pour mieux comprendre le rôle de la
biomasse microbienne et les moyens de la préserver.
Commentaire
La densité microbienne a été mesurée dans les sols de France
métropolitaine, grâce à une estimation de leur quantité d?ADN. Cette
dernière s?échelonne de 0,1 à 38,8 µg d?ADN par gramme de sol. Les
trois quarts des sols ont des concentrations situées entre 5 et 15 µg. Les
sols les plus riches en ADN microbien sont situés en Lorraine et
Champagne-Ardenne et dans les massifs montagneux (Alpes, Massif
central, Pyrénées, Vosges). Les sols les plus pauvres se trouvent dans les
Landes, le Nord et le Nord-Ouest. Cette distribution géographique
s?explique par la texture des sols, le pH, la teneur en carbone organique
et par l?occupation du sol. Les sols présentant la plus grande densité
microbienne sont argileux, basiques (pH élevé) et riches en carbone
organique. En règle générale, les sols sous prairie ont une densité
microbienne bien plus importante que les sols cultivés ou de
vignobles.
La composition des communautés microbiennes des sols du sud de la
Bretagne, de Sologne, des Landes, du Massif central et des Vosges est
comparable et leurs populations sont très peu diversifiées. Si celles des
sols du Nord-Est de la Lorraine, du Sud de la Champagne, de la
Normandie, des Pays de la Loire, du Sud-Est (région Paca) et de Midi-
Pyrénées sont également comparables, leur diversité génétique est
particulièrement importante. La différence entre ces milieux s?explique
par la variété des paysages. Les pinèdes très peu diversifiées des Landes
sur des sols sablo-acides sont à l?origine de la faible diversité des
populations microbiennes des sols, contrairement aux paysages variés
alliant cultures, prairies et forêts dans le Sud-Est.
Note : Les zones grisées sur la carte correspondent à des zones de « non sols » ou ne comportant
pas assez d'informations pour calculer la quantité d'ADN.
Source : Inra ? Gis Sol, 2009. Traitements : Gis Sol - SOeS, 2009.
La densité microbienne des sols
0 50 100 km
Quantité d'ADN (µg/g de sol)
Entre 13,2 et 18,2
Entre 10,4 et 13,2
Entre 8,8 et 10,4
Entre 7,4 et 8,8
Entre 6,2 et 7,4
Entre 4,5 et 6,2
Entre 1,7 et 4,5
Pas de donnée
0 50 100 km
Très mauvaise
Mauvaise
Médiocre
Bonne
Excellente
Classe de qualité (nombre de points concernés)
(100)
(402)
(261)
(117)
(58)
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
36 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?abondance microbienne des sols de France métropolitaine
a été déterminée à l?aide d?outils de biologie moléculaire
appliqués à l?ADN microbien extrait de 1 900 échantillons de sol
(projet Ecomic-RMQS - ANR Biodiversité 2006-2009).
Les échantillons de sols proviennent de la première campagne
de mesures (2000-2009) du Réseau de mesures de la qualité des
sols (RMQS) du Groupement d?intérêt scientifique sur le sol
(Gis Sol). Il regroupe un réseau systématique de 2 200 sites
d?observation, à raison d?un par maille carrée de 16 km de côté.
L?abondance microbienne des sols obtenue peut être
confrontée à des données environnementales, comme la
texture des sols, le pH, la teneur en carbone organique et
l?occupation du sol, par le biais d?outils statistiques (analyses
multivariées et géostatistiques?). Cela permettra à l?avenir
d?évaluer l?impact des usages agricole, industriel ou urbain et
de détecter l?apparition des premiers signes de dégradation des
sols en observant le stress vécu par les microorganismes qui y
vivent.
méthodologie En savoir plus
? Turbé A., De Toni A., Benito P., Lavelle P., Lavelle P., Ruiz N., Van
der Putten W.H., Labouze E., Mudgal S., 2010. « Soil biodiversity:
functions, threats and tools for policy makers » (final report by
Bio Intelligence Service, IRD and NIOO, for European
Commission-DG Environment). 250 p.
Disponible sur http://ec.europa.eu/environment/soil/
biodiversity.htm
Sites Internet
? Informations sur la plateforme Genosol, référentiel d?analyse
de la biodiversité microbienne dans les sols.
Institut national de la recherche agronomique :
http://www2.dijon.inra.fr/plateforme_genosol
? Informations sur le Réseau de mesures de la qualité des sols
(RMQS).
Groupement d?intérêt scientifique sur les sols :
http://www.gissol.fr/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
37Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution des matières organiques
dans les sols agricoles
Les matières organiques du sol assurent de nombreuses fonctions environnementales. Elles augmentent
notamment la résistance du sol au compactage, son aération et sa réserve en eau, favorisant
indirectement sa biodiversité. Elles constituent un stock de carbone dans les sols, qui est influencé
essentiellement par les changements d?usage et les pratiques agricoles. L?analyse de la distribution
spatiale des stocks de carbone organique mesurés dans les sols agricoles et des changements d?usage
observés entre 1995 et 2005 montre que les sols agricoles ont déstocké du carbone (6 millions t/an), alors
que les sols forestiers en ont stocké (0,7 million t/an).
Contexte
Les matières organiques du sol sont composées en moyenne de
58 % de carbone organique. Elles améliorent la fertilité du sol en
libérant des éléments nutritifs (azote, phosphore, soufre, potassium)
lors de leur minéralisation. Elles augmentent la résistance du sol au
compactage, son aération et sa réserve en eau, favorisant indirectement
sa biodiversité.
Commentaire
Les teneurs en carbone organique diminuent sur la façade
atlantique, de la Bretagne à la région Poitou-Charentes. En Bretagne,
elles diminuent essentiellement dans les cantons du Sud, où les
teneurs initiales étaient élevées. Les explications sont sans doute
multiples, alliant une évolution globale des écosystèmes, une
transition des systèmes prairiaux vers des cultures annuelles et une
modification des pratiques agricoles (approfondissement du travail
du sol, chaulage). Un mitage de cantons s?étendant du Finistère Ã
la Gironde montre des teneurs en augmentation ou ne présentant
pas d?évolution significative. Les teneurs augmentent principalement
dans le pourtour de l?Ile-de-France et diminuent au Nord et dans l?Est
(Lorraine, Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté). La diminution
observée en Lorraine peut être associée à la conversion des prairies
naturelles en terres arables.
Certains changements d?usage ou de pratiques agricoles
favorisent le stockage, comme la conversion des cultures en
prairies, ou des prairies en forêts. Au contraire, la conversion des
prairies en cultures ou des forêts en prairies entraîne une
diminution du stock de carbone. Les vitesses d?évolution du carbone
organique dans les sols ne sont toutefois pas symétriques. Ainsi, en
vingt ans, le déstockage induit par la mise en culture (1 t C/ha/an) est
deux fois plus rapide que le stockage résultant de l?abandon de la
culture au profit de prairies ou de forêts (0,5 t C/ha/an).
Source : Gis Sol ? BDAT, 2007.
Répartition par canton des évolutions de la teneur
en carbone organique dans les sols agricoles
entre1990-1995 et 1999-2004
Type d'évolution
Évolution
En nombre
de cantons
En %
de cantons
En baisse 625 17
En hausse 463 12
Stable 1 052 28
Information non disponible 1 616 43
Variation de la teneur en carbone organique entre
les périodes 1990-1995 et 1999-2004, par canton
Source : Gis Sol - BDAT, 2007.
Variation par canton
Augmentation
Pas de variation significative
Diminution
Absence de données
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
3? Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La base de données des analyses de terre (BDAT, gérée par
l?Inra dans le cadre du Groupement d?intérêt scientifique sur le
sol ? Gis Sol) recueille, auprès des laboratoires, les résultats des
analyses de terre réalisées par les agriculteurs pour gérer au
mieux la fertilisation. Cette démarche volontaire explique que
l?ensemble du territoire n?est pas couvert. Les distributions
statistiques des teneurs en carbone organique de l?horizon de
surface des sols agricoles ont été comparées pour les périodes
1990-1995 et 1999-2004. Les données brutes ont été
ré-échantillonnées en tenant compte des surfaces agricoles
utiles des cantons.
méthodologie En savoir plus
? Ifen/Gis Sol, Inra Orléans/Gis Sol, 2007. « Le stock de carbone
dans les sols agricoles diminue », Le 4 pages, n° 121,
novembre 2007. 4 p.
Sites Internet
? http://www.ifen.fr/
? Informations sur la Base de données des analyses de terre
(BDAT).
Groupement d?intérêt scientifique sur le sol ? Gis Sol :
http://www.gissol.fr/
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
39Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pressions et menaces
sur la biodiversité
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
40 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
41
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Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les espaces artificialisés recouvrent les zones urbanisées (tissu urbain
continu ou discontinu), les zones industrielles et commerciales, les
réseaux de transport (réseaux routier et ferroviaire, zones portuaires et
aéroports), les mines, carrières, décharges et chantiers, ainsi que les
espaces verts artificialisés (espaces verts urbains, équipements sportifs
et de loisirs), par opposition aux espaces agricoles, aux forêts ou aux
milieux naturels, zones humides ou surfaces en eau.
Les espaces qui subissent une artificialisation ne sont plus disponibles
pour d?autres usages, notamment agricoles, ou comme habitats naturels.
Outre la destruction directe de milieux naturels, l?étalement des espaces
artificialisés aboutit aussi à une fragmentation et un cloisonnement de
ces derniers. La baisse des surfaces d?espaces non fragmentés et la pré-
sence d?obstacles peut gêner les populations de certaines espèces pour
l?accomplissement de leur cycle de vie, leurs migrations, voire le dépla-
cement de leur aire de répartition dans le cadre des changements clima-
tiques. Par ailleurs, les sols artificialisés sont souvent imperméabilisés, ce
qui amplifie les phénomènes de ruissellement, perturbe le régime des
eaux et impacte les milieux naturels associés.
CORINE Land Cover n?identifie pas les espaces artificialisés isolés
de moins de 25 ha ou de moins de 100 m de large, ce qui contribue
à expliquer les différences importantes de taux d?artificialisation
avec les résultats de Teruti-Lucas, l?enquête sur l?utilisation des
terres réalisées annuellement par le service de la Statistique et de
la Prospective du ministère en charge de l?Agriculture. Cette enquête
tient compte des petites surfaces artificialisées.
En 2008, la part du territoire couvert par des espaces artificialisés
est de 9,4 % selon Teruti-Lucas, dont presque la moitié correspond
à des sols revêtus ou stabilisés, notamment les routes, structures la
plupart du temps non détectées par CORINE Land Cover. Depuis les
années 1990, la progression moyenne des terres artificialisées est
d?un peu plus de 60 000 ha par an selon Teruti-Lucas.
Les résultats issus de ces deux programmes sont cohérents même
si les valeurs diffèrent. Ils montrent tous deux la progression impor-
tante et continue de l?artificialisation sur le territoire métropolitain
depuis les années 1990 et les années 1980 respectivement.
Limites et précautions :
différences avec l?enquête Teruti-Lucas
Commentaire
En 2006, les espaces artificialisés représentent 5,1 % de la superficie
de la France métropolitaine selon la base de données géographiques
CORINE Land Cover. 59,8 % de terres agricoles, 34,4 % de forêts, milieux
naturels et zones humides et 0,7 % de surfaces en eaux occupent le reste
du territoire.
L?ÃŽle-de-France, le Nord, l?Alsace, le couloir rhodanien et le littoral en
général, territoires à forte densité de population permanente ou saison-
nière, sont plus artificialisés que le reste de la métropole. Des régions
comme le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, mais aussi la Bretagne et les
Pays de la Loire, apparaissent à la fois très agricoles et artificialisées, peu
de surfaces étant disponibles pour les forêts et les autres milieux
naturels.
La progression de l?artificialisation a lieu principalement aux alentours
des grandes villes, le long des réseaux de transport et dans les vallées
ainsi que dans les espaces proches du littoral.
Taux de progression de l?artificialisation par canton
entre 2000 et 2006
Taux d'évolution entre 2000 et 2006 (%)
Plus de 12
Entre 6 et 12
Entre 3 et 6
Entre 1,5 et 3
Entre 0 et 1,5
0 ou moins
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. © IGN, GEOFLA®, 2006.
Artificialisation et consommation
des espaces naturels
La part des espaces artificialisés en France métropolitaine est de 5,1 % en 2006, selon l?inven-
taire CORINE Land Cover. Ces espaces ont augmenté de 3 % depuis 2000, aux dépens principa-
lement de terres agricoles mais aussi d?espaces naturels. Le littoral, les alentours des grandes
villes et les vallées sont particulièrement concernés. 82 % des pertes de forêts, milieux naturels
et zones humides sont dues à l?artificialisation et 12 % à la mise en culture. Le recul des espaces
ruraux et naturels lié à la progression de l?artificialisation occasionne la perte d?habitats et
s?accompagne d?une fragmentation des milieux.
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
42 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Près de 87 000 ha ont été artificialisés entre 2000 et 2006, principale-
ment aux dépens de l?agriculture (environ 76 000 ha, prairies incluses)
mais aussi des forêts, milieux naturels et zones humides (10 500 ha).
Des espaces artificialisés reculent légèrement, par exemple par
la végétalisation ou la mise en eau d?anciennes carrières. In fine,
les surfaces artificialisées progressent de 3 % entre 2000 et 2006,
prolongeant l?augmentation déjà observée dans les années 1990.
Type d?espaces artificialisés entre 2000 et 2006
44,3 %
15,7 %
27,9 %
7,8 %
1,7 % 2,4 % 0,3 %
Terres arables et cultures permanentes
Territoires agricoles en prairies
Zones agricoles hétérogènes
Forêts
Forêt et végétation arbustive en mutation
Pelouses et pâturages naturels, landes et
broussailles, végétation sclérophylle
Espaces sans ou avec peu de végétation,
zones humides, surfaces en eau
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006.
Le tissu urbain discontinu, les zones industrielles et commerciales et
les grandes infrastructures de transport représentent 90 % des surfaces
artificialisées. Ces formes d?artificialisation non seulement sont consom-
matrices d?espaces mais contribuent également à cloisonner les milieux,
réduisant les surfaces des espaces non fragmentés. Alors que les espaces
verts urbains ont tendance à reculer légèrement, les équipements spor-
tifs et de loisirs continuent de s?étendre, principalement aux dépens de
terres arables et de prairies.
Si l?artificialisation est de loin la principale cause des pertes de forêts,
milieux naturels et zones humides (82 % des 12 800 ha perdus), elle
n?est toutefois pas la seule. Les terres arables et cultures permanentes
? qui subissent une très forte pression de l?artificialisation ? gagnent
également du terrain sur les milieux naturels et sont à l?origine de 12 %
des pertes de ces derniers.
Devenir des forêts, milieux naturels et zones humides
perdus entre 2000 et 2006
81,6 %
11,9 %
2,1 %
2,7 %1,7 %
Territoires artificialisés
Terres arables et cultures permanentes
Territoires agricoles en prairies
Zones agricoles hétérogènes
Surfaces en eau
Source : UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006.
CORINE Land Cover est un programme de l?Agence européenne
pour l?environnement. Cette base de données géographiques est
issue de l?interprétation visuelle d?images satellitaires, avec des don-
nées complémentaires d?appui. L?échelle de production est de
1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie des unités
d?occupation homogène des sols. La version 2006 est le 3e millé-
sime après 1990 et 2000. Elle est issue d?une révision de la version
2000, compilée avec les changements de plus de 5 ha intervenus
entre 2000 et 2006 puis redressée afin d?obtenir des unités homo-
gènes de plus de 25 ha.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la
BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.
Méthodologie
En savoir plus
? CGDD-SOeS, 2009. « La France vue par CORINE Land Cover,
outil européen de suivi de l?occupation des sols », Le Point
sur, n° 10, avril 2009. 4 p.
Site Internet
? Consultation et téléchargement des statistiques de l?occupation
des sols :
http://www.ifen.fr, rubrique « Bases de données » > « Occupation
des sols » (CORINE Land Cover)
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
43Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Paysages et biodiversité sont liés à des facteurs naturels tels que le
relief ou le climat mais également aux modes d?occupation des sols en
lien avec les activités humaines et leur histoire. Les milieux naturels
peuvent être fortement impactés par la progression ou le recul de
certains types d?occupation des sols. Ainsi, l?artificialisation est à l?origine
de la destruction d?habitats et d?une fragmentation des espaces naturels.
Les évolutions au sein des territoires agricoles (déprise, intensification?)
ont également d?importantes conséquences sur la biodiversité et
les paysages.
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de la
faune reposent sur une palette d?outils aux objectifs et aux modalités de
mise en oeuvre variés : création d?aires protégées par voies réglemen-
taire ou contractuelle, par maîtrise foncière, suite à des engagements
internationaux ou dans le cadre du déploiement du réseau Natura 2000.
Cette fiche présente l?occupation des sols et ses évolutions à l?intérieur
de ces différents types d?espaces naturels protégés ainsi que dans leurs
proches environs.
Commentaire
Par rapport à l?ensemble du territoire métropolitain, les espaces natu-
rels protégés se caractérisent par leur faible taux d?artificialisation. Il est
quasi nul dans les coeurs des parcs nationaux, les quelques rares routes
et bâtiments présents étant diffus et indétectables par la méthode
d?observation. À l?opposé, les parcs naturels régionaux et les réserves de
biosphère, vastes espaces de mise en oeuvre du développement
durable, se distinguent par leur taux d?artificialisation plus élevé (respec-
tivement 2,6 % et 3,1 % en 2006), demeurant toutefois inférieur au taux
national (5,1 %). Si l?artificialisation des territoires n?atteint pas ou peu
l?intérieur des aires protégées, elle représente néanmoins une pression
importante aux portes de certaines d?entre elles.
Les aires protégées métropolitaines, et dans une moindre mesure leurs
proches alentours, sont également caractérisées par une proportion plus
faible de territoires agricoles (hors prairies) qu?au niveau national, notam-
ment dans les espaces sous protection réglementaire. Les prairies,
pelouses et pâturages naturels sont particulièrement bien représentés
(environ 26 % des surfaces) dans les aires d?adhésion des parcs
nationaux et les sites acquis ou gérés par les Conservatoires d?espaces
naturels par rapport aux autres types d?aires protégées (de 3,6 % à 20 %)
ou au taux national (18 %).
Avec les modifications observées au sein des milieux naturels eux-
mêmes (notamment entre les forêts et les espaces forestiers et arbustifs
en mutation), l?artificialisation est l?une des principales évolutions de
l?occupation des sols constatées sur la période 2000-2006, poursuivant
ainsi la tendance des années 1990.
Évolution de l?occupation des sols dans
et autour des espaces naturels protégés
L?analyse des modifications de l?occupation des sols permet une première approche des évolutions des
paysages et des milieux à l?intérieur et autour des espaces naturels protégés. Dans le prolongement des
années 1990, ces derniers ne se sont pas ou peu artificialisés entre 2000 et 2006. A contrario, leurs alen-
tours ont été impactés par la progression de l?artificialisation observée au niveau national durant cette
période. Le recul des prairies persiste dans les aires protégées et leurs environs comme au niveau national
mais à un degré moindre que dans la décennie précédente.
Les aires protégées n?ont pas ou peu été touchées par cette
progression de l?artificialisation. Les espaces les plus concernés par ce
phénomène ? tout en restant nettement inférieur à la moyenne
nationale ? sont les sites Ramsar, les réserves de biosphère et les
parcs naturels régionaux, territoires plus grands aux enjeux mixtes de
développement et de conservation, englobant des zones
urbanisées.
L?artificialisation exerce globalement une forte pression autour des
réserves naturelles et des sites Ramsar ? ce qui s?explique en partie
par un « effet littoral ». Celui-ci est dû à la présence d?un certain
nombre de ces sites sur le littoral, territoire qui subit une
artificialisation deux fois plus importante que la moyenne
métropolitaine. L?artificialisation touche également les alentours des
réserves de biosphère et des sites Natura 2000 mais dans une
moindre mesure.
L?occupation des sols est analysée à partir de la base de
données géographiques CORINE Land Cover, issue de la photo-
interprétation d?images satellitaires. L?échelle de réalisation est
de 1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie
des unités d?occupation homogène des sols. La version 2006,
faisant suite aux années 1990 et 2000, est produite par
révision de la version 2000, compilée avec les changements de
plus de 5 ha intervenus entre 2000 et 2006 puis redressée afin
d?obtenir des unités homogènes de plus de 25 ha.
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et
de la faune reposent sur une gamme d?outils variés quant à leurs
objectifs et leurs modalités de mise en oeuvre. On distingue le
réseau Natura 2000 (en application de deux directives
européennes), les espaces protégés par voie réglementaire (coeur
de parc national, réserves naturelles?) avec interdiction ou
limitation des activités humaines, les espaces protégés par voie
contractuelle (aire d?adhésion de parc national, parc naturel
régional, zone humide Ramsar?) s?appuyant sur une charte ou une
convention internationale et les espaces protégés par maîtrise fon-
cière (action du Conservatoire du littoral notamment).
Le territoire autour des aires protégées est celui d?une bande de
1 km pour les sites de moins de 1 000 ha, de 2 km pour les sites
entre 1 000 et 100 000 ha et de 3 km pour les plus grands.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant
la BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
44 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
L?occupation des sols dans et autour des aires protégées en 2006
En % de la surface des types d?espace
Type d?espace
Territoires
artificialisés
Terres
agricoles1
Prairies,
pelouses,
pâturages
naturels
Forêts2
Landes,
milieux
arbustifs,
forêt en
régénération
Zones
humides
et milieux
aquatiques
Glaciers,
roche nue,
végétation
clairsemée
Plages,
dunes et
sable
Estuaires
et mer
Natura 2000
Intérieur 0,7 12,6 12,8 23,6 5,8 5,0 4,1 0,2 35,0
Alentours 6,5 36,5 16,0 26,3 4,7 0,8 2,0 0,1 7,0
Parcs nationaux
Coeurs 0,0 0,4 20,0 23,1 7,8 0,1 48,3 0,0 0,4
Aires d?adhésion 1,0 4,6 26,4 36,9 9,4 0,4 21,2 0,0 0,0
Alentours 0,6 4,6 22,7 32,2 9,4 0,2 30,1 0,1 0,0
Réserves naturelles
Intérieur 0,2 1,2 10,5 19,2 4,8 16,9 11,5 0,6 35,0
Alentours 4,9 16,9 15,9 26,5 7,0 7,2 9,2 0,3 12,0
Réserves nationales de chasse et de faune sauvage
Intérieur 0,8 1,5 9,2 36,4 6,5 28,5 8,7 0,0 8,4
Alentours 6,0 21,2 14,4 39,5 5,9 3,4 7,8 0,1 1,8
Réserves biologiques domaniales ou forestières
Intérieur 0,1 0,2 3,6 72,0 14,4 0,3 9,3 0,2 0,0
Alentours 1,4 7,3 10,7 61,5 10,2 1,3 6,3 0,1 1,0
Parcs naturels régionaux
Intérieur 2,6 25,3 21,7 39,4 7,1 1,9 1,9 0,1 0,0
Alentours 5,0 33,5 20,3 28,8 5,7 1,7 1,5 0,1 3,3
Zones humides Ramsar
Intérieur 1,6 32,1 17,8 17,2 1,7 26,5 0,0 0,3 2,7
Alentours 9,2 49,2 16,8 10,7 1,5 3,0 0,0 0,2 9,4
Réserves de biosphère3
Intérieur 3,1 25,0 8,4 40,1 9,2 7,7 1,3 0,4 4,9
Alentours 5,9 35,4 8,8 26,3 7,6 0,8 0,9 0,5 13,2
Sites du Conservatoire du littoral
Intérieur 1,1 8,5 10,7 10,7 27,5 35,2 2,5 3,3 0,4
Sites des Conservatoires d?espaces naturels4
Intérieur 1,9 7,5 26,1 29,5 15,3 4,7 13,0 0,4 0,6
France (métropole) 5,1 44,0 18,1 25,9 4,2 1,0 1,6 0,1 0,0
Note :
1 Prairies exclues.
2 Hors forêts et végétation arbustive en mutation.
3 Toutes zones confondues.
4 Sites acquis ou gérés.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ;
RBDF, RNCFS, sites du CdL, sites des CEN, 2009 ? RNF-SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
45Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pr
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Progression de l?artificialisation entre 2000 et 2006
dans et autour des aires protégées
En % de la surface des types d?espace
0 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Métropole
Natura 2000
Parcs nationaux
(aire d'adhésion)
Réserves naturelles
Réserves nationales de chasse
et de faune sauvage
Réserves biologiques
domaniales ou forestières
Parcs naturels régionaux
Zones humides Ramsar
Réserves de biosphère
Alentours
Intérieur
Note : Le taux représenté est celui observé sur l?ensemble de la période 2000-2006 (il ne s?agit pas
d?un taux annuel). L?intérieur des coeurs des parcs nationaux n?a subi aucune artificialisation.
Les réserves naturelles regroupent les réserves naturelles nationales (RNN), les réserves naturelles de
Corse (RNC) et les réserves naturelles régionales (RNR).
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs
nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, 2009 ? RNF-
SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
Le recul des prairies observé dans toutes les régions depuis 1990 se
poursuit mais à un rythme plus faible entre 2000 et 2006. Cette inflexion
est également notée au sein des aires protégées comme dans leurs pro-
ches environs. Les sites Ramsar et leurs alentours demeurent l?outil de
protection le plus touché, devant les sites Natura 2000 et les parcs natu-
rels régionaux. Les espaces sous protection réglementaire ne sont pas ou
peu concernés par ce phénomène.
Évolution des surfaces de prairies, pelouses et pâturages
entre 2000 et 2006 dans et autour des aires protégées
En % de la surface des types d?espace
Métropole
Natura 2000
Parcs nationaux
(aire d'adhésion)
Parcs nationaux (coeur)
Réserves naturelles
Réserves nationales de chasse
et de faune sauvage
Réserves biologiques
domaniales ou forestières
Parcs naturels régionaux
Zones humides Ramsar
Réserves de biosphère
Alentours
Intérieur
-0,09 -0,08 -0,07 -0,06 -0,05-0,04 -0,03 -0,02 -0,01 0 0,01
Note : Le taux représenté est celui observé sur l?ensemble de la période 2000-2006 (il ne s?agit pas
d?un taux annuel). Les réserves naturelles regroupent les réserves naturelles nationales (RNN), les
réserves naturelles de Corse (RNC) et les réserves naturelles régionales (RNR).
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN : parcs
nationaux, RNN, RNC, PNR, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, 2009 ? RNF-
SOeS, 2008 (RNR). UE-SOeS, CORINE Land Cover 2006. Traitements : SOeS, 2010.
En savoir plus
? Ifen, 2007. « Changements modérés de l?occupation des sols
dans les espaces naturels protégés », Le 4 pages, n° 119,
octobre 2007. 4 p.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
46 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
47Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
Les 152 sites suivis les plus étendus se composent de zones humides
mais également d?espaces agricoles ou urbanisés connexes. L?occupation
des sols en 2006 et son évolution depuis 2000 apportent des indications
sur les pressions qui s?exercent sur les zones humides du fait des
activités humaines ou du fonctionnement hydrologique.
Commentaire
Les zones humides étudiées sont caractérisées par une forte propor-
tion de prairies (21,8 %) et de terres arables non irriguées (20,1 %). Dans
leur ensemble, les territoires agricoles couvrent 51,5 % de la superficie
des sites. Les autres catégories les plus présentes sont les forêts et milieux
semi-naturels (22,4 %), puis les surfaces en eaux (11,8 %) et les zones
humides (10,8 %). Ces deux dernières catégories sont beaucoup plus
fréquentes sur le littoral méditerranéen et atlantique que dans les autres
types de sites. Les territoires artificialisés couvrent 3,5 % des zones
humides étudiées, avec une prédominance du tissu urbain discontinu,
puis des secteurs d?extractions de matériaux, et des zones industrielles
et commerciales. Ce taux atteint 6 % dans les vallées alluviales, soit
presque trois fois plus que dans les sites littoraux.
Occupation des sols en 2006 par type de zone humide
0 %
20 %
40 %
60 %
80 %
100 %
Litto
ral atlantique,
Manche et m
er du Nord
Litto
ral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines in
térieures
Ensemble des
152 zones humides
En % de surfaces
Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Source : CGDD-SOeS, 2004. UE-SoeS, CORINE Land Cover 2006.
Occupation des sols dans 152 zones humides
en 2006 et évolution depuis 2000
En 2006, l?occupation des sols dans un échantillon national de 152 zones humides est dominée par les
territoires agricoles. Ils couvrent 51,5 % de leur superficie et se répartissent essentiellement en prairies
(22 %) et terres arables (20 %). Entre 2000 et 2006, l?artificialisation de nouvelles terres a touché tous
les types de zones humides, avec une augmentation totale de 3 090 ha, soit 0,13 % de la superficie totale
des sites. Les surfaces en eau ont progressé de 1 070 ha. À l?inverse, les terres agricoles ont régressé
(- 3 960 ha), surtout dans les plaines intérieures et les vallées alluviales.
Entre 2000 et 2006, la superficie totale des zones humides au sein des
sites étudiés semble se stabiliser alors qu?elle régressait entre 1990 et
2000. Les changements d?occupation des sols ont affecté 0,35 % de la
superficie des sites étudiés. Par rapport à la décennie 1990-2000, l?artifi-
cialisation et la création de surfaces en eau se sont poursuivies aux
dépens des territoires agricoles et des forêts et milieux semi-naturels.
Évolution de l?occupation des sols par type de zone humide
entre 2000 et 2006
-4 000
-3 000
-2 000
-1 000
0
1 000
2 000
3 000
4 000
Surfaces en ha
Litto
ral atlantique,
Manche et m
er du Nord
Litto
ral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines in
térieures
Ensemble des
152 zones humides
Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Source : CGDD-SOeS, 2004. UE-SoeS, CORINE Land Cover 2000 et 2006.
Entre 2000 et 2006, les surfaces artificialisées ont augmenté de plus
de 3 000 ha dans les sites suivis, ce qui représente 0,13 % de la
superficie totale des 152 zones étudiées, un taux légèrement inférieur
à la moyenne nationale (la progression des surfaces artificialisées
entre 2000 et 2006 représentent 0,16 % du territoire métropolitain).
C?est dans les vallées alluviales que la part de territoire affectée est
la plus importante. L?artificialisation (urbanisation, développement
d?infrastructures routières ou de loisirs, aménagements touristiques
ou portuaires) s?est produite essentiellement au détriment de terres
agricoles. Les surfaces en eau s?étendent aussi, particulièrement dans
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
48 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
les vallées alluviales puis dans les plaines intérieures. Au total 1 066 ha
de plans d?eau sont apparus, sur des secteurs qui en 2000 étaient en prairies
(408 ha) ainsi que sur d?anciennes zones d?extractions de matériaux
(77 ha). Les territoires agricoles ont connu un recul, avec une perte
totale de 3 960 ha, correspondant à 0,16 % de la superficie des sites.
Ce sont les vallées alluviales puis les plaines intérieures qui sont le
plus concernées. Dans cette catégorie, les pertes nettes les plus
importantes portent sur les prairies (- 1 847 ha), qui sont converties
pour une grande part en terres arables et en plans d?eau. Par ailleurs,
on note une faible régression des forêts et milieux semi-naturels
(- 276 ha). Elle touche tous les types de zones humides hormis les
vallées alluviales où les surfaces ont augmenté, en raison de la
fermeture des milieux. La catégorie zones humides progresse
légèrement dans l?ensemble, cette relative stabilité faisant suite Ã
une diminution des surfaces entre 1990 et 2000.
Le bilan par type de zone humide montre que les vallées alluviales
connaissent les mutations les plus prononcées, avec les plus forts taux de
progression d?artificialisation et de disparition de terres agricoles entre
2000 et 2006, comme entre 1990 et 2000. C?est également dans ces
secteurs que les mesures de protection et de gestion des espaces
naturels sont les moins nombreuses.
Les données portent sur un échantillon national de 152 sites com-
prenant des milieux humides et couvrant 2,4 millions d?hectares du
territoire métropolitain. Ces sites, définis en 1991 à l?occasion d?une
évaluation nationale, ont été choisis pour leur caractère représen-
tatif des différents types d?écosystèmes présents sur le territoire
métropolitain et des services socio-économiques rendus. Cette
sélection a été réalisée afin d?assurer un suivi des zones humides
en France, qu?elles fassent ou non l?objet de protection. Ils se répar-
tissent en quatre types : plaines intérieures ; vallées alluviales ;
littoral méditerranéen ; littoral atlantique, Manche et mer du Nord.
Les résultats présentés ici ne peuvent donc pas être extrapolés
à l?ensemble des zones humides françaises.
CORINE Land Cover (CLC) est un outil européen de suivi de l?occu-
pation des sols (CORINE pour Coordination de l?information sur
l?environnement). Les résultats sont issus de l?exploitation des
versions 2000 et 2006 actuellement disponibles. Il s?agit d?une base
de données géographiques présentant l?inventaire de l?occupation
des sols en 44 postes regroupés en 5 types : territoires artificialisés,
terres agricoles, forêts et milieux naturels ouverts, zones humides,
surfaces en eau. Cette base est définie à l?échelle du 1/100 000, les
objets de moins de 25 ha et de moins de 100 m de large ne sont
pas pris en compte, de même que les changements d?occupation
des sols entre 2000 et 2006 inférieurs à 5 ha. CLC ne permet pas
de faire la distinction entre les milieux humides et non humides
pour les prairies, landes et forêts, et ne permet pas d?identifier
les peupleraies.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? L?ensemble des fiches indicateurs du SOeS portant sur les
zones humides :
http://www.ifen.fr, rubrique « Territoire » > « Zones humides »
? Le portail consacré aux zones humides :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr/
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
IDD
49Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution de la consommation
de produits phytosanitaires
Entre 2000 et 2006, la consommation de produits phytopharmaceutiques est plutôt en diminution, alors
que le niveau de la production végétale est resté quasiment stable. Le plan Ecophyto 2018 mis en place
par le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche à la suite du Grenelle de l'environne-
ment, vise à une réduction de 50 % de l?utilisation des pesticides, si possible, à l'horizon 2018, tout en
maintenant un niveau de production agricole élevé. L'adoption récente du « paquet pesticides » par le
Parlement européen et les ministres de l'UE est le reflet d'une préoccupation qui concerne toute l'Europe.
Contexte
La plupart des produits phytosanitaires contiennent des molécules
organiques de synthèse dont les propriétés toxiques permettent de
lutter contre certains organismes (plantes, champignons, insectes?), qui
sont en concurrence ou attaquent les productions agricoles. Ils sont
également utilisés par les gestionnaires de réseaux de transport, par
les collectivités locales ou par les particuliers.
Parce que ces produits agissent sur les organismes vivants, ils peuvent
aussi avoir des impacts négatifs sur la santé, les ressources naturelles (air,
eau et sol) et la biodiversité. Les phytosanitaires sont, avec la disparition
des habitats, considérés comme une des principales menaces pour la
biodiversité en milieu agricole.
La réduction de l'utilisation de ces produits est une des composantes
essentielles des objectifs de durabilité des pratiques agricoles. Le Grenelle
de l'environnement a fait émerger un consensus sur la nécessité d'une
politique ambitieuse de réduction de l'utilisation de ces produits, le tout
dans le respect de la compétitivité de l'agriculture française. Cette
politique s'est traduite par l?élaboration du plan Ecophyto 2018, visant Ã
réduire de 50 %, si possible, l'usage de ces produits à l'horizon 2018.
Il s'agit également d'un enjeu européen, qui s'est traduit notamment
par l'adoption le 13 janvier 2009 par le Parlement européen et le
24 septembre 2009 par les ministres de l'Union européenne, du « paquet
pesticides ».
En particulier, le plan Ecophyto 2018, s?inscrit dans la déclinaison
nationale de la directive 2009-128 instaurant un cadre d?action
communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible
avec le développement durable. Celle-ci prévoit en effet l?adoption
de plans nationaux d?action par les États membres.
Commentaire
En France, les grandes cultures au sens large (en y incluant les cultu-
res fourragères intensives) utilisent environ 75 % des produits phytosani-
taires (en termes de dépenses), la viticulture 15 %, l'arboriculture 5 % et
le maraîchage également 5 %. Par contre, par unité de surface, les utili-
sations les plus importantes sont le fait de la viticulture, de l'arboriculture
et du maraîchage et, en grandes cultures, des pommes de terre.
Alors que la quantité de substances actives achetées est en baisse
régulière sur la période (- 18 %), l?indicateur NODU (nombre de doses
unités) augmente à compter de 2003 et limite ainsi la baisse à 7 % sur
la période étudiée. La réduction des tonnages utilisés s?est apparemment
accompagnée de l?utilisation de substances efficaces à plus faible dose.
Évolution de la consommation de produits
phytosanitaires et de la production végétale
80
85
90
95
100
105
2001 2002 2003 2004 2005
Indice base 100 en 2001 (moyenne 2000 ? 2002)
Production végétale
Nombre de « dose unité »
Quantité de substances actives
Note : Moyenne triennale glissante ; DOM inclus ; usage agricole hors traitement de semences.
Source : SSP, d?après les données fournies au « groupe de travail Indicateurs »
du plan Ecophyto 2018 (NODU et QSA) et Compte national de l?agriculture
(pour l?évaluation « en volume » de la production végétale).
Le nombre de doses unités est l'indicateur retenu pour le suivi de
l'évolution de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques dans
le cadre du plan Ecophyto 2018 issu du Grenelle de l?environnement.
Il consiste à rapporter la quantité de substance active vendue Ã
une « dose unité » spécifique de la substance considérée, dérivée
des doses homologuées des produits contenant cette substance. Cet
indicateur permet de mieux appréhender les évolutions de l'utilisa-
tion des produits phytosanitaires en s'affranchissant des évolutions
liées à la substitution de certaines substances actives par d'autres
substances efficaces à plus faible dosage. Ce suivi est complété par
celui des quantités de substances actives vendues (QSA).
L?indicateur NODU présenté, calculé à partir des données des
ventes de substances actives fournies de l'Union des industries de
la protection des plantes, est provisoire. L'indicateur de référence
sera calculé seulement à partir de 2009 à partir des données de
ventes déclarées par les distributeurs au titre de la redevance
pour pollutions diffuses, en application de la loi sur l'eau du
30 décembre 2006.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
50 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
En savoir plus
Sites Internet
? Le plan Ecophyto 2018 :
http://agriculture.gouv.fr/sections/magazine/focus/
phyto-2018-plan-pour
? Note d'analyse N° 4, février 2009. La réduction des usages
de pesticides : le plan Ecophyto 2018 ? Le rôle des indicateurs
d'utilisation pour évaluer l'atteinte des objectifs.
http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/
prospective-evaluations/publications9108
? Expertise scientifique collective pesticides :
http://www.inra.fr/l_institut/expertise/expertises_realisees/
pesticides_agriculture_et_environnement
? Agreste (la statistique, l'évaluation et la prospective agricole) :
enquête pratiques culturales 2006.
http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/enquetes/
pratiques-culturales/
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
SNB
IDD
51Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Évolution de la qualité physico-chimique
des cours d?eau
La pollution des cours d?eau par les matières organiques et phosphorées, issues des rejets urbains et
industriels, a nettement diminué depuis une dizaine d?années, tandis que celle due aux nitrates, majo-
ritairement d?origine agricole, a plutôt tendance à se stabiliser, voire à augmenter encore localement.
Les indices d?évolution calculés à partir des données de surveillance des agences de l?Eau montrent
ainsi une réelle amélioration sur l?ensemble du territoire des paramètres liés aux rejets ponctuels,
grâce notamment aux traitements plus performants des stations d?épuration. L?évolution des
nitrates, très liée aux conditions météorologiques, est plus contrastée géographiquement. Les polluants
toxiques, ou micropolluants, ne sont pas couverts par cet indicateur.
Contexte
La qualité physico-chimique des cours d?eau est une condition du
maintien de la biodiversité aquatique et figure parmi les priorités
européennes. La directive-cadre sur l?eau (DCE) adoptée en 2000 a pour
objectif la préservation et la restauration des milieux aquatiques.
Elle instaure une obligation de résultat : le bon état des eaux en 2015.
La France présente un réseau hydrographique dense, mais fragilisé par
des pratiques agricoles intensives et réceptacle des rejets domestiques
et industriels. Dès le début des années 70, les cours d?eau ont fait l?objet
d?une surveillance dite « patrimoniale » régulière, sous la responsabilité
des agences de l?Eau.
Les nitrates proviennent principalement de l?utilisation d?engrais
pour l?agriculture ; l?ammonium (ou azote ammoniacal), peu
présent dans les eaux naturelles, est un indicateur de performance
des stations d?épuration ; les orthophosphates interviennent avec
les nitrates dans les processus d?eutrophisation. Le quatrième
paramètre est la demande biochimique en oxygène (DBO) des
matières organiques contenues dans l?eau.
Les 4 paramètres retenus sont emblématiques de l?état physico-
chimique des cours d?eau, mais ils ne sont pas suffisants pour caracté-
riser, à eux seuls, l?état écologique des eaux. Il dépend également de
la présence de micropolluants (pesticides, métaux, hydrocarbures?),
du régime hydrique ou de l?état physique du cours d?eau (présence
de barrages?).
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1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
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480
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660
720
Précipitations Nitrates Orthophosphates Ammonium DBO Indice
Indice base 100 en 1998 Volume des précipitations (en millards de m3)
Évolution de la pollution des cours d?eau par les macro-polluants
Source : SOeS, d?après agences de l?Eau, Météo-France, MEEDDM.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
52 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Commentaire
La demande biochimique en oxygène, indicateur de la quantité de
matières organiques biodégradables présentes dans l?eau, est en baisse
régulière depuis 1998 (- 30 %), résultat de meilleures performances obte-
nues par les stations d?épuration. L?ammonium, autre paramètre carac-
téristique de l?efficacité des traitements épuratoires, présente lui aussi
une tendance en baisse mais plus influencée par la faible pluviométrie
des années 2003 et 2005, qui a entraîné une mauvaise dilution. De
même, les orthophosphates diminuent, de près de 40 % sur la période,
sous l?effet conjugué d?une réduction sensible des apports agricoles et
d?une amélioration de la performance des stations urbaines. La tendance
est moins marquée sur les nitrates, où l?indice indique plutôt une stabi-
lité, voire une légère tendance en hausse.
Les évolutions des nitrates sont contrastées suivant les bassins. On
observe une dégradation dans les bassins où les teneurs en nitrates
étaient les plus faibles. Au contraire, la situation tend à s?améliorer là où
les concentrations étaient parmi les plus élevées : c?est le cas des bassins
fortement agricoles dans l?Ouest, où l?utilisation d?intrants azotés a dimi-
nué. Les bassins de la Seine et la Somme font exception : les teneurs,
élevées, gardent une tendance à la hausse. Les conditions météorologi-
ques jouent également un rôle, les années sèches étant à l?origine de
surplus azotés lessivés les années suivantes.
Malgré ces évolutions globalement assez favorables, les efforts sont Ã
poursuivre pour respecter les objectifs de bon état des eaux assignés par
la DCE.
Les indices d?évolution de la qualité physico-chimique utilisent
les données de surveillance des cours d?eau des agences de l?Eau
sur la période 1998-2007. La disponibilité très incomplète des don-
nées outre-mer a conduit à restreindre ici l?étude à la France
métropolitaine.
L?indice se basant sur des moyennes annuelles de concentration,
seules les stations disponibles au minimum deux années de suite
et présentant plus de 4 analyses dans l?année, dont au moins 1 par
trimestre ont été sélectionnées. L?indice est calculé par paramètre
et par bassin versant selon les étapes suivantes :
- calcul de la concentration moyenne annuelle sur le bassin ;
- calcul de l?indice élémentaire d?évolution à partir des concen-
trations moyennes annuelles des bassins et en utilisant un indice
de type chaîné. La base 100 se situe en 1998.
Les agrégations, nationales ou typologiques, ont été menées Ã
partir des concentrations des bassins, pondérées par leur surface,
présentant des séries complètes de données sur la période. Certains
bassins du Sud-Est ont par conséquent été écartés. L?agrégation
nationale couvre ainsi 93 % du territoire.
Méthodologie
Évolution des nitrates sur la période 1998 ? 2007
Évolution des nitrates par bassin
En baisse
Relativement stable
En hausse
Tendance extraite sur une série
de données incomplètes
Concentration en nitrates
par bassin en 2007
35,2 mg/L
14,1 mg/L
Source : agences de l'Eau, MEEDDM, traitement SOeS, 2009.
En savoir plus
CGDD-SOeS, 2009. « Méthodologie de l'indice d'évolution de
la qualité physico-chimique des cours d'eau » (Document
technique). Orléans : SOeS. 17 p.
Sites Internet
? http://www.ifen.fr, rubrique « Eau »
? Portail de l'eau :
http://www.eaufrance.fr
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
0 50 100 km
Niveau de présence (nombre de départements)
(35)
(34)
(17)
(10)Espèce présente sur la majorité du département
Populations clairsemées
Espèce absente
Individus isolés ou rares
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
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IDD
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Contexte
La production mondiale de poissons, mollusques et crustacés est de
150 millions de tonnes en 2006 (FAO), issues pour deux tiers de la pêche
et d?un tiers de l?aquaculture. Elle a fortement augmenté ces dernières
décennies du fait de la croissance de la population mondiale et de
l?augmentation de la consommation moyenne par personne de produits
de la mer. Près de 80 % des stocks mondiaux de poissons sont
pleinement exploités ou surexploités (FAO, 2006) alors que la ressource
a longtemps été estimée inépuisable.
Les eaux de l?Atlantique du Nord-Est, représentant les trois quarts des
captures françaises (73 %), n?y échappent pas. Les captures françaises y
ont diminué de plus de 30 % depuis les années 70, en passant de
700 000 tonnes en 1968 Ã 400 000 tonnes en 2008. La surexploitation
des ressources halieutiques constitue une préoccupation importante.
Elle entraîne une diminution de la diversité de la faune et de la flore
marines et le déclin économique des pêcheries concernées.
Évolution des stocks des espèces pêchées
en Atlantique du Nord-Est
Les stocks de poissons, mollusques et crustacés diminuent au niveau mondial du fait de la surpêche.
La situation dans l?Atlantique du Nord-Est où les bateaux français effectuent les trois quarts de leurs
captures diffère suivant les types d?espèces. En 2006, elle est plutôt bonne pour les espèces pélagiques
mais nettement moins pour les espèces vivant sur les fonds marins ou à proximité. En Manche Ouest et
dans le golfe de Gascogne, 20 % des stocks étudiés sont dans une situation critique.
Commentaire
En Atlantique du Nord-Est, la situation est assez bonne pour les
espèces pélagiques (espèces vivant dans la colonne d?eau comme les
maquereaux ou les harengs) : en 2006, seulement 13 % de leurs stocks1
ont une biomasse inférieure à la limite biologique de sécurité.
La situation est plus critique pour les espèces benthiques (poissons plats,
crustacés et coquillages). Après une amélioration entre 2000 et 2004,
la part des stocks sous le seuil de précaution augmente de nouveau pour
atteindre 42 % en 2006. La situation est sensiblement la même pour
les espèces démersales (vivant près du fond), à forte valeur commerciale,
comme le cabillaud et l?églefin. Plus d?un stock sur deux est en dehors
des limites biologiques de sécurité depuis plusieurs années.
? Un stock est la partie exploitable de la population d?une espèce dans une
zone maritime donnée.
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1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
En %
Démersales
Pélagiques
Bentiques
Types d'espèces
Évolution récente des prises de poissons sur les stocks
en dehors des limites biologiques de sécurité
en Atlantique du Nord-EstLocalisation des zones étudiées
Source : Eurostat, 2009. Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).Source : FAO, 2008.
Manche Ouest
Golfe de Gascogne
Atlantique du Nord-Est
dont :
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
54 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Selon l?Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
(Ifremer), dans le golfe de Gascogne, en 2005, 22 % des captures
proviennent de stocks en bon état, 62 % de stocks en situation
intermédiaire, 16 % de stocks en situation critique. En Manche Ouest,
ces valeurs sont respectivement de 18 %, 79 % et 3 %. Au total
(En Manche Ouest et golfe de Gascogne), pour les 53 stocks évalués, envi-
ron 20 % sont en bon état et 20 % sont dans un état critique
(daurade rose, sole, plie, maquereau, empereur?). Les autres sont dans
une situation intermédiaire avec une biomasse faible (anchois, merlu,
langoustine?) ou un taux d?exploitation trop élevé (cardine).
Part des captures en fonction de l'état
des stocks halieutiques
Dans le golfe de Gascogne
État critique
16 %Situation
intermédiaire
62 %
Bon état
22 %
En Manche Ouest
Bon état
18 %
État critique
3 %
Situation
intermédiaire
79 %
Source : Ifremer, 2005. Traitements : SOeS.
L?Union européenne s?est dotée d?une politique commune de la
pêche (PCP) dès janvier 1983. Des totaux admissibles de capture
(TAC) sont définis annuellement. Ils fixent les quantités de poissons
capturables par zone de pêche. Ces TAC, décidés par les ministres
européens des pêches, sont partagés en quotas nationaux. Ils sont
basés sur les travaux scientifiques mis en oeuvre sous l?égide du
Conseil international pour l?exploration de la mer (Ciem) et sont discutés
préalablement par différentes instances. D?autres mesures techniques
sont mises en oeuvre : amélioration de la sélectivité des engins
de pêche, fermeture de saisons et/ou de zones de pêche.
En 2009, 35 espèces ont fait l?objet de quotas, 22 benthiques et
démersales (cabillaud, langoustine, sole?), 9 pélagiques (anchois,
maquereau, thon rouge?) et 4 espèces profondes comme le grenadier
de roche ou la lingue bleue. Par ailleurs, plusieurs espèces font
l?objet de tailles minimales de capture. Elles étaient 18 en 2008.
L?indicateur d?Eurostat prend en compte les stocks de poissons en
dehors des limites biologiques de sécurité (LBS) à l?intérieur des
eaux européennes. D'une façon générale, on considère qu'un stock
est dans les limites biologiques de sécurité si sa biomasse est
inférieure à la valeur correspondant à un principe de précaution
préconisé par le Ciem, quand sa taille ne garantit pas pleinement
sa survie. Sont pris en compte les stocks pour lesquels le Ciem a
proposé des principes de gestion à la communauté.
Concernant les travaux de l?Ifremer, l?état des stocks halieutiques
est évalué au regard de deux variables, que l?on compare à des
seuils dits « de précaution » :
- la biomasse des reproducteurs : quand la population de reproduc-
teurs chute en dessous d?un certain seuil, dit « biomasse de pré-
caution », caractéristique de chaque stock, les risques de réduction
des capacités reproductrices du stock deviennent très élevés ;
- la pression de pêche subie par les ressources halieutiques :
au-delà d?un certain seuil de mortalité par pêche, les risques de
voir chuter l?abondance des reproducteurs en dessous de la
biomasse de précaution deviennent très élevés.
L?état des stocks est ainsi qualifié de « bon état » s?il respecte
ces deux seuils de précaution, d'« état critique » dans le cas
contraire ou de « situation intermédiaire » s?il ne respecte que
l?un des deux seuils.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) :
http://www.ices.dk
? Ifremer :
http://www.ifremer.fr
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Contexte
Depuis que les échanges commerciaux existent, ceux-ci ont
emmenés avec eux des centaines d?espèces hors de leur aire
géographique d?origine. De nombreuses espèces végétales et animales
ont ainsi été disséminées sur la planète et introduites dans de
nouveaux milieux. Parmi elles, certaines s?adaptent aux conditions
locales, s?installent dans le milieu hôte et s?étendent. Elles correspondent
alors à des espèces naturalisées. Une espèce est considérée comme
envahissante quand elle entre en concurrence avec les espèces
indigènes et produit des changements significatifs dans le fonctionnement
des écosystèmes dans lesquelles elle s?est installée. Les espèces
indigènes rares ou protégées peuvent alors se trouver menacées
de disparition.
Commentaire
Les espèces non indigènes et invasives représentent une menace
importante pour l?équilibre écologique des milieux naturels. D?après
l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), c?est
la deuxième cause de régression et d?extinction d?espèces dans le
monde après la destruction de leur habitat. Elles peuvent provoquer
des maladies, bouleverser les écosystèmes et les appauvrir, perturber
durablement les paysages et limiter les productions agricoles et
conchylicoles ainsi que la pêche. Parmi ces espèces exotiques,
certaines sont connues par le grand public : le ragondin, la tortue de
Floride, les écrevisses américaines ou encore la caulerpe, Caulerpa
taxifollia, surnommée l?algue tueuse en Méditerranée.
Espèces introduites et envahissantes
en France métropolitaine
Les échanges commerciaux ont entrainé, depuis qu'ils existent, une dissémination de
nombreuses espèces végétales et animales. Certaines d'entre elles sont invasives, ce qui est
la deuxième cause de régression et d?extinction d?espèces dans le monde après la destruction de leur
habitat d?après l?Union internationale pour la conservation de la nature. L?étude et le suivi de ces espèces
sont devenus essentiels. Ainsi la base de données DAISIE recense les espèces introduites en Europe. 1 919
espèces continentales (aquatiques ou terrestres) ont été introduites en Europe, dont deux tiers de plantes.
Dans le milieu marin, 113 espèces introduites sont présentes sur les façades Manche - mer du Nord et
Atlantique et 83 en Méditerranée. Ce sont surtout des crustacés et des mollusques dans le premier cas et des
algues rouges dans le second. Parmi les espèces introduites, environ 5 % sont considérées comme envahissantes
pour le milieu continental, comme pour le milieu marin.
Les espèces introduites et invasives sur le continent
D?après la base de données DAISIE (Delivering Alien Invasive
Species Inventories for Europe), la France métropolitaine compterait
1 919 espèces continentales introduites sur son sol (dont 99 % d?espèces
terrestres). Les deux tiers des espèces introduites sont des végétaux,
près d?un tiers sont des animaux. D?après l?Inventaire national du
patrimoine naturel (INPN), 111 espèces sont considérées comme
invasives ou envahissantes, soit 5 % des espèces terrestres introduites.
66 % des espèces invasives appartiennent aussi au règne végétal,
19 % sont des vertébrés et 15 % sont des invertébrés. Si les plantes
représentent la majorité des espèces introduites et envahissantes,
il est intéressant de remarquer que les vertébrés introduits semblent
avoir un risque élevé de devenir envahissants (15 % des espèces
envahissantes pour seulement 3,5 % des espèces introduites).
La majorité de ces espèces ont été introduites de manière
involontaire par le développement des échanges commerciaux et les
déplacements de plus en plus importants. Cependant, l?introduction
s?est aussi faite par les cultures et les élevages, comme le vison
d?Amérique ou le ragondin introduits en Europe au XIXe siècle. Mais ce
fut aussi le cas pour des espèces qui ont été importées pour des
raisons ornementales, l?aménagement de bassins extérieurs ou
l?aquariophilie. C?est par exemple le cas des Jussies (Ludwiga peploides
et Ludwigia grandiflora), dont la prolifération provoque d?importantes
nuisances dans les plans d?eau et les zones humides. Elles gênent
l?écoulement des cours d?eau et entraînent une accélération du
comblement du milieu, la sédimentation étant augmentée par ces
herbiers. Le comblement est aussi accentué par l?accumulation de la
litière issue de la dégradation de cette importante biomasse.
Ces herbiers peuvent aussi avoir de forts impacts sur la qualité
physico-chimique des eaux, en particulier sur la teneur en oxygène
dissous et sur le pH. Le pH est nettement plus faible en présence de
la plante et la très faible teneur en oxygène des eaux permet
seulement la survie des espèces les plus résistantes. Les nuisances
vis-à -vis des usages des plans d?eau sont aussi très importantes pour
la pêche ou la navigation.
La base de données DAISIE recense les espèces introduites en
Europe. Elle s?appuie pour cela sur un réseau d?expert réparti sur
le continent et permet la mise à disposition sur Internet des
données disponibles sur les diverses espèces introduites
en Europe.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
56 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Nombre d?espèces continentales introduites
en France métropolitaine
Note : les espèces terrestres représentent 99 % des espèces continentales introduites
(1 899 espèces) contre 1 % pour les espèces aquatiques continentales (20 espèces).
Source : DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), décembre 2009.
Nombre d?espèces envahissantes continentales
présentes en France métropolitaine
Source : MNHN ? INPN, janvier 2010.
Les espèces introduites et invasives
dans le milieu marin
Les eaux métropolitaines compteraient 113 espèces introduites sur
les façades Manche - mer du Nord et Atlantique et 83 en Méditerranée.
Ce sont surtout des crustacés (23 %) et des mollusques (21 %) dans
le premier cas et des algues rouges (39 %) dans le second. Des espèces
étant communes aux deux milieux, il y a au final 179 espèces
introduites dans le milieu marin métropolitain. Parmi elles, 9 sont
Espèces marines introduites
dans les eaux métropolitaines
73
29
30
50
10
4
0
20
40
60
80
100
120
Atlantique - Manche - mer du Nord Méditerranée
Régne animal (mollusques, crustacés, cnidaires?)
Règne végétal (algues vertes, algues rouges?)
Protistes (chromistes, dinoflagellés?)
Source : DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), décembre 2009.
considérées comme envahissantes soit près de 5 %, comme pour le
milieu terrestre. Il s?agit de crustacés, de mollusques et de plantes.
L?introduction se fait principalement par le biais de l?aquaculture ou
par les transports maritimes (cargaisons et eaux de ballast). Certaines
espèces peuvent aussi être introduites dans le milieu naturel par la
vidange d?aquariums comme la caulerpe (Caulerpa taxifollia).
Espèces marines envahissantes
dans les eaux métropolitaines
Source : MNHN ? INPN, janvier 2010.
1 242
39
569
68
0
500
1 000
1 500
2 000
Végétaux Champignons Invertébrés Vertébrés
74
16
21
0
20
40
60
80
100
120
Plantes Invertébrés Vertébrés
2
4
3
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Plantes
Crustacés
Mollusques
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57Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Parmi ces espèces, la crépidule est un exemple concret de
prolifération. Ce gastéropode d?Amérique du Nord a été introduit
accidentellement en plusieurs phases en Europe avec des importations
d?huîtres. Elle peut provoquer une forte banalisation des fonds marins
qu?elle colonise. Elle peut, par ailleurs, limiter les possibilités de pêche
à la drague et impliquer des coûts importants de nettoyage des
huitres qu?elles colonisent comme à Cancale.
Distribution de Crepidula fornicata (crépidule)
Source : d?après © D. Minchin, 2008 in DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories
for Europe), en ligne.
Les espèces introduites en outre-mer
La situation est aussi très préoccupante dans les collectivités
d?outre-mer où 42 espèces de vertébrés exotiques et près de
300 espèces végétales représentent une menace potentielle pour les
écosystèmes ultramarins. 49 espèces figurant sur la liste établie par
l?UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde sont
présentes dans les collectivités françaises d?outre-mer. Globalement,
l?absence d?animaux brouteurs sur ces territoires isolés a rendu les
espèces végétales très fragiles face à l?implantation des bovins,
chèvres ou cerfs. De même, l?absence de prédateurs a rendu les espèces
animales très vulnérables face à l?introduction des rats, des chats ou
des chiens. En effet, l'absence de pressions exercées par les prédateurs
ne permet pas aux plantes et aux animaux de développer des méca-
nismes de défense.
En savoir plus
? Muller S. et al., 2004. Plantes invasives de France. Paris :
Muséum national d'histoire naturelle, 168 p. (Coll. Patri-
moine naturel n° 62).
Sites Internet
? Base de données DAISIE :
http://www.europe-aliens.org/index.jsp
? Inventaire national du patrimoine naturel :
http://inpn.mnhn.fr/isb/index.jsp
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
58 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
59Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Réponses
60 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
61Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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Évolution des surfaces
d?espaces naturels protégés
Sur la période 1998-2008, les espaces naturels protégés progressent en nombre et en surface.
La hausse des surfaces protégées par voie réglementaire est importante en outre-mer mais moins
marquée en métropole où elle est principalement due à la création de réserves naturelles. En 2008,
ces aires sous protection réglementaire ont une superficie terrestre et marine de 7 950 km² en
métropole et de 43 390 km² en outre-mer. Leurs parties terrestres couvrent 1,26 % du territoire
métropolitain et 28,5 % des collectivités ultramarines. Parallèlement, le succès des parcs naturels
régionaux explique, en métropole, la progression des surfaces sous protection contractuelle. La part terrestre
des aires sous protection contractuelle et engagements internationaux, qui sont généralement de grands
espaces, représente 15,3 % de la métropole en 2008. Le réseau Natura 2000, après un début difficile, couvre
quant à lui aujourd?hui 12,5 % du territoire métropolitain.
Contexte
La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de
la faune reposent sur une gamme d?outils variés quant à leurs objectifs
et leurs modalités de mise en oeuvre. Ces différentes approches
complémentaires visent à apporter une réponse la plus adaptée
possible à la diversité des enjeux et des problématiques rencontrées
sur le terrain.
Quatre grandes catégories d?outils de protection des espaces naturels
peuvent ainsi être distinguées :
- la voie réglementaire (coeur de parc national, réserves naturelles,
arrêté préfectoral de protection de biotope, réserve biologique
domaniale ou forestière et réserve nationale de chasse et de faune
sauvage), en interdisant ou limitant par décret, arrêté ou délibération
du conseil régional les activités humaines dans ces espaces ;
- la voie contractuelle (aire d?adhésion de parc national, parc naturel
régional (PNR) et parc naturel marin), en associant préservation du
patrimoine naturel et développement local dans le cadre d?une
démarche concertée entre les différents usagers d?un territoire
(charte) ; on y associe généralement les engagements internationaux
pris par la France (convention de Ramsar et programme « L?Homme
et la Biosphère » de l?Unesco, dont les démarches sont similaires) ;
- la mise en oeuvre du réseau Natura 2000 en application des direc-
tives européennes « Habitats, Faune, Flore » et « Oiseaux », avec la
création de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de
protection spéciales (ZPS) ; une fois les sites désignés par l?État en
concertation avec les acteurs locaux, la voie contractuelle a été
choisie par la France pour la mise en oeuvre des mesures de gestion
au sein de chaque site ;
- la maîtrise foncière, via l?acquisition de terrains par le Conservatoire
du littoral et les Conservatoires d?espaces naturels, avec le double
objectif de les soustraire aux pressions foncières et d?y mettre en
place des mesures de gestion favorables au maintien de la
biodiversité.
Dans le cadre de la mise en oeuvre du Grenelle de l?environnement,
une stratégie française de création d?aires protégées, s?appuyant sur
ces différents outils, est en cours d?élaboration.
Cette fiche présente l?évolution des trois premières catégories sur la
période 1998-2008.
Commentaire
En dix ans, les aires protégées par voie réglementaire en métropole
ont vu leur nombre progresser de 32 % (1 143 sites en 2008), et leurs
surfaces de 20 % (7 950 km² en 2008). Les évolutions sont encore plus
marquées en outre-mer avec un doublement du nombre de sites
(55 sites en 2008) et un très fort accroissement des surfaces ainsi
protégées grâce à la création, d?une part, de la réserve naturelle
nationale des Terres australes françaises (avec une importante partie
marine) et, d?autre part, de deux parcs nationaux (dont le parc
amazonien de Guyane).
Sur la même période, le nombre d?aires protégées par voie contrac-
tuelle et engagements internationaux a progressé d?un tiers en
métropole (78 sites en 2008), soit un accroissement de 24 % en
termes de surface, et de 50 % en outre-mer (9 sites en 2008).
L?engouement des collectivités locales pour les PNR explique en grande
partie cette dynamique. Avec la création du premier parc naturel marin
en mer d?Iroise en octobre 2007, un nouveau type de parc a également
vu le jour.
La mise en place du réseau Natura 2000 a véritablement débuté au
début des années 2000. Si en 2003 la majeure partie (90 %) des sites
d?intérêt communautaire (SIC, future ZSC) était installée, ce n?est qu?en
2005-2006 que les ZPS progressent significativement. En juin 2008,
l?essentiel de la partie terrestre du réseau Natura 2000 est constitué.
Un même territoire pouvant à la fois être concerné par une ZSC et une
ZPS, le total de la surface terrestre des sites français couvre, sans
doubles comptes, 68 500 km².
SNB
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
62 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Évolution des surfaces terrestres et marines des aires protégées
en France entre 1998 et 2008
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Réseau Natura 2000
1998 2003 2008 1998 2003 2008
Métropole Outre-mer
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
80 000
90 000
100 000
1998 2003 2008 1998 2003 2008
Métropole Outre-mer
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
2003 2008 2003 2008 2003 2008
Sites d'Intérêt
communautaire (SIC) /
Zones spéciales de
conservation (ZSC)
Zones de protection
spéciales (ZPS)
Natura 2000
(sans doubles comptes)
Terre Mer
Terre Mer
Terre Mer
En km2
En km2
En km2
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur
propre droit de l?environnement. Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Les valeurs pour chaque année sont celles au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008).
De nombreux sites Natura 2000 en mer ont été désignés en 2009 portant les surfaces marines
à environ 40 000 km².
Source : MNHN, bases « espaces protégés » et Natura 2000 ? RNF ? FPNR.
Traitements : SOeS, 2009.
En 2008, les parties terrestres des aires métropolitaines protégées
réglementairement couvrent 1,26 % du territoire, soit une hausse de
7 % par rapport à la valeur de 1998 (1,17 %). Outre-mer, elles couvrent
28,5 % du territoire des collectivités concernées alors qu?elles n?en
couvraient qu?Ã peine 6 % en 1998.
Les protections contractuelles couvrent en 2008 15,3 % du territoire
métropolitain contre 12,8 % dix ans auparavant, soit une hausse de
près de 20 %. Cette hausse est encore plus marquée en outre-mer où
ce taux est passé, sur la même période, de 4,7 % à 20,7 %.
En juin 2008, les surfaces terrestres du réseau Natura 2000
représentent 8,4 % (SIC/ZSC) et 7,8 % (ZPS) du territoire métropolitain,
positionnant la France aux 23e et 19e rangs des États membres
européens. Sans doubles comptes, le réseau Natura 2000 couvre Ã
cette date 12,5 % de la métropole alors qu?il n?en couvrait qu?à peine
7 % cinq ans plus tôt.
Évolution de la part des surfaces terrestres des aires protégées
par rapport aux territoires métropolitain et ultramarins
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur
propre droit de l?environnement. Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Les valeurs pour chaque année sont celles au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008).
Source : MNHN, bases « espaces protégés » et Natura 2000 ? RNF ? FPNR.
Traitements : SOeS, 2009.
0
4
8
12
16
20
24
28
1998 2003 2008
Protections réglementaires (métropole)
Protections réglementaires (outre-mer)
Protections contractuelles et engagements
internationaux (métropole)
Protections contractuelles et engagements
internationaux (outre-mer)
Natura 2000
En %
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
63Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
En 2008, les surfaces d?espaces naturels protégés réglementairement
ne représentent que 4,3 % de l?ensemble des surfaces protégées en
métropole. Natura 2000 et les PNR sont les types de protection
dominants en métropole (environ 40 % des surfaces chacun).
La situation est inversée outre-mer, ce qui s?explique en partie par le
fait que Natura 2000 y est sans objet, mais aussi par la très grande
taille de la réserve naturelle des Terres australes françaises et du parc
amazonien de Guyane.
Les données utilisées sont issues de la base « espaces
protégés » (sauf réserves naturelles régionales) et de la base
« Natura 2000 », toutes deux gérées par le Muséum national
d?histoire naturelle pour le compte du ministère en charge de
l?Écologie.
La présente fiche se base sur le dernier jeu de données complet
disponible pour l?ensemble des outils de protection (situation au
1er janvier 2008). Concernant les réserves naturelles régionales,
les données utilisées proviennent d?une synthèse imparfaite
effectuée par Réserves naturelles de France et le SOeS.
Des données plus récentes (2009) sont partiellement disponibles
pour certains types d?espaces, notamment Natura 2000.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la
Méthodologie
En savoir plus
? Visualisation cartographique des aires protégées et accès aux
statistiques correspondantes via l?outil Géoïdd :
http://www.ifen.fr
Répartition des surfaces selon les différents types d?aires protégées en France en 2008
Note : L?outre-mer ne comprend pas la Polynésie ni la Nouvelle-Calédonie qui disposent de leur propre droit de l?environnement.
La situation est celle au 1er janvier (sauf Natura 2000, juin 2008). Les surfaces considérées sont les surfaces totales (terre + mer) des aires protégées. Certaines surfaces peuvent être couvertes par plusieurs
outils de protection (doubles comptes). Natura 2000 ne s?applique pas aux régions ultrapériphériques.
Source : MNHN, base « espaces protégés » ? RNF ? FPNR. Traitements : SOeS, 2009.
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Métropole
Outre-mer
Coeurs de parcs nationaux
Réserves naturelles (RNN, RNC, RNR)
Autres protections réglementaires (APPB, RBDF, RNCFS)
Natura 2000
Parcs naturels régionaux (PNR) et Parcs naturels marins
Aires d'adhésion de parcs nationaux
Engagements internationaux (sites Ramsar et Réserves de biosphère)
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
64 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
65Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
Contexte
Face à la dégradation et la destruction des habitats naturels et aux
pressions qui s?exercent sur les espèces, l?Union européenne s?est dotée
d?un réseau d?espaces naturels baptisé Natura 2000. Créé en vertu de la
directive « Habitats, Faune, Flore » (1992), ce réseau est composé de
zones spéciales de conservation (ZSC) et inclut des zones de protection
spéciale (ZPS) désignées au titre de la directive « Oiseaux » (1979 et
2009). Ces deux types de sites peuvent être chevauchants. Ils visent Ã
assurer la survie à long terme des espèces et habitats parmi les plus
menacés d?Europe (habitats et espèces dits d?intérêt communautaire,
figurant en annexes des deux directives citées).
Tandis que l?outre-mer n?est pas concerné, la métropole a une
grande responsabilité dans la construction de ce réseau européen du
fait de la richesse de son territoire en habitats et espèces d?intérêt
communautaire. L?État français a choisi la concertation avec les acteurs
locaux et la voie contractuelle pour sa mise en oeuvre.
Parallèlement au déploiement du réseau Natura 2000, la France
continue de développer son réseau d?aires protégées par voies régle-
mentaire (réserves naturelles?) et contractuelle (parcs naturels
régionaux, sites Ramsar?) ainsi que par maîtrise foncière (sites du
Conservatoire du littoral?). Cette fiche traite du recouvrement entre le
réseau Natura 2000 et ces différents outils de protection des espaces
naturels.
Commentaire
Après une mise en route difficile à la fin des années 1990, l?essentiel
de la partie terrestre du réseau Natura 2000 français est constitué
mi-2008. Si quelques ajustements mineurs ont eu lieu depuis, les
efforts ont surtout porté sur le volet marin. Ainsi, en juillet 2009, le
réseau compte 1 746 sites couvrant une superficie totale de plus de
108 260 km², dont environ 37 % en mer.
En juillet 2009, un quart de l?ensemble des surfaces du réseau
Natura 2000 (terre et mer) est également concerné par au moins un
autre outil de protection d?espaces naturels. 7 % des surfaces du réseau
sont couvertes par au moins un outil de nature réglementaire et 20 %
par un outil de type contractuel ou un engagement international.
On note peu de différences entre les deux types de sites Natura 2000 ;
les ZSC sont un peu plus couvertes par des aires protégées par voie
contractuelle (23 %) que les ZPS (19 %).
Recouvrement du réseau Natura 2000
par d?autres espaces protégés
En juillet 2009, le réseau Natura 2000 compte 1 746 sites couvrant plus de 108 260 km² dont
environ 37 % en mer. Un quart de l?ensemble de ces surfaces est concerné par au moins un autre
type de protection. Le recouvrement de Natura 2000 avec les parcs naturels régionaux est assez
faible au regard de l?étendue de ces deux réseaux. Si les sites Natura 2000 sont peu couverts par
les aires protégées réglementairement parce qu?elles ne représentent que 1,26 % du territoire
métropolitain, celles-ci sont néanmoins inscrites en quasi-totalité dans le réseau Natura 2000, de même
que les sites sous maîtrise foncière du Conservatoire du littoral.
Surfaces des sites Natura 2000 également couvertes
par une protection réglementaire ou contractuelle
0 % 5 % 10 % 15 % 20 % 25 %
SIC/ZSC
ZPS
Natura 2000
(tous sites
confondus)
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Note : SIC = Sites d?importance communautaire, appellation des ZSC avant transcription des sites dans
le droit national.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés », MNHN :
parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, PNR, parcs naturels marins, sites Ramsar,
réserves de biosphère, 2008 ; RBDF, RNCFS, sites du CdL, 2009 ? FCEN, 2009 (sites des CEN) ?
RNF-SOeS, 2008 (RNR). Traitements : SOeS, 2010.
Alors que les parcs naturels régionaux (PNR) et le réseau Natura
2000 sont deux types d?aires protégées largement déployés en
métropole (12,5 % chacun du territoire), leur recouvrement n?est pas
aussi important qu?il pourrait y paraître puisqu?à peine 20 % des
surfaces terrestres Natura 2000 sont également couvertes par un PNR.
En tenant compte des surfaces en mer, 13,5 % du réseau est
chevauchant avec les outils PNR et parc naturel marin. Inversement,
19 % de la superficie des PNR et 38 % du seul parc naturel marin
métropolitain sont concernés par Natura 2000.
Si les sites Natura 2000 sont peu couverts par les aires protégées
réglementairement parce qu?elles ne représentent que 1,26 %
du territoire métropolitain, celles-ci sont néanmoins incluses en quasi-
totalité dans le réseau Natura 2000 (au moins 70 %, voire plus de 90 %
des surfaces en réserves naturelles ou en coeur de parc national).
La situation est similaire pour les sites sous maîtrise foncière du
Conservatoire du littoral (moins de 1 % du réseau Natura 2000 mais
84 % des surfaces des sites du Conservatoire).
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
66 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Taux de recouvrement des surfaces du réseau Natura 2000 par celles des différents types d?aires protégées
0 % 1 % 2 % 3 % 4 % 5 % 6 % 7 % 8 % 9 % 10 % 11 % 12 % 13 % 14 %
Parc national (coeur)
Parc national (aire d'adhésion)
Réserves naturelles (RNN+RNC+RNR)
Arrêté préfectoral de protection de biotope
Réserve biologique domaniale ou forestière (intégrale + dirigée)
Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
Parcs naturels régional et marin
Zone humide Ramsar
Réserve de biosphère (toutes zones)
Site du Conservatoire du littoral
Site des Conservatoires d'espaces naturels (acquisition + gestion)
Protections réglementaires
Protections contractuelles et engagements internationaux
Maîtrise foncière
Note de lecture : 3,2 % des surfaces Natura 2000 sont couvertes également par un coeur de parc national.
Note : Les données disponibles ne permettent pas de distinguer les surfaces acquises des surfaces gérées
pour les sites des conservatoires d?espaces naturels. Pour ces derniers, les données sont incomplètes
en ÃŽle-de-France et en Champagne-Ardenne.
Source : Base « Natura 2000 », MNHN : juillet 2009 ? Base « espaces protégés »,
MNHN : parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, PNR, parcs naturels marins, sites Ramsar, réserves de biosphère, 2008 ;
RBDF, RNCFS, sites du CdL, 2009 ? FCEN, 2009 (sites des CEN) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR). Traitements : SOeS, 2010.
Les données utilisées sont issues de la base « espaces protégés »
(sauf réserves naturelles régionales et sites des Conservatoires
d'espaces naturels) et de la base « Natura 2000 », toutes deux
gérées par le Muséum national d?histoire naturelle pour le compte
du ministère en charge de l?Écologie. Concernant les réserves
naturelles régionales, les données utilisées proviennent d?une
synthèse imparfaite effectuée par Réserves naturelles de France
et le SOeS.
La présente fiche se base sur les dernières données disponibles
pour les différentes aires protégées, à l?exception de Natura 2000
dont la date de référence est juillet 2009. Depuis cette date,
quelques ajustements de périmètre de certains sites ont été
opérés et 6 sites ont été créés (dont une ZPS englobant 3 ZPS par
ailleurs supprimées), ce qui représente in fine une hausse nette
des surfaces de 1 160 km² (soit un accroissement de 1 %).
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d?information
géographique), avec la projection Lambert 93.
Méthodologie En savoir plus
? Visualisation cartographique des sites Natura 2000 et des
aires protégées via l?outil Géoïdd :
http://www.ifen.fr
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
67Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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es
Contexte
Les zones humides se créent la plupart du temps à l?interface des
systèmes terrestre et aquatique. Elles constituent notamment des
espaces d?accueil pour de multiples populations d?oiseaux d?eau, hiver-
nants, nicheurs ou migrateurs : anatidés, grands et petits échassiers,
limicoles ou encore rallidés. Ce sont également des sites favorables au
développement des odonates ou des amphibiens. Marais salants et
prés salés sur le littoral, tourbières en montagne, prairies humides dans
les fonds de vallées, ripisylves le long des cours d?eau? sont autant
de milieux humides différents, riches d?une biodiversité remarquable.
La présence de nombreuses espèces faunistiques et floristiques, rares
ou menacées, ainsi que leurs habitats, justifient la mise en oeuvre privi-
légiée de mesures de protection et de gestion. Le seul outil consacré
spécifiquement aux zones humides est la convention internationale
Protection de 152 zones humides
En 2009, près de 70 % de la superficie d?un échantillon national de 152 zones humides est
concernée par au moins une mesure de protection ou de gestion, de nature réglementaire,
foncière ou contractuelle. Les taux de protection les plus élevés sont observés sur les sites littoraux.
La mise en oeuvre de Natura 2000 a largement contribué au développement des aires protégées
ces dernières années et 60 % de la superficie des sites est inclus dans ce réseau européen.
de Ramsar, les autres outils qui s?exercent sont liés à la protection de
la nature en général. Leur mise en oeuvre est une réponse aux
pressions réelles ou potentielles susceptibles de s?exercer sur les
espaces naturels, et notamment celles dues aux activités humaines
(urbanisation, infrastructures?).
Commentaire
En 2009, près de 70 % de la superficie des zones humides de
l?échantillon étudié est concernée par au moins une mesure de
protection ou de gestion. Toutefois, le réseau des aires protégées est
proportionnellement moins important dans les vallées alluviales que
sur le littoral atlantique et méditerranéen. Le réseau Natura 2000 est
très présent dans tous les types de zones humides.
Répartition en 2009 des mesures de protection ou de gestion par type de zone humide
Protections nationales réglementaires (RNN1, RNC2, RNR3, APPB4, RBDF5, RNCFS6, PN coeur7)
Maîtrise foncière (CdL8)
Gestion contractuelle (PNR9, PNM10, PN aire adhésion)
Natura 2000 (SIC11/ZSC12, ZPS13)
Engagements internationaux (Ramsar14, réserves de biosphère)
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
Littoral atlantique, Manche
et mer du Nord
Littoral méditerranéen Vallées alluviales Plaines intérieures Ensemble des
152 zones humides
En % des surfaces
Source : SOeS (périmètres des sites, octobre 2004) ? MNHN, bases « espaces protégés » (APPB, RNN, RNC, PNR, PN, PNM, Ramsar,
réserves de biosphère, 01/01/2008 ; RBDF, RNCFS, CdL, 01/01/2009) et Natura 2000 (07/2009) ? RNF-SOeS (RNR, 01/01/2008). Traitements : SOeS, 2010.
1 RNN : Réserve naturelle nationale
2 RNC : Réserve naturelle de Corse
3 RNR : Réserve naturelle régionale
4 APPB : Arrêté préfectoral de protection de biotope
5 RBDF : Réserve biologique domaniale ou forestière
6 RNCFS : Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
7 PN : Parc national - coeur et aire d?adhésion
8 CdL : Terrains du Conservatoire du littoral
9 PNR : Parc naturel régional
10 PNM : Parc naturel marin
11 SIC : Site d?intérêt communautaire
12 ZSC : Zone spéciale de conservation
13 ZPS : Zone de protection spéciale
14 Ramsar : site de la convention de Ramsar
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
68 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les sites sont couverts par des protections réglementaires pour 3,9 %
de leur superficie, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Parmi
elles, les plus développées sont les réserves naturelles nationales et
de Corse, qui concernent 2,2 % de la superficie des zones humides.
Les arrêtés préfectoraux de protection de biotope représentent 1 % de
la superficie des sites. Cette proportion est presque double dans les
vallées alluviales. On note l?absence de coeur de parc national dans le
réseau étudié.
La maîtrise foncière par le Conservatoire du littoral s?exerce sur 1,8 %
de la superficie des zones humides, et sur presque 16 % des sites
méditerranéens. Par ailleurs, les terrains des Conservatoires d?espaces
naturels couvrent presque 1 % de la superficie des zones humides.
Toutefois, les données actuelles ne permettant pas de différencier les
terrains acquis ou en gestion simple, ils ne sont pas comptabilisés dans
les regroupements d?espaces « maîtrise foncière » et « gestion contrac-
tuelle ».
Les engagements contractuels (16,6 %) ne concernent que les Parcs
naturels régionaux (PNR), puisqu?il n?y a ni parc naturel marin ni aire
d?adhésion de parc national. Les PNR sont moins nombreux dans les
vallées alluviales.
Le réseau Natura 2000 est très présent et concerne 60 % de la super-
ficie des sites (soit 1,4 million d?hectares), ce taux dépassant les 80 %
dans les zones littorales. Ainsi, les grandes zones humides de
Méditerranée (Camargue) et de l?Atlantique (Perthuis charentais, baie
de l?Aiguillon, baie de Bourgneuf et île de Noirmoutier, marais breton)
sont en quasi-totalité en ZPS. Les SIC/ZSC couvrent 50 % et les ZPS
45 % de la surface des zones humides. La mise en oeuvre des
documents d?objectifs et l?instauration des contrats Natura 2000 sont
donc fondamentales pour la préservation des milieux naturels humides
dans un cadre de gestion contractuelle.
Les engagements internationaux portent sur 21,6 % de la superficie
des zones humides. Ils regroupent les sites de la convention de Ramsar
(21 % de la superficie des sites, soit plus de 500 000 ha) et les réserves
de biosphère (4,8 %). L?approche par type montre que ces labels sont
moins utilisés dans les vallées alluviales. Les zones humides suivies
sont concernées par 18 sites Ramsar sur les 29 que compte la
métropole. Plusieurs zones, grandes haltes migratoires pour une
avifaune diversifiée, sont presque en totalité en site Ramsar : forêt
d?Orient, Camargue, baie des Veys, marais de Guérande, Brenne, lac
du Der? Deux réserves de biosphère, principalement celle de
Camargue, sont répertoriées.
Les proportions d?espaces protégés sont beaucoup plus élevées
dans les zones humides étudiées que sur le territoire métropolitain
dans son ensemble, pour presque toutes les catégories de mesures
de protection, foncière, réglementaire ou contractuelle, ce qui
révèle d?une part la singularité et la richesse des écosystèmes
humides, d?autre part leur fragilité et la nécessité de mettre en
place des outils de protection et de gestion.
Les 152 zones humides étudiées
Les données portent sur un échantillon national de 152 sites
comprenant des milieux humides et les espaces associés,
couvrant 2,4 millions d?hectares du territoire métropolitain. Ils
se répartissent en quatre types : plaines intérieures ; vallées
alluviales ; littoral méditerranéen ; littoral atlantique, Manche
et mer du Nord.
Les résultats présentés ici ne peuvent donc pas être extrapolés
à l?ensemble des zones humides françaises.
Méthodologie
En savoir plus
Sites Internet
? Ensemble des fiches indicateurs du SOeS portant sur les
zones humides :
http://www.ifen.fr, rubrique « Accès thématique »
« Territoire » > « Zones humides »
? Portail consacré aux zones humides :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr
? Convention de Ramsar :
http://www.ramsar.org
Typologie des zones humides
Littoral atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord
Littoral méditerranéen
Vallées alluviales
Plaines intérieures
0 50 100 km
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
69Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
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es
Contexte
Le littoral est un territoire écologiquement riche. Près de 45 % des
terres situées à moins de 500 m de la mer sont des espaces naturels
et des surfaces en eau et plusieurs habitats naturels se développent
spécifiquement ou prioritairement en bord de mer (groupements
végétaux des dunes et des zones humides associées, pelouses des
corniches rocheuses, prés salés, landes, formations des marais atlan-
tiques, mares temporaires méditerranéennes?). De nombreuses
espèces de forte valeur patrimoniale sont liées à ces espaces : oiseaux
d?eau nicheurs ou hivernants, plantes endémiques? Mais ces espaces
et espèces sont menacés par les activités humaines. Les terres artifi-
cialisées couvrent des territoires de plus en plus importants en bord de
mer (28,2 % du territoire à moins de 500 m des côtes) et la densité
de la population littorale ne cesse de croître (13 hab./km² en plus dans
les communes littorales entre 1999 et 2006). Les milieux naturels
régressent sur toutes les façades maritimes et se retrouvent cloisonnés
et isolés les uns des autres. Les regroupements d?oiseaux d?eau
doivent, quant à eux, très souvent cohabiter avec l?homme, que ce soit
sur terre comme sur l?estran où les usages se multiplient.
Commentaire
La part du territoire protégé par voie réglementaire, par voie foncière
(Conservatoire du littoral) ou par le réseau Natura 2000 augmente Ã
mesure que l?on s?approche de la mer. La présence des espaces
protégés est très élevée à proximité immédiate du rivage : plus du tiers
(36,4 %) des territoires situés à moins de 500 m des rivages bénéficie
Protection des espaces naturels sur le littoral
Plus on s?approche des côtes et plus le niveau de protection des espaces naturels est élevé. À moins
de 500 m des rivages, plus du tiers du territoire (36,4 %) est au moins couvert par un site
Natura 2000, une réserve naturelle, un site du Conservatoire du littoral, un arrêté préfectoral de
protection de biotope ou un parc national. Cette part n?est plus que de 14,6 % entre 5 000 et
10 000 m de la côte. La façade méditerranéenne est la plus protégée des trois façades maritimes.
d?au moins une protection. Entre 5 000 et 10 000 m, cette part n?est
plus que de 14,6 %, soit légèrement plus que la moyenne métropoli-
taine estimée à 14 % environ et 2,5 fois moins qu?en bord de mer.
Il y a donc une forte spécificité des protections à proximité immédiate
de la côte.
Quelle que soit la protection, la part des territoires protégés décroît
suivant la distance à la mer. Les sites désignés dans le cadre de la
directive « Habitats, Faune, Flore » (SIC et ZSC) sont les espaces
protégés les plus nombreux. Ils couvrent 32,6 % des territoires à moins
de 500 m de la mer et sont proportionnellement 2,5 fois moins impor-
tants entre 5 000 et 10 000 m de la mer. La diminution des ZPS (volet
« Oiseaux » de Natura 2000) à mesure que l?on s?éloigne du rivage est
un peu moins forte. Elles couvrent 16,1 % des terres situées à moins
de 500 m de la côte et 9,5 % entre 5 000 et 10 000 m. Près de 7,5 %
de la bande s?étendant de 0 à 500 m de la mer est la propriété du
Conservatoire du littoral. Cette part est proche de 0 % entre 5 000 et
10 000 m. Les réserves naturelles nationales ou de Corse couvrent
1,4 % du territoire à moins de 500 m de la côte et 0,8 % entre 5 000
et 10 000 m.
Les autres types de protection étudiés (arrêtés préfectoraux de
protection de biotope, réserves naturelles régionales et parcs nationaux)
sont peu nombreux en bord de mer et la part des territoires protégés
est faible quelle que soit la distance à la mer.
Part du territoire métropolitain protégé, par type de protection, en fonction de la distance à la mer
Source : MNHN, base « Natura 2000 », juillet 2009 et base « espaces protégés » (parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, 2008 ; sites du CdL, 2007) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR).
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
Part du territoire protégé, en %
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Conservatoire du littoral
ZPS
Rés. naturelles nationales et de Corse
Parc national Arr. de prection de biotope
Rés. naturelles régionales
Ensemble des protections
de 0 Ã 500 m de 500 Ã 1 000 m de 2 000 Ã 5 000 m de 5 000 Ã 10 000 m
SIC et ZSC
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
70 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Source : MNHN, base « Natura 2000 », juillet 2009 et base « espaces protégés »
(parcs nationaux, RNN, RNC, APPB, 2008 ; sites du CdL, 2007) ? RNF-SOeS, 2008 (RNR).
Traitements : SOeS (Observatoire du littoral).
Part du territoire métropolitain protégé, par type de protection, suivant la distance à la mer
Part du territoire protégé en fonction de la distance à la mer, en %
PN RNN et RNC APPB Conservatoire SIC et ZSC ZPS
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
de 0
à 500 m
de 5 000 Ã
10 000 m
Nord-Pas-de-Calais 0,00 0,00 4,17 0,00 0,18 0,37 15,54 0,00 19,10 0,80 5,81 0,40
Picardie 0,00 0,00 4,11 0,00 0,00 0,00 15,84 0,40 56,28 4,70 3,82 2,90
Haute-Normandie 0,00 0,00 8,16 1,80 0,41 0,00 2,64 0,90 20,50 5,60 18,72 5,00
Basse-Normandie 0,00 0,00 0,73 0,10 0,27 0,03 9,74 0,10 22,32 4,40 14,96 4,10
Manche - mer du Nord 0,00 0,00 3,02 0,50 0,26 0,08 10,11 0,30 24,08 4,00 12,93 3,50
Bretagne 0,00 0,00 0,17 0,00 0,19 0,04 3,86 0,00 29,27 1,30 9,14 0,40
Pays de la Loire 0,00 0,00 0,47 0,20 0,19 0,01 2,11 0,20 30,66 28,80 31,63 29,50
Poitou-Charentes 0,00 0,00 2,25 0,00 0,63 1,92 5,70 0,80 47,81 22,10 35,21 22,10
Aquitaine 0,00 0,00 1,70 0,60 0,01 0,00 6,31 0,80 40,97 21,00 9,79 5,10
Atlantique 0,00 0,00 0,65 0,20 0,22 0,22 4,18 0,30 33,08 13,10 14,89 8,90
Languedoc-Roussillon 0,00 0,00 1,24 0,30 0,06 0,09 11,34 1,30 40,24 25,60 37,07 31,70
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1,74 0,61 1,59 4,80 0,00 0,23 7,57 3,10 34,94 30,90 22,63 18,00
Corse 0,00 0,00 2,82 0,00 0,63 0,01 16,28 0,10 36,52 5,30 13,51 2,30
Méditerranée 0,69 0,22 2,12 1,80 0,31 0,11 12,16 1,50 36,38 19,50 20,26 15,00
Ensemble du littoral 0,19 0,07 1,44 0,80 0,25 0,16 7,37 0,70 32,62 12,90 16,11 9,50
De nombreux types d?outils existent pour protéger des éléments
spécifiques de faune, de flore et des habitats naturels les abritant
à des endroits particuliers : les espaces protégés par voie
réglementaire, foncière ou contractuelle. Dans le cadre de cette
fiche, les protections suivantes sont prises en compte :
- protection réglementaire : les coeurs des parcs nationaux (PN),
les réserves naturelles nationales (RNN) et de Corse (RNC), les
réserves naturelles régionales (RNR) et les arrêtés préfectoraux
de protection de biotope (APPB) ;
- protection foncière : les terrains acquis par le Conservatoire du
littoral (CdL) ;
- réseau Natura 2000 : les zones de protection spéciale (ZPS)
désignées dans le cadre de l?application de la directive
« Oiseaux » et les sites d?intérêt communautaire (SIC) et zones
spéciales de conservation (ZSC) de la directive « Habitats, Faune,
Flore ».
Tous les types de protections existants ne sont pas étudiés.
Les terrains acquis par les conseils généraux (dits « espaces
naturels sensibles ») et les espaces remarquables définis dans le
cadre de la loi « Littoral » (Art. L 146-6 du Code de l?urbanisme)
ne sont pas disponibles au niveau national et ne sont donc pas
intégrés à l?analyse. Par ailleurs, les sites inscrits et classés, les
parcs naturels régionaux, les réserves biologiques domaniales ou
forestières, les terrains des conservatoires d?espaces naturels ainsi
que les désignations internationales (Ramsar, réserve de
biosphère) ne sont pas étudiés.
Ces protections sont analysées suivant leur distance à la mer.
Plusieurs zones tampons sont définies : de 0 à 500 m de la côte,
de 500 Ã 1 000 m, de 1 000 Ã 2 000 m, de 2 000 Ã 5 000 m, de
5 000 Ã 10 000 m.
Méthodologie
En savoir plus
? Ifen, 2007. « Le littoral, entre nature et artificialisation
croissante », Le 4 pages, n° 120, octobre 2007. 4 p.
Sites Internet
? Inventaire national du patrimoine naturel :
http://inpn.mnhn.fr
? Fiches indicateurs de l?Observatoire du littoral :
http://www.littoral.ifen.fr, rubrique « Cartographie » et
« Indicateurs »
Les différents types d?espaces protégés étudiés sont plus nombreux
sur le pourtour méditerranéen. Le littoral de la Manche et de la mer
du Nord est quant à lui marqué par l?importance des espaces protégés
par voie réglementaire (réserves naturelles nationales) et foncière
(Conservatoire du littoral) par rapport au littoral atlantique qui est par
contre couvert de façon importante par des sites Natura 2000.
Tous ces niveaux de protection importants sont à relier avec le
niveau élevé de l?artificialisation sur l?ensemble des côtes. On a une
corrélation assez nette entre la pression de l?artificialisation des sols et
l?importance des espaces protégés.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
SNB
IDD
71Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
L?agriculture biologique (AB) est l?un des 5 signes officiels d?identi-
fication de la qualité et de l?origine. Une nouvelle réglementation
européenne est entrée en vigueur le 1er janvier 2009 et réaffirme les
principes fondamentaux de l?agriculture biologique et ses objectifs :
l?agriculture biologique établit un système de gestion durable pour
l?agriculture (maintien de la biodiversité, préservation de la qualité des
sols, de l?air et des eaux, respect du bien-être animal) visant à une
production agricole de qualité. L?utilisation de produits chimiques de
synthèse, d?OGM et de leurs dérivés sont interdits. Les opérateurs de
la filière bio sont contrôlés par des organismes certificateurs agréés par
les pouvoirs publics et répondant à des critères d?indépendance,
d?impartialité, d?efficacité et de compétence.
L?agriculture biologique apporte en conséquence une réponse à la
réduction des pressions agricoles sur la biodiversité. La loi n° 2009-967
du 3 août 2009, de programmation relative à la mise en oeuvre du
Grenelle de l?environnement (dite loi « Grenelle I ») fixe un objectif de
6 % de la SAU en agriculture biologique en 2012 (soit un triplement
par rapport aux superficies actuelles) et 20 % en 2020. Les différents
soutiens à l?agriculture biologique (aides à la conversion, aides au
maintien de l?agriculture biologique, crédits d?impôt) ont été fortement
revalorisés ces dernières années.
Commentaire
Fin 2008, 13 298 exploitations agricoles étaient engagées en
agriculture biologique, soit une augmentation de 11 % par rapport Ã
2007. Après la faible progression observée entre 2002 et 2007, le
développement de l?agriculture biologique connaît donc une reprise.
Les superficies totales en mode de production biologique atteignent
583 799 ha, soit 2,12 % de la superficie agricole utile. Elles ont progressé
de 4,8 % par rapport à 2007, en grande partie sous l?effet des surfaces
en conversion qui progressent fortement (+ 36,4 % en 2008).
Évolution des surfaces
en agriculture biologique
L?agriculture biologique constitue un mode de production particulièrement respectueux de
l?environnement. En 2003, elle concernait près de 13 300 exploitations et 583 800 ha, soit 2,12 %
de la superficie agricole utile (SAU) française. L?année 2008 marque une reprise de son développement
(+ 11 % pour les exploitations engagées). La loi n° 2009-967 du 3 août 2009, de programmation
relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l?environnement (dite loi « Grenelle I ») fixe un objectif
de 6 % de la SAU en agriculture biologique en 2012 et 20 % en 2020.
Évolution de l?agriculture biologique
Surfaces en conversion bioSurfaces en bio Nombre d'exploitations
0
100
200
300
400
500
600
700
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Superficies (en milliers ha)
0
2 000
4 000
6 000
8 000
10 000
12 000
14 000
Nombre d'exploitations
Source : Agence Bio, 2009.
Sur les 583 799 ha certifiés, deux tiers étaient des superficies
consacrées aux productions fourragères. Les grandes cultures en
couvraient 20 % et les cultures pérennes (vignes et vergers) 6 %.
Le poids de l?agriculture biologique dans les superficies totales reste
par contre plus élevé pour les vergers (5,8 %), vignes (3,3 %)
et fourrages (2,8 %) que pour les grandes cultures.
Les premières régions françaises en termes de superficies consacrées
à l?agriculture biologique sont Midi-Pyrénées, les Pays de la Loire,
Rhône-Alpes, Paca et Languedoc-Roussillon. La part de l?agriculture
biologique dans la SAU en Paca (7,7 %) et en Languedoc-Roussillon
(5 %) est nettement supérieure à la moyenne nationale (2,1 %). Par
contre, elle ne dépasse pas 0,5 % en Picardie, Nord - Pas-de-Calais,
Haute-Normandie et Champagne-Ardenne.
Les surfaces en mode de production biologique regroupent :
- les surfaces « certifiées bio » qui rassemblent les parcelles dont
la période de conversion est terminée. Les productions de ces
parcelles peuvent être commercialisées avec la mention
« agriculture biologique » ;
- les surfaces en conversion (avec une durée de conversion variant
de 2 ans pour les cultures annuelles à 3 ans pour les cultures
pérennes).
Méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? Agence Bio, 2009. L?agriculture biologique : chiffres clés
? édition 2009. Montreuil-sous-Bois : Agence Bio. 218 p.
http://www.agencebio.org, rubrique « Bio mode d?emploi »
> « L?agriculture biologique en chiffres » > « La bio en France »
? Le plan d'actions agriculture biologique, horizon 2012 :
http://agriculture.gouv.fr, rubrique thématique
« Environnement » > « Agriculture biologique »
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
72 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
73Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Contexte
L?objectif principal du SINP est de développer et d?organiser la
connaissance sur la nature et les paysages. Il s?agit donc d?améliorer
la cohérence de l?information et de réduire sa fragmentation pour
atteindre une connaissance plus globale. Actuellement en France,
l?absence de standardisation des modèles de données, des formats
d?échange et le déficit de collaboration entre les organismes ne
permettent pas une vision claire de l?organisation et de la production
des différents acteurs. De multiples bases de données thématiques
existent et sont réparties dans de nombreuses structures. Il en résulte
une grande complexité pour compiler l?ensemble des données. À ce
titre, l?IDCNP représente la première pierre du SINP en cataloguant sous
la forme de métadonnées les dispositifs (inventaires, études, etc.), les
bases de données et les acteurs du monde de la nature et du paysage,
du domaine terrestre comme marin.
Les résultats présentés sont issus d?un inventaire en grande partie
incomplet. Il ne s?agit donc pas ici de montrer des résultats représen-
tatifs, mais plutôt de présenter le type d?informations que l?on peut
obtenir à l?aide de cet outil.
Les sources de données sur la nature
et le paysage
Dans le cadre de la mise en place du Système d?information sur la nature et le paysage (SINP),
un Inventaire des dispositifs de collecte sur la nature et le paysage (IDCNP) a été créé afin de
cataloguer sous la forme de métadonnées les dispositifs (inventaires, études, etc.), les bases de
données et les acteurs du monde de la nature et du paysage, du domaine terrestre comme marin.
Cet inventaire est encore en grande partie incomplet et les résultats ne représentent qu?une image partielle
du réseau existant sur la nature et le paysage en France.
En février 2010, l?inventaire permet de consulter 377 dispositifs, 128 bases de données et 553 acteurs.
Les dispositifs de collecte concernent à 41 % des territoires inférieurs aux limites départementales et étudient
majoritairement les groupes faunistiques (66 %). Les espaces les plus étudiés sont les Zones naturelles d?intérêt
floristique et faunistique (ZNIEFF) (28 %) et près de 40 % des acteurs sont des associations.
Commentaire
L?inventaire DCNP doit permettre de fournir une vision globale des
données existantes dans les domaines de la nature (espèces, habitats,
espaces naturels?) et des paysages, leurs modalités de production, de
stockage et leur accessibilité. En février 2010, l?inventaire permet de
consulter 402 fiches dispositifs, 131 bases de données et 557 fiches
acteurs. 312 utilisateurs sont inscrits comme responsables de dispositif
ou base de données et 71 comptes d?administrateurs ont été attribués.
De plus, près de 600 fiches dispositifs, 200 fiches bases de données et
430 fiches acteurs sont en attente d?une validation définitive.
Emprise territoriale des dispositifs de collecte
Régional
35 %
Interrégional
9 %
National
14 %
Européen
0 %Inconnu
0 %
International
1 %
Départemental ou
infra-départemental
41 %
Source : SOeS, février 2010.
41 % des dispositifs concernent des territoires inférieurs aux limites
départementales, 35 % concernent le niveau régional et 24 %
se rapportent à des emprises géographiques suprarégionales.
La comparabilité des données provenant de plusieurs
organismes ne peut être assurée sans la standardisation des
protocoles d?échantillonnage, de mesures d?analyse et de validité
des données? Le standard proposé pour la description des
données géographiques est basé sur la norme ISO 19115
Information géographique ? métadonnées, conformément à la
directive « Inspire » qui définit les formats des métadonnées
utilisées pour décrire les séries et services de données géogra-
phiques dans l?Union européenne. Cette norme contient
22 rubriques (environ 300 descripteurs), 12 étant obligatoires
pour une description minimale des données permettant ainsi leur
utilisation dans les différents services (catalogue, échange?).
L?inventaire DCNP est renseigné par les producteurs de données
(dénommés responsables), puis les informations sont validées
par un administrateur régional (DREAL) ou thématique (Agence
des aires marines protégées, ONCFS, LPO?). Enfin, l?approbation
finale est effectuée par l?administrateur national au SOeS qui peut
ensuite mettre les fiches en ligne sur internet.
Seuls les dispositifs approuvés et mis en ligne ont été analysés
ici. En effet, seuls ceux-ci contiennent les informations vérifiées
et validées par les responsables et les administrateurs.
Méthodologie
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
74 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Les deux tiers des dispositifs de collecte recensés concernent les
groupes faunistiques. Les groupes floristiques sont nettement moins
représentés (22 %), mais il s?agit dans ce cas d?un déficit d?information
lié à la faible activité des acteurs de cette thématique pour renseigner
l?inventaire. Si les espaces (19 %), les habitats (16 %) et le paysage
(13 %) possèdent une représentation assez importante, la géologie,
la mycologie, les algues et les lichens sont très faiblement représentés
dans l?inventaire (5,6 % pour l?ensemble de ces groupes).
28 % des dispositifs concernent les ZNIEFF et les espaces du réseau
Natura 2000 représentent 24 % des dispositifs. Les réserves naturelles
nationales et régionales sont identifiées dans 13 % des dispositifs, les
sites classés figurent dans 14 % d?entre eux, et les parcs naturels
régionaux dans 3,5 %. Les dispositifs de collecte sur la nature sont donc
majoritairement centrés sur les espaces définis comme présentant les
enjeux sur la biodiversité et les habitats les plus importants (ZNIEFF)
ou bénéficiant d?une protection réglementaire ou foncière. À noter
cependant que 10 % des dispositifs ne concernent aucun de ces
espaces.
Nombre de dispositifs par type de données
0 50 100 150 200 250
Faune
Flore
Espaces
Habitats
Paysage
Géologie
Champignons
Fonctionnement
des écosystèmes
Algues
Lichens
Note : Il y a des doubles comptes car un même dispositif peut concerner plusieurs thématiques.
Source : SOeS, février 2010.
Type d?espaces concernés par les dispositifs de collecte
Note : Il y a des doubles comptes car un même dispositif peut concerner plusieurs espaces.
0 10 20 30 40 50 60 70
Parc naturel marin
Réserve naturelle de Corse (RNC)
Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
Réserve biogénétique du Conseil de l'Europe
Forêt de protection
Réserve de biosphère
Parc national (aire d'adhésion)
Réserve biologique domaniale ou forestière
Site géré par les Conservatoires d'espaces naturels (CEN)
Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO)
Site au titre de la convention de Ramsar
Parc national (coeur)
Espace naturel sensible (ENS)
Arrêté préfectoral de protection de biotope (APB)
Site inscrit
Réserve naturelle régionale (RNR)
Site du Conservatoire du littoral (CdL)
Pas d'espace particulier concerné
ZNIEFF 2
Parc national
Parc naturel régional (PNR)
Site classé
Zone de protection spéciale (ZPS)
Site d'intérêt communautaire (SIC) / zone spéciale de conservation (ZSC)
Non renseigné
Site Natura 2000
Réserve naturelle nationale (RNN)
ZNIEFF 1
ZNIEFF
Source : SOeS, février 2010.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
75Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Près de 40 % des acteurs approuvés dans l?inventaire concernent
des associations, contre 14 % pour les établissements publics de l?État,
12 % pour l?État, 11 % pour les entreprises et 10 % pour les collecti-
vités territoriales. Les universités et les établissements d?enseignement
supérieur sont peu présents dans l?inventaire avec seulement 5 % des
fiches approuvées. Même si l?inventaire est incomplet, cet échantillon
permet d?obtenir une première vision de la répartition des acteurs de
l?environnement en France et d?observer l?importance du rôle des
associations. À noter l?absence des groupements d?intérêts publics et
scientifiques dans l?inventaire.
Type d?acteurs présents en France
Source : SOeS, février 2010.
En savoir plus
Sites Internet
? Portail du système d?information sur la nature et les pay-
sages :
http://www.naturefrance.fr/
? Inventaire des dispositifs de collecte sur la nature et
le paysage :
http://inventaire.naturefrance.fr/
Groupement d'intérêt
scientifique (GIS)
Groupement d'intérêt public (GIP)
Union européenne
Fondation
Aucun
Syndicat mixte
Université / Établissement
d'enseignement supérieur
Collectivité territoriale
Entreprise
État
Établissement public de l'État
Association
0 50 100 150 200 250
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
76 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
77Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
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Sensibilité aux questions relatives
à la biodiversité
Devancée par le réchauffement de la planète, par la pollution de l?air et par la pollution de l?eau,
des rivières et des lacs, la disparition de certaines espèces végétales et animales est la quatrième
préoccupation environnementale des Français. Les évolutions récentes montrent cependant un recul
de la mobilisation autour du changement climatique alors que l?érosion de la biodiversité sensibilise
davantage les Français.
Contexte
Pour connaître l?intérêt que portent les individus à la sauvegarde de
la faune et de la flore, le Service de l'observation et des statistiques
(SOeS) demande dans une enquête par questionnaire comment ils
classent ce sujet parmi un certain nombre de problèmes environne-
mentaux. Cette démarche permet ainsi de suivre l?évolution du rang
et du poids relatif occupé par la biodiversité dans les préoccupations
et attentes des Français.
Commentaire
Enjeu environnemental majeur depuis quelques années, le réchauf-
fement de la planète lié à l?effet de serre, la pollution de l?air et la
pollution de l?eau sont les trois sujets qui préoccupent le plus les
personnes interrogées en janvier 2010. La disparition de certaines
espèces végétales ou animales est ensuite évoquée. On notera
qu?entre 2007 et 2010, les préoccupations concernant le réchauffement
de la planète ont reculé alors que celles liées, d?une part, à la pollution
de l?eau, des rivières et des lacs et, d?autre part, à l?érosion de la biodi-
versité à travers la disparition de certaines espèces végétales ou
animales se sont accrues.
46 %
41 %
26 %
17 %
20 %
14 %
8 %
11 % 11 %
7 %
40 %
39 %
29 %
20 %
21 %
11 %
9 %
12 %
10 %
8 %
38 %
34 %
32 %
22 % 21 %
13 %
11 %
10 % 10 %
8 %
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
40 %
45 %
50 %
La lutte
contre
le réchauffement
de la planète1
La réduction
de la pollution
de l?air
La lutte
contre
la pollution
de l?eau, des rivières
et des lacs
La sauvegarde
des plantes
et des animaux
Le recours Ã
des technologies
respectueuses
de l?environnement2
La prévention
des risques
naturels
(inondations,
tempêtes, séismes,
feux de forêts?)
La protection
des paysages
L'élimination
et le tri
des déchets
ménagers
La lutte contre
les risques
de l?industrie
nucléaire
La lutte
contre le bruit
2007
2009
2010
Quelles sont, selon vous, les deux actions que l'État doit mener en priorité
dans le domaine de la protection de l'environnement ?
1 En 2007, le libellé était : « Le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « L?utilisation de technologies non respectueuses de l?environnement ».
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2010.
SNB
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
78 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Pour protéger l'environnement, à laquelle de ces actions croyez-vous pouvoir, individuellement, contribuer le plus ?
Parmi les problèmes suivants liés à la dégradation de l'environnement, quels sont les deux qui vous paraissent les plus préoccupants ?
10 %10 %10 %
11 %11 %
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
40 %
45 %
50 %
Le réchauffement
de la planète1
La pollution
de l?air
La pollution
de l?eau,
des rivières
et des lacs
La disparition
de certaines
espèces
végétales
ou animales
Les catastrophes
naturelles
(inondations,
tempêtes,
séismes,
feux de forêts?)
L'augmentation
des déchets
ménagers
Le recours
à des
technologies
non respectueuses
de l?environnement2
Les risques
de l?industrie
nucléaire
La dégradation
des
paysages
La gêne
occasionnée
par le bruit
Ne sait pas
2007
2009
2010
45 %
34 %
25 %
23 %
20 %
12 % 12 %
9 %
7 %
3 %
38 %
34 %
26 % 27 %
21%
14 %
10 %
8 %
2 %
37 %
33 %
32 %
28 %
19 %
12 %
11 %
5 %
1 %
1 En 2007, le libellé était : « La lutte contre le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « Le développement de nouvelles technologies respectueuses de l?environnement ».
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2010.
1 % 1 % 1 % 1 %
6 % 6 % 6 %6 % 6 % 6 % 6 % 5 % 5 %
7 % 7 %
L'élimination
et le tri
des déchets
ménagers
La protection
des paysages
La sauvegarde
des plantes
et des animaux
La réduction
de la pollution
de l?air
La lutte
contre
le réchauffement
de la planète1
La lutte
contre le bruit
La lutte
contre
la pollution
de l?eau,
des rivières
et des lacs
Le recours
à des technologies
respectueuses de
l?environnement2
La prévention
des risques
naturels
(inondations,
tempêtes,
séismes,
feux de forêts?)
La lutte
contre
les risques
de l?industrie
nucléaire
Ne sait pas
2007
2009
57 %
8 %
0 %
59 %
4 %
2 %
0 %0 %
10 %
20 %
30 %
40 %
50 %
60 %
1 En 2007, le libellé était : « La lutte contre le réchauffement de la planète (et l?effet de serre) ».
2 En 2007, le libellé était : « Le développement de nouvelles technologies respectueuses de l?environnement ».
Note : Cette question n?a pas été posée dans l?enquête 2010.
Source : Crédoc ? SOeS, enquêtes sur les « Conditions de vie et aspirations des Français », janvier 2009.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
79Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
po
ns
es
De même, quand on interroge les Français sur les deux actions que
l?État doit mener en priorité pour protéger l?environnement, ils ne sont
qu?un sur cinq à choisir la sauvegarde des plantes et des animaux, loin
derrière la lutte contre le réchauffement de la planète et la réduction
de la pollution de l?air.
Quand il s?agit d?entreprendre une action individuelle dans le
domaine de la protection de l?environnement, c?est avant tout au tri
des déchets qu?ils pensent. La sauvegarde des plantes et des animaux
est, comme les autres actions, très peu évoquée.
Les données sont issues de l?enquête « Conditions de vie et
aspirations des Français » réalisée par le Centre de recherche pour
l?étude et l?observation des conditions de vie (Crédoc). L?enquête
a été réalisée, en face-à -face au début de l?année 2010, auprès
d?un échantillon représentatif de 2 006 individus âgés de 18 ans
et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas. Ces quotas
région, taille d?agglomération, âge, sexe, professions-catégories
sociales (PCS) ont été calculés d?après le dernier recensement
général de la population. Un redressement a été effectué pour
assurer la représentativité par à rapport à la population nationale
de 18 ans et plus.
Méthodologie
En savoir plus
Site internet
? Commission européenne, 2007. « Attitudes of European
towards the issue of Biodiversity : Analytical Report »
(Flash Eurobarometer, n° 219). 71 p.
http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm, rubrique
« EB Flash » > « 224-208 »
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
80 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
81Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Ré
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es
Évolution de la dépense nationale
en faveur de la protection
de la biodiversité et des paysages
Entre 1998 et 2008, la dépense de protection de la biodiversité et des paysages a augmenté de 70 %.
Elle s?élève en 2008 à 1,7 milliard d?euros. L?évolution des deux composantes de la dépense n?a pas
été homogène. La forte croissance de la dépense de protection de la biodiversité, qui a plus que doublé
en dix ans, est à mettre en lien avec les engagements des acteurs publics, notamment des collectivités
locales qui représentent la moitié de cette dépense. Avec une hausse de 20 %, la dépense de protection
des paysages a nettement moins progressé.
Contexte
Les pouvoirs publics sont les principaux acteurs de la protection de
la biodiversité et des paysages. Conformément aux orientations de la
convention pour la diversité biologique que la France a ratifiée en
1994, l?État a adopté en 2004 sa Stratégie nationale pour la biodi-
versité (SNB). L?objectif principal de la SNB était de stopper la perte de
biodiversité d?ici 2010. Celle-ci a par la suite été confortée par le
Grenelle de l?environnement. La mise en oeuvre de la stratégie est
réalisée grâce à des plans d?actions qui débouchent sur des engage-
ments pratiques en faveur de la protection de la biodiversité. Parmi
l?ensemble de mesures prises par la France, on peut citer la création
et la gestion d?aires protégées, la mise en oeuvre du réseau Natura
2000 ou les plans d?actions de sauvegarde et restauration d?espèces.
Toutes ces actions de protection de la biodiversité se traduisent par un
effort financier important des collectivités locales et de l?État.
Commentaire
La période 1998-2008 a été marquée par le développement des
dépenses de protection de la biodiversité et des paysages. En dix ans,
elle a progressé de 70 % alors que dans le même temps, la production
intérieure brute n?a progressé que de 22 % en valeur. En 2008, cette
dépense est d?environ 1,7 milliard d?euros. Près de 60 % de ce
montant concerne la protection de la biodiversité, le reste est consacré
à la protection des paysages.
Évolution de la dépense de protection de la biodiversité
et des paysages, et du PIB en valeur entre 1998 et 2008
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
Une typologie des actions a été définie parallèlement à l?élaboration
de la SNB. La gestion des espaces et des espèces regroupe les actions
visant à préserver la diversité de la faune et de la flore. Elle comprend
par exemple la gestion du réseau Natura 2000, des réserves naturelles
ou bien les dépenses des associations de protection de la nature.
Entre 1998 et 2008, la dépense liée à la gestion des espaces et des
espèces a plus que doublé. En 2008, elle atteint 740 millions d?euros.
Cette dépense est à mettre en lien avec les budgets du ministère en
charge de l?Écologie et des organismes gérant ces milieux
remarquables. La connaissance de la biodiversité et des paysages
concerne notamment les actions d?inventaire, d?expertises relatives au
patrimoine naturel ou des atlas de paysages. En 2008, environ
14 millions d?euros ont été engagés. Les actions, dites « de réduction
des pressions » ont pour objectif de réparer les dommages causés aux
paysages et à la biodiversité par les activités productives comme
le transport routier, l?activité industrielle ou l?agriculture. Elles sont
mises en oeuvre par les entreprises elles-mêmes. Entre 1998 et 2008,
ces dépenses sont restées stables et atteignent près de 480 millions
d?euros (en moyenne sur la période). D?autres actions de protection
sont engagées par les collectivités locales, mais les sources comptables
ne permettent pas leur affectation à des projets déterminés.
Elles représentent tout de même plus d?un quart de la dépense totale.
Leurs dépenses ont plus que doublé sur la période.
Les différentes composantes de la dépense en 2008
Dépense totale
de protection
de la biodiversité
et des paysages
Connaissance Réduction des
pressions
Dépense
inclassable
(principalement
en provenance
des collectivités locales)
Gestion
des espaces
protégés
Dépense courante Dépense en capital
En millions d'euros
0
200
400
600
800
1 000
1 200
1 400
1 600
1 800
Note : Données provisoires.
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
SNB
90
100
110
120
130
140
150
160
170
180
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008p
PIB en valeur Dépense de protection de la biodiversité et des paysages
Indice base 100 en 1998
p = données provisoires.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
82 Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
La protection de la biodiversité et des paysages est un domaine
financé principalement sur fonds publics. En 2008, les administrations
publiques centrale1 et locale2 couvrent les trois quarts de la dépense
totale. Les communes contribuent à elles seules pour 55 % à la
dépense des administrations publiques locales. Au sein de l?adminis-
tration centrale, le financement est assuré à 58 % par le ministère en
charge de l?Écologie, le reste provenant d?autres ministères (Agriculture
notamment). Depuis 1998, le poids des entreprises s?est érodé, passant
de 45 % en 1998 à 20 % en 2008. La dépense en capital des entre-
prises s?est surtout portée en début de période et explique en grande
partie cette baisse. Les financements européens viennent en appui des
actions en faveur de la nature. Il s?agit par exemple du Fonds européen
d?orientation et de garantie agricole (Feoga) pour les mesures agri-
environnementales et des programmes Life Nature.
1 Dans notre périmètre, l?administration publique centrale regroupe les ministères
et les établissements publics (hors agences de l?Eau).
2 L?administration publique locale rassemble les collectivités locales (communes,
départements, régions). Notre périmètre inclut également les agences de l?Eau.
La protection de la biodiversité et des paysages désigne les
mesures et activités visant à protéger et à régénérer les espèces
animales et végétales, les habitats et les écosystèmes ainsi qu?Ã
protéger et à restaurer les paysages naturels et semi-naturels.
Il n?est pas toujours possible de distinguer la protection de la
biodiversité de celle du paysage. Par exemple, l?entretien ou la
création de certains types de paysages, d?habitats et d?autres
aspects s?y rapportant (haies, rangées d?arbres destinées
à reconstituer des « couloirs naturels ») ont un lien évident avec
la préservation de la biodiversité.
Sont exclus : la protection et la restauration de monuments
historiques ou de paysages fortement construits, ainsi que la
protection des forêts contre les incendies lorsque celle-ci répond
surtout à des considérations économiques. La création et
l?entretien d?espaces verts le long des routes (hormis les
autoroutes) et les équipements de loisir (tels que les golfs et les
autres infrastructures sportives) sont également exclus.
De nombreuses sources ont été mobilisées pour évaluer la
dépense de protection de la biodiversité et des paysages :
MEEDDM, ENF-CEN, DGFiP, CdL, ONCFS, Insee, MAAP, ONF, etc.
Méthodologie En savoir plus
Sites Internet
? CGDD-SOeS, 2009. L?économie de l?environnement en
2007 : rapport de la commission des comptes et de l?éco-
nomie de l?environnement ? édition 2009. Orléans : SOeS.
108 p. (coll. Références).
http://www.ifen.fr (Disponible en ligne : rubrique
« Publications » > « Références »)
? Eurostat, 2002. Classification des activités et dépenses
de protection de l?environnement (CEPA 2000) et notes
explicatives. Luxembourg : Eurostat. 17 p.
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index.html,
rubrique « Infothèque » > « Nomenclatures » > « Classification
des activités et dépenses de protection de l?environnement
(CEPA 2000) » > « Documents »
Les financeurs de la protection de la biodiversité
et des paysages en 2008
État et établissements publics
16 %
Collectivités locales
51 %
Agences de l'Eau
5 %
Entreprises
20 %
Autres (principalement
financement européen)
4 %
Ménages
4 %
Note : Données provisoires.
Source : cf. méthodologie. Traitements : SOeS.
RéférenceS mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
83Commissariat général au développement durable ? Service de l'observation et des statistiques
Références mai 2010 Données de synthèse sur la biodiversité
Commissariat général au développement durable
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Dépôt légal : mai 2010
ISSN : 2102-474X
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RéférenceS avril 2010 Données synthétiques sur la biodiversité
données de synthèse sur la biodiversité
Ce document rassemble et présente, sous forme de fiches synthétiques, une série d?informations
sur la biodiversité provenant de nombreuses sources et divers acteurs.
Sans rechercher l?exhaustivité, ces fiches portent sur l?état de différentes composantes de la biodiversité,
sous forme de photographie ou d?évolution selon la disponibilité des données : les oiseaux communs,
le cerf élaphe, les grands prédateurs, la loutre, les poissons, les espèces et les habitats d?intérêt
communautaire, la microflore du sol?
Elles traitent également des pressions qui s?exercent sur les espèces, les habitats et les écosystèmes :
artificialisation et consommation des espaces naturels, consommation de produits phytosanitaires, qualité
physico-chimique des cours d?eau, stocks des espèces pêchées en mer, espèces introduites et envahissantes?
Elles apportent enfin un éclairage sur les réponses mises en oeuvre : surfaces des espaces naturels protégés,
surface en agriculture biologique, dépense nationale en faveur de la protection de la biodiversité
et des paysages?
© SOeS, 2010
Dépôt légal : mai 2010
ISSN : 2102-474X
ISBN : 978-2-11-098766-2
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Service de l'observation et des statistiques
INVALIDE)